à la Une

Top 10 des clichés anti prolos dangereux pour la lutte des classes dans les fictions.

 

 

 

 

 

IMG_1008

 

Livres, films, séries télés ou encore jeux vidéos quelque soit la forme d’une fiction en général ces créateurs ne sont pas des prolos et son histoire tourne autour des hautes classes sociales et de leur glorification, Dallas fait un feuilleton des richissimes américains et leurs histoires de famille, James Bond héroïse un agent secret blindé de thune, Iron Man et Bat Man transforme des hommes fortunés en Super Héros et bien des œuvres de Fantasy  ou des fictions pour enfants du Roi Lion au Seigneur des  Anneaux lient le retour de l’ordre et de l’harmonie au retour du roi et tendent à peindre les monarchies comme des utopies idylliques. Bref, les mondes fictifs célèbres et populaires le plus souvent mettent en scène et dépeignent sous un beau jour exclusivement des personnes riches. Parfois des prolos sont présents, généralement au second plan dans les personnages secondaires comme par exemple la servante ou la bonne à tout faire dans bien des œuvres littéraires notamment les classiques appris à l’école comme Racine, Molière et tout ça (oui je sais c’est ancien mais le présenter comme on le fait souvent à l’école sans contextualiser la pièce et analyser le point de vue de classe qui s’y exprime ça revient à éviter d’apprendre aux enfants à comprendre comment fonctionne les classes sociales et c’est clairement un choix des programmes de l’éducation nationale). Encore plus rarement il arrive que des personnages prolos soient mis au devant de la scène dans les personnages principaux, ce n’est pas fréquent qu’ils soient plusieurs. Deux schémas principaux existent, le plus souvent on a un prolo perdu au milieu d’un tas de riches et quelques fois on a une fiction sur des prolos et leur milieu de prolos faite à 100% par des gens qui n’en sont pas. Les œuvres par des prolos, sur des prolos sont généralement des œuvres indépendantes au succès de niche et dont le public n’est le plus souvent pas le grand public et bien sûr il existe aussi des œuvres faites par des prolos, sur des prolos et pour des prolos à grand succès mais ça c’est un cas de figure bien plus rare sur lequel je m’attarderais dans un autre article. Ici je veux juste analyser les dix pires clichés à mon avis sur les prolos dans les fictions à grand succès et en quoi ils sont utiles aux classes sociales élevées pour maintenir les prolos dans une conscience de classe faible et donc éviter que les prolos servent leurs propres intérêts et les pousser à servir ceux des classes possédantes c’est à dire à se tirer une balle dans le pied vu que leurs intérêts sont directement antagonistes à ceux des classes possédantes.

Top 10 des pires clichés de fiction dangereux pour nous les pauvres et utiles à la propagande bourgeoise :

10- Classes laborieuses, classes dangereuses : Ce cliché montre la puissance du prolétariat et la peur que les riches en ont mais il montre aussi les pauvres comme naturellement viciés, mauvais et tendant toujours vers le mal et associe donc dans la tête de plein de gens l’idée de lutter contre le système capitaliste et la propriété à quelque chose de mal quand on est pauvre. D’ailleurs à votre avis pourquoi les couleurs de la lutte des classes le rouge et le noir sont celles des méchants hollywoodiens? Ce n’est pas un hasard le but est d’associer lutte des classes : le mal, l’extrémisme dans l’esprit des gens. Le rouge du communisme qui représente le sang des prolos tués par le capitalisme devient le rouge du sang des supposées victimes des très méchants anticapitalistes et le noir de l’anarchie qui représente le refus des partis politiques et de l’autorité et la mort en hommage aux défunts anarchistes morts pour leurs idées émancipatrices devient le noir du mal absolu et du chaos, du désordre qui y sont associés et paf grâçe à la narration des fictions capitalistes les prolos et les courants politiques anarchistes et communistes deviennent la représentation d’un mal violent, sanguinaire, fanatique et chaotique qui plonge le monde dans le désordre et plus personne ne veut y être associé. Ça a l’air de rien mais vu le nombre de prolos aux idées progressistes qui refusent de devenir révolutionnaires car ça leur paraît trop extrême, violent et fanatique clairement ce type de propagande contre la résistance au capitalisme est efficace.

9-Les prolos sont cons dans les fictions capitalistes, rares sont les pauvres qui brillent par leur culture, leur réussite scolaire, leur capacité d’analyse, leur aptitude à voir au-delà des apparences et des clichés, leur sagessse, leurs connaissances dans un domaine précis non manuel ou tout autre caractéristique associée de façon stéréotypée à la notion d’intelligence. Les bourgeois qui pondent ces fictions montrant des prolos de cette façon démontrent clairement qu’ils pensent les pauvres comme leur étant génétiquement inférieurs en terme de force et d’intelligence. Le darwinisme social n’a jamais disparu de la conception bourgeoise du monde où il reste une idéologie marquée et majoritaire. Cet article par exemple l’illustre bien :

http://www.slate.com/articles/health_and_science/science/2014/01/social_darwinism_and_class_essentialism_the_rich_think_they_are_superior.html

L’essentialisme de classe comme le nomme les chercheurs est bien pratique pour les bourgeois mais les prolos n’ont aucun intérêt à se croire faibles et bêtes par rapport à leurs patrons, cependant le cliché est tellement répandu par la propagande bourgeoise que même eux y croient. Moi même j’ai bien du mal à ne pas me sentir inférieure en force et en intelligence à ceux qui réussissent dans les études et le travail au point d’être ou de devenir bourgeois et une partie de moi leur envie cette capacité que je n’ai pas. Il semble d’après cette étude que les pauvres croient moins que les riches que la richesse est liée à la force et à l’intelligence mais semblent y croire trois fois  plus que ce n’est vraiment le cas selon les études génétiques à ce sujet (qui exagère sans doute le lien entre richesse et force physique et intelligence comptée en points de QI en omettant ouvertement que le QI a été créé selon des critères d’intelligence détérminés par la bourgeoisie et que les divergences d’accès aux soins entre riches et pauvres semblent une meilleure explication de différences physiques entre les deux que la génétique qui n’en est probablement que le reflet. De plus on notera qu’il est pratique au bourgeois de se croire physiquement supérieurs aux pauvres dans l’absolu mais que dès qu’on parle de travaux manuels d’un coup ils deviennent trop frêles et de faible constitution pour les effectuer et les prolos deviennent des colosses surhumains à la force invincible qui s’en charge donc puisqu’ils y sont seuls aptes dans les discours bourgeois. C’est le fameux coup vieux comme le monde de les pauvres sont le corps sans la tête et les riches la tête sans le corps et donc ils ont besoin l’un de l’autre pour vivre, c’est un non sens mais presque tout le monde y croit un peu tant cela nous a été dit et répété par les moyens de diffusion de l’idéologie bourgeoise. C’est utile de défaire cette idée pour lutter contre le capitalisme vu que forcément on est plus efficaces dans le combat quand on se pense égal à son adversaire que lorsqu’on croit qu’ils nous est très supérieur physiquement comme intellectuellement. C’est pourquoi tout cliché qui entretient l’essentialisme de classe sociale est dangereux pour les prolos.

8-Les clichés des fictions créés par les bourgeois font souvent de tout les prolos des tarés irrationnels et incohérents, imprévisibles et incompréhensibles, au-delà même de la psychophobie de cette vision des prolos ce que ça a de dangereux c’est que ça revient à faire diffuser l’idée que toute action ou parole d’un prolo n’a aucun sens et donc à dépolitiser toute initiative ne provenant pas d’un bourgeois. Excuse parfaite de pour quelle raison 70% du temps de parole en espace public est réservé aux CSP+ donc aux bourgeois en France et de pourquoi le travail des pauvres est invisible et payée une misère sans que ça révolte, sans qu’on se demande pourquoi être ouvrier fait gagner moins qu’être patron en travaillant autant et même généralement plus que le patron. Cela lié à l’essentialisme de classe sociale empêche des révoltes collectives de prolos contre le capitalisme en empêchant l’accès à des groupes de prolos politisés aux espaces de paroles et d’actions publiques. Voilà pourquoi ce cliché est utile aux riches et néfaste aux pauvres.

7-L’ouvrier dans les médias produits par des bourgeois quasi tout le temps c’est le même cliché, le même homme blanc cisgenre hétérosexuel occidental, chrétien ou à la limite non croyant parfois, valide physiquement, psychologiquement (oui car la folie des ouvriers dans la propagande bourgeoise est naturelle à leur biologie et les rend violent sans raison contre les bourgeois elle est gênante pour les bourgeois jamais pour les ouvriers eux mêmes qui sont « mystérieusement » immunisés dans les fictions bourgeoises contre toute psychoatypie susceptible de rendre leur travail plus dur) et neurologiquement, adulte d’âge moyen (car montrer que les enfants et vieux prolos sont nombreux à vivre dans la misère et même à travailler horriblement dur pour une somme d’argent ridicule ça le fait moyen dans une fiction bourgeoise bien que ce soit vrai IRL dans de nombreux endroits du monde oú généralement les fictions bourgeoises s’attardent peu), d’apparence banale mais costaud et l’air benêt (il ne doit pas être beau car ça dans la fiction bourgeoise c’est réservé aux riches mais qu’ils soient tous moches risquerait d’être vexant pour une majorité de la population alors dans la fiction bourgeoise les seuls ouvriers moches sont les méchants prolos se rebellant contre l’ordre bourgeois histoire de renforcer l’association  dans l’inconscient collectif entre être moche et méchant), le plus souvent cet ouvrier est pauvre mais ne manque miraculeusement de rien et s’en contente du fait d’une sagesse épicurienne bien pratique et ne se plaint jamais de sa situation, il a plein d’amis qui lui ressemblent, il n’est surtout pas syndiqué et ne fait pas grève sinon il est méchant (sauf dans les fictions écrites par des bourgeois de gauche mais c’est moins fréquent que celles écrites par des bourgeois de droite), il est apolitique, respecte les valeurs style travail, famille, patrie, travaille systématiquement dans une usine car c’est le seul métier de prolo existant et comme il est sympa la bonté divine le récompense et comme par magie il s’enrichit et s’embourgeoise à la fin de l’histoire sans avoir rien fait qui le permette IRL. Le problème avec ce cliché c’est que c’est loin d’être représentatif du prolétariat ni en France ni dans le monde, en vrai plein de prolos sont non occidentaux, racisés, sont des femmes, sont LGBT+, sont handicapés, sont des enfants et des vieux (bien des enfants et des vieux en France et dans le monde vivent sous le seuil de pauvreté), ont des apparences, des capacités physiques et des capacités intellectuelles variées dans des domaines divers, des opinions politiques, philosophiques et morales diverses, un capital social variable, des opinions variées sur les notions de travail, famille et patrie, plein de métiers possibles( des métiers de prolo il y en a plusieurs milliers quand même et seul le tiers des prolos occidentaux font des métiers de la catégorie professionnelle ouvrier) et en Occident sont plus souvent employés de bureau qu’ouvrier d’usine en 2017, et le plus souvent IRL les prolos font tout ce qu’ils peuvent pour tenter de monter l’échelle sociale mais en vrai seul 1% y arrivent en moyenne et de nos jours les cas d’ascension sociale sont en raréfaction,les classes sociales se rigidifient et les rares prolos à pouvoir faire de l’ascension sociale sont des prolos avec de forts liens au monde bourgeois ce qui devient très rare vu que IRL les diverses classes sociales se côtoient de moins en moins. Le problème avec ce cliché c’est qu’il représente l’idéal bourgeois du prolo parfait selon eux et donc n’existe pas. Moins on y ressemble et moins on est visible et on a un poids politique comme prolo et la plupart des prolos n’y ressemblent en rien et ont zéro poids politique.

6-Le cliché des fictions bourgeoises dépeignant systématiquement la vie des prolos comme ennuyeuse, misérable, désespérante et pas intéressante est très violent car il renvoie aux prolos une image négative d’eux même et les frustre de tout ce que les riches peuvent faire et pas eux.

5-Le cliché des familles de fiction pauvres en théorie mais vivant comme des bourgeois avec une belle maison, une grosse voiture, des fêtes fréquentes et des vacances chères régulières est dangereux car à force d’y croire les gens pensent que tout le monde sauf eux mène ce train de vie là ce qui est faux et évaluent mal leur place sur l’échelle sociale. Or avant d’aller à l’école primaire les enfants ont tous conscience de leur statut social exact selon plusieurs études, la conscience de classe est naturelle et spontanée et il faut des années de propagande bourgeoise pour la diluer et faire en sorte qu’une majorité de prolos adhérent à l’idéologie bourgeoise. En primaire les enfants socialisent principalement dans des groupes de même classe sociale plus que dans des groupes d’une même ethnie au Royaume Uni  http://www.bbc.com/news/education-33329575 et il y a fort à parier me basant sur mon expérience personnelle que c’est le cas aussi en France, ces tendances apprises à l’âge du CP continuent et se renforcent à l’âge adulte. Classe scolaire et classe sociale sont très liées, il a été démontré que le principal facteur de réussite scolaire loin devant tout les autres et très loin devant les techniques parentales de bonne éducation est la classe sociale, l’école n’apprend rien elle ne sert qu’à rendre l’essentialisme de classe sociale biologisant plus discret et plus pernicieux en simulant un système qui donnerait des positions sociales en fonction des efforts, du travail et du mérite alors qu’en vrai l’école ne fait que justifier bancalement les inégalités sociales et économiques sur la base du degré d’adhérence aux valeurs bourgeoises mesuré par les diplômes obtenus qui sont comme cela a été analysé avant tout des badges en récompense de la soumission à l’ordre bourgeois. Une étude londonienne a même montré pour un million d’élèves que connaître le revenu de leurs parents permet presque systématiquement de connaître leur moyenne scolaire. En bref classe scolaire et classe sociale ne font qu’un. Du coup ce cliché est très dangereux car il pousse les gens à individualiser les raisons de leurs échecs qui sont en fait prioritairement sociales.

4-Dans les fictions bourgeoises un prolo ne peut être le personnage principal que dans deux types de contextes, le moins commun c’est dans un milieu 100% prolo et dans ce cas la fiction est en général une propagande de bourgeois de gauche pour rallier des prolos à leurs idées politiques et le cas le plus commun est celui où le prolo devient intéressant car il vit un scénario interclassistes en devenant l´ami ou la conquête amoureuse d’une personne de la haute société, le problème avec ces scénarios c’est qu’ils ont tendance à se baser sur une réalité rare et à la glorifier et l’idéaliser complètement comme si l’ascension sociale était le seul moyen pour un prolo d’être un protagoniste intéressant ça revient à sous entendre que la vie des prolos qui ne font pas d’ascension sociale n’a pas d’intérêt, dur pour les 99% de prolos qui n’ont pas d’ascension sociale au cours de leur vie.

3-Le cliché qui veut que les pauvres sont de sales assistés est dangereux car faux, permettant aux bourgois de couper les aides aux gens qui en ont besoin et aussi et surtout car il invisibilise le fait qu’on fait pas plus assisté qu’un bourgeois.

2-L’idée que pauvre : paresseux est très pernicieuse aussi car presque tout le monde y croit en çe qui concerne les plus pauvres que soi et en particulier les personnes très pauvres hors le plus souvent ces personnes sont atypiques, la plupart des personnes sans logis, en prison, en HP ou au chômage sont des prolos tout en bas de l’échelle sociale et atypiques, reprocher à des groupes principalement constituer d’handicapés pauvres et le plus souvent racisés de l’être c’est le sommet d’un système capitaliste, raciste et validiste, pour infos les riches bourgeois sont en France pour plus des deux tiers d’entre eux des personnes valides blanches issues de familles riches, ne me dites plus jamais que le déterminisme sociologique n’explique pas tout je n’y crois plus.

1-Le rêve américain, dans le même genre est pour les mêmes raisons le scénario de la personne qui réussit à s’élever socialement par le travail est dangereux car c’est le mythe anti prolo le plus répandu vu que c’est celui auquel on veut le plus croire quand on est pauvre et qu’on travaille dur mais aussi le plus létal, de nos jours la majorité des personnes pauvres se suicidant ont pour raison majeure de le faire de n’avoir pas pu incarner ce rêve, moi même sincèrement j’en suis très atteinte et si un jour je me tue ce sera sans doute principalement car je n’ai pas été en mesure de l’incarner. Dans le monde une personne se suicide toutes les 40 secondes la plupart le font pour cette raison principalement, ne me dites plus jamais que le capitalisme est le système économique et politique le moins meurtrier à avoir exister entre l’état dans lequel il a mis la faune et la flore, le nombre de guerres qui a jamais été aussi important que depuis que ce système existe (et qui sont meurtrières en masse depuis qu’il existe) et les suicides de masse qu’il a inventé, les répressions sanglantes de ceux qui luttent contre lui ainsi que les morts de faim, de soif, de maladies curables et de pauvreté qu’il n’a jamais empêché tout prouve l’inverse.

 

 

Publicités
à la Une

Pourquoi la domination des milieux militants par les petits bourgeois détruit les luttes.

100% garanti en pur haine jouissive anti bobo, parceque j’avais vraiment besoin de me lâcher, ne m’en excusez surtout pas 😊.

Article pour dire que j’ai trouvé un lien fort intéressant https://www.theguardian.com/global-development-professionals-network/2016/jun/08/burnout-activism-working-class-organising-with-middle-class-comrades écrit par une femme prolo psychoatypique qui a eu l’idée (que j’ai du mal à comprendre mais bon) de militer en milieu végan antispéciste et s’est donc logiquement retrouvé dans le milieu militant le plus bobo qui soit et en a eu ras le bol. Cet article exprime tout les trucs crevants et agaçants qui vont avec être prolo et militer dans un milieu à majorité bourgeoise, la fin me convaint pas déja car c’est pas demain que le véganisme et l’antispécisme me convaincront mais aussi et surtout car je pense pas qu’une lutte interclassiste ait un quelqu’oncque avenir pour moi la lutte dit être menée par des prolos sur tout les axes d’oppression où elle aboutira à rien.

Sauf que c’est le contraire qui se passe en fait. Déja en moyenne à la louche mais aussi au souvenir de Statistiques lues mais que je parviens pas à retrouver mais qui correspondaient à mon vécu 70% du milieu militant dans son ensemble est bourgeois particulièrement la majorité sont des petits bourgeois de culture bobo. Un truc insupportable entre tout avec eux c’est leur critique constante des prolos qui refusent de cautionner leurs mouvements de merde, franchement ils passent presque toute leur vie à cracher sur les prolos pas assez de gauche, pas assez militants et pas assez conscientisés à leur goût bref pas assez d’accord avec eux pour maintenir leur illusion qu’ils parlent au nom du prolétariat dont ils ne font PAS partie. En clair ils luttent plus contre les prolos que pour eux et la plupart des prolos l’ont pigé très vite et fuient ces milieux militants comme la peste. Mais il y a toujours des prolos naïfs/suicidaires et/ou manquant de conscience de classe qui pensent pouvoir retourner la situation et récupérer les mouvements militants pour leur classe sociale à eux tout seuls, je sais j’en ai fait parti en traînant douze années en milieu militant « de gauche » et le pire c’est que je continue à essayer de nous réappproprier nos luttes autant que je puisse y contribuer car je supporte pas de voir ces foutus bobos de merdes nous voler nos espaces de paroles et de luttes historique et mettre bien des nôtres directement en danger de mort de ce fait.

Brève revu de la cata actuelle des milieux militants

1- Médaille d’or : Milieu écolo en général et en particulier milieu autour de la question animale, champions toutes catgéorie du taux de bobos au centimètre carré, quelques rares et isolés prolos comme l’auteure de l’article en question tentent désespérément d’y faire entendre leur voix mais elles sont étouffés presque entièrement par le fait que ce milieu militant c’est Boboland. Dommage l’écologie est trop importante pour la laisser à ce genre de militants mais se réapproporier cette lutte c’est aussi vital que hardcore vu à quel point ils se la sont acccaparés. Ils se rendent même pas compte d’être un des pires dangers pour l’écologie, comme l’auteure le souligne les études scientifiques sur le sujet prouvent que les bobos écolos antispécistes sont bien plus dangereux de part leur niveau de vie pour l’environnement, la faune et la flore que les prolos n’en ayant rien à foutre vu qu’ils polluent bien plus que les pauvres qui n’ont pas autant de moyens qu’eux pour le faire. Tout est dit je crois.

2-Médaille d’argent : Le milieu féministe principalement classique mais le milieu féministe plus ouvert à la diversité des luttes c’est pas mieux côté voix des prolos, dans les deux cas 10% ou moins des féministe sont prolos et celles ci se reconnaisssent bien sûr absolument pas dans ces féministes bourgeoises et comme je l’avais dit précédemment 100% des femmes prolos considèrent que le féminisme en sa majorité ne les représentent pas. J’ai beau être féministe prolo j’en fais partie c’est devenu impossible d’écouter des féministes n’étant pas prolos pour moi ça donne trop envie de les finir à la dynamite.

3-Médaille de bronze : Un peu meme style le milieu pacifiste et antimilitariste et aussi ce que je connais du militantisme anti prison très rarement autogéré bien plus souvent mené par des anarchistes  bobos style charité. En fait ces mouvements sont majoritairement caritatifs et non violents et à écrasante majorité bobo et donc pas efficaces pour un sou. Ce qui est très con vu que les prolos avec des convictions similaires sont nombreux mais cette façon de militer est une vraie blague donc presque aucuns y participent.

4-Milieu LGBT+ : Pareil nettement dominé par les mecs blancs cis gays bourgeois, les bis et trans bobos ont déja du mal à y être entendus alors les LGBT prolos, même les mecs prolos blancs cis gays ne s’y reconnaissent pas, les gouines prolos surtout celles racisées prolos y ont beaucoup de mal et y sont encore plus rares et les bies, transgenres et autres minorités de genre et d’orientation sexuelle prolos y sont rarrissimes. Pourtant les prolos’LGBT+ ça manque pas mais ces mouvements ne les représentent pas du tout.

5-Luttes invisibles : antivalidisme antipsychiatrie notamment, anti agisme, anti aphrodisme, body positive, fat positive, contre l’oppression des minorités religieuses, antixénophobie, Sex positive, pro BDSM, pro polyamour etc… sont particuliers car très fortement dominés par des bourgeois mais des bourgeois un peu spéciaux et minoritaires face aux bobos que leurs préoccupations n’intéresssent pas en général, certains sont bobos eux mêmes beaucoup même mais pas presque tous comme dans les milieux précédents, il faut dire que ces milieux sont si petits qu’en terme de militants ils prennent tout ceux qu’ils trouvent, du coup on y trouve plus de grands bourgeois qu’ailleurs’en milieu militant mais aussi quelques prolos venus du haut prolétariat et avec un fort capital culturel et/ou social, bref ce sont souvent des milieux plus interclassistes mais toujours très dominés par les bourgeois et accessibles seulement à une miniscule partie du prolétariat.

6-Le milieu antiraciste et le milieu anti violences policières allant avec sont assez logiquement parmi les milieux militants les plus prolétarisés même si là encore c’est compliqué, la majorité reste petite bourgeoise même si rarement  bobo et la majorité sont des enfants de prolos parvenus à s’embourgeoiser et ont donc la mémoire des questions sociales et de la lutte de classes dans leur histoire familiale et sont donc bien plus supportables à écouter que les militants bourgeois blancs. Sauf que l’écart entre eux et les prolos avec beaucoup de privilèges comme moi ou meme juste les prolos blancs est plus faible qu’entre les bourgeois racisés et les prolos racisés et beaucoup plus faible que l’écart entre prolos blancs et prolos racisés. Du coup des alliances interclassistes entre petit bourgeois racisés et ouvriers blancs c’est plus aisés à créer que des alliances interclassistes entre racisés encore plus faciles à créer que les alliances entre prolos racisés et prolos blancs.  Les problemes principaux y sont le mépris de classe de la plupart des bourgeois racisés et d’abord et surtout le racisme d’une grande majorité de prolos blancs qui invisibilise les luttes des prolos racisés.

7-La lutte des travailleuses du sexe est un cas particulier c’est le seul mouvement avec celui des femmes voilées à ma connaissance à être majoritairement dirigé mondialement par des femmes racisées même si les orgas les plus connus sont blanches, et les militants les plus connus sont des hommes ou des femmes blancs à fort capital culturel et social même si rarement économique.

D’ailleurs le milieu militant est vraiment rempli de bac+5/+8 alors que la plupart des gens ont un bac+3, oui la majorité des prolos n’ont pas fait de longues études du coup les discussions permanentes de militants autour de x bouquin universitaire militant super long cher et jargonnant qui vient de sortir, x conférences ou la dernière sortie de x intellos militant que personne connaît hors milieu bobo militant c’est franchement relou et insupportable. Même moi qui me suis longtemps forcée à me politiser comme ça pour m’intégrer socialement dans ces milieux et qui aiment beaucoup lire et théoriser des trucs complexes j’ai horreur de ça c’est dire.

Enfin il y a la gauche politique militante classique, anarchistes, trotskistes et communistes autoritaires de nos jours très majoritairement en France en tout cas des bobos avec tout juste le tiers d’ouvriers alors que la majorité des gens votant pour des partis s’affichant comme ouvriers sont toujours des prolos même si la majorité des prolos sont bah très divisés politiquement de nos jours mais toujours plutôt conservateurs, plutôt à droite et plutôt procapitaliste. Bon en même temps plus on est bas dans l’échelle sociale plus on risque de dégringoler encore plus en cas de bouleversement social donc c’est pas si étonnant que ça en fait surtout quand la gauche prolo est inexistante ou en tout cas très invisibilisée. Bref tant que militer sera dangereux les prolos le feront pas et tant qu’il n y aura pas de lutte autonome des prolos militer ce sera militer pour les intérêts de la petite bourgeoisie bobo au détriment de ceux des prolos donc ce sera dangereux.

Heureusement des mouvements de prolos existent et n’appartiennent pas qu’à l’histoire et je compte profiter de ce blog pour visibiliser ces derniers comme j’ai commencé à le faire en faisant un article historique sur le mouvement des chômeurs. Bref pour moi un prolo qui survit au quotidien est un milliard de fois plus militant et anticapitaliste que tout ces bobos de merde qui m’ont fait perdre beaucoup de pouvoir d’action au final et ont fait la même chose au prolétariat en général.

En gros si vous vous demandez en tant que militants si vous êtes un petit bourgeois ou un prolo la réponse est simple si comme moi et cette fille (plus ou moins traduction de son article avec quelques  ajouts perso) :vous avez horreur de la tendance des militants bourgeois à considérer les prolos comme un bloc uniforme alors que de toutes les classes sociales forcément c’est la plus nombreuse et la plus variée, des stéréotypes sur les prolos que les militants bourgeois ressortent constamment, de leur militantisme élitisme de merde, de leur façon de considérer les prolos comme de la merde, des moutons ou des gens qui ont pas de cerveau, de leur façon de nous traiter constamment comme leur caution prolo, de leur romantisation de la pauvreté, du fait qu’ils squattent chez vous et nomment ça du tourisme social, du fait d’être méprisés pour vouloir manger, se loger et espérer un peu d’ascension sociale le permettant et d’être à la limite de se voir cracher au visage’pour ça, d’entendre toujours parler des prolos par des gens qui n’en sont pas et n’y connaissent rien et en parlent en se posant en experts en la matière oubliant alllegrement qu’ils passent leur vie à silencer les rares qui se coltinent de les fréquenter et supportent de les écouter en pouvant se retenir de leur foutre un pain avant la fin de leur blabla, leur façon de considérer les prolos comme à l’origine de toutes les oppressions et de tout les malheurs du monde (oui le capitalisme selon eux c’est à cause de la masse prolo pas assez de gauche pour vouloir changer le système), être regardée par vos camarades bourgeois comme une curiosité sur laquelle faire une thèse car vous êtes en milieu militant mais n’avez ni doctorat ni famille militante depuis la nuit des temps, être mal vu car on a d’autres trucs à foutre que militer comme survivre par exemple, être jugés et méprisés constamment du fait de sa classe sociale clairement perçue comme inférieure et de nos goûts vus comme beaufs, en avez marre d’entendre parler d’expériences qui seront toujours trop chères pour vous comme les voyages internationaux, le fait d’acheter une propriété ou les activités extra scolaire genre théâtre, golf et équitation comme si c’était universel alors que c’est méga cher impossible à envisager pour vous et qu’il vous est très dur de socialiser dans ces milieux là, marre que comme vous faisiez rien de tout ça et n’allait pas dans plein de restos et cafés mais au Lidl pour vous nourrir on vous juge directement et en vous le disant comme ennuyeux et ayant une vie ennuyeuse, marre que dès que la lutte prennent une forme un peu énervée organisée par des prolos elles est censurée par les camarades alors que lorsqu’elle est organisée violemment par les militants bourgeois mettant en danger des prolos elle est glorifiée, marre que ce soit impossible pour des prolos de parler de leurs vies de prolos sans être silencés en milieu militant, marre de la police du langage qui empêche tout les gens qui parlent normalement et refusent à juste titre de se coltiner une LV2 jargon militant politiquement correct pour pouvoir participer aux luttes soient systématiquement virés des milieux militants au point que vous pensez ce langage est plus un signe de reconnaissance pour exclure les prolos et rester entre bobos qu’un truc qui à quoi que ce soit de « safe »(traduction : sécurisant en langue militante bobo), comme l’athéisme obligatoire rebutant beaucoup de prolos cathos, juifs et musulmans voulant s’engager dans les luttes, marre que les gens au comportement et/ou aux habits trop marqués prolos soient toujours rejetés de ces milieux (c’est particulièrement vrai de certains banlieusards au look caillera et au langage téci authentique que j’ai vu très vite rejetés de ces milieux militants car leur simple existence ridiculisait les prétentions des militants bobos à savoir quoi que ce soit sur les banlieues étant inaptes à même comprendre la façon dont certaines personnes y parlent et aussi encore plus de comprendre la variété sociale, de comportements, de vêtements, d’origines, de cultures, de façon d’être racisés ou pas d’ailleurs car il y a aussi plein de blancs dans les banlieues pauvres, d’idéaux et d’opinions politiques des gens vivant dans les banlieues françaises pauvres pour de vrai et pas dans des clips de rap clichés), marre que toutes nos erreurs de français soient toujours soulignés par les militants bobos qui en font eux même plus que nous mais qu’on est pas en position de souligner, marre qu’on considère qu’on maîtrise forcément l’anglais à la perfection (d’ailleurs promis je traduit tout les articles et liens avec des choses écrites en anglais, supprime un Max de jargon militant et corrige toutes les erreurs politiques causées par le mépris de classe intériorisé sur ce blog des que j’atteins les 100 articles), marre qu’on nous engeule si on veut pas apprendre des langues étrangères car pour bien des prolos c’est plus une perte de temps qu’autre chose, marre aussi qu’on nous empêche de parler nos langues régionales qui ne sont pas des patois et n’étaient pas minoritaires avant que les bourgeois nous oppressent pour oser les parler, marre que les luttes pour préserver nos cultures régionales, les luttes indépendantistes et tout ce qui globalement sert à préserver, transmettre et faire prospérer nos cultures de prolos soit méprisé et taxer de raciste et nationaliste par des bourgeois militants quasi systématiquement blancs en prime, marre que les militants bobos parlent toujours aux militants prolos comme si ils avaient cinq ans, marre que notre diplôme et notre travail plus ils sont prestigieux socialement aux yeux des bobos plus ils nous donnent de crédit en milieu militant et qu’être chômeur ou pas très diplômé ou encore plus si on est sdf fait qu’on est vite très très méprisé comme si on était pas humain, marre d’être encouragé à faire des actions illégales dangereuse pour les prolos glorifiées par les militants bobos et d’y être fortement incités car les autres militants nous méprisent ouvertement si on y participe pas pour se retrouver en taule, en GAV ou avec les conséquences psychologiques de ça sans les moyens de payer quelqu’un pour nous aider avec ça tandis qu’eux ils ont un avocat qui les empêchent de risquer ça sans compter que vivre ces expériences est très différent selon la classe à laquelle on appartient (ce qui est encore plus vrai pour les prolos racisés d’ailleurs), mais marre aussi qu’ils nous méprisent quand on fait des choses illégales pour gagner de la thune même si c’est juste bosser comme baby Sitter au noir sans compter qu’en plus côté drogues et putes c’est les premiers consommateurs mais jamais ils ne laissent d’espace aux travailleuses du sexe ou au dealers dans leurs rangs d’ailleurs leur critique constante de la passion des prolos en particulier d’une catégorie très spécifique de prolos banlieusard racisés exerçant des métiers illégaux et donc criminalisés sur lesquels leur haine se concentre au prétexte que ceux ci auraient une passion du capitalisme et glorifierait l’argent facile, l’ascension sociale par le crime et la culture bling bling du fric avant tout c’est la preuve qu’ils ne pigent rien aux prolos, la fascination de l’argent et du pouvoir formidable qu’il confère c’est facile à critiquer quand on en a toujours eu mais si ils y étaient si étrangers qu’ils se le prétendre lutter avec eux coûterait moins cher et du fric ils en filerait pour aider les luttes des prolos qui leur en demandent au lieu de les dénigrer car ils en demandent (ok ça leur arrive de se la jouer charité mais ils ont une fâcheuse tendance à faire ça que quand les prolos leur ont rien demandé et que ça les met plus dans la merde qu’autre chose d’accepter la thune en question et surtout si ça les endettent), marre que nos réactions de prolos à leurs conneries soient censurés qu’on est passé le droit de se foutre d’eux ouvertement par exemple quand ils disent des trucs ridicules, marre de leur incapacité à écouter une critique aussi simple et légère qu’elle soit sans y mettre les forme pendant 3000 ans pour pas les offusquer, marre qu’ils sont infichus de parler clairement, simplement et directement mais toujours dans des longs discours fleuves  alignants les mots compliqués pour masquer la connerie du fond de leur pensée et les idées vagues, floues, sous entendues et référencés pour éviter que les prolos pigent qu’ils sont en train de lutter contre eux, marre de devoir parler en morse pour être compris par eux, marre qu’ils aient réussi à nous faire intégrer leurs codes de langage et penser en partie comme eux à cause du mépris de classe intériorisé colossal qu’ils nous ont instillé à force de les fréquenter en milieu militant, marre de pas pouvoir les secouer un peu violemment quand ils le méritent à cause de leurs privilèges de classe qui rend le fait de tenter de leur coller une droite dangereux pour moi même quand c’est pas l’envie qui m’en manque et marre qu’ils nous trouvent pas assez rebelles contre les bourgeois alors que ce sont nos patrons et leurs parents.

En gros test : Si tu te reconnais dans ce ras le bol tu es prolo, si ce n’est pas le cas et surtout si tu es outré par mon article et/où celui de cette fille, tu es un bourgeois militant, à en juger par les commentaires sous l’article de cette fille c’est flagrant. Deux exceptions à cette règle les gens qui vivent dans des pays où le militantisme prend des formes différentes de celles que j’ai décrites ici en termes de classe sociale et les quelques prolos tellement aliéné à la pensée bobo bourgeoise qu’ils ont intériorisé le mépris de classe au point de ne plus penser par eux même mais comme les bourgeois militants le leur ont appris, si vous avez encore un doute sur votre classe sociale maintenant demandez vous tout connement si vous avez le même capital économique que le militant moyen ou pas, si vous êtes aussi ou plus riche qu’eux vous êtes un bourgeois militant si ce n’est pas le cas vous êtes un prolo.

Et bien sûr ce test n’est applicable qu’aux gens ayant connu un tant soit peu un milieu militant de l’intérieur.

MAINTENANT les bourgeois militants faites un truc vraiment révolutionnaire pour une fois dans votre vie quand des prolos essayent de s’auto organiser sans vous FERMEZ VOS GEULES UNE BONNE FOIS POUR TOUTE ET LAISSER LES FAIRE MERCI D’AVANCE. Comme ça la révolution que vous vous impatientez tant de voir viendra beaucoup plus vite.

Cette fille et moi si on a connu le burn out c’est en grande partie à cause du taux abracadabrant de mépris de classe subi dans nos vies, mon burn out est complètement à cause de ça en fait personnellement et j’ai connu plein de militants prolos qui ont eu des dépressions, troubles anxieux et burn out militants pour les mêmes raisons, bon moi en plus je me suis coltinés les bourges pendant mes études aussi et c’était d’une violence qu’on peut pas imaginer sans la vivre. Bref j’ai choisi mon camp toute ma vie je lutterai pour les prolos et contre les bobos et si aux yeux des militants bobos ça fait de moi une gonzesse beauf réac facho et attardée tant mieux ça veut dire que je leur fait peur et donc que la lutte est efficace. Tremblez bobos l’heure de la fin de votre honteuse récupération politique et réappropriation culturelle des luttes et de l’histoire des prolos va bientôt sonner MOUHAHAHA 😈!

Et pour se moquer un peu des bobos car c’est gratuit et ça fait du bien :

 

 

 

 

à la Une

Comment qu’on se débarrasse donc des oppressions internalisées?

IMG_0942.JPGOppression internalisée c’est du jargon de militant qui se la raconte mais en vrai ça désigne une réalité assez simple : des groupes de personnes qui ont une position sociale inférieure dans notre société inégalitaire comme les femmes rapport aux hommes ou les pauvres par rapport aux riches par exemple ont un certain nombre de stéréotypes négatifs qui circulent sur eux, par exemple « les chômeurs sont des parasites sociaux », « les ouvriers sont bêtes », « les femmes sont nulles en maths » et j’en passe, on a tous déjà entendus ces phrases, quelqu’un qui internalise une oppression finit par croire consciemment ou non à une partie de ses clichés et agir en fonction de ceux ci que ce soit pour les contrer ou pour s’y conformer. Ces clichés sont diffusés et entretenus par les groupes sociaux dominants pour maintenir leur pouvoir sur les groupes sociaux dominés. Tout est fait pour qu’un maximum de gens considèrent qu’une personne dominée agit immoralement si elle agit d’une façon qui conteste sa domination et moralement si elle s’y soumet. Par exemple une fille qui joue au foot sera plus mal perçue moralement qu’une fille qui joue à la poupée car perçue comme pas féminine c’est à dire en train de contester l’ordre patriarcal et les normes de genre.

Tout ça c’est pas juste du blabla de militant, ça a des conséquences graves sur les individus et les groupes sociaux concernés que cela affaibli considérablement. La majorité des gens sur Terre appartiennent à au moins un groupe oppressé et il est impossible d’en être sans avoir internalisé partiellement ces oppressions. Mais comment ce débarrasser collectivement de ce problème qui fait que nous n’avons pas assez de force pour nous libérer collectivement des oppressions que nous subissons et qui a des conséquences directes sur nos vies?

En effet comme ça cela parait très abstrait mais au niveau des individus les oppressions internalisées ont des conséquences directes sur la santé physique et mentale des individus.

Il a été démontré par un nombre conséquent de recherches en sciences sociales, psychologie et médecine que les oppressions internalisées augmentent physiquement les risques de dysfonctionnement sexuel, de séropositivité et d’hypertension https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15359074 (cette étude montre que la sévérité de l’hypertension, la difficulté des personnes oppressées à percevoir leur oppression et le degré d’oppression internalisés sont corrélés).

De même psychologiquement il est prouvé que les oppressions internalisées sont la cause principale des psychoatypies suivantes : dépendance/ et addictions en tout genres, trouble dysmorphique corporel, troubles du comportement alimentaires (anorexie, boulimie et orthorexie), troubles anxieux (phobies, trouble panique, anxiété sociale, trouble de l’anxiété généralisée, trouble obsessionnel compulsif et trouble post traumatique) et dépression et que les envies suicidaires, tentatives de suicides et suicides effectifs y sont presque systématiquement reliés.

Cela veut donc dire que une des psychoatypies que j’ai eu et deux de celles que j’ai encore ont pour origine des oppressions internalisées.

Sur les groupes sociaux il y a également des effets délétères et il a été démontré que les oppressions internalisées sont la source principale des problèmes sociaux suivants : la peur de l’intimité, les conflits internes aux groupes opprimés, la détention d’un capital culturel, social et économique trop faible pour permettre la satisfaction des besoins premiers, les problèmes de couple, le déficit d’éducation sexuelle, les comportements à risques, le fait d’accepter de faire n’importe quoi au détriment de tout ce qui peut être important pour nous juste pour un travail salarié ou une autre source de revenus, l’acculturation, l’isolation sociale, les violences conjuguales, la croyance en des stéréotypes négatifs et avec leur transmission et leur perpétuation, la violence et les crimes violents meurtres inclus.

En résumé le monde serait bien plus agréable à vivre pour tous sans les oppressions internalisées et les gens seraient plus heureux si ils s’en débarrassaient. Oui mais comment? Bon déja il faudrait que les gens des groupes sociaux dominants arrêtent d’oppresser ceux des groupes dominés d’après ces recherches ça passe par trois étapes déjà accepter qu’être dans un groupe de dominant fait de nous des oppresseurs potentiels du fait de notre socialisation sur ces points. Par exemple en tant que blanche je peux avoir des comportements racistes sans m’en rendre compte du fait de ma socialisation dans le groupe dominant sur ce point, s’en rendre compte c’est la première étape pour l’éviter.

La seconde étape est d’éviter de culpabiliser individuellement les dominants de leur position sociale car cela a été démontré comme largement contre productif, les braquant et donc les rendant plus oppressifs. Ainsi par exemple dire à une personne qu’une phrase qu’elle à prononcé est sexiste fonctionne mieux pour la faire réfléchir à cela et devenir moins sexiste que de dire à cette personne qu’elle est oppressive envers les femmes car alors la personne va voir son image d’elle même mise en danger par vos accusations et pour se protéger se percevoir comme gentille et vous percevoir comme méchant et amalgamer ce que vous lui avait reproché avec ce que vous êtes, une femme, et du coup va devenir plus sexiste qu’avant.

Enfin quand une personne dominante n’ignore plus l’être et arrête de le prendre personnellement quand on lui reproche des comportements dominants car elle a compris que c’est sa socialisation qui la rend ainsi et que ça n’en fait pas une personne mauvaise pour autant sur un plan moral elle est prête pour entendre les conséquences des comportements dominants sur les personnes dominées et donc à vouloir supprimer les siens. La troisième étape arrive donc quand la personne dominante commence à devenir une sympathisante des causes des dominées et apprend petit à petit à les considérer et à les traiter de plus en plus autant qu’il lui est possible comme ses égaux.

Il faut bien se rendre compte qu’on est presque tous dominants sur certains plans et  dominés sur d’autres. On a donc tous avantage objectivement sympathisants des groupes sociaux dominés auxquels on n’appartient pas car ces solidarités interoppression accéléreront l’effet des luttes anti oppressives de chaque groupe dans un cercle vertueux.

Mais si lutter contre les oppressions qu’on perpétue comme dominant est le plus efficace pour les luttes collectives, lutter contre les oppressions internalisées que nous avons du fait d’appartenir aussi en général à des groupes sociaux dominés c’est important pour le bien être et la santé individuelles. C’est fondamental, en effet ce n’est pas égoïste de vous occupez d’abord de vous sur ce plan là car les oppressions internalisées c’est très dangereux et vu qu’elles sont la cause principale des suicides qui tuent environ une personne toutes les 40 secondes sur notre planète http://www.bbc.co.uk/news/health-29060238., qu’importe vos échecs, vos erreurs et leur gravité si vous voulez lutter à votre échelle contre les oppressions qu’importe à quel point votre action vous semble dérisoire, votre utilité sociale sera toujours plus forte si vous êtes vivants que morts. Du coup il faut s’en occuper et prendre ça au sérieux.

Mais comment? 13 moyens efficaces de lutter contre on étés identifiés :

1/Éviter le perfectionnisme autant que faire se peut. En effet essayer d’être le militant anti oppression absolu et se flageller à chaque fois qu’on y échoue c’est contre-productif et d’autant plus problématique que plus on est concerné par un nombre important d’oppressions plus on a de risque d’être éloigné de l’idéal du parfait petit militant car pour être un super-militant qui ne fait jamais d’erreurs politiques il faut beaucoup de privilèges en vrai. Et puis surtout car un trop grand écart entre qui on est et qui on aimerait être entretien une image négative de soi même et est donc dangereuse pour notre santé. Bien sur tout le monde n’a pas les mêmes capacités à éviter le perfectionnisme et si vous y tendez naturellement et avez du mal à vous en défaire bah la première étape c’est de ne pas vous autoflageller car vous n’êtes pas assez parfaitement antiperfectionniste à votre goût.

2/ Eviter autant que faire se peut le moralisme dans la lutte contre les oppressions intériorisées, arriver ou ne pas arriver à vous en défaire ne fait pas de vous une personne bonne ou mauvaise et si c’est dur pour vous que ça vous prend du temps cela ne signifie rien de plus que le fait que vous avez probablement subit beaucoup d’oppressions au cours de votre vie et ça vous n’y êtes pour rien. Vous réagissez comme vous pouvez. L’accepter c’est la première étape pour vous sentir bien par rapport à ça.

3/Ensuite il convient d’identifier les stéréotypes négatifs sur vous même et votre groupe social et ceux qui ont été intériorisés par vous et qui vous font le plus de mal car après tout autant vous débarrassez des plus dangereux pour vous en premier. Par exemple moi j’ai eu l’idée de cet article car j’ai passé une très mauvaise nuit hier à cauchemarder en me répétant en boucle dans ma tête des clichés et stéréotypes négatifs que j’ai interiorisés sur ma déficience empathique et mes traits autistiques donc c’est ça qui me fait le plus mal en ce moment et que je dois le plus vite faire sortir de mon cerveau pour mon bien être personnel.

4/ Une fois qu’on sait quels sont les stéréotypes qui nous font le plus mal il nous faut apprendre à identifier les comportements oppressifs causés par ses clichés ce qui fait reculer les oppressions internalisées car on perçoit mieux le fait que ce n’est pas nous qui sommes en tort d’agir comme on le fait mais l’autre personne qui a des préjugés sur un des groupes sociaux auxquels on n’appartient. Du coup on prend ces commentaires négatifs moins personnellement et on peut les mettre plus à distance. Par exemple si une personne pense que je ne l’écoutes pas car je ne la regarde pas dans les yeux, plutôt que de culpabiliser de n’avoir pas su respecter ce code social je me rendrais compte que cette personne ne comprend pas que comme un certain nombre de neuroatypiques je fais ça car ne pas la regarder dans les yeux m’aide à mieux réfléchir à ce qu’elle me dit et donc je l’écoute et si j’en ai l’énergie je le lui expliquerai au mieux que je puisse et j’aurais ainsi transformé un moment négatif pour nous deux en un moment positif pour nous deux.

5/Si ce qui est probable notre apparence n’est pas celle de la beauté incarnée et fait partie des choses qui nous complexe, essayer de trouver des personnes que l’on trouve belles et qui partagent certains de ce que nous percevons comme nos défauts physique. Moi par exemple qui suis en surpoids et donc visiblement grosse écoutez des chanteuses rondes et/ou grosses que je trouve belles me fait du bien sur ce plan là et m’aide à moins complexer sur mon poids.

6/Trouver des sources d’éducation/de culture sexuelle aussi inclusive que possible si besoin est. Par exemple je suis une femme handicapée polyamoureuse et j’aime le BDSM de temps à autre ça me fait donc du bien de lire des choses sur la sexualité écrites par des femmes, encore plus par des femmes handicapées quand je trouve ce type de ressources et de temps en temps ça me fait du bien de trouver des portraits positifs du polyamour et du BDSM. Pour les personnes qui contrairement à moi appartiennent à des minorités sexuelles oppressées ce point est encore plus important car avoir du soutien sur ce point peut beaucoup vous aider à lutter contre les oppressions intériorisées.

7/Apprendre la véritable histoire des groupes oppressés auxquels on appartient, par exemple j’ai été beaucoup plus à l’aise avec le fait d’être une femme quand j’ai découvert tout ce que nous autres femmes avons fait et à quel point notre rôle à été central et non secondaire dans l’histoire de l’humanité, cela a été pour moi une grande source de confiance sur ce point.

8/Pour moi et les adultes ça c’est trop tard mais si vous connaissez des enfants redoublez de vigilance vis à vis d’eux et dites/faites le moins de choses potentiellement oppressives devant eux car plus les stéréotypes négatifs sont intégrés jeunes plus ils sont difficiles à défaire. La seule chose qu’on puisse en faire une fois adulte c’est de se souvenir si on le peut de comment on à intégrer ces stéréotypes étant jeunes. Par exemple je sais que j’ai intégré les stéréotypes négatifs qui m’ont pourri ma nuit sur les traits autistiques et le déficit empathique de deux sources principales mes parents très validistes sur ce point et aussi et surtout les élèves qui me harcelaient à cause de ça au collège et au lycée, je voudrais bien que ce passé devienne un passé lointain qui n’a plus de conséquences sur mon estime de moi présente mais savoir que ce n’est pas le cas c’est déja une première étape pour allez vers ce but. Et si vous êtes mineurs et lisez ça n’écoutez surtout pas les gens qui se moque de votre physique, de votre culture ou de votre caractère, vous êtes vous et vous êtes très bien comme vous êtes.

9/Trouver des moyens de percevoir ses traits en vous qu’on vous à appris à détester car ils étaient liés aux groupes sociaux dominés auxquels vous appartenez comme positifs, cela peut passer par beaucoup de moyens mais les plus efficaces sont ceux qui sont ritualisés semble t’il. C’est à dire que trouver un moyen régulier de fêter votre appartenance à ces groupes dominés et la fierté qu’elle vous fait ressentir c’est très utile à la fois pour vous redonner de la force et en redonnez à ces groupes sociaux dans leur ensemble en les unifiant autour d’un événement qui les rend plus visibles, plus puissants et donc plus fiers. Prenons le fait d’être une femme par exemple comment le ritualiser? Cela peut être un événement annuel comme la journée des femmes du 8 Mars, une chose qui a lieu mensuellement, le fait de consacrer un jour qui vous semble signifiant dans le mois pour célébrer les femmes à votre façon comme je sais pas moi la pleine Lune par exemple (évidemment les évènements sociaux auxquels tous participent comme les fêtes sont plus efficaces mais on a pas tous la capacité d’y participer et je suis court sur ce point donc je fais comme je peux en inventant des rituels à ma façon, et tant qu’on y est on parle pas d’une chose religieuse plus de genres de célébrations style mini anniversaires), un jour de la semaine que vous y consacrer le Vendredi par exemple et/ou un moment de chaque journée bref pendant lequel vous faisez un geste quelquoncque qui signifie que vous y pensez par exemple dessiner un symbole féminin sur une feuille, vous collez un pins féministe sur la veste, écoutez une chanson qui vous parle enfin ce que vous voulez de court et de symboliquement signifiant qui vous connecte à cette expérience d’une façon qui vous donne de la fierté. Vous êtes pas obligé de faire tout ça un seul truc suffit si vous n’en voulez pas plus et vous pouvez en faire encore plus si ça vous amuse. L’idée c’est avant tout que ça vous corresponde, que ça vous parle et que ça vous donne de la force. Tout ce cirque doit par contre être très symbolique et imagé pour frapper votre « inconscient » et donc y imprégner cette fierté qui y remplacera progressivement la honte d’être d’un groupe dominé par de la confiance et de la sûreté. C’est le but de cela.

10/Se reconnecter avec les pans de notre identité dominés qui nous ont été arrachés par nos oppresseurs, par exemple je suis en partie d’origine Corse mais j’ai vécu loin de ma terre familiale et j’ai perdu énormément de cette culture par acculturation à la vie du continent, à chaque fois que je découvre quelque chose qui me permet de mieux comprendre ce qu’est la culture corse ça me fait du bien car ça me reconnecte avec mes racines et me renforce. Tout les groupes dominés ont leur culture propre par exemple lire des shojos, mangas pour filles, comme Fruits Basket par exemple ça m’a fait beaucoup de bien car ça m’a fait redécouvrir les forces féminines et les côtés positifs de la féminité et m’a beaucoup aidé à accepter cette part de moi que notre monde macho rejette à la période délicate de l’adolescence.

11/Prévention politiquement conscientisée des comportements suicidaires. C’est à dire que si vous ou quelqu’un d’autre est en proie à ce genre de sentiment vous devez essayer de mêler votre connaissance de la personne et des causes politiques du suicide et des envies suicidaires pour l’aider au mieux et chaque fois que vous en avez la capacité fissurez le tabou autour de ce sujet. Cela peut sauver des vies.

12/Pas de hiérarchie officielle, les groupes non officiellement hiérarchisés contrairement à ce qu’on pense d’ordinaire le sont moins que ceux ou les statuts hiérarchique de chacun sont clairs et il est démontré qu’une forte hiérarchisation des rapports sociaux augmente les oppressions internalisées. Alors passé autant de temps que possible dans les lieux non hiérarchisés fait du bien.

13.N’utilisez la non mixité qu’en cas où l’on est trop oppressé pour avoir accès à ses besoins autrement, cela car ne dépendre que d’un groupe restreint de personnes rend plus fragile surtout quand on n’a pas beaucoup de capital social, culturel et économique. Au début  ça m’avait étonné car la non mixité, fait de se retrouver seul avec d’autres personnes du même groupe social dominé que nous sans personne du groupe social dominant, soirée entre meufs par exemple, peut être un outil politique puissant contre les oppressions internalisées mais son utilité et ses risques varient beaucoup d’une personne à l’autre en fonction de notre statut social. Par exemple beaucoup de gens sont dépendants pour leur survie de personnes qui sur certains points les dominent socialement, une dame âgée dépendante de son fils par exemple. Donc là non mixité seulement si vous pouvez, quand vous pouvez et si ça vous est personnellement bénéfique.

Bien sur tout ça est diversement accessible d’une personne à l’autre alors ne suivez pas forcément tout, faites votre tambouille perso en vous aidant ou pas comme vous le sentez de ces conseils dont j’espère qu’ils seront utiles à quelqu’un et surtout prenez bien soin de vous et je souhaite que vous parveniez à surmonter les épreuves qui vous attendent, courage.

Dernier point important pourquoi certains ont plus de mal que d’autres à se débarrasser des oppressions internalisées? D’abord ce n’est pas une question d’efforts ou de force mentale, ceux qui n’y arrive pas ne sont pas feignants ni faibles, leurs difficultés ont de vraies explications. Souvent plus on est oppressé sur plusieurs plans on intériorise d’oppressions car elles se nourrissent des mêmes mécanismes et donc elles s’amplifient et se nourrissent les unes des autres. C’est pour ça que plus on est bas dans l’échelle sociale plus monter est difficile alors qu’il est nettement plus aisé d’en descendre. Votre statut social n’est pas une chose qui se change aisément, s’en vouloir de ne pas arriver à s’élever socialement autant qu’on le voudrait fait plus de mal que de bien. Comme on l’a vu les protections possibles contre ces effets d’oppressions intériorisées sont diversement accessibles à chacun ce qui est aussi lié au capital social, économique et culturel de chacun, basiquement plus on en a besoin moins on peut y avoir accès. Donc si vous le pouvez diffusez tout ce qui vous parait potentiellement utile pour ça à un maximum de gens c’est encore le plus utile.

En conclusion n’oubliez jamais de vous aimer autant que vous le pouvez car vous êtes quelqu’un qui a droit à l’amour (au sens large) puisque vous êtes une personne et ce droit est inaliénable pour toute personne, je sais que certains sont très seuls même si plus souvent on se croit seul mais on n’oublie qu’on est aimé de beaucoup. On est toujours important pour quelqu’un, vous n’imaginez probablement pas votre force et le nombre de vies que vos avez pu changer en bien au cours de la votre, nous autres humains sommes tous membres d’une même société et apportons tous notre pierre à cet édifice, ce n’est qu’ensemble qu’on peut construire la suite de cette histoire. Ne croyez pas qu’apprendre à vous aimez fera de vous une personne égocentrique, ne vous l’interdisez pas en croyant erronément cela, la plupart des humains sous estiment la force qu’ils ont, la redécouvrir vous rendra plus indulgent envers vous même et par la même envers autrui, vous comprendre et vous aidez à la mesure de vos moyens ne peut que vous rendre plus gentil avec tout le monde et donc plus à même de convaincre les autres de vous suivre sur ce chemin et de changer ce monde en un endroit meilleur ensemble. Vous êtes ceux qui porte en eux la lumière des lendemains qui chanteront puisque vous êtes là pour les construire. Cela parait mystique comme ça mais en fait ça se résume en une seule idée très simple, vous êtes tous formidables, ne l’oubliez jamais.

 

 

 

 

 

 

Un sondage sociologique sur les transhumanistes et ce que j’en déduis :

https://ieet.org/index.php/IEET2/more/pellissier20120909

Le transhumanisme en gros (je ferais sans doute plusieurs articles sur ce sujet pour l’étudier en détail parce que je pense que dans les années qui viennent ça va devenir un sujet de débat social majeur mais ici je vais me contenter d’une définition un peu rapide pour commencer quelque part) c’est une idéologie qui prône la disparition de l’être humain et son remplacement par l’humain augmenté, une civilisation de cyborgs voire de robots ou d’intelligences artificielles dans ses versions les plus radicales. En clair ce sont des personnes qui rêvent que transformer l’homme en machine leur épargne la mort et leur permettent une éternelle jeunesse et des possibilités aussi variées que les progrès techniques leur permettront en transformant l’évolution biologique initiale en évolution technologique.

Ouais…je sais comme ça on dirait le fantasme de ton pote bourré ou le dogme d’une secte bizarre ultra minoritaire mais en vrai c’est loin d’être une lubie de quelques extravagants. C’est l’idéologie de certains des puissants à l’heure actuelle. 8 milliardaires possèdent la moitié des richesses du globe. Dont 3 transhumanistes, Larry Ellison un des fondateurs de Google qui est la plus grosse entreprise à idéologie transhumaniste affichée de cette planète…et pas la peine de me traiter de complotiste pour avoir osé dire ça où alors les journaleux de Le Monde sont de dangereux complotistes ce dont vous comprendrez que je doute amplement : https://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/04/18/google-et-les-transhumanistes_3162104_1650684.html, Marck Zuckenberg le patron du groupe Facebook (et avec ces deux là la majorité des gens de la Sillicon Valley) : https://www.lesechos.fr/28/03/2017/lesechos.fr/0211922553772_quand-les-patrons-de-la-silicon-valley-revent-d-immortalite.htm et Jeff Bezos patron du groupe Amazon : https://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/a-la-conquete-du-cosmos-avec-les-transhumanistes_1988616.html
En clair les trois jeunes du lot des plus riches du monde et 3 des 4 qui ont fait leur fortune dans l’informatique sont de ce mouvement et en sont les fers de lance.

On pourrait s’imaginer que tout ça s’est loin et un trip d’Américains trop biberonnés aux films de SF mais chez nous aussi il y en a qui soutiennent ces idées mêmes chez les hauts placés, un exemple, notre président actuel a admis être adhérent de ce courant de pensée et fan de certains auteurs qui le prônent : https://www.20minutes.fr/culture/2149739-20171012-homo-deus-bible-humanite-discute-disciples-yuval-noah-harari

Et si vous ne croyez pas que la philosophie que partagent certains des hommes les plus riches du monde et certains des hommes politiques des Etats les plus puissants de cette planète partagent influent sur leur politique…déjà pourquoi vous votez et me faites chier parce que je ne vote pas?…et ensuite pour ceux dont ce n’est pas le cas comment dire désolée mais vous vous plantez, la philosophie et la vision du monde qui sous tendent une politique c’est important de les analyser parce que c’est le socle sur lequel se fondent les mesures politiques concrètes. Après tout chaque mesure politique qui a été contrée à commencer par être critiquée initialement sur ses fondations théoriques.

On remarquera d’ailleurs que les transhumanistes sont conscients du peu d’enthousiasme que leur idéologie susciterait annoncée directement vu qu’ils la font passer de manière feutrée sans la présenter cash en public si souvent que ça (faut dire je suis sure que si j’inventais une idéologie semblant aussi perchée de prime abord moi qui ne suis qu’une pauvre folle et pas un grand patron d’entreprise et que je venais la prêcher direct je finirais internée de force tellement le concept de base, comme toute idée radicalement différente du réel quotidien, elle paraitrait absurde à beaucoup dans mon entourage et je leur ferais peur de la défendre…déjà qu’on m’en menace régulièrement du fait de mon idéal communiste). Donc on a une philosophie très peu connue du grand public et très fortement influente en haut lieu déjà rien que ça c’est gênant d’un point de vue démocratique. Enfin ceci dit je vais pas commencer par mes arguments directs opposés à l’idéologie transhumaniste dont vous aurez compris qu’elle n’est pas du tout ma tasse de thé, je vais commencer par une analyse sociologique de ce mouvement, qui sont majoritairement ceux qui y adhèrent, puis je critiquerai le transhumanisme majoritaire celui le plus en avant et dans un dernier article j’aborderais les variances minoritaires du transhumanisme qui sont un peu plus complexes à critiquer parce qu’elles sont éthiquement bien plus grises que le transhumanisme majoritaire dont on va voir ici qu’il est typiquement une idéologie de bourgeois capitalistes 2.0.

La plus grosse divergence sociologique entre transhumanistes et non transhumanistes et ça pour le coup je m’y attendais vraiment pas c’est le genre. Moins d’1% des transhumanistes sont de genre autre qu’hommes et femmes bon ok dans la population générale ça doit pas être beaucoup plus donc sur ça c’est pas trop étrange mais par contre 90% d’hommes contre 10% de femmes chez les transhumanistes c’est fichtrement impressionnant je trouve. C’est sur que je comprends mieux pourquoi ils prônent la reproduction artificielle vu qu’avec des proportions comme ça il y en a une bonne partie pour qui la reproduction naturelle serait délicate à atteindre si leur idéologie se réalisait pour leur groupe idéologique dans l’immédiat. Bon je cesse de me moquer et j’analyse un peu plus d’accord…enfin j’essaye mais je trouve rien, apparemment il y aurait une sureprésentation des masculinistes, des idées misogynes et de l’antiféminisme parmi les idées majoritaires chez les transhumanistes mais pourquoi j’admets ne pas comprendre donc ne pas pouvoir trop m’avancer là dessus…tout ce que je peux en dire c’est que pour une raison que je n’identifie pas cette idéologie sous sa forme majoritaire est très attractive pour une partie des hommes et très répulsive pour la plupart des femmes en cela déjà elle me parait pas viable comme projet de société parce que ça signifie que si elle était appliquée elle ne correspondrait pas aux aspirations d’en gros la moitié de l’humanité…on a déjà eu plein de sociétés sexistes nous promettre un futur l’étant davantage que le présent je suis pas sure qu’on puisse nommer ça une utopie.

Ensuite vient la case Hobbies ou le seul truc qui distingue les transhumanistes convaincus des autres c’est que 88% de ces derniers aiment lire…bon pour des gens qui sont à fond pour un mouvement philosophique principalement propagé par des bouquins d’intellectuels et de savants c’est pas bien étonnant faut bien l’avouer…tout ce que ça montre c’est que le transhumanisme attire plutôt des intellos mais ça c’est pas spécialement étonnant pour un truc qui est avant tout une idéologie et un courant de pensée.

Ensuite on a un sondage ou on demande aux transhumanistes ce qu’ils trouvent important entre 8 objectifs que leur philosophie promet régulièrement, tous leur semble important bien sur sinon ils n’y adhéreraient pas mais on voit des priorités  assez particulières de suite, seuls 60% souhaitent user de la technique pour mettre fin aux inégalités sociales ce qui finit en 8ème position de leur liste de priorités, 61 % pour mettre fin aux problèmes écologiques, 7ème position, 68% pour mettre fin au « gouvernements oppresseurs » (formule un peu floue on sait pas trop ce qu’ils entendent par là) 6 ème position, 68% pour mettre fin aux guerres, cinquième position, 72% pour devenir immortels quatrième position, 80% pour la durée de vie prolongée de façon radicalement importante, médaille de bronze, 84% pour améliorer la santé médaille d’argent et 85% médaille d’or pour la possibilité d’améliorer les capacités cérébrales. On serait en droit de se demander ce qu’est exactement une amélioration ou une augmentation des dites capacités cérébrales et de la santé mais c’est le flou artistique pour le définir chez les transhumanistes le plus souvent du coup je suppose qu’en gros ça veut dire vivre le plus longtemps possible, dans un état de santé estimé optimal et en ayant accès aux plus d’expériences possibles. Un rêve donc principalement individualiste dont les préoccupations pour le sort de l’humanité en général ne sont pas absentes mais perçues comme secondaires vis à vis de l’épanouissement personnel. On voit aussi que ça correspond à de vieux rêves de personnes socialement haut placées, l’immortalité et l’elixir de longue vie après tout on les fait miroiter aux puissants depuis au minimum la Chine Antique. Quelque part le transhumanisme n’est que la version 2.0 du rêve et de la quête d’immortalité qui eux sont des fantasmes accompagnant l’humanité depuis des millénaires surtout dans les hautes classes sociales. C’est logique en même temps de quoi a peur quelqu’un qui a déjà tout si ce n’est de mourir et de cesser d’exister? Je me doute bien que c’est une terreur de songer à cela pour les gens qui ont une bonne vie et qu’ils font tout pour repousser l’instant fatal et l’oublier donc que cette idéologie les attirent. Jusque là rien de plus naturel mais sauf que comme on l’a vu cette peur est ce qui les rend prêt à tout pour éviter de perdre ce qu’ils ont. C’est pour ça qu’ils choisiront toujours de privilégier des investissements les rapprochant de ce rêve de vie éternelle à d’autres investissements et que donc ils financent ça et sacrifient la démocratie, la paix, l’écologie et les gens moins avantagés qu’eux alors même que ces problèmes leur sont très rarement totalement indifférents. La plupart aimeraient vraiment les résoudre dans l’élite ou du moins dans sa version transhumaniste qui est rarement aussi cynique qu’on ne se l’imagine mais une habitude de l’individualisme et la terreur de l’idée de leur propre mort prennent le dessus et au bout du compte ils finissent par se dire moi d’abord puisque le bateau coule et à utiliser le mythe de la résolution des problèmes sociaux et écologiques par la technologique pour se rassurer sur l’aspect éthique de leur fuite en avant technologique.

Ensuite 85% des transhumanistes sont blancs et plus des gens subissent de racisme moins ils sont fans de l’idée du transhumanisme avec par exemple 1% seulement de Noirs parmi les transhumanistes. Difficile dans cette mesure de masquer le racisme de la version majoritaire du transhumanisme…après tout la promesse d’un futur rendu utopique par le progrès technique elle ne peut que séduire les gens du « First World » où les dites technologies sont relativement accessibles, là où on fabrique des nouvelles technologies surtout vu comment s’est fait il est fort compréhensible qu’on soit nettement plus sceptiques :  https://www.youtube.com/watch?v=MmM_8Cya15M

Parce que bon les robots travailleront à notre place ok super comme promesse de futur mais audelà du fait que si les robots en questions sont conscients ça pose un problème éthique parce que ce serait plus une nouvelle humanité technique crée dans le but de nous servir d’esclaves (ce que le mot robot signifie à l’origine) qu’une humanité augmentée et ce serait un renforcement des inégalités en fait, et puis qui va les fabriquer les robots? On me dit qu’ils s’auto répareront mais déjà dans les premières générations de robots actuels ce n’est pas le cas et quand bien même ils auraient assez de conscience pour le pouvoir retour à la question précédente non? Et il y a fort à parier que si ils ne s’autoréparent pas on aura un renforcement des scandales type Foxxcon qui se banaliseront dans les pays pauvres pour que les quelques « augmentés » profitent de leur luxe. Enfin…même sans poser ces questions éthiques les matières qui permettent la création de haute technologie sont rares, polluantes, environnementalement dangereuses et leurs mines en train de s’épuiser. Ils feront quoi les « augmentés » quand on aura plus de quoi réparer leurs parties du corps artificielles si elles se cassent? Vu que pour le transhumanisme majoritaire les questions sociales sont secondaires il y a fort à parier que pour des transhumanistes cyniques qui considèrent les gens pas tentés par l’augmentation comme méritant de disparaitre et les traitants de chimpanzés du futur (un eugénisme à caractère de darwinisme social qui mis en perspective avec le fait que la plupart des transhumanistes sont des blancs et la plupart des personnes pas blanches ne sont pas tentées par le transhumanisme est quand même difficilement qualifiable d’autre chose que de racisme), les « augmentés » pas aptes à être réparés rejoignent les rangs des personnes qui ne leur paraissent mériter que de disparaitre. En plus je voudrais pas dire mais les chimpanzés les vrais n’ont pas encore disparus et au vu des recherches ayant prouvé leur conscience ce sont vu attribuer le statut juridique neuf de personnes non humaines : ttps://www.ensemblepourlesanimaux.org/project/cecilia-le-premier-chimpanze-reconnu-personne-non-humaine-dotee-de-droits-fondamentaux/, or ce statut inclut le droit à une vie digne. Le mouvement transhumaniste sous sa forme majoritaire va à l’encontre de ce droit. Or, cela vient bien d’une définition « occidentale » de la personne et de l’humain, les Malaisiens ont donné aux Orang-Outan le nom « hommes de la forêt » parce qu’ils les considéraient comme des êtres humains à leur façon, parce que la frontière entre l’humain et l’inhumain est culturellement définie. Or, cette frontière entre humain et inhumains dont le renforcement philosophique est une des causes de la catastrophe écologique globale actuelle le transhumanisme majoritaire veut le renforcer davantage encore et lui ajouter une nouvelle frontière en faisant disparaitre l’être humain et le remplaçant par un être cyborg (on peut être humain et cyborg certains le sont déjà mais c’est pas cela qui oblige à considérer comme les transhumanistes qu’être cyborg est une augmentation et forcément mieux qu’être 100% biologique) ou par idéalement dans leur optique une complète machine. C’est sur ne plus faire partir du vivant c’est un moyen de fuir les problèmes de la crise écologique assez radical…mais complètement absurde d’autant que ce n’est qu’une fuite en avant. Même en imaginant qu’une conscience humaine soit possible à créer en un être complètement artificiel….ce qui est entièrement fait de matière inerte non vivante n’est pas éternel non plus…ça ne meurt pas vraiment vu que c’est pas vivant mais tôt ou tard ne serait ce que par accident ça cesse d’exister, ça se grippe et ça se casse que ce soit par usure ou par accident (et même avec une durée de vie infinie et des possibilités d’autoréparation permanentes le risque de subir un accident qui dissous la chose en question est de 100%). Bref il y a quand même plus qu’un bug avec l’idéologie transhumaniste sur tout ces aspects.

81% des transhumanistes se disent non religieux…peu étonnant je suppose qu’il faut être matérialiste et peu enclin à croire à l’existence d’une âme en dehors du corps pour accepter l’idée de transférer sa conscience dans un robot…ça explique aussi que beaucoup de puissants notamment parmi les conservateurs qui sont de fervents croyant en une immortalité de l’âme humaine soit eux fort peu tentés par ces discours. Cependant ça fait quand même un transhumaniste sur cinq qui est religieux donc c’est pas totalement incompatible non plus manifestement. Et d’ailleurs je voudrais pas dire mais la façon des transhumanistes majoritaires de clamer partout où ils le peuvent que l’humanité est condamnée d’avance et que l’on a un sauveur la technique qui nous promet un futur plein de liberté de pensée cosmique vers un nouvel âge réminiscent moi qui ait une mémé Témoin de Jéhovah et un daron branché New Age à fond ça me remémore beaucoup de discours très catégorisable en tant que religions. Je veux dire le transhumanisme c’est quand même fondé sur un ensemble de croyances non démontrées sur ce à quoi le futur ressemble et doit ressembler, des genres de dogmes idéologiques et l’espoir de vaincre la mort ainsi que d’obtenir une vie meilleure…moi je trouve que ça ressemble quand même beaucoup à une forme de religion ou au moins de spiritualité scientiste quoi que ces partisans s’en défendent. D’ailleurs souvent ils prétendent que leur idéologie est la science mais la majorité des scientifiques considèrent leurs idées avec mépris les traitant d’utopistes et de propagateurs de pseudo science et en effet…la singularité (le moment où les capacités de la machine sont censés dépasser celles de l’homme, moment que les transhumanistes attendent comme un nouveau messie…amazon vend même semble t’il des disques de prières à la singularité : https://open.spotify.com/track/3PzOaqMEsAc1HJRVJEM7Tm) et d’autres mythes transhumanistes sont des notions de pseudo science, d’ailleurs celle ci a été annoncée déjà pour de nombreuses dates passées depuis longtemps, la première fois dans les années 1980, et depuis comme la fin du monde des Témoins de Jéhovah ça arrête pas d’être annoncer sans jamais se réaliser comme un nouveau millénarisme, la prochaine fois pour 2020 si je me rappelle bien. Comme les fois d’avant ça me laissera aussi sceptique que la fin du monde en 2012. Et comme en 2012 j’ai vu 2013 sans que le monde soit fini je suis prête à lancer les paris qu’en 2020 au vu de l’état actuel des recherches sur les I.A celles ci n’auront pas atteint la singularité et en 2021 non plus. Ce n’est pas tant la réalisation des rêves des transhumanistes que je pense impossible qui m’inquiète que les dégâts que leur refus d’affronter la mort en face font déjà sur la démocratie, la paix dans le monde, l’écologie et l’égalité sociale qui se détériorent à vue d’oeil au fur et à mesure que le courant transhumaniste majoritaire gagne en influence sur les milieux politiques et les très riches. Rappel quand même ils ont entre leur mains une grosse part des richesses de ce monde alors on est en droit de critiquer ce qu’ils font avec.

Après on a un certain nombre de stats pas très utiles, la majorité si ils devaient renaitre le ferait en hommes vu que c’est déjà des mecs pour la plupart c’est pas étonnant, à la question pourquoi voulez vous être immortels peu répondent pour avoir plus de plaisir ou pour répondre à de nouveau défis, la plupart répondent par curiosité…ok…donc les mecs sont prêts à tout sacrifier à leur désir de connaissance? Je pige pas bien. Un tiers se définissent comme des réalistes 28% comme des optimistes fort peu d’autre façon dont 2% comme pessimistes…ouais c’est sur que pour croire à ce point que tout va aller pour le mieux dans le meilleur des mondes grâce aux progrès technique après 200 ans de progrès techniques loin d’avoir réglé tout les soucis et même pour certains en ayant crée des nouveaux à des degrés de catastrophe écologiques globales faut pas être pessimiste mais optimiste. Par contre, euh…, euh…, « réalistes »? Ils sont sérieux ils s’imaginent vraiment que leurs histoires ont vraiment une possibilité de se réaliser. Ah ouais…scientifiquement c’est des illettrés en fait : https://www.pourlascience.fr/sd/science-societe/limposture-du-transhumanisme-13364.php. Qu’on soit clair c’est pas de leur faute « l’enseignement » scolaire dans toutes les matières étant plus que minimaliste et servant surtout à dégouter de la réflexion et je suis sure que les personnes qui défendent ça vu que c’est pas très commun comme façon de penser sont des gens qui se sont poser beaucoup de questions existentielles mais je crains que des arnaqueurs se servant de leurs angoisses sur la vie et la mort comme source d’enrichissement personnel sonnant et trébuchant ne les aient manipulés en leur faisant de fausses promesses. Curieusement ils semblent assez mal renseignés sur le transhumanisme la plupart des transhumanistes considérant Stephen Hawking comme leur modèle et la personne la plus inspirante dans leur courant…alors que celui ci a toujours été critique envers leur mouvement : https://www.independent.co.uk/life-style/gadgets-and-tech/news/stephen-hawking-artificial-intelligence-fears-ai-will-replace-humans-virus-life-a8034341.html, par contre ce qui fait peu c’est qu’un tiers des transhumanistes sont fans de Ray Kurzweil le fameux mec qui parlait des non transhumanistes comme des chimpanzés du futur dont il souhaitait la disparition pure et simple. Pas rassurant, même si que la majorité des transhumanistes soit des gens pas très au courant des aspects les plus sombres de leur idéologie en revanche est un peu plus source d’espoir ça veut dire que beaucoup changerait sans doute d’avis en réfléchissant aux fondements réels de leur doctrine. On a aussi une demande de ce qu’ils pensent être le plus important dans le monde futur, la plupart 61% choisissent d’avoir plus de liberté individuelle ce qu’on a vu être cohérent avec leur idéologie individualiste, 43% ajoutent des gens plus sympathiques (envers eux du coup je suppose) bon ça va avec, 20% moins de travail mais 80% s’en foutent de ça bon en même temps tout jusqu’à présent semble indiquer qu’ils sont plutôt de classe sociale aisée donc les boulots très durs et/ou moisis c’est sans doute pas eux qui les font d’où leur peu d’intérêt pour la question. Et seul 13% veulent plus de luxe donc on voit que c’est pas tant une angoisse de confort matériel mais un problème d’angoisse existentielle à laquelle la spiritualité sert d’ordinaire à répondre qui anime la foi des transhumanistes en leur idéologie. La plupart imagine le futur comme un progrès technique croissant infini jusqu’à la singularité…bon je voudrais pas dire mais aucune civilisation n’a connu de croissance technique infinie exponentielle c’est donc quasi impossible que ce soit le cas de la notre, le plus probable est que le modèle économique occidental actuel finissent tôt ou tard à court ou moyen terme par se péter la gueule remplacé par un autre modèle économique dominant et neuf…probablement à priori d’origine chinoise si je devais faire un pari sur le futur technique le plus probable. Je pense qu’on va vers un progrès technique plus lent et plus réfléchi mais je peux me planter. Et pour ceux qui voit la décroissance du progrès technique comme la préhistoire (genre la connasse dans le reportage sur Foxxconn  qu’était en mode « non mais pas sans Iphone 5 je veux pas retourner au Moyen Age » …euh j’ai jamais eu d’Iphone de ma vie ça a toujours été trop cher pour moi et euh…j’ai jamais eu l’impression de vivre à l’ère médiévale pour autant hein…non mais c’est ridicule franchement)…juste en fait moins de « progrès technique » quantitativement ça peut en être plus qualitativement hein…suffit de voir la différence entre la très haute technicité de certaines techniques agroécologiques par rapport au simplisme affolant de l’agriculture industrielle. Ils semblent assez divisés sur la question du taux de transparence souhaité en interne mais en gros vouloir être aussi transparents que possible…tant que ça ne dessert pas la victoire de leur idéologie…cohérent avec leur volonté de respecter la démocratie tant qu’elle n’empêche pas la réalisation de leur idéal et d’être prêts à oublier celle ci si ce n’est pas le cas. Quand on demande aux transhumanistes quel serait pour eux un gouvernement idéal 40% veulent un gouvernement mondial unique (mais ceux qui critiquent l’idéologie du Nouvel Ordre Mondial sont de dangereux conspi d’extrême droite « fachos » bla bla bla, certains, beaucoup même en effet mais pas tous, par contre des gens qui le promeuvent directement eux ne sont pas conspis…ou alors mon manuel d’histoire de quand j’étais en Terminale qui avait pour titre d’un chapitre « fin du monde bipolaire vers un Nouvel Ordre Mondial? » qui louait la victoire du capitalisme, le morcellement des blocs en divers groupes d’influence étatique et le fait que les Etats Unis soient resté le pays le plus puissant a été écrit par un dangereux facho mais j’ai comme un doute ), 20% sont pour la disparition des gouvernements, 15% pour leur fracturation en petites communes…pas étonnant vu l’influence des courants anarchistes de droite libertariens dans ces mouvements là, 11% sont pour un futur où l’Occident continue de dominer l’économie mondiale, et 11% pour un futur ou c’est l’Asie de l’Est qui domine…curieusement pas d’Afrocentristes parmi les transhumanistes…ahem…le racisme ça va finir par vraiment se voir je pense.

Ah j’avais pas vu 93% des transhumanistes sont des urbains, 7% des ruraux ouais en même temps rêver d’un monde tout fait de machines c’est peu probable quand on vit dans un univers autre que le gris des villes je pense. Là ça ne m’étonne pas du tout pour le coup. De façon peu étonnante aussi la plupart des transhumanistes sont des jeunes adultes…c’est une idée assez neuve donc ça ne me surprend pas non plus que ceux que cela branche le moins soit les plus vieux avec que 3% de retraités tentés par le transhumanisme. Même si c’est un peu curieux quelque part que les plus terrorisés par la mort soit ceux qui en sont le plus éloignés théoriquement…où alors justement peut être que les vieux sont plus habitués à y penser et que du coup elle leur fait moins peur qu’aux jeunes.

Intéressant les transhumanistes majoritairement si ils avaient le choix voudrait ne plus avoir besoin de dormir…ah le fameux cliché utilitariste du temps de sommeil comme d’une chose inutile dont on devrait pouvoir se passer…vu que ce temps est rempli de rêves ça ressemble quand même bien à l’idéologie de gens qui fuient une peur pas forcément pleinement consciente, celle de la mort bien sur puisque toutes les peurs sont peur de la mort.

La majorité des transhumanistes ont un bac+3 donc un parcours d’études ordinaire. Ok. Je vois pas trop quoi faire de cette info. Au niveau de la bouffe la plupart des transhumanistes ont un régime tout ce qu’il y a de plus banal mais une forte minorité 10% sont végétariens soit 10 fois plus de gens que la moyenne de la population et 8% font des régimes hypocaloriques dans le but de se maintenir en forme. Vu l’importance que ce courant porte à la santé ça se comprend, et puis le végétarisme chez les Blancs c’est généralement (même si pas automatiquement) un truc de progressistes de haute classe sociale donc ça ne m’étonne pas. La grosse majorité des transhumanistes ne sont pas mariés mais vu leur âge moyen c’est normal.

Curieusement le milieu transhumaniste est composé de 75% d’hétéros et 25% de non hétéros…exactement comme la population générale, je me serais attendue à ce qu’il y ait une sureprésentation de LGBT dans ce mouvement du fait de son côté progressiste mais apparemment je me suis plantée.

Apparemment 94% des transhumanistes sont valides, 6% ne le sont pas. Je savais bien que c’était une idéologie profondément validiste sous sa forme majoritaire maintenant j’en ai la preuve. Est ce que ça me dit un futur encore plus validiste que le présent? Non. Non merci. (Je reviendrais sur l’existence de versions antivalidistes du transhumanisme dans l’article sur les versions minoritaires du transhumanisme). Mais du coup ça sonne sacrément hypocrite la façon dont le transhumanisme majoritaire vend son idéologie sur le dos des personnes malades en promettant la jeunesse et la santé éternelle…en vrai c’est pas une promesse adressée aux malades…c’est une manipulation de l’image des malades pour soutirer du fric à des valides que le risque venant avec la vieillesse de devenir malades terrorisent complètement et qui sont prêt à n’importe quoi pour éviter ça.

Politiquement la majorité des transhumanistes (un gros tiers) se considèrent comme de droite libérale, 27% comme des libertariens (anars  de droite), 15% comme centristes, 16% comme socialistes et 4% comme communistes. Bref plus on est de gauche moins on est fan de transhumanisme en règle générale. Cela me parait fort logique vu que le transhumanisme majoritaire consiste quand même à juger secondaires la démocratie, la paix, l’écologie et l’égalité sociale qui jusqu’à maintenant sont perçues par la gauche comme les valeurs majeures.

On a quasi aucun transhumanistes ouvrier ou employé (2% grand max), et même assez peu dans les professions intermédiaire genre prof (9%), comme je m’y attendais la très grosse majorité des transhumanistes sont des CSP+. En même temps il y a bien que les bourgeois pour ne jamais expérimenter les mauvais côtés du progrès technologique, pour croire que la robotisation va créer plus de boulot qu’elle va en détruire ou ce genre de conneries, quand on a vécu l’usine ou eu des entourages proches qui l’ont connu ont est naturellement beaucoup plus sceptique en général sauf rares exceptions. Comme je m’y attendais parmi les trois grosses catégories de bourgeois les moins fans de transhumanisme sont les scientifiques qui ne font que la troisième catégorie la plus fréquente, 10% de jeunes scientifiques parmi les transhumanistes….ceci dit justement ils sont jeunes…j’étais entrée en Master Recherche en Histoire des Sciences plutôt favorable aux idées de ce genre puis voir comment fonctionne vraiment les laboratoires de science m’a clairement fait comprendre à quel point ça n’a rien à voir avec les fantasmes transhumanistes…même si c’est quand même les gens qui croient en ces fantasmes qui financent les programmes de recherches donc qui indirectement imposent l’orientation de leur recherche à pas mal de scientifiques qui le plus souvent ne s’en rendent pas compte s’intéressant peu à ce genre de questions pour la plupart. Ensuite le second groupe où ces idées sont le plus appréciées 13%, c’est celui de la bourgeoisie culturelle (de droite) là aussi ça me parait peu étonnant et 27% donc la majorité des transhumanistes se trouvent parmi les informaticiens et mathématiciens…ouais effectivement c’est vraiment une idéologie qui est le produit des métiers informatiques je pense à la base et donc c’est logique que ce soit les informaticiens que ça attire le plus d’imaginer un monde entièrement informatisé ou ils contrôleraient tout….plus encore que maintenant je veux dire. Pas géant comme plan de futur je pense.

Bon bah voilà donc sociologiquement le transhumaniste moyen c’est un jeune bourgeois blanc valide cishétéro blanc de droite. On peut pas faire plus dominant selon le schéma de pensée de la gauche radicale. Mais ça n’empêche pas que les mecs sont tellement tétanisés quand ils pensent à la mort qu’on peut leur soutirer tout le fric qu’on veut et les faire croire à n’importe quoi en jouant sur cette peur qu’ils en ont. C’est à méditer.

 

 

Les gens accros (addicts ou dépendants) aux jeux vidéos : qu’est ce que c’est.

C’est un truc qui existe vraiment déjà pour commencer. Il y en a toujours pour le nier surtout les entourages d’accros des jeux vidéos qui refusent de reconnaitre le problème pour pouvoir taper gratuitement sur leur proche avec ce souci là à base de commentaires méchants pour rien et à côté de la plaque comme « pff arrêtes de penser qu’à t’amuser toute la journée » et après une explication du fait que la personne n’y arrive pas d’autres phrases du même genre comme « c’est ça fais moi pleurer il y en a qu’on vraiment une vie difficile comme ceux qui doivent te supporter tout les jours par exemple » qui curieusement n’aident en rien. Mais d’un autre côté il peut il y avoir le déni de l’existence de cette addiction par la communauté des gamers tentant de se faire déstigmatiser…plus le déni des personnes addicts au jeu vidéo elles mêmes parfois parce que s’admettre qu’on a ce problème c’est pas évident surtout avec toute la stigmatisation autour. Même si ce n’est pas une dépendance physique, les jeux vidéos ne sont pas une drogue au sens propre, ils ne bousillent pas le cerveau comme certaines substances psychoactives. Du coup comme la plupart des gens ayant étudié le sujet je pense que le mot est un peu trompeur et que pratique excessive du jeu vidéo est un terme plus juste d’autant que n’importe quelle passion peut faire le même effet si on met tout le reste de sa vie en stand by pour la vivre à fond et on va pas inventer un nouveau diagnostic psy pour chaque passion avec laquelle des gens font ça sinon on a pas fini…addiction au shopping, au chocolat, au sudoku…ils s’arrêteront jamais de pathologiser tout et n’importe nawak si ils continuent sur cette lancée. Un mec nommé Keith Baker a crée un centre de désintoxication pour personnes accros aux jeux vidéos…puis a fini par admettre dépité que c’est pas une pathologie en soi mais le révélateur de problèmes d’ordre sociaux et que donc ça ne soigne pas avec les traitements classiques de l’addiction ou de la dépendance parce que le mécanisme n’est pas le même donc le choix usuel de ce mot pour en parler induit un peu en erreur sur le fonctionnement qui amène des personnes à se perdre dans leurs jeux vidéos favoris. Et puis en parlant de tout ce qui est social ce sont les MMO qui sont les plus touchés par ce problème parce que ce sont les jeux les plus sociaux, on y joue en réseau avec d’autres joueurs, l’univers évolue de lui même seul même quand on y joue pas, et le but est souvent une progression du personnage principal en fonction des efforts fournis qui sont récompensés par le jeu. Ce fantasme commun dans les oeuvres de fantasy de se retrouver dans un autre monde merveilleux où on peut mener une autre vie vachement plus belle et glorieuse que la vraie? Voilà c’est exactement ce que les MMOs vendent et pourquoi ça marche à ce point, et ça peut être super cool quand on sait gérer…et ça peut être très dur pour certaines personnes qui ont vraiment une vie de merde et vont de plus en plus vivre que là dedans pour oublier IRL parce qu’IRL pour ces personnes ça craint grave. C’est facile de critiquer ce genre de personnes quand on a une vie qui nous satisfait relativement mais tout le monde n’est pas heureux dans IRL donc c’est un peu normal que certains se plongent à fond dans une vie et un monde virtuel si IRL c’est la galère pour eux, c’est les fameux cyberéfugiés comme les NEET les nomment. Difficile de prétendre qu’IRL c’est toujours le top, la vrai vie c’est rarement ouf faut bien avoué tu m’étonnes qu’il y en ait pour tenter de s’en évader par le jeu vidéo ou d’autres moyens. D’ailleurs dans le temps c’était un peu admis dans toutes les cultures que la vie c’est de la merde, même le christianisme classique part de l’idée de ce monde comme étant une vallée de larmes depuis quand on est obligé de faire semblant que la vie c’est cool en permanence déjà? Ah oui les années 1990 et la nouvelle méthode de management basée sur les injonctions au bonheur et à la positivité permanentes. D’où le ridicule de penser pouvoir régler les problèmes des gens qui jouent trop aux MMO en les aidant à mieux socialiser et se faire plus d’amis parce que scoop : on arrête pas de socialiser et de se faire des potes dans les MMO c’est un de leurs principaux intérêts d’ailleurs. Et oui si tu galères beaucoup socialement de base ça t’aidera pas forcément de jouer aux MMO sur ce point, si t’es vraiment carrément nul pour ça ce genre de jeux c’est peut être même pas vraiment accessible pour toi en fait dans certains cas. Le coup de oui mais bla bla amis virtuels c’est faux c’est l’avatar qui est virtuel mais dans un MMO les personnes qui contrôlent les autres persos existent vraiment et tu leur parle tout le temps…de trucs qui se passent dans le jeu certes mais tout le temps quand même, plein de gens connaissent IRL les personnes avec lesquelles ils jouent d’ailleurs en fait. Il y en a même qui ont trouvé des amis et/ou l’amour dans ces mondes virtuels initialement alors qu’avant d’y toucher IRL ils avaient personne, il y a des gens qui se sont marier et ont eu des gosses avec d’autres personnes qu’ils ont rencontré sur World Of Wacraft initialement. Cela existe. En fait le jeu devient excessif quand? Et bah c’est le pifomètre le plus total qui domine chez les psys pour déterminer ça (c’est même pas une blague en plus). D’ailleurs en général quasi toujours en fait le problème principal qui va faire qu’une personne soit à fond là dedans et que dans son entourage hors potes in game la personne est toute seule ou sans grand monde d’apte à la comprendre c’est pour ça qu’elle plonge à fond dans le jeu ou c’est pas le cas. C’est cette solitude à laquelle le jeu apporte une solution. Bien sur c’est toujours un peu n’importe quoi quand des adultes passant leur vie devant la télé te sortent « passe donc pas ta vie devant les écrans tu t’abrutis » à leur gosse à fond derrière son PC et c’est là qu’on se demande pourquoi être à fond dans les jeux vidéos est pathologisé et pas être à fond dans les émissions de télé alors que fondamentalement c’est pareil on passe son temps devant un écran. Et bien c’est simple et politique à mon avis encore une fois, si tu passes ta vie à regarder passivement des émissions télé généralement de TFI chaîne où un contenu très à droite, conservateur et en adéquation avec l’idéologie officielle est diffusé en quasi permanence et bah tu ne prends pas de risque que ça te rendre un peu hors système alors que si tu es blasé par ça (ce qui reste le mode de « communication » le plus commun dans les familles françaises de « gens normaux » je le rappelle) au point de vouloir fuir dans un monde virtuel où tu deviens un héros gratifié pour tes exploits et surtout actif et a l’impression d’être utile au moins pour ta communauté de joueurs bah ça te fait une échappatoire possible au système quoi qu’il soit assez bancal et éphémère faute de mieux beaucoup s’en contente. Il ressort beaucoup du discours des gens à fond sur ces jeux deux vérités mal admises par le modèle traditionnel parce qu’ils le mettent à mal, la première c’est que dans le jeu la position sociale correspond vraiment aux actions entreprises et au travail passé dessus, au level up quoi, là où dans la vraie vie la méritocratie c’est une promesse de politicien mytho du coup bah les joueurs pour beaucoup d’entre eux ayant cru à cette promesse et s’étant retrouvé face à une réalité d’échec social ont réalisé leur rêve de méritocratie vraie in game et la seconde c’est que beaucoup de ses joueurs ont eu des entourages proches hors amis in game qui leur ont fait des tas d’injonctions éducatives et ont été très préoccupés de leur réussite scolaire et professionnelle tout en négligeant complètement leurs besoins affectifs parce qu’il faut bien le dire la plupart des parents dans ce monde font des gosses parce que c’est une norme sociale d’en faire et « il faut » en faire plus qu’autre chose et s’en occupent surtout dans l’espoir que les gosses en question plus vieux aient de quoi leur payer assez pour que leurs vieux jours se passent dans des conditions à peu près cool pas par amour de leurs enfants, d’ailleurs la plupart des parents communiquent très peu avec leurs gosses et principalement sous forme d’ordres et de reproches. Forcément il y a des gamins à qui ne suffit pas et qui vont chercher l’affection là où ils peuvent par exemple en socialisant avec des inconnus d’Internet mieux foutus de les comprendre et de les aider que leur entourage d’avant qu’ils se mettent au jeu. Forcément quand un truc prend une forme de genre de révolte passive contre le mensonge de la méritocratie et le fonctionnement affectif de la famille traditionnel il devient dangereux pour l’autorité politique, donc pathologisé. Bon bien sur les créateurs de MMO sont en partie responsables de ça parce qu’ils savent que ceux qui leur rapporte le plus de thune sont les joueurs accros et font donc tout pour rendre leurs jeux très attrayants et donner envie d’y rester 24h/24h même certains peu scrupuleux vont jusqu’à escroquer purement et simplement certains joueurs accros avec des anarques in game d’ordre financier. Ceci dit ceux qui se font le plus de sous sur le dos des joueurs accros ce sont les psys responsables de centres pour personnes cyberaddicts, groupes d’entraides de ce type ou trucs genres Alcooliques Anonymes versions Joueurs Accros Anonymes aux tendances carrément cheloues et sectaires qui vont tous baser leurs programmes sur des aides adaptées à des drogués au sens propre qui ont prouver leur échec total dans ces cas là car étant à côté de la plaque et ils le savent pertinemment. C’est d’autant plus grave que dans ce genre de centre généralement les accros de jeux vidéos y vont contraints et forcés par leurs parents ou les autorités gouvernementales (et vous savez ce que je pense des « soins » forcés qui relèvent plus de la torture que de quoi que ce soit d’autre), centres dont l’existence est à vrai dire bien souvent illégale et relève en général de l’arnaque commerciale et du charlatanisme même selon sa définition en droit. Tout cela n’empêchant pas qu’ils deviennent de plus en plus populaires et fréquents malgré des cas graves comme le fait que les « cyberaddicts » y étant coincées de force y sont fréquemment soumis à des tortures psychiatriques style éléctrochocs ou autres dans des environnements sans rien à envier aux horreurs dépeintes dans des films comme Vol au dessus d’un nid de coucous. On a même eu un scandale en Chine parce qu’un patient accro aux jeux vidéos interné dans une de ces cliniques a été retrouvé décédé après que les psys du centre l’ait battu à mort. Il est à noter que partout dans le monde certains accros d’informatique et d’Internet vivent la même chose sans que ce soit lié aux jeux vidéos, on fait la même chose à des gens passant leur vie sur les réseaux sociaux du web (qui eux aussi sont conçus pour qu’on y soit 24h/24h vous l’aurez remarqué sans doute).

3% de cyberaddicts donc, généralement des gens qui sont neuroatypiques ou psychoatypiques de base avant de se mettre à jouer « trop ». Parce que oui « trop » par rapport à quelle norme exactement? Comme certains le disent clairement on peut être vraiment plus heureux dans un paradis artificiel virtuel que dans d’autres modes de vie…ouais c’est assez clair ce qui emmerde vraiment les gens c’est que si on fait ça on ne bosse pas et on n’aide pas les capitalistes à se faire du profit sur notre dos…on se fait exploiter quand même parce que faut bien payer l’abonnement et quand on en est là généralement on est grave pauvre mais on a pas de hiérarchie sur le dos, on est relativement libre in game, bref on s’est un peu échappé de la « matrice » d’IRL quoi.

Ouais autre bug dans la « matrice » qui empêche « l’aide » proposée aux cyberaddicts d’être vraiment efficace c’est qu’elle est souvent calée sur l’aide proposée aux gens jouant trop aux jeux d’argent ce qui n’a rien à voir et ne passe pas du tout par les mêmes mécanismes et donc est voué à l’échec.

Pour ce qui est du lien entre jeux vidéos et santé il est assez complexe la plupart des gens n’y expérimentant aucun rapport, énormément de gens dans divers domaines ont vu leur santé améliorée par la pratique du jeu vidéo et l’utilisation d’univers virtuels et comme on le disait 3% environ ont eu des soucis de santé à cause de ça, quasiment que des cyberaddicts si on excepte les quelques personnes ayant eu des crises d’épilepsie à cause d’un jeu faisant des flashs trop régulier. Bon moi avoir ce genre de problèmes de crise de spasmophilie par jeu excessif ça m’est arrivé qu’une fois sur deux jours et je le regrette pas vraiment parce qu’en sensation de jeu ça en valait grave la peine, jouer trop je l’ai jamais fait et trop être sur Internet je le fais depuis deux ans mais c’est surtout par manque de possibilité de faire autre chose je crois plus que par vrai côté accro vu que quand j’y suis pas ça ne me manque pas du tout. Les jeux vidéos si mais étant fragile depuis cette période j’évite de trop m’y remettre (enfin j’en ai refait trois entièrement donc ça m’a fait environ 250 heures de jeux vidéos en deux ans c’est quand même utlra léger mais pas des en lignes et des vieux j’ai pas racheté des neufs en plus ) parce que je sais qu’il faut que j’attende d’aller mieux et d’être moins dans la merde économiquement pour m’y remettre parce que sinon je sais que je vais devenir casable dans la catégorie cyberaddict assez rapidement et j’ai pas envie de ça.

Presque toujours la plongée dans la cyberaddiction fait suite au développement d’une psychoatypie, les plus touchés par ce phénomène sont des adolescents, des personnes qui cherchent à s’émanciper et obtenir de l’autonomie par rapport à leurs parents mais y échouent par manque de possibilités et se réfugient dans le virtuel pour pouvoir supporter de côtoyer une famille qui les insupporte et n’est pas très tendre avec eux, des personnes subissant du harcèlement IRL régulièrement et/ou des personnes autistes qui sont très nombreuses parmi les personnes avec des problèmes de cyberaddiction.

Et la cyberaddiction est pas automatiquement une mauvaise solution à la souffrance psychique, beaucoup de personnes cyberaddicts se servent de leurs plongées dans des univers virtuels comme d’antidépresseurs et pour certains à l’addiction temporaire ça fonctionne aussi bien voire mieux qu’un médoc psychoactif.  Ceci dit la plupart des cyberaddicts sont dans une situation en effet pas top et qui va se dégradant avec l’augmentation de leur jeu excessif.

Dès qu’on en parle ça crispe les communautés de gamers parce que les médias en ont bien trop parlé n’importe comment et de façon hyperdramatique par pur intérêt financier car les jeux vidéos étant un média à leur façon ils l’ont traité en concurrent et l’ont attaqué à mort pour ça, et aussi parce que les journaleux sont souvent des vieux et les fans de jeux vidéos souvent des jeunes donc il y a un peu de la vieille peur des jeunes et de leurs passes temps qui jouent là dedans aussi, et tout ça a abouti a stigmatiser le jeu vidéo et les joueurs dans leur ensemble. Néanmoins nier l’existence de ces problèmes c’est pas la solution à mon avis et ça laisse un peu sur le carreau les gens ayant de vrai soucis avec ça. Donc oui, il y a beaucoup de cyberaddicts, l’écrasante majorité d’entre eux en fait que leur excès de jeu va faire aller en empirant, faire augmenter leurs problèmes préexistants, leur créer des soucis à l’école, dans les études, sociaux, familiaux, au travail, des baisses de performances dans les autres domaines, et créer des dépressions aux rares qui en avaient pas avant d’en arriver là ou généralement aggraver celle préexistante et créer des troubles anxieux et notamment de type TOCs ainsi que des problèmes de sommeil (comme pour mon frangin hélas). Cela peut leur rajouter aussi des problèmes de santé physique comme des maux de têtes, des douleurs au dos et dans le cou, des soucis digestifs ou des palpitations du fait d’une mauvaise hygiène de vie et de rester tout le temps en une même position. D’ailleurs certains joueurs excessifs développent aussi du fait de ce mode de vie pas hyper bon pour la santé des problèmes de poids, surpoids, obésité ou sous poids et/ou des TCA (troubles du comportement alimentaires comme l’anorexie, la boulimie ou l’orthorexie). Sauf qu’accuser le jeu ou les réseaux sociaux même si c’est un peu conçu pour entretenir ça d’en être la cause c’est trop facile et c’est faux. Personne devient un cyberaddict sans avoir de problèmes dans sa vie IRL au préalable et pour ceux qui parmi les cyberaddicts en arrivent à des états où ils auraient préféré ne jamais être il y a quasi que des gens particulièrement en galère IRL qui reçoivent peu de soutien. Souvent comme je disais l’entourage va accuser le jeu vidéo ou le virtuel plus généralement de causer les maux qu’ils voient chez les cyberaddicts sans chercher plus loin alors qu’en général les créateurs de problèmes c’est l’entourage en question. Par exemple quand nos parents à moi et à mon frangin accusent Internet de causer tout nos soucis clairement ça se voit que c’est pour se déculpabiliser du fait qu’ils en sont une des causes premières à force de nous mettre une pression monstrueuse sur la réussite scolaire et professionnelle au point de nous l’avoir rendue émotionnellement impossible, mais quand je leur dis ça rentre par une oreille et ça ressort par l’autre et je me fais engueuler comme un putois, ça m’est même arrivé de recevoir des coups de ma mère (bon des petites baffes de rien du tout mais quand même quoi) en soulignant ça, ce qui vu que j’ai 25 ans et qu’elle n’a pas à se permettre ça sur une adulte m’a amené à lui faire remarquer ce à quoi elle m’a répliquer avoir tout les droits sur moi au prétexte que temps qu’on est inapte à gagner un vrai salaire par soi même et à se nourrir et loger sans l’aide de ses parents on est pas adulte. Mortel. Paye ta compréhension. Je suis gênée d’en parler parce que ça la fait vraiment passer pour une connasse et c’est plus compliqué que ça et ça me donne vraiment l’impression de chouiner pour que dalle mais c’était pour illustrer le propos.

Parfois ça peut arriver à des situations graves. Alors soyons claire il y a jamais eu de personnes devenues meurtrières à cause d’un jeu vidéo violent c’est un mythe médiatique, par contre des morts à cause de cyberaddiction il y en a eu déjà. Je pense pas qu’on puisse parler de mort à cause du jeu vidéo dans la mesure où ce sont les problèmes de santé de la personne qui la tue dans ces cas là et qu’ils préexistaient à la cyberaddiction mais celle ci a quand même une responsabilité car elle aggrave ce type de soucis. La plupart de ces morts sont indirectement liées à la cyberaddiction mais quelques cas de gens mort par arrêt cardiaque et épuisement à n’avoir fait que jouer, 10 cas de ce type sont documentés et ont été hypermédiatisés, trois en Chine, quatre à Taiwan, un en Corée du Sud et deux aux Etats Unis . Généralement cependant les morts plus ou moins liées à des cyberaddictions sont des suicides. Un point intéressant à noter et que les personnes cyberaddicts s’étant suicidées laissent généralement des lettres de suicide sans mention de leur entourage IRL ou négatives à leur égard et positives uniquement envers le jeu ou les gens qu’ils y ont rencontrés et que c’est presque toujours s’être disputés avec leurs amis in game ou avoir connu une déception amoureuse in game qui a été la cause directe de leur suicide. Le fait même est assez parlant sur ce que je martèle depuis le début à savoir que la cyberaddiction ne cause pas initialement les problèmes relationnels même si bien souvent elle les entretient et les aggrave.

Alors pourquoi et comment en arrivent t’ils là si jouer les rend si malheureux? D’abord parce que c’est un peu complexe, jouer est un plaisir à la base et les joueurs même de MMO et fans d’univers virtuel y prennent du plaisir à y participer et en sont heureux initialement, pour ceux qui ne deviennent pas cyberaddicts, c’est à dire 97% des gens utilisant ces univers virtuels et la moitié de ceux jouant aux MMO je le rappelle, les univers virtuels c’est du pur bonheur récréatif et esthétique parce que le jeu a aussi une dimension esthétique en plus d’émotions et sensations très forte. Et tout ça ceux qui deviennent cyberaddicts le ressentent aussi à la base, peut être d’autant plus intensément qu’à côté leur vrai vie IRL est bien morne et peu palpitante et souvent source de honte pour eux. D’ailleurs je rappelle que si 80% des cyberaddicts aimeraient s’en sortir et se sentent mal dans leur peau, 20% se servent de cette addiction temporaire aux univers virtuels comme d’un antidépresseur efficace et après continuent de jouer en revenant à un temps de jeu plus modéré parce qu’ils gardent le plaisir de jeu. D’ailleurs à part de très rares personnes que leur cyberaddiction a vraiment énormément abimées et qui veulent plus du tout toucher aux jeux vidéos et en disent que du mal comme certains anciens alcooliques à propos de la boisson, la quasi totalité des ex cyberaddicts continuent de jouer sans excès parce qu’ils continuent d’aimer les jeux vidéos et univers virtuels ce qui rend les « soins » punitifs consistant à les en priver totalement absurdes. Plein de gens disent mon addiction au jeux vidéos/aux univers virtuels m’a sauvé la vie, m’a guéri, m’a fait aller mieux il faut pas les oublier sinon on zappe une facette de la question.

De fait le plaisir temporaire à court terme est quasi permanent pour un cyberaddict immergé dans le jeu mais il est dans le cas des personnes en cyberaddiction dont ça aggrave les problèmes au lieu de les résoudre le côté pile d’une pièce ou coté face il y a tout les soucis que le jeu excessif lui fait oublier et qui le rendent malheureux et/ou en souffrance psychique et/ou malade dont à force de ne pas s’occuper en les oubliant par le jeu il les renforce.

Aussi j’oubliais un point important parmi les cyberaddicts dont l’addiction a des conséquences négatives sur leur vie, il y a une sous population importante de personnes ayant des atypies liées à la distinction entre virtuel et réel telles que « dépersonnalisation », « déréalisation », « troubles de la personnalité multiple », « schizophrénie », « troubles psychotiques », « schizoidie », « schizotypie », « paranoia » qui pour beaucoup vont se retrouver avec plus de problèmes qu’avant pour repérer la distinction entre réel et virtuel et plus d’hallucinations ou de délires au contenu négatif sur lequel ils ont peu de contrôle.

La plupart des cyberaddicts sont très mal vus parce que dépendants mais c’est clairement un des aspects du validisme de notre société parce qu’ils ne font dans 20% des cas de mal à absolument personne et dans 80% des cas de mal qu’à eux mêmes. Les cyberaddicts sont des gens qui ont avant tout besoin de soutien et de vrais proches pas qu’on leur crache à la gueule dans toute la société.

Cependant quelques cyberaddicts ont effectivement eu des problèmes graves de conflits avec leur entourage et de négligence de celui ci mais ils ne sont pas dangereux généralement. Même si ça peut arriver je ne le nie pas mais les cyberaddicts qui tuent des gens c’est des cas ultra rares, en cas avéré de façon certaine c’est même pas dix personnes mais sept dans le monde entier. Or, bon des cyberaddicts dans le monde il y en a des millions donc c’est vraiment des cas particuliers pas du tout représentatifs, sans compter que dans le lot il y a un mec qui était complètement en train d’halluciner et n’était pas conscient d’être en train de tuer quelqu’un et une nana ultra stressée qui a tué son gosse de 3 piges par malnutrition et déshydratation parce qu’elle était tellement accro à son MMO favori qu’elle est restée 72 heures dessus oubliant de nourrir son gosse, donc deux cas d’homicide involontaire et quatre cas de gens que leur addiction avait mis dans une galère économique considérable qui ont tué des gens pour récupérer leur thune et pouvoir avoir de nouveau de quoi bouffer et un cas de mec accro à GTA qui avait de base des problèmes avec la police à la fois pour des crimes qu’il avait commis et par acharnement raciste de la police blanche sur ce mec noir et savait qu’il été condamné à mort aux Etats Unis qui a tué des personnes avant de se suicider pour éviter la peine de mort en déclarant comme dernière phrase que la vie comme les jeux vidéos a toujours une fin. En clair même dans ces cas là les problèmes des gens en question IRL semblent avoir été la cause plus en amont des morts bien plus que le fait d’avoir joué à des jeux vidéos « violents ». D’ailleurs les jeux les plus addictifs sont rarement des jeux très violents mais le plus souvent des jeux aux univers au contraire assez utopiques et fantasy aux allures de rêve éveillé et les cyberaddicts sont très rarement des mecs violents, le plus souvent c’est au contraire des hommes (et parfois des femmes) particulièrement passifs et doux et souvent harcelés parce que perçus comme des « tapettes » IRL. D’ailleurs beaucoup se sentent pas mal dévirilisés par leur inaptitude à rentrer dans les normes de masculinité classique et c’est une des causes régulières de malaise social chez ce genre de mecs de ce que j’ai pu en voir (et parfois une des raisons de ce qui va faire aboutir certains d’entre eux à avoir des discours masculinistes, machos, sexistes du genre « toutes des salopes sauf maman »).

Bref voilà je crois avoir fait à peu près le tour des trucs à aborder en gros, même si c’est un sujet ultra délicat qui me donne vraiment l’impression de marcher sur des oeufs et sur lequel je sens que je peux très facilement avoir dit une ou plusieurs conneries, cependant le truc dont je suis sur c’est que la stigmatisation des cyberaddicts n’aide personne et est un truc qui devrait pas exister d’une part et que d’autre part le meilleur moyen d’aider une personne dans ce cas là c’est de lui apporter un vrai soutien et une affection sincère. Bon j’espère avoir pas dit trop de bêtise et bon courage aux gens dans cette situation.

 

 

 

Juste pour le fun : Comparaison entre les dix clichés négatifs les plus communs sur les mecs geeks et les meufs geeks.

Alors clairement geek n’est plus une insulte depuis bien longtemps on a réussi à ce faire accepter avec le temps mais quelques clichés pas très flatteurs demeurent par ci par là et ils sont vachement différents selon le genre alors je me suis amusée à les comparer :

10 clichés négatifs les plus communs sur les mecs geeks :

1-Le geek ne sort jamais de chez lui : Oui c’est pour ça que les conventions du type Japan Expo et Comic con existent, les cosplays ont les fait pour nous seulement et les portent jamais à l’extérieur c’est bien connu, les jeux vidéos et autres produits geeks on les commandent tous par Internet et les restos geeks comme le Dernier Bar Avant La Fin du Monde n’existent pas et les GN grandeur nature non plus ni les assos de JDR du coup j’imagine. Non mais n’importe quoi. Geek et Nolife c’est lié mais c’est pas pareil et ce sont les Nolifes qui sortent jamais pas tout les geeks et encore même dans le cas des Nolifes c’est plus complexe et nuancé que ça. Certains sortent d’autres peu ou pas. Et les gens qui ne sortent pas de chez eux si ils sont bien souvent geeks parce qu’il faut bien s’occuper et que les activités de geek contrairement à d’autres sont facilement faisable à l’intérieur ne le sont pas tous automatiquement en fait. Je dirais au doigt mouillé qu’environ 4% des geeks sortent vraiment quasiment jamais de chez eux donc une toute petite minorité, le plus souvent pour des causes profondes n’ayant rien à voir avec le fait d’être geek étant le plus souvent un truc qui leur a permis d’avoir une meilleure vie que si ils n’avaient pas eu ça pour eux. Ceci dit toujours au doigt mouillé 96% des geeks sortent autant que les gens pas geeks c’est juste qu’ils s’intéressent pas aux mêmes trucs donc ne sortent pas aux mêmes endroits.

2-Le geek est addict au jeu vidéo : Là encore c’est beaucoup plus fréquemment (même si encore une fois pas tout le temps) le cas des geeks nolifes que des geeks tout court m’enfin oui certains geeks ont une addiction aux jeux vidéos, c’est le cas d’environ 3% des geeks même si c’est pas tant un problème lié aux jeux vidéos en général qu’à un genre particulier de jeux les MMO, en effet à part ces jeux en ligne massivement multijoueurs offrant aux joueurs la possibilité d’une seconde vie fantasmée et pouvant devenir de vraies drogues les autres types de jeux vidéos gardent ce pourcentage de 3% de personnes en addiction parmi les joueurs, mais il s’élève à 50% parmi les joueurs de MMO. L’addiction au jeu vidéo est donc bien un truc que vivent certains geeks mais pas tous l’écrasante majorité non et ceux qui comme mon frangin l’ont en sont là pour des raisons très complexes méritant un article approfondi et aussi subtil que possible sur ce sujet. Ceci dit 97% des geeks ne sont pas addicts aux jeux vidéos et même parmi les geeks fans de MMO la moitié ne le sont pas donc c’est pas la même chose même si il y a un léger lien.

3-Le geek a une maladie mentale : Cliché dont je m’étonnes qu’il soit si courant, apparemment une personne sur dix a cette idée en tête quand on lui parle d’un geek. Bon alors soyons clair oui historiquement le terme geek désignait des handicapés, notamment des autistes et des personnes avec handicap mental, utilisés comme monstres de foires dans des numéros de cirque puis dans les années 1950 le terme est devenu plus largement synonyme de taré donc s’est mis à désigner tout les gens ayant un diagnostic psy quel qu’il soit…sauf que ça a dérivé ensuite pendant la même décennie pour se mettre à désigner un taré d’informatique c’est à dire un mec généralement autiste ou dyssynchrone avec un intérêt spécifique évident pour l’informatique et/ou les sciences, ce qui par la suite est devenu le sens du mot nerd quand celui de geek s’est élargi pour devenir synonyme de personne ayant une passion pour la SFFF (science fiction, fantasy et fantastique) et pas n’importe qui aimant bien des trucs neufs (donc non tout le monde n’est pas geek et non avoir fait deux parties de Candy Crush en 30 ans d’existence ne rend pas geek). C’est à cause de cette histoire là et du fait qu’une courte majorité d’autistes sont en effet des geeks que l’autisme s’est notamment vu affublé du doux surnom de syndrome du geek. Cependant si la plupart des autistes sont des geeks le contraire n’est pas vrai, on a absolument aucune idée de quel pourcentage des geeks sont autistes mais vu qu’environ une personne sur cinq s’auto définit légitimement comme geek et qu’il n’y a qu’1% d’autistes dont seuls la moitié sont des geeks ça fait au maximum 0,5/20 *5 = 2.5%. Les geeks autistes sont donc ultra minoritaires mais souvent une partie d’entre eux forment les aspects les plus extrêmes de la culture geeks dans leur passion et son expression donc celle ci repose beaucoup sur eux et sur leur consommation ce qui les glorifient et fait que l’accessibilité pour les personnes autistes et plus généralement neuroatypiques est en effet bien plus forte en milieu geek qu’ailleurs. Bon ok mais alors plus généralement on est givrés ou pas quand on est geek? Et bah pas forcément mais la pathologisation de nos modes de vies et de cette culture est assez courante et ne sort pas complètement de nul part non plus d’après des études tendant à montrer qu’une courte majorité des personnes se revendiquant geek selon la définition authentique de ce terme sont en effet des personnes pas dans la norme mentale donc psychoatypiques et/ou neuroatypiques et vous l’aurez remarqué vu que le geek des films c’est toujours le mec en fauteuil roulant, l’asthmatique, l’allergique, le gars qui bégaie ou le type tout le temps malade du coin il y a aussi une plus grosse proportion de gens physioatypiques et une accessibilité et une acceptation plus forte de ces derniers dans la culture geek qu’ailleurs. Mais ça laisse quand même en gros un tiers de geeks valides. Donc la culture geek c’est pas que de l’antivalidisme parce que c’est aussi un mouvement culturel donc c’est plus large que ça mais oui c’est clairement en partie basé sur une contre culture neuroatypique à l’origine et même les geeks les plus valides ont au moins ceci de particulier qu’ils se fascinent sincèrement pour une culture faite pour des neuroatypiques à la base, ont des cercles sociaux en incluant très probablement parmi leurs amis et sont beaucoup moins des connards avec les neuroatypiques en règle général que les valides non geeks. Donc ça c’est un cliché sans en être un mais d’un autre côté je vois pas pourquoi cet aspect de la culture geek est aussi mal vu alors qu’au fond c’est plutôt cool non? C’est une contre culture particulièrement ouverte à la différence surtout de ce point de vue et il y a de quoi en être fier je trouve.

4-Les geeks sont introvertis :  Pas tous, bon ok doit il y avoir moins d’un geek sur cinq qui est extraverti mais ils existent et il y en a qui le sont à fond. Mais encore une fois je vois pas trop pourquoi c’est mal vu. Qu’est ce qu’il y a de mal à créer une culture centrée sur un mode de vie correspondant globalement plus aux introvertis? Rien du tout toutes les activités culturelles correspondent plus ou moins à un profil introverti (exemple : la lecture) ou extraverti (exemple : les sorties en boite) sans que ça délégitime ces activités. Et puis il y a quand même beaucoup plus d’activités pensées pour les extravertis que pour les introvertis donc c’est cool qu’on nous ait pas zappés pour une fois je pense.

5-Les geeks sont de grands enfants immatures qui ne pensent qu’à jouer tout le temps, des ados attardés, des adulescents : Alors oui les geek jouent beaucoup et ont un rapport au monde nettement plus ludique que pas mal de non geeks, et alors? C’est quoi le problème ça empêche pas plein de geeks d’être de bons parents, d’avoir un boulot, d’être en couple et de faire d’autres trucs catégorisés adultes. Je trouve même ça plutôt chouette ce côté adulte qui n’a pas zappé de garder son âme d’enfant qu’on retrouve chez la plupart des geeks.

6-Les hommes geeks sont de dangereux sexistes : Lol. En tant que femme geek qui en ait fréquenté beaucoup notamment dans le cadre de drague et de relations de couples dont des deux longue durée je l’affirme haut et fort c’est beaucoup plus agréable d’être avec des geeks qu’avec des mâles « alphas » de ce côté là pour avoir testé les deux. En vrai les mecs geeks sont plutôt nettement moins sexistes que les mecs moyens je trouve. De leur part moins de harcèlement, moins de commentaires relous, moins d’agressions sexuelles, moins de clichés misogynes non vraiment à part d’une très mauvaise compréhension des fétiches de certains geeks autour de divers fantasmes sexuels que la culture geek tend à très fortement encourager à laisser s’exprimer fort librement je vois pas ce qui peut donner cette impression. Et si c’est juste parce que les mecs geeks sont excités plus fréquemment que la moyenne par du BDSM, du cosplay érotisé ou des tenues fétichistes genre soubrettes ou infirmières et l’affichent plus que la moyenne qu’on le leur reproche là c’est moi qui trouve ça sexiste de la part des gens que ça choque en fait. Déjà de base si je me fringue comme ça c’est que j’ai envie personne ne m’y force, si une fille trouve ça beau et excitant et son mec aussi il est où le problème? Et si le gars ce paluche devant des persos imaginaires ou en 2D c’est quoi le souci? C’est exactement pareil qu’un porno normal sauf que l’ambiance totalement fictive ajoute en bonus que sa création étant un pur produit imaginaire elle garanti de n’exploiter personne. Bon après je sais qu’il y a des mecs geeks sexistes voir ultra sexistes et je ne le nie pas mais ça reste une minorité et puis…vous croyez vraiment que les mecs pas geeks ont des leçons à leur donner en cette matière? En vrai n’étant pas des meufs la plupart des mecs ont parfois des comportements et des réflexes machos, et certains d’entre eux c’est des fois souvent certes mais ça à rien avoir avec le fait qu’ils soient geeks ou non ça. Paradoxalement les geeks sont d’ailleurs aussi considéré comme sexy, il parait qu’une femme sur dix rêve de sortir avec un homme geek (gniark gniark gniark veinarde que je suis je l’ai fait deux fois) et curieusement côté féminin le mec timide à lunette super intello bref la caricature de geek c’est en train de devenir un fantasme et un fétiche assez courant…et dites les gars « normaux » vous cracheriez pas sur les mecs geeks par peur de la concurrence par hasard? Je dis ça je dis rien.

7-Les hommes geeks sont des saletés de rêveurs utopistes pas dans le réel : Alors certes les geeks se caractérisent généralement par une proportion plus forte que les non geeks à se passionner pour des univers imaginaires et s’y évader régulièrement ce que je suppose qu’on peut considérer comme un comportement de rêveur utopiste…cependant c’est très récent cette mode de cracher sur les rêveurs utopiste avant les années 1980 c’était un comportement glorifié par les générations de hippie et de soixante huitards…je crois que ce refus du rêve dans lequel on est depuis c’est politique c’est à cause de Tatcher et de son truc de vouloir empêcher de penser une alternative possible au monde tel qu’il est qui s’est généralisé depuis qui a rangé les slogans de Mai 68 genre Rêve Général aux vestiaires des idées grave démodées. Enfin ceci dit avec des films comme Black Panther ou les nouveaux Star Trek ces dernières années j’ai l’impression que la culture populaire (comme par hasard surtout dans des oeuvres à très large public mais nées dans un contexte très geek) est de plus en plus en train de s’autoriser de nouveau le rêve et l’utopie et que ça a de plus en plus droit de citer et de ne pas être mépriser, qu’on a cesser d’envisager la dystopie et les films catastrophes comme les seules façons sérieuses et réalistes d’imaginer un futur possible mais je me plante peut être. Bref je trouve cet aspect de la culture geek là aussi fort sympathique et je vois pas trop pourquoi c’est mal vu.

8-Les geeks seraient des paumés : Des cas sociaux et des gens qu’ils ne savent pas ce qu’ils veulent en clair quoi…enfin c’est pas si clair que ça parce que c’est très subjectif de définir quelqu’un comme ça…j’en ai aucune idée parce que je ne sais pas ce que ça veut dire exactement, ça me parait juste être des insultes gratuites.

9-Les geeks sont des marginaux : Bah oui c’est une contre culture donc ça va à contre courant de la culture dominante mais là aussi je vois pas en quoi c’est négatif.

10-Les geeks sont des asociaux : Cela me rappelle un forum de geeks qui jouait sur ce stéréotype en ayant pour symbole un espèce de…truc mignon dont j’ai jamais su identifier ce qu’il était censé représenter…qui déclarait façon homme politique « asociaux oui, mais asociaux ensemble » (celui de Nioutaik pour ceux qui connaissent) ça me faisait bien marrer ce truc. Bref. C’est vrai que les MMO, les JDR, les conventions, les forums etc…ça ne demande pas la moindre compétence sociale d’y participer non mais n’importe quoi. Oui les geeks ont une sociabilité…bon ok généralement entre geeks donc de l’extérieur c’est pas toujours visible et le plus souvent sur les réseaux sociaux et Internet et dans les MMO au moins autant qu’à l’extérieur et quand ils sortent à l’extérieur c’est pour faire des trucs de geeks donc bon…du coup c’est sur ça peut paraitre hermétique comme forme de socialisation à pas mal de non geek mais c’en est une néanmoins. Après il y a certains geeks, une partie des nolifes plus précisément, qui en effet ont zéro contact ou presque avec d’autres être humains mais c’est même pas un geek sur cent, et oui les gens dans ces situations sont souvent de très gros geeks mais pas automatiquement, plus de 99% des geeks ont une vie sociale et ceux qui n’en ont pas ont généralement très fortement besoin de leurs passions geeks qui leur permettent de vivre mieux avec que sans.

Bon les filles geeks elles ont droit à des clichés moins ordinaires :

1-Les filles geeks n’existent pas : Et bah si. Non mais quoi répondre d’autre sérieusement on est aussi nombreuses que les garçons à partager cette culture geek quoique plus discrètes du fait de pas toujours être super bien vues et acceptées même dans ces communautés mais fort heureusement ça change avec le temps et on est de plus en plus visible. Dans des événements geeks généralistes il y a clairement une personne sur trois qui est une fille, dans les endroits geeks sans trop de mecs sexistes il y a la moitié des gens geeks du coin qui sont des filles et certaines activités geeks comme la fabrication d’AMV, le cosplay ou le fait de fangirler sur du slash ou du yaoi par exemple sont pratiquées à écrasante majorité par des filles geeks et beaucoup plus rarement par des garçons geeks. On est pas payées pour ça et on ne le fait pas juste pour exciter notre mec si on en a un, on aime vraiment ça. C’est un peu fatiguant de devoir le prouver régulièrement quand même.

2-Les filles geeks sont rares : Aller sur Cosplay.com ou sur Fanfiction.Net et vous allez en trouver des milliers en quelques clics. Non on est probablement des millions partout dans le monde, on a rien de rare.

3-Les filles geeks sont violentes : Il sort d’où ce cliché sérieux? Ah c’est juste parce qu’on est perçue comme des garçons manqués car nos goûts sont jugés masculins donc jugés violents…ok c’est complètement con ça a aucun sens.

4-Les filles geeks sont susceptibles : Bah oui à force de voir notre existence et nos passions niées, moquées ou perçues comme pas en adéquation avec notre genre fréquemment on peut être facilement irritable quand on nous sort une connerie de ce genre et un peu méfiantes de prime abord mais enfin si vous dites pas trop d’âneries on a pas de raisons plus que des filles ordinaires de s’énerver pour rien.

5-Les filles geeks sont nulles par rapport aux mecs geeks : Bon ok souvent les plus à fond, les champions de esport, les chefs de guildes de MMO et tout ça c’est des mecs mais c’est pas automatique et les filles geeks si elles sont souvent un peu moins à fond que les mecs geeks on en trouve de tout les degrés de passion, moi j’en trouve pas souvent des mecs geeks pour m’égaler ou me surpasser en geekitude sur mes domaines de prédilection en fait ou de façon globale car je suis touche à tout un peu. 55,4% au geek test conclusion : Extreme Geek, faites mieux et vous pourrez me dire que je suis nulle en geekitude et pas assez geek pour vous mais pas avant : http://www.innergeek.us/francais.html et je sais pour en avoir rencontré qu’il y a des filles geeks qui le sont encore plus que moi, il y a même des filles nolifes en fait dont des sacrément hardcores et donc oui on peut être très douées aux jeux vidéos ou autres activités geeks aussi nous les nanas.

6-Les filles geeks seraient plus sujette que les autres aux addictions et plus facilement droguées : Je vois vraiment pas d’où ce cliché sort, ça peut être possible qu’on le soit légèrement plus en moyenne que les filles pas geeks mais on l’est aussi moins en moyenne que les mecs geeks en général même si pas toujours, en fait il y a plein de filles geeks sans addictions et des filles geeks ayant des addictions à certaines drogues ou à certains trucs mais bon comme les garçons geeks en général la drogue la plus addictive et qui atteint le plus de filles geeks c’est les MMO on a fait plus dure comme drogue.

7-Les filles geeks seraient ultra consommatrices : N’importe quoi on consomme pas plus de produits que les mecs geeks en moyenne et pas moins non plus, pareil quoi, et on consomme sans doute moins que la plupart des filles en fait vu que la culture geek a un petit côté anticonsumériste ou on achète les produits dérivés que pour montrer notre passion et soutenir les créateurs de nos univers favoris parce qu’on sait que c’est avec la thune issue des produits dérivés qu’ils ont de quoi bouffer, c’est une fidélité, un remerciement personnel quand on achète ce genre de trucs, les filles « normales » qui achètent des tas de fringues à la dernière mode je suis pas sure qu’elles pensent toutes à leur consommation de façon aussi consciente et réfléchie et puis aussi on dépense des fortunes dans nos passions donc sur le reste on est en général assez économes pour se le permettre…surtout qu’en règle générale on ne roule pas sur l’or de base…ouais en fait on a à peu près le même genre d’habitudes de consommation que les mecs geeks…c’est ça qui dérange peut être? C’est encore une façon de nous reprocher de pas être assez féminines à votre goût?

8-Les filles geeks c’est toutes des noobs : Non, il y a des vieilles geeks qui sont grand mères à l’heure actuelle et qui ont toute une vie d’activités geeks derrière elles dont de grandes célébrités comme Leslie Fish par exemple, et comme Felicia Day il y a plein de nanas geeks s’y connaissant à fond dans leurs domaines de prédilection. Alors oui il y a plus de noob chez les filles parce qu’elles tendent à s’être mises à cette culture il y a moins longtemps, moi j’appartiens à la génération devenue geek dans les années 1990 celle où être une fille geek à commencer à vraiment être perçu comme un truc banal au sein de la communauté geek mais au début c’était dur de le prouver, pour les générations de filles geeks plus récentes nées à la geekitude au XXIème siècle c’est nettement plus simple donc il y en a plus et comme elles sont plus jeunes elles sont plus novices c’est un peu normal. Quel genre de connard élitiste faut être pour les rejeter sur ce seul prétexte? On était pas moins geek dans nos premiers émois sur nos premières consoles de jeux qu’on ne l’est maintenant nous autres les vieux et vieilles avec 20 ans (en ce qui me concerne) ou plus d’immersion dans la culture geek à notre actif alors faut pas avoir peur des nouvelles, être sympas avec et ne pas trop leur reprocher leurs erreurs, ça passera avec le temps, on a tous été des noobs au départ.

9-L’existence des filles geeks serait un mythe commercial pour faire fantasmer les mecs geeks et les faire courir après une chimère et acheter les trucs parlant de filles geeks…sans commentaire. Ceci dit c’est un cliché que peu de geeks entretiennent, à en juger par ce que j’ai pu en lire 95% des filles geeks et 75% des garçons geeks sont au courant que les filles geeks existent et n’ont rien de rare. Les 5% de filles geeks restant ne le sachant pas étant en général des filles geek isolées n’ayant pas encore eu accès aux communautés de filles geeks qui fourmillent partout sur le web et les 15% de garçons geeks ne le sachant pas des fois ça peut être par isolement mais vu que c’est souvent les geeks les plus sexistes du lot je me dis que ça doit surtout être des mecs dans le déni de cette réalité, notamment parce que ça fait partir en fumée leur excuse de « si j’ai pas de meuf c’est parce que les filles geeks existent pas » et les force à faire face au fait que les filles les fuient parce qu’ils se comporte comme des machos avec elles et pas à cause de leurs passions. Après il y a aussi ceux qui gobent le stéréotype médiatique parce qu’ils sociabilisent pas assez avec d’autres geeks. Par contre curieusement le cliché absurde de la fille fait semblant d’être geek pour plaire à son mec geek je l’ai presque jamais entendu de mecs geeks que de gens complètement extérieurs à la culture geek je me demande pourquoi.

10-Les filles geeks ne le sont pas vraiment elles font que suivre la mode : Alors déjà des filles geek avant qu’être geek soit à la mode il y en a eu plein dont moi d’ailleurs, et en plus la mode du geek est clairement retombée et en train de passer maintenant (fort heureusement parce que qu’est ce que ça pouvait être chiant cette période où tout les gens se mettait à raconter que le geek c’est chic en ne captant absolument rien à la culture qu’ils simulaient d’imiter) donc les filles geek nouvelle génération qui restent dans ce mouvement ne le font pas pour suivre la mode sinon elles seraient parties depuis que cette mode s’est un peu fanée. Et puis la différence entre quelqu’un qui a vraiment un intérêt pour la culture geek même en étant totalement noob et quelqu’un qui fait semblant pour imiter une mode fille comme garçon ça se voit quand même. Si il y a bien un truc sexiste dans cette histoire à mon avis c’est de ne faire se reproche qu’aux filles alors que des mecs en mode « le geek c’est chic » juste parce que c’était fashion de le faire mais qui y pigeaient rien il y en a eu aussi à ce moment là et il y en a encore quelques uns mais eux curieusement on ne leur reproche pas.

Voilà ça servait pas à grand chose mais j’avais envie de parler de ça.

NEET (Not in Education, Employment or Training (ni étudiant, ni employé, ni stagiaire) Generation :

Cet acronyme désigne une catégorie de gens comme moi qui ont entre 15 et 29 piges et sont déscolarisés, ont quittés leurs études, n’ont pas de formation ni de stage et n’ont aucun emploi. Tout les ratés du système éducatif en clair quoi. Dans cette catégorie il y aurait plus d’hommes que de femmes quoi que vu la capacité des femmes telles que moi dans cette situation à être invisibles socialement j’en doute très fortement et je pense que c’est plus une question de perception biaisé par le genre que de vrai différence…ça et le fait qu’un homme qui ne bosse pas ça reste très mal vu tandis qu’une femme qui bosse pas ça ne l’est pas tant que ça c’est surtout si elle ne se case pas avec un mec que l’entourage la fait chier, ceci dit ne faisant ni l’un ni l’autre on me fait considérablement chier sur les deux plans et il y a rien de pire en draguant des types que de sentir que quelque part ton entourage t’y force un peu et t’aimerais bien faire autre chose. Ce moment où le mec devant toi t’ennuies à mourir à te raconter sa vie aussi peu palpitante que la tienne et que tu te dis…putain j’aurais mieux fait de rester chez moi il rediffusait Astérix et les 12 travaux que pour la 13559ème fois j’aurais passer un bien meilleur moment en restant devant…et après tu penses qu’à ça de toute ta soirée c’est dur. Bref, les NEET sont généralement des gens introvertis (comme moi) et avec une vie sociale moisie (logique puisque le système capitaliste actuel est un projet de hiérarchisation des gens dans nos sociétés selon leurs compétences sociales donc moins on en a plus on est bas classés socialement et donc moins on a de fric et de respect d’autrui généralement ne nous mentons pas là dessus proportionnel à la quantité de fric que l’on possède). Le mot vient du Royaume Uni à la base et y désigne un déserteur temporaire ou perpétuel du monde du travail donc de quasiment toute la société qui ne tourne presque que autour du taf telle qu’elle est façonnée actuellement. Là bas c’est entre 16 et 18 ans surtout que l’on qualifie des ados décrocheurs ainsi et la qualification ne reste pour les plus âgés que si ils décrochent de tout perpétuellement. Quatre pays ont repris cette catégorisation, le Japon j’y reviens plus amplement après, la France de même, la Chine et la Corée du Sud. Toutefois dans ces deux derniers cette désignation reste très marginale.

C’est surtout au Japon que le mot NEET importé du Royaume Uni a pris beaucoup de sens audelà de ce qu’il désignait à l’origine. Au Japon ce sont des jeunes entre 15 et 34 ans qui sont désignés ainsi comme leurs homologues britanniques ils sont déscolarisés, ont quittés leurs études, n’ont pas de formation ni de stage et n’ont aucun emploi et sont célibataires (jusque là comme moi)…et s’en foutent et ne cherchent à rien obtenir de tout ça (là contrairement à moi qui ait envie de changer de vie même si je fais pas beaucoup d’efforts pour ça et ne sait guère comment m’y prendre) 800 000 japonais sont ainsi et le revendiquent parce que ce qui était au départ une situation est devenu un mouvement politique très rapidement. Le mouvement est indépendant des structures politiques classiques (même si du genre à prôner l’autogestion et l’autonomie des luttes donc on y sent une influence anarchiste évidente) qui prône la marginalité comme mode de vie assumé, la création de possibilités de modes de vie en dehors de tout modèle institutionnels, sortant donc de la scolarité, des études, du travail et du mariage obligatoires et sont dans la défense de modèles économiques décroissantistes et anticonsuméristes. Au Japon après la seconde guerre mondiale la reconstruction du pays s’est fondé sur la création d’un modèle économique capitaliste aux allures militaire fondé dans le but de revanche contre l’occident et de rester une nation parmi les pays les plus développés par le fait d’avoir érigé en modèles institutionnels indépassables des écoles, familles et entreprise à la discipline quasi martiale et où la contestation est difficile (ce qui c’est notamment fait par la destruction violente des syndicats et tendances communistes qui avaient acquis dans le Japon de la Seconde Guerre un rôle majeur face auquel la réaction fut très dure de la part des autorités capitalistes). C’est contre ça que le NEET comme mouvement politique se dresse directement et explicitement ainsi que contre les modèles d’expansion et de concurrence économiques qu’ils accusent de créer le phénomène dit Karōshi c’est à dire les morts au travail par arrêt cardiaque causé par le stress au boulot, il est estimé que des milliers de personnes en meurent chaque année au Japon (les estimations les plus pessimistes parlent de 10000 décès de ce type par an). Le Karōshi est reconnu comme une maladie et un accident du travail par le gouvernement japonais qui reverse une compensation économique à la famille des défunts. Les médecins japonais considèrent que ces problèmes sont très liés aux tendances suicidaires, dépressives et à la surmédicalisation de plus en plus prégnante depuis le début du XXIème siècle dans ce pays de tout les problèmes émotionnels, sociaux et politiques existants. Les NEET luttent aussi contre l’inoccupation chronique qui est la leur paradoxalement en démontrant que celle ci est causée par les institutions contre lesquelles ils se révoltent qui a besoin de celles ci pour maintenir son système économique et le profit de ceux qui y gagnent. Des boutiques liées au mouvement NEET dont les gérants veulent participer à un mouvement de lutte contre ce qu’ils nomment la dictature du neuf et de la nouveauté vendent volontairement les trucs les plus hors d’usage, vieux, usés, d’occasion et recyclés possibles et donc ultra pas cher souvent incluant beaucoup de produits amateurs DIY, un genre de nouveau mouvement punk en plus radical quoi mais avec le même esprit de contester esthétiquement et dans son mode de vie l’Etat et ses valeurs dominantes. Ils nomment ce mouvement Révolte des amateurs parce qu’ils valorisent au contraire du système qui valorise la compétence professionnelle le touche à tout amateuriste. Le mouvement a son site web le coordonnant, ses débats d’orientations interne et un café à Tokyo qui lui sert de QG. Certains NEET se sont fait connaître par des façons d’être assez remarquables comme un mec devenu une célébrité du mouvement qui passe volontairement toute sa vie en pyjama et conteste toutes les normes de vanité et de prestige qui d’après lui sont les seules motivations de ceux qui cherchent un haut niveau de standing et le travail permettant de l’atteindre et une mangaka avant employée de bureau qui a abandonné son poste pour faire un tour du monde qui l’a amenée à remettre en cause le fonctionnement de la société nippone, elle écrit des mangas sur sa vie de NEET et selon elle le système actuel pro croissance et pro concurrence qui fait miroiter l’enrichissement pour seul rêve est la cause de la violence sociale entre les gens et elle prône donc une décroissance, un antiproductivisme et une pauvreté volontaire comme solutions pour faire revenir des relations moins tendues entre les gens. Le mouvement a des influences assez hétéroclites qui vont du communisme le plus classiques aux tendances sectaires étranges. Certains membres de ce mouvement ont importé d’Europe le terme précaire et décrivent les NEET comme des précaires et des prolos en lutte pour le droit de vivre et se considérant comme des réfugiés refusant le modèle social et économique majoritaire. Ils considèrent que NEET, victimes de maladies et accidents du travails, proches de gens décédés à cause de leur travail et nolife/hikkikomori qu’ils perçoivent comme des cyber réfugiés de cette société doivent faire cause commune pour contester les normes sociales qui les ont foutus dans des galères similaires.

En France le mot NEET a été repris du Japon pour désigner des jeunes entre 15 et 29 ans qui sont déscolarisés, ont quittés leurs études, n’ont pas de formation ni de stage et n’ont aucun emploi. 17% du total de cette tranche d’âge chez nous soit environ 680 000 jeunes comme moi. En réalisant ça je me sens moins seule déjà d’une part, on est 1% de la France quand même, faut le savoir ça hein comme dirait un mec bien connu, et un sur cinq a être comme ça dans notre classe d’âge ça fait beaucoup (surtout quand on sait que dans le lot il y a quasiment que des personnes pas valides), dont dès temporairement dans ce genre de galères et d’autres partis pour l’être longtemps voir toute leur vie. Pourtant nous si on a pensé à reprendre la catégorie sociologique la politique contestataire et le mouvement contre culturel qui vont avec on a oublier de les importer par chez nous. Et c’est bien dommage parce que ça parait lointain comme ça mais on a les mêmes problèmes dans notre société aussi jusqu’aux trucs comme les hikkikomoris dont les nolifes sont les équivalents occidentaux et le Karōshi on a peut être pas mais avec 33 morts par an au travail malgré des chiffres qu’on sait beaucoup traffiqués à la baisse dans nos stats officiels sur ce sujet ça m’étonnerait que le nombre de gens que le travail tue en France par an soit incroyablement plus bas qu’au Japon surtout si on fait comme les nippons et inclut les morts de burnout, dépression et suicide liés au travail dans le chiffre ce qui ne se fait pas dans le comptage en France et donc demeure inconnu (avec pour prétexte qu’étant des maladies mentales ces choses ne sauraient guère être causées par le travail…lol). Je sais pas trop quoi penser du NEET comme mouvement politique je suis pas sure d’adhérer à 100% mais je pense qu’il comporte des éléments inspirants qui donnent à réfléchir donc je voulais en parler du coup. Vous en pensez quoi?

Neurogenre : C’est quoi?

Alors apparemment quelqu’un viens de tomber sur mon blog en se posant la question donc je vais essayer de répondre du mieux que je peux même si je suis probablement pas la meilleure personne à qui poser cette question n’étant pas parmi les gens qui se revendiquent comme ayant un neurogenre. En gros de ce que j’ai pigé c’est des personnes  dites non binaires c’est à dire ne s’autoconsidérant pas comme hommes ou femmes mais d’un autre genre que les deux seuls que tout le monde connait et qui en prime sont neuroatypiques ou psychoatypiques, cependant ça va plus loin que ça parce qu’on peut se dire d’un autre genre qu’homme ou femme et être neuroatypique ou psychoatique sans être neurogenre c’est même généralement le cas. Neurogenre c’est le nom donné par certaines personnes à des gens qui ont un genre qu’ils perçoivent comme très lié à leurs atypies. Par exemple une personne qui se dit autigenre est une personne qui se perçoit comme d’un genre ni masculin ni féminin mais autre du fait de son autisme…ceci dit on peut aussi comme moi être autiste et être simplement une femme ou un homme (cisgenre comme moi c’est à dire pas trans ou transgenre d’un genre binaire masculin ou féminin comme d’autres) ou un autiste classable comme de genre autre que les deux précédents sans considérer que ce genre particulier a un lien suffisant avec notre autisme pour se revendiquer neurogenre…et on peut aussi vu que c’est surtout une expression utilisée en milieu queer être dans une façon de voir son genre similaire à ça tout en utilisant pas ce mot pour la décrire soit pas ce qu’on ne le connait pas soit parce qu’on ne se reconnait pas dans les discours des communautés queer se revendiquant neurogenres.

Donc en gros : Les personnes se considérant comme hommes ou femmes et étant neuroatypiques ou psychoatypiques ne sont pas neurogenres. Les personnes se considérant d’autres genres qu’hommes ou femmes mais n’étant ni psychoatypiques ni neuroatypiques ne sont pas neurogenre. Les personnes d’un autre genre qu’hommes ou femmes et neuroatypiques ou psychoatypiques peuvent être neurogenre mais ne le sont pas forcément parce que beaucoup ne voient pas de lien entre leur genre et leur atypie et les personnes ayant un autre genre qu’hommes ou femmes et y voyant un lien avec leur atypie ne se disent pas automatiquement neurogenre car beaucoup d’une part ignorent l’existence de ce mot et d’autre part tous ne se reconnaissent pas forcément dans ce terme et les communautés l’ayant crée. En clair sont neurogenres les gens se définissant eux même comme tels et étant d’un genre autre qu’homme ou femme qu’ils ressentent comme lié à leur atypie. C’est une minuscule communauté et pourtant des neurogenres il y en a un sacré paquet très détaillé dans cet article pour qui a envie de s’y pencher plus : https://lavieenqueer.wordpress.com/2018/05/06/neurogenres/

En ce qui me concerne j’y comprends que dalle et je me reconnais vraiment pas là dedans mais bon apparemment ça parle à des gens et je vois pas de raisons valables de les emmerder là dessus c’est pas toujours facile de s’auto-définir et certains en ont un fort besoin donc si ça leur convient ça me va aussi donc si vous vous y retrouvez revendiquez vous comme ça si vous voulez et si vous vous y retrouvez pas vous y forcez pas même si vous avez un ressenti proche et trouver vos mots à vous si vous avez besoin de le décrire. Je vois pas quoi dire de plus sur ce sujet que je maitrise pas du tout donc je vais m’arrêter là.

Comprendre l’autisme avec des personnages de fiction 11/16 : Kaworu Nagisa d’Evangelion.

 

 

(Attention cet article est blindé de spoil vous êtes prévenus)

Finalement cette série s’arrêtera à 16 personnages à moins que l’on m’en quémande absolument des que j’aurais pas fait en bonus mais je pense qu’en faire davantage se serait se mettre à tourner en rond si ça commence pas déjà à être un peu le cas. Kaworu donc. Oui, je ne déconne pas et je suis loin d’être la seule à le lire comme potentiellement autiste, en fait la plupart des personnes autistes du fandom d’Eva le perçoivent comme l’étant possiblement. Et pourtant il est clairement dans la catégorie personnage à des kilomètres du cliché stéréotype du perso à « l’air autiste ». Kaworu Nagisa un personnage qui a eu un impact légendaire sur l’histoire des séries d’animation japonaise ce qui est singulier pour un personnage apparu dans un seul épisode d’Evangelion à la base. Sans trop spoiler pour ceux qui ont pas vu et veulent pas savoir ce qui se passe avant Kaworu apparait à l’épisode 24 (sur 26) et en matière de contexte en gros c’est la merde, Shinji est de plus en plus déconnecté des autres personnages, isolé, seul, mal en point et désespéré à ce moment là de l’animé et puis…et puis cet épisode :

https://nakamafr.me/neon-genesis-evangelion-24-vostfr

Après un début qu’il vaut mieux avoir suivi toute la série pour comprendre et que j’ai la flemme de résumer parce que c’est ultra long et compliqué et ça n’a rien à voir avec le thème de cette série d’article on a Shinji qui reste devant un lac à se lamenter du fait qu’il se sent tout seul et considère qu’il n’a plus personne dans le coin dont il pourrait dire qu’il est son ami et qu’il n’ose plus voir les gens avec qui le contact et rompu ou bien gelé et ne sait plus ce qu’il doit faire et puis il voit qu’il y a quelqu’un d’autre.

1-La personne en question (qui est Kaworu bien sur) est toute seule et en train de contempler le lac pensive assise sur une statue d’ange. Rester tout seul à méditer devant un point d’eau n’importe qui peut le faire certes mais enfin pour l’avoir fait bien des fois je peux confirmer qu’aux yeux de bien des gens « ça fait taré » et qu’en général quand je le fais les gens n’osent pas m’approcher et reculent de ce fait donc je suppose que c’est plus ou moins censé être un indice que Shinji vient de trouver quelqu’un qui a quelques similitudes avec lui d’autant plus que Kaworu a ce moment là tout ce qu’en connait Shinji c’est que c’est quelqu’un de seul et bizarre. Or, on l’a vu avec Rei au début de la série Shinji est intrigué et attiré (au sens large pas juste en un sens sexuel et romantique) par les gens seuls et bizarres parce qu’ils lui ressemblent et qu’ils ont des solitudes à partager. Bon voilà le premier indice que Kaworu est potentiellement une personne avec des traits autistiques c’est que tout est fait pour qu’on nous souligne ses ressemblances avec Rei autant que faire se peut et Rei…Rei c’est probablement le personnage « à l’air autiste » féminin le plus connu comme tel dans la culture populaire toutes fictions confondues même sur TV Tropes c’est plus ou moins reconnu sur ce point que c’est la version féminine de Spock en ce qui concerne le fait d’y remplir cette fonction donc bon le fait que Kaworu soit très semblable à Rei est déjà un indice fort en soi que Kaworu est bien parti pour être un personnage « à l’air autiste » et ça ne fait que se confirmer sans cesse par la suite.

2-Kaworu commence à communiquer avec Shinji sans le regarder dans les yeux, sans se retourner vers lui et sans même se mouvoir et ce non pas avec une communication d’ordre verbal mais avec une chanson dont il fredonne les notes en mode « humhumhum » et non pas en la verbalisant pas même style « lalalala ». Ensuite il arrête et dit toujours dans la même position « c’est agréable une chanson ça donne de la joie au coeur », voilà il a cherché à communiquer directement avec Shinji par l’émotion transmise musicalement plutôt que par les mots un truc qu’un bon tiers des personnes autistes aiment faire aussi dans la vrai vie.

3-La musique est clairement l’intérêt spécifique principal de Kaworu et évidemment pour commencer à parler avec Shinji c’est cela qu’il évoque.

4-Au cas ou c’était pas encore assez grillé Kaworu dit cash à Rei qu’ils sont identiques en la croisant.

5-Kaworu qui propose a Shinji de se doucher avec lui sans capter qu' »entre mecs » c’est pas censé se faire parce qu’on voit très vite que les normes sociales et Kaworu vraiment ça fait deux (ça c’est un trait qu’il conserve dans toutes les oeuvres dérivées d’Evangelion et encore c’est probablement dans l’épisode de la série original où il apparait qu’il a le plus l’air au courant de l’existence des tabous sociaux les suites accentuent énormément cet aspect je comprends rien aux normes sociales du personnage surtout le manga).

6-Kaworu qui connait toute la vie de Shinji et sa personnalité, ses façons d’être etc…bon Kaworu est hyperempathique et je le soupçonne d’être censé être un peu télépathe mais même comme ça il a clairement l’air d’avoir ouvert un dossier secret ou deux en douce pour tout savoir sur Shinji avant d’aller lui parler une première fois. Typiquement le genre de choses maladroites que font quelques personnes autistes pour se préparer avant d’engager une relation sociale avec autrui surtout quand celle ci est importante  leurs yeux.

7-Kaworu dit a Shinji « tu refuse obstinément les relations avec les autres »…je voudrais pas dire mais en vrai…Kaworu a l’air de faire la leçon de morale à Shinji là dessus sauf qu’il est très mal placé pour ça vu que comme on le comprend très vite dans cet épisode c’est la première fois que Kaworu essaie de se faire un ami et à vrai dire même Shinji en dépit des apparences a alors plus d’expérience relationnelle que Kaworu. C’est juste que Kaworu est d’un naturel plus avenant, souriant et assuré que Shinji en apparence du moins et donc c’est pas aussi évident que ça ne l’est de Shinji au premier abord qu’il est très malhabile dans ce domaine à sa façon lui aussi. Enfin…c’est aussi que Kaworu masque mieux ses incapacités que Shinji et est moins sincère que lui dans sa façon de paraître a autrui et cache donc plus ses failles que Shinji.

8-Kaworu demande à Shinji si il a cette attitude parce qu’il a peur de ses sentiments…en fait il comprend vachement vite cet aspect de Shinji pour une personne assez ignorante du monde et des relations humaines…le plus probable c’est qu’il capte directement parce que c’est son cas à lui aussi. Bon ok j’ai aucun mérite à le « deviner » vu que la suite des événements je l’ai vue et elle rend cet aspect du personnage plus que limpide. Dans la vrai vie beaucoup de personnes autistes ne comprennent pas bien leur propres sentiments et en ont peur également donc se retrouvent en les tourments des deux protagonistes de cet épisode sur ce point.

9-Kaworu rajoute « éviter les autres c’est éviter à coup sur d’être trahi ou blessé »…si Kaworu comprend très bien ce sentiment à mon avis c’est parce qu’il sait très bien comment l’épisode va se terminer et qu’il sait pertinemment que cela pourrait très bien être des sentiments qu’ils ressentiront si ils continuent de se rapprocher mutuellement (et puis pour Shinji il y a aussi les histoires de hérissons liés à la personnalité évitante qui sont un des thèmes récurrents de la série donc à chaque fois qu’il se rapproche d’un autre perso de la série ils font ce que cette théorie dit à savoir qu’ils se roulent en boule les uns contre les autres pour se lier et se réchauffer mais comme ils ont plein de piquants qu’ils ont érigé en barrière entre eux et les autres pour se défendre ils n’arrivent à rien à part à se faire souffrir mutuellement et donc chaque tentative de relation avec un autre personnage central d’Evangelion que Shinji entreprend finit en catastrophe atomique et Kaworu ne dérogera pas à la règle). Là aussi être blessé et trahi dans ses relations avec autrui et en avoir peur à chaque fois qu’on se rapproche de quelqu’un par la suite c’est un sentiment que beaucoup d’autistes connaissent bien.

10-Kaworu continue son speech « mais ça ne protège pas contre le désespoir, rien ne peut jamais protéger contre le désespoir ». Bon ok la je spoile un peu la fin de l’épisode mais on comprend vite (et c’est vrai dans Rebuild of Evangelion aussi où ça devient encore plus évident) que Shinji est pas le seul des deux à avoir une violente dépression et de très sérieuses envies suicidaires…(et c’est encore plus clair dans les premières ébauches des scripts de l’épisode 24 de la série originale ou c’était complètement explicite) sauf que Kaworu le masque bien mieux derrière son sourire éclatant et du coup je sais pas vous mais moi je l’aurais jamais deviné avant la fin de l’épisode. Beaucoup de personnes autistes savent ce que c’est qu’être en dépression et avoir des envies suicidaires tout en ne donnant pas cette impression vu de l’extérieur donc là aussi pas étonnant que beaucoup se retrouvent en Kaworu.

11-Kaworu parle énormément en fait il peut plus s’arrêter comme si c’était la première fois qu’il parlait à quelqu’un de toute sa vie…et en fait c’est la première fois qu’il se lie à une personne autant que ça en effet. Et comme dans les vrais relations entre deux personnes potentiellement autistes se comprenant bien on voit que Shinji et Kaworu se rapprochent et deviennent intimes incroyablement vite, en quelques minutes Kaworu a quand même réussi à se rapprocher plus de Shinji que personne ne l’a fait en 23 putain d’épisodes quand même.

12-Kaworu dit « chaque homme est seul » ce qui témoigne du fait que comme même Shinji semble s’en être douté dès le départ Kaworu ressent une très grande solitude et est une personne très isolée. Voilà encore un sentiment auquel beaucoup de personnes autistes pourront s’identifier également pour l’avoir vécu aussi.

13-Kaworu prend Shinji par la main dans leur bain, évidemment Shinji est choqué parce qu’au Japon c’est un geste quasiment exclusivement réservé aux couples. Les lumières s’éteignent signal de l’extinction des feux et Shinji lui explique que c’est l’heure qu’ils sont obligés d’aller se coucher et du coup Kaworu lui propose de coucher avec lui. Ahem ça date de 1994 et ça les empêchaient pas d’aborder l’homosexualité de façon directe et claire comme de l’eau de roche, et après il y en a auxquels on refile des Oscars pour le faire dans les années 2010 soit trente ans plus tard de façon beaucoup plus timorée au prétexte que ce serait nouveau et osé n’importe quoi je vous jure bon j’arrête de digresser…beaucoup de personnes autistes, la majorité en fait, ne sont pas purement « hétéros » et Kaworu manifestement non plus…enfin après la plupart des personnes autistes non hétéros réelles repèrent bien vite que ce genre de choses est mal vue et sont beaucoup plus discrètes que Kaworu dans l’expression de leur désir car elles ont fréquemment intériorisée la double honte sociale d’être autiste et de ne pas être hétéro mais Kaworu est a un tel degré d’incompréhension des normes sociales que ça le protège de développer ce genre de honte parce qu’il a même pas les habiletés sociales nécessaires pour remarquer sans qu’on le lui dise explicitement que ce n’est pas bien perçu socialement et jusqu’alors personne ne lui a dit (ou alors il s’en fout c’est possible aussi mais la première explication est plutôt celle que le manga encourage donc je la trouve plus cohérente avec l’ensemble de la série). Il parait qu’une minorité de personnes autistes non hétéros sont aussi dans ce cas IRL ou l’ont été étant plus jeunes et moins bien informées. Et dans le vrai monde ça peut être dangereux de ne pas être prêt à affronter le rejet social de sa sexualité donc si vous connaissez un enfant ou un ado potentiellement ou certainement autiste n’oubliez pas son éducation sexuelle, incluant de lui mentionner l’existence de l’homosexualité, de la bisexualité, de l’homophobie et de la biphobie et comment s’en protéger si on en vit, s’il vous plait c’est important (même dans l’éventualité où il serait hétéro ce qui est plus l’exception que la règle parmi les autistes il y a toute les chances qu’il ne soit pas perçu comme tel par les autres car les autistes à l’expression de genre normée ne courent vraiment pas les rues et souvent les gens sont homophobes avec les filles au look de garçon et les mecs aux look de fille avant même de savoir quoi que ce soit sur leur sexualité à proprement parler). Et c’est également valable pour les personnes autistes non verbales et/ou considérées comme ayant un « handicap intellectuel », d’autant plus qu’elles sont surexposées au risque de subir des violences sexuelles du fait que ce point est trop souvent omis dans leurs éducations au prétexte qu’ils ne le comprendrait pas ce qui est la plupart du temps totalement faux. Bref on dévie un peu du sujet là mais je tenais à le préciser car c’est très important.

14-Bon Kaworu continue à draguer Shinji et lui dit qu’il veut lui donner son amour. Et ça finit par marcher suffisamment pour que Shinji et Kaworu finissent par dormir dans la même chambre dans des lits côtes à côtes. Shinji qui a besoin de vider son sac et de ressentir un peu de réconfort et de soutien émotionnel lui raconte sa vie et jusqu’à des détails intimes de son existence sans comprendre lui même pourquoi il se dévoile à ce point là (bon faut dire Kaworu a quand même une présence singulièrement apaisante il y a des gens comme lui dans la réalité auxquels tout le monde peut raconter en 5 minutes ses secrets les plus intimes en se sentant en complète confiance mais c’est méga rare). Et là Kaworu sort l’air d’y croire candidement et sincèrement une grosse niaiserie romantique du genre « je crois que nous sommes nés pour nous rencontrer toi et moi ». Là, ça s’est typique d’une personne qui ne connait les relations romantiques qu’assez peu et en a une vision très pure et complètement idéalisée…comme la plupart des personnes autistes surtout avant l’âge adulte (mais aussi après bien souvent)…et dans le monde réel cette sincérité naïve sur ce point les exposent malheureusement plus que les autres aux violentes désillusions amoureuses, aux séparations et conflits conjugaux douloureux et à un risque très accru d’être victimes de violence conjugales…risque accru encore en prime dans le cas d’une personne autiste non hétéro à cause du double effet Kiss Cool de se coltiner un combo d’oppression.

15-Bon dans la série l’entourage de Shinji s’inquiète de qui est Kaworu et enquête en douce sur lui pour des raisons pertinentes mais dans le vrai monde c’est assez courant aussi que deux personnes potentiellement autistes s’entendant bien et surtout plus que bien l’entourage fasse tout pour les surveiller, enquêter dessus et les séparer avec la première excuse venue à cause du raisonnement validiste commun qui voudrait que deux personnes non valides se feraient plonger mutuellement en étant ensemble. Scoop : c’est pas vrai et ça peut donner des relations très profondes et enrichissantes aussi…et ça peut foirer et faire très mal aussi mais il me semble pas que les relations entre valides soit immunisées contre ça en fait.

16-Evidemment Kaworu est vraiment mystérieux et a vraiment des trucs à cacher dans cette série parce qu’il est un Ange (les fameux extraterrestres devant détruire l’humanité qu’ils combattent depuis le départ) et donc 1-c’est un alien comme la plupart des persos potentiellement autistes en fiction (avec les soucis que ce type de représentation posent comme on l’a vu précédemment) 2-il n’a pas vraiment de genre à la base même si il a l’air d’être globalement considéré comme un garçon et de ne pas être dérangé par ça…les références bibliques abondent dans ce manga et les anges dans la bible n’ont pas de sexe de ce que je m’en souviens…en vrai il y a une majorité de personnes autistes (même si c’est une courte majorité) qui ne s’identifie pas du tout à un genre ou ne s’identifie que de manière très minimaliste au sien donc sur ça aussi Kaworu ressemble a beaucoup de personnes autistes réelles qui s’y identifient.

17-Kaworu part en explication du côté mystique de la série et de ce qu’est un A.T field…une barrière que des personnes se fabriquent pour se protéger du monde et des autres, leur petite bulle en clair quoi…si ça vous rappelle pas les théories pseudoscientifiques psychanalytiques en vogue dans les années 1990 sur la fameuse bulle autistique…et bah vous êtes le seul à ne pas y songer parce que le parallèle était tellement évident pour plein de gens à l’époque qu’une fausse rumeur de style légende urbaine a couru comme quoi A.T field était vraiment le nom donné par la psychologie à la fameuse bulle autistique…rumeur tellement répandue que des chercheurs ont du fouillé toute la littérature savante en psychologie pour l’infirmer définitivement parce que même eux avaient un doute à force que tout le monde se répète cette bêtise à l’époque malgré le fait que c’était fondé sur rien…à part sur les références plus ou moins pertinentes à diverses théories psychologiques notamment sur l’autisme entre autres dont est remplie la série. Que Kaworu sache mieux que n’importe qui ce qu’est un A.T field est donc aussi un truc qui a du faire que pas mal de gens se sont dit en matant la série qu’il pouvait être une transposition symbolique et fictionnelle de ce que c’est que d’être une personne autiste.

18-Kaworu pense « la destinée humaine…le désespoir dont la trame est l’espoir »…la philosophie ésotérique, mystique et existentielle est un intérêt spécifique relativement fréquent de certaines personnes autistes.

19-Après un blabla mystique qui même en ayant vu toute la série a un sens qui m’échappe encore en partie et sur lequel je vous épargnerai mes théories sinon ça va prendre des plombes et être totalement hors sujet, Kaworu exige de Shinji qu’il le tue parce qu’il était censé ne pouvoir vivre que si l’humanité ne lui survivait pas et qu’il refuse une si triste existence et donc il supplie Shinji de l’assassiner. Vouloir mourir est malheureusement une expérience que beaucoup de personnes autistes réelles ont également vécue.

20-« être ou ne pas être la différence est faible pour moi »…il y a vraiment beaucoup de personnes réelles autistes et dépressives assez sérieusement suicidaires que j’ai déjà entendu ou lu dire la même chose en des termes assez proches donc je suppose que certains autistes peuvent totalement comprendre Kaworu sur ce point.

21-« la mort c’est peut être finalement la seule véritable liberté »…moi aussi j’ai eu cette philosophie là longtemps et je la connais bien…c’est celle des gens à qui la vie offre tellement peu d’options et de possibilités qu’ils sont près à n’importe quoi pour en obtenir une neuve et que la mort devient un horizon utopique pour eux. J’en ai longtemps fait partie et je suppose que sans même avoir besoin d’être dépressifs ou suicidaires pour ça pas mal de personnes autistes réelles ont un peu ce genre de mentalité par rapport à la mort philosophiquement.

22-Ensuite Kaworu dit à Shinji « ce sont mes derniers mots, détruis moi maintenant s’il te plaît »…le mec est en train d’implorer quelqu’un de le tuer tant il souffre et en façade il a l’air d’un calme olympien. C’est exactement le genre de décalage qui fait que pas mal de personnes autistes en souffrance ne sont pas perçues par leur entourage comme l’étant dans le monde réel.

23-Là je vais partir en grosse spéculation mais je sais que moi qu’en j’en ai marre de la vie je me dis « putain vas y je vais arrêter de parler ça sert à rien de toutes les façons avec ou sans que je prononce des mots les gens me comprennent guère plus » et j’aime déjà pas parler de base quand ça va vraiment mal je deviens mutique…je me demande si comme moi ou Kaworu qui a ce moment là dit qu’il ne veut plus jamais parler après ça d’autres personnes en ont ras le bol de parler quand ça ne va pas et si c’est ou pas une spécificité de personnes à traits autistiques.

24-Donc Shinji a le choix entre tuer Kaworu ou tuer l’humanité parce que la coexistence des deux n’est pas compatible…et malgré le fait qu’il connait Kaworu depuis genre deux jours il hésite super longtemps…pas étonnant vu qu’aucun être humain n’a été aussi sympa avec lui que cet extraterrestre jusqu’alors. Cependant Shinji finit par tuer Kaworu à contre coeur. Dans le monde réel c’est rarement aussi complexe et le « proche » qui fait ça est généralement un gros connard validiste mais les personnes potentiellement autistes tuées par des personnes de leur entourage il y en a plein tout les ans, et des personnes autistes se suicidant avec ou sans, généralement sans, l’aide d’un proche également.

25-Dans le speech que Shinji fait à Misato pour lui expliquer pourquoi tuer Kaworu lui a causé tant de chagrin il lui dit que ce dernier lui a fait une déclaration d’amour (c’est plus clair en VO qu’en VF il me semble si j’ai bon souvenir mais je l’ai pas retrouvé sur le web) et qu’il lui ressemblait et ressemblait à Rei. Vu qu’on vient de parler de Shinji dans l’article d’avant le fait même que celui ci ait grillé que Kaworu avait un fonctionnement similaire au sien et à celui de Rei renforce l’hypothèse d’un Kaworu potentiellement lisible comme autiste.

26-Alors ensuite le décès d’une personne potentiellement autiste proche surtout si c’est un suicide clair ça va bouleverser fortement les gens qui l’aimait en général et c’est assez courant que ces personnes soit comme Shinji d’autres personnes potentiellement autistes et dépressives et elles mêmes suicidaires et/ou autrement atypiques pour lesquels ça sera particulièrement dur à vivre.

27-Après la mort de Kaworu, Shinji a ce qu’on appelle une culpabilité du survivant, les deux ont vécu un événement horrible (le seppuku de Kaworu en clair quoi même si il est pas très traditionnel) et il y en a qu’un des deux qui y a survécu, Shinji, qui du coup a été de nouveau traumatisé pour la énième fois considérablement et se culpabilise d’avoir survécu alors qu’il considère que Kaworu méritait plus de survivre que lui ce à quoi Misato lui réponds un truc affreux « Non. Tu sais seuls ceux qui le veulent méritent de survivre ». Sympa. Non. Encore heureux que non. Elle continue « lui voulait mourir sa volonté de vivre reposait sur un faux espoir qu’il a choisi d’abandonner ». Euh…non, non, non, non, non les envies suicidaires c’est pas une question de volonté et de choix en fait. Du coup Shinji reproche à Misato d’être très froide dans sa réaction. En fait ça peut être mis en parallèle avec un autre élément de ce qui arrive aux personnes autistes du monde réel c’est que quand elle sont tués et/ou se suicident beaucoup de personnes non autistes et/ou ne les connaissant que peu dans leur entourage cache assez mal n’en avoir rien à foutre voire en être soulagées et n’empathisent pas avec la douleur de leurs vrais proches (Misato a vraiment le mauvais rôle ici pourtant ça se voit pas dans ce que j’en dis mais le perso est très intéressant, complexe et plutôt sympathique en règle générale mais il y a clairement des trucs qui lui échappent comme pas mal de gens dans le monde réel en fait).

L’épisode 25 montre (entre autre parmi plein d’autres trucs) l’impact de cet événement qu’est la mort de Kaworu pour Shinji.

https://nakamafr.me/neon-genesis-evangelion-25-vostfr

28-Dans cet épisode on voit que Shinji a beau être sur le point de péter un câble et perdre définitivement perdre de vue la réalité telle qu’il la perçoit depuis le début de la série c’est la mort de Kaworu qui sert de catalyseur et finit par le plonger pour de bon dans son monde intérieur. Souvent dans la réalité en effet c’est de voir des choses affreuses qui arrivent à des proches partageant nos galères qui va aggraver nos propres galères quand on est autiste ou autrement atypique parce que ce qu’on oublie souvent de dire c’est qu’être traumatisé (au sens de faire un syndrome post traumatique) non ou pas seulement par ce qu’on vit soit mais aussi par ce que vit autrui est très fréquent. D’ailleurs les personnes hyperempathiques peuvent même être traumatisées de cette façon uniquement par les horreurs vécues par les autres, et même pour certaines d’entre elles par les horreurs vécues par des personnes qu’elles n’ont jamais vues ailleurs qu’aux infos, ou même pour les plus sensibles de toutes par les horreurs vécues par de simples personnages fictifs (ça a pas grand chose à voir mais c’est important à savoir donc vu que c’est une série d’article à but pédagogique je le souligne vu que je viens d’en trouver l’occasion).

29-On remarquera aussi qu’au tout début quand Shinji supplie quelqu’un de lui venir à l’aide parce qu’il n’en peut plus il y a que des images de ses souvenirs de Kaworu qui défilent à l’écran. Alors est ce parce que c’est avec ce souvenir qu’il a le plus besoin d’aide parce qu’il ne parvient plus à penser à autre chose ou parce qu’il n’arrive pas à imaginer que qui que ce soit d’autre puisse l’aider. Un peu les deux je pense. Là où on en est dans la série Shinji a perdu tout ses autres soutiens et Kaworu il s’y est accroché comme a une bouée de sauvetage comme à un ultime espoir ce qui explique que l’avoir perdu lui fasse perdre tout contact avec sa vision ordinaire de la réalité. IRL aussi les personnes potentiellement autistes ou autrement atypiques lorsqu’elles sont proches l’une de l’autre ont souvent énormément besoin les unes des autres et se retrouvent souvent complètement paumées si elles ne peuvent plus se voir, surtout si c’est pour des raisons tragiques comme c’est le cas ici, c’est pour ça que séparer de force des personnes pas valides qui s’entendent très bien ou faire comme si leur séparation (plus encore si elle est causée par la mort) n’était pas si grave et mépriser la douleur qu’elle peut leur causer n’est vraiment pas à faire.

30-Shinji a un gros cas de conscience d’avoir du buté celui qu’il aimait juste pour suivre les ordres de son père et faire ce qu’on lui demandait de faire. Cas de conscience similaire à ceux ressentis par des tas et des tas de personnes à moindre échelle dans la vrai vie qui se disent qu’elles devraient être auprès de leurs proches en difficulté et les aider à remonter la pente au lieu de juste bosser dans des trucs dépourvus de sens même si comme tout le monde ou presque ils prennent généralement la seconde option par sécurité et soumission à l’autorité et à la pression sociale. Et des gens meurent. Des gens se suicident. Seuls. Tout les jours. Dont la plupart avaient des proches qui alors n’étaient pas là, n’ont pas su les garder en vie ou les ont enfoncés et plus ou moins suicidés de leurs propres mains même si rarement aussi littéralement que Shinji ne le fait avec Kaworu dans la série. Perso, c’est parce que j’ai peur de ça que je suis paralysée et que je n’arrive pas à retourner bosser…même si en fait stagner n’aide personne non plus mais j’ose pas en fait, j’ose pas retourner bosser comme si de rien était sachant tout ce que je sais mais j’ose pas non plus faire un gros fuck you à la société et tout faire pour y redonner un peu d’humanité en me mettant complètement hors système pour ça au besoin…et donc je deviens un parasite social qui vit au dépend de sa mère et à rebours complet de ces idéaux. Pff, quelle lâche. Je me dégoûte moi même vous pouvez pas imaginer à quel point. Si quelqu’un a une idée de comment on pourrait changer les choses et être surs que les vrais relations reviennent qu’il y ait moins de suicides dans ce monde je suis pour qu’il la donne. C’est un peu parti en hors sujet désolé j’arrive pas à m’empêcher de digresser.

31-Shinji dit qu’il pilote l’Eva pour les autres et dans l’intérêt des autres…oui toute sa vie Shinji l’a vécue pour les autres plus que pour lui même et en ça Kaworu lui ressemblait lui qui a fait un « suicide altruiste » c’est comme ça qu’on nomme la forme de suicide des gens qui se tuent en pensant le faire pour le bien d’autrui et que leur auto suppression sert la collectivité, il parait que 80% des suicidaires sont dans cet état d’esprit au moment de l’acte fatidique. Or, vivre pour les autres exclusivement en faisant peu attention à ses propres besoins et désirs est une chose que la société dans laquelle on est inculque très jeune aux personnes potentiellement autistes qui pour la plupart d’entre elles sont dans un fonctionnement similaire à Shinji et Kaworu sur ce point et c’est un fonctionnement qui du coup forcément fragilise par rapport au risque de devenir dépressif ou suicidaire.

32-Ceci dit…vu que cette façon d’agir vient généralement d’un besoin de reconnaissance de la part d’autrui et donc d’être aimé l’altruisme a toujours son revers égocentré et du coup Asuka (la rouquine) a pas totalement tort de souligner à Shinji qu’il se voile la face et qu’il a aussi fait tout ça pour lui et tué Kaworu pour des motifs égocentriques consistant à mieux se faire voir d’autrui et être plus aimé (d’ailleurs c’est aussi valable pour Kaworu, je sais que je viens de dire que le suicide n’est pas un acte d’égoïste mais de désespéré mais de là à prétendre que la pensée suicidaire n’est jamais égocentrée et en mode OSEF sur ce que les proches qu’on laisse ainsi ressente et leur douleur de nous perdre parce que sur le coup on est trop focalisé sur sa douleur pour tenir compte de celle d’autrui désolée mais j’ai trop senti ça de l’intérieur pour cacher que ça peut parfois en être un aspect et en ce qui concerne Kaworu qui fait quand même tout pour que son pote l’aide à se tuer et est dans le manga clairement à la limite de l’exiger de Shinji allant jusqu’à se montrer un peu menaçant et donner l’impression d’être un peu dans le chantage pour l’y forcer je crois qu’on peut se demander si il y a pas aussi un aspect égocentré dans la façon qu’il a d’être à ce point fixé sur son objectif de mourir). Dans la vrai vie aussi le non soutien, voir la violence de tout degré et pouvant aller jusqu’au meurtre, entre personnes autistes et/ou suicidaires et/ou dépressives et/ou autrement pas valides et/ou dans la merde pour une raison peu importe laquelle est très souvent motivé par l’égocentrisme, le fait de vouloir se faire bien voir socialement et les normes sociales encourageant à ne pas s’entraider au moins en partie.

33-La fin c’est euh…bah la fin d’Evangelion est notoirement connue pour son côté incompréhensible donc la suite de cet article sera forcément très spéculative…je crois qu’on est censé comprendre que Shinji a des personnalités multiples en plus d’être schizophrène et qu’une grande partie du scénario d’Evangelion se passe entièrement dans sa tête en fait et que les autres personnages sont des personnalités à lui…pour ce qui est d’en déduire quoi que ce soit sur son genre euh démerdez vous sans moi et demandez à des gens qui ont des personnalités multiples et ont réfléchi sur ces questions là parce que moi rien que suivre à ce stade de la série ça m’est un peu difficile pour tout vous avouer alors rentrer dans les grands débats sur la signification profonde de tout ça laisse tomber…enfin j’ai vaguement compris que c’était soit l’histoire de Shinji qui réunit ses personnalités en conflit dans son cerveau (cette théorie des personnalités multiples une seule personne me l’a sortie parmi les gens qui ont vu Eva et je la retrouve pas du tout sur le web mais elle me semble intéressante et pas plus incohérente qu’une autre vu le degré de WTF de la fin d’Eva de toutes les façons), soit un truc un peu mystique plus général sur la condition humaine un peu comme dans certaines religions New Age qui disent que toutes les personnes n’en sont qu’une et que l’humanité arrivera à un nouvel état de conscience spirituellement plus élevé quand elles fusionneront (ce qui semble être l’interprétation majoritaire du fandom) mais au delà de ces deux trucs de base j’avoue l’épisode 25 il me paume un peu avec des histoires relationnelles trop complexes pour mes capacités de compréhension. Quand à savoir si des personnalités différentes habitant le même cerveau ont forcément les mêmes atypies ou pas…au secours j’en sais rien quelqu’un qui connait mieux les questions existentielles sur l’identité et la philosophie autour de ça à l’aide moi je jette l’éponge j’ai jamais été assez dissociée d’aspects de moi même pour capter ça. Mais bon je suppose que si comme tout les autres Kaworu est une partie des personnalités de Shinji vu ce qu’on a dit sur Shinji avant qu’ils soient tout deux potentiellement autistes et partagent toutes leurs atypies auraient du sens…sauf que ça a pas l’air d’être le cas de tout le casting…SOS que quelqu’un m’aide à piger cette fin.

34-Donc tuer Kaworu soit détruire une de ses personnalités, celle qui avait j’imagine les envies suicidaires les plus fortes, ça a déclenché chez Shinji toute une crise existentielle l’amenant à un état de conscience particulier à la fois halluciné et mystique dans lequel il parle à toutes ses personnalités pour tenter de les refusionner en une seule et Rei lui dit que cette fin, celle de Kaworu est celle qu’il voulait pour toutes les personnalités dans son cerveau la centrale nommée Shinji comprise à savoir « la destruction, un monde où personne ne sera épargné ». C’est à dire que comme tout le monde Shinji a tout un monde avec son imaginaire et ses personnages dans sa tête ou plutôt ses personae vu que cet animé est beaucoup trop psychanalytique sur certains points. Alors d’après Wikipédia une persona c’est ça :

Le mot persona vient du latin (du verbe personare, per-sonare : parler à travers) où il désignait le masque que portaient les acteurs de théâtre. Ce masque avait pour fonction à la fois de donner à l’acteur l’apparence du personnage qu’il interprétait, mais aussi de permettre à sa voix de porter suffisamment loin pour être audible des spectateurs.

Dans sa psychologie analytique, Carl Gustav Jung a repris ce mot pour désigner la part de la personnalité qui organise le rapport de l’individu à la société, la façon dont chacun doit plus ou moins se couler dans un personnage socialement prédéfini afin de tenir son rôle social. Le moi peut facilement s’identifier à la persona, conduisant l’individu à se prendre pour celui qu’il est aux yeux des autres et à ne plus savoir qui il est réellement. Dans ce cas, la persona de Jung est proche du concept de faux self de Donald W. Winnicott. Il faut donc comprendre la persona comme un « masque social », une image, créée par le moi, qui peut finir par usurper l’identité réelle de l’individu.

Seulement Shinji étant schizophrène il a plus de mal à distinguer sa réalité intérieure de la réalité extérieure que les autres j’imagine (enfin je crois corrigez moi si c’est une connerie je ne suis pas schizo et je m’y connais très mal donc j’ai du mal à imaginer ce que ça peut faire de l’être) et donc c’est sans doute pour faire comprendre ce que c’est que ressentir ça que l’auteur a paumé le spectateur en brouillant la frontière entre les deux dans cet épisode pour qu’on sache pas trop qu’est ce qui ressort de quoi. Donc quand Rei dit de lui qu’il voulait la fin du monde et que personne ne soit épargné j’imagine qu’elle parle des envies autodestructrices de Shinji qui auraient aussi tué du même coup ses autres personnalités et son monde intérieur mais que pour Shinji c’est l’équivalent de détruire le monde tout court puisqu’il n’y a pas de différence interne entre son monde à lui et le monde extérieur dans sa tête…enfin je crois. En même temps c’est aussi vrai dans une certaine mesure pour tout les gens même les valides on ne voit le monde que par notre propre perspective donc on a chacun un seul monde et nous détruire se serait en détruire tout ce qu’on peut en connaître donc le détruire tout court si on se place d’un certain point de vue. Donc ça peut être un truc philosophique plus général sur les relations humaines aussi je suppose.

35-Si on part plus loin encore les reproches que Shinji s’auto-inflige après la mort de Kaworu au début de l’épisode font écho à la fin de l’épisode qui devient beaucoup plus généraliste et parle du fait que la réalité tel que Shinji la perçoit serait celle qu’il aurait souhaité (j’ai jamais trop apprécié ce style de théories pas assez matérialistes à mon goût mais de ce que j’ai capté la série part là dessus) et que tout les malheurs du monde et ceux qu’il a souffert lui même n’étaient que des sortes d’auto flagellations intérieures qu’il aurait utilisé pour protéger et épargner son coeur fragile, c’est à dire son esprit en grande souffrance psychique comme le font les gens qui s’automutilent…ce que Kaworu fait d’ailleurs par la suite mais on y revient après. Et du coup c’est aussi mis en parallèle avec les malheurs du vrai monde vu que les crises et urgences du monde d’Evangelion font écho à celles du notre et donc il y a un message comme quoi la base de la raison de la souffrance dans le monde serait dans les blessures psychiques individuelles conduisant les gens à s’en protéger et s’en épargner par des moyens délétères…je suis pas super convaincue…en même temps je suis pas non plus super convaincue d’avoir vraiment capté…mais bon c’est euh…intéressant mais si quelqu’un a de meilleures théories que moi qu’il n’hésite pas à me les mettre en commentaire.

36-La fin de l’épisode 26 montre Shinji qui décide de ne pas se tuer et donc est félicité par tout son monde intérieur encore vivant qui ne contient donc plus Kaworu puisqu’il l’a tué et que c’est trop tard pour lui j’imagine, il a donc sauvé son humanité et tuer la part de lui qui s’en était éloignée et voulait la détruire si j’ai bien tout pigé. Et ça c’est la fin originelle étrange et prise de tête mais joyeuse quoiqu’un peu douce amère d’Evangelion la série. Sauf que les gens s’attendant à un truc plus classique ont détesté cette fin et fait chier l’auteur pour qu’il en crée une correspondant mieux à leur attente, donc il a accepté de revenir sur Evangelion dans un film The End of Evangelion. Un film beaucoup plus sombre où Kaworu revient presque uniquement de façon symbolique d’un remords persistant que Shinji a qui le fait replonger dans la dépression totale parce qu’il en a marre de ne faire que blesser les gens qu’il aime et du coup a de nouveau envie de se suicider pour épargner aux gens d’avoir à le fréquenter vu qu’il finit toujours par leur faire du mal. Et du coup Rei et Kaworu vont convaincre Shinji de nouveau de sauver l’humanité et je me souviens plus trop de grand chose de ce qu’ils se disent parce que je l’ai pas vu depuis des plombes et j’ai paumé mon DVD donc je vais pas analyser plus loin sur ça à part que oui dans la réalité aussi les personnes potentiellement autistes et/ou autrement pas valides qui ont peur d’aller vers les autres parce qu’ils ont l’impression de ne faire que leur nuire c’est extrêmement courant…je suppose que la plupart des personnes autistes ont déjà eu ce sentiment au moins une fois après des échecs relationnels répétés.

37-Ensuite les gens n’étaient toujours pas content de la fin parce qu’ils en voulaient une joyeuse. Donc l’auteur a fait une suite en 4 films qui est en même temps un remake sauf que les événements se déroulent un peu différemment. Je suppose que tout se passe toujours dans la tête de Shinji, on peut avoir des rêves récurrents donc j’imagine qu’on peut aussi avoir des hallucinations et délires récurrents quand on est schizophrène vu que sur bien des points rêves, hallucinations et délires ont parait il des fonctionnements proches. Du coup que Shinji revive les mêmes événements dans sa tête avec quelques variations bah ok mettons ça me parait pas si incongru. Et puis le côté mystique d’Evangelion donnant à cette série des airs de Matrix avant l’heure dans la conception proposée sur la nature de la réalité je suppose que ça peut aussi s’interpréter comme l’illustration d’une philosophie où le réel est perçu comme une illusion de la conscience et donc modulable par les émotions avec une temporalité floue et des répétitions et variations autour d’un thème y étant d’autant plus possible que la structure narrative d’Evangelion a quelque chose d’étrangement musical je trouve. Donc le premier Evangelion 1.0 You Are (Not) Alone ne montre Kaworu que très brièvement. Néanmoins vu que le spectateur le voit mais pas Shinji et que l’auteur ne laisse symboliquement jamais rien au hasard et prend toujours en compte tout ses personnages jusque dans les moindres minuscules détails à la con je suppose qu’on peut se permettre de spéculer un peu sur le sens d’avoir mis une brève image de Kaworu là dedans au delà du fanservice et je crois que ce sens il est dans le titre (titre ayant du sens pour l’histoire de chaque perso important des films à chaque fois). Shinji se croit seul et a tellement cru avoir perdu Kaworu qu’il en a zappé jusqu’à l’existence mais en vrai Kaworu est toujours là comme tout les autres personnages qu’il (re)rencontre un à un. Donc il n’est pas seul. Dans la réalité aussi quand on est une personne autiste ou autrement atypique ou juste dans la merde pour une raison où une autre l’illusion d’être plus seul qu’on ne l’est véritablement est une chose fréquente.

38-Le second film You Can (Not) Advance ne montre pas grand chose de Kaworu non plus à part cette petite scène :

 

En gros Kaworu y dit que cette fois il va revoir Shinji et tenir sa promesse de le rendre heureux cette fois ci. Donc Kaworu se souvient de ce qu’il s’est passé avant mais Shinji que dalle…ok bon je sais qu’une personne avec des personnalités multiples peut bloquer certains de ses souvenirs pour une de ses personnalités et pas pour une autre donc bon admettons. Et si on reste sur l’explication mystique nettement plus fréquente ça peut tenir aussi vu que Kaworu étant un Ange, que lorsque la réalité se modifie il ait moins de mal à se la remémorer telle qu’elle était perceptible avant ce changement que Shinji qui demeure un simple être humain fait sens il me semble. Et donc on se retrouve avec encore une minuscule scène avec Kaworu dedans qui fait écho au titre du film, Kaworu a l’impression de pouvoir avancer, il est de nouveau vivant et donc ça aurait du sens mais ses objectifs n’ont pas changé d’un pouce il n’a toujours rien d’autre comme envie en tête que de rendre Shinji heureux et tenir cette promesse et il est toujours aussi naïf et innocent qu’avant sur le plan relationnel, donc c’est prévisible tout va recommencer quasiment pareil et il va pas savoir avancer et continuer à patauger avec les mêmes problèmes et encore en mourir. Je m’en doutais de base le troisième film l’a confirmé. Revivre les mêmes problèmes quasiment toujours de la même façon à s’en demander si on est pas tombé par accident dans une boucle temporelle quand on est autiste ou autrement atypique c’est du vécu en général.

39-Le troisième film Evangelion 3.0 You Can (Not) Redo par contre est centré quasiment entièrement sur la relation entre Shinji et Kaworu. En même temps c’est un peu normal vu que c’est le dernier acte avant le quatrième film prévu pour 2020 dont l’auteur a annoncé qu’il sera la fin définitive d’Evangelion, celle qui était prévue à la base. Autant dans tout le reste de la série s’est mis un peu de côté et assez discret autant l’aspect romantique de la relation entre Shinji et Kaworu est si présent dans le troisième film que des fois il y a des scènes où je savais plus si j’étais en train de mater un animé de SF ou une version animée de Brockeback Mountain. Bon bref, de toutes les façons Shinji a des relations plus qu’ambiguës avec tout les autres personnages principaux du casting (qui sont tous féminins) et toutes ces relations sont à la fois la représentation d’un tabou social et des relations qui finissent très mal du fait non pas de ça mais des problèmes personnels de Shinji et de l’autre personnes qui n’aboutissent qu’à se heurter sans cesse. Rei est le clone de sa mère donc il y a le côté incestueux, Misato est plus âgée et Shinji n’a que 14 piges donc c’est limite pédophile comme relation d’autant que c’est un peu sa boss et la personne chez qui il vit bien longtemps donc elle a beaucoup de pouvoir sur lui et Asuka…euh Asuka n’arrête pas de se servir de Shinji comme souffre douleur et clairement il y a un moment ou leur relation tourne à la violence conjugale mutuelle et ils manquent de peu de s’entretuer (End of Evangelion si je m’en souviens bien, même si c’est surtout Shinji qui est passé à deux doigt d’étrangler Asuka)…et toute ses relations font très mal à Shinji autant que son histoire gay avec Kaworu qui finit par la mort du second deux fois (enfin trois si on compte le manga) et le gros traumatisme pour Shinji qui s’en suit deux fois (pareil trois avec le manga) de suite. Ceci dit si tout ça s’est la représentation par allégorie de couples de personnalités en une seule personne qui rentrent en conflit mutuels et échouent à essayer de se rejoindre ouais ça a du sens et si c’est le reflet d’un genre de théorie mystique panthéiste du style où les âmes individuelles devraient déchirer le voile des apparences pour aller au delà de leurs conflits apparents et découvrir leur vrai nature divine d’âme commune ça se tient aussi. En tout cas Kaworu voit Shinji dans son Eva et dit « Bienvenue Shinji je t’attendais » en se parlant tout seul. Il est légèrement obsessif et n’a qu’une seule idée en tête le Kaworu quand même avec son Shinji. Dans la réalité c’est ce que donne une personne potentiellement autiste amoureuse en règle générale surtout quand la personne dont elle est amoureuse devient son intérêt spécifique (particulièrement vrai avec le premier amour).

40-Alors ensuite on a la fameuse scène du piano, alors la on doit avoir s’accrocher il y a plein de choses qui renvoient directement à ce que sait que…euh que la vie franchement, donc Kaworu dit à Shinji qu’il aimerait qu’ils parlent ensemble, puis Kaworu commence à jouer du piano ce qui surprend Shinji qui s’attendait à ce qu’ils se parlent plutôt, du coup Kaworu lui dit qu’un duo de piano peut être perçu comme un dialogue musical et propose à Shinji d’essayer, Shinji refuse arguant qu’il ne sait pas jouer, Kaworu le sermonne un peu pour l’inciter à jouer quand même en lui faisant remarquer que si il veut bien vivre il faut qu’il change et essaye de nouvelles choses, puis il lui montre comment on fait et ensuite ça: https://www.youtube.com/watch?v=sPqsPfY2ViU

Voilà déjà les mecs jouent du Chopin ce qui évidemment donne un caractère vraiment romantique à la scène au sens du mouvement esthétique romantique vu que dans ce morceau Chopin a cherché à exprimer et valoriser le fait d’improviser, de vivre un événement sans aucune préparation pour cela, sans y être prêt (bon évidemment c’était pas une véritable impro vu qu’à l’époque ce ne serait pas passé esthétiquement mais le morceau était musicalement novateur et est resté connu pour ça de nos jours), ce qui alors en musique était assez révolutionnaire parce que la musique plus classique ayant précédé cette période romantique valorisait au contraire l’expérience, la préparation et la maîtrise avant tout esthétiquement. Donc on souligne le fait que c’est soudain, qu’ils sont inexpérimentés et que leur relation à la maladresse des premiers émois adolescents avec les erreurs fréquentes qui vont avec mais que cette innocence a aussi quelque chose de beau. Ouais…enfin sauf qu’il est censé il y en avoir qu’un seul des deux pour qui s’est vraiment neuf et on voit bien que Kaworu maitrise mieux que Shinji le piano et qu’il joue un peu la comédie de « je te rencontre pour la première fois »…même si il a gardé son côté complètement candide comme si son expérience précédente ne lui avait rien appris du tout. Dans la réalité aussi les personnes potentiellement autistes doivent refaire les mêmes erreurs relationnelles plus de fois que les autres pour apprendre de celles ci en général. On notera que c’est une nouvelle fois sans mot et par transmission de l’émotion par la musique, cette fois ci en un harmonieux duo, que Shinji et Kaworu apprennent à se connaître et euh j’ai vraiment besoin de rajouter un truc de plus que la scène elle même? Bon ok bien évidemment l’entente immédiate et parfaite entre les deux est symbolisée par le fait qu’alors qu’ils ont jamais répété ce morceau ensemble ils le jouent de manière fort peu probable en synchronicité parfaite au point où c’est à la limite de donner à la scène un sens un peu mystique de représentation d’une synchronicité au sens encore une fois inspiré de la psychanalyse jungienne. En gros le même sens que dans la chanson de Police du même nom.

En gros une synchronicité en ce sens c’est ça (merci Wikipédia qui a un article extrêmement complet sur le concept pour qui ça intéresse) :

Dans la psychologie analytique développée par le psychiatre suisse Carl Gustav Jung, la synchronicité est l’occurrence simultanée d’au moins deux événements qui ne présentent pas de lien de causalité, mais dont l’association prend un sens pour la personne qui les perçoit. Cette notion s’articule avec d’autres notions de la psychologie jungienne, comme celles d’archétype et d’inconscient collectif.

Donc ça a pas l’air d’avoir de lien sauf que Jung basait ce principe sur sa compréhension de la spiritualité gnostique néoplatonicienne qui elle même avait des inspirations hindoues lointaines qui toujours selon Wikipédia perçoit les choses de la façon suivante :

Dans certaines traditions spirituelles, comme la spiritualité hindoue, l’Univers n’étant qu’un miroir de la conscience individuelle, les synchronicités sont des interactions entre la conscience et le réel. Ainsi que l’affirme le Yoga Vasishtha :  » Le monde est comme une ville immense, reflétée dans un miroir. De même, l’Univers est un gigantesque reflet de vous-même dans votre propre conscience.  » Dans cette vision, les synchronicités seraient provoquées par l’individu lui-même, en écho à son intérieur.

Et là l’histoire devient assez claire si on garde à l’esprit que Kaworu reste une partie de l’univers intérieur de Shinji, un aspect idéalisé de lui même, tout en gardant aussi sa personnalité et ses désirs propres, cette scène est donc juste un symbole de paix et joie intérieure retrouvée…et le côté mystique du sentiment d’unité totale qu’elle donne est volontaire pour illustrer ce genre de principes spirituels qui veut que la paix et la joie intérieure et celles du monde soit une seule et même chose parce que nous ne serions tous qu’un, chacun étant une partie d’un univers vivant unique et dont tout les éléments séparés auraient leur conscience propre qui tout en étant infiniment divisées sont fondamentalement unies en une seule, selon ce genre de spiritualités, le but de l’existence c’est l’union du Soi (Atma) et du Divin (Paramatma). Vu que l’auteur a clairement assumé que Kaworu est une version idéalisée à l’extrême donc éthérée de Shinji, sa version « angélique » en clair quoi, cette scène c’est donc plus ou moins l’illustration de Shinji qui trouve ce but de l’existence, ce lien de l’Atma et du Parmatma pourrait on dire du coup, du moins je suppose.

Mais il y a plus et là ça devient encore plus intéressant c’est le fameux passage des notes de musiques qu’on voit graphiquement sous leur forme géométrique se nuancer progressivement de toutes les couleurs de l’arc en ciel tandis qu’on entend les deux personnages les jouer parfaitement en même temps…voilà ça c’est de la synesthésie, les notes n’ont pas juste un son pour eux, elles ont une couleur et une forme bien visibles pendant qu’ils jouent et du coup pour leurs sens ce morceau esthétiquement c’est un vrai festival de plaisirs variés qui trouve le moyen du coup de donner un sens très sensuel à une scène pourtant particulièrement chaste et prude au point d’en avoir un air presque virginal. Alors je sais pas si la synesthésie collective peut exister (enfin vu que Shinji et Kaworu sont la même personne en quelque sorte c’est normal qu’ils puissent partager certaines pensées du moins je pense) mais ça c’est une parfaite illustration de ce qui se vit dans la tête d’une personne synesthéte vivant un moment exceptionnel, ce que beaucoup de personnes autistes ou potentiellement autistes sont, évidemment l’amour, surtout les premières amours, peut avoir cet effet sur nos cerveaux en quasi permanence si ça se passe bien et je vous laisse imaginez les dégâts quand c’est fini et qu’on perd ces sensations…et là c’est du vécu.

Bon en tout cas Kaworu a clairement prouvé que faire de la musique a deux est en effet un dialogue (et c’est aussi une forme de communication plus efficace et naturelle que la parole pour certaines personnes autistes et plus agréable et simple que celle ci pour pas mal de personnes autistes en fait, je m’inclus dedans). Shinji lui dit que la musique c’est fun. Il vient de (re?)découvrir un aspect de ses propres goûts et habiletés par cette voie. Kaworu lui rajoute « C’est incroyable ce que deux personnes peuvent faire ensemble » et Shinji lui réponds « Cela fait des années que je ne me suis pas amusé autant », Kaworu lui dit qu’il en est de même pour lui (les personnes potentiellement autistes dans la vrai vie ont souvent assez peu d’occasions de s’amuser et sautent dessus à tout en zapper quand ils en trouvent une pour rattraper le temps perdu sur ce point) et lui propose de recommencer, Shinji l’invite à revenir quand il le voudra pour ça, donc Kaworu accepte, et Shinji lui demande son prénom seulement alors. Parce que il en a besoin que pour la communication verbale et de façon assez annexe, on voit tout ce qu’un prénom a d’accessoire dans le fait qu’il sait déjà l’essentiel de ce qu’il doit savoir de Kaworu avant de (re)connaitre son prénom (et puisqu’on parle d’influence hindoue il y a que moi que cette roue infinie des existences parallèles que Shinji semble mener en plusieurs aspects de lui même dans ses mondes intérieurs fait beaucoup penser à l’histoire du cycle des réincarnations et la première fin d’Evangelion fait penser au principe de briser le cycle des réincarnations? C’est moi qui part trop loin ou ça a du sens ce que je raconte? Ah non il y a pas que moi c’est une des interprétations les plus fréquentes du sens d’Evangelion ok ça me rassure). Et ensuite Kaworu rajoute qu’il est comme Shinji un enfant jouet du destin et se barre.

41-On voit Shinji le lendemain super en avance déjà sur le piano, Kaworu lui dit qu’il est arrivé drôlement tôt ce à quoi Shinji réplique qu’il n’avait rien d’autre à faire de spécial (être trop tôt ou pile à l’heure aux trucs où on a hâte d’être et trop en retard ou absent aux trucs où on angoisse d’aller c’est très fréquent chez les personnes potentiellement autistes…souvent être là très tôt pour les trucs qu’on veut faire vient comme pour Shinji du fait qu’on a souvent pas grand chose de mieux à foutre en fait aussi d’ailleurs). Shinji demande à Kaworu comment il pourrait devenir meilleur au piano, Kaworu lui explique qu’il a pas à devenir bon en piano que juste faire de la musique suffit pour se sentir bien, Shinji insiste parce qu’il veut faire de la musique qui devienne de plus en plus bonne ce à quoi Kaworu lui réponds que ça demande de la pratique, de la pratique et encore de la pratique, faire la même chose encore, encore et encore (conseil très valable IRL aussi en matière d’entrainement musical et pour tout ou presque au passage) , et de continuer jusqu’à ce qu’il en sois satisfait. Puis Kaworu lui file une leçon de piano, Shinji s’excuse de lui demander autant de choses et Kaworu lui dit que c’est pas grave vu qu’ils sont amis après tout et puis ils vont regardez les étoiles ensemble et ça donne cette scène :

Shinji fait un truc très typique des personnes potentiellement autistes en utilisant son intérêt pour un objet qui le fascine, ici les étoiles, pour avoir une base sur laquelle partir afin de parler de ses propres envies et sentiments en parlant des étoiles tandis que Kaworu lui répète exactement l’attitude qu’il avait dans la série d’origine comme si rien n’avait changé.

42-Ensuite Kaworu apprend plein de trucs super importants pour le scénario à Shinji mais dont je vois trop quoi faire par rapport au thème de cet article et ses révélations conduisent Shinji à ne plus vouloir conduire d’Eva parce qu’il se rend compte d’avoir été à l’origine d’un truc horrible et Kaworu lui explique être venu vers lui pour l’aider avec cette culpabilité car il pense qu’aucun pêché n’est sans rédemption possible. Shinji réagit à cette culpabilité en se figeant dans un nouveau moment intense d’angoisse et de dépression en disant qu’il en a assez et ne veut plus rien faire du tout, du coup Kaworu essaye de le réconforter en lui disant que se rejouer en boucle ses mauvais souvenirs ne peux rien apporter de bon, alors Shinji crie qu’il n’y a rien qui soit bon puis part sur le fait qu’il ne peut rien faire et qu’il n’est capable de croire en personne. Du coup Kaworu lui dit qu’il veut que Shinji croit en lui. Shinji lui crie qu’il ne peut pas. Voilà encore une fois les personnes potentiellement autistes ou autrement atypiques ont souvent des problèmes relationnels assez importants et des disputes assez semblables à celle ci.

43-Du coup, Shinji finit par expliquer qu’une des principales causes de sa mauvaise humeur est de devoir piloter une Eva et qu’il ne veut plus le faire, il a un collier autour du cou qui explosera et le tuera si il ne le fait pas mais il explique ne plus en pouvoir à Kaworu et du coup ce dernier dit qu’il comprend et prend le collier de Shinji (qui ignore que ça tuera Kaworu mais Kaworu lui ne l’ignore pas et sait très bien qu’il se suicide). Kaworu dit à Shinji que ce dont il a le plus besoin à ce moment là c’est d’espoir, d’expiation et de sérénité, et donc il va faire typiquement un truc que font de ce que j’en sais les autres personnalités dans la tête d’une personne qui en a plusieurs quand elles veulent aider la personnalité centrale avec ces problèmes et si on part dans l’explication mystique plus répandue aussi les anges gardiens (ou êtres de la même fonction en référentiel non biblique mais vu que c’est un ange c’est plutôt heureux comme point commun), il va se sacrifier en prenant sur lui le désespoir, la culpabilité et les tourments de Shinji à sa place (ceci dit certaines personnes hyperempathiques le font aussi sans avoir besoin d’être une partie de l’autre littéralement pour y parvenir également donc ça peut s’expliquer comme ça aussi).

44-Shinji enfin calmé et de nouveau joyeux dit à Kaworu « Tu es incroyable. Tu sais tout. » ce à quoi Kaworu réponds « Seulement parce que je pense toujours à toi ». Alors ça c’est le genre de relations qui n’est clairement possible qu’entre personnes pas dans la norme mentale, il est assez net que même si en fiction ils trouvent se genre de déclarations romantiques en général, aucun neurotypique dans le monde réel n’entendra jamais quelqu’un lui dire en se voulant complètement littéral qu’il est la seule chose qui occupe ses pensées sans en avoir peur et le repousser et aucun ne dira ça à quelqu’un d’autre. Il y en a qui disent que ça fait codépendants. J’en ai aucune idée mais c’est sur que les personnes pas valides très proches l’une de l’autre ont souvent des relations dont le caractère fusionnel est d’une intensité pas vraiment imaginable dans des relations entre neurotypiques.

45-Ensuite Kaworu parvient à aider Shinji à faire ce qu’il doit faire pour qu’il entre dans la pièce ou est Lilith comme dans l’épisode de la série d’origine mais en coopérant cette fois ci ce à quoi il encourage Shinji par des métaphore douteuses comparant sans cesse cette coopération et leur duo de piano. Et ils se passent plein de trucs trop longs à raconter et on en arrive à la scène du suicide/sacrifice de Kaworu pour protéger Shinji :

Désolée mais je peux pas m’empêcher de transposer cette scène dans ma tête comme la métaphore d’un suicide/sacrifice beaucoup plus réaliste, Shinji qui essaie (métaphoriquement je suppose) d’atteindre Kaworu pour l’aider mais qui n’y parvient pas et fond en larmes face à un Kaworu mourant qui essaye de le réconforter en lui disant que ce n’est pas de sa faute si on vire les trucs de SF autour ça ressemble à une version très crédible de ce que dirait quelqu’un de mourant qui se serait tué pour protégé quelqu’un d’autre à la personne en question même dans la réalité en fait. Le dernier speech de Kaworu est le suivant « même si ton âme disparait, tes espoirs et tes malédictions restent en ce monde. Ta volonté parcoure le monde sous forme d’information et graduellement elle change. Et avec le temps, même tout ce qui fait que tu es toi s’en trouve altéré. Je suis désolé. Ce n’est pas le bonheur que tu désirais », puis « tu dois juste trouver la paix et un endroit que tu pourras nommer ton chez toi. Le destin te guidera surement. Nous nous rencontrerons à nouveau Shinji » Puis il explose et son sang se répand partout sous les yeux d’un Shinji encore une fois de plus naturellement complètement traumatisé par la mort affreuse de Kaworu même si cette fois au moins c’est pas lui qui a été contraint de le tuer. Donc concrètement si je repars sur le titre du film You Can (Not) Redo, Kaworu a pu refaire les choses en enlevant une partie de la douleur de Shinji liée à son premier décès en lui épargnant d’avoir à le tuer, mais il a pas pu les changer au point où il le voulait et parvenir à tenir sa promesse de rendre Shinji heureux. Seulement ce que je captes pas trop c’est qu’à priori il le savait qu’il allait devoir mourir encore donc il devait bien s’en douter que ça attristerait Shinji quand même non? Bon ça en même temps c’est surement juste moi qui pige pas toutes les subtilités d’Evangelion qui reste trop compliqué pour moi dans bien des aspects de son scénario donc je vais pas trop m’y étendre. En plus vu que la suite (et fin définitive) ne sort qu’en 2020 et que je vais pas attendre deux ans complets pour finir cet article pas moyen de me servir du contexte du dernier film Rebuild Of Evangelion pour orienter ma compréhension de cette fin. De ce que j’ai compris Kaworu sort une théorie qui ressemble beaucoup à ce que j’ai pu piger de la notion de karma dans son discours, on retrouve le motif que le bonheur que Shinji se cherche est comme celui que la plupart des personnes potentiellement autistes se cherchent, très simple au fond à base d’être tranquille et d’avoir un chez soi ou retournez (avec des gens dedans qu’on ait envie de retrouver je suppose qu’on peut le rajouter même si Kaworu ne le dit pas explicitement). Par contre là où ça devient intéressant c’est dans cette histoire de la personnalité qui en fonction des expériences qui la changent graduellement au contact du monde finit par devenir méconnaissable par rapport à ce qu’elle était auparavant. Après tout c’est vrai ça. Si on croisait nos « moi » de notre enfance ou de notre adolescence à l’âge adulte pas si sure que ça que ces derniers nous reconnaitraient on a beaucoup changé entre temps physiquement et toutes les pensées et opinions qui font notre conscience elles ont changé aussi et plus encore. Donc au fond si on peut tout devenir ou presque parce que notre conscience, nos pensées donc, peuvent prendre des formes très variées et changer radicalement selon nos expériences vécues comment peut on être sur d’être nous et que ce « nous » qu’on est a vraiment un rapport avec les nous qu’on a été avant? Le temps me direz vous, le souvenir du passé qui affecte le présent et nous a changé en ce que nous sommes…ouais enfin sauf que les physiciens eux même nous explique que le temps ou du moins la perception que nous en avons en tant qu’individus conscients, qu’on nomme parfois le temps psychologique (le temps tel qu’on le ressent) pour le distinguer du temps physique (celui des horloges) n’est possiblement guère qu’une illusion de la conscience. Si vous voulez plus de philo sur le lien entre temps et conscience ça a rien à voir mais cette vidéo me semble intéressante même si a ça aussi j’ai pas tout bien compris et à force je me sens un peu conne, mais qu’importe : https://www.youtube.com/watch?v=Z5Jbh3_4F14

Bon bref, si Kaworu avait raison dans sa façon de percevoir les choses alors toutes les consciences existantes pourraient muter les unes en les autres un peu comme les briques élémentaires des atomes le font pour donner naissance à la matière dont les consciences sont faites. Bon pas grand chose de plus à en dire à part que Kaworu a une philosophie idéaliste de la vie et de la mort donc il semble convaincu et tente de convaincre Shinji. Vu que dans le cadre de l’animé il est assez clair que Kaworu en tant qu’Ange est j’imagine censé en savoir plus que Shinji simple humain sur ce point donc je suppose que ça a un lien avec les thèmes métaphysiques de l’animé (mais lequel précisément je crois que ça m’a un peu paumée honnêtement) et avec ces thèmes plus psychologiques au sens où si Kaworu est littéralement une partie de Shinji qu’il a tué la première fois qu’il l’a rencontrée parce qu’elle était incompatible avec l’existence du reste de son monde intérieur en l’état,  puis qui pour lui éviter ça s’est auto détruite la seconde fois mais lui a promis qu’ils se retrouveraient après ça tend à me faire soupçonner que pour que Shinji sorte de sa sorte de roue de hamster mentale ou il semble tourner un peu en boucle en son fort intérieur (si quelqu’un a une meilleure image pour désigner ce fonctionnement je prends) où il a l’air coincé il va falloir qu’il y retourne et accepte cette part de lui même a un moment donné comme il a accepté les autres parce que sans son monde intérieur serait incomplet et donc qu’il devrait y avoir un monde où il ne le tue pas et où il se démerde pour faire coexister Anges et humains sans que l’une des deux espèces se fasse détruire du coup du moins je suppose. En tout cas la vie quand on est potentiellement autiste ou autrement atypique et qu’on a rien de mieux à fiche que d’un peu trop s’y pencher ça pose des questions existentielles très compliquées comme vous pouvez le lire ici. Et pour vivre le pauvre Shinji il va devoir se coltiner d’y répondre définitivement et clairement cette fois dans le film de 2020 si j’ai bien pigé. Et bah dis donc c’est encore pire qu’une dissertation de philo niveau Bac+3, j’aimerais pas être à sa place.

46-Si on voit que Kaworu est censé être une idéalisation de Shinji donc Shinji tel qu’il aimerait être on peut aussi considéré le fait qu’il n’atteint jamais cet idéal et donc soit à chaque fois obligé de laisser Kaworu mourir pour pouvoir vivre comme une fatalité du genre un symbole du fait de laisser ses illusions de côté pour avancer dans la vie avec plus de pragmatisme en assumant ce qu’on est au lieu de vouloir être quelqu’un d’autre je suppose. Enfin ceci dit par rapport à ce qu’est censé être le thème de cette série d’article et qui je le crains m’échappe car je me disperse de plus en plus dans ce que je suis en train d’écrire, que la version idéalisée de Shinji conserve les traits autistiques qu’il a aussi en version lui normal est plutôt cool je trouve. Vu que Shinji se déteste lui même et est en admiration béate quasi constante devant Kaworu et aime beaucoup Rei également bah ça envoie clairement le message que ce qu’il déteste en lui même ce ne sont pas ses traits autistiques et que ça même dans une recréation idéale de lui même il se perçoit toujours avec donc c’est un sacrément beau message pour les gens avec ce type de fonctionnement surtout pour un manga écrit au début des années 1990, bardé de références psychanalytiques et écrit à une époque où les mouvements genre neurodiversité en étaient à leurs tout premiers balbutiements aux Etats Unis et était complètement inexistants au Japon (et en France aussi d’ailleurs). On aurait vraiment pu s’attendre à pire de ce côté donc que ce ne soit pas le cas est méga cool.

47-Kaworu au cas ou ça aurait échappé à quelqu’un, est méga beau, d’une beauté androgyne (son prénom est d’ailleurs féminin, il signifie parfum ou fragrance comme pour bien souligner son côté éphémère et évanescent…un je ne sais quoi de fuyant qui lui donne côté design également une forte ressemblance avec Rei je trouve), éthéré, angélique, il a un charme très particulier qui fait vraiment « être venu d’ailleurs/de l’au delà », je sais pas si c’est moi ou si c’est juste le combo peau pâle, cheveux gris, yeux rouge, mince comme un cadavre, aspect esthétique un peu mélancolique et caractère style trop pur et innocent pour ce monde de merde mais je trouve que sa beauté qu’on pourrait dire d’outre tombe ou surnaturelle elle a quelque chose qui m’a fait me dire d’emblée qu’il était destiné à mourir et lui donne un air fantomatique un peu comme si il n’appartenait pas de base complètement au monde des vivants ou à la réalité telle qu’ordinairement celle ci se conçoit. Je pense que c’est un des éléments de ce qui lui donne ce charisme assez époustouflant qui fait qu’énormément de fangirls craquent dessus, pas mal de fanboys aussi (certains mecs hétéros d’habitude inclus dedans d’ailleurs pas mal ramenant le nom de Kaworu sur les topics de forums de fans de manga sur des sujets du style « pour quel mec d’anime voudriez vous bien devenir gays? »), et même le dessinateur du manga a avouer avoir craqué dessus en le dessinant et retranscrit ses sentiments par rapport au fait de se sentir bizarre d’avoir senti ça pour un homme dans les sentiments qu’il attribue à Shinji dans la version manga (et j’imagine d’avoir craqué pour un personnage fictif aussi mais ça il ne l’évoque pas) et bien sur il est très manifeste que dès le départ Shinji est séduit par chaque truc que Kaworu fait et le script originel va jusqu’à le décrire comme ensorcelé par la beauté de ce dernier si j’ai bon souvenir. Tomber amoureux d’une de ses personnalités multiples/d’un de ses fantasmes/d’un personnage imaginaire/d’un être qui semble venir d’un autre monde/d’une idéalisation de soi même et/ou d’une personne déjà décédée vous vous doutez bien que ça n’arrive pas aux personnes dans la norme mentale, par contre même si ça reste rare même pour une personne potentiellement autiste c’est une chose qui arrive plus fréquemment aux autistes qu’aux non autistes à ce qu’il parait même si évidemment le sujet est fort mal connu, très peu étudié et donc les statistiques faites dessus sont très peu fiables.

48-Kaworu c’est aussi un personnage qui donne l’illusion au départ d’incarner un fantasme érotique fétichisé pour otaku fréquent en animation japonaise…pour s’en révéler être l’antithèse totale par la suite (comme les personnages féminins qui ont une relation romantique avec Shinji eux aussi chacun à leur façon d’ailleurs). Si Rei sert donc une critique violente du fantasme sur les kuudere (reines de glaces dont le héros va faire fondre le coeur en gros quoi), Asuka de même sur les tsundere (filles qui simulent qu’elles détestent le héros pour masquer qu’il les fait craquer en très résumé), et Misato de même sur les euh…je sais pas si ça a un nom japonais mais en gros les cougars quoi (femmes plus mures, plus sexy et plus assurés que le héros qui finissent par réaliser son fantasme en le déniaisant), et peut être même Ritsuko vu à quoi ressemble ses aventures féminines avec Maya pourrait être perçue comme servant aussi la critique des fantasmes de mecs otakus sur la non hétérosexualité féminine si on part loin et bien sur les créateurs d’Evangelion n’ont pas oublié d’utiliser Kaworu comme une violente critique des fantasmes courants des fans de yaoi sur l’homosexualité masculine. Donc il a l’apparence piège de l’hameçon à fangirls parfait et il apparait une fois que Shinji a trouvé le moyen de détruire ses relations avec chaque personnage féminin majeur de la série (bon c’est pas totalement de sa faute elles ont leurs soucis aussi mais le fait est qu’à ce stade leurs liens sont rompus), de toutes les rendre malheureuses et de se rendre lui même malheureux avec chacune d’elles au point qu’il a échoué et rompu le dialogue avec toutes il y a un beau gosse qui débarque…et si on était dans un fantasme de fan de yaoi ça donnerait une suite du genre « et Shinji s’aperçut qu’il était gay et que c’est pour ça que ça ne marchait pas avec les filles et partit avec le beau gosse mystérieux pour vivre une belle histoire d’amour avec fin heureuse à la clé et trouva enfin son bonheur comme ça »…et c’est pas du tout ce qu’il se passe évidemment parce que ce n’est pas se découvrir des attirances sexuelles plus large qu’il ne le pensait initialement qui va changer quoi que ce soit aux problèmes relationnels et aux difficultés émotionnelles de Shinji et le fait que ce dernier comme les fans de yaoi va être en idéalisation admirative et béate devant l’incarnation parfaite d’un fantasme de prince charmant pour mec en gros quoi que Kaworu simule d’être va en grande partie être responsable du fait qu’aveuglé par la façade lumineuse que Kaworu renvoie Shinji va passer à côté du vrai Kaworu tout aussi blessé que lui voir peut être encore davantage et ne pas parvenir à le sauver parce qu’il n’a pas su vraiment l’atteindre intimement et le connaître et ce trois fois, la première dans l’épisode d’origine, la seconde dans le manga (on y vient juste        après) et la troisième fois dans le troisième film. Parce que le problème de tout les personnages de cette série est le même à savoir isoler leur vrai moi derrière un masque social qui empêche toute relation intime d’avoir vraiment lieu, une peur complètement paralysante de l’intimité qui bloque toutes les relations entre les personnages à l’état de simulacre de relations où ils ne font qu’être tout seuls à deux, chacun trop prisonnier de sa propre façon de vouloir paraitre aux yeux des autres et de ses idéalisations fantasmées de l’autre pour parvenir à un truc vraiment plus profond en terme d’intimité que de la masturbation à deux, au bout du compte. Certes Anno visait surtout l’isolement social des personnes atypiques vu que c’était beaucoup une critique du fait que lui même ne parvenait plus à sortir dehors voir des gens quand il écrivait la série mais il n’avait pas laissé croire les spectateurs qu’il ne parlait que de ça et c’est assez clair que sa critique vise aussi les mêmes problèmes dans la société nippone dans son ensemble et des relations humaines en général sur ce point dont l’isolation extrême de personnes semblables à Shinji n’est que le prolongement extrême mais suit un mouvement plus global. Et en fait c’est pire que ça parce que la série rend très clair dans les quelques interactions entre Shinji et Kaworu que même si par allez savoir quel miracle les deux sortaient vivants de leurs interactions leur relation aboutirait au même genre de cataclysme nucléaire que les relations entre Shinji et les femmes. On a même une belle critique de la notion d’amour inconditionnel que Kaworu prend beaucoup trop littéralement étant prêt à absolument tout et n’importe quoi pour Shinji, dans toutes les versions c’est très net que Kaworu si Shinji lui demandait de sauter par la fenêtre il le ferait pour lui ce qui évidemment ne peut être le fruit que d’une éducation particulière et d’une psychoatypie…même si je vois pas trop laquelle…et bien sur Kaworu reste un mec avec des tendances auto destructrices très importantes dans toutes les versions donc je suppose que ça combiné avec celles de Shinji ça peut donner un vrai désastre…ce d’autant plus que ça se marie très très très mal avec le fait maintes fois démontré dans la série que Shinji est un puits sans fond de besoins affectifs et peut avoir des côtés très égoistes ayant très fortement tendance à ne pas tenir compte des besoins émotionnels des autres et a les traiter comme des objets de réconfort, des peluches en gros quoi, ne servant dans sa tête un peu beaucoup qu’à s’occuper de lui ce que d’ailleurs Asuka lui reproche dans un des films l’accusant de se ficher d’elle et de vouloir n’importe qui du moment que cette personne satisfasse ses besoins affectifs à lui et il ne le nie pas parce qu’il sait très bien que c’est vrai, et du coup le fait qu’il fasse pareil quel que soit le genre du partenaire montre bien que c’est un truc qui va au-delà du sexisme et qui est évidemment la conséquence directe de la négligence émotionnelle dans lequel il a vécu presque toute sa vie qu’il tente de rattraper comme il peut d’où l’air très gamin immature que ces passages là donnent à Shinji…vous imaginez bien qu’avec un Kaworu prêt à obéir à n’importe quel caprice et finalement passif et soumis à un extrême ou même Rei ne part pas (assez paradoxalement dans la mesure où en même temps il est clairement meneur et dominant dans sa façon de courtiser Shinji) et donc sur lequel Shinji peut projeter n’importe quel fantasme et ne s’en prive pas on a tout les ingrédients pour qu’il en résulte un couple on ne peut plus bordélique, avec un Shinji qui aurait continuer à entretenir l’habitude de Kaworu de s’oublier lui même pour tenter d’incarner au maximum ce que les autres veulent et ont besoin qu’il soit et Shinji aurait continué à l’idéaliser totalement…du moins tant que Kaworu aurait eu la capacité d’être aux petits soins pour lui (vu que Kaworu est censé être une idéalisation de Shinji lui même ce couple reste en partie un genre de masturbation même si de ce côté là ces couples avec les filles c’était un peu la même chose)…et vu que Kaworu a aussi ses problèmes propres manifestement nombreux et ne peux pas être partout à la fois Shinji aurait finit par se sentir abandonné, rejeté et négligé à la moindre indisponibilité de son partenaire et ça aurait selon toute probabilité finit en débâcle totale…comme avec les filles encore une fois. Enfin ceci dit la série a quand même le don de faire des portraits de ces relations que certains qualifieraient de malsaines de façon réaliste et subtile en montrant au moins autant le danger que la beauté, la fragilité que la part affective pour en faire un portrait finalement très nuancé où ce qui ressort avant tout c’est l’histoire de couples ratés d’individus abîmés par la vie avec un art certain pour sublimer ces ratages et tout ce qui les rend si touchants…c’est donc à des kilomètres des fantasmes de yaoi les plus basiques mais bien plus passionnant précisément parce que dans le fond s’en est l’antithèse quasi complète en dépit des premières apparences. En quelques mots c’est des relations qu’on peut résumer à ce qu’elles unissent autant que faire se peut deux personnes extrêmement mal assorties de base dont les fiascos relationnels sont aussi magnifiquement intenses que leurs sentiments mutuels.

(Point un peu HS : C’est marrant, parmi les personnes autistes dans le fandom d’Evangelion l’identification à un des trois persos Rei, Shinji et Kaworu est quasi systématique…Kaworu c’est assez rare, je suppose que ça demande d’avoir une personnalité similaire ce qui est assez peu commun parmi nous autres…Shinji c’est quasi tous surtout parmi ceux qui n’ont compris que tardivement être autiste (c’est à dire la plupart des autistes) et apparemment ceux qui ont toujours su ou soupçonnés être autiste se retrouvaient plus en Rei bon bah ouais ça a du sens. Ado il y avait que Rei que je comprenais et à laquelle je m’identifiais vraiment dans les persos d’Evangelion et mes potes aussi trouvaient que je lui ressemblait pas mal donc en fait ouais ça parait cohérent vu que je l’ai toujours plus ou moins soupçonné même si pas forcément sous ce mot là. Et apparemment ceux qui s’identifient à Kaworu sont aussi le plus souvent des autistes qui ont toujours su ou soupçonné de l’être, je suppose que le fait que Rei et Kaworu aient des façons de pensées très éloignées des normes sociales du fait de leur éducation isolée du reste du monde faisant un peu penser à une éducation en institution spécialisée joue dans cette identification fréquente. Je savais pas trop où fiche cette info alors je l’ai mise là.)

49-Le manga suit en gros la même trame que l’animé concernant le personnage de Kaworu même si il est moins idéalisé physiquement ayant des traits faisant légèrement moins être d’un autre monde et légèrement plus ado beau gosse séducteur fringué à la façon de chanteurs de visual kei à la Gackt et des traits plus ronds lui donnant l’air plus enfantin que dans la série d’animation ou il fait vachement mature par rapport à Shinji je trouve. Côté caractère aussi il est bien moins idéalisé dans le manga étant encore plus une catastrophe pour comprendre les relations humaines et les règles de sociabilité et acquérant un côté un peu violent, gratuitement cruel et volontiers taquin beaucoup moins marqué dans ses autres incarnations qui au niveau de sa personnalité lui donne des allures de chat sauvage et fait bien moins mature beaucoup plus ado que dans ses autres versions à part ces détails sa façon d’être et son histoire sont à peu près identiques à dans l’animé sauf pour trois scènes marquantes. La première c’est celle du chat justement. Dans cette version quand Kaworu rencontre Shinji il y a un petit chat sauvage affamé devant lui et Kaworu est en mode « oh la pauvre petite bête », Shinji s’apitoie à son tour sur le sort du minou et est choqué de la réaction de Kaworu qui tue le chaton en l’étranglant avec une expression de calme indifférence imperturbable, du coup Shinji horrifié est en mode « mais t’as aucune compassion où quoi ce que tu viens de faire est monstrueux » et Kaworu lui réplique toujours d’un air très neutre que ce qu’il vient de faire était un acte de compassion car le chaton sauvage était inadaptable à une vie de chaton domestique et avait perdu sa mère trop jeune donc était de toute les façons condamné à mourir tôt ou tard ce qui avait mené Kaworu à la conclusion que le tuer maintenant c’était lui épargner une longue agonie. Voilà typiquement le genre de logique aux airs autistiques froide en apparence mais qui inclut une compassion réfléchie qui fait croire à pas mal de personnes que les autistes n’ont pas d’empathie émotionnelle, c’est faux c’est juste qu’elle s’exprime de cette façon très rationalisée qui la rend imperceptible de prime abord à pas mal de valides…ceci dit comme la réaction de Shinji le montre même entre personnes à traits autistiques on a pas tous ces traits là et pas tous à ce point là et on ne se comprend pas forcément sur ce point (sans doute pour ça que je connais fort peu d’autistes en ayant rien à foutre des questions sur le bien être animal IRL et une proportion équivalente d’autistes farouchement pro vegan et farouchement anti vegan mais je m’égare un peu). Ensuite dans le manga on a une reprise d’une scène des scripts originaux où Shinji qui fait dans le manga énormément de euh… »d’homophobie intériorisée » faute d’un meilleur terme et commence à se rendre compte que si son coeur bat trop fort à chaque fois que Kaworu lui passe à côté ça a rien de platonique fait une intense crise de panique en se rendant compte qu’il est tombé amoureux d’un garçon et finit par s’évanouir à cause de ça, Kaworu très inquiet emmène Shinji à l’infirmerie, Shinji s’y éveille auprès de lui et recommence à paniquer donc s’hyperventile et Kaworu l’embrasse (un peu contre son gré vu que Shinji était en train de hurler que les garçons ne doivent pas faire ça entre eux même si il était tout rouge et s’est complètement laissé faire)…et ça marche pour le calmer complètement d’un coup, rendant encore plus limpide que dans les autres versions que les gens qui n’y voient qu’une relation platonique font exprès de ne pas voir que Shinji/Kaworu c’est un couple totalement canon pour le coup (même si ça ne veut pas dire qu’Evangelion soit un yaoi c’est une série de SF avant tout), et enfin la scène finale où Shinji est contraint de tuer Kaworu à peu près identique à celle de l’épisode à deux grosses exceptions près la première étant que le parallèle fait avec le petit chaton égorgé du début est très explicite et que Kaworu demande explicitement à Shinji de lui faire la même chose parce qu’il souffre trop, donc lui demande de l’euthanasier parce qu’il en peut plus d’avoir mal à cause de sa dépression en clair quoi. Et là on atteint un truc auquel les personnes ayant eu droit à des proches leur sortant la même chose (on m’a déjà fait le coup plusieurs fois) ont à faire face, un putain de dilemme éthique bien gris…j’aurais tendance à dire qu’il faut généralement pas accepter et aider la personne à se sortir de là du mieux qu’on peut mais que le choix de Shinji ait été d’obéir à contre coeur et en pleurs à Kaworu qui le suppliait me semble pas condamnable parce que c’est compliqué quoi. Vous en pensez quoi vous tiens (pour info c’est plus que de la SF maintenant l’euthanasie pour motif de dépression grave existe en Belgique par exemple où c’est la première cause de demande d’euthanasie)? En tout cas on ne peut pas nier qu’Evangelion c’est une série qui fait énormément cogiter…lol quand je pense au nombre de gens auxquels j’ai proposé de la regarder qui m’ont dit se fiant à leurs clichés « non je regarde pas un truc débile comme ça avec des robots géants comme Transformers »…si ils savaient…enfin d’un autre côté ils se sont sans doute épargnés bien des migraines mais ils ne soupçonnent pas tout ce qu’ils ont raté. Ah et le manga prend quand même le temps de montrer la réaction de Shinji qui après avoir tué Kaworu fait un nouvel épisode dépressif particulièrement intense ou pendant un certain temps il ne peut même plus se lever de son lit et admet quand il commence à aller un petit peu mieux et à faire son deuil qu’il aimait Kaworu de la façon dont les garçons ne sont pas censés être autorisés à s’aimer (le Japon du début des années 1990 étant beaucoup moins ouvert sur ce type de relations que la France des années 2010 finissantes la réaction de Shinji est celle que beaucoup d’hommes japonais attirés par d’autres hommes avaient en s’en rendant compte pour la première fois et n’a rien de spécialement réactionnaire par rapport à son contexte social et est plutôt attendue).

50-Enfin dernier point intéressant par rapport à Kaworu qui ait un lien avec le thème de cette série d’articles comme je le disais dans les premiers scripts il est clair que Kaworu s’automutile et a des scarifications plein les bras qui en résultent, ce qu’on peut voir sur certains fanarts officiels mais ce qui n’est que très légèrement suggéré par les autres versions, bon évidemment du coup c’est pas entièrement canon comme aspect du perso mais j’en parle quand même ici parce que ça me donne une occasion d’évoquer ce thème une fois dans cette série d’articles et que c’est un thème important. Souvent en effet un des arguments les plus fréquents contre le fait d’accepter que l’autisme est un fonctionnement cognitif normal et pas dangereux est que les autistes s’automutilent donc se mettent en danger. Alors déjà c’est pas automatique, je l’ai jamais fait par exemple et je suis autiste et en fait les 3/4 des autistes ne le feront jamais de leur vie c’est pas un truc naturel au fonctionnement cognitif autistique à la base quand cela arrive c’est toujours a des autistes ayant des dépressions (généralement consécutives au validisme anti autiste subi) et généralement à ceux dont la santé neurologique a été détériorée par le validisme subi, évidemment le meilleur moyen d’éviter ça a une personne autiste IRL est en amont de ne pas être validiste envers son fonctionnement neurologique et de faire de son mieux pour que cette personne ne soit pas en grande souffrance psychique, ce qui est évidemment le cas des autistes s’automutilant (et des gens qui s’automutilent en général si on excepte les cas de scarifications dues à des rituels culturels ou à des esthétiques). Presque toujours c’est un truc d’autiste suicidaire. Bien entendu plus une personne autiste vit d’oppressions supplémentaires et d’autres raisons d’être dans la merde plus son risque d’avoir ce type de comportement est grand. IRL ceux d’entre nous qui font ça commence généralement très tôt, les plus « précoces » en la matière le faisant vers la fin de leur première année de vie ce qui en dit long sur l’intensité du validisme subi si jeune par certains autistes. La plupart d’entre eux cependant cessent avec le temps d’eux mêmes mais ce qui font ça de manière continue sont généralement ceux qui cumulent le plus de problèmes dans la vie en plus de leur autisme. Je vois pas trop quoi rajouter sur ce point car c’est un sujet que je maitrise mal mais du coup ouais ça m’étonne pas que certaines personnes autistes ou pas d’ailleurs qui se scarifient se sentent en forte identification avec Kaworu dans le fandom (ce qui est facile à voir chez pas mal d’auteurs de fanfictions sur ces sujets là notamment).

Donc voilà pour Kaworu, je ferais pas Rei parce que vu que c’est le perso le plus complexe d’Evangelion si je la fait elle ça me prendra un bouquin entier pour tout dire minimum et j’ai pas la possibilité d’y consacrer autant de temps que ça, j’hésite encore un peu sur qui je fais la prochaine fois. On verra bien (ce suspense de ouf…non en vrai c’est trop grillé que j’arrive pas à trouver de conclusion digne de ce nom XD).

 

Les hallucinations pour les nuls. Tentative de rapide « que sais je? » sur le sujet.

Une hallucination c’est une perception qu’une ou plusieurs personnes ont par un sens, plusieurs ou tout leurs sens, qui ne correspond pas à la définition socialement admise ce qu’est supposé être la réalité. Le phénomène des hallucinations collectives est en effet un fait scientifiquement documenté sur lequel de nombreux témoignages existent, rien que sur Wikipédia il y en a un article entier sur ce sujet : https://fr.wikipedia.org/wiki/Folie_%C3%A0_deux. Et ce qui distingue cela des phénomènes d’autres phénomènes plus généraux de croyances en des choses pas prouvées comme des théories du complot ou des religions c’est…..rien, enfin si le nombre de gens qui y croient, si ils sont assez nombreux pour être jugés comme formant une société ils ne sont pas jugés comme hallucinant et si ce n’est pas le cas ils sont considérés comme atteints d’une pathologie mentale, j’aimerais vraiment que ce soit plus complexe que ça mais en fait non c’est juste une histoire purement arbitraire et à géométrie variable de combien de gens perçoivent le monde de X ou Y façon qui fait que cette perception est vue comme le délire d’un individu « malade » isolé, une « folie à deux », une « folie à plusieurs », un phénomène d’hystérie collective ou une croyance rentrant dans le cadre de la normalité mentale. Ceci dit avec l’exemple de la religion cela devient encore plus évident vu qu’il est notoirement connu que certaines religions sont plus pathologisées que d’autres, en France par exemple on observe une faible proportion de chrétiens parmi les psychiatrisés (et une forte parmi les psychiatres), une sureprésentation des gens aux croyances New Age/Wicca/païennes en tout genre parmi les psychiatrisés et une énorme sureprésentation de musulmans correspondant à une sureprésentation tout aussi énorme de personnes noires et arabes parmi les personnes enfermées de force car leurs représentations du monde sont jugées délirantes par les psys qui eux sont à écrasante majorité blanche (genre 19 psys sur 20 sont des babtous si j’ai bon souvenir), connaissant la longue histoire raciste de la psychiatrie ce n’est pas un hasard du tout. Les types avaient quand même été jusqu’à inventer une « maladie psychiatrique » pour pathologiser les esclaves fuyant les plantations quand même et l’histoire de la participation du système psy aux crimes contre l’humanité que sont l’esclavage et la colonisation n’est pas terminée et a encore des conséquences très fortes et régulières encore maintenant. La participation du secteur psy étant active, pleine et entière dans les actes racistes depuis qu’elle a été crée tout ce qui dans les discours psys pathologise ce qui n’est pas blanc chrétien doit être regardé avec une très haute suspicion car c’est quasiment automatiquement du racisme en vrai. Et donc oui la vision majoritairement vendue par le secteur psys (qui reste comme tout ce qui est dans le système capitaliste actuel avant toute autre chose un marché il ne faut jamais le perdre de vue quand on l’analyse) du réel et de l’irréel, du normal et du pathologique, de la bonne santé mentale et de ce qui serait supposé relever du délire/de l’hallucination est totalement raciste. Tout ça pour dire que ce qui distingue le réel de l’hallucination et du délire est socialement situé et non pas objectif. Du coup dire aux gens aux perspectives peu communes sur ce que le monde est que la leur n’a pas de sens ou est fausse c’est validiste. Bien sur cela ne veut pas dire qu’on doit s’empêcher de protéger une personne si elle se met en danger, genre je sais pas si elle veut s’envoler alors qu’elle ne peut pas par exemple et risque de mourir fracassée par terre si tu la laisses faire mais la seule chose que ça montre c’est que tu as vu un danger pour elle qu’elle ne percevait pas, et donc tu l’as sauvée, cependant si cette personne te mets en garde à sa façon contre un danger potentiellement mortel qu’elle perçoit pour toi ses « délires »/ »hallucinations » peuvent te sauver aussi par exemple il y a cette histoire très connue d’un mec qui voulait manger un truc mortellement toxique en ignorant que cette plante l’était mais qui ne l’a pas fait parce qu’une sorcière qui ne s’y connaissait guère en plantes (c’est assez rare mais là c’était le cas) a eu une vision de Dieu lui transmettant le message qu’il ne devait absolument pas manger ça sinon il allait mourir et l’en a donc empêché lui sauvant ainsi la vie. Si le gars pensait comme les psys de base pensent il serait mort parce qu’il ne l’aurait pas écouté. Parce que c’est pas parce que la perception du monde d’une personne n’est pas la notre et peut nous sembler étrange qu’elle est dépourvue de pertinence. Basiquement les mystiques aussi hallucinent et l’aspect positif de ce qu’ils apportent est reconnu par tout les croyants et sur certains point les plus zététiciens des zététiciens ne nieront pas leur apport non plus ne serait ce que parce que beaucoup de leurs propres savoirs scientifiques ont été élaborés par des personnes d’inspiration partiellement mystique, Hildegarde Von Bigen par exemple était connue pour ses visions mais c’était aussi une personne, une femme fait d’autant plus rare alors, parmi les plus savantes de son époque et ses écrits sont toujours utilisés par les scientifiques actuels parce que très utiles sur de nombreux points. Et pourtant elle était limpide sur le fait qu’elle attribuait tout son savoir à ses visions (bien sur elle a vraiment appris des trucs autrement de façon plus traditionnelle mais que ces visions lui en ait au minimum donné la motivation ne me semble guère incompatible avec une vision sceptique du monde). Les hallucinations sont considérées comme à ne pas confondre avec trois phénomènes proches, les rêves, les illusions et les pseudo hallucinations, les rêves c’est la nuit, les illusions c’est induit non par nos cerveaux d’eux même mais par des outils extérieurs utilisés de façon à modifier les perceptions de nos sens et les pseudos hallucinations c’est des hallucinations vécues en état de conscience de leur distance vis à vis de la réalité telle qu’elle est socialement admise. Lol. C’est ce qu’on dit d’ordinaire oui. Mais c’est pas si simple. Les rêves c’est la nuit enfin du moins quand on dort, ouais ok mais les rêves éveillés ça existe (et ne laisser pas les psys vous faire croire que c’est un outil thérapeutique de leur invention, c’est un mensonge historique très net, la vérité c’est que ça a probablement été « inventé » par l’évolution biologique et c’est sans doute plus ancien que les Australopithèques vu que d’autres espèces que les hominidés ont potentiellement cette capacité également) et les hallucinations nocturnes (état entre veille et sommeil dont j’ai beaucoup souffert avant de trouver le truc pour y échapper, ce qui marche quasiment à tout les coups étant justement de conscientiser l’hallucination pour la transformer en rêve, qui bonus ultime devient généralement un rêve lucide après ça) ça existe aussi hein. Donc oui le cycle hallucination/rêves c’est pas un cycle jour/nuit c’est plus complexe que ça. Par contre oui je me répète mais tout le monde a des hallucinations (et d’ailleurs tout le monde trouvera probablement quelqu’un qui estimera que sa façon de penser relève du délire je suppose) la différence est d’ordre proportionnelle, les gens classés schizophrènes/psychotiques/autres mot qualifiant à peu de choses près la même chose hallucine beaucoup plus fréquemment et intensément que la moyenne et ça les met à part mais on peut tous le faire, et tout le monde a des micro hallucinations genre bruit imaginaire plusieurs fois par jour en fait. Donc oui tout le monde hallucine et tout le monde rêve (enfin quasi tout le monde certains problèmes neurologiques pouvant altérer ou détruire la capacité de rêver…et la capacité à halluciner non pas à ma connaissance du moins) donc il y a bien un lien entre les hallucinations et les rêves qui par ailleurs ont des structures psychiques fort proches d’après les chercheurs en ce domaine, en clair ce sont deux états de conscience différents mais très proches. Ensuite ils sont bien malins avec leur les illusions c’est artificiellement induit par des outils et les hallucinations c’est spontané mais ça pose deux soucis. 1-Quand c’est une drogue qui induit une perception modifiée du réel pourquoi ça continue d’être nommé hallucination et pas illusion alors qu’à ma connaissance la drogue c’est un outil? En plus on peut en prendre sans être au courant et sans le faire volontairement donc l’explication de oui mais c’est une modification volontaire de la perception donc c’est une hallucination alors qu’une illusion est une manipulation est fausse et ne tient pas debout…la seule explication cohérente me semble être qu’hallucination désigne une modification de la perception du réel dont le contrôle est faible ce qui est la distinction entre hallucination et pseudo hallucinations, les secondes étant le nom scientifique des états médiumniques qui font percevoir des choses similaires aux hallucinations mais en gardant contrôle sur ces dernières et conscience de leur non adéquation à la réalité socialement admise ce que les états hallucinatoires pathologisés ne permettent pas. D’ailleurs la « thérapie » proposée dans les cadres psys les plus alternatifs et politisés pour ce genre d’états est d’apprendre aux personnes ne sachant pas gérer ces états et les distinguer de la réalité socialement admise à le faire c’est à dire à changer leurs hallucinations en pseudo hallucinations pour rester sur les termes du secteur psys. Cela semble fonctionner dans 80% des cas sans autre intervention et 10% des cas avec interventions supplémentaires principalement pour rassurer la personne que ce qu’elle vit n’est pas à dramatiser. Il reste les 10% de personnes avec lesquelles ça ne fonctionne pas et qui reste avec un vrai handicap de distinction du réel socialement admis de leur propre perception même avec ce type d’aide cependant, souvent ce sont celles dont l’état est le plus précaire et qui ont les plus gros risques de mortalité…souvent aussi ce sont celles qui ont d’autres atypies corrélées mal, pas ou peu prises en compte dans les interventions…je dis pas que ça résoudrait tout problème mais c’est évident que si on en tient pas acte les appuis fonctionnent moins. Et cependant le degré de contrôle qu’on a sur ces propres perceptions et leur adéquation à la réalité socialement admise même quand on est 100% valide il n’est pas total, même les valides ont des perceptions temporelles différentes de l’heure de l’horloge par exemple qui accélère le temps ressenti quand ils s’amusent et le ralenti quand ils s’ennuient, une personne qui a un délire ou elle se demande si le temps s’est figé ou si il tourne à l’envers c’est exactement la même chose poussée à un stade plus extrême. Cependant le degré de contrôle qu’on a tous de nos propres perceptions est très variable et le degré d’adéquation de celles ci à la réalité socialement admise l’est tout autant…d’autant plus que celle ci fluctue énormément, elle diffère d’une culture à l’autre et d’une époque à l’autre entre autres… et du coup bien malin qui pourra oser dire savoir l’évaluer vraiment. Pour cela il faudrait avoir la prétention de connaître le réel. Ce n’est le cas de personne sinon ça ferait pas des millénaires que les plus grands esprits philosophiques se creusent les méninges sur cette question insoluble qu’est la nature de notre réalité sans en tirer une réponse définitive. Seulement curieusement le secteur psy est rempli de gens qui n’aiment pas trop la philo à ce que j’ai pu en voir, sans doute trop dérangeant pour des gens aux visions du monde particulièrement normatives que cette discipline dont le principal but est de casser les idées préconçues pour repenser le monde au plus proche de ce qu’il peut vraiment être justement avec une modestie qui fait considérablement défaut aux psys (je parle de la vrai philo pas la philo scolaire consistant à recracher sur une copie ce qu’on pensé avant nous de vrais philosophes morts depuis des lustres sous forme de commentaire ou de dissertation dans le but ultime de gratter une note pas trop naze a cette épreuve du bac). Du coup entre pseudo hallucinations comme ils disent et hallucination vraie bien malin qui fera la différence objective. En vrai ce qui distingue les deux pour les psys ce n’est pas ça. C’est que les pseudos hallucinations des mystiques/médiums aussi bizarres qu’elles soient ne gênent pas des masses l’ordre établi car elles y sont plus ou moins formatables étant donné qu’elles n’échappent pas assez au contrôle de la personne les vivant pour que la dite personne n’échappe au contrôle social, là où c’est pas le cas des personnes aux hallucinations dites vraies qui échappent le temps de leur hallucination à tout contrôle social…du moins direct parce que les hallucinations en question sont généralement remplies de perceptions fortement influencées par l’univers social de la personne qui hallucine. Et d’ailleurs puisqu’on en parle…il y a un lien bien souvent direct entre le contenu émotionnel des dites hallucinations, le degré de contrôle exercé par la personne qui la vie, son degré de conscientisation de la distinction entre cette hallucination et la réalité admise et la façon dont ses hallucinations sont perçues par autrui. Car comme le rêve l’hallucination a pour langage principal l’émotion. Résultat plus on créera un climat d’émotions désagréables à ressentir autour de la personne plus sujette que la moyenne aux hallucinations, plus cette personne vivra ces dernières de façon désagréable et plus on créera un climat d’émotions agréables autour de celles ci. Attention cependant il ne s’agit pas de se croire dans un Disney et d’en nier les dangers potentiels juste d’en connaitre aussi les joies potentielles. En gros les hallucinations c’est un peu un genre de sport extrême de l’esprit et forcément si on est pas entraîné sur ce point comme je l’ai été depuis mon enfance par mon héritage familial bah quand ça nous tombe dessus (généralement les gens qui hallucinent plus que les autres ont un gros pic vers 20 ans de ce type de perception et c’est donc l’âge auquel la plupart reçoivent des diagnostics psychiatriques liés à leurs hallucinations après de grosses bouffées de celles ci), c’est vachement violent et flippant, c’est comme passer direct sur la piste noire sans avoir jamais skié de sa vie en fait. Et du coup oui c’est dangereux et même si on est expérimenté cela le reste plus ou moins en fonction de ce qu’on entreprend, mais quelle personne qui a vécu les sensations d’un sport extrême va y renoncer à cause de ça? Cela arrive mais c’est vraiment super rare. Bon après la grosse différence c’est qu’on choisit de pratiquer un sport extrême ou pas là où si il est possible de se provoquer volontairement des hallucinations par de la drogue ou par certaines techniques traditionnelles de modifications d’états de conscience que l’on nomme communément sous le titre un peu fourre tout et pas mal flou de magie, et que par ailleurs pas mal de gens ont fais les frais de s’y entraîner sans être prévenus de ça et donc de développer des atypies et parfois des hallucinations et/ou délires à cause de ces entraînements « spirituels » menés par des inconscients les ayant mal préparés un peu comme certains se mettent en danger en suivant de mauvais guides de montagne, la plupart des gens qui ont ces états hallucinatoires fréquents eux ne l’ont jamais choisi cela leur est tombé dessus du fait de circonstances neurologiques ou psychologiques et environnementales particulières qui liées peut être à des dispositions génétiques et/ou éducatives potentielles ont crée ce phénomène qui leur a rendu le contrôle de leurs perceptions du réel difficile. Et quand un truc qu’on a pas demandé nous tombe dessus on l’accueille rarement de suite comme un don, ça demande un long cheminement individuel en général, surtout quand l’entourage et la société autour sont terrorisés par le dit « cadeau » des circonstances qui peut tout à fait être un cadeau empoisonné et ne pas apporter grand chose à la personne dans quelques cas. Et donc même dans ces cas là conter des histoires horrifiques sur ce qui arrive aux personnes dans le même cas ou les emprisonner de force dans des lieux terrifiants scoop en général ça aide pas du tout c’est même l’exact inverse. Sauf que…quand il y a de telles distortions bien glauques et bien flippantes dans les perceptions d’une personne c’est beaucoup trop facile de se raconter que c’est de la faute à son cerveau défectueux et point barre et d’individualiser le problème alors que la réalité c’est probablement le concept le plus social et le plus politique qui existe, ça n’a pas grand lien avec l’individualité au bout du compte de ce que j’en comprends. Et donc si la personne qui vit ces hallucinations vit des moments remplis d’émotions négatives c’est presque toujours que le contexte qui l’environne en est rempli aussi, ce qu’il voit n’est pas irréel c’est le réel sous une autre forme, un réel qui n’a pas pu se manifester autrement. Aussi autre chose importante, lutter contre ces hallucinations a généralement tendance à les renforcer et à faire paniquer et pour le coup la c’est exactement comme dans les sports extrêmes la peur c’est ce qui est le plus dangereux en fait dans ces états là et ce qui fait le plus déraper le contrôle, c’est en la maîtrisant du mieux qu’on puisse qu’on maitrise au mieux ce type d’états. C’est pour ça que faire comme c’est trop souvent conseillé en secteur psy des trucs comme refuser d’aider une personne à états hallucinatoires fréquents qui a aussi des troubles anxieux à gérer les troubles anxieux au prétexte que les hallucinations c’est plus grave et ça c’est secondaire c’est n’importe quoi, limite le contraire exact est plus prudent je pense et dans l’idéal si la personne se sent incapacitée par les deux autant l’aider à trouver de l’accessibilité au plus vite sur les deux plans. Autre chose les hallucinations liées à la prise de drogue, au réveil, à l’endormissement, au manque de sommeil ou à des pathologies physiques sont parfois mal vues mais quand même vachement mieux acceptées que celles vécues par les gens dont la cause de leurs épisodes hallucinatoires est liée en partie à leur état émotionnel. En effet je me dois quand même de préciser que si les gens qui hallucinent très fréquemment se voit généralement coller une étiquette psychiatrique en rapport avec ce phénomène, n’importe qu’elle émotion très intense pathologisée peut entraîner ce que l’on nomme un délire ou une hallucination et donc des gens qui n’en font pas souvent mais en font dans des moments d’anxiété, de stress ou de dépression intenses ça existe aussi qui n’auront pas pour autant l’étiquette psychothique ou alors seulement celle d’épisode psychotique bref mais qui auront vécu temporairement ce qui fait le quotidien des gens auxquels la psychiatrie colle les étiquettes de schizos, de psychotiques ou d’autres étiquettes de ce type correspondant à ce que les gens ordinaires nomment le plus souvent folie (avec la double négation d’identité des psychoatypiques non concernés par ces problèmes d’hallucinations intenses et fréquentes qu’on traitera socialement en « fous » tout en le niant et en prétendant que la psychophobie ne les concerne pas et des « vrais fous » vivant ce type d’épisodes dont la conscience et la capacité de lutter sont mises en doute par psychophobie par les gens ne vivant pas les mêmes incapacités qu’eux alors que de un ces incapacités ne sont pas permanentes de deux elles n’empêchent pas totalement le discernement même lorsqu’elles se produisent et même si elles peuvent l’altérer donc ne rien écouter de ce qu’une personne délirante ou hallucinée dit c’est n’importe quoi, c’est validiste et c’est potentiellement dangereux).  Je pense que c’est précisément parce que les personnes qui hallucinent sans contrôle sont obligées de sortir de la réalité socialement admise par leurs perceptions qu’elles le veuille ou pas et par la même de dévoiler sans le vouloir certains problèmes manifeste de décalage entre la réalité socialement admise et ce qu’il s’est vraiment passé qui s’exprime alors comme dans un rêve un peu cryptiquement et par genre de métaphore perceptive parce que c’est le seul moyen que ça le soit alors dans ces circonstances particulières que leur existence est aussi mal vues par les autres, elles sont la preuve manifeste qu’il y a des problèmes sociaux, politiques et environnementaux massivement niés dans leur entourage donc ne pouvant pas faire comme si ils ne les vivaient pas ils sont ignorés par les autres et méprisés par eux. Par ailleurs la violence envers ce type de personne est plus élevée que nul part ailleurs dans les sociétés blanches capitalistes ou la croyance au libre arbitre et à l’individualisme est plus forte que dans toutes les autres…pas un hasard à mon avis, ce sont les sociétés les plus violentes (les Etats Unis, état capitaliste en chef, restent le pays ou il y a le plus de crimes violents en interne et qui fait le plus la guerre à l’extérieur de ses frontières) car ce sont celles où les problèmes sociaux, économiques et environnementaux sont les plus importants, pas au sens ou ils sont les plus graves mais au sens où ils en déclenchent en cascades partout ailleurs, et justement le rôle traditionnel social qui y est perdu par ce type de personne c’est d’être des genre de bioindicateurs de gros problèmes dans les écosystèmes humains, de gros soucis sociaux, politiques et environnementaux les entourant et avec le bon entrainement à cela d’aider à les réparer. Bon dans les sociétés traditionnelles avoir ce genre de capacités ou d’incapacités selon le point de vue ça rendait un peu obligatoire d’en faire un métier, la modernité a sur ce point peut être l’avantage de plus de souplesse. Pour autant…vu les taux de chômage hallucinant du fait que ces capacités sont très spécifiques parmi les gens qui ont des pseudos hallucinations (« médiums » faute d’un meilleur terme générique pour les désigner) ou des hallucinations (« schizos » et autres diagnostics proches), genre 80% de chômeurs ou plus…remettre au goût du jour nos anciennes professions sous des vocabulaires plus rationaliste si nécessaire ce serait pas du luxe et on serait nombreux à en être ravis je pense moi la première au fond au bout du compte (enfin ceci dit je dois quand même préciser d’où je me situe j’ai des pseudos hallucinations médiumniques auto provoquées quand je le souhaite et assez fréquemment qui me permette un contact volontaire fréquent avec des perceptions autres de notre réalité mais je les contrôle trop bien et les distingue trop bien du réel socialement admis pour qu’une étiquette psychiatrique soit envisageable à mettre sur mes perceptions du réel). D’ailleurs juste pour que l’article soit complet, pour l’anecdote sachez que le mot hallucination signifie étymologiquement vagabondages de l’esprit. Aussi une croyance courante est qu’une hallucination est de faible intensité automatiquement, ce n’est pas toujours le cas, les personnes ayant des hallucinations très intenses ou tout les sens sont concernés existent aussi, elles peuvent dans certains cas vivre pendant la période hallucinatoire comme si elles étaient dans un rêve avec le même sentiment de réalité qu’une personne rêvant…et le fait que leur cerveau n’a pas bloqué les possibilités de leur corps de les mettre en danger par confrontation avec l’environnement physique externe ce que fait en règle général le cerveau des gens qui rêvent sauf dans les cas de somnambulisme où le problème est que ce cran de sécurité naturel et automatique est désactivé et qui se gère en trouvant comment le réactiver (généralement en déstressant mais ça ne suffit pas tout le temps). Aussi un truc intéressant c’est qu’on a longtemps cru que la privation sensorielle rendrait la conscience inexistante ce qui a été infirmé par des expériences de caissons d’isolation sensorielle faites dans les années 1970 et depuis bien d’autres expériences (le protocole des premières impliquant du LSD pas les suivantes puisque entre temps l’aspect hallucinatoire du LSD et sa dangerosité l’ont rendu non bienvenue dans les expériences objectives se voulant scientifiques) et on a découvert qu’en état de privation sensorielle complète (tout les sens réduits au minimum de sensations possible par des moyens techniques) la conscience s’exacerbe et atteint des états hallucinatoires et des états émotionnels d’une intensité extrême très aisément. Seulement la déduction initiale que les sens ne procéderait pas de la conscience s’est révélée rapide et fausse et on a découvert depuis que nos sens ont un fonctionnement dans lequel la mémoire de leur utilisation entre en compte qui fait partie du procéder de fabrication d’une pensée donc d’une conscience. Or, un autre truc important issu des études récentes est le savoir que ne constitue pas une pensée la seule forme de paroles pensées, tout ce qui te passe par la tête est une pensée et certaines personnes ne pensent pas ou pas autant que les autres en paroles mais plus par d’autres moyens émotionnels et sensoriels, en images notamment. C’est plus particulièrement le cas des autistes et c’est ce qui cause la confusion fréquente entre ces derniers et les gens qui hallucinent fréquemment du fait que leur mode de pensée dans les deux cas est assez divergent de celui des valides où la parole a une plus grande place et les perceptions sensorielles et l’intensité émotionnelle sont de ce que j’en ai pigé très affadies par rapport aux nôtres. Pour apprendre à gérer les hallucinations il y a plein de méthodes, la plus commune c’est les antipsychotiques mais vu que ça nique le cerveau et que c’est vachement dangereux car bourré de possibles effets secondaires très indésirables et qu’en plus ça marche pour beaucoup mais pas pour tout le monde je trouve que c’est carrément irresponsable de la part des psys de les ordonner (parce qu’en général ça relève plus de l’ordre que de l’ordonnance) à tout les gens qui hallucinent beaucoup parce que la plupart (genre 90%) peuvent clairement s’en passer et vivre mieux en s’en passant qu’en utilisant ça et qu’une fois que c’est commencé en prime arrêter est dangereux et délicat comme pour tout les medocs psys et qu’il y a aussi le risque d’addiction qui est assez fort…ça fait cher payé dans la majorité des cas pour un truc qui aurait pu se passer bien plus en douceur et être bien plus efficace, en plus si moins de gens en prenait on pourrait plus étudier la formule et se concentrer sur le fait de limiter au maximum les effets secondaires pour la minorité qui ne s’en sort pas sans et veut continuer à les prendre. Ceci dit je rajouterais quand même un truc, j’entends pas mal de gens dire le médoc x ou y m’a sauvé la vie…et si cela arrive je n’en doutes nullement dans la plupart des cas je me méfie beaucoup de ces affirmations pour trois raisons : 1-Je n’aime pas la dépendance au système de santé que les médocs instaurent (et là j’inclus les médocs pour problèmes physiques et même les médocs naturels style phyto ou autre), dans 80% des cas ça ne sert à rien et le corps gère mieux sans qu’avec c’est juste du pigeonnage et une perte d’argent 2-J’ai dit le même genre de conneries à propos de médocs dont j’ai pris conscience à posteriori que c’était des vrais saloperies parce qu’avant j’avais une confiance excessive en le système médical qui s’est beaucoup détériorée depuis après de multiples très mauvaises expériences. 3-On sous estime très fréquemment amplement nos propres forces de résilience psychologique et si ça plait aux psys de maintenir les patients dans un état de détresse pour se sentir forts et supérieurs en allant jouer les sauveurs auprès d’eux dans des relations de pouvoir très fréquemment malsaines au bout du compte je trouve que c’est l’exact contraire d’une aide ce genre de dynamique. C’est un peu comme l’histoire du mendiant à qui les gens donnent tout les jours du poisson et qui continue à être pauvre jusqu’à ce qu’un type lui donne une canne à pêche et lui apprennent à pêcher. Il y a beaucoup trop de « thérapeutes » qui ne donnent pas de vrais outils à leurs patients pour les sortir de la merde ce qui est généralement ce qu’ils sont venus cherché à la base et préfère leur donner des croquettes (désolée mais je me suis vraiment sentie traitée comme un clébard quand je voyais c’est connard donc je le décrit comme je l’ai vécu hein) pour qu’ils reviennent parce que sinon ils partent avec les sous et leur donne le sentiment de ne servir à rien mais tout dans ce système est fait pour te faire oublier tes propres forces avec des béquilles et sauf si on a pas le choix une béquille c’est censé être temporaire par permanent à la base…bref j’ai été très déçue par ce système parce que je croyais y apprendre à pêcher et on a fait que m’y refourguer du poiscaille en clair et de ce que j’ai vu avec les personnes qui hallucinent souvent et intensément c’est un peu la même chose les psys leur refile une béquille censé être temporaire mais qu’ils vont en général se coltiner à vie sous forme de médocs sans jamais leur apprendre à faire avec les hallucinations parce que c’est très rare que ce soit dans leur compétence, la très grosse majorité n’en est pas capable et ne l’admet qu’à demi mots entre collègues, surtout pas devant les patients. Sinon dix autres techniques sont scientifiquement reconnues pour aider :

1-La réassurance, c’est le truc primordial dire à la personne qui vit ça que ça va aller qu’on peut y faire quelque chose en général et que cela ne fait pas d’elle une personne horrible.

2-L’information, c’est fondamental aussi expliquer à la personne les bases de ce qu’il faut savoir sur les hallucinations qu’elle vit régulièrement parce que le savoir c’est le pouvoir et le but de ce genre d’intervention ça doit être de permettre à la personne de retrouver plus de pouvoir en elle même et rien d’autre.

3-D’ailleurs en parlant de pouvoir autre chose très importante pour une personne dans cette situation, lui faire confiance, parce qu’une personne terrorisée par une perte de contrôle de ses propres perceptions va généralement vivre une perte ou une baisse de sa confiance en elle même et ça il faut pas parce que c’est de cette confiance que découle une bonne partie de notre contrôle de nous même et de nos émotions d’une part et d’autre part parce que il y a pas de raison de ne pas le faire, ces personnes sont extrêmement rarement un danger pour autrui (et lorsque c’est le cas c’est quasiment automatiquement en réaction à une menace) et le sont bien plus souvent que pour elles mêmes car souvent dépressives du fait de la fameuse baisse d’estime d’elles mêmes consécutive à la perte de contrôle que j’évoquais plus haut, mais sans dépression associée et avec une confiance en elle forte ces personnes ne sont quasiment jamais des danger pour elles mêmes et les autres. Et juste croire en quelqu’un ça coûte tellement moins cher et c’est tellement moins violent et plus efficace que la psychiatrie carcérale à la con franchement ça vaut le coup d’essayer moi je dis.

4-Dédramatiser : L’approche vous êtes victimes d’une malédiction/maladie gravissime et vous allez mourir à 30 ans qui est l’approche médicale typique c’est très con et carrément dangereux parce que c’est pessimiste, fataliste, exagéré et faux…enfin statistiquement dans les pays comme la France ou les Etats Unis où c’est traité comme de la merde c’est généralement vrai mais dans les pays comme les états scandinaves ou des méthodes alternatives sont utilisées expérimentalement (et donc pas à l’échelle de tout le pays ce qui fait que sur les stats de mortalité nationales des schizos ça se ressent pas) et font leur preuves, les patients ayant utilisé ces méthodes avec succès menant une vie parfaitement ordinaire pas si différente de celles d’un « médium » plus classique et avec la même espérance de vie que tout le monde, info très peu relayé par les vendeurs de médocs en blouse blanche qui veulent évidemment surtout pas perdre leurs clients…oh pardon leurs patients m’a langue a fourché un peu. Enfin dédramatiser ne veut pas dire non plus voir tout en rose niaisement juste de prendre en compte les risques de façon réaliste sans les minimiser certes mais sans les exagérer totalement non plus comme les psys le font trop souvent.

5-Déstigmatiser : Là c’est plus de l’ordre de la campagne de sensibilisation mais virer absolument des esprits de tout le monde le cliché de la personne qui hallucine comme folle dangereuse et violente c’est primordial et c’est ce qu’à l’échelle de la société dans son ensemble on peut faire de plus efficace pour aider les personnes qui vivent ça dès à présent.

6-Eviter les hallucinogènes si possible : Cela peut paraître évident mais vu que les psys sont en général les premiers à conseiller contre les hallucinations « naturelles » des médocs qui provoquent fréquemment des hallucinations artificielles en les prenant même quand avant d’en prendre on en avait pas de base c’est toujours utile de le rappeler.

7-Eviter les drogues aussi si on le peut : Surtout les drogues stimulantes plus que reposantes qui vont avoir tendance à provoquer des hallucinations chez les personnes qui hallucinent fréquemment naturellement. Et bien sur une personne à forte tendance hallucinatoire ayant des addictions à ce type de produit aura besoin d’un soutien antivalidiste particulièrement fort et subtil parce que ce type de situation est très délicat et rend beaucoup de choses peu accessibles pour ces personnes. Et là aussi le refus de la stigmatisation est très important.

8-Trouver des trucs anti stress qui fonctionnent pour la personne parce que les personnes à forte tendance hallucinatoire développent d’une part souvent des tendances dépressives et anxieuses suite au validisme subi (là c’est la même que pour les autistes pour le coup) et qu’il est un fait bien connu que le stress est un facteur déclencheur d’états hallucinatoires qui les prolongent et les intensifient en diminuant le contrôle de la personne hallucinée sur ses perceptions et diminuant sa capacité à les distinguer de la réalité socialement admise.

9-Avoir un mode de vie aussi adapté que possible : Parce que c’est important quoi que particulièrement peu accessible à cause du fait trop souvent éludé que les personnes qui ont des hallucinations intenses et peu de contrôle dessus ainsi qu’une faible capacité à les distinguer du réel socialement admis sont parmi les plus pauvres dans notre société et que le confort dans un état capitaliste ça a un prix. Et la santé aussi. Santé physique que par manque de moyen et focalisation extrême sur leurs états mentaux les personnes vivant avec ça oublie souvent d’autant que les psy les encouragent fréquemment à l’oublier.

10-Faire très gaffe à son sommeil : C’est ultra important, parce qu’une mauvaise régulation du sommeil intensifie les états hallucinatoires et leur récurrence ainsi que le faible contrôle de celles ci et diminue la capacité à les distinguer du réel socialement admis. En plus la fatigue fait de même alors se fatiguer inutilement est très déconseillé quand on a ça. En clair si vous êtes comme ça n’hésitez pas chouchoutez vous à fond c’est très important que vous vous sentiez aussi bien que possible.

Voilà après il y a des techniques plus spécifiques mais que je ne peux pas divulguer publiquement n’importe comment parce que c’est de l’ordre du secret familial et culturel. Je voudrais bien les transmettre par un moyen quelconque mais à part un genre de livre privé à passer de mains en mains à des personnes vivant ces problèmes que je connaitrait IRL ou envers lesquelles j’ai une confiance absolue pour ce qui est de savoir garder le secret et ne pas rendre ça public je vois pas trop comment les diffuser.  Les dix plus haut c’est en tout cas la base sur laquelle tout le monde concorde et qui est déjà publique et scientifiquement approuvée en prime donc on peut partir de ça en premier recours. Voilà, en espérant que vous allez bien tous.