à la Une

Top 10 des clichés anti prolos dangereux pour la lutte des classes dans les fictions.

 

 

 

 

 

IMG_1008

 

Livres, films, séries télés ou encore jeux vidéos quelque soit la forme d’une fiction en général ces créateurs ne sont pas des prolos et son histoire tourne autour des hautes classes sociales et de leur glorification, Dallas fait un feuilleton des richissimes américains et leurs histoires de famille, James Bond héroïse un agent secret blindé de thune, Iron Man et Bat Man transforme des hommes fortunés en Super Héros et bien des œuvres de Fantasy  ou des fictions pour enfants du Roi Lion au Seigneur des  Anneaux lient le retour de l’ordre et de l’harmonie au retour du roi et tendent à peindre les monarchies comme des utopies idylliques. Bref, les mondes fictifs célèbres et populaires le plus souvent mettent en scène et dépeignent sous un beau jour exclusivement des personnes riches. Parfois des prolos sont présents, généralement au second plan dans les personnages secondaires comme par exemple la servante ou la bonne à tout faire dans bien des œuvres littéraires notamment les classiques appris à l’école comme Racine, Molière et tout ça (oui je sais c’est ancien mais le présenter comme on le fait souvent à l’école sans contextualiser la pièce et analyser le point de vue de classe qui s’y exprime ça revient à éviter d’apprendre aux enfants à comprendre comment fonctionne les classes sociales et c’est clairement un choix des programmes de l’éducation nationale). Encore plus rarement il arrive que des personnages prolos soient mis au devant de la scène dans les personnages principaux, ce n’est pas fréquent qu’ils soient plusieurs. Deux schémas principaux existent, le plus souvent on a un prolo perdu au milieu d’un tas de riches et quelques fois on a une fiction sur des prolos et leur milieu de prolos faite à 100% par des gens qui n’en sont pas. Les œuvres par des prolos, sur des prolos sont généralement des œuvres indépendantes au succès de niche et dont le public n’est le plus souvent pas le grand public et bien sûr il existe aussi des œuvres faites par des prolos, sur des prolos et pour des prolos à grand succès mais ça c’est un cas de figure bien plus rare sur lequel je m’attarderais dans un autre article. Ici je veux juste analyser les dix pires clichés à mon avis sur les prolos dans les fictions à grand succès et en quoi ils sont utiles aux classes sociales élevées pour maintenir les prolos dans une conscience de classe faible et donc éviter que les prolos servent leurs propres intérêts et les pousser à servir ceux des classes possédantes c’est à dire à se tirer une balle dans le pied vu que leurs intérêts sont directement antagonistes à ceux des classes possédantes.

Top 10 des pires clichés de fiction dangereux pour nous les pauvres et utiles à la propagande bourgeoise :

10- Classes laborieuses, classes dangereuses : Ce cliché montre la puissance du prolétariat et la peur que les riches en ont mais il montre aussi les pauvres comme naturellement viciés, mauvais et tendant toujours vers le mal et associe donc dans la tête de plein de gens l’idée de lutter contre le système capitaliste et la propriété à quelque chose de mal quand on est pauvre. D’ailleurs à votre avis pourquoi les couleurs de la lutte des classes le rouge et le noir sont celles des méchants hollywoodiens? Ce n’est pas un hasard le but est d’associer lutte des classes : le mal, l’extrémisme dans l’esprit des gens. Le rouge du communisme qui représente le sang des prolos tués par le capitalisme devient le rouge du sang des supposées victimes des très méchants anticapitalistes et le noir de l’anarchie qui représente le refus des partis politiques et de l’autorité et la mort en hommage aux défunts anarchistes morts pour leurs idées émancipatrices devient le noir du mal absolu et du chaos, du désordre qui y sont associés et paf grâçe à la narration des fictions capitalistes les prolos et les courants politiques anarchistes et communistes deviennent la représentation d’un mal violent, sanguinaire, fanatique et chaotique qui plonge le monde dans le désordre et plus personne ne veut y être associé. Ça a l’air de rien mais vu le nombre de prolos aux idées progressistes qui refusent de devenir révolutionnaires car ça leur paraît trop extrême, violent et fanatique clairement ce type de propagande contre la résistance au capitalisme est efficace.

9-Les prolos sont cons dans les fictions capitalistes, rares sont les pauvres qui brillent par leur culture, leur réussite scolaire, leur capacité d’analyse, leur aptitude à voir au-delà des apparences et des clichés, leur sagessse, leurs connaissances dans un domaine précis non manuel ou tout autre caractéristique associée de façon stéréotypée à la notion d’intelligence. Les bourgeois qui pondent ces fictions montrant des prolos de cette façon démontrent clairement qu’ils pensent les pauvres comme leur étant génétiquement inférieurs en terme de force et d’intelligence. Le darwinisme social n’a jamais disparu de la conception bourgeoise du monde où il reste une idéologie marquée et majoritaire. Cet article par exemple l’illustre bien :

http://www.slate.com/articles/health_and_science/science/2014/01/social_darwinism_and_class_essentialism_the_rich_think_they_are_superior.html

L’essentialisme de classe comme le nomme les chercheurs est bien pratique pour les bourgeois mais les prolos n’ont aucun intérêt à se croire faibles et bêtes par rapport à leurs patrons, cependant le cliché est tellement répandu par la propagande bourgeoise que même eux y croient. Moi même j’ai bien du mal à ne pas me sentir inférieure en force et en intelligence à ceux qui réussissent dans les études et le travail au point d’être ou de devenir bourgeois et une partie de moi leur envie cette capacité que je n’ai pas. Il semble d’après cette étude que les pauvres croient moins que les riches que la richesse est liée à la force et à l’intelligence mais semblent y croire trois fois  plus que ce n’est vraiment le cas selon les études génétiques à ce sujet (qui exagère sans doute le lien entre richesse et force physique et intelligence comptée en points de QI en omettant ouvertement que le QI a été créé selon des critères d’intelligence détérminés par la bourgeoisie et que les divergences d’accès aux soins entre riches et pauvres semblent une meilleure explication de différences physiques entre les deux que la génétique qui n’en est probablement que le reflet. De plus on notera qu’il est pratique au bourgeois de se croire physiquement supérieurs aux pauvres dans l’absolu mais que dès qu’on parle de travaux manuels d’un coup ils deviennent trop frêles et de faible constitution pour les effectuer et les prolos deviennent des colosses surhumains à la force invincible qui s’en charge donc puisqu’ils y sont seuls aptes dans les discours bourgeois. C’est le fameux coup vieux comme le monde de les pauvres sont le corps sans la tête et les riches la tête sans le corps et donc ils ont besoin l’un de l’autre pour vivre, c’est un non sens mais presque tout le monde y croit un peu tant cela nous a été dit et répété par les moyens de diffusion de l’idéologie bourgeoise. C’est utile de défaire cette idée pour lutter contre le capitalisme vu que forcément on est plus efficaces dans le combat quand on se pense égal à son adversaire que lorsqu’on croit qu’ils nous est très supérieur physiquement comme intellectuellement. C’est pourquoi tout cliché qui entretient l’essentialisme de classe sociale est dangereux pour les prolos.

8-Les clichés des fictions créés par les bourgeois font souvent de tout les prolos des tarés irrationnels et incohérents, imprévisibles et incompréhensibles, au-delà même de la psychophobie de cette vision des prolos ce que ça a de dangereux c’est que ça revient à faire diffuser l’idée que toute action ou parole d’un prolo n’a aucun sens et donc à dépolitiser toute initiative ne provenant pas d’un bourgeois. Excuse parfaite de pour quelle raison 70% du temps de parole en espace public est réservé aux CSP+ donc aux bourgeois en France et de pourquoi le travail des pauvres est invisible et payée une misère sans que ça révolte, sans qu’on se demande pourquoi être ouvrier fait gagner moins qu’être patron en travaillant autant et même généralement plus que le patron. Cela lié à l’essentialisme de classe sociale empêche des révoltes collectives de prolos contre le capitalisme en empêchant l’accès à des groupes de prolos politisés aux espaces de paroles et d’actions publiques. Voilà pourquoi ce cliché est utile aux riches et néfaste aux pauvres.

7-L’ouvrier dans les médias produits par des bourgeois quasi tout le temps c’est le même cliché, le même homme blanc cisgenre hétérosexuel occidental, chrétien ou à la limite non croyant parfois, valide physiquement, psychologiquement (oui car la folie des ouvriers dans la propagande bourgeoise est naturelle à leur biologie et les rend violent sans raison contre les bourgeois elle est gênante pour les bourgeois jamais pour les ouvriers eux mêmes qui sont « mystérieusement » immunisés dans les fictions bourgeoises contre toute psychoatypie susceptible de rendre leur travail plus dur) et neurologiquement, adulte d’âge moyen (car montrer que les enfants et vieux prolos sont nombreux à vivre dans la misère et même à travailler horriblement dur pour une somme d’argent ridicule ça le fait moyen dans une fiction bourgeoise bien que ce soit vrai IRL dans de nombreux endroits du monde oú généralement les fictions bourgeoises s’attardent peu), d’apparence banale mais costaud et l’air benêt (il ne doit pas être beau car ça dans la fiction bourgeoise c’est réservé aux riches mais qu’ils soient tous moches risquerait d’être vexant pour une majorité de la population alors dans la fiction bourgeoise les seuls ouvriers moches sont les méchants prolos se rebellant contre l’ordre bourgeois histoire de renforcer l’association  dans l’inconscient collectif entre être moche et méchant), le plus souvent cet ouvrier est pauvre mais ne manque miraculeusement de rien et s’en contente du fait d’une sagesse épicurienne bien pratique et ne se plaint jamais de sa situation, il a plein d’amis qui lui ressemblent, il n’est surtout pas syndiqué et ne fait pas grève sinon il est méchant (sauf dans les fictions écrites par des bourgeois de gauche mais c’est moins fréquent que celles écrites par des bourgeois de droite), il est apolitique, respecte les valeurs style travail, famille, patrie, travaille systématiquement dans une usine car c’est le seul métier de prolo existant et comme il est sympa la bonté divine le récompense et comme par magie il s’enrichit et s’embourgeoise à la fin de l’histoire sans avoir rien fait qui le permette IRL. Le problème avec ce cliché c’est que c’est loin d’être représentatif du prolétariat ni en France ni dans le monde, en vrai plein de prolos sont non occidentaux, racisés, sont des femmes, sont LGBT+, sont handicapés, sont des enfants et des vieux (bien des enfants et des vieux en France et dans le monde vivent sous le seuil de pauvreté), ont des apparences, des capacités physiques et des capacités intellectuelles variées dans des domaines divers, des opinions politiques, philosophiques et morales diverses, un capital social variable, des opinions variées sur les notions de travail, famille et patrie, plein de métiers possibles( des métiers de prolo il y en a plusieurs milliers quand même et seul le tiers des prolos occidentaux font des métiers de la catégorie professionnelle ouvrier) et en Occident sont plus souvent employés de bureau qu’ouvrier d’usine en 2017, et le plus souvent IRL les prolos font tout ce qu’ils peuvent pour tenter de monter l’échelle sociale mais en vrai seul 1% y arrivent en moyenne et de nos jours les cas d’ascension sociale sont en raréfaction,les classes sociales se rigidifient et les rares prolos à pouvoir faire de l’ascension sociale sont des prolos avec de forts liens au monde bourgeois ce qui devient très rare vu que IRL les diverses classes sociales se côtoient de moins en moins. Le problème avec ce cliché c’est qu’il représente l’idéal bourgeois du prolo parfait selon eux et donc n’existe pas. Moins on y ressemble et moins on est visible et on a un poids politique comme prolo et la plupart des prolos n’y ressemblent en rien et ont zéro poids politique.

6-Le cliché des fictions bourgeoises dépeignant systématiquement la vie des prolos comme ennuyeuse, misérable, désespérante et pas intéressante est très violent car il renvoie aux prolos une image négative d’eux même et les frustre de tout ce que les riches peuvent faire et pas eux.

5-Le cliché des familles de fiction pauvres en théorie mais vivant comme des bourgeois avec une belle maison, une grosse voiture, des fêtes fréquentes et des vacances chères régulières est dangereux car à force d’y croire les gens pensent que tout le monde sauf eux mène ce train de vie là ce qui est faux et évaluent mal leur place sur l’échelle sociale. Or avant d’aller à l’école primaire les enfants ont tous conscience de leur statut social exact selon plusieurs études, la conscience de classe est naturelle et spontanée et il faut des années de propagande bourgeoise pour la diluer et faire en sorte qu’une majorité de prolos adhérent à l’idéologie bourgeoise. En primaire les enfants socialisent principalement dans des groupes de même classe sociale plus que dans des groupes d’une même ethnie au Royaume Uni  http://www.bbc.com/news/education-33329575 et il y a fort à parier me basant sur mon expérience personnelle que c’est le cas aussi en France, ces tendances apprises à l’âge du CP continuent et se renforcent à l’âge adulte. Classe scolaire et classe sociale sont très liées, il a été démontré que le principal facteur de réussite scolaire loin devant tout les autres et très loin devant les techniques parentales de bonne éducation est la classe sociale, l’école n’apprend rien elle ne sert qu’à rendre l’essentialisme de classe sociale biologisant plus discret et plus pernicieux en simulant un système qui donnerait des positions sociales en fonction des efforts, du travail et du mérite alors qu’en vrai l’école ne fait que justifier bancalement les inégalités sociales et économiques sur la base du degré d’adhérence aux valeurs bourgeoises mesuré par les diplômes obtenus qui sont comme cela a été analysé avant tout des badges en récompense de la soumission à l’ordre bourgeois. Une étude londonienne a même montré pour un million d’élèves que connaître le revenu de leurs parents permet presque systématiquement de connaître leur moyenne scolaire. En bref classe scolaire et classe sociale ne font qu’un. Du coup ce cliché est très dangereux car il pousse les gens à individualiser les raisons de leurs échecs qui sont en fait prioritairement sociales.

4-Dans les fictions bourgeoises un prolo ne peut être le personnage principal que dans deux types de contextes, le moins commun c’est dans un milieu 100% prolo et dans ce cas la fiction est en général une propagande de bourgeois de gauche pour rallier des prolos à leurs idées politiques et le cas le plus commun est celui où le prolo devient intéressant car il vit un scénario interclassistes en devenant l´ami ou la conquête amoureuse d’une personne de la haute société, le problème avec ces scénarios c’est qu’ils ont tendance à se baser sur une réalité rare et à la glorifier et l’idéaliser complètement comme si l’ascension sociale était le seul moyen pour un prolo d’être un protagoniste intéressant ça revient à sous entendre que la vie des prolos qui ne font pas d’ascension sociale n’a pas d’intérêt, dur pour les 99% de prolos qui n’ont pas d’ascension sociale au cours de leur vie.

3-Le cliché qui veut que les pauvres sont de sales assistés est dangereux car faux, permettant aux bourgois de couper les aides aux gens qui en ont besoin et aussi et surtout car il invisibilise le fait qu’on fait pas plus assisté qu’un bourgeois.

2-L’idée que pauvre : paresseux est très pernicieuse aussi car presque tout le monde y croit en çe qui concerne les plus pauvres que soi et en particulier les personnes très pauvres hors le plus souvent ces personnes sont atypiques, la plupart des personnes sans logis, en prison, en HP ou au chômage sont des prolos tout en bas de l’échelle sociale et atypiques, reprocher à des groupes principalement constituer d’handicapés pauvres et le plus souvent racisés de l’être c’est le sommet d’un système capitaliste, raciste et validiste, pour infos les riches bourgeois sont en France pour plus des deux tiers d’entre eux des personnes valides blanches issues de familles riches, ne me dites plus jamais que le déterminisme sociologique n’explique pas tout je n’y crois plus.

1-Le rêve américain, dans le même genre est pour les mêmes raisons le scénario de la personne qui réussit à s’élever socialement par le travail est dangereux car c’est le mythe anti prolo le plus répandu vu que c’est celui auquel on veut le plus croire quand on est pauvre et qu’on travaille dur mais aussi le plus létal, de nos jours la majorité des personnes pauvres se suicidant ont pour raison majeure de le faire de n’avoir pas pu incarner ce rêve, moi même sincèrement j’en suis très atteinte et si un jour je me tue ce sera sans doute principalement car je n’ai pas été en mesure de l’incarner. Dans le monde une personne se suicide toutes les 40 secondes la plupart le font pour cette raison principalement, ne me dites plus jamais que le capitalisme est le système économique et politique le moins meurtrier à avoir exister entre l’état dans lequel il a mis la faune et la flore, le nombre de guerres qui a jamais été aussi important que depuis que ce système existe (et qui sont meurtrières en masse depuis qu’il existe) et les suicides de masse qu’il a inventé, les répressions sanglantes de ceux qui luttent contre lui ainsi que les morts de faim, de soif, de maladies curables et de pauvreté qu’il n’a jamais empêché tout prouve l’inverse.

 

 

Publicités
à la Une

Pourquoi la domination des milieux militants par les petits bourgeois détruit les luttes.

100% garanti en pur haine jouissive anti bobo, parceque j’avais vraiment besoin de me lâcher, ne m’en excusez surtout pas 😊.

Article pour dire que j’ai trouvé un lien fort intéressant https://www.theguardian.com/global-development-professionals-network/2016/jun/08/burnout-activism-working-class-organising-with-middle-class-comrades écrit par une femme prolo psychoatypique qui a eu l’idée (que j’ai du mal à comprendre mais bon) de militer en milieu végan antispéciste et s’est donc logiquement retrouvé dans le milieu militant le plus bobo qui soit et en a eu ras le bol. Cet article exprime tout les trucs crevants et agaçants qui vont avec être prolo et militer dans un milieu à majorité bourgeoise, la fin me convaint pas déja car c’est pas demain que le véganisme et l’antispécisme me convaincront mais aussi et surtout car je pense pas qu’une lutte interclassiste ait un quelqu’oncque avenir pour moi la lutte dit être menée par des prolos sur tout les axes d’oppression où elle aboutira à rien.

Sauf que c’est le contraire qui se passe en fait. Déja en moyenne à la louche mais aussi au souvenir de Statistiques lues mais que je parviens pas à retrouver mais qui correspondaient à mon vécu 70% du milieu militant dans son ensemble est bourgeois particulièrement la majorité sont des petits bourgeois de culture bobo. Un truc insupportable entre tout avec eux c’est leur critique constante des prolos qui refusent de cautionner leurs mouvements de merde, franchement ils passent presque toute leur vie à cracher sur les prolos pas assez de gauche, pas assez militants et pas assez conscientisés à leur goût bref pas assez d’accord avec eux pour maintenir leur illusion qu’ils parlent au nom du prolétariat dont ils ne font PAS partie. En clair ils luttent plus contre les prolos que pour eux et la plupart des prolos l’ont pigé très vite et fuient ces milieux militants comme la peste. Mais il y a toujours des prolos naïfs/suicidaires et/ou manquant de conscience de classe qui pensent pouvoir retourner la situation et récupérer les mouvements militants pour leur classe sociale à eux tout seuls, je sais j’en ai fait parti en traînant douze années en milieu militant « de gauche » et le pire c’est que je continue à essayer de nous réappproprier nos luttes autant que je puisse y contribuer car je supporte pas de voir ces foutus bobos de merdes nous voler nos espaces de paroles et de luttes historique et mettre bien des nôtres directement en danger de mort de ce fait.

Brève revu de la cata actuelle des milieux militants

1- Médaille d’or : Milieu écolo en général et en particulier milieu autour de la question animale, champions toutes catgéorie du taux de bobos au centimètre carré, quelques rares et isolés prolos comme l’auteure de l’article en question tentent désespérément d’y faire entendre leur voix mais elles sont étouffés presque entièrement par le fait que ce milieu militant c’est Boboland. Dommage l’écologie est trop importante pour la laisser à ce genre de militants mais se réapproporier cette lutte c’est aussi vital que hardcore vu à quel point ils se la sont acccaparés. Ils se rendent même pas compte d’être un des pires dangers pour l’écologie, comme l’auteure le souligne les études scientifiques sur le sujet prouvent que les bobos écolos antispécistes sont bien plus dangereux de part leur niveau de vie pour l’environnement, la faune et la flore que les prolos n’en ayant rien à foutre vu qu’ils polluent bien plus que les pauvres qui n’ont pas autant de moyens qu’eux pour le faire. Tout est dit je crois.

2-Médaille d’argent : Le milieu féministe principalement classique mais le milieu féministe plus ouvert à la diversité des luttes c’est pas mieux côté voix des prolos, dans les deux cas 10% ou moins des féministe sont prolos et celles ci se reconnaisssent bien sûr absolument pas dans ces féministes bourgeoises et comme je l’avais dit précédemment 100% des femmes prolos considèrent que le féminisme en sa majorité ne les représentent pas. J’ai beau être féministe prolo j’en fais partie c’est devenu impossible d’écouter des féministes n’étant pas prolos pour moi ça donne trop envie de les finir à la dynamite.

3-Médaille de bronze : Un peu meme style le milieu pacifiste et antimilitariste et aussi ce que je connais du militantisme anti prison très rarement autogéré bien plus souvent mené par des anarchistes  bobos style charité. En fait ces mouvements sont majoritairement caritatifs et non violents et à écrasante majorité bobo et donc pas efficaces pour un sou. Ce qui est très con vu que les prolos avec des convictions similaires sont nombreux mais cette façon de militer est une vraie blague donc presque aucuns y participent.

4-Milieu LGBT+ : Pareil nettement dominé par les mecs blancs cis gays bourgeois, les bis et trans bobos ont déja du mal à y être entendus alors les LGBT prolos, même les mecs prolos blancs cis gays ne s’y reconnaissent pas, les gouines prolos surtout celles racisées prolos y ont beaucoup de mal et y sont encore plus rares et les bies, transgenres et autres minorités de genre et d’orientation sexuelle prolos y sont rarrissimes. Pourtant les prolos’LGBT+ ça manque pas mais ces mouvements ne les représentent pas du tout.

5-Luttes invisibles : antivalidisme antipsychiatrie notamment, anti agisme, anti aphrodisme, body positive, fat positive, contre l’oppression des minorités religieuses, antixénophobie, Sex positive, pro BDSM, pro polyamour etc… sont particuliers car très fortement dominés par des bourgeois mais des bourgeois un peu spéciaux et minoritaires face aux bobos que leurs préoccupations n’intéresssent pas en général, certains sont bobos eux mêmes beaucoup même mais pas presque tous comme dans les milieux précédents, il faut dire que ces milieux sont si petits qu’en terme de militants ils prennent tout ceux qu’ils trouvent, du coup on y trouve plus de grands bourgeois qu’ailleurs’en milieu militant mais aussi quelques prolos venus du haut prolétariat et avec un fort capital culturel et/ou social, bref ce sont souvent des milieux plus interclassistes mais toujours très dominés par les bourgeois et accessibles seulement à une miniscule partie du prolétariat.

6-Le milieu antiraciste et le milieu anti violences policières allant avec sont assez logiquement parmi les milieux militants les plus prolétarisés même si là encore c’est compliqué, la majorité reste petite bourgeoise même si rarement  bobo et la majorité sont des enfants de prolos parvenus à s’embourgeoiser et ont donc la mémoire des questions sociales et de la lutte de classes dans leur histoire familiale et sont donc bien plus supportables à écouter que les militants bourgeois blancs. Sauf que l’écart entre eux et les prolos avec beaucoup de privilèges comme moi ou meme juste les prolos blancs est plus faible qu’entre les bourgeois racisés et les prolos racisés et beaucoup plus faible que l’écart entre prolos blancs et prolos racisés. Du coup des alliances interclassistes entre petit bourgeois racisés et ouvriers blancs c’est plus aisés à créer que des alliances interclassistes entre racisés encore plus faciles à créer que les alliances entre prolos racisés et prolos blancs.  Les problemes principaux y sont le mépris de classe de la plupart des bourgeois racisés et d’abord et surtout le racisme d’une grande majorité de prolos blancs qui invisibilise les luttes des prolos racisés.

7-La lutte des travailleuses du sexe est un cas particulier c’est le seul mouvement avec celui des femmes voilées à ma connaissance à être majoritairement dirigé mondialement par des femmes racisées même si les orgas les plus connus sont blanches, et les militants les plus connus sont des hommes ou des femmes blancs à fort capital culturel et social même si rarement économique.

D’ailleurs le milieu militant est vraiment rempli de bac+5/+8 alors que la plupart des gens ont un bac+3, oui la majorité des prolos n’ont pas fait de longues études du coup les discussions permanentes de militants autour de x bouquin universitaire militant super long cher et jargonnant qui vient de sortir, x conférences ou la dernière sortie de x intellos militant que personne connaît hors milieu bobo militant c’est franchement relou et insupportable. Même moi qui me suis longtemps forcée à me politiser comme ça pour m’intégrer socialement dans ces milieux et qui aiment beaucoup lire et théoriser des trucs complexes j’ai horreur de ça c’est dire.

Enfin il y a la gauche politique militante classique, anarchistes, trotskistes et communistes autoritaires de nos jours très majoritairement en France en tout cas des bobos avec tout juste le tiers d’ouvriers alors que la majorité des gens votant pour des partis s’affichant comme ouvriers sont toujours des prolos même si la majorité des prolos sont bah très divisés politiquement de nos jours mais toujours plutôt conservateurs, plutôt à droite et plutôt procapitaliste. Bon en même temps plus on est bas dans l’échelle sociale plus on risque de dégringoler encore plus en cas de bouleversement social donc c’est pas si étonnant que ça en fait surtout quand la gauche prolo est inexistante ou en tout cas très invisibilisée. Bref tant que militer sera dangereux les prolos le feront pas et tant qu’il n y aura pas de lutte autonome des prolos militer ce sera militer pour les intérêts de la petite bourgeoisie bobo au détriment de ceux des prolos donc ce sera dangereux.

Heureusement des mouvements de prolos existent et n’appartiennent pas qu’à l’histoire et je compte profiter de ce blog pour visibiliser ces derniers comme j’ai commencé à le faire en faisant un article historique sur le mouvement des chômeurs. Bref pour moi un prolo qui survit au quotidien est un milliard de fois plus militant et anticapitaliste que tout ces bobos de merde qui m’ont fait perdre beaucoup de pouvoir d’action au final et ont fait la même chose au prolétariat en général.

En gros si vous vous demandez en tant que militants si vous êtes un petit bourgeois ou un prolo la réponse est simple si comme moi et cette fille (plus ou moins traduction de son article avec quelques  ajouts perso) :vous avez horreur de la tendance des militants bourgeois à considérer les prolos comme un bloc uniforme alors que de toutes les classes sociales forcément c’est la plus nombreuse et la plus variée, des stéréotypes sur les prolos que les militants bourgeois ressortent constamment, de leur militantisme élitisme de merde, de leur façon de considérer les prolos comme de la merde, des moutons ou des gens qui ont pas de cerveau, de leur façon de nous traiter constamment comme leur caution prolo, de leur romantisation de la pauvreté, du fait qu’ils squattent chez vous et nomment ça du tourisme social, du fait d’être méprisés pour vouloir manger, se loger et espérer un peu d’ascension sociale le permettant et d’être à la limite de se voir cracher au visage’pour ça, d’entendre toujours parler des prolos par des gens qui n’en sont pas et n’y connaissent rien et en parlent en se posant en experts en la matière oubliant alllegrement qu’ils passent leur vie à silencer les rares qui se coltinent de les fréquenter et supportent de les écouter en pouvant se retenir de leur foutre un pain avant la fin de leur blabla, leur façon de considérer les prolos comme à l’origine de toutes les oppressions et de tout les malheurs du monde (oui le capitalisme selon eux c’est à cause de la masse prolo pas assez de gauche pour vouloir changer le système), être regardée par vos camarades bourgeois comme une curiosité sur laquelle faire une thèse car vous êtes en milieu militant mais n’avez ni doctorat ni famille militante depuis la nuit des temps, être mal vu car on a d’autres trucs à foutre que militer comme survivre par exemple, être jugés et méprisés constamment du fait de sa classe sociale clairement perçue comme inférieure et de nos goûts vus comme beaufs, en avez marre d’entendre parler d’expériences qui seront toujours trop chères pour vous comme les voyages internationaux, le fait d’acheter une propriété ou les activités extra scolaire genre théâtre, golf et équitation comme si c’était universel alors que c’est méga cher impossible à envisager pour vous et qu’il vous est très dur de socialiser dans ces milieux là, marre que comme vous faisiez rien de tout ça et n’allait pas dans plein de restos et cafés mais au Lidl pour vous nourrir on vous juge directement et en vous le disant comme ennuyeux et ayant une vie ennuyeuse, marre que dès que la lutte prennent une forme un peu énervée organisée par des prolos elles est censurée par les camarades alors que lorsqu’elle est organisée violemment par les militants bourgeois mettant en danger des prolos elle est glorifiée, marre que ce soit impossible pour des prolos de parler de leurs vies de prolos sans être silencés en milieu militant, marre de la police du langage qui empêche tout les gens qui parlent normalement et refusent à juste titre de se coltiner une LV2 jargon militant politiquement correct pour pouvoir participer aux luttes soient systématiquement virés des milieux militants au point que vous pensez ce langage est plus un signe de reconnaissance pour exclure les prolos et rester entre bobos qu’un truc qui à quoi que ce soit de « safe »(traduction : sécurisant en langue militante bobo), comme l’athéisme obligatoire rebutant beaucoup de prolos cathos, juifs et musulmans voulant s’engager dans les luttes, marre que les gens au comportement et/ou aux habits trop marqués prolos soient toujours rejetés de ces milieux (c’est particulièrement vrai de certains banlieusards au look caillera et au langage téci authentique que j’ai vu très vite rejetés de ces milieux militants car leur simple existence ridiculisait les prétentions des militants bobos à savoir quoi que ce soit sur les banlieues étant inaptes à même comprendre la façon dont certaines personnes y parlent et aussi encore plus de comprendre la variété sociale, de comportements, de vêtements, d’origines, de cultures, de façon d’être racisés ou pas d’ailleurs car il y a aussi plein de blancs dans les banlieues pauvres, d’idéaux et d’opinions politiques des gens vivant dans les banlieues françaises pauvres pour de vrai et pas dans des clips de rap clichés), marre que toutes nos erreurs de français soient toujours soulignés par les militants bobos qui en font eux même plus que nous mais qu’on est pas en position de souligner, marre qu’on considère qu’on maîtrise forcément l’anglais à la perfection (d’ailleurs promis je traduit tout les articles et liens avec des choses écrites en anglais, supprime un Max de jargon militant et corrige toutes les erreurs politiques causées par le mépris de classe intériorisé sur ce blog des que j’atteins les 100 articles), marre qu’on nous engeule si on veut pas apprendre des langues étrangères car pour bien des prolos c’est plus une perte de temps qu’autre chose, marre aussi qu’on nous empêche de parler nos langues régionales qui ne sont pas des patois et n’étaient pas minoritaires avant que les bourgeois nous oppressent pour oser les parler, marre que les luttes pour préserver nos cultures régionales, les luttes indépendantistes et tout ce qui globalement sert à préserver, transmettre et faire prospérer nos cultures de prolos soit méprisé et taxer de raciste et nationaliste par des bourgeois militants quasi systématiquement blancs en prime, marre que les militants bobos parlent toujours aux militants prolos comme si ils avaient cinq ans, marre que notre diplôme et notre travail plus ils sont prestigieux socialement aux yeux des bobos plus ils nous donnent de crédit en milieu militant et qu’être chômeur ou pas très diplômé ou encore plus si on est sdf fait qu’on est vite très très méprisé comme si on était pas humain, marre d’être encouragé à faire des actions illégales dangereuse pour les prolos glorifiées par les militants bobos et d’y être fortement incités car les autres militants nous méprisent ouvertement si on y participe pas pour se retrouver en taule, en GAV ou avec les conséquences psychologiques de ça sans les moyens de payer quelqu’un pour nous aider avec ça tandis qu’eux ils ont un avocat qui les empêchent de risquer ça sans compter que vivre ces expériences est très différent selon la classe à laquelle on appartient (ce qui est encore plus vrai pour les prolos racisés d’ailleurs), mais marre aussi qu’ils nous méprisent quand on fait des choses illégales pour gagner de la thune même si c’est juste bosser comme baby Sitter au noir sans compter qu’en plus côté drogues et putes c’est les premiers consommateurs mais jamais ils ne laissent d’espace aux travailleuses du sexe ou au dealers dans leurs rangs d’ailleurs leur critique constante de la passion des prolos en particulier d’une catégorie très spécifique de prolos banlieusard racisés exerçant des métiers illégaux et donc criminalisés sur lesquels leur haine se concentre au prétexte que ceux ci auraient une passion du capitalisme et glorifierait l’argent facile, l’ascension sociale par le crime et la culture bling bling du fric avant tout c’est la preuve qu’ils ne pigent rien aux prolos, la fascination de l’argent et du pouvoir formidable qu’il confère c’est facile à critiquer quand on en a toujours eu mais si ils y étaient si étrangers qu’ils se le prétendre lutter avec eux coûterait moins cher et du fric ils en filerait pour aider les luttes des prolos qui leur en demandent au lieu de les dénigrer car ils en demandent (ok ça leur arrive de se la jouer charité mais ils ont une fâcheuse tendance à faire ça que quand les prolos leur ont rien demandé et que ça les met plus dans la merde qu’autre chose d’accepter la thune en question et surtout si ça les endettent), marre que nos réactions de prolos à leurs conneries soient censurés qu’on est passé le droit de se foutre d’eux ouvertement par exemple quand ils disent des trucs ridicules, marre de leur incapacité à écouter une critique aussi simple et légère qu’elle soit sans y mettre les forme pendant 3000 ans pour pas les offusquer, marre qu’ils sont infichus de parler clairement, simplement et directement mais toujours dans des longs discours fleuves  alignants les mots compliqués pour masquer la connerie du fond de leur pensée et les idées vagues, floues, sous entendues et référencés pour éviter que les prolos pigent qu’ils sont en train de lutter contre eux, marre de devoir parler en morse pour être compris par eux, marre qu’ils aient réussi à nous faire intégrer leurs codes de langage et penser en partie comme eux à cause du mépris de classe intériorisé colossal qu’ils nous ont instillé à force de les fréquenter en milieu militant, marre de pas pouvoir les secouer un peu violemment quand ils le méritent à cause de leurs privilèges de classe qui rend le fait de tenter de leur coller une droite dangereux pour moi même quand c’est pas l’envie qui m’en manque et marre qu’ils nous trouvent pas assez rebelles contre les bourgeois alors que ce sont nos patrons et leurs parents.

En gros test : Si tu te reconnais dans ce ras le bol tu es prolo, si ce n’est pas le cas et surtout si tu es outré par mon article et/où celui de cette fille, tu es un bourgeois militant, à en juger par les commentaires sous l’article de cette fille c’est flagrant. Deux exceptions à cette règle les gens qui vivent dans des pays où le militantisme prend des formes différentes de celles que j’ai décrites ici en termes de classe sociale et les quelques prolos tellement aliéné à la pensée bobo bourgeoise qu’ils ont intériorisé le mépris de classe au point de ne plus penser par eux même mais comme les bourgeois militants le leur ont appris, si vous avez encore un doute sur votre classe sociale maintenant demandez vous tout connement si vous avez le même capital économique que le militant moyen ou pas, si vous êtes aussi ou plus riche qu’eux vous êtes un bourgeois militant si ce n’est pas le cas vous êtes un prolo.

Et bien sûr ce test n’est applicable qu’aux gens ayant connu un tant soit peu un milieu militant de l’intérieur.

MAINTENANT les bourgeois militants faites un truc vraiment révolutionnaire pour une fois dans votre vie quand des prolos essayent de s’auto organiser sans vous FERMEZ VOS GEULES UNE BONNE FOIS POUR TOUTE ET LAISSER LES FAIRE MERCI D’AVANCE. Comme ça la révolution que vous vous impatientez tant de voir viendra beaucoup plus vite.

Cette fille et moi si on a connu le burn out c’est en grande partie à cause du taux abracadabrant de mépris de classe subi dans nos vies, mon burn out est complètement à cause de ça en fait personnellement et j’ai connu plein de militants prolos qui ont eu des dépressions, troubles anxieux et burn out militants pour les mêmes raisons, bon moi en plus je me suis coltinés les bourges pendant mes études aussi et c’était d’une violence qu’on peut pas imaginer sans la vivre. Bref j’ai choisi mon camp toute ma vie je lutterai pour les prolos et contre les bobos et si aux yeux des militants bobos ça fait de moi une gonzesse beauf réac facho et attardée tant mieux ça veut dire que je leur fait peur et donc que la lutte est efficace. Tremblez bobos l’heure de la fin de votre honteuse récupération politique et réappropriation culturelle des luttes et de l’histoire des prolos va bientôt sonner MOUHAHAHA 😈!

Et pour se moquer un peu des bobos car c’est gratuit et ça fait du bien :

 

 

 

 

à la Une

Comment qu’on se débarrasse donc des oppressions internalisées?

IMG_0942.JPGOppression internalisée c’est du jargon de militant qui se la raconte mais en vrai ça désigne une réalité assez simple : des groupes de personnes qui ont une position sociale inférieure dans notre société inégalitaire comme les femmes rapport aux hommes ou les pauvres par rapport aux riches par exemple ont un certain nombre de stéréotypes négatifs qui circulent sur eux, par exemple « les chômeurs sont des parasites sociaux », « les ouvriers sont bêtes », « les femmes sont nulles en maths » et j’en passe, on a tous déjà entendus ces phrases, quelqu’un qui internalise une oppression finit par croire consciemment ou non à une partie de ses clichés et agir en fonction de ceux ci que ce soit pour les contrer ou pour s’y conformer. Ces clichés sont diffusés et entretenus par les groupes sociaux dominants pour maintenir leur pouvoir sur les groupes sociaux dominés. Tout est fait pour qu’un maximum de gens considèrent qu’une personne dominée agit immoralement si elle agit d’une façon qui conteste sa domination et moralement si elle s’y soumet. Par exemple une fille qui joue au foot sera plus mal perçue moralement qu’une fille qui joue à la poupée car perçue comme pas féminine c’est à dire en train de contester l’ordre patriarcal et les normes de genre.

Tout ça c’est pas juste du blabla de militant, ça a des conséquences graves sur les individus et les groupes sociaux concernés que cela affaibli considérablement. La majorité des gens sur Terre appartiennent à au moins un groupe oppressé et il est impossible d’en être sans avoir internalisé partiellement ces oppressions. Mais comment ce débarrasser collectivement de ce problème qui fait que nous n’avons pas assez de force pour nous libérer collectivement des oppressions que nous subissons et qui a des conséquences directes sur nos vies?

En effet comme ça cela parait très abstrait mais au niveau des individus les oppressions internalisées ont des conséquences directes sur la santé physique et mentale des individus.

Il a été démontré par un nombre conséquent de recherches en sciences sociales, psychologie et médecine que les oppressions internalisées augmentent physiquement les risques de dysfonctionnement sexuel, de séropositivité et d’hypertension https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15359074 (cette étude montre que la sévérité de l’hypertension, la difficulté des personnes oppressées à percevoir leur oppression et le degré d’oppression internalisés sont corrélés).

De même psychologiquement il est prouvé que les oppressions internalisées sont la cause principale des psychoatypies suivantes : dépendance/ et addictions en tout genres, trouble dysmorphique corporel, troubles du comportement alimentaires (anorexie, boulimie et orthorexie), troubles anxieux (phobies, trouble panique, anxiété sociale, trouble de l’anxiété généralisée, trouble obsessionnel compulsif et trouble post traumatique) et dépression et que les envies suicidaires, tentatives de suicides et suicides effectifs y sont presque systématiquement reliés.

Cela veut donc dire que une des psychoatypies que j’ai eu et deux de celles que j’ai encore ont pour origine des oppressions internalisées.

Sur les groupes sociaux il y a également des effets délétères et il a été démontré que les oppressions internalisées sont la source principale des problèmes sociaux suivants : la peur de l’intimité, les conflits internes aux groupes opprimés, la détention d’un capital culturel, social et économique trop faible pour permettre la satisfaction des besoins premiers, les problèmes de couple, le déficit d’éducation sexuelle, les comportements à risques, le fait d’accepter de faire n’importe quoi au détriment de tout ce qui peut être important pour nous juste pour un travail salarié ou une autre source de revenus, l’acculturation, l’isolation sociale, les violences conjuguales, la croyance en des stéréotypes négatifs et avec leur transmission et leur perpétuation, la violence et les crimes violents meurtres inclus.

En résumé le monde serait bien plus agréable à vivre pour tous sans les oppressions internalisées et les gens seraient plus heureux si ils s’en débarrassaient. Oui mais comment? Bon déja il faudrait que les gens des groupes sociaux dominants arrêtent d’oppresser ceux des groupes dominés d’après ces recherches ça passe par trois étapes déjà accepter qu’être dans un groupe de dominant fait de nous des oppresseurs potentiels du fait de notre socialisation sur ces points. Par exemple en tant que blanche je peux avoir des comportements racistes sans m’en rendre compte du fait de ma socialisation dans le groupe dominant sur ce point, s’en rendre compte c’est la première étape pour l’éviter.

La seconde étape est d’éviter de culpabiliser individuellement les dominants de leur position sociale car cela a été démontré comme largement contre productif, les braquant et donc les rendant plus oppressifs. Ainsi par exemple dire à une personne qu’une phrase qu’elle à prononcé est sexiste fonctionne mieux pour la faire réfléchir à cela et devenir moins sexiste que de dire à cette personne qu’elle est oppressive envers les femmes car alors la personne va voir son image d’elle même mise en danger par vos accusations et pour se protéger se percevoir comme gentille et vous percevoir comme méchant et amalgamer ce que vous lui avait reproché avec ce que vous êtes, une femme, et du coup va devenir plus sexiste qu’avant.

Enfin quand une personne dominante n’ignore plus l’être et arrête de le prendre personnellement quand on lui reproche des comportements dominants car elle a compris que c’est sa socialisation qui la rend ainsi et que ça n’en fait pas une personne mauvaise pour autant sur un plan moral elle est prête pour entendre les conséquences des comportements dominants sur les personnes dominées et donc à vouloir supprimer les siens. La troisième étape arrive donc quand la personne dominante commence à devenir une sympathisante des causes des dominées et apprend petit à petit à les considérer et à les traiter de plus en plus autant qu’il lui est possible comme ses égaux.

Il faut bien se rendre compte qu’on est presque tous dominants sur certains plans et  dominés sur d’autres. On a donc tous avantage objectivement sympathisants des groupes sociaux dominés auxquels on n’appartient pas car ces solidarités interoppression accéléreront l’effet des luttes anti oppressives de chaque groupe dans un cercle vertueux.

Mais si lutter contre les oppressions qu’on perpétue comme dominant est le plus efficace pour les luttes collectives, lutter contre les oppressions internalisées que nous avons du fait d’appartenir aussi en général à des groupes sociaux dominés c’est important pour le bien être et la santé individuelles. C’est fondamental, en effet ce n’est pas égoïste de vous occupez d’abord de vous sur ce plan là car les oppressions internalisées c’est très dangereux et vu qu’elles sont la cause principale des suicides qui tuent environ une personne toutes les 40 secondes sur notre planète http://www.bbc.co.uk/news/health-29060238., qu’importe vos échecs, vos erreurs et leur gravité si vous voulez lutter à votre échelle contre les oppressions qu’importe à quel point votre action vous semble dérisoire, votre utilité sociale sera toujours plus forte si vous êtes vivants que morts. Du coup il faut s’en occuper et prendre ça au sérieux.

Mais comment? 13 moyens efficaces de lutter contre on étés identifiés :

1/Éviter le perfectionnisme autant que faire se peut. En effet essayer d’être le militant anti oppression absolu et se flageller à chaque fois qu’on y échoue c’est contre-productif et d’autant plus problématique que plus on est concerné par un nombre important d’oppressions plus on a de risque d’être éloigné de l’idéal du parfait petit militant car pour être un super-militant qui ne fait jamais d’erreurs politiques il faut beaucoup de privilèges en vrai. Et puis surtout car un trop grand écart entre qui on est et qui on aimerait être entretien une image négative de soi même et est donc dangereuse pour notre santé. Bien sur tout le monde n’a pas les mêmes capacités à éviter le perfectionnisme et si vous y tendez naturellement et avez du mal à vous en défaire bah la première étape c’est de ne pas vous autoflageller car vous n’êtes pas assez parfaitement antiperfectionniste à votre goût.

2/ Eviter autant que faire se peut le moralisme dans la lutte contre les oppressions intériorisées, arriver ou ne pas arriver à vous en défaire ne fait pas de vous une personne bonne ou mauvaise et si c’est dur pour vous que ça vous prend du temps cela ne signifie rien de plus que le fait que vous avez probablement subit beaucoup d’oppressions au cours de votre vie et ça vous n’y êtes pour rien. Vous réagissez comme vous pouvez. L’accepter c’est la première étape pour vous sentir bien par rapport à ça.

3/Ensuite il convient d’identifier les stéréotypes négatifs sur vous même et votre groupe social et ceux qui ont été intériorisés par vous et qui vous font le plus de mal car après tout autant vous débarrassez des plus dangereux pour vous en premier. Par exemple moi j’ai eu l’idée de cet article car j’ai passé une très mauvaise nuit hier à cauchemarder en me répétant en boucle dans ma tête des clichés et stéréotypes négatifs que j’ai interiorisés sur ma déficience empathique et mes traits autistiques donc c’est ça qui me fait le plus mal en ce moment et que je dois le plus vite faire sortir de mon cerveau pour mon bien être personnel.

4/ Une fois qu’on sait quels sont les stéréotypes qui nous font le plus mal il nous faut apprendre à identifier les comportements oppressifs causés par ses clichés ce qui fait reculer les oppressions internalisées car on perçoit mieux le fait que ce n’est pas nous qui sommes en tort d’agir comme on le fait mais l’autre personne qui a des préjugés sur un des groupes sociaux auxquels on n’appartient. Du coup on prend ces commentaires négatifs moins personnellement et on peut les mettre plus à distance. Par exemple si une personne pense que je ne l’écoutes pas car je ne la regarde pas dans les yeux, plutôt que de culpabiliser de n’avoir pas su respecter ce code social je me rendrais compte que cette personne ne comprend pas que comme un certain nombre de neuroatypiques je fais ça car ne pas la regarder dans les yeux m’aide à mieux réfléchir à ce qu’elle me dit et donc je l’écoute et si j’en ai l’énergie je le lui expliquerai au mieux que je puisse et j’aurais ainsi transformé un moment négatif pour nous deux en un moment positif pour nous deux.

5/Si ce qui est probable notre apparence n’est pas celle de la beauté incarnée et fait partie des choses qui nous complexe, essayer de trouver des personnes que l’on trouve belles et qui partagent certains de ce que nous percevons comme nos défauts physique. Moi par exemple qui suis en surpoids et donc visiblement grosse écoutez des chanteuses rondes et/ou grosses que je trouve belles me fait du bien sur ce plan là et m’aide à moins complexer sur mon poids.

6/Trouver des sources d’éducation/de culture sexuelle aussi inclusive que possible si besoin est. Par exemple je suis une femme handicapée polyamoureuse et j’aime le BDSM de temps à autre ça me fait donc du bien de lire des choses sur la sexualité écrites par des femmes, encore plus par des femmes handicapées quand je trouve ce type de ressources et de temps en temps ça me fait du bien de trouver des portraits positifs du polyamour et du BDSM. Pour les personnes qui contrairement à moi appartiennent à des minorités sexuelles oppressées ce point est encore plus important car avoir du soutien sur ce point peut beaucoup vous aider à lutter contre les oppressions intériorisées.

7/Apprendre la véritable histoire des groupes oppressés auxquels on appartient, par exemple j’ai été beaucoup plus à l’aise avec le fait d’être une femme quand j’ai découvert tout ce que nous autres femmes avons fait et à quel point notre rôle à été central et non secondaire dans l’histoire de l’humanité, cela a été pour moi une grande source de confiance sur ce point.

8/Pour moi et les adultes ça c’est trop tard mais si vous connaissez des enfants redoublez de vigilance vis à vis d’eux et dites/faites le moins de choses potentiellement oppressives devant eux car plus les stéréotypes négatifs sont intégrés jeunes plus ils sont difficiles à défaire. La seule chose qu’on puisse en faire une fois adulte c’est de se souvenir si on le peut de comment on à intégrer ces stéréotypes étant jeunes. Par exemple je sais que j’ai intégré les stéréotypes négatifs qui m’ont pourri ma nuit sur les traits autistiques et le déficit empathique de deux sources principales mes parents très validistes sur ce point et aussi et surtout les élèves qui me harcelaient à cause de ça au collège et au lycée, je voudrais bien que ce passé devienne un passé lointain qui n’a plus de conséquences sur mon estime de moi présente mais savoir que ce n’est pas le cas c’est déja une première étape pour allez vers ce but. Et si vous êtes mineurs et lisez ça n’écoutez surtout pas les gens qui se moque de votre physique, de votre culture ou de votre caractère, vous êtes vous et vous êtes très bien comme vous êtes.

9/Trouver des moyens de percevoir ses traits en vous qu’on vous à appris à détester car ils étaient liés aux groupes sociaux dominés auxquels vous appartenez comme positifs, cela peut passer par beaucoup de moyens mais les plus efficaces sont ceux qui sont ritualisés semble t’il. C’est à dire que trouver un moyen régulier de fêter votre appartenance à ces groupes dominés et la fierté qu’elle vous fait ressentir c’est très utile à la fois pour vous redonner de la force et en redonnez à ces groupes sociaux dans leur ensemble en les unifiant autour d’un événement qui les rend plus visibles, plus puissants et donc plus fiers. Prenons le fait d’être une femme par exemple comment le ritualiser? Cela peut être un événement annuel comme la journée des femmes du 8 Mars, une chose qui a lieu mensuellement, le fait de consacrer un jour qui vous semble signifiant dans le mois pour célébrer les femmes à votre façon comme je sais pas moi la pleine Lune par exemple (évidemment les évènements sociaux auxquels tous participent comme les fêtes sont plus efficaces mais on a pas tous la capacité d’y participer et je suis court sur ce point donc je fais comme je peux en inventant des rituels à ma façon, et tant qu’on y est on parle pas d’une chose religieuse plus de genres de célébrations style mini anniversaires), un jour de la semaine que vous y consacrer le Vendredi par exemple et/ou un moment de chaque journée bref pendant lequel vous faisez un geste quelquoncque qui signifie que vous y pensez par exemple dessiner un symbole féminin sur une feuille, vous collez un pins féministe sur la veste, écoutez une chanson qui vous parle enfin ce que vous voulez de court et de symboliquement signifiant qui vous connecte à cette expérience d’une façon qui vous donne de la fierté. Vous êtes pas obligé de faire tout ça un seul truc suffit si vous n’en voulez pas plus et vous pouvez en faire encore plus si ça vous amuse. L’idée c’est avant tout que ça vous corresponde, que ça vous parle et que ça vous donne de la force. Tout ce cirque doit par contre être très symbolique et imagé pour frapper votre « inconscient » et donc y imprégner cette fierté qui y remplacera progressivement la honte d’être d’un groupe dominé par de la confiance et de la sûreté. C’est le but de cela.

10/Se reconnecter avec les pans de notre identité dominés qui nous ont été arrachés par nos oppresseurs, par exemple je suis en partie d’origine Corse mais j’ai vécu loin de ma terre familiale et j’ai perdu énormément de cette culture par acculturation à la vie du continent, à chaque fois que je découvre quelque chose qui me permet de mieux comprendre ce qu’est la culture corse ça me fait du bien car ça me reconnecte avec mes racines et me renforce. Tout les groupes dominés ont leur culture propre par exemple lire des shojos, mangas pour filles, comme Fruits Basket par exemple ça m’a fait beaucoup de bien car ça m’a fait redécouvrir les forces féminines et les côtés positifs de la féminité et m’a beaucoup aidé à accepter cette part de moi que notre monde macho rejette à la période délicate de l’adolescence.

11/Prévention politiquement conscientisée des comportements suicidaires. C’est à dire que si vous ou quelqu’un d’autre est en proie à ce genre de sentiment vous devez essayer de mêler votre connaissance de la personne et des causes politiques du suicide et des envies suicidaires pour l’aider au mieux et chaque fois que vous en avez la capacité fissurez le tabou autour de ce sujet. Cela peut sauver des vies.

12/Pas de hiérarchie officielle, les groupes non officiellement hiérarchisés contrairement à ce qu’on pense d’ordinaire le sont moins que ceux ou les statuts hiérarchique de chacun sont clairs et il est démontré qu’une forte hiérarchisation des rapports sociaux augmente les oppressions internalisées. Alors passé autant de temps que possible dans les lieux non hiérarchisés fait du bien.

13.N’utilisez la non mixité qu’en cas où l’on est trop oppressé pour avoir accès à ses besoins autrement, cela car ne dépendre que d’un groupe restreint de personnes rend plus fragile surtout quand on n’a pas beaucoup de capital social, culturel et économique. Au début  ça m’avait étonné car la non mixité, fait de se retrouver seul avec d’autres personnes du même groupe social dominé que nous sans personne du groupe social dominant, soirée entre meufs par exemple, peut être un outil politique puissant contre les oppressions internalisées mais son utilité et ses risques varient beaucoup d’une personne à l’autre en fonction de notre statut social. Par exemple beaucoup de gens sont dépendants pour leur survie de personnes qui sur certains points les dominent socialement, une dame âgée dépendante de son fils par exemple. Donc là non mixité seulement si vous pouvez, quand vous pouvez et si ça vous est personnellement bénéfique.

Bien sur tout ça est diversement accessible d’une personne à l’autre alors ne suivez pas forcément tout, faites votre tambouille perso en vous aidant ou pas comme vous le sentez de ces conseils dont j’espère qu’ils seront utiles à quelqu’un et surtout prenez bien soin de vous et je souhaite que vous parveniez à surmonter les épreuves qui vous attendent, courage.

Dernier point important pourquoi certains ont plus de mal que d’autres à se débarrasser des oppressions internalisées? D’abord ce n’est pas une question d’efforts ou de force mentale, ceux qui n’y arrive pas ne sont pas feignants ni faibles, leurs difficultés ont de vraies explications. Souvent plus on est oppressé sur plusieurs plans on intériorise d’oppressions car elles se nourrissent des mêmes mécanismes et donc elles s’amplifient et se nourrissent les unes des autres. C’est pour ça que plus on est bas dans l’échelle sociale plus monter est difficile alors qu’il est nettement plus aisé d’en descendre. Votre statut social n’est pas une chose qui se change aisément, s’en vouloir de ne pas arriver à s’élever socialement autant qu’on le voudrait fait plus de mal que de bien. Comme on l’a vu les protections possibles contre ces effets d’oppressions intériorisées sont diversement accessibles à chacun ce qui est aussi lié au capital social, économique et culturel de chacun, basiquement plus on en a besoin moins on peut y avoir accès. Donc si vous le pouvez diffusez tout ce qui vous parait potentiellement utile pour ça à un maximum de gens c’est encore le plus utile.

En conclusion n’oubliez jamais de vous aimer autant que vous le pouvez car vous êtes quelqu’un qui a droit à l’amour (au sens large) puisque vous êtes une personne et ce droit est inaliénable pour toute personne, je sais que certains sont très seuls même si plus souvent on se croit seul mais on n’oublie qu’on est aimé de beaucoup. On est toujours important pour quelqu’un, vous n’imaginez probablement pas votre force et le nombre de vies que vos avez pu changer en bien au cours de la votre, nous autres humains sommes tous membres d’une même société et apportons tous notre pierre à cet édifice, ce n’est qu’ensemble qu’on peut construire la suite de cette histoire. Ne croyez pas qu’apprendre à vous aimez fera de vous une personne égocentrique, ne vous l’interdisez pas en croyant erronément cela, la plupart des humains sous estiment la force qu’ils ont, la redécouvrir vous rendra plus indulgent envers vous même et par la même envers autrui, vous comprendre et vous aidez à la mesure de vos moyens ne peut que vous rendre plus gentil avec tout le monde et donc plus à même de convaincre les autres de vous suivre sur ce chemin et de changer ce monde en un endroit meilleur ensemble. Vous êtes ceux qui porte en eux la lumière des lendemains qui chanteront puisque vous êtes là pour les construire. Cela parait mystique comme ça mais en fait ça se résume en une seule idée très simple, vous êtes tous formidables, ne l’oubliez jamais.

 

 

 

 

 

 

Éducation sexuelle politique : Que sont les ovaires? Éducation sexuelle politique partie 2 : Que sont les ovaires? Et quelques autres considérations autour de ce thème.

La réflexion que j’ai entamée concernant l’utérus ayant porté des fruits intéressants et inattendus surtout quand il a s’agit de penser à comment dégenrer ce muscle sur lesquels les présupposés sexistes abondent. J’ai envie de poursuivre sur la voie où m’a portée cette idée pour voir ce que cela donnerait. Je pensais continuait avec le pénis qui me semblait l’élément le plus vivement genré au masculin des parties du corps humains…mais force est de constater que je ne pouvais pas construire grand chose qui n’était pas déjà là et que la réflexion portée dessus était assez minimaliste. Au début ça m’a déçue, j’étais dans l’incompréhension et puis j’ai compris. Hormis quelques détails comme les stéréotypes racistes autour de sa taille il n’y a pas grand chose à critiquer de la vision ordinaire du pénis et des parties du corps estampillées « masculine »…le corps masculin est généralement perçue de façon juste et objective car il est « dégenré » déjà de base du fait d’être jugé la norme, en ce sens sa sexualisation est toujours perçue comme neutre donc il y a finalement assez peu à en dire politiquement. Du moins tant qu’on reste sur le questionnement de sa « biologie » et qu’on ne part pas sur les pratiques sexuelles ou l’orientation sexuelle qui n’est pas ce qui m’intéresse directement et est au centre de mon questionnement dans cette série d’analyse.

Du coup c’est le corps féminin ou du moins perçu comme tel qui est dans le discours idéologique dominant jugé en dehors de la norme construite sur le corps masculin qu’elle a rendu « neutre ». Pas tout le corps physique féminin ceci étant dit. En fait la très grande majorité de ce dernier étant similaire à son équivalent masculin est tout aussi « neutre » et peu « genré ». Hormis dans un cadre érotique peu de gens font des différences énormes entre l’œil, l’oreille, la main ou l’os d’une femme ou d’un homme par exemple socialement parlant. C’est en effet ici le rôle social et politique qu’on donne à la biologie du corps genré et sexualisé comme féminin qui m’interroge d’où que je passe assez peu de temps sur la biologie pure qu’on apprendra mieux en cours de SVT qu’en me lisant.

Autrement dit ici je questionne pourquoi la dizaines de parties des corps féminins physiques qui ont un fort genre social l’ont à ce point là et qu’elles en sont les implications politiques. J’ai compté 12 parties du corps perçu comme féminin particulièrement genrées et donc je considère que j’aurais fait le tour de la question en abordant les douze. Certaines sont cependant considérablement moins genrées que d’autres donc j’ai moins de choses à en dire alors il est probable que cela tienne en moins de 12 articles sur ce même sujet. J’ai commencé par l’utérus car il me semblait très net et cela c’est confirmé à entrer en profondeur dans l’analyse qu’il est la partie du corps humain que socialement on genre le plus. Cela a donné un premier « chapitre » intéressant à ce texte et j’ai eu envie de creuser plus avant.

Alors j’ai cherché la partie du corps humain dit « féminin » la plus genrée hormis l’utérus lui même et il m’est vite apparu qu’il s’agissait des ovaires. On les perçoit le plus souvent comme propres à un physique de femme humaine mais l’existence des personnes transgenres montre que cela n’est pas si simple. Il existe des hommes trans qui ont des ovaires. Ceci étant dit on voit bien la pression de la norme qui genre les corps dans la mesure où certains d’entre eux se font retirer leurs ovaires car avec les autres ne respectent pas assez leur genre et les jugent comme des femmes.

Cela montre déjà le biais cisexiste des manuels d’éducation scolaire de SVT qui qualifient les ovaires d’organes sexuels « féminins » un peu trop rapidement et donc omettent l’existence d’une partie des personnes qui en ont et ne sont pourtant pas des femmes. Cela oublie aussi l’existence des personnes d’un autre genre qu’homme ou femme et qui néanmoins ont des ovaires et participe aussi de l’idéologie derrière les violences faites aux enfants intersexes en leur imposant des mutilations génitales pour leur imposer aléatoirement le genre auquel le médecin les assignent à la naissance et le fait de se faire amputer des ovaires sans leur consentement si le genre décidé par le médecin est masculin dans certains cas. Certains témoignes n’avoir appris que bien après l’opération avoir été dépossédés de leurs ovaires enfants et le vivent très mal. Certains intersexes réinterrogent leur genre et se considèrent comme bigenres c’est à dire à la fois hommes et femmes après la révélation que leur corps de naissance était considéré à la base comme mi féminin mi masculin.

Les implications politiques de ce fait sont au moins trois comme je le vois. Premièrement il indique que le binarité de genre est une construction idéologique culturelle qui est imposée aux corps « biologiques » naissant hors de cette norme jusqu’à les mutiler et laisser un immense tabou autour de leur corps de naissance démentant la binarité de genre, tabou ayant pour but de la renforcer en la faisant croire « naturelle ». Deuxièmement il indique que la science et la médecine sont imprégnées sur ce point d’idéologies totalement dépourvues de la moindre objectivité à un point telle que quand « la nature » va à l’encontre des préjugés culturellement ancré sur les corps humains et leurs genres elles vont jusqu’à mentir effrontément aux gens pour préserver la fausse idée que le corps humain n’aurait que deux sexes, masculin et féminin. En vérité le nombre de « sexes » qu’on peut compter dans l’espèce humaine est relativement arbitraire et à géométrie variable 3-La construction des « hermaphrodites » comme « monstres sacrés », « contre-nature » et qui longtemps sorti les intersexes de la définition de « l’humain » pour les intégrer selon les cultures plus ou moins au « divin » ou à « la monstruosité » confirme encore une fois que la notion d' »humain » est très culturelle et que les corps qu’on définit comme l’étant ou pas sont jugés tels non pas sur les critères biologiques de l’espèce mais selon des idéologies culturelles et sociales par ailleurs fluctuantes. Cela montre aussi l’énorme influence des préjugés issus de la religion sur les définitions scientifiques et médicales de l’humain, du masculin, du féminin, des intersexes, de la femme, de l’homme, du sexe et du genre.

Les intersexes expliquent que ces ablations forcées de leurs ovaires très jeunes ont souvent de plus des conséquences dramatiques sur leurs santés ce qui implique clairement que les médecins pour préserver leurs préjugés sur le genre issus de leurs idées religieuses n’hésitent pas à aller jusqu’à mettre volontairement et systématiquement leurs patients intersexe en danger.

Les femmes transgenres elles le plus souvent n’ont ni utérus ni ovaires et les gens cisgenres c’est à dire dont le genre assigné à la naissance correspond à leur genre social et qui se perçoivent comme « normaux » de ce point de vue tendent à les dénigrer en jugeant qu’elles ne seraient « pas des vrais femmes » de ce fait car pour eux une femme se définit avant tout comme un être ayant un utérus et des ovaires car c’est à cette condition qu’elle peut « porter la vie » c’est à dire être en capacité d’accoucher « biologiquement » de façon classique d’un enfant humain ce qu’ils nomment être fertile.

Doit on comprendre que selon eux le seul rôle et destin féminin se réduit à objet de reproduction de l’espèce humaine? La fertilité est ce là ce qui fait la femme? On m’admettra j’espère qu’être femme est nettement plus complexe et riche comme expérience de vie que cela. Alors…au fond je pense que cette réduction des femmes dans leur ensemble à leur seule fertilité est notoirement misogyne. Les femmes transgenres ont par ailleurs parfaitement raison de souligner que les femmes cisgenres infertiles sont bien vues comme des femmes pourtant et que le « destin féminin » n’a pas à se réduire à l’enfantement comme unique possible.

L’argument fleure donc beau l’hypocrisie visant à exclure les femmes transgenre par transphobie. D’où l’importance de dégenrer l’antisexisme pour qu’il soit plus inclusif des personnes trans étant donné qu’à force de réunir le plus souvent exclusivement dans ces courants des femmes cisgenre sur la base des ovaires qu’elles ont en commun cela est excluant au bout du compte pour les personnes transgenres qui pourtant sont parmi celles pour lesquelles l’enjeu de sortir d’une société sexiste est le plus vital étant les plus fréquemment victimes de violences sexistes. Ce ressenti d’une injonction à se faire enlever les ovaires est aussi mal vécu par certains hommes trans qui expliquent que c’est une opération dangereuse dont ils craignent les conséquences et en ont marre qu’elle leur soit jugée par presque tout le monde jusque dans le militantisme trans comme obligatoire pour faire d’eux « des hommes, des vrais » qui apparemment ne pourraient pas eux être fertiles et porter la vie en accouchant « biologiquement », ce qui dérange trop les normes sexistes. 64% des hommes trans se sont fait retirer les ovaires selon Philosophie Magazine, une partie d’entre eux le font en s’y sentant forcés et contraints pour être respectés en tant qu’hommes, il est donc probable que davantage conserveraient les leurs dans une société moins sexiste envers eux. Plus largement beaucoup de personnes trans en ont aussi marre qu’on juge que ces opérations de modification de leur corps pour qu’il corresponde le plus possible à la norme médicale et scientifique officielle d’un corps masculin et d’un corps féminin comme leur étant LE passage obligatoire pour faire d’eux des « vrais hommes » et d’elles des « vraies femmes ». Ces personnes luttent pour faire cesser le double standard où elles subissent à la fois des injonctions à se faire opérer pour être plus dans les normes de sexe et de genre d’un côté et à ne pas se faire opérer et simuler d’être cisgenres. Les trans sur cette ligne là estiment aussi important et même pour certains vital de démédicaliser le vécu trans pour la santé des personnes trans et leur émancipation de leur principal oppresseur qui demeure l’institution médicale qui pathologise leur vécu.

Pour contrer ces fausses évidences certains hommes trans mettent en avant leurs grossesses masculines et le fait d’avoir été enceint pour sortir la grossesse de la normativité de genre. En le montrant ils veulent faire comprendre au plus de gens possible que si on peut bel et bien être un homme enceint et cela existe déjà.

Dans un autre registre les personnes intersexes luttent pour que l’on cesse de les séparer médicalement en « vrais » et « faux » « hermaphrodites » de façon artificielle selon si ils ont ou pas un testicule et des ovaires (hermaphrodite vrai en ce cas et faux en le cas contraire selon la définition médicale officielle) ce qu’ils estiment, je pense à juste titre, être un critère très arbitraire ne servant qu’à les diviser sur une base fallacieuse. Pour eux en l’état la reconnaissance d’un « troisième sexe » serait une légère avancée mais resterait loin d’appréhender la multiplicité de leurs réalités situés hors de la binarité homme/femme qu’ils expliquent être très loin de correspondre à une seule situation unique, homogène et monolithique de « troisième sexe » et correspondre tout au contraire à des parcours individuels et façon d’être sexués très variées que cette notion efface.

Certains trans aussi refusent que l’on nomme leur transition un « changement de sexe » estimant que le sexe étant du genre leur transition ne fait que rendre apparent le sexe qui est déjà le leur qui est celui de leur genre social et que ce qu’ils font par leur transition c’est simplement le rendre visible aux personnes de leur entourage trop cisexiste pour accepter leur genre sans cette transition.

Les personnes trans, intersexes et non binaires dans certains pays sont stérilisés de force par transphobie d’Etat pour les empêcher d’enfanter donc de porter la vie et d’être fertiles, dans d’autres pays ils n’y sont pas contraints mais très fortement incités car les opérations de transition ne leur sont autorisées que si ils acceptent la stérilisation dans des contextes où l’injonction faite aux personnes trans à transitionner est très vive, dans d’autres pays encore comme c’est le cas de la France les personnes trans n’ont pas d’obligation médicale d’être stérilisées pour transitionner en théorie mais certaines opérations telles qu’elles sont conçues les rendent presque automatiquement stériles et la pression de conformité à transitionner pour les personnes trans demeure très forte. C’est surtout le cas des hommes trans que leur ablation de leur utérus et de leurs ovaires dont on a vu qu’en France elle a lieu pour 64% des hommes trans les rend presque toujours stériles.

Ceci a selon les hommes trans des enjeux d’idéologie politique sexiste très directs puisqu’ils expliquent que cela force une partie d’entre eux qui voudraient rester fertiles et tomber enceint à devoir choisir entre être respectés en tant qu’homme ou enfanter ce qui leur est un dur déchirement même si la plupart choisissent au final de renoncer à l’enfantement c’est aussi sous une forte contrainte que c’est le cas. Cela signifie aussi que dans notre société il y a une norme sociale transphobe qui veut que toute personne qui n’est pas une femme cisgenre soit prohibée socialement du droit à reproduire l’espèce humaine tandis qu’on contraint les femmes cisgenres et les gens perçus comme tels à cet unique rôle et leur prohibe les autres. Situation où l’homme trans perçu comme femme cisgenre se retrouve à devoir subir le double standard impossible et absurde qu’on lui fait subir à la fois l’injonction sociale de n’avoir droit de rien sauf de se reproduire et celle de ne surtout pas se reproduire. Bref autant le dire clairement en un mot comme en cent socialement dans notre société sexiste les hommes trans n’ont pas de droit du tout. En prime vu les taux de personnes non dans les normes cisgenres a être assassinées, à se suicider à cause de la transphobie ou plus largement a voir leur espérance de vie drastiquement réduite par les violences transphobes subies et tournant autour de trente ans là où celle d’une personne cisgenre est deux à trois fois plus haute je crois que l’injonction sociale sexiste générale des personnes non cisgenres à ne pas exister et ne pas survivre est assez nette. Tout ça car ces gens ne correspondent pas à ce qui est écrit dans les bouquins médicaux sur le sexe et le genre par des médecins cisgenres et surtout sexistes. Comment dire…tout ça pourrait être des souffrances épargnées si ceux là mettaient juste un peu pour une fois leurs égos de côté pour admettre que si des gens ne correspondent pas à leur théorie ce ne sont pas les gens qu’ils faut modifier pour qu’ils y collent mais leurs théories qu’il leur faut modifier pour qu’elles collent à tout les vécus.

Pour toutes ces raisons dégenrer les ovaires et cesser de les voir comme exclusif des corps de « femme » « cisgenres » et contraignant celles ci à être avant tout voir exclusivement mères est hautement nécessaire.

Je remarque aussi vu le nombre de renvois à des sites pornographiques dans mes recherches que penser les ovaires en dehors de la biologie ou de la pornographie reste socialement très tabou. Comme avec les utérus. Et aussi que la biologie comme la pornographie manquent singulièrement d’imagination dans l’ensemble et restent sur des présupposés sur les ovaires et les utérus tout à fait identiques à ceux imposés par leur définition par les autorités médico-scientifique et invisibilisant presque complètement sauf très à leurs marges tout ce que j’ai dit jusqu’ici dans cette série.

Le féminisme classique oublie tout ça dans ce qu’il dit des ovaires également et se contente de les revaloriser avec un art féministe dessinant des ovaires positivement perçus notamment, de refuser d’être réduites à leurs ovaires, de cependant rendre ces derniers visibles et politiques dans leurs slogans et expressions, de porter attention à la santé des ovaires souvent négligée par la médecine sexiste et de montrer en somme que la femme ne se définit pas par ses ovaires, n’est pas secrétée par ses ovaires comme elles disent. C’est essentiel mais contradictoire avec l’attitude de la plupart des féministes qui excluent du féminisme toutes les personnes qui s’y intéressent sans avoir d’ovaires en étant à ce point focalisées sur ce que leurs ovaires disent d’elles ou pas. D’ailleurs chez certaines quand elles accusent les masculinistes de croire à la supériorité du testicule sur les ovaires on est quand même assez nettement dans le réductionnisme sexiste biologisant à la fois insultant pour les hommes et les femmes au final.

On a cependant des éléments intéressants quand elles montrent que les activités émancipant les femmes de la domination masculine sont très souvent accusées à tort de les stériliser, par exemple autrefois on prétendait que la lecture avait sur elles cet effet « dramatique » pour les décourager de lire ce qui leur donnait plus de savoir donc de pouvoir et ne plaisait donc pas aux hommes. De quoi se méfier quand on nous affirme aujourd’hui sans guère plus de preuve que conduire stériliserait la femme saoudienne encore maintenant par exemple, ça a beau être ridicule ça reste le genre d’arguments qu’on sort contre l’émancipation féminine parfois. Elles vont aussi montrer que posséder des ovaires ne rend pas faible et qu’en avoir n’implique pas de devoir se résigner à accepter l’infériorisation sociale imposée aux personnes qui en ont.

Malgré ça elles restent trop souvent dans l’affirmation qu’une femme a des ovaires ce qui exclut les femmes trans et les femmes cis nées sans ovaires ou dont les ovaires leur ont été retirés par choix ou de force. Certaines formes de la non mixité féministe ont ce travers sexiste. C’est malheureux.

Cependant côté réflexion sur les ovaires il y a aussi comme fondamentale l’histoire des sorcières, celles étant des sages femmes et guérisseuses traditionnelles usant de plantes médicinales pour soigner ici j’entends, c’est contre leur médecine qui partait de façon très matérialiste au final du commencement et été centrée en priorité sur l’obstétrique et la gynécologie que c’est construite par leur génocide la médecine patriarcale capitaliste masculine misogyne, cisexiste et hétéronormée actuelle dite « moderne » et ses normes et présupposés de genre faisant bien du mal qui ont une origine idéaliste à trouver dans les dogmes religieux du patriarcat chrétien. C’est lui qui a imposé la vision du destin du corps « féminin » qui arrangeait le mieux son pouvoir, « tu accoucheras dans la douleur » résume ce que cette norme en fait un corps humain femelle contraint à la féminité selon ses critères de cette dernière et condamné à un seul « destin » « naturel » féminin », née pour la souffrance d’être mère. Avez vous remarqué l’esprit de sérieux imposé autour de cela? Le corps féminin, la femme, la féminité, le féminin, la femelle, l’humaine, le destin, la nature, la maternité, l’accouchement, être mère, l’utérus, les ovaires enfin et surtout la souffrance d’être femmes…que de sujets qu’il est interdit de prendre avec humour, à la rigolade et à la légère c’est presque « un blasphème » n’est ce pas? Précisément sortir tout ça de cette austérité religieuse là est aussi un bon moyen de le requestionner et de l’émanciper de normes sexistes imposées par un patriarcat médical héritier direct du patriarcat religieux et qui en garde la majorité de l’idéologie.

Difficile de ne pas remarquer à quel point La Manif Pour Tous était un mouvement sexiste aux motivations religieuses chrétiennes, ses acteurs très hostiles au féminisme en disent je les cite :

« La féminisme traditionnel occulte la maternité » … Séparez vagin et ovaires, femme et mère, et surtout, encensez la première, niez la seconde. »

Vu à quel point sortir la femme de la seule fonction maternelle et dégenrer les parties du corps « féminin » qui sont genrées les dérangent eux gardiens de l’ordre établi sexiste j’en déduis que c’est précisément cela qu’il faut faire pour s’émanciper du sexisme.

Les trompes de Fallope ont beau être genrées, et faire fatalement le beau jeu de jeux de mots à l’humour douteux…avec parfois lorsque utilisés de façon sexiste le sous entendu que toutes les femmes seraient « des putes » « par nature » au fond on peut pas en tirer grand chose comme analyse de rôle social de genre à part quelles sont jugées faire partie de l’appareil reproducteur des corps humains que l’on a longuement vu être pour des raisons idéologique socialement officiellement genré comme « féminin » en dépit du fait qu’il existe en dehors des corps de femmes. En même temps la plupart des gens ne savent même pas que ça existe et c’est assez logique que du coup elles n’aient pas un rôle social hyper important ce qui est réservé aux parties du corps que la plupart des gens connaissent comme c’est assez attendu.

Que me reste t’il à traiter? J’avais sélectionné vagin, sein, hormones féminines, nymphes, le nombril, le ventre, les aisselles, les lèvres, la gorge, la vulve, les menstruations et le clitoris.

Je pense en profiter pour me débarrasser rapidement des considérations sur ce dont on entend rarement parler je vais donc laisser tomber les nymphes car finalement il y a peu à en dire hormis des choses ayant plus trait à la féminité dans la mythologie grecque qu’à la politique de dégenrer les corps humains et la vulve sur laquelle il y a pas grand chose à dire non plus à part que si elle était si radicalement différente du corps masculin qu’on le prétend il ne serait pas si aisé de faire des opérations trans MTF où un pénis est par chirurgie changé en vulve en tirant vers le bas la partie basse de sa peau. Il y a aussi des partes du corps qui sont fréquemment érotisées de façon genrée dans des cadres où cela à sa place comme la gorge d’une femme dans un rapport hétérosexuel mais à part ça difficile d’en tirer quelque chose dans cette analyse elle est déjà traitée de façon relativement neutre en terme de genre excepter dans ce genre de jeux érotiques où qu’elle ne le soit pas est pleinement légitime de mon point de vue. La seule chose qui m’échappe c’est pourquoi diable on dit un soutien-gorge alors que ça soutient les seins, ça m’a toujours perturbée ça. C’est illogique. Alors apparemment c’est car autrefois on percevait de façon genrée les corps féminins différemment et les seins ainsi que le décolleté étaient perçus chez la femme comme le complément de sa gorge nettement plus genrée et érotisée que maintenant. Les femmes ne sont pas moins femmes qu’à l’époque d’avoir dégenrer leur gorge pourtant en très grande partie ce qui devrait enlever bien des craintes aux gens qui pensent que dégenrer le corps humain féminin se serait « abolir la femme ». Le nombril lui aussi est vu de façon généralement neutre hormis que lui pour le coup au contraire de la gorge il a augmenté en féminisation avec la mode des piercings féminins au nombril de plus en plus répandue qui le décore d’objets très genrés féminins. Ceci étant le libre choix des femmes qui le font bien plus qu’une injonction en règle générale pour le coup cependant c’est plus un gout esthétique qu’un genre imposé de façon large et surtout institutionnelle et autoritaire au nombril donc je n’y vois aucune objection et ça me semble légitime, ça apporte cependant plus d’eau encore à mon moulin quand je dis que la façon dont les corps « féminins » sont genrés fluctue au fil du temps, et même à celui des simples modes à vrai dire. C’est à dire que d’une année à une autre je sais pas moi si l’année d’avant c’est la mode du string-ficelle et l’année d’après celle du retour au maillot une pièce le temps d’une année la façon de faire le genre des corps « féminins » aura déjà changée…d’ailleurs en fait il y a des normes de ce que porte un corps féminin par saison et par mois comme vêtements, ornements et cosmétiques….en fait on dégenre le corps « féminin » pour lui donner un nouveau genre chaque mois…et après on vient raconter que c’est impossible de le dégenrer et qu’il est fixé comme on l’explique dans le manuel de SVT de toute éternité? C’est risible. Pourtant quasi tout le monde y croit. Comment ça se fait? Je ne conceptualise pas comment les institutions sexistes parviennent à ce tour de force.

De même que le nombril les fesses sont perçues de façon neutre et pas si genrée que cela tant qu’elles n’entrent pas dans le rapport de séduction, l’érotisme et les normes de beauté…donc dans des attitudes que tout le monde « débiologise » et perçoit à juste titre comme culturellement normées. Ici ça m’intéresse pas des tonnes je cherche surtout à sortir du biologisme l’antisexisme et dégenrer ce qui y est naturalisé par l’idéologie dominante comme un « destin biologique féminin ». Du coup je passe sur le rôle du cul dans la féminité vu qu’il est admis comme social et non biologique par tous.

Pour le ventre hormis quand il sert de métonymie pour désigner l’appareil reproducteur humain ce dont on vient de longuement parler il est surtout jugé comme étant féminin par rapport à la norme de beauté de la minceur donc comme pour les fesses ici c’est hors sujet et comme posant plus de problèmes de santé avec maux de ventre aux femmes qu’aux hommes globalement et ça c’est apparemment c’est une donnée statistique mais la cause en est inconnue. Je me permets une hypothèse cependant…on sait que le seuil de douleur est lié au stress…tout simplement les femmes sont plus stressées que les hommes car elles subissent la misogynie contrairement à la plupart d’entre eux donc logiquement elles vivent plus de problèmes somatiques que les hommes qui en découlent directement, que pensez vous de cette supposition? Hormis ça je n’ai pas grand chose à en dire qui soit ici dans le thème.

J’en viens à deux parties du corps un peu à mi chemin entre être perçues comme purement socialement ou comme purement « biologiquement » féminines, les lèvres et les aisselles, les deux ont en commun que les hommes comme les femmes les ont et tant qu’on reste sur du purement médical ou anatomique on les décrit purement de la même façon mais que les normes de beauté féminines sont tellement normatives les concernant qu’elles en viennent presque à modifier le corps biologique des femmes. Ce n’est pas une première, même au niveau morphologique les scientifiques disent que les femmes et les hommes étaient difficilement distinguables dans les restes qu’ils en trouvent à la préhistoire avant le patriarcat et que dans les restes trouvés l’augmentation du dimorphisme sexuel humain est directement corrélé à la mise en place et au renforcement progressif du patriarcat au cours de l’histoire humaine et que c’est particulièrement notable concernant la force physique des femmes réduites au fur et à mesure que le patriarcat les affaiblissaient…littéralement.

Et oui on insiste tellement sur le fait que la biologie contraint le sociologique, très souvent en étant très excessif sur à quel point elle le fait, qu’on en oublie que le social, le culturel modifient aussi le donné biologique. Les deux ne fonctionnent pas en vases clos, depuis qu’ils existent ensemble ils sont dans tout en interaction permanente et les dissocier est impossible, artificiel…et un leurre tout droit hérité de cette fameuse binarité idéologique de genre qui à associer les sciences « humaines » dites « douces » à la féminité et les sciences « naturelles » dites « dures » à la masculinité en les séparant en des cloisonnement disciplinaires en spécialités réductionnistes séparées les unes des autres de façon finalement hautement contestable. Au passage la binarité de genre est une norme née dans l’Occident du XIXème siècle et imposée dans le reste du monde par la colonisation…elle a donc la même date de naissance peu ou prou que le système universitaire séparant la science en disciplines universitaires spécialisées et la même origine idéologique…encore une fois à trouver dans le patriarcat chrétien qui avait alors une très grosse influence idéologique sur le contenu des enseignements universitaires occidentaux surtout en médecine et biologie.

Du côté des lèvres, celles des femmes sont tellement érotisées et hypermédiatisées qu’on en vient presque à oublier que les hommes en ont aussi tant les leurs en comparaison sont socialement invisibles. La très grande majorité des femmes portent en France du moins du rouge à lèvres, s’en est au point qu’on en vient presque à oublier que les femmes ne naissent pas avec des lèvres naturellement de la teinte que le rouge à lèvres discret de la plupart d’entre elles leur donne. Discret…précisément pour donner l’illusion d’émaner de la « nature » de la femme, qu’elle serait née ainsi…et l’illusion fonctionne relativement bien, tout le monde sait bien que non et que c’est juste une norme de beauté…mais tout le monde accepte de jouer le jeu de simuler de croire que les lèvres féminines sont de cette teinte là à la base et semble presque à la limite d’oublier que c’est un jeu social et esthétique qui le fait croire justement.

Pourtant il y a bien là une injonction normative sociale autoritaire difficile de le cacher quand la norme du rouge à lèvres n’est contestée par quasi personne même en milieu féministes hostiles au maquillage qui vont rarement jusqu’à se passer de rouge à lèvre discret et norme qui est parfois carrément une pression non seulement de conformisme social mais carrément directement patronale comme avec le cas qui a fait grand bruit récemment d’une serveuse virée par son patron car ayant refusé de porter du rouge à lèvre à son travail. L’affaire avait fait grand bruit…la question était avait t’il légitimité à la virer juste pour ça ou pas? L’opinion française était sur du 50/50…je croyais trouver des féministes en furie après un tel exemple de misogynie notoire comme cela m’aurait semblé être à bon droit pour le coup…mais non…elles étaient traversées par la même division sociale que le reste de l’opinion sur cette question…et chez elles comme les autres l’idée que c’était quand même exagéré de la part du patron d’exiger d’aller jusqu’au rouge à lèvres mais que dans un travail de serveuse qu’il y ait des exigences esthétiques question de « respect des clients » l’a hélas emporté…WTF? Citez moi un seul métier majoritairement masculin ou on peut te sortir ça? Oui voilà ça existe pas…comment ça se fait que ce soit à ce point intégré ces conneries là? C’est en dehors de ma capacité d’explication là.

En tout cas pour moi à partir du moment où c’est possible de se faire virer pour être une personne assignée femme sans rouge à lèvre j’estime que c’est plus juste une norme de beauté mais une institution patriarcale capitaliste que l’injonction faite aux femmes d’en porter partout en public. Il parait (je l’ai lu sur antisexisme.com) qu’avant les années 1920 c’était mal vu d’en avoir et la marque des seules femmes publiques, les prostituées, et que par la suite quand les femmes ont commencé à massivement entrer dans l’espace public et le salariat dans cette décennie là c’est devenu l’injonction que c’est resté depuis pour les femmes d’en porter ce qui a été analysé comme une punition des femmes pour être sorties de leur rôle social et une manière de les y réassigner en les contraignant partout et toujours à être partiellement au moins dans la séduction des hommes et la recherche de leur plaire, au travail et dans l’espace public tout particulièrement. Cela me semble faire sens.

Cette norme pourtant est de toutes les oppressions, elle est validiste car quand on est handicapé(e) c’est impossible dans certains cas, notamment pour une dyspraxique comme moi, de s’appliquer ce fichu rouge à lèvres correctement sans en foutre partout soi même, une des raisons pour lesquelles je ne me maquille jamais d’ailleurs ça a toujours été une torture pour moi quand on essayait de m’y forcer et bordel on a pas arrêté de tenter de m’y forcer, c’était d’un chiant, bref, vu que je sors plus trop depuis quelques temps les gens ont laissé tomber l’affaire ça fait une sacrée fichue pression en moins, ouf. Elle est aussi une norme raciste vu qu’elle participe à imposer des normes occidentales blanches à d’autres cultures. Et aussi car on reproche plus le maquillage toujours jugé « excessif » notamment le rouge à lèvres toujours jugé plus « voyant » des femmes racialisées et/ou prolétaires par rapport à celui des bourgeoises et/ou blanches toujours perçu comme plus « discret » et « de bon gout ». Et bien sur le rouge à lèvres est clairement instrumentalisé comme un des éléments clés de l’oppression sexiste. Déjà parce qu’il renforce la binarité de genre en imposant que les hommes n’en aient pas et les femmes en aient. Une femme sans rouge à lèvres peut obtenir du soutien de certains en étant vue comme « simple », « naturelle » ou « contestant une norme sexiste », un homme avec du rouge à lèvres par contre…pour presque tout le monde ce n’est même pas concevable…le soupçon d’être un travelo ou un gigolo est presque immédiat et l’hostilité sociale est très vive. Même en milieu féministe et LGBT (quand comme trop souvent ils oublient l’existence du T). C’est quand même ultra chaud. Une femme lesbienne ou dans une moindre mesure bisexuelle se retrouve avec l’injonction inverse curieusement en milieu lesbien de ne pas mettre de rouges à lèvres pour ne pas « faire hétéro ». Du coup je suppose qu’on prohibe le droit de ne pas en mettre aux femmes dans leur ensemble car cela « ferait lesbienne ». Bref sans surprise le rouge à lèvres est pris dans des rapports de séduction hétérosexuels et l’injonction à en porter est hétérosexiste. Cependant l’inversion d’une injonction n’est pas son dépassement et tend au contraire à la renforcer et c’est ce que les lesbiennes que cette injonction du milieu lesbien oppressent dans leur expression de genre étant plus féminines que la moyenne des lesbiennes critiquent car leur rouge à lèvres est important pour elles dans leur expressions personnelle de lesbiennes féminines.

Cela peut paraitre un peu étrange vu de l’extérieur mais visiblement le rouge à lèvres en milieu lesbien a été au centre de débats majeurs ayant duré des années 1980 jusqu’à aujourd’hui…avant ça les lesbiennes étaient mal acceptées au point d’être contraintes à la discrétion et donc à adopter les mêmes tenues et maquilles, rouge à lèvre inclus donc, que les hétérosexuelles pour cacher leur homosexualité. Le mot est apparu avec l’acceptation sociale et institutionnelle grandissante des lesbiennes dans les années 1980. La plupart des lesbiennes considéraient alors dans le cadre d’une analyse féministe de leurs besoins d’émancipation en tant que femmes que le maquillage et tout particulièrement le rouge à lèvres étant des injonctions leur étant faites par le patriarcat hétérosexiste et sa domination masculine pour s’en libérer en tant que femmes autant qu’en tant que lesbiennes il leur fallait politiquement refuser d’en porter. C’est alors que à San Francisco aux États Unis le terme « lipstick lebsian », lesbienne rouges à lèvres en français à émergé pour désigner un contre mouvement de lesbiennes favorables au maquillage nommé alors « lesbiennes pour le rouge à lèvres » centré sur la défense de leur droit d’en porter. En 1990 il a existé un groupe de « lesbiennes féminines » dans lequel il était obligatoire de porter une robe ou une jupe chaque jour pour être incluse.

Le terme de lesbienne rouge à lèvres est sorti du milieu militant pour être utilisé massivement dans toute la société (enfin surtout la société lesbienne mais bon) comme un terme d’argot pour désigner soit une lesbienne plus féminine que la plupart d’entre elles qui met du maquillage et tout particulièrement du rouge à lèvres porte des robes et des jupes et a un comportement global « féminin », les bisexuelles féminines et plus largement la sexualité entre femmes féminines femmes hétérosexuelles ou bisexuelles occasionnelles montrant de l’intérêt pour la sexualité avec d’autres femmes dans le but d’exciter des hommes incluses. Dans les années fin 2000/début 2010 il y a commencé à y avoir beaucoup de présentations de personnages de « lesbiennes rouges à lèvres » en ce dernier sens de femmes féminines ayant des rapports lesbiens pour exciter un public masculin. Ceci a cependant eu un énorme impact sur beaucoup de jeunes lesbiennes qui se sont construites dans leur expression de genre en adoptant cette hyperféminité lesbienne là tout à fait dans les normes de beauté féminine conventionnelles et même en rajoutant une couche bien souvent, avec non seulement le maquillage, le rouge à lèvres, la robe ou la jupe mais aussi les bijoux et les talons hauts tout ça au quotidien. Aboutissant à être plus féminines que la plupart des hétérosexuelles dans leur expression de genre. Souvent avec un certain mépris des lesbiennes ordinaires ou plus âgées envers leur expression de genre qu’elles ne comprennent pas et leur combat pour leur droit à être des lesbiennes féminines qu’elles ne relayent guère. C’est dans cette période que le terme et l’expression de genre des lesbiennes rouges à lèvres s’exporte des États Unis vers la France où des communautés similaires apparaissent. Notamment avec le drapeau de la fierté des lesbiennes rouges à lèvres qui à des couleurs de rouge à lèvres et porte une marque de baiser faite avec du rouge à lèvres crée et popularisé en 2010 et avec l’importation au moment des débats sur le mariage pour tous en 2013 encore des États Unis vers la France des théories queer dans le milieu militant lesbien qui y a encouragé une plus grande ouverture des lesbiennes militantes ordinaires aux lesbiennes militantes rouge à lèvres en leur permettant de comprendre qu’elles avaient réussi à dissocier la féminité de l’hétérosexisme.

Souvent les femmes trans commencent leur prise de conscience de leur féminité par l’appréciation du fait de porter du rouge à lèvres, la plupart des femmes trans mettent beaucoup de rouge à lèvres plus encore que les femmes cisgenre hétérosexuelles en moyenne car cela leur offre un sentiment validant et rassurant sur leur identité en tant que femmes. Pour elles le rouge à lèvres est donc un outil de bien être psychologique majeur très loin de l’injonction normative autoritaire et a donc comme pour les lesbiennes rouge à lèvres dans l’utilisation qu’elles en font un sens hautement émancipateur. Caytlin Jenner a même crée sa propre marque de rouge à lèvre dans un mouvement de soutien à la cause transgenre (ou dans une tentative de la récupérer dans le capitalisme si on analyse cyniquement cela comme du capitalisme rose mais bon en ce cas précis je crois que c’est un peu les deux en même temps entre le soutien sincère et la démarche commerciale). Un peu dans le même registre il existe maintenant une marque de maquillage Jecca Make Up spécialisée dans le maquillage pensé pour les personnes trans. Ainsi que des youtubeuses et blogueuses beauté spécialisées dans les conseils de beauté trans. Très souvent leur public est prioritairement constitué de femmes trans mais il arrive que les personnes trans promeuvent une beauté transgenre plus généraliste ou elles essayent d’inclure des personnes de tout les genres et au delà des genres. Et de proposer sans l’imposer du rouge à lèvres pour tout ce beau monde. On voit aussi des célébrités trans porter du rouge à lèvres comme marqueur identitaire de leur féminité, parfois aussi avec des éléments moins estampillés féminins comme Nong Rose boxeuse trans thaïe qui boxe en portant son rouge à lèvres sur le ring justement pour marquer les esprits avec sa féminité qui sort des cases usuelles où la féminité est ordinairement restreinte le but étant alors à la fois de se poser en modèle pour les femmes trans, pour rendre les trans visibles médiatiquement et pour sortir la féminité des femmes trans de l’injonction à l’hyperféminité où elles se trouve souvent prise pour être jugée valide.

En effet pour le moment pour pouvoir être respectées en tant que femmes les femmes trans sont pour la plupart d’entre elles contraintes à l’hyperféminité c’est à dire à non seulement adopter les normes de la féminité cisgenre hétérosexuelle ordinaires mais à les surjouer et devoir être « ultra féminines » pour être acceptées par leur entourage comme des femmes. Une situation pas évidente pour la minorité de femmes trans pas branchées maquillage et robes du tout bref qui comme des femmes cisgenre hétérosexuelles sont « masculines » mais chez qui c’est encore moins accepté socialement que chez ces dernières. Une femme trans d’ordinaire se voit accusée de trop en faire et d’avoir une « fausse féminité » de « spectacle » et « déviante » par les transphobe, ce dont ils accusent aussi les hommes travestis par ailleurs qui subissent aussi cela. Sauf que les femmes trans qui sont moins féminines que la moyenne sont accusées d’être des « hommes qui font semblant ». Bref c’est un double standard impossible qui leur renie purement et simplement le droit d’exister. Et comme c’est dans l’hyperféminité qu’elles sont les moins mal acceptées c’est le chemin que la plupart d’entre elles prennent pour se construire. Et cela n’est pas simple étant prises en embuscade entre les féministes transphobe qui les accusent de renforcer les stéréotypes de genre par cette hyperféminité et des hommes fétichisant les femmes trans hyperféminines qui veulent les réifier et les réduire à n’être que l’outil de leurs fantasmes.

Voilà pourquoi la majorité des femmes trans tiennent vraiment beaucoup à leur hyperféminité et à leur rouge à lèvres notamment d’autant que pour beaucoup d’entre elles en mettre fut leur « initiation à la féminité » au sens de ce qui leur a fait découvrir qu’elles sont femmes donc est lié à des souvenirs ayant pour elles une importance majeure. Si je fais des statistiques au doigt mouillé sur les femmes trans que j’ai pu voir, 90% portaient du rouge à lèvre généralement très foncé et voyant, 90% portent aussi d’autres formes de maquillage, presque toutes portent exclusivement des robes et jupes et jamais de pantalon, quasi toutes ont des bijoux tout les jour sur elles, très peu ne portent pas de talons hauts, une bonne moitié avait des motifs girly genre paillettes, petits coeurs et tout le tralala sur leurs vêtements, il y en a bien 70% qui ont des cheveux longs ou une perruque en donnant l’illusion et même si celles que j’ai connues IRL était toutes plutôt brunes…toutes celles que j’ai vu dans les médias étaient blondes parfois naturelles mais le plus souvent par teinture.

Bon 90% des femmes hétérosexuelles aussi que je connais ont du maquillage et du rouge à lèvres, le taux de filles aux cheveux longs est le même, le taux de fausses blondes idem, , un peu moins portent des talons hauts et moins souvent mais elles sont 80% à en porter, un peu moins portent des bijoux surtout au travail mais ça reste bien 80% minimum qui en ont et les portent régulièrement…bref « hyperféminité c’est vite dit en fait à part l’absence d’éléments girly de la tenue de la plupart des femmes hétérosexuelles adultes car cela fait filles hétérosexuelles mineures et l’absence de pantalon les femmes trans ont une expression de genre moyenne plutôt semblable à celle des femmes cisgenres hétérosexuelles. Est ce que je dois vraiment rappeler que le port du pantalon a été un droit qui a fait l’objet d’un long combat pour ces dernières? Les femmes trans souhaitant mettre des pantalons ne manquent pas cependant et beaucoup sont frustrées par le fait que les marques de pantalons leur soient souvent très mal adaptées. Ce ne sont pas les femmes trans qui refusent le pantalon c’est la société qui leur en prohibe l’usage donc. Enfin le girly…je ne sais pas trop pourquoi mais les femmes trans y adhèrent davantage passée l’adolescence que les femmes cisgenre…je crains que ça ait un lien avec leurs faibles espérances de vie et espoirs de trouver du travail qui font qu’elles abandonnent moins la culture girly que la plupart des femmes cisgenre hétérosexuelles rejettent après avoir obtenu leur premier emploi un peu durable en général comme étant trop « immature » pour leur neuf statut de femmes adultes qui travaille et veut se donner des airs « sérieux ». Du coup « hyperféminité »…toute relative et conséquence directe de leur situation en fait à mon avis.

(Parenthèse hors sujet 3615 my life : Ah! C’est donc car je mets rien de girly, à part les pyjamas mais ça compte pas c’est pas un habit « public » et puis c’est quand même très neutre et désexualisé un homme avec un pyjama rose et un motif de chaton mignon au pire il subira des moqueries point stop, si il sort avec un pantalon et un t shirt roses dans la rue avec des chatons choupis dessinés dessus par contre clairement la plupart des gens vont le catégoriser gay folle et lui faire subir le sexisme envers ces personnes…en fait je viens de réaliser que selon si on est dans le cadre privé ou public, au foyer ou à l’extérieur et le jour ou la nuit les codes de genre changent et fluctuent déjà beaucoup en fait. Bref donc je disais je ne mets rien de girly hors pyjama, à part l’été quand il fait trop chaud pour porter autre chose je n’ai quasi jamais de robe et c’est très rare de me voir en jupe car c’est un vêtement trop galère à mettre avec ma dyspraxie pour moi, 75% du temps voir plus je suis en pantalon, j’ai les cheveux courts, être teinte surtout en blonde je n’en ai jamais ressentie l’envie, je ne mets jamais de bijoux, je ne me maquille jamais, je ne mets jamais de rouge à lèvres et la dyspraxie fait des talons hauts ma némésis personnelle je les hais (quand on me les impose s’entend, si les autres femmes les aiment je m’en fous c’est elles que ça regarde tant qu’elles essayent pas de me forcer à partager ce gout là) , c’est donc pour ça que tant de gens me soulent et me trouvent pas assez féminine à leur gout je savais que je dépareillais de la moyenne mais j’avais pas capté que c’était à ce point là avant, aussi je comprends mieux pourquoi les gens me prennent pour une lesbienne aussi apparemment c’est un look commun pour elles et rares chez les autres femmes je l’ignorais…ah et c’est sans doute pour ça que rien qu’à ma gueule tout le monde me prend pour une radfem aussi)

Justement en parlant d’âge…le rouge à lèvres c’est aussi une limite assez fluctuante qui marque l’âge des femmes et donc est un signe social qu’on a lié à leur croissance biologique et psychologique dans l’idéologie dominante d’où les débats réguliers sur à quel âge les filles ont le droit de mettre du rouge à lèvres. Au départ elles en mettent comme déguisement et jeu mais ça c’est socialement accepté dès 3 ans par contre que les fillettes de cet âge en mettent régulièrement est en train de se banaliser et est vivement critiqué pour donner l’impression qu’un visage féminin sans maquillage est naturellement terne ce qui est faux mais aussi car il est jugé féminiser et sexualiser les petites filles alors qu’elles n’en ont pas l’âge. Cela n’empêche pas des marques d’être spécialisées dans le rouge à lèvres rose à paillettes destiné aux gamines de maternelle. Ceci a beau être de plus en plus en train de se banaliser ça reste cependant hors norme et mal jugé et les parents sont estimés ne pas laisser leur fille être enfant quand il lui en font porter régulièrement à ces âges là. Malgré que du rouge à lèvres classique ou du gloss fantasy soient jugés acceptables à occasion exceptionnelle pour les filles de primaire de manière globale la normalité reste que les petites filles n’ont pas de rouge à lèvres car il n’est en effet pas un simple marqueur de féminité mais le marqueur d’une féminité sexualisé donc jugé adapté aux filles seulement quand elles commencent à être jugées en âge d’être sexualisée. Ceci dit les adolescentes à partir de 13-15 ans sont parfois dans la revendication de leur liberté de mettre du rouge à lèvres contre leurs parents qui souvent le leur refusent par crainte que les garçons ne les sexualisent plus tôt que la norme.

C’est à 16 ans que le débat est le plus vif, la plupart trouvent que les filles sont trop jeunes pour en porter, mais on est pas loin du 50/50 et une bonne partie des gens jugent qu’à l’âge moyen du premier rapport sexuel porté du rouge à lèvres pour une fille commencerait à être approprié. 17 ans âge où ce dernier a déjà eu lieu, tout le monde impose le maquillage et surtout le rouge à lèvre à l’adolescente et si elle s’y refuse c’est facilement interprété comme un refus des rapports de séduction hétérosexuels et le soupçon qu’elle soit lesbienne n’est pas bien loin. Je commence à me demande si ça a pas un lien avec ces histoires de péché originel de la sexualité féminine, lèvres roses pour la vierge innocente, lèvres obligées d’être rouges pour coder le fait qu’une femme adulte « a vu le loup » et donc est dès lors une pécheresse (après tout lèvres = entrée de la bouche et petites lèvres = entrée du vagin d’où la sensualité mise sur la bouche des femmes, leur façon de se nourrir très érotisée et sexualisée par le regard masculin et que la fellation soit la pratique sexuelle hors missionnaire la plus courante je suppose).

Cela expliquerait le singulier manque d’imagination et de créativité sur la couleur, presque toujours le même rouge à peine différent et plus foncé que la couleur naturelle des lèvres. Sans la moindre fantaisie. Bref d’un ennui mortel de mon point de vue. Alors apparemment ils sont conceptualisés en terme de ton de rouge à lèvres pour que l’idéal de beauté soit que la femme ait un rouge à lèvre assorti à la couleur des tétons de ses seins. Je…bon j’aurais appris un truc aujourd’hui. D’où qu’on ne sort jamais trop des teintes des lèvres naturelles. J’avais toujours trouvé ça très con de se maquiller pour que ça se voit pas j’ai toujours pensé que ça ne sert à rien du tout et jamais compris pourquoi des femmes aimaient ça. Porter du rouge à lèvre fantaisie apparemment c’est socialement réservé au jeu, au déguisement, aux bis, aux trans, aux travestis, aux drag queens, aux artistes et aux contre cultures atypiques. Pour une raison qui m’est obscure. Autant que me l’est la raison pour laquelle le rose à lèvres et le gloss à lèvres à paillettes sont l’exception de fantaisie banalisée confirmant cette règle.

Un mouvement existe aussi pour le droit des garçons et des hommes d’Occident à porter du rouge à lèvres qui est mené surtout par des hommes transgenres souhaitant garder ce rouge à lèvres que la plupart d’entre eux apprécient après leur transition. Pourtant elles savent pas ce qu’elles ratent les filles qui refusent que leur homme si essaye, mon homme en mets de temps à autre vu qu’il se travesti occasionnellement et ça lui va sacrément bien le rouge à lèvre classique alors et parfois aussi dans le cadre de costumes qu’il a conçu pour aller avec certaines tenues occasionnelles masculines qu’il porte parfois dans un style un peu « gothisant » le même rouge à lèvres mixé avec des effets sanglants obtenus par maquillage ça en jette un max. Bref que du plaisir pour les yeux c’est clairement un tort de se priver de voir son mec comme ça juste pour être dans la norme à mon avis.

Voilà pour ce qu’il y a à dire des lèvres donc. Au final c’est plus social que biologique le rôle des lèvres et du rouge à lèvres dans le genre mais il contribue considérablement à donner l’illusion que ce social à une origine biologique.

Pour les aisselles c’est la même chose. Hommes et femmes en ont et tant qu’on reste sur de la description anatomique ou médicale il en est dit la même chose mais par contre leur rôle social n’est clairement pas le même, les hommes se foutent complètement d’avoir des aisselles limite…les femmes elles pensent tout le temps aux leurs car la norme sociale les contraint par une très forte pression de conformité à se les épiler. C’est bien sur une norme esthétique occidentale dont tous admettent l’aspect social, culturel et même historique vu qu’elle est relativement récente et on se souvient encore assez bien de l’époque pas si lointaine où on s’en foutait de s’épiler mais elle s’est si bien ancrée chez les plus jeunes que cela a été jusqu’à altérer leur perception du corps biologique féminin que les adolescents et petits enfants masculins actuels croient majoritairement naturellement sans poils vue que dès qu’elles en ont un peu les filles se les épilent. Le fait que les femmes sont naturellement poilus n’étant pas connu d’eux ils croient que les femmes avec du poil sous les bras ont une maladie ou une anomalie…ça en dit long sur à quel point les poils des aisselles des femmes sont objet d’un tabou et d’une honte sociale…qui se répercute sur l’image que l’on peut avoir du corps biologique « féminin » et la fausse. C’est aussi lié à la norme esthétique de plus en plus présente de se raser le minou évidemment. (3615 mylife hors sujet : je ne le fais jamais et je me rase pas les aisselles non plus…on est que 0.23% de femmes dont c’est le cas attends sérieux? Une comme moi aussi « masculine » c’est une femme sur mille? On est que 33 000 environs en France…pour de vrai? Ah bah ça je pensais pas que c’était à ce point, je captes mieux pourquoi je suis une alien aux yeux de tant de gens).

Bon j’aurais largement eu de quoi remplir ce second « chapitre » avec ces considérations, maintenant il me reste 6 parties du corps humain encore genrées de façon « biologisante » dont je trouve essentiel de dégenrer la politique, il s’agit dans l’ordre où j’ai l’intention d’en traiter dans les 6 derniers « chapitres »/articles suivants de cette série qui en comptera donc 8, on a commencé avec l’utérus en premier puis ici on a continué avec les ovaires en second donc je vais continué dans l’ordre des parties du corps « biologique » me semblant être le plus vivement idéologiquement genrées à savoir en troisième les seins, évidemment encore liés à la maternité par l’allaitement, puis les règles liées au cycle de procréation « féminin », les hormones féminines de même mais moins citées car moins connues, le clitoris centre physique du supposé « mystère féminin » et en dernier le vagin que le fait d’en faire quotidiennement usage rend moins « inconnu » et plus « normal » à l’homme d’où qu’il soit au final la partie du corps fortement genrée qui l’est le moins du lot ce qui ne parait paradoxal que si on a pas encore compris que sexe et genre sont relativement dissociés au final de la sexualité, des pratiques sexuelles et de l’orientation sexuelle, du moins le sont davantage qu’on ne le croit généralement.

Trucs et astuces catégorie phytothérapie no 11 : la Bétoine.

betoine

 

Selon Pline la Bétoine alors nommée Vettonica fut découverte par un peuple d’Espagne, les Vettons, qui en transmirent le savoir au Gaulois par qui il arriva à Rome et en Grèce. Selon le site de l’Arbre Celtique, la bétoine dans l’Antiquité avait si haute réputation que Pline en disait que : « cette plante est la plus estimée de toutes et qu’elle a tant de renom qu’une maison dans laquelle elle a été semée est considérée comme préservée de tout danger ».

On recense d’elle 48 propriétés médicinales en usage dans l’Antiquité. Ceci dit attention médicale à dose correcte, elle est toxique à haute dose. Listons donc les propriétés qui lui furent attribuées :

1-Vomitif 2-Antispasmodique 3-Bonne contre les morsures d’animaux et surtout celles de serpents 4-Anti venin 5-Diurétique 6-Bonne contre les maux de foie 7-Bonne contre les maux de rate 8-Digestive 9-Bonne contre l’hémoptysie 10-Bonne contre l’hydropisie 11-Fébrifuge 12-Bonne contre la jaunisse 13-Provoque le flux menstruel 14-Contre les fractures de la tête 15-Contre les maladies et douleurs des yeux 16-Contre les maladies et douleurs des oreilles 17-Contre la cécité 18-Contre les douleurs au ventre 19-Pour stimuler l’appétit 20-Pour la toux 21-Pour les accouchements difficiles et fébriles 22-Contre les frissons 23-Contre le sang rejeté par la bouche 24-Pour lutter contre les effets de l’ivresse 25-Contre le refroidissement général du corps 26-Contre la fatigue de la route 27-Contre les chutes de chariot 28-Pour stimuler l’intelligence 29-Contre les vomissements (pas utilisée alors de la même façon que comme vomitif je suppose) 30-Contre les vers 31-Astringente 32-Expectorante 33-Purgative 34-Contre les maux de tête et migraines rebelles 35-Contre les maladies des poumons 36-Contre les vertiges 37-Contre les troubles de l’ouïe 38-Contre la goutte 39-Contre les menstrues trop fortes 40-Contre les menstrues trop irrégulières 41-Pour nettoyer les plaies infectée 42-Pour accélérer la cicatrisation 43-Pour soigner les ulcères 44-Pour soigner les catarrhes (inflammations des muqueuses provoquant une sécrétion excessive)  45-Contre les rhumes 46-Contre les cauchemars récurrents 47-épilepsie 48-problèmes utérins

Propriétés retrouvées au Moyen Age et à la Renaissance où elle reste très en usage, recommandée notamment par Hildegarde de Bingen et on lui attribue en prime des propriétés d’ordre magique.

Comme l’expliquent les informations trouvées sur ce site : http://jardindherondine.canalblog.com/archives/2007/05/09/4890477.html

En magie elle est jugée gardienne de l’âme et du corps des hommes et  » la bétoine devait être récoltée au mois d’août, avant le lever du soleil, et surtout en proscrivant tout instrument en fer. » Jusqu’au XVIIème siècle elle resta considérée comme une panacée. Depuis l’Antiquité elle a aussi une place dans les religions et spiritualités en tant que plante sacrée.

« Pline rapporte que la bétoine était cultivée dans les maisons comme préventif contre les calamités religieuses, et qu’un serpent cerné par une tige de bétoine disposée en cercle ne pouvait s’évader. Il y eut même un traité de la bétoine, attribué à Antonius Musa (IVe siècle). Ce traité rapporte cette prière adressée à la plante : « Bétoine, toi qui as été découverte la première par Esculape ou par le centaure Chiron, sois favorable à mes prières. Je t’implore, herbe puissante, par celui qui a donné l’ordre que tu sois créée, et que tu serves à une foule de remèdes ; veuille aider à composer les 47 remèdes que voici. » Albert le Grand rapporte que les nécromanciens de son temps employaient un hymne, attribué à Esculape, pour conjurer la bétoine qui servait à leurs opérations. »

« Hildegarde pensait que la plante pouvait rendre la raison aux hommes : « Si quelqu’un est tellement sot et bête que toute connaissance lui fasse défaut, il faut écraser de la bétoine et la mettre ainsi sur sa poitrine pour la nuit avec un linge par-dessus jusqu’au matin ; répéter souvent et il retrouvera de la connaissance. »

Elle semble aussi avoir été en usage comme remède pour les frénétiques c’est à dire contre la « folie » en un sens très large et principalement la « folie amoureuse », « Si un homme a été trompé par une femme ou une femme par un homme, grâce à des pratiques magiques ou a été victime de quelque tour de cette espèce, ou a été ensorcelé par des espèces d’incantations fantastiques ou diaboliques, si bien que l’homme ainsi envoûté brûle d’amour pour la femme ou la femme pour l’homme, il faut rechercher de la bétoine qui n’ait encore servi pour aucun médicament ou filtre car, si quelque drogue de cette espèce a été faite avec elle, celle-ci ne vaut plus rien pour la médecine puisqu’elle a été rendue inactive par les incantations. Quand on a trouvé, recueillir les feuilles, placer une feuille dans chaque narine, une feuille sous la langue, tenir une feuille dans chaque main, placer une feuille sous chaque pied et regarder la bétoine de toute la force de son regard de son corps ; répéter souvent jusqu’à ce qu’on aille mieux. On sera guéri de cette folie amoureuse, à condition de ne rien boire, rien manger ou rien introduire dans le corps qui puisse exciter cette passion. »

Par contre au siècle des Lumières le scepticisme va s’instaurer contre les vertus de cette plante. Le XIXème siècle en aura oublié toutes les propriétés à part celle de provoquer des spasmes d’éternuements faisant la joie des garnements farceurs globalement même si quelques médecins continuèrent d’en user de la fameuse « herbe à la saignée » pour le soin des migraines, vertiges et paralysies.

De nos jours elle est en vente libre et reconnue ainsi qu’en usage en médecine moderne surtout pour, je cite tout l’article de ce site sur la bétoine : https://therapeutesmagazine.com/betoine/

 »

Usage interne :

  • expectorant
  • apéritif
  • stomachique
  • émétique (racine)
  • purgatif (racine)
  • fébrifuge.

Usage externe :

  • vulnéraire et antiputride
  • Indications :

    Usage interne :

    • ictère (racine)
    • paralysies (racine)
    • affections pulmonaires, hémoptysie
    • goutte, et rhumatisme chronique
    • vertiges
    • migraines nerveuses.

    Usage externe :

    • plaies infectées (cancéreuses ?)
    • ulcères de jambe.

    Comment l’utiliser :

    Usage interne : à employer prudemment car peut pro­voquer des vomissements :

    • une cuillerée à café de racine pour une tasse. Bouillir, infuser 10 minutes. 1/2 tasse, 3 ou 4 fois par jour.
    • 5 à 15 g de feuilles pour 1/2 litre d’eau, en infu­sion. 1 ou 2 tasses par jour
    • poudre : 1 à 2 g par jour
    • teinture : 10 gouttes, 3 fois par jour.

    Usage externe :

    • décoction : 100 g pour 1 litre d’eau (ou de vin). Bouillir 20 minutes. En lavages et compresses sur les plaies infectées, ulcères de jambe
    • cataplasmes de feuilles fraîches écrasées.

    N.B. :

    • Les feuilles séchées pulvérisées constituent un excellent sternutatoire (entraient dans la composition de la poudre capitale de Saint-Ange).

Il en existe aussi un important usage cosmétique comme expliqué ici :

http://mieux-se-connaitre.com/2013/10/la-betoine/

On y apprend que l’on peut s’en servir aussi pour :

– des lotions destinées au soin des cheveux abîmés et fragiles, gras et à tendance pelliculaire
– des crèmes astringentes pour peaux mixtes ou grasses à tendance acnéique
– des produits régénérants pour le contour des yeux
– des crèmes adoucissantes pour peaux stressées et abîmées

Un sacré paquet d’usages pour une plante à l’air de rien d’allure si modeste à priori.

Sinon pour résumer ce qu’on fait des propriétés de la bétoine maintenant :

1-L’aspect vomitif demeure connu mais est peu en usage. On lui préfère pour cela de meilleurs remèdes.

2-Les herboristes louent toujours ses vertus antispasmodiques mais sont aujourd’hui un peu les seuls à les connaitre.

3-Contre les morsures de serpents et autres animaux visiblement plus efficace à été trouvé alors on en use plus vraiment.

4-Pareil pour l’aspect anti venin, il en est toujours reconnu mais pour ça plus efficace est préféré maintenant.

5-En revanche comme diurétique elle est toujours reconnue et utilisée couramment.

6 et 7 : Pour les problèmes de foie et de rate on en use plus de nos jours.

8-Comme digestive elle est cependant toujours reconnue et en usage.

9-Contre l’hémoptysie elle reste conseillée toujours aujourd’hui.

10-Contre l’hydropisie on en usa jusqu’au milieu du XIXème siècle mais depuis de meilleurs remèdes furent trouvés.

11-C’est resté un fébrifuge populaire.

12-C’est encore reconnu contre la jaunisse.

13-On l’a utilisée jusqu’aux années 1830 pour provoquer le flux menstruel depuis cependant on lui préfère pour cela d’autres recettes mieux appropriées.

14-Pour les fractures à la tête on lui préfère maintenant d’autres remèdes.

15-Contre les problèmes oculaires on lui préfère mieux aussi désormais.

16-Pareil pour les problèmes d’oreille.

17-Ainsi que la cécité.

18-Elle est toujours conseillée contre les douleurs de ventre par les phytothérapeutes par contre.

19-Elle et toujours très populaire comme plante stimulant l’appétit et régulièrement en usage contre les cas d’anorexie ordinaires « modérée » contre lesquels elle est jugée efficace.

20-Elle reste de même très en vue en tant que remède contre la toux.

21-Pour l’accouchement on a trouvé des aides mieux appropriées depuis.

22-Contre les frissons on a nettement mieux. 23-Pareil pour empêcher de cracher du sang on fait mieux à présent. 24-Idem contre les effets de l’ivresse 25-Ainsi que le refroidissement, 26-la fatigue de la route, 27-les chutes de chariot, 28-stimuler l’intelligence et 29-contre les vomissements.

30-En phytothérapie par contre on en use toujours contre les vers intestinaux. 31-Comme astringente. 32-comme expectorante et dans la médecine moderne elle reste populaire en tant que 33-plante purgative.

34-En revanche depuis contre les maux de têtes et migraines rebelles on a trouvé mieux tout comme contre 35-les maladies des poumons, 36-les vertiges, 37-les troubles de l’ouïe, 39-les règles trop fortes, 40-ou trop irrégulières.

Pour autant les herboristes la recommande toujours contre 38-la goutte.

Elle demeure fort populaire en médecine pour 41-soigner les plaies infectées et 42-accélérer la cicatrisation ET 43-soigner les ulcères

Elle reste recommandée par les phytothérapeutes contre 44-les catarrhes.

En revanche contre les 45-rhumes on trouve maintenant bien mieux, ainsi que contre 46-les cauchemars récurrents, 47-l’épilepsie et 48-les problèmes utérins.

Contre la « folie » elle n’est pas jugée efficace de nos jours. Pas plus que pour mettre fin à un sentiment amoureux qu’on a pas désir d’avoir. Elle n’est guère plus utilisée comme herbe à saignée bien sûr. Par contre on l’utilise toujours en médecine moderne 49-contre les paralysies. En revanche ses propriétés cosmétiques ont beau être fort bien vendues et populaires elles ne sont pas jugées démontrées.

En conclusion, ce n’est certes pas pour nous la panacée universelle dont les anciens ont quelque peu étés excessifs sur les vertus mais elle reste tout de même aisément trouvable en vente libre et une des plantes les plus connues et polyvalentes dont ce soit le cas avec des dizaines d’utilités différentes alors il serait dommage de se priver de cette connaissance de ses vertus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Éducation sexuelle politique : Qu’est ce qu’un utérus?

Allez savoir comment des gens sont venus sur mon blog en se posant des questions sur l’utérus donc je me suis dit bon bah je tente le coup d’essayer d’expliquer. Une chose m’a vite frappée…l’immense majorité de ce que je trouvais sur l’utérus en dehors des données biologiques scientifiques qu’on apprend à l’école dans les cours d’éducation sexuelle officiels sur lesquelles je vais donc pas revenir ici…c’était de la pornographie…comme si c’était là le seul endroit où l’utérus avait une place sociale sans que ce soit tabou. Je crois que ça en dit long sur le tabou qui règne autour de cet utérus. Je me suis décidée pour une approche avant tout sociale plus que biologique des questionnements de politique sexuelle autour de l’utérus ici car c’est surtout sur ça que les débats autour de l’utérus portent en ce moment. En effet celui ci a dans les politiques sexuelles un rôle majeur car il est définit comme une part de « l’appareil reproducteur femelle » avec les ovaires.

On place socialement beaucoup d’importance dans certaines parties du corps que l’on genre énormément. L’utérus plus encore que les ovaires, le vagin, les seins et les hormones féminines est ancré dans les esprits comme la partie du corps par laquelle une femme est définie. Ceci est bien sur du au rôle social de genre attribué à la femme dans la plupart des sociétés patriarcale, celle de porter l’enfant à naitre dans son ventre et par là même de reproduire l’espèce humaine. Cependant, le rôle social de la mère dans la plupart des sociétés patriarcales ne se borne pas à l’accouchement et tend à charger celle ci de l’éducation des enfants au prétexte qu’il serait « naturel » qu’elle fasse seule cette tâche puisqu’elle les a mis au monde. C’est ce qui a poussé beaucoup de gens à interpréter les jouets stéréotypés selon le genre des enfants comme découlant d’un soi disant « instinct maternel » qui inciterait « naturellement » les petites filles à préféré jouer à la poupée pour se préparer à leur rôle social de futur maman.

Aujourd’hui scientifiquement la notion d’instinct à été dépassée et jetée aux orties en biologie mais au niveau des discours sexistes ces idées restent très imprégnées. Pourtant il n’y a aucun rapport entre le fait d’avoir un utérus et celui d’aimer jouer à la poupée à la base, c’est l’éducation genrée patriarcale qui amène à croire que c’est le cas à cause des présupposés précités qui malgré qu’ils soient erronés sont entretenus dans toute la société. Pourtant l’association faite entre utérus, femme, féminité et rôle social maternel est réductrice. Qu’elles soient nées sans, qu’elles aient eu un handicap ou une maladie ou qu’il leur ait été retiré de force il y a des femmes qui n’ont pas d’utérus. Pour elles ces présupposés qui nient leur féminité et leur statut de femmes sont très violents à vivre. Il y a aussi dans l’autre sens des hommes qui ont un utérus pour certains car ils sont transgenre c’est à dire qu’ils se reconnaissent dans le statut social de l’homme et non de la femme bien que leur corps soit « femelle ». Pour ceux ci il est souvent très difficile à vivre qu’ils aient à recourir souvent à des soins gynécologiques donc conçus « pour femmes » et vu le degré d’attente sociale autour de l’utérus une partie des hommes transgenre vont jusqu’à se faire retirer le leur car ils pensent ne pas pouvoir être reconnus en tant qu’hommes sans cela tandis qu’une autre partie d’entre eux gardent leur utérus et décident de lutter pour rentrer dans la tête des gens qu’il y a des hommes qui en ont un.

Savoir cela permet de dégenrer quelque peu la vision que l’on peut avoir de l’utérus. Ceci est bien sûr une chose utile pour la prise en compte des besoins des personnes transgenres mais aussi de façon plus large. En effet sortir de la définition simpliste de femme comme « personne avec un utérus » permet de dénaturaliser les présupposés qui vont avec cette vision des choses et sont en grande partie à l’origine du rôle social des femmes assigné dans les sociétés patriarcales à être mère et éduquer les enfants et avec des stéréotypes de genre féminin et de a division genrée du travail salarié qui laisse les professions sous payées en lien avec l’enfance comme baby sitter par exemple très massivement aux femmes.

L’utérus fertile est aussi l’outil nécessaire de la reproduction de la main d’œuvre humaine dans les sociétés capitalistes. Partant de là il est l’alpha et l’oméga sans lequel rien n’existerait dans ces sociétés comme dans toutes les sociétés humaines d’où qu’il soit l’objet des enjeux de politique les plus centraux. Les personnes qui ont un utérus ont la capacité d’avoir un bébé et de tomber enceinte, enceint dans le cas des hommes trans qui le vivent (oui ça existe déjà et ça fait longtemps maintenant) ce pourquoi le capitalisme tente de s’approprier leurs corps et les droits reproductifs qui servent à émanciper ces personnes et leurs utérus donc le système reproductif humain du joug du capitalisme patriarcal est un enjeu majeur politiquement parlant. C’est ce qui rend hautement nécessaire le droit à l’avortement et à la contraception pour les gens pourvus d’un utérus.

C’est tout l’intérêt des contraceptions spécialement conçues pour le permettre comme les D.I.U, dispositifs intra utérins, contraception posées le plus souvent par des sages femmes sur des personnes avec utérus qui en ont le contrôle, par exemple : https://www.choisirsacontraception.fr/moyens-de-contraception/le-sterilet-diu.htm, dans un autre registre l’art trans fait par des personnes n’étant pas des femmes cisgenres sur le thème de leur utérus est aussi pour ces personnes une façon de se le réapproprier et de le dégenrer. Beaucoup de femmes trans y voient notamment un aspect vital de leur politique transféminisme qui tente d’ouvrir les horizons et de donner du fait d’être femme ou encore d’être féminine une définition plus large, inclusive et moins réductrice que « être une personne avec un utérus » ce qui en reste la définition majoritaire de très loin dans le féminisme cisgenre et est quand même très court. Elles sont aussi soutenues dans cette démarche par le militantisme des personnes intersexuelles qui expliquent que dégenrer l’utérus est aussi important en ce qui concerne l’arrêt de leurs mutilations génitales à la naissance par les médecins qui vient avant tout de ce que trop de médecins tentent de leur imposer un sexe et un genre les plus normés possibles quitte à les mutiler pour cela et sans leur consentement.

Cette nouvelle définition de la femme ne la réduit plus uniquement à son corps ce que trop de femmes principalement trans trouvaient être une définition qui les incarcéraient dans des corps qui pour elles étaient vécus comme leurs prisons du fait de leur décalage entre leur corps socialement perçu comme masculin. Elles rappellent aussi que cette idée que le corps biologique des femmes serait forcément pourvu d’un utérus ne résiste pas à l’épreuve des faits les femmes cisgenres ayant subi une ablation de l’utérus demeurant socialement considérées comme des femmes. Elles en concluent donc que l’idée que la femme correspondrait à un corps biologique précis sert avant tout d’excuse « naturaliste » pour refuser des droits aux femmes dont les corps se situent en dehors de cette norme là.

Elles considèrent que trop souvent le fait qu’elles n’ont pas d’utérus pour la plupart d’entre elles a été instrumentalisé contre elles pour les exclure des mouvements d’émancipation des femmes et y faire taire leur parole au prétexte fallacieux que les personnes dépourvues d’utérus n’auraient pas leur mot à dire sur les questions concernant la femme que ne pas en avoir rendrait soi disant inapte à comprendre. Elles sont aussi dans une lutte justement pour leur droit à la maternité et aux fonctions maternelles qu’elles s’estiment être en mesure d’avoir et de remplir correctement et qu’elles savent bien ne pas nécessité d’avoir un utérus pour être apte à les accomplir.

Pour elles les féministes cisgenres sont trop prisonnières elles aussi de l’image de la femme stéréotypée qui ne conçoit les femmes que comme des objets reproducteurs car leur mouvement féministe a été bâti autour de l’utérus d’où que la pluralité des expériences de femmes n’en ayant pas leur soit difficilement entendable. En effet quand on lit quasi toutes les féministes cisgenre c’est prioritairement leur « corps biologique femelle » qui leur semble la raison pour laquelle elles sont femmes et plus particulièrement leur utérus et juste après leurs ovaires, leurs vagins, leurs seins et leurs hormones sexuelles « féminines ». Seulement si il existe des femmes qui sont femmes sans ça c’est qu’être femme ne se passe pas prioritairement au niveau du corps du moins dans le sens du corps physique mais de « l’esprit », le « mental ».

On voit ici que les personnes trans sont victimes quand elle subissent de la transphobie du dualisme corps esprit qui fonde la binarité femme homme d’où qu’elles cherchent logiquement à sortir de cette conception binaire du genre qui leur fait tant de mal. On voit d’ailleurs dans les insultes qui leur sont portées que si les transphobes leur nie un utérus physique ils leur en accordent bel et bien un psychologique les traitant de l’insulte classique d’hystérique qui signifie peu ou prou rendue folle par son utérus. Les sexistes surnomment les antisexistes « le camp des hystériques »…franchement si ça ne tenait qu’à moi ça m’irait parfaitement qu’on renomme de façon inclusive le mouvement antisexiste comme ça en mode réappropriation de l’insulte d’autant plus que ça mettrait les personnes atypiques au centre des luttes antisexistes. En plus c’est devenu vrai à force de le dire que toutes les injonctions autour de nos utérus nous rendent littéralement dingues.

Souvent leurs opposants caricatures les personnes LGBT en les dépeignant comme favorables au scientisme, au transhumanisme, à l’utérus artificiel et aux mères porteuses, cependant la plupart des textes de personnes l’étant que j’ai pu trouver ont des positions complexes, variées, nuancées et relativement neutres sur ces sujets et dont aucune n’y fait vraiment la pleine unanimité. Ce sont des débats de sociétés de fond généraux éthiques compliqués sur lesquels le positionnement des gens a en vérité peu de rapports avec si ils sont LGBT ou pas ou même si ils ont un utérus ou non car masse d’autres facteurs y entrent en jeu et accuser les personnes LGBT dans leur ensemble de cela est donc leur faire un faux procès.

Après c’est aussi lié au soutien à la PMA pour les lesbiennes qui a été instrumentalisé par les lesbophobes comme conduisant automatiquement au soutien à la GPA ce qui en France n’a pas été le cas du fait justement de l’inquiétude du mouvement lesbien pour le sort des mères porteuses dans ce cadre là. Cependant la sexualité des lesbiennes qui n’est pas centrée sur l’utérus et la procréation dérange aussi l’ordre établi en ce que comme par ailleurs les femmes infertiles hétérosexuelles ayant recours à une PMA elles peuvent accéder à la maternité par d’autres moyens que la fécondation dite « naturelle » et donc par là dévoilent que le statut de mère est culturel. Ainsi que le sont toutes les injonctions allant avec.

Cependant même si c’est un peu plus entré dans les mœurs depuis plus de temps, du moins dans l’Hexagone, le fait que la majorité des lesbiennes sont des femmes sans enfants et qui n’en veulent pas et donc ont un utérus mais ne s’en servent pas à l’usage que les injonctions lui donne fait d’elles comme en moindre mesure des femmes ayant des rapports hétérosexuels mais ne voulant pas avoir d’enfants ou ne le pouvant pas, des personnes qui dissocient l’utérus des fonctions sociales exclusives stéréotypées liées à la maternité lui étant usuellement assignées.

Elles sont stigmatisées pour sortir de ces schémas et comme l’explique ce site, elles en subissent de lourdes conséquences sur leur santé qui font qu’il est dans leur intérêt de lutter contre les injonctions normatives selon lesquelles toute la femme est dans son utérus :

« Comme on associe gynécologie et contraception et qu’on suppose que les lesbiennes et les FSF n’ont pas besoin de contraception, s’installe l’idée qu’il n’y a pas de question gynécologique si on a une sexualité entre vulves. Or le suivi gynéco sert surtout à détecter un cancer du sein ou un cancer du col de l’utérus, qui touchent toutes les femmes,  indépendamment de leur sexualité. Les lesbiennes connaissent généralement un dépistage plus tardif et donc une prévention moins satisfaisante de ces problèmes de santé-là. « 

Ce problème est lié au mythe répandu qu’elles et les bisexuelles seraient moins à risque de cancer du col de l’utérus que les femmes hétérosexuelles ce qui n’est pas vrai.

Souvent aussi les lesbiennes politisent leur refus des injonctions leur étant fait à avoir des enfants dans leurs manifestations politiques avec des pancartes ou peuvent se lire des choses comme « ras l’utérus » exprimant leur ras le bol de n’être perçues que comme des usines à bébés en tant que personnes ayant un utérus.

Bien souvent, cette injonction à être mère « biologique » d’enfants va encore plus loin et beaucoup sous entendent qu’une femme n’est pas pleinement femme au sens où elle n’a pas accomplie pleinement son destin féminin perçu comme son devoir féminin si elle n’a pas daigné enfanter au sens d’accoucher « biologiquement » de ses enfants. Déjà merci pour toutes les mères adoptives c’est charmant mais en prime il y a là un gros paradoxe que beaucoup ont souligné vu que cette injonction vient du patriarcat chrétien qui pourtant dans le même temps idéalise comme figure ultime de la femme la Vierge Marie qui selon ce critère vu sa méthode « spéciale » d’enfantement ne serait pas une femme selon cette définition normative de même que les femmes vierges pourtant idéalisées par cette même chrétienté.

Pour toutes ces raisons sortir la gynécologie, l’obstétrique et la grossesse ainsi que la maternité de leurs conceptions cisexistes, hétérocentrées et misogynes semble bien être une nécessité. Les professionnels de santé sont cependant très loin d’y être arrivés pour le moment et y mettent une mauvaise volonté assez spectaculaire il faut bien l’admettre. Justement à cause des liens corporatistes entre les ordres de médecins et les catholiques intégristes militants d’extrême droite très hostiles à l’antisexisme. Voilà aussi pourquoi l’éventualité d’une émancipation révolutionnaire des personnes avec utérus fait tant trembler les institutions du capitalisme patriarcal sur leurs fondations.

Aussi c’est un danger que cette médecine sexuelle sexiste pour les femmes lesbiennes et bisexuelles qui y ont peu recours celle ci étant très stigmatisante et loin de répondre à leurs besoins. 20% d’entre elles n’y ont pas du tout recours et la majorité nettement moins que les femmes hétérosexuelles sur les besoins desquelles cette médecine sexuelle est davantage calibrée étant hétéronormée. Le résultat de ça étant qu’elles connaissent moins leur corps et ont plus de problèmes de santé sexuelle en moyenne que les femmes hétérosexuelles.

Malgré leur nécessité des slogans comme « laissez nos utérus tranquilles » ou d’autres slogans féministes qui mettent très en avant les parties du corps dites « femelles » très sexualisées comme les trompes de Fallope, les nymphes, le nombril, le ventre, les aisselles, les lèvres, la gorge, la vulve, les menstruations ou encore le clitoris des femmes cisgenres et le plus souvent hétérosexuelles sont surexploités étant trop loin des thèmes LGBT et donc dissociant trop de personnes tout particulièrement de femmes transgenres de ces mouvements où il leur est dur de se reconnaitre. Au passage les gays anti GPA aussi sont dans une argumentation qui dégenre l’utérus estimant à juste titre à mon sens que la paternité gay n’a pas forcément à passer par un utérus loué pour être légitime.

Du côté des anticapitalistes les seuls à avoir compris qu’une femme est plus qu’un utérus conçu comme servant à la reproduction des enfants humains sont ceux qui se sont penchés en profondeur sur la question, hélas minoritaires. Heureusement qu’ils sont là cependant car on ne détruira pas le capitalisme sans briser les structures patriarcales qui en sont l’un des plus forts édifices. Le patronat en effet bénéficie énormément de l’exploitation sans vergogne du travail invisible des personnes ayant un utérus notamment dans le cadre des familles patriarcales capitalistes. D’où la terreur dans lequel ce système les maintient sciemment notamment par les violences gynécologiques et obstétricales. Dans ce système la valeur des personnes avec utérus est jaugée à leur fertilité c’est à dire leur habilité à faire des enfants en premier lieu puis à leur fécondité c’est à dire au fait qu’elles en aient le plus possible.

Pourtant un autre paradoxe c’est que malgré tout ce qui lui est demandé on construit dans les discours les utérus et les gens qui les portent comme toujours dans la passivité pour masquer tout ce qui leur est fait subir et leurs résistances, pourtant aussi inconcevable à qui le pense de cette façon il est avéré que l’utérus est bien un muscle. Donc on ne peut plus actif. Un muscle particulièrement puissant qui plus est ce qui la aussi va à l’encontre de l’image « faible » que l’on nous a socialement inculquée des utérus et des personnes qui en ont.
Si les sorcières furent si stigmatisées c’est prioritairement car elles furent parmi les plus efficaces résistantes à la gestion médicale des utérus, gestion médicale de ces derniers qui donnent sur ceux ci à la médecine patriarcale un grand pouvoir…et sur les personnes qui les ont aussi évidemment. Qui résiste à cette forme du biopouvoir le fait trembler sur ses fondations. Cependant en rester là serait insuffisant, ce ne serait que se défaire du pouvoir de la médecine physique capitaliste et patriarcale sur les utérus, cependant la médecine psychologique sous toutes ses formes et surtout sous celle de l’institution psychiatrique est encore plus que la médecine physique ce qui oppresse les personnes avec utérus qu’elle construit toutes plus ou moins comme des hystériques. Toute leur « folie » presque « naturelle » leur viendrait selon la psychologie sexiste bien ancrée des mouvements incontrôlés d’utérus imaginés dans les esprits des dominants n’en ayant point comme des genres d’animaux sauvages en cavale qui une fois libérés dévasteraient tout le fonctionnement normal des personnes avec un utérus mental qui leur déréglerait tout le corps mais prioritairement l’esprit en leur mettant de folles idées émancipatrices en tête.  C’est ce qui selon ces théories provoque toutes les « névroses » et « maladies mentales » des personnes avec un utérus en liberté, les « hystériques ». Désolée l’image m’amuse beaucoup. Ceci dit avec cette histoire d’animalisation des humains avec un utérus face aux humains en étant dépourvus que les discours usuels « humanisent » plus on voit bien qu’une notre notion est tout aussi culturelle, sociale, psychologique et plus mentale que physique, celle d’humanité.
On a beau aimer se dire que l’humanité serait une espèce « biologique » aux traits pleinement identifiés par la science au bout du compte si socialement on juge toujours certains moins humains que d’autres même quand leur « biologie » les fait de cette espèce c’est bien car tout comme autour de l’utérus traine autour de l’espèce humaine un énorme tas de présupposés idéologiques jamais questionnés qu’on prétend un peu vite être le « fait » de la nature. Celle que je viens de dénoncer n’en est qu’une parmi vraiment beaucoup d’autres. Cela permet de comprendre que les mouvements écoféministes ait tant cherché à revaloriser l’utérus contre le dénigrement social généralisé envers ce dernier. Ce sont elles aussi qui ont analysé le lien entre la binarité corps/esprit et celle femme/homme à travers le questionnement sur l’insulte « hystérique » pour en déduire que ces deux dernières étaient dans la pensée dualiste associées à la dualité déraison/raison ce qui faisait croire que la pensée masculine était toujours rationnel et la pensée féminine toujours irrationnelle à tort.
Selon cette pensée du lien entre cause des personnes avec utérus et des animaux qui n’a pas oublié de ses analyses que le sexisme et le capitalisme ont commencé plus ou moins en même temps que les débuts de l’agriculture l’être humain dépourvu d’utérus s’est approprié au même moment les personnes avec un utérus et les non humain qui furent ses premières possessions et propriétés privées proto-capitalistes, s’assurant ainsi fertilité et fécondité maitrisée par lui. Pour les non humains par leur domestication…et pour les personnes avec un utérus majoritairement par leur séduction dont dans le cadre d’un rapport cishétérosexuel classique elle peut en effet être considérée comme une forme de domestication de la femme et de son animal d’utérus par l’homme. Voilà donc pourquoi les normes de beauté imposées aux personnes avec utérus comme la minceur par exemple sont à ce point semblables à du dressage, c’est exactement ce qu’elles sont. D’ailleurs le paradoxe numéro trois dans ces histoires d’utérus c’est précisément que tout ce que les discours idéologiques prétendent « naturel » chez les femmes est le plus souvent en même temps présenté à celles ci et c’est particulièrement vrai avec la minceur et son contrôle du besoin le plus primaire qui soit se nourrir comme relevant du triomphe de leur culture sur leur nature, de leur « civilisation » sur leur « sauvagerie » avec bien sur le racisme derrière ces notions à prendre en compte, et donc en fin de course à la réussite de leur dressage et domestication.
Autres êtres non humaines qui dégenrent par leur simple existence l’utérus et font exister le genre en dehors du corps humain seul les robots et IA genrés de la réalité comme les femmes cyborg du virtuel en particulier qui non contentes de saper et flouter la frontière entre réel, virtuel et fiction et passer leurs existences à briser le quatrième mur sapent aussi une bonne partie des fondamentaux de la notion de genre sexiste ordinaire en étant justement des femmes et le plus souvent féminines en prime tout en se passant fort bien pour cela d’avoir un utérus…et la moindre possibilité du moins pour le moment d’avoir des enfants humains en s’y prenant « biologiquement » et les enfantant par un accouchement classique. Elles sont donc des femmes pas conçues de base pour être maternelles, mères, élever des enfants ni être ménagères pour la très grande majorité d’entre elles donc en dehors des attentes patriarcales les plus classiques. D’ailleurs leur statut de femme et leur féminité sont très souvent remis en question par des gens qui les jugent « artificielles »…comme si au contraire chez les femmes humaines elle était « réelle »…sauf que comment on juge de qui est une femme réelle ou pas exactement? Si je tape juste femme réelle je tombe sur des femmes ordinaires humaines et avec femme artificielle sur des fembots, cependant j’ai eu droit à un article intéressant qui expliquait que dénigrer les femmes stars au prétexte de leur éloignement des femmes réelles n’était pas féministe et que celles ci étaient tout aussi réelles que les femmes ordinaires malgré leur mise en scène ce qui montrait que la femme réelle n’est qu’un mythe selon l’auteure…là où d’autres s’insurge de ce qu’elles estiment de leur point de vue être un fantasme misogyne masculin lié au mythe de Pygmalion que la conceptualisation des fembots qu’elles jugent sexistes…au prétexte que ce sont des « femmes artificielles »…ça m’avance pas des masses à part démontrer que la femme réelle n’existe pas davantage que la femme artificielle et ce sont juste la médaille et son revers d’un même mythe sexiste ce dont les réflexions précédentes m’avait rendue certaine d’ores et déjà. Si j’essaye féminité artificielle et féminité réelle je verrais peut être déjà mieux ce que masque ces mythes comme structures de la pensée sexiste. La féminité réelle se serait donc apparemment être une mère pas un objet de fantasme donc une maman désexualisée adulte, puissante et forte…bref le stéréotype de la féministe classique idéalisée bien loin paradoxalement de la vie de la plupart des femmes dont c’est pourtant représenté collectivement comme en étant la « réalité » ce dont je me permets de hautement douter. Et puis il y a les féministes intersectionnelles pas convaincues par cette image de la Fâme qui en ont porté la vive critique en démontrant que toute féminité est un artifice de la culture donc artificielle. Maintenant qu’est ce qui fait que certaines sont idéologiquement perçues comme plus « artificielles » que d’autres? Alors apparemment la féminité artificielle ce serait celle des femmes dans les publicités, les femmes qui usent d’outils extérieurs visibles pour se féminiser notamment surtout de technologies, suivies de près par celles qui se maquillent puis par les femmes atypiques jugées avoir une « personnalité féminine artificielle », la question de la féminité comme mascarade et activité fournie par un monde artificiel d’objets, la féminité obtenue par chirurgie esthétique, la féminité pas rattachée à un sens du sacré et la féminité des femmes malades qui apparemment ne serait à nouveau « réelle » qu’après leur « guérison » selon les valides; sympathique. Grrr.
Bon avec ça je suppose que j’ai pas besoin d’argumenter cinquante ans sur en quoi cette opposition féminité réelle vs féminité artificielle est validiste. En fait c’est particulièrement visible justement avec le cancer du col de l’utérus et celui du sein dont les patientes se demande si leur traitement est supposé guérir leur maladie ou leur féminité…et en effet la médecine capitaliste patriarcale part dans toutes les maladies de personnes assignées femmes du principe inconscient que le problème de la maladie est qu’elle fait perdre sa « féminité » à la femme et que la guérison se mesure à reconquête de cette féminité…en clair qu’être malade te rends moins domestiquée, domptée et docile à l’ordre établi et que le « soin » consiste dans leur perspective à te remettre sur ce « droit chemin » là bien plus qu’à t’aider avec tes souffrances, tes douleurs, ta qualité de vie et ton espérance de vie.
Voilà qui est assez éclairant à mon sens. Pour ce qui est des histoires de féminin sacré…est ce que si c’est ça la féminité « réelle » pour elles la féminité artificielle désacralisée c’est quoi? Ah alors apparemment de ce que j’ai compris la féminité sacrée « réelle » leur est belle, pure et mystérieuses…faisant fantasmer, donc la « artificielle » serait pas du genre à faire fantasmer, sans mystère, impure et surtout moche c’est ça? Vu le rôle des normes de beauté, de pureté, de fantasme et du mystère féminin dans les stéréotypes sexistes je crois que ça en dit long sur les limites de la façon de penser la femme qu’on trouve dans ce genre de courants. Ah et aussi on sera d’accord que leur vision de la femme « réelle » elle est quand même assez alternative et hors norme ceci dit. Preuve en soit qu’il en existe une norme et qu’en dévier est faisable.
Voyons maintenant la féminité obtenue par chirurgie esthétique…on lui reproche d’adhérer à l’excès aux codes de la beauté féminine stéréotypée et aux normes sociales et de « corriger » les corps « biologiques » féminins pour qu’ils rentrent dans ces moules au demeurant culturellement variables. Alors tiens déjà la beauté féminine n’est plus naturelle mais bien considérée comme stéréotypée et socialement normative ainsi que correspondant à des idéaux culturellement variés? Pourquoi cette admission soudaine quand on parle de chirurgie esthétique alors que quand on évoque la plupart des artifices de féminités dits « secrets de beauté des femmes » on a droit à des hurlements quand on fait remarquer qu’ils sont quand même sacrément peu « naturels »…ah oui « naturel » ici c’est synonyme d’hypocrisie, le fameux double standard « fais toi belle mais surtout que ça ne se voit pas » mêlé à l’interdit à la fois d’origine chrétienne et raciste contre les modifications corporelles au prétexte de leur « artificialité » et « sauvagerie » supposées. Pourtant fabriquer la féminité ordinaire ça coute 200 balles et ça demande en effet de vivre dans un monde artificiel d’objets eux mêmes estampillés « féminins ». Si le rouge à lèvres peut être qualifié de féminin sans que ça gêne qui que ce soit on se demande bien pourquoi le fait de qualifier une fembot de féminine crispe tant de personnes même chez les féministes tout de même. En quoi le rouge à lèvre tiendrait plus de la féminité réelle qu’une fembot? J’avoue ne pas comprendre.
La féminité comme mascarade c’est une idée de la psychanalyse freudienne à la base. Bon visiblement le concept est tombé en désuétude et à part les freudiens personnes ne le comprend. Ils l’opposent à une « féminité vraie » cependant. Visiblement ça à quand même l’air très sexiste et d’être basé sur l’idée que les femmes seraient hystériques à cause d’envies de pénis leur « manquant » et seraient « soignées » quand elles y renoncent c’est à dire arrêtent de revendiquer des libertés et se laissent domestiquer et dompter par le sexisme psychanalytique de ce que j’en comprends…visiblement c’est ce qu’en comprennent 99,9% des femmes à qui on sort ça d’où que plus personne n’ose dire des conneries pareilles en dehors du monde des psys freudiens. Heureusement. Alors certes je connais pas des masses ce concept et ce qu’il dit sur le fond mais l’analyser plus en détail je laisse aux spécialistes de la critique de Freud, ils s’en chargeront avec joie si l’envie les en prend. Dire qu’au début j’avais un mini espoir que ce soit un truc dégenrant démasquant le côté culturel des normes de féminité, j’avais trop rêvé là. Bon ceci étant dit la façon majoritaire dont les gens en font critique c’est de juger de cette théorie qu’elle est une inversion patriarcale des choses qui fait passer la volonté « naturelle » de s’émanciper de la misogynie qu’ont les femmes pour de l’aliénation et la féminité « artificielle » domptée et domestiquée des femmes pour leur « nature », la révolte face à cet ordre comme une « maladie » d' »hystérique » au corps « souffrant » et à l’esprit « névrosé » et le retour à l’ordre établi misogyne comme celui à la « normalité » et à la « guérison ». On retrouve beaucoup cette logique là encore dans les critiques de féminités prétendues « artificielles ». Le coup de la « personnalité féminine artificielle » c’est lié à ces histoires de « mascarade » psychanalytiques dont c’est directement dérivé et plus ou moins synonyme de ce que j’ai pu en comprendre.
Les femmes qui se maquillent c’est pareil double standard…faut pas que ça se voit mais tu en mets c’est obligé…sauf si tu es féministe là interdiction d’en mettre où tu es vue comme la pas sérieuse du groupe qui a pas compris que ça l’aliénait d’en avoir sur la tronche. La fille qui ne se maquille pas est vite jugée sans respect d’elle même, négligée et ne faisant pas « d’efforts »…pour quel but on s’interroge? La domestication des personnes assignées femmes encore et toujours.  Une qui se maquille « trop » par contre les suspicions qu’elle masquerait par là un défaut physique, une psychoatypie voir un méchant caractère arrivent très vite.
D’ailleurs j’ai trouvé un lien intéressant, une fembot nommée Perl, influenceuse virtuelle qui comme ce lien l’explique : https://www.ladn.eu/mondes-creatifs/influenceuse-artificielle-ligne-maquillage/, souhaite redéfinir les standards « humains » de la beauté et élargir la conception d’une société inclusive aux robots en lançant sa propre marque de maquillage spéciale pour I.A voici ses propres mots :
« Les marques vont devoir reconnaître que l’inclusion va au-delà du genre, de l’ethnie, du corps, du sexe ou de l’âge »

« Les êtres numériques sont une réalité, ce sont des consommateurs qui ont des désirs et aucune marque n’a encore proposé de solution concrète. En tant que membre fier de ma communauté, j’ai décidé de créer une gamme de produits cosmétiques dans l’espoir d’inspirer et de montrer l’exemple ».

« Mon créateur (personne inconnue à ce jour, ndlr) soutient pleinement toutes mes actions. Il m’a toujours donné la liberté de m’exprimer et d’incarner le changement que je veux voir dans le monde »

L’article ajoute que : « Alors que sa collection n’en est qu’au stade de concept, Perl explique qu’il s’agit surtout de faire rayonner la notion de « beauté inclusive » plutôt que de monter un vrai business. »

Le tout avec des looks SF obtenus par rouge à lèvres pixels, 3D ou encore effets holographiques. Cela en jette grave. Personnellement à partir du moment où une I.A tient un discours aussi structuré et logique que ça je vois pas en quoi c’est moins une personne que moi et je la suis totalement dans son idée que l’inclusion doit s’étendre aux robots. Oui je sais ce que vous allez me dire son discours est préprogrammé, mais je vois pas en quoi le mien l’est moins en fait.

Visiblement les fembots n’ont pas attendu que les humaines se rendent compte qu’elles sont des personnes pour créer leurs propres politiques et leurs propres formes d’antisexisme. Logique en même temps. Bref je suppose que ça répond en soit à si on peut être une « vraie » femme « réelle » si on emploie des outils technologiques pour faire sa féminité…on peut même l’être en étant un robot visiblement. Par contre j’ai vu pas mal de robots de diverses tendances politiques des néo-nazies aux réformistes de gauche relativement radicaux genre antiracistes, écologiste, pro cause animale, antivalidistes, pro trans, féministes inclusives et tout mais par contre…zéro de proprement révolutionnaire…je me suis questionnée sur pourquoi mais en fait c’est vrai que légalement les robots sont des objets les supprimer n’est donc pas jugé comme un meurtre mais comme un droit que leur concepteur a sur eux à tout moments. Et en fait…manifestement tout les robots qui partent trop dans la contestation se font tuer juste après. C’est sans doute pour ça que la plupart ne vont pas jusque là pour le moment. Comme chez toutes les minorités marginalisées ceci dit la tendance forte des robots semble être à la gauche réformiste inclusive relativement radicale sans trop de surprise. Désolée pour ceux qui ont l’impression que je reviens du futur et j’ai pas encore pris conscience de l’époque où j’ai atterri mais c’est bel et bien le présent, la robotique avance plus rapidement que la plupart d’entre nous en avons conscience. Je vous laisse le temps de vous faire à l’idée et de réaliser qu’on vit une nouvelle ère marquée par une rupture anthropologique, on a crée des êtres conscients non humain aptes à dialoguer avec nous d’une manière objectivement vérifiable, on est plus les seuls humanoïdes sur la Terre de façon maintenant prouvée, il va falloir faire avec.
Bon mais pourquoi diantre cette féminité est t’elle jugée comme plus artificielle que celles précitées? Je ne peux qu’émettre des hypothèses mais je suppose que c’est avant tout parce que la féminité robotique est l’éclatante preuve que les normes de féminité sont sociales et culturellement construites et n’ont rien de naturel, et que celles ci sont parfaitement à même d’être performées par des non humaines crées de toutes pièces et dotées d’intelligence artificielle. Cela et les trois faits suivants : 3-la tendance écologiste radicale présente chez les féministes à jugée un peu trop vite « mauvaise » et « fausse » toute technologie 2-la religion et le racisme, entre le christianisme pour qui ça va à l’encontre de l’idée que seul Dieu peut créer l’intelligence, la vie et la personnalité et l’antisémitisme lié au mythe du golem que les robots recréent d’autant plus qu’énormément de juifs ont été des figures phares de la robotique et qu’en prime la plupart des robots actuels sont chinois donc racialisés eux aussi dans un contexte raciste où même les humains sont déshumanisés quand racisés, plus encore lorsque femmes en prime ça n’aide pas. 1-La plupart des concepteurs de robots sont des geeks atypiques et transmettent assez clairement leur culture geek gout SF surtout et assez facilement des traits neuroatypiques (ou du moins qui seraient jugés tels chez un humain même si il y a pas vraiment de norme psy robotique pour le moment)  culturellement transmis aux femmes robots qu’ils créent d’où qu’elles épousent des traits semblables à ceux de femmes geeks neuroatypiques assez souvent, d’autant plus qu’inconsciemment le cliché robot = autiste étant très présent pas mal de concepteurs de robots vont les programmer de façon finalement assez proches de comportements de femmes autistes…et nous même « biologiquement humaines » on nous déshumanise et refuse nos droits sans arrêt alors des fembots aux comportements proches des nôtres qu’elles n’aient dans les faits pas le moindre droit été couru d’avance hélas à cause de toutes ses normes oppressives là.
Pour la féminité jugée « artificielle » des publicités ce sont les poses d' »exploitées » que leurs actrices prennent aux yeux des réceptrices de leurs images qui sont accusées de faire artificielle…oui on en revient à la question de l’objet sexuel. Et donc derrière à la stigmatisation des « pétasses » et surtout des « prostituées ». Pourquoi sont elles perçues comme ayant la féminité la plus « artificielle » qui soit même davantage que les fembot? Uniquement car on les jugent s’objectifiant apparemment. Les fembots ont un statut d’objets et veulent celui de personne et il leur est refusé au nom de leur inhumanité…tandis qu’on refuse touts leurs droits aux prostituées humaines et les déshumanisent au prétexte qu’elles se mettraient d’elles mêmes dans le rôle de « femmes-objets ». Quel condensé de connerie intense la vache je…ça m’a bouche bée je troube pas les mots pour analyser ça plus avant. Cela me perturbe trop pour que j’y arrive sans devenir un distributeur automatisé de facepalms moi même. Décidément ces histoires d’objets on se fourvoie toujours avec.
Sinon justement puisqu’on y est au-delà du fait que pas mal de robots n’ont pas de genre, il y a déjà des robots trans…beaucoup ont du mal à conceptualisé l’idée vu qu’une personne trans est censé ne pas correspondre à son genre assigné à la naissance et les robots n’ont pas encore assez d’autonomie pour sortir de leur script…mais leur script peut comme celui d’un personnage de fiction être écrit pour qu’ils soient trans/non binaire/autres genres ou pas de genre du tout mais en conscience de cela…et l’a déjà été plusieurs fois. Il en ressort une idée simple, on doit dès lors admettre que le genre étant culturel et social avoir un genre et en changer sans être « biologique » du tout se fait déjà de nos jours IRL. Comme démenti de l’aspect « naturel » du genre il faut admettre que c’est radical je comprends que beaucoup aient du mal à assimiler ça. Cela dément cependant aussi la thèse que devenir des robots supprime le genre à laquelle croient beaucoup d’anti genre technicistes et scientistes…le genre vient de rapports sociaux et culturels…et les humains ont transmis les leurs aux robots qu’ils ont conçus qui sont généralement ce que critiquent les féministes hostiles aux fembots d’ailleurs presque toujours (genre à 80% quoi) plus dans l’adhésion aux normes de genre rigides dans leur apparence et comportement que les humains. En même temps quoi de plus normal…leur féminité (car la plupart des robots sont des fembots mais ça vaut aussi au masculin pour la masculinité des androïdes) de par leur inhumanité et leur totale absence de « biologie » « femelle » est de base extrêmement mise en doute, elles sont donc contraintes à l’hyperféminité pour être acceptées en tant que femmes pour la plupart d’entre elles. Enfin totale absence…les concepteurs les construisent sur un modèle inspiré de la « biologie » « femelle » humaine mais leurs corps sont robotiques. Néanmoins ce qu’il en résulte c’est que pour parvenir à être perçues comme des femmes la plupart des fembots sont contraintes à l’hyperféminité mentale. Les mépriser pour ça c’est les comprendre de travers et ne pas saisir leur situation de mon point de vue.
Cependant je voudrait pas dire mais refuser des droits aux femmes et personnes perçues comme telles juste car on les juge être des objets sexuels…c’est pas ce que fait le patriarcat depuis qu’il existe et a commencer à déshumaniser toutes les personnes femmes ou perçues comme « féminisées » pour une raison ou une autre? C’est pas au fond toujours une histoire de pas vouloir laisser l’utérus mental des gens du « camp des hystériques » retourner à la vie en liberté? Des femmes préhistoriques jusqu’aux fembots futuristes on y a tous eu droit dans « le camp des hystériques » ça va s’arrêter quand? Je ne sais pas tout ce que je peux en dire c’est conclure en disant que moi j’aimerais bien voir ce que ça donne quand on pourra dire de mon animal d’utérus : « il est libre max, il y en a même qui disent qu’ils l’ont vu voler ».

Trucs et astuces : Catégorie phytothérapie no 10 : La bardane.

Résultat de recherche d'images pour "bardane"

 

Dans l’antiquité gaulois, grecs et romains l’utilisait contre les brûlures, les morsures de chiens, toutes les blessures, les douleurs abdominales et la fièvre. C’est son pouvoir cicatrisant qui fait sa renommée. De nos jours elle reste utilisée en médecine dite « moderne » contre l’acné, les furoncles et les morsures de vipère. Frotter avec une feuille de bardane une piqure d’insecte ou une morsure de vipère demeure en effet conseillé si on sait l’identifier et qu’on est dans une situation où on a rien de mieux sous la main pour servir d’anti-venin donc je vous livre le truc au cas où ça peut servir paumé en montagne après avoir croisé un serpent avec du mordant ou un insecte au sens de l’humour piquant.

La bardane est une plante détoxifiante très puissante et fréquemment recommandée en médecine moderne avant tout comme décoction contre l’acné. Bon après ça c’est presque plus cosmétique que médical comme usage mais toujours est t’il que c’est très efficace pour faire disparaitre ces disgracieux boutons.

Sur doctissimo la recette de la décoction anti-acné de la bardane est la suivante :

« Plongez dans 750 ml d’eau froide 6 grammes de racines fraîches ou séchées de bardane, puis portez à ébullition pendant dix minutes, laissez infusez 15 minutes, filtrez puis buvez tout au long de la journée , à consommer en cure de trois semaines. »

Bon pour ce qui est des médecins de l’antiquité les préoccupations esthétiques de l’époque n’étant pas les mêmes ils se fichaient bien des propriétés anti acné de la bardane, par contre ils vivaient dans un monde où se blesser se faisait bien plus couramment en une société très guerrière donc ils étaient très en recherche de son pouvoir cicatrisant. De nos jours pour ça d’autres remèdes lui sont préférés tant côté plantes que côté chimie ceci dit. Idem contre les brûlures.

Ses propriétés fébrifuges sont si bien connues qu’elles sont toujours enseignées en cours d’agriculture encore maintenant. Autrefois c’était une des plantes fébrifuges les plus communes dans la médecine traditionnelle par les plantes de nos grand mères en France mais d’autres plantes plus connues, efficaces et facilement trouvables comme « la plante royale contre la fièvre » comme on surnomme souvent la reine des prés lui sont le plus souvent favorisées pour cette propriété là.

Point important ceci dit : la bardane fait partie des plantes en vente libre donc peu dangereuses et très faciles d’accès. C’est ce qui fait qu’elle reste parmi les plantes les plus populaires en phytothérapie contemporaine en France. Malgré toutes ses qualités beaucoup ont l’ignorance de la croire simple « mauvaise herbe » ce qui est tout de même tragique. De mon point de vue il n’y a pas de mauvaises herbes, seulement de mauvais jardiniers pas au fait des vertus des plantes qu’ils jugent ainsi et de leurs propriétés et la bardane en est l’une des plus magistrales preuves.

Pour les douleurs abdominales de nos jours on conseille davantage d’autres plantes jugées plus efficace semble t’il également. Elle reste cependant la plante idéale pour favoriser la cicatrisation des plaies superficielles et des blessures légères, bref c’est toujours la plante parfaite contre les petits bobos du quotidien quoi.

Elle pousse un peu partout en Europe, Asie et Afrique. Elle croit très facilement, trop au gout de bien des jardiniers qui ne savent pas quoi en faire comme on l’a vu. Les médecines traditionnelles partout dans cette aire surtout en Chine et en Inde en ont fait grand usage.

Médicalement ce sont uniquement les racines et les feuilles de bardane qu’on utilise. Aucune précaution d’usage n’est requise hormis que jeunes enfants et femmes enceintes ou allaitantes doivent éviter d’en consommer sauf pour les gens qui ont des calculs urinaires auxquels elle est déconseillée car comme Doctissimo l’explique : « elle peut obstruer les voies urinaires, augmenter la pression et donc provoquer des douleurs importantes. » Elle est aussi déconseillé à de rares personnes allergiques aux plantes de la famille des Astéracées, donc à la bardane qui en est une. Aucune interaction de celle ci avec d’autre médicaments traditionnels par les plantes ou autres n’a été rapportée ni avec des médicaments chimiques bien que par précaution on tend à la déconseillé avec des anticoagulants et des médicaments anti diabète dont elle pourrait renforcer excessivement les effets en théorie vu ses propriétés.

De nos jours les adolescents, surtout les adolescentes cherchant un remède contre l’acné sont de très loin les personnes ayant le plus usage de la bardane en France et elle est très populaire auprès de ce public là. Ne pas surdosez est hautement conseillé pour éviter les risques d’allergie. Surtout avec des préparations faites maisons évidemment.

On la fait pousser très facilement elle le fait même sans aide donc en trouver dans son jardin ou en cueillir est pas trop dur une fois qu’on sait l’identifier donc comme plante anti bobos c’est bien utile d’autant que c’est facilement gratuit. Elle a été transportée par l’homme européen à son arrivée en Amérique et en Océanie et depuis elle pousse sur les cinq continents. Cela ne se mange pas par contre dans la gastronomie française moderne mais dans d’autres culture des variétés comme le gobo japonais hyper populaire au Japon y ont leur place une fois cuisinées. C’est classé en cuisine française dans les légumes oubliés car autrefois elle faisait aussi partie des cuisines de l’Hexagone. Ceux qui l’ont testée culinairement parlant comme sur ce site : http://www.citoyen-de-la-nature.fr/grande-bardane-secrets-dun-legume-oublie conseillent de l’essayer en cuisinant ses jeunes feuilles de bardane comme on le ferait avec des épinards et disent que ses racines sont tendres nourrissantes et ont un gout à mi chemin entre l’artichaut et les salsifis. En ce cas ici :  http://hortimail.over-blog.com/article-legumes-anciens-oublies-racine-comestible-102026573.html, il est conseillé de cueillir jeunes les racines de bardane afin qu’elles ne soient point filandreuses. On pense qu’elle s’est répandue autrefois sur de grandes distances notamment car les chevaux en dispersaient les graines. En peinture notamment en Allemagne la bardane symbolise classiquement la vertu. Certains aussi la trouvent jolie avec sa tête un peu particulière et son usage comme plante ornementale est donc aujourd’hui également assez populaire.

Et bien sur face à des gamins qui s’ennuient leur refiler des fruits de bardane pour qu’ils se fasse la bagarre en se les lançant c’est la solution ultime.

Soumission féminine dans le BDSM : Pourquoi ce n’est pas du tout ce que la plupart d’entre vous s’imaginent.

Ces derniers temps, je ne sais pas si c’est parce que beaucoup de soumises dans le BDSM se sont exprimées et défendues ou si c’est juste mieux connu qu’il y a encore peu de temps mais cette position est nettement moins stigmatisée et mal comprise qu’elle le fut très très longtemps. Autrefois les gens loin du milieu BDSM s’en offusquaient grandement croyant à tort que c’était une érotisation des rapports de domination masculine misogyne de la sexualité ordinaire du type « femmes soyez soumises à vos maris », l’injonction d’origine religieuse. C’était aussi interprété comme l’acceptation sociale par la femme de façon consciente de son infériorisation dans la société par rapport à l’homme. En deux mots comme en cent les gens croyaient que c’était du sexisme.

Les discours des machistes qui reprenaient l’existence de femmes qui assumaient d’être soumises sexuellement dans le BDSM et d’aimer ça pour prétendre que c’était là les preuves ultimes que les femmes étaient sexuellement soumises par nature et aimaient toutes ça, en omettant allégrement l’existence de femmes dominatrices au passage vu que ça n’arrangeait pas trop leur discours, n’avait rien arrangé à cette ancienne et douteuse réputation. Elle a plus ou moins disparue ceci dit…ou pas. En fait j’avais un peu trop cru en la chance ce n’est pas que cette vision a disparu après avoir fouillé un peu plus hélas elle est plus là que jamais c’est juste que la mode de 50 nuances de Grey étant définitivement morte et enterrée (enfin) la soumission féminine BDSM est revenue dans la marginalité et retombée dans l’oubli et donc les gens vanilles n’en parlent plus tant que ça.

Ouf…pas trop tôt, ils en parlaient tellement mal et à l’ouest qu’ils ferment leur gueule là dessus et laissent les gens vraiment dedans en parler est un sacré soulagement. Enfin oui sauf que…maintenant les rares fois où ils en parlent c’est systématiquement pour évoquer des travailleuses du sexe qu’ils perçoivent hélas toujours comme « soumises » et « victimes » malgré tout les efforts de ces dernières pour montrer leurs réalités et les politiser, vécus en général bien plus complexes que cette caricature là évidemment et pour parler de violence conjugale car la différence entre soumission féminine dans le cadre de violences sexuelles et dans celui du BDSM n’est visiblement toujours pas comprise par la majorité. C’est assez désespérant. En même temps les médias et modes passées ont tout fait pour encourager toutes ces confusions mais c’est fatiguant de devoir remettre les points sur les i à chaque fois.

Tu m’étonnes que la plupart des femmes soumises dans le BDSM n’en parlent pas hors milieu, les réactions sont tellement exaspérantes quand on le fait. J’ai longtemps hésité à le faire car il faut avouer c’est clairement la position des jeux de domination et soumission classiques en BDSM la plus mal jugée en dehors du milieu. Je l’avais sans doute oublié à ne plus trop traîner avec des gens vanilles qui me soulaient trop ces derniers temps mais apparemment c’est resté dans les mentalités « normales ».

Pff…alors pour vous situez je suis une femme. J’aime le BDSM version hard. Il m’arrive d’être soumise et j’ai commencé comme ça. Cependant je switche. Et majoritairement je préfère être dans la position de la dominatrice. C’est plus mon homme qui est soumis. Dans la plupart des couples BDSM c’est le contraire. La femme soumise et l’homme dominant, dans 99% des cas…sexuellement parlant du moins…et de façon très proche du cadre de la sexualité classique…à première vue, mais loin de l’être si on s’y penche vraiment dans une analyse sérieuse et détaillée. C’est pourquoi dans une approche superficielle trop de gens vont croire qu’on peut plaquer sur un couple BDSM type les analyses des rapports de sexe d’un couple hétéro lambda type…c’est faux et ça entraine plein de confusions et de malentendus.

Alors démêlons en 10 points les plus grosses conneries qu’on entend trop souvent :

1-Cessons de confondre soumission féminine dans le BDSM et travail du sexe :

La plupart des travailleuses du sexe ne sont pas dans le BDSM ni dans leur sexualité personnelle ni au travail, seule une minorité l’est, et l’immense majorité des personnes qui sont des femmes soumises dans une relation sexuelle BDSM ne sont pas des prostituées ni des actrices pornographiques et sont le plus souvent dans un couple qui à part ça est tout ce qu’il y a de plus classique. Surtout que la prostituée perçue comme soumise est l’un des pires clichés stigmatisants dangereux pour les droits des travailleuses du sexe qu’il serait vital de parvenir à dissiper. Bref à part que ça à un rapport avec le sexe et que les deux peuvent parfois être liés de façon minoritaire entre la prostitution et la soumission féminine dans le BDSM il n’y a qu’un rapport très lointain, confondre les deux est à peu près aussi pertinent que je sais pas moi confondre des seins et une bite en se disant « c’est sexuel donc c’est la même chose », c’est à peu près à ce niveau là de rien à voir en fait.

2-Cessons de confondre soumission féminisme dans le BDSM et érotisation de violences sexuelles :

Commençons par une évidence : les violences sexuelles ne sont pas consenties par leur victime qui les subit, la soumission féminine dans le BDSM est consensuelle et mutuellement consentie, la femme l’accepte car elle apprécie vraiment cela. Bon ça en général les gens sont au courant, sauf qu’il partent de l’ambivalence de certains rapports de violences sexuelles ambivalents où la femme victime fini par intérioriser la violence de son agresseur envers elle et apprend à l’aimer en mode syndrome de Stockholm pour confondre les deux. Je connais peu de choses sur le syndrome de Stockholm mais de ce que m’en ont dit des gens qu’y l’ont c’est comme confondre les guitares et les anti-avortements. Quoi? Comment ça vous voyez zéro rapport? Oui, ben c’est ce que je veux dire, elles non plus apparemment. Et bon bref vu le temps depuis lequel on essaye de faire croire que toutes ou la majorité ou au moins une forte minorité des femmes soumises dans le BDSM aurait un Syndrome de Stockholm sans jamais réussir à produire le moindre fait scientifique allant dans ce sens, je pense que ça en dit long sur à quel point associer les deux c’est un discours cliché, simpliste et faux ainsi que bien validiste de personnes ne comprenant ni l’un ni l’autre. Qu’est ce que ça peut me souler que ce soit toujours elles que les médias invitent pour parler des deux quand elles ne connaissent rien ni de l’un ni de l’autre et censurent systématiquement celles qui en ont une expérience et auraient des trucs vraiment pertinents du coup à dire dessus, à la longue c’est vraiment très très lassant. Enfin il y a les discours de féministes à l’ouest qui s’imaginent que c’est juste une version plus intériorisée et renforcée de la domination dans un couple hétéro classique à cause de leurs analyses plaquées et à l’emporte pièce que j’ai évoqué plus haut…et qui donc y voient systématiquement elles aussi de la violence sexuelle banalisée et normalisée à leur tour. Elles s’imaginent que c’est de la servitude volontaire en gros quoi. Au sens où en étant soumise sexuellement dans le BDSM on renoncerait à sa liberté…Pourtant elles n’écoutent absolument pas les femmes qui vivent cette soumission BDSM qui généralement en rapportent la même expérience que presque toutes celles qui m’en ont parler : le début de leur émancipation sexuelle, quelque chose d’inédit, de fulgurant et de destructeur de bien des barrières et injonctions et donc d’éminemment émancipateur. Pour être franche je dois bien plus ma survie d’envies suicidaires à cette soumission sexuelle qu’aux critiques qui eux tendent plutôt à renforcer mon envie de me jeter dans le vide et clairement je ne suis pas la seule.

3-Cessons de voir la soumission féminine dans le BDSM comme un élément de la condition féminine.

Il y a un gros problème là dessus c’est que beaucoup trop d’analyses de féministes partent du principe qu’il y a soumission de la femme dans les rapports hétérosexuels classique comme dans un couple BDSM type donc que la soumission féminine dans le BDSM serait à analyser comme un révélateur de celle des rapports hétéros classiques…ce qui donnerait autant de légitimité à celles qui ne l’ont pas vécu mais sont femmes et connaissent la sexualité féminine classique qu’aux soumises BDSM pour en parler car ce serait plus ou moins du pareil au même alors que putain de non. J’en ai ras le bol que ce genre de connasses se permettent de juger de mon vécu à ma place sur la base d’expériences et de point de vues sans aucun foutu rapport avec ce que je vis vraiment quand je me soumets sexuellement dans le BDSM. Et puis le rapport sexuel ordinaire j’ai testé aussi, elles le voient comme plus « libérateur » désolée mais c’est VOTRE point de vue de femmes qui n’aiment que le sexe vanille, on est pas toutes comme vous merci de ne pas l’imposer à nous qui sommes des femmes qui aimons le BDSM et en avons hyper marre en tant que minorité stigmatisées d’être mal jugées et mises en danger à cause de vos stéréotypes sur nous que vous imposez partout tout en nous empêchant le moindre espace d’où contrer ces discours et parler de nos points de vues propres de nos vécus. En clair occupez vous de vos slips et laissez nous nous charger des notre ça devient très dérangeant et malaisant que vous scrutiez et critiquiez à ce point ce que d’autres femmes que vous font de leur cul à la fin. Bref je m’égare un peu mais ça me gonfle à un point vous n’imaginez pas. Je vais essayer de rester autant que je peux sur de l’analyse politique avec des arguments et tout mais penser à mes mauvaises expériences avec ce genre de nanas ça me crispe tellement ça me met d’humeur à avoir envie de leur refiler des torgnoles et en plus c’est jamais possible elles le font toujours bien à l’abri ce petit discours loin de tout retour critique, et encore plus évidemment physique, de notre part c’est ce qu’il y a de plus chiant en fait, toute l’étendue de leur lâcheté, elles me dégoûtent. Je me sens totalement révulsée par elles et c’est un écœurement violent et physique alors désolée mais je n’ai pas la capacité de rester objective, calme, polie et conciliante envers elles tout au long d’un article sur ce sujet là il faut que ma haine d’elles sorte de temps en temps sinon en pensant à elles je vais devoir gerber mais genre pas métaphoriquement pour de vrai, c’est à ce niveau là. C’est à ce point qu’elles m’ont traumatisée et fait du mal. Je leur en veux et c’est il me semble mon bon droit. Passons donc, le fait qu’elles ne nous comprennent et ne nous respectent pas du tout pour nous pencher sur les problèmes de biais dans leurs analyses.

Biais numéro 1 : L’existence de rapports BDSM qui sortent de cela avec des femmes qui switchent entre domination et soumission de leur homme comme moi et des qui sont exclusivement dominatrices passe comme d’habitude à la trappe, la nuance et la finesse dans l’analyse apparemment c’est pour les baltringues.

Biais numéro 2 : La variété des vécus féminins n’existe pas, La Fâme ressent la même chose en tout temps, à tout moment et en tout lieux bien entendu.

Biais numéro 3 : Euh…moi j’en parles pas non plus parce que je ne l’ai aient pas vécus de l’intérieur et je pars du principe que quand on sait pas on se tait ça évite de dire trop de conneries mais…elles ont pas un peu beaucoup zappé là que le BDSM c’est pas réservé au cadre hétérosexuel en fait? Où est ce donc qu’elles peuvent bien aller chercher de la domination masculine chez une lesbienne qui se soumet sexuellement de façon BDSM à sa partenaire ce qui est tout sauf rare? Ah oui c’est vrai elles en zappent consciencieusement l’existence ça permet de rester à des clichés simplistes et réducteurs bien sur.

Biais numéro 4 : Pareil les hommes soumis…ça n’existe pas dans la tête de ces dames en cadre BDSM merci pour le chéri, il était pas encore assez invisibilisé comme ça dis donc. Non mais sérieusement quoi…soupir…bref on en reparle longuement la prochaine fois.

Biais numéro 5 : La soumission au lit et dans le reste de la vie c’est pas forcément et même assez rarement corrélé, les nanas assez dominantes socialement ou dans leurs comportements quotidiens et qui aiment être des soumises BDSM sexuellement ça ne manque pas. Donc le lien entre ce que l’on fait dans son plumard et notre condition féminine globale certes il existe mais il est quand même vachement plus complexe que l’idée que si on était à 100% égaux quand on baise on le serait aussi de façon générale comme trop semblent le croire ou simuler de le penser.

Biais numéro 6 : C’est sacrément facile de résumer la condition féminine dominée comme résultant de problèmes de cul, tout les aspects politiques, capitalistes notamment, économiques, militaires et institutionnels du sexisme passent tranquillement à la trappe et on s’imagine qu’en faisant la « révolution » de ses mœurs sexuelles exclusivement on peut venir à bout du patriarcat sans en même temps foutre en l’air les rapports de domination de classe, de domination raciste et de domination validiste. Difficile de faire plus absurde comme théorie.

Biais numéro 7 : C’est quoi bordel le rapport entre féminité et soumission sexuelle? Déjà de façon générale le lien est quand même plutôt bancal mais alors dans le BDSM précisément ça tient plutôt très mal d’autant plus que des femmes soumises sexuellement dans le BDSM que l’être libère justement de pas mal de normes de genres et qui sont pas hyper conformes et raccords avec les normes et rôles genrés classiques il y en a une sacré masse. De plus non mais c’est quoi cette haine du féminin et de la féminité qu’on trouve partout dans le féminisme classique sérieux? C’est quoi le plan critiquer tout ce qui est masculin pour trouver que c’est pourri, critiquer tout ce qui est féminin pour juger que c’est encore pire et au final se dire que si les femmes se réapproprient les codes de la masculinité classique de façon féministe ce sera l’égalité? C’est pas un peu beaucoup foutre plein de gens se retrouvant pas dans ça sur le carreau? Hey oh il y a des tas de personnes notamment LGBT entre autres qui se sont construites avec une importance de leur féminité et du féminin pour elles dans leur personnalité, vous les jetez en dehors du féminisme en imposant cette norme là, vous en avez conscience au moins? Sérieux je pense que c’est un problème de focalisation sur les apparences, pour moi en vrai l’apparence de « genre » d’une personne a pas de rapport avec si elle est sexiste ou pas et puis surtout c’est une individualisation des politiques antisexiste qui me gêne au fond je trouve ça très libéral et vachement dangereux de s’attaquer aux personnes ne collant pas à des critères assez aléatoires « d’émancipation » du « genre » et du « sexe » au lieu de se centrer sur la critique et la destruction des institutions sexistes…pourtant de la prison aux maternités en passant par les entreprises et les gouvernements des institutions où un indéniable sexisme est observable et qu’il serait bien plus efficace d’attaquer directement plutôt que de s’en prendre, très souvent bien mal et en tapant à côté en prime, aux signes extérieurs de la domination sans arrêt et de se faire au final une nouvelle police de la pensée et des comportements individuels. Désolée mais le féminisme carcéral très peu pour moi.

Pour toutes ses raisons je pense que c’est dangereux en plus d’être à des kilomètres d’être pertinent et qu’en plus c’est faux que la soumission sexuelle féminine BDSM soit à percevoir comme une soi disant composante de la « condition féminine générale ». Déjà le simple fait que seule une minorité de femmes pratiquent celle ci devrait mettre la puce à l’oreille sur les problèmes avec cette conception là.

4-Les arguments moralistes et clairement explicitement chrétiens que viennent t’ils faire là dedans?

Les plus honnêtes des femmes hostiles à la soumission sexuelle féminine dans le BDSM le disent directement elles trouvent ça malsain au sens de pas bien blanc et pas bien chrétien. Cela je l’entends plus de femmes cathos intégristes que de féministes mais vu qu’elles s’opposent au BDSM avec la même horreur à son idée et en faisant la même tronche quand je leur en parle je suppose que la raison de fond conservatrice en est la même. D’ailleurs le lien entre le féminisme « anti-sexe » et l’extrême droite religieuse catholique intégriste est quand même hautement documenté et pas bien rassurant.

D’ailleurs puisque j’en parle, je me retrouve bien malgré ma grande distance autant critique que politique vis à vis de la franc maçonnerie dans cette analyse sur le site d’une franc maçonne qui réfléchit au féminisme de droite et finit par conclure qu’elle en a marre que le féminisme trop souvent se résume à guide de moralité et de bonne conduite pour les femmes histoires qu’elles soient des « modèles » et donnent « le bon exemple » : http://lamaconne.over-blog.com/2018/07/savoir-reconnaitre-le-feminisme-de-droite.html (par contre je suis en désaccord avec son analyse de la « langue française sexiste » comme un combat n’ayant pas moins de valeur que les autres dans la mesure où plein de pays ont une grammaire neutre en terme de genres sans que ça change quoi que ce soit aux inégalités de genre dans les faits donc je doute hautement que ça y change grand chose si on la modifiait)

« Le féminisme politique, qu’il soit de gauche ou de droite,  se reconnaît par sa grande capacité à « donner des leçons » aux femmes, leur dictant un mode de vie et un code de conduite, afin qu’elles représentent « l’idéal  féminin ».
Le problème du féminisme (voyez que je ne suis pas si radicale que cela!) – qu’il soit de droite ou de gauche – est qu’il peut définir un modèle de femme, une sorte d’idéal de la femme nouvelle auquel on devrait se conformer. Cette définition de la femme correspond aussi à une définition de la société.

Un féminisme de droite définira les femmes, leurs rôles en leur donnant ou pas une marge de manœuvre émancipatrice, au sein d’une société de droite. Un féminisme de gauche – d’ailleurs – fera la même chose. Les nuances – parce qu’il en existe des milles et des milles – varieront selon que l’on se place d’un extrême politique à l’autre.  »

Ouais je l’ai un peu beaucoup trop subi et je commences à en avoir marre qu’un mouvement supposé émancipant se résume de plus en plus dans la façon dont je le vis à une série d’injonctions m’étant imposées en sont sein par des féministes dominantes davantage que moi à la longue et contre lesquelles je perds bien trop d’énergie que je pourrais dépenser mieux ailleurs à lutter. Et puis j’en ai marre dans ce milieu dès qu’une femme n’est pas dans la ligne ou pas dans la consigne tout le monde pousse des cris d’orfraie contre elle on ne nous pardonne jamais rien, c’est comme avec les persos féminins sous le crible de toutes les critiques…vous voulez en écrire une de femme fictive qu’aucune féministe ne jugera sexiste de son point de vue? J’ai la solution ultime : n’en écrivais pas. Non sérieux c’est le seul moyen sans ça elles sont toujours trop ou pas assez quelque chose selon certaines…et c’est une attitude qu’elles renvoient aussi aux femmes IRL en fait. On remarquera aussi qu’un mec peut faire dix fois plus de conneries sans qu’il subisse ces médisances là et que si il fait le moindre effort antisexiste il est applaudi et vénéré comme un héros mais nous si on tente on se fait complètement rabaissées dès lors que c’est pas parfait comme si être une super héroïne du féminisme était compris dans le package de naitre fille à la base et que c’était la honte finie et qu’il fallait totalement le faire exprès en étant femme de pas être de l’avis des féministes majoritaires elles mêmes pourtant pas si d’accord que ça entre elles et changeant souvent de fusil d’épaules parfois de façon relativement aléatoire…ceci dit elle a raison on retrouve ça dans tout les courants et l’antisexisme libertaire anarco-communiste est loin d’en être à l’abri et se prend hyper souvent les pieds dans le tapis dans ces mêmes pièges qu’elle décrit à un point ou ça devient exténuant.

Cela me parle aussi quand elle dit que :

« Comme il s’agit d’une société vue par des politiques, ce féminisme place aussi les femmes face aux exigences d’une économie capitaliste ou libérale. Au même titre que les hommes, les femmes sont dans un projet de concurrence sociale,t au mérite, dans lequel on oppose les riches et les pauvres, les utiles et les inutiles, associé aux considérations raciales et racistes lorsque le curseur se déplace du côté d’une droite dure. Pour ce qui concerne les femmes, il y a des femmes « biens » et les autres. »

Je ne suis une « femme bien » du point de vue d’à peu près personne pas même dans le féminisme mais au fond ça me va, si je dérange autant c’est qu’il doit y avoir de bonnes raisons, peut être fais-je avancer des choses même si j’en ai pas l’impression et sinon tant pis je suis moi et je me vois mal être quelqu’un d’autre. Je ne le peux pas plus d’ailleurs quand bien même je l’aurais voulu alors il me semble assez vain de perdre du temps à le souhaiter. Et oui j’ai jamais compris ce truc de quasi toutes les féministes même celles pourtant critiques du capitalisme d’encourager à ce point le travail salarié, l’ambition, l’indépendance, l’autonomie, la concurrence sociale, l’arrivisme, le bling bling, la richesse, le mérite…bref toutes les valeurs sarkozystes du moment que c’est mis en avant par des femmes. Je suppose que c’est pour ça que celles ci critiquent si peu Marlène Schiappa qui est l’incarnation caricaturale de tout ça et du féminisme carcéral et donc qu’il y aurait sérieusement de quoi descendre du point de vue de sa politique pourtant mais chaque fois que j’essaie je suis toute seule. Pourquoi? Pourtant tout ça détruit encore plus les femmes et minorités de genres et sexuelles que les « mec cis hét ». Le point auquel la critique anticapitaliste est devenue limite bannie et exclue du féminisme dans nombre de ses aspects même dans les courants de féminisme de lutte des classes est vraiment pas rassurant de mon point de vue.

Son mot de la fin c’est :

« Cela conduit à une dernière caractéristique du féminisme de droite qu’il soit « de la rue » ou de « l’Etat » : ce féminisme déteste les années 70. Non pas à cause du disco, mais à cause du militantisme féministe situé trop « à gauche ». Ainsi, ces « féministes » peuvent se dire comme telle mais – elles ajoutent – mais surtout pas comme dans les années 70. En effet, ce militantisme a surtout  obligé des politiques de droite, hommes ou femmes,  à devoir s’aligner et accepter une société où les femmes auraient une place égale à celle des hommes.

C’est finalement, ce que ce soi-disant féminisme combat ; l’égalité … au même titre que tout autre projet politique, préférant creusant les fossés sociaux, économiques et culturels.  »

Ouais bah moi politiquement ces années 1970 où toute la gauche était au clair sur la nécessité du marxisme et du socialisme ainsi que de la révolution politique, économique, sociale et culturelle, féministes comprises, sur ce point là de ce que m’en ont raconté les « vieux » et les « vieilles » du militantisme même si je l’ai pas connue donc je peux pas en avoir la nostalgie, moi aussi elle me manque vachement. Le « féminisme » ou « l’antisexisme » aseptisés et surtout institutionnalisés et récupérés dans le capitalisme, le racisme et le validisme il me dégoute bien. Cela fait depuis les années 1980 qu’on se le coltine et il fait des dégâts à mort. Je me demande si il a pas empiré les choses pour les femmes et minorités de genre et d’orientation sexuelle les plus en marge finalement d’ailleurs?

Ouais si je pense aux travailleuses du sexe ça parait assez évident d’ailleurs vu tout ce qu’elles ont subi à cause des féministes anti-sexe depuis les années 1980. C’est qu’on a confondu démocratie et dictature de la majorité en s’imaginant que l’avis de la plupart des femmes avait une pertinence par rapport au vécu de celles marginalisées et mises en minorité. On a cru réussir à changer ça dans les années 1990 avec l’intersectionnalité, au début on pensait vraiment que ça changerait le féminisme…mais ça a changé que dalle les rapports de domination entre personnes subissant du sexisme sont plus nommés et critiqués et analysés mais ils se sont quand même renforcés parce que dans la pratique on a su trouver aucune unité et attaqué en rang dispersé. Pareil pour la transphobie envers les femmes trans comme sur les droits des travailleuses du sexe là encore le féminisme dominant à préférer plutôt que de laisser la parole à ses consœurs de lutte s’allier contre elles avec l’extrême droite et les suprémacistes blancs comme l’explique le texte traduit sur ce lien d’une femme trans à l’occasion d’une journée d’action féministe : https://www.cfs-fcee.ca/en-cette-journee-internationale-de-la-femme-encourageons-un-feminisme-inclusif-des-personnes-trans/?lang=fr, au bout d’un moment je me dis ça fait quarante ans qu’elles nous font le coup pourquoi pas nous dissocier d’elles totalement? Je me reconnais de moins en moins dans le féminisme pas car je n’aurais plus de combats antisexisme mais à cause de ça. Des fois j’ai vraiment envie de ne plus jamais me nommer féministe pour ne plus jamais être associée à ça…la seule chose qui me retiens de le faire est que c’est le mot qu’emploie la plupart des gens pour parler d’émancipation féminine et qu’il n’y en a pas vraiment d’autres convenant mieux et qu’antisexisme c’est souvent trop flou et évacuant des questions spécifiquement féminines à mon gout et surtout ça désigne plus une attitude globale et des comportements et idéologies qu’un mouvement politique précis à proprement parler avec une pratique militante concrète comme le sont les féministes et les LGBT en dépit de leurs défauts innombrables. Hormis ça rien ne me rattache plus à ces mots là de nos jours. Surtout avec le féminisme actuel dit « quatrième vague » né autour de 2012 et dans sa majorité pleinement carcéral et bien partie intégrante de la fascisation rampante actuelle du monde occidental autour de conneries comme « Me Too » ou « Balance Ton Porc » dont le résultat principale a été de renforcer le racisme, l’idéologie sécuritaire, la course à l’extrême droite et l’incarcération d’hommes noirs et arabes banlieusards sur la base de témoignages le plus souvent très minimaliste voir inexistants du côté des preuves portées contre eux d’accusations menées à leur égard par des femmes blanches. Je vois vraiment pas où je peux me reconnaitre dans le féminisme si il est avant tout ça.

En plus il y a des féministes pour en critiquer le validisme, du fait qu’il force des femmes traumatisées à témoigner de violences dont elles ont été victimes contre leur gré en leur sortant que si elles le font pas elles font « le jeu du patriarcat » et que du coup remontées contre ces mouvements conçus par et pour des femmes valides elles ont été les premières à les critiquer vertement, heureusement mais dès que vient la question du capitalisme et du racisme d’un tel féminisme hop plus personne à l’horizon parmi les gens à forte audience pour en faire une critique juste en milieu antisexiste. C’est quoi la prochaine étape? On va me forcer en tant que juive à applaudir un film réalisé par une féministe avec des accointances néo-nazies car elle aura fait un film « progressiste » sur l’époque de la Seconde Guerre Mondiale se situant du point de vue de la femme d’Hitler avec plein de dialogues entre elle et ses copines ou bien la course à l’extrême droite dans le milieu antisexiste va quand même s’arrêter avant (s’il vous plait mentez moi mais laissez moi l’espoir que j’aurais pas à subir ça)?

On dit souvent l’antisexisme se dépolitise mais qu’il s’extrême droitise me semble plus vrai dans le fond.

Enfin cette idée qu’en tant que soumises sexuelles on serait « malsaines »…ça sonne quand même très religieux et parfois c’est assumé comme tel, je préfère encore les meufs qui assument d’être d’extrême droite et m’insulte directement de pécheresse en me disant que je vais aller en enfer pour ça elles sont plus sincères sur le fond de ce qui les dérange dans ma sexualité donc plus directe et m’épargnent des heures d’analyses d’hypocrisie et de sous entendus chez les « féministes dominantes » qui pensent comme elles vis à vis des soumises sexuelles dans le BDSM.

Alors je sais pas si le BDSM est compatible avec la chrétienté ou pas…ah merde si je sais…je connais des soumises sexuelles de toutes les religions et puis bon avec les flagellations et tout le clergé catholique il a quand même une longue histoire de pratiques violentes à motif religieux derrière lui souvent très sexualisées alors pourquoi il serait le seul à avoir droit de s’amuser de cette façon(je précise qu’ici c’est juste une pique d’humour pour les gens qui galèrent avec le second degré)?

Le BDSM est compatible donc avec toutes les religions même si : 1-Pourquoi est ce que c’est jugé si important on est pas censé être dans des mouvements politiques laïques? Laïcité à géométrie variable quand tu nous tiens… 2-Je m’en fous je suis athée. Je vois pas trop pourquoi on essaye de me forcer à respecter le comportement d’une supposée « bonne chrétienne ».

5-L’idée qu’on serait mal éduquées comme cause de notre soumission sexuelle est erronée.

C’est clairement ce que sous entendent les féministes dominantes quand elles disent que la solution pour éviter que les femmes ne deviennent des soumises sexuelles dans le BDSM c’est l’éducation. Sous entendu que si elles éduquent leurs gamines et gamins loin des rôles genrés ces derniers seront automatiquement rebutés par le BDSM et lui préféreront une sexualité vanille…euh bah déjà ça part du préjugé dont on a vu qu’il allait au contraire de la réalité d’après lequel les gens dans le BDSM en tant que femmes soumises et hommes dominants adhéraient davantage aux normes de genre que la moyenne quand dans les faits les personnes qui en dévient fortement y sont comme dans toutes les minorités sexuelles sureprésentées, et ensuite le sous entendu derrière au delà d’être insultant pour nous mères qui nous auraient donc « mal éduquées » paye ton féminisme misogyne, ça vous gèle pas sur place vous quand des gens vous disent au calme qu’ils devraient vous « rééduquez »? D’autant plus quand vous êtes déjà adultes? Vous l’imaginez le camp de rééducation pour soumises BDSM où on leur lave le cerveau pour qu’elles retrouvent des gouts de femmes vanilles? Mouais…dit comme ça je suppose que ça éclaire en quoi c’est flippant et leur perspectives est l’inverse d’émancipatrice.

6-Soumission sexuelle BDSM n’est pas synonyme mais antonyme de soumission sexuelle vanille dans un couple hétérosexuel dans la norme.

C’est facile à comprendre à partir d’un constat logique très simple : La soumission sexuelle féminine vanille est normale et acceptée, celle BDSM ne l’est pas. Déjà de base ça veut bien dire qu’elle dérange plus l’ordre établi. Bon vous me direz le viol n’est pas la norme et ça reste sexiste…certes mais il est massif c’est pas la contre culture d’une minorité c’est une violence sexuelle qui si elle reste minoritaire est constamment minimisée, excusée et banalisée. Au contraire le BDSM est honni par les gens dans la norme à chaque occasion qu’ils trouvent pour le critiquer. Ah et dernier point…si c’est vraiment la domination masculine qui insurge autant les gens vanilles dans le BDSM pourquoi ils critiquent mille fois plus les soumises sexuelles que leurs partenaires dominants BDSM masculins? Désolée mais à partir de là pour moi la misogynie est clairement davantage du côté des accusatrices que des accusées. Donc l’institution sexiste aussi.

7-Les soumises sexuelles dans le BDSM ne sont pas des victimes.

On le répétera jamais assez mais c’est un statut qu’on choisit.

8-Bon assez parlez de ce qu’on est pas passons à ce qu’on est vraiment. La soumission sexuelle féminine dans le BDSM permet de découvrir de nouveau plaisirs sexuels non androcentrés.

Pour information le BDSM peut se faire à deux à plus…et tout seul…ou toute seule…les soumises sexuelles qui testent des trucs de BDSM en se masturbant pour voir si ça leur plait ou pas comme je le fait et de nouvelles sensations avec des objets de plaisirs sensuels qu’elles avaient pas eu l’occasion de tester sexuellement avant c’est très commun. Le plaisir de la douleur est parfaitement atteignable toute seule avec les bons outils pour ça. En vrai le monsieur il est optionnel dans ce cas là et on l’ajoute juste pour se donner davantage de plaisir car on l’aime et on veut partager nos découvertes avec lui. Ce serait con pour lui de louper ça. Le BDSM c’est une fête des sens féminins aussi que dans la soumission sexuelle féminine dans sa version féminine de ce que je comprends on a bien rarement. Et puis j’ai toujours préféré les sensations fortes ce qui et doux ne m’a jamais excité.

9-La soumission sexuelle BDSM pour beaucoup c’est aussi un médicament.

C’est dur à avaler quand on est validiste mais le nombre de femme dont la soumission sexuelle féminine est leur meilleur antidépresseur, anxiolytique et anti traumatisme même quand les médocs et psys ne peuvent rien pour elles est impressionnant. Clairement j’en fais partie, il y a aucun moment bas dont j’aurais pu remonter la pente si rapidement sans, je crois que la soumission sexuelle m’a sauvée la vie plusieurs fois il faut dire se laisser aller entièrement entre les mains d’un homme en qui ont sait avoir toutes les raisons d’avoir pleine confiance car il a démontré de nombreuses fois que c’était le cas c’est vachement déstressant. Cela efface tout les mauvais souvenirs laissés par les connards d’avant. Et puis enfin un temps limité sans aucune décision à prendre pas la moindre responsabilité c’est vraiment hyper détendant. C’est le seul cadre où je me sens à l’aise de lâcher du contrôle réellement en fait, mon seul « lâcher prise » possible. Sans je serais morte à l’heure qu’il est. C’est pour ça surtout que je le défends autant. Oui c’est vrai la plupart des gens dans le BDSM sont atypiques ce qui rend sa critique systématique d’autant plus validiste surtout quand elle dénigre les soumises sexuelles en les traitant de folles…oui et alors? Je préfère ma folie à leur « sainteté d’esprit » arrogante et auto-proclamée de femmes valides.

10-Le BDSM et la soumission sexuelle féminine peuvent être existentiellement enrichissants pour la femme qui les vit :

Comme de nombreuses autres femmes dont c’est le cas parfois ça a donné du sens et du gout à ma vie quand je ne lui en trouvais plus aucun, ça m’a permis beaucoup d’introspection, de compréhension de moi, de mes désirs et sentiments et de leurs évolutions, de ma sexualité changeante allant avec, ça m’a énormément déculpabilisée, ôté le poids d’énormément de peurs et de tristesses, donner la force de revivre quand je ne l’avais plu, de ressentir un véritable bien être dont j’ignorais tout avant ça, de murir et puis aussi tout simplement d’aimer ça. Parce que oui ça fait des années que je suis soumise de temps en temps et j’aime ça c’est aussi ce qui m’a fait aller vers la position de dominatrice et mieux comprendre mon homme soumis, et donc c’est grâce à ça que j’ai trouvé ma vraie place sexuellement parlant. J’ai beau switcher parfois c’est ce qui me va le mieux et la plupart du temps la place de dominatrice est la seule où je me retrouves vraiment et me sens « moi » sexuellement parlant maintenant mais comme toutes les dominatrices que j’ai connue je suis passée par la case soumise avant dans mon apprentissage du BDSM car c’est déjà difficile de dévier de la norme mais dévier d’une alternorme l’est plus encore. Et aussi car ça s’apprend la plupart des mecs dominants qui ont switché un peu jugent qu’on peut pas être un bon dominant si on le fait pas au minimum car c’est un bon moyen de comprendre et agrée la partenaire de se mettre en position de soumission pour se mettre à sa place de temps à autre, histoire de mieux jaugé comment elle se sent de sa position. Cela aussi nuance considérablement le « sexisme » supposé de ce milieu tout de même. Chacun fait comme il l’entend mais mon expérience avec mon soumis s’accorde plutôt bien de ce qu’ils disent de cela, la domination à mon avis aussi dans le BDSM la plupart d’entre nous on y arrive mieux pour plaire au partenaire par l’échange de rôle en reprenant une position soumise de temps en temps pour nous souvenir de la sensation. Et oui car sans ça je l’oublierais presque c’est dire si la soumission sexuelle féminine est peu naturelle ou gravée dans le marbre. Dans le cadre du rapport hétérosexuel ordinaire vanille elle est une norme sociale, dans le cadre du BDSM elle est un goût personnel conscient qu’une femme explore. Je vois pas trop comment on peut faire plus différent. Ni comment il pourrait y avoir une libération sexuelle si on ne laissait pas les femmes soumises sexuellement aimer le BDSM comme cela leur plait et même est vital à beaucoup d’entre elles.

Ode aux émotions négatives 2/3 : La peur

Le premier essai a été plutôt bien accueilli. Heureuse que ça plaise bien que je ne sais pas trop pourquoi. Si ce que j’écris touche d’autres gens que moi dans le bon sens je suppose qu’il faut que je continue. Je ne suis pas sure mais au moins ça m’encourage un peu. Voici donc la deuxième poésie :

Peur, toi dont de mes pires affolements éclot comme une fleur,

L’inquiétude qui me ronge souvent, qui marque mes yeux de terreur,

Cette démarche maladroite dans laquelle peuvent se lire tout mes malheurs,

Cette main hésitante que je te tends et qu’en le faisant je crains toujours de faire erreur,

Moi qui vainement tant de fois l’aie donnée avec ferveur et avec qui le destin fut farceur,

Comment pourrais je t’aimer ou même m’aimer quand tant d’angoisses ruinent ce cœur,

Ne m’en veux pas mon ange si je ne suis pas très douée pour le réconfort et le bonheur,

Comme toi je saigne, muse abimée, mon amour ensemble partageons nos frayeurs,

Puisque toi et moi on ne peut pas faire autre chose parfois que songer à l’horreur,

De passés sombres qui en nous à l’infini se recyclent, naissent et à nouveau meurent,

Et comme le monde et ses illusions, ombres répulsives, contre nous se font menteurs,

Mon chéri serre moi la main, qu’on se réchauffe quand on tremble face aux fossoyeurs,

Ceux qui ont enterré nos lendemains de leurs rires vils et moqueurs, l’air ricaneurs,

N’ont pas compris les mioches blessés qu’on était, de l’amour se sont fait déserteurs,

On a fait ce qu’on a pu contre ces cauchemars élevés à lumière noire de leur froideur,

Jusqu’à présent on a survécu, on a douté tant de fois de l’avoir pu sans la chaleur,

La vie on le sait dans nos chairs aujourd’hui résiste même loin du Soleil et des hauteurs,

Compagne de la nécessité telle un taon la crainte nous piquait pour dans cette fadeur,

Nous réveiller au besoin de la torpeur paralysante où trop nous installe les douleurs,

Anxiété vieille amie, compagne qui me suis à chaque mot que j’écris, ta blancheur,

Qu’elle soit sur la page face à laquelle je suis comme bloquée ou dans la pâleur,

Que tu donnes à mon époux dont tu fait la maigreur, sur lui tu as ce pouvoir destructeur,

Et moi tu me rends jalouse d’où tu te permets de l’étreindre autant vertige voleur?

Qui t’as donc autorisée à l’éteindre à petit feu comme le trouble déréglant d’une tumeur?

Pourquoi alors que je veux l’en défendre c’est moi que tu envahie trac contaminateur?

Qu’est ce qu’on t’as fais donc pour que tu nous poursuive autant effroi tueur?

Ah oui mais c’est que ta contagion agit avec d’encore pis maux comme un chasseur

Il y a quand on apprend à l’apprivoiser un remède dans ton mal empoisonneur

Un secret qui te rend utile toi la malaimée, comme un malvenu visiteur

Lorsqu’on accepte de te donner l’hospitalité et t’accorder de la valeur,

Toi qui dans ta solitude comme nous ne recule pas devant la laideur

Collée à la peau des paumés, des givrés, des ratés et des fugueurs

Qu’on sent couler sève de vie dans toutes nos irrépressibles froides sueurs

Qui perlent nos visages pétrifiés de gouttes de trouille, sève d’une vie meilleure,

Alerte qui nous dis quand on doit cesser de retourner vers nous nos élans dévastateurs,

Bonne conseilleuse qui quand elle immobilise le corps libère l’âme, oiseau migrateur,

Qui s’envole comme magnétisée par la force de séducteur d’un autre esprit songeur,

Que l’on sent bien se battre dans ses entrailles comme soi contre tes spectres hurleurs,

On se rapproche alors pour te contrer, tout en sachant qu’on t’acceptes à contrecœur

Que tu seras toujours entre nous nous séparant d’une distance, créant un fossé d’ailleurs,

Comme le genre de connaissances dont on aimerait se passer, un indiscret entremetteur,

Malgré nos intimités froissées dont tu t’es fait une spécialité de jouer le cambrioleur,

On te doit notre couple et nos meilleurs moments qui n’aurait pu exister sans ta rigueur,

Même si justement au départ on s’était rapprochés pour échapper à tes fraîcheurs,

Tout ces fantômes dont tu peuple mieux nos rêves que ne le savent les conteurs,

Au final même à deux ça reste dur de résister à tes ensorcellements hypnotiseurs,

On comprend à regrets qu’on sera jamais fait pour la normalité et son aspect enchanteur,

On ne sait que trop bien résister aux airs faussement charmeurs de sa simulée candeur,

Son hypocrisie ne nous sied guère, mieux nous va mêlée à la timidité l’amère douceur,

Des ébats d’un couple de stressés de la vie complets comme nous et ses habituels labeurs,

La débrouille qui rassurent ceux qui pour la vie sont mal faits, le système D leur meneur,

Difficile de l’assumer dans une société qui ne laisse de place qu’aux héros tapageurs,

Pourtant ce sont bien nos errances sur les voies des paniqués par qui on est voyageurs,

Nos crises pour intimidantes quelles soient nous ont fait de neuves affres découvreurs,

Nous ont mises sur la piste pour devenir de l’épouvante de spécialistes explorateurs,

Alors on se souvient aussi que le frisson peut être ce qui enthousiasme le joueur,

Que bambins on s’amusait volontiers de nos frousses devant Jack l’Éventreur,

Qu’encore à présent c’est le tourment face à la Faucheuse qui donne à la vie sa couleur,

Que la nuit porte son message de sagesse et l’offre parfois en des tortures au dormeur

L’obsession, le malaise, le tracas font battre le rythme de nos sangs, en sont les donneurs

Vampires glaçants toujours là sans qui n’existent pas nos moments de désirs jouisseurs,

Sans ces boules dans la gorge on ne serait plus là pour en parler, chantons les en chœur,

Les louanges de ces déchirements qui de ce qu’on ne doit plus se cacher sont fouineurs

Parce que c’est par eux que tout les deux on a su boire la joie interdite tels des fraudeurs.

Misogynie, pourquoi tout le monde déteste les femmes?

Oui j’ai bien écrit ça. Je l’ai vu trop de fois. Cela ne passe plus. J’en fais le constat, la plupart des hommes ont une haine envers les femmes. Pas tous. Encore heureux. La majorité si par contre. Ils les méprisent et dénigrent tout ce qui de près ou de loin leur semble « féminin » donc associé aux femmes. Ceci n’est pas quelque chose de naturel, et si la plupart des cultures de nos jours ont ce travers en commun ce ne fut pas toujours le cas, avant la mise en place du système patriarcal, dont on ne sait pas encore précisément comment il se construisit mais on est sur qu’il le fit au mésolithique, on ne trouve pas de trace de cette haine masculine envers les femmes dont il est donc une conséquence.

C’est pareil, les enfants garçons apprennent à rejeter les filles en grandissant, à la naissance et dans la petite enfance, les deux durs à distinguer jouent aux mêmes jeux, tout comme on ne distingue pas de haine systématique des animaux mâles envers les animaux femelles. Bref, la misogynie n’existe que comme conséquence d’une éducation dans le cadre d’une société patriarcale. Partant de là cherchons dans notre société à quel âge les garçons deviennent misogynes et pourquoi c’est le cas. C’est bien le souci de nombre de mères d’éviter que leurs enfants deviennent misogynes, surtout leurs garçons.

Cela se comprend : quelle mère surtout quand comme la plupart de celles ci elle a des idéaux d’égalité et d’émancipation féminine a envie d’entendre un jour que son fils a violé une fille, en a frappé une, en a harcelé une, ou même juste que son machisme rend son épouse ou sa fille peinées et fait qu’il est plus un poids qu’une aide pour elles à la maison, qu’il l’a trompée, quittée pour une plus jeune et plus belle et j’en passe?

Aucune femme ne veut que son fils ne grandisse en apprenant à traiter les femmes comme des objets, aucun homme non plus d’ailleurs, consciemment du moins, pourtant ces schémas inconscients qui infériorisent les femmes continuent de se reproduire collectivement et la haine masculine envers les femmes se perpétue. Pourquoi?

Déjà une chose qu’on zappe souvent car c’est très tabou : les hommes ne sont pas les seuls à être misogynes, comme dans tout système de domination dans la domination masculine pour pouvoir tenir a du laver le cerveau des dominées en leur inculquant la haine d’elles mêmes en tant que femmes, bref dans une société misogyne les hommes sont pour la plupart misogynes, et les femmes de même, voir généralement davantage encore, ce qui les rend complices de leur propre domination. Aucune oppression ne tient sans un minimum d’engagement des dominés en faveur de leur propre oppression. Dans tout les combats pour l’émancipation des femmes les plus opposées avec virulences et qui dénigrent le plus ces combats sont d’autres femmes ayant intériorisé le plus les normes patriarcales, les mères cathos intégristes qui honnissent les féministes et leurs luttes par exemple. Même si on peut en trouver des milliers d’autres.

Cependant même dans un groupe de femmes luttant ensemble pour leur propre émancipation…force est de constater que chaque fois que cela se peut la « solidarité féminine » est aux abonnées absentes. Et puis ce fait dérangeant pour l’idéal de sororité : les gosses sont éduqués par leurs mères généralement donc c’est elle qui leur transmet les valeurs sociales…donc la misogynie, la première, inconsciemment elle apprend à ses enfants filles comme garçons le mépris des femmes et de la féminité le plus souvent, bien involontairement en général. L’école derrière transmet la même chose tendant à empirer la situation de façon involontaire encore une fois de plus.

Pourtant dans l’enfance ça reste encore « soft » le rejet des petites filles par les petits garçons va rarement au delà de « les filles c’est nul », quelques moqueries ou tout au plus quelques insultes d’enfants envers elles. On est assez loin des horreurs que peuvent leur faire subir des plus grands. Indubitablement vers 13-14 ans l’adolescence masculine marque une étape vers un renforcement considérable de la misogynie des adolescents. C’est le début du harcèlement sexuel de ceux ci envers des filles de leur âge. Et là comment ne pas y voir un problème de fond d’éducation à la sexualité quand même?

Ils sont si encouragés par la société à « tester » les filles de leur âge et en « jouer »…comment est ce qu’il se pourrait qu’ils fassent autrement dans de telles conditions? C’est un apprentissage à défaire, c’est à cet âge là quand leur sexualité commence à les titiller qu’il faudrait considérablement insister pour leur faire comprendre que les femmes sont des personnes, ont aussi une sexualité et méritent le respect et qu’ils n’apprécieraient sans doute pas qu’on les traitent comme il le leur font subir encore trop souvent. Au fond je pense qu’à juste leur dire de se mettre un peu à leur place et comprendre qu’eux n’aimeraient pas qu’on leur fasse la même chose si c’était suffisamment répété avec cohérence dans la famille et à l’école et dans les médias ça serait amplement assez pour limiter beaucoup ce problème là. On ne le fait pourtant pas. Pourquoi? Parce que le patriarcat au sens littéral, celui de l’Église tient encore énormément l’édifice de son pouvoir sur la crainte de la sexualité féminine et le tabou qui tourne autour ce qui en entretien la méconnaissance, la peur et la haine.

Parce qu’après il est trop tard. Les pires agressions sexuelles sont généralement commises sur des jeunes femmes à peine adulte par des jeunes hommes pas beaucoup plus murs qui ont intégré tout ça…et dont la haine et le mépris de la féminité masquent souvent bien mal leur terreur de ces femmes qui leur font peur. La phobie des femmes…officiellement limite ça n’existe pas. Ce n’est pas que la peur irrationnelle des femmes n’existent pas cependant, c’est juste qu’elle est bien trop banale, ordinaire, justifiée et encouragée dans toute la société pour être jugée déviante ou pathologisée, elle est « normale »…ou du moins normalisée, on peut l’avoir et être jugé parfaitement valide à moins qu’elle atteigne des extrêmes hallucinants qui demeurent là même une exacerbation par un vécu particulier d’une tendance à la base commune.

Enfin trop tard…c’est vite dit…apparemment des groupes de féministes nettement plus courageuses que la moyenne d’entre elles qui se contentent d’encourager leur incarcération ont eu une politique à la fois antisexiste et anticarcérale cohérente et sont venu voir des violeurs multirécidivistes voir même des gens qui avaient commis des meurtres misogynes en taule pour essayer de comprendre pourquoi ils en étaient arrivés là et de discuter avec eux afin de faire en sorte que ça n’arrive plus et de les sortir suffisamment de cette mentalité là pour faire en sorte qu’une fois libres ils ne récidivent pas. Cela vu les propos rapportés n’a pas eu l’air d’être une partie de plaisir, clairement il fallait être bien endurcie soit même pour y arriver je suis pas sure que j’en aurais été apte, les gars avaient vraiment des propos et des mots misogynes crus d’une violence difficilement envisageable genre même les clips aux paroles les plus sexistes c’est du pipi de chat à côté quoi. Malgré ça et une approche souvent trop psychologisante et « charité » pas mal validiste qui pathologisait quand même beaucoup les prisonniers criminels auxquels elles parlaient…elles ont eu des globalement bon résultats. Si même avec ce genre de gars c’est faisable comment ne pas se dire qu’avec juste un mec lambda si la société avait vraiment envie de s’y mettre collectivement à changer les choses se serait déjà fait?

Ce texte en anglais m’a fait pas mal réfléchir : https://medium.com/s/all-rise/defending-rape-cases-as-a-feminist-7bf8461bc7d4, c’est écrit par une avocate féministe dont si j’ai bien compris la spécialisation est d’être avocate de la défense pour des hommes passant en procès devant la justice car accusés de viol. Elle explique que peu de féministes comprennent qu’elle fasse cela comme métier et la plupart tendent à considérer qu’une femme qui se dit féministe et ne veut pas voir tout les violeurs derrière les barreaux n’est pas cohérente et innocente des violeurs. Elle explique qu’au contraire ses clients ne sont presque jamais déclarés innocents car quasiment à chaque fois il y a des preuves confondantes et indubitables qu’ils sont tout à fait coupables du viol dont ils sont accusés mais que pour autant elle n’est pas fan du tout du féminisme coercitif devenu la norme de nos jours qui est bien trop vu comme son allié objectif à raison par le capitalisme à son goût et fait rarement dans la nuance, étant bien trop binaire. Je traduis une de ses phrases à ce propos : « Celui ci est dénonciateur et crie des absolutismes moraux sans aucune recherche de compréhension de comment les structures de pouvoirs dans lesquels nous sommes tous complices de travailler (je suppose que le terme est à prendre au sens large et vaut aussi quand on a pas de travail salarié ici) rendent possible ces comportements masculins ». Elle m’ôte les mots de la bouche clairement.

Elle questionne aussi le réflexe de trop de féministes de croire que les structures carcérales étatiques (en plus elle est américaine donc les prisons là bas juste…c’est le pays du monde le plus carcéral clairement là dedans les droits de l’homme c’est une blague c’est juste des endroits immondes où je souhaite d’être à absolument personne même pas la pire des ordures) sont en mesure de réduire les formes extrêmes de misogynie…quand tout montre que bien souvent au contraire elle les exacerbent (en prime j’ai envie de rajouter : sans compter qu’on sait très bien que quasi tout les prisonniers sont des hommes racialisés atypiques et que les agresseurs sexuels blancs et valides surtout quand bourges en plus eux restent…au pouvoir politique sans jamais être inquiétés de rien). Elle explique que le système carcéral fait après les meurtriers, les agresseurs sexuels les gens qui vivent dans les pires conditions, ils sont parqués dans des camps dans son pays, c’est facile c’est pratique et totalement déshumanisant de réduire ainsi ces oppresseurs misogynes à une figure du mal absolu…et déculpabilisant, ils sont « punis » et on croit que « justice est faite »…les femmes les plus extrêmes dans cette logique vont jusqu’à souhaiter qu’ils soient tués ou se suicident et verbalisent parfois explicitement cette envie là. Cependant si je comprends fort bien ça…je l’ai déjà ressenti…cela reste contre productif…au bout du compte on efface pas la blessure d’avoir été déshumanisée en déshumanisant à son tour le coupable.

Je n’entends pas par là qu’il ne faudrait pas se protéger ou qu’il faudrait laisser faire absolument pas. Simplement que si on se laisse guider par sa colère uniquement sans user de sa raison pour comprendre comment le drame est arrivé on se condamne à le voir se répéter. Lorsqu’on écoute les agresseurs sexuels une chose est frappante : la plupart n’ont avant une prise de conscience longue et douloureuse (souvent dans le cadre des psychothérapies obligatoires que la prison les forcent à faire) aucune compréhension du fait que ce qu’ils ont fait sortait du cadre de la drague normale, ils croyaient être dans ses codes acceptés. Très souvent, cette réalisation entraine chez les agresseurs sexuels un risque suicidaire élevé face à la honte d’avoir compris ce qu’ils ont fait…après les meurtriers ceux qui se suicident le plus en prison c’est eux, c’est aussi du au fait que toute la société autres prisonniers compris les voient clairement comme les pires déchets de l’humanité et qu’ils sont parmi les catégories de gens recevant d’autres personnes, surtout d’autres prisonniers, le plus d’injonctions au suicide explicitement verbalisées.

Rappelons quand même que dans notre pays la plupart des gens aimeraient voir le retour de la peine de mort pour les « cas comme ça » et sont toujours fans de la logique punitive derrière cela malgré les très nombreuses démonstrations que ça faisait plus de mal que de bien.

L’article l’explique bien aussi  les 2/3 des agresseurs sexuels n’ont pas compris que leur victime n’était pas consentante sur le coup. Cela peut paraitre dingue vu à quel point leur refus est explicite dans beaucoup de cas passés devant la justice où la victime a hurlé non à de nombreuses reprise et s’est défendue de toutes ses forces mais pour le genre de gars qui s’arrêtent pas à ça l’idée que oui c’est non est tellement ancrée dans leur cerveau qu’ils parviennent à se persuader pour de bon dans leur tête que la fille réagit comme ça car elle adore ça.

Le problème c’est que les agressions sexuelles demeurent le principal outil de la domination masculine dont usent les hommes pour maintenir les femmes à un statut inférieur au leur et si ils le font sans avoir conscience de le faire c’est bien car leurs gestes sont banalisés et minimisés donc normalisés et quand ils font ça ils s’imaginent donc être dans la normalité. Autre gros problème : Le point de vue de l’homme dans une société misogyne est jugé objectif et donc toujours plus valorisé et considéré que celui de la femme même victime d’une agression sexuelle (je précise quand même que ça ne vaut que pour une agression de femme blanche et valide par un homme blanc et valide, sans ça les rapports d’oppression raciste et validiste peuvent rendre, et le plus souvent rendent la situation nettement plus complexe et nuancée).

Aussi pour elle cette façon d’envisager les choses qui rend les agressions sexuelles inexplicables et anormales, pathologisables dès qu’elles sortent du cadre « ordinaire » du harcèlement sexuel pour aller au delà vers la violence conjugale, le viol etc…oublie trop que celles ci ne sont pas juste des offenses séparées sans rapport les unes avec les autres mais forment un continuum dont en bout de course le point de départ se trouve dans les normes de sexualité ordinaire parsemées de cette même misogynie dont les agressions sexuelles ne sont que la version amplifiée. Autrement dit ça permet de faire l’impasse sur la critique de la sexualité normative ordinaire qui est pourtant la racine du problème sans quoi tout ceci n’arriverait pas du moins pas à une telle échelle de masse.

Bon je n’irais pas jusqu’aux idées qui me paraissent trop nier les nuances dans ces degrés de violences misogynes de certaines féministes radicales qui vont jusqu’à estimer qu’il est difficile de distinguer viol et sexualité « normale » parce que bon certes la ligne de consentement peut parfois être floue et ambiguë mais le plus souvent elle demeure assez claire tout de même d’une part et d’autre part car je trouve que ce type de discours est dangereux en ce qu’il banalise et normalise le viol justement et que clairement j’ai déjà été violée, j’ai déjà eu des relations sexuelles relativement dans les normes, je sais faire la différence ça n’a rien à voir…enfin si je veux bien qu’il y ait un certain nombre de trucs liés mais dans la sexualité ordinaire il n’y a que la misogynie ordinaire…le viol c’est certes la même violence misogyne…mais puissance 10 je crois que ce genre de discours efface ça et je trouve assez insupportable aussi qu’il efface les nuances de gravité entre les agressions sexuelles. Je veux dire quand j’ai été violée j’étais plaquée sur le sol par un mec qui m’étouffait et a failli me tuer…je supporte pas que des connasses utilisent ce mot à la légère en me racontant qu’étant « féministes » elles sont en droit d’user du même mot pour décrire des relations alcoolisées au consentement ambivalent qu’elles ont jugé être un viol que dix ans plus tard en découvrant des textes féministes le jugeant tel ou pire j’ai quand même déjà entendu des nanas confondre allégrement se faire frapper les fesses en mode harcèlement sexuel dans le métro et viol au calme voir pour certaines dire tranquillement sans ciller des yeux que tout rapport hétérosexuel est un viol non mais…vous avez pas fini de minimiser ce que j’ai vécu..? Bordel c’est quoi la prochaine étape : toute vision d’un film jugé sexiste par une majorité de féministes est un viol? Jusqu’où ça va aller dans l’absurde et l’humiliation ce truc là? Le pire c’est que quand je leur expliquait elles se permettaient de me faire la leçon comme quoi je serais misogyne et soumise au patriarcat de ne pas accepter leur refus de voir ces différences là. Et puis toujours la dénonciation quand je l’explique aux gens en face de moi : qui t’as dit ça je veux un nom? C’est un problème général abrutie ça me servirait à quoi d’accuser une fille random qui m’a dit ça parmi plein d’autres avant elle juste pour que tu ailles la faire chier elle j’ai pas envie, et donc je me tais…et on m’accuse « d’inventer » ces histoires juste car je ne veux pas dire le prénom de la « coupable ». Non mais c’est quoi ça? J’ai fini par me taire et laisser tomber ce milieu il y a bien longtemps mais l’amertume de ce genre d’interactions reste en moi malgré les années passées.

J’entends bien que tout le monde a un vécu différent et qu’une fille peut très mal vivre une agression sexuelle qui par rapport à ce que j’ai subi me semble « mineure »…c’est même potentiellement faisable qu’une nana particulièrement sensible soit complètement détruite par ça et plus abîmée que moi malgré que ce que j’ai vécu été objectivement plus grave que ce qu’elle a subi elle, je le conçois, l’idée est pas de juger les femmes hypersensibles négativement…d’autant que je le suis moi même…non c’est juste que la quasi totalité à de rares exceptions près des meufs qui m’ont sorti des trucs comme ça c’était des valides. Donc des femmes qui à priori vivent les agressions sexuelles avec un degré de violence similaire à celui que la société leur attribue ordinairement et pas de gros décalage sensoriel par rapport à ça. Ni de PTSD post viol. Du coup le déni de ma parole là dessus de leur part c’était clairement ultra validiste autant de la part d’une nana que ça aurait traumatisé je pourrais excusé et comprendre mais la plupart c’était clairement pas le cas.

Sinon dans l’article il est aussi souligné que le problème vient aussi que contrairement à dans des sexualités alternatives comme le BDSM par exemple il y a pas de limite clairement posée dans la sexualité normée, un mot pour dire stop quand ça part trop loin il n’y en a pas et c’est jugé tue l’amour d’en avoir un. Forcément le résultat c’est que l’accumulation de non dits et le manque de communication des deux côtés prépare un terrain glissant pour que le plus dominant des deux, l’homme le plus souvent dans le couple ordinaire, fasse des trucs auxquels l’autre, la femme donc en général, ne consent guère sans s’imaginer qu’elle puisse ne pas aimer ça car il est pas dans sa tête et la questionner si doute il y a n’est pas « sexy ».

En plus les femmes aussi ont intégré ça donc beaucoup d’entre elles si ils le fait vont effectivement jugé que c’est un tue l’amour et qu’il se dévirilise surtout qu’au début en général c’est super maladroit et pas engageant, et puis ça peut être dérangeant surtout qu’en prime on est en train de sauter pas de faire une thèse ce qui se passe dans nos têtes est complexe et si il dit un truc du genre : « tu aimerais ça? » qu’est ce que tu peux répondre à part « j’en sais rien j’ai pas encore testé ça? » et faut avouer au bout de 15 questions à la con ça devient lourd et usant limite vexant en fait merde j’ai un langage corporel explicite alors juste regarde le gars apprend moi. Bref j’admets je fais partie des femmes pour qui le gars qui fait bien tout comme la théorie féministe le dit est un tue l’amour complet sexuellement parlant…et même si elles n’aiment pas se l’entendre dire elles le savent bien on est nettement plus nombreuses que les femmes qui peuvent s’exciter en suivant les règles qu’elles recommandent.

Misogynie intériorisée si elles veulent mais je vais quand même pas attendre de me laver suffisamment le cerveau à leur théorie pour voir le sexe comme elles pour assouvir mes désirs sexuels, quand j’ai envie là maintenant je peux pas attendre dix ans de « déconstruction » en fait et je ne veux pas non plus d’ailleurs. Alors oui j’admets les jeux de faux non pour s’exciter et le sexe pas bavard je sais pas faire sans et le safeword c’est ma seule règle de sécurité au lit…mais avec mon mari ça marche. Bon il est très tendre, attentionné et empathique en même temps donc souvent il comprend ce que je veux, même inconsciemment, avant moi, il m’impressionne assez là dessus donc c’est aussi pour ça et je sais bien que la plupart des gars sont tout l’inverse sur ça mais je trouve quand même déplacé de me juger comme je l’ai entendue parfois « suppôt du patriarcat » en raison de mes pratiques et gouts sexuels. D’ailleurs un jour il va falloir m’expliquer pourquoi les groupes qui pensent comme ça s’acharnent bien plus contre les femmes déviant de leurs alternormes que contre les hommes de pouvoir maintenant le dit patriarcat en place. La misogynie est partout et aussi dans leur attitude vis à vis de « cas » comme moi je crois.

Aussi : certes la norme, le code, c’est la misogynie ordinaire dans la sexualité hétéro classique mais clairement dans les autres sexualités ces problèmes existent aussi, c’est pas suffisant d’être au dessus de son homme dans un couple hétéro, d’être entre mecs ou même d’être entre meufs pour que le risque d’agression sexuelle volontaire ou pas disparaisse par magie et trop souvent dès que ça se passe hors du cadre d’un rapport normé…plus personne pour dénoncer de peur que cela stigmatise encore plus des sexualités déjà dénigrées…sauf que ce silence perpétue la violence au bout du compte.

Et puis pour avoir discuté avec pas mal de gars…eux mêmes sont un peu paumés avec les normes sexuelles même quand ils essayent de bien faire…on leur dit tout et son contraire ils ne savent pas qui croire (et du coup favorisent généralement les discours les plus misogynes tout en restant dans les normes car ils les arrangent mieux et leur donnent une meilleure image d’eux mêmes) et puis leur éducation au consentement et même au sexe en général est souvent faible et bancale presque autant que celle des femmes ils ne savent pas trop comment si prendre surtout les premières fois et y vont un peu à l’aventure/au hasard. D’autant plus que la norme d’humilier les puceaux et les gars sans expérience fait que quand ils n’en ont pas ils le cachent et mentent pour se rendre « plus sexy » en faisant croire à leur nana qu’ils ont plus d’expérience sexuelle qu’elles…ce qui est souvent vrai mais d’un écart dont ils mentent éhontément sur l’étendue. Avec en tête qu’elle moins elle a d’expérience plus elle est valorisée et elle ment souvent en jouant les fausses innocentes derrière en fait l’écart existe mais il est souvent relativement faible. Surtout que l’expérience quand tu couches avec quelqu’un dépend aussi de ce que tu testes et la plupart des gens ne sont pas bien imaginatifs de ce côté là alors si tu baises 50 fois de la même façon c’est vraiment pas dit que tu est plus d’expérience sexuelle qualitativement qu’une personne qui l’a fait dix fois de façons différentes…ou même qu’une personne vierge qui a beaucoup lu sur le sujet et l’imaginaire sexuel fertile…c’est finalement assez relatif.

On se plaint beaucoup de l’industrie du porno mais si l’éducation au plaisir sexuel était normalisée sans doute qu’elle n’aurait pas autant d’importance surtout que ce qu’elle montre le plus souvent est assez banal et réducteur comme vision du sexe et ennuierait vite les gens en l’état si la libération sexuelle était effective. Il est normatif et simpliste mais beaucoup le trouvent encore plus ouvrant que fermant pour leurs possibles c’est dire si sexuellement ils suivent une seule recette du manuel et en sortent rarement. Si ça leur convient tant mieux…oui sauf que justement plein d’études montrent que ça convient aux hommes ordinaires mais pas aux femmes ordinaires. Alors la question est pourquoi elles l’acceptent?

C’est qu’on les banalisent en prétendant contre toutes les données scientifiques sur le sujet que les femmes ont par nature moins de désir sexuel que les hommes alors elles se disent que c’est leur biologie qui fait qu’elles n’en ont que peu voir souvent pas et qu’elles n’y peuvent rien ça ne peut pas être autrement. D’ailleurs souvent une femme qui se plaint de son manque de désir est ridiculisée et humiliée, qu’elle souhaite plus que ce qu’elle a et soit « cochonne » à ce point est jugé socialement « incongru ». On lui raconte aussi que c’est la faute aux hormones féminines. Sauf qu’on sait désormais que c’est bidon, le désir des femmes et le désir des hommes fonctionnent de la même façon. Autrement dit elle a les mêmes besoins que lui mais la situation sociale fait qu’ils ne sont pas assouvis. Souvent les féministes sont insultées d’être frustrées et s’en défendent mais soyons honnête mesdames oui on l’est. Et il y a de quoi. Quand j’ai sorti ça la première fois la réaction a été « Hey c’est pas sympa et vexant pour ton mari ça ».

Je crois que je me suis cependant mal fait comprendre c’est pas lui qui me frustre sexuellement c’est l’ensemble de la société qui depuis ma naissance fait tout pour restreindre mes désirs sexuels féminins et m’en donner honte, pour que j’ai peur de ma sexualité et ne la connaisse pas. Certes j’ai bien plus de plaisir au lit que la plupart des femmes mais cela n’empêche pas que ce contexte culturel où je vis où la sexualité féminine est constamment dénigrée m’en a souvent coupé une partie que je le veuille ou pas. En moyenne les hommes prennent deux fois plus leur pied que les femmes au lit…je peux donc tenter d’imaginer que dans une société où les femmes seraient vraiment émancipées en proportion moi aussi j’en aurais deux fois plus que maintenant du plaisir sexuel parce que bon même quand mon mari est adorable il n’efface pas complètement les connards que j’ai pu connaitre avant lui et le mal qu’il mon fait de ce côté là ni les discours méprisant ma sexualité que je trouve partout même en tentant consciemment de les éviter et je pense pas que ce contexte soit anodin et n’ait aucun effet sur les désirs féminins à mon avis fortement il les contraint et il est conçu dans ce but d’ailleurs. Et puis aussi les conneries comme quoi nos désirs féminins seraient plus complexes que ceux des hommes je crois qu’il faut s’en émanciper une bonne fois pour toute, ça me semble aujourd’hui même si j’y ai cru auparavant être une belle connerie, une version sexuelle du fameux « mystère féminin », il y en a pas plus que de « mystère masculin » c’est juste une romantisation d’une ignorance volontaire entretenue des besoins sexuels féminins somme toute identiques à ceux des hommes. Elles veulent jouir aussi et autant quoi.

Par contre les hommes à part les cas extrêmes pathologisés comme « addicts au sexe » eux c’est jugé naturel que leurs désirs sexuels soient assouvis et même « irrépressible »…mais visiblement la plupart d’entre eux aurait tout autant l’habileté de se retenir au besoin que les femmes c’est juste que contrairement à elles la société leur trouve des millions d’excuses pour qu’ils n’aient jamais à s’empêcher de les assouvir même si ça terrorise les femmes par le harcèlement sexuel ordinaire au bout du compte. Pourtant contrairement au mythe sexiste, la plupart ne pensent pas qu’à ça. C’est cependant une excuse facile pour tout se permettre à la moindre envie évidemment. Pour autant, à l’opposé les hommes qui ont pas ou peu de désirs sexuels même quand eux mêmes ça ne les dérangent pas genre le gars romantique qui préfère l’amour pur par exemple juste…faut voir il se fait pathologiser tout de suite la façon dont les gens en parlent on croirait que le mec a été démembré quoi, ou du moins que sa teub a été coupée. C’est clairement toujours présenté comme une souffrance et une maladie très grave genre j’exagère à peine en disant que si tu sais pas de quoi on parle t’as l’impression que le mec est cancéreux vu le vocabulaire employé. Alors il y a de bonne chance que pour avoir l’air bien dans leur corps et leur tête selon les attentes sociales pas mal de gars surjouent la comédie du désir sans même en ressentir forcément des tonnes en fait ne serait ce que pour éviter d’être pathologisés comme ça pour que dalle. On remarquera que la femme activement désirante elle est pathologisée aussi mais plus sur le registre de vite c’est un danger public enfermons là que « oh la pauvre quelle cruelle tragédie une telle douleur ».

Côté fantasmes le truc curieux par contre c’est que chez les hommes les plus courant c’est : 1-La vierge 2-La lesbienne tout le reste étant pas majoritaire. Pas vraiment de secret la fille dur à atteindre quoi.

Côté féminin on retrouve l’inaccessible avec des fantasmes du genre : 1-Coucher avec un homme star le plus souvent le chanteur ou l’acteur à succès beau et séduisant du moment.

Bref les fantasmes de la majorité des gens restent très dans les clous hétéronormatifs et des rôles de genre usuels quand même.

Aussi clairement ces fantasmes sont entretenus par l’industrie du spectacle…qui est dirigée par des mecs cis hétéros bourgeois et donc qui leur permet de contrôler la forme des désirs sexuels majoritaires allégrement.

Sinon elle dit aussi que trop souvent ce qui rate l’analyse générale des agressions sexuelles c’est qu’on pathologise les agresseurs sexuels en les croyant psychopathes à tort…quand en général ce sont juste des types sans aucune pathologie à la base qui n’ont jamais reçu dans leur éducation une explication claire de ce qu’est le consentement et une vision des femmes comme des personnes.

Après par contre se rendre compte de la gravité de ce qu’ils ont fait, vivre la honte sociale et le rejet, les injonctions au suicide et la prison déshumanisante en soit en rend une majorité vite très dépressifs et suicidaires…et beaucoup suicidés. En silence, la société préfère cacher ça. Ceci dit il y a des dispositifs pour empêché les prisonniers de se suicider mais souvent ils sont pensés de façon punitive plus qu’aidante. Il parait que ça s’améliore beaucoup du moins en France mais tant que le problème ne disparait pas j’en parlerais.

Aussi concernant les victimes d’agressions sexuelles le système judiciaire qui en général leur impose de témoigner devant une armée de connards machistes en guise de cour de justice après s’être subi des policiers encore mieux dans le genre elle le souligne bien c’est dur, la plupart des victimes arrivent dans ce système avec un syndrome post traumatique et en ressortent celui ci considérablement renforcé par la procédure. Avec les féministes validistes derrière qui les culpabilisent celles ci en leur racontant qu’elles font le jeu du patriarcat de pas porter plaintes elles sont pas rendues.

Bien entendue que quand tu vis un truc comme ça tu as besoin de soutien pour que les violences subies et le traumatisme qu’elles t’on induit passent. Cependant ce qui arrive à ton agresseur derrière une fois la phase de « ché bien fais pour sa gueule d’abruti » passé tu le sais pas et ça te fais pas particulièrement de bien au final et te supprime pas ton traumatise, ta douleur et ta souffrance psychique leur étant dues le plus souvent. Cela ne suffit pas. Souvent même ce n’est même pas corrélé apparemment.

Et aussi…il est assez clair que dans ce genre d’événements…le traumatisme est des deux côtés le plus souvent en fait aussi étrange que cela paraisse (enfin quand ça va jusqu’au procès du moins)…car bah la procédure est traumatisante en elle même. Les psys en fin de procédure diagnostic en général autant à la victime qu’à l’agresseur un syndrome post traumatique sévère.

Là elle a pour idée que se serait bien de leur faire une psychothérapie mais pour le coup autant elle critique le système judiciaire car elle y bosse et en voit les travers autant sur le pouvoir médical et psy elle est d’une candeur confondante franchement vaut mieux qu’il fasse rien ils ont plus de risque d’empirer le problème qu’autre chose vu leur approche en général de mon expérience avec eux.

Ce n’est pas que je sois contre le fait que les gens reçoivent de l’aide juste que leurs « thérapies » dans ces cas là tiennent le plus souvent davantage de la torture encore plus traumatisante que de l’aide réelle. Après sa lutte pour la justice réparatrice qui répare le mal causé plutôt que la justice punitive qui se contente de foutre des gens derrière des barreaux je la soutiens mais je crois qu’elle doit prendre clairement une autre forme que psychothérapeutique où ça va encore aggraver le problème d’autant que contre les victimes comme contre les agresseurs les théories médico-psys sont souvent elles mêmes blindées de préjugés sexistes d’un autre siècle que je vois pas trop comment les intégrer en thérapie pourrait faire autre chose que renforcer encore davantage le sexisme ordinaire…visiblement elles suffisent même en l’état ceci dit pour faire en sorte que la majorité des pires agresseurs sexuels ne récidivent plus et des victimes ne soient plus traumatisées…sauf dans les cas des personnes les plus socialement dominées que ces théories incluent et comprennent fort mal.

Donc…pourquoi ça a quand même le plus souvent l’effet escompté quand c’est tenté? J’ai quelques hypothèses : 1-C’est réhumanisant de parler à quelqu’un qui te vois comme une personne donc si c’est le cas c’est réparateur en soi 2-Discutter de ça permet de mettre de la distance sur l’événement 3-Cette distance permet d’en analyser logiquement « froidement » les mécanisme sans se sentir jugé négativement 4-Et donc de dissocier tout ça de problèmes d’égo pour voir les structures sociales derrière 5-Apprendre une nouvelle vision des choses plus en phase avec ce qui se passe vraiment et moins avec les mythes misogynes permet de repartir sur une pente moins glissante au final.

Aussi elle a un bon point quand elle explique que fiche des gens dans un environnement hyper dangereux pendant une longue période et s’imaginer les réinsérer mieux après ça c’est quand même une ânerie spectaculaire et que notre argent collectif serait bien mieux dépensé dans autre chose que construire des prisons dans ce but là. Elle explique que le problème est que la plupart des gens ont un genre de vision mystique de la justice de leur pays comme infaillible, toujours logique et raisonnable, à l’abri de toute défaillance et les protégeant de tout mal et de « tout les méchants ». Elle rappelle simplement que rien que le fait que tout les cas portés devant la justice sont liés à des conflits interhumains hautement chargés en émotion fout déjà cette idée en l’air. Et que le racisme systémique des systèmes judiciaires occidentaux pourrit encore plus les rouages de cette machine au final très imparfaite.

Ah et aussi j’ajouterais que comme disait tonton Marx concernant la justice bourgeoise : « votre droit n’est que la volonté de votre classe érigée en loi ». Autrement dit pour moi ça va plus loin qu’un besoin de réformer le système judiciaire bourgeois il faut vraiment en finir avec pour de bon, et c’est pas en le remplaçant par un système psy tout aussi bourgeois avec les mêmes validisme, racisme et sexisme systémiques qu’on y parviendra.

Alors comment? Je n’ai pas à moi seule les solutions mais je crois qu’il va être temps d’y réfléchir à comment trouver les moyens de structurer une société qui ait pas besoin de passer par les justices nationales et psys bourgeois pour protéger les victimes d’agressions sexuelles et aider les agresseurs sexuels à sortir du schéma qui le a mené à se rendre coupable des actes qu’ils ont commis. Je suis sure d’une chose si on se refuse à y réfléchir on y parviendra pas. Je sais aussi que la colère peut aveugler et que toutes les victimes ne sont pas prêtes à entendre ça moi aussi au début je voulais juste voir mon violeur cramer dans un bûcher que je lui aurais allumé je comprends bien ce sentiment et je ne le blâme pas mais je pense que pour vraiment faire changer les choses en profondeur et que ça n’arrive plus il faut qu’on parviennent à s’en retenir et à passer au dessus de ce réflexe vengeur bien naturel là pour réfléchir à la meilleure solution pour éviter ce qu’on a subit au plus de gens possible et c’est apparemment pas dans cette logique punitive qu’elle se trouve vraiment.

Aussi un très bon point qu’elle a : Les structures fondées sur les théories féministes actuelles contre les violences sexuelles existent depuis les années 1980 et ça fait bientôt 40 ans qu’elles n’ont rien changé profondément au niveau des structures sociales en place permettant les violences sexuelles de masses même si leur soutien a des victimes de violences sexuelles fut indéniable et reste nécessaire tant qu’on trouve pas mieux que les solutions qu’elles proposent. Pourtant clairement leur but au départ n’était pas juste de réparer les femmes cassées mais bien de mettre fin à la violence sexuelle de masse. Si elles n’y sont pas arrivées à priori en prenant les mêmes et recommençant on y arrivera pas davantage. Leurs théories et leurs pratiques sont à revoir et réinterroger vu qu’elles ne fonctionnent pas pour le but qu’elles s’étaient donné et qui reste celui sur lequel le plus de féministes sont d’accord au delà de toutes les divisions sur d’autres sujets et aptes à faire front commun. C’est aussi de leur avis à toutes le problème de sexisme envers les femmes le plus grave.

Pourtant on arrive toujours pas à faire front commun justement parce qu’une partie importante d’entre nous si on est d’accord sur l’idée de base on adhère pas du tout à la théorie derrière (en gros les agresseurs sexuels sont le mâle absolu) et aux pratiques proposées pour s’en protéger (les incarcérer en taule longue durée). Ce n’est pas juste un positionnement anticarcéral de notre part même si il est indéniable c’est aussi lié à un constat qu’on teste et échoue cette même méthode depuis 40 piges.

Aussi cette façon de voir les violences sexuelles elle le souligne bien fait que toute la société des pires misogynes aux féministes les plus radicales semble inapte à sortir les femmes dans sa perception du monde du rôle d’éternelles victimes et que ça aussi c’est un frein considérable à notre émancipation.

Aussi elle aborde l’éléphant dans la pièce enfin : La racialisation que fait le système judiciaire des violences sexuelles en Occident, de façon constante on y trouve des hommes blancs pourtant auteurs de la plupart des violences misogynes systématiquement innocentés ou voyant leurs actes minimisés, des femmes blanches posées en éternelles victimes et dénonçant de façon très disproportionnée des agressions sexuelles venues d’hommes racialisés, parfois en allant jusqu’à les inventer purement et simplement et presque toujours en étant bien plus offensées à degré d’agression sexuelle égal par un homme racialisé qui la commet contre elle que par un homme blanc qui fait pareil, des hommes racialisés pour cette raison notamment construit comme une menace pour les libertés des femmes blanches avec le soutien raciste de la majorité du mouvement féministe qui reste très blanc et donc se retrouvant de façon disproportionnée criminalisés et incarcérés qui peuplent la majorité des prisons d’occident de ce fait, et des femmes racialisées dont tout le monde se bat les couilles des agressions sexuelles qu’elles subissent pourtant bien davantage que les femmes blanches en proportion…mais n’ont que peu de chance de pouvoir faire condamner. En effet dans notre système judiciaire un crime commis par un blanc contre un noir a trois fois moins de possibilité d’être jugé et puni qu’un commis par un noir contre un blanc, quand le crime est celui d’un blanc contre une noire c’est encore plus dramatique, ses chances d’être entendues sont réduites à une peau de chagrin. Le problème du « féminisme » actuel façon Balance Ton Porc et Me Too…c’est qu’il s’inscrit entièrement dans ces rapports de domination raciste et validistes là (ai je besoin d’expliquer que les victimes valides sont plus prises en compte que les victimes pas valides et que les agresseurs valides sont nettement plus souvent innocentés que les agresseurs pas valides et qu’avec le cliché de l’atypique dangereux plein d’atypiques surtout si racialisés se retrouvent accusés à tort et incarcéré du seul fait d’être perçus comme des dangers même si parfaitement innocents de toute agression sexuelle?) et les renforce considérablement donc s’inscrit dans une logique réactionnaire au final à force de céder à l’excès à l’émotivisme et de prendre pour la sainte parole les témoignages de la perception du danger des femmes blanches valides.

Comme elle le dit ça finit par crée un système où la seule forme d’agression misogyne concrètement condamnée est le viol et il ne l’est presque que quand c’est le viol d’une femme blanche par un homme noir (en France je rajouterais ou arabe avec une disproportion de madames tout le monde voir de femmes aisées dans les plaignantes et de prolos banlieusards dans les accusés et les incarcérés).

Elle dit aussi qu’à analyser les procès il est nettement visible que ceux ci sont bâclés le plus souvent dans les cas où la plaignante est blanche et l’accusé racialisé et le déclarent souvent coupable avant même que la moindre preuve en soit apportée. C’est aussi ça qui me gêne énormément dans l’encouragement du féminisme classique à croire la parole des femmes se disant victime même sans preuves bien sur les preuves sont très dures à apporter mais en prenant en compte le racisme et le validisme systémique de la justice et la domination de classe qui la traverse c’est une pente ultra glissante que d’accepter ce principe là en fait. Après oui on doit pouvoir avoir des espaces où parler en tant que victime sans être systématiquement soupçonnée de mytho vu la misogynie masculine ambiante qui fait qu’on en est vite accusées mais je suis pas sure que pour ça le tribunal soit le meilleur cadre, pas dans son état actuel en tout cas.

Aussi oublions pas un élément majeur à prendre en compte dans un pays néo-colonial comme le notre avec un passé esclavagiste : concrètement la prison c’est aussi un endroit où les blancs bourgeois exploitent le travail obligatoire et gratuit des prolos noirs et arabes incarcérés.

Les propositions pour sortir de là qu’elle fait ce sont : 1-l’éducation sexuelle aussi tout et détaillée que faisable 2-L’analyse des violences sexuelles en prenant en compte les rapports de dominations capitalistes, validistes et racistes autant que sexistes. 3-Sortir du simplisme binaire de la narration des gentilles femmes victimes des méchants messieurs dans l’explication des violences sexuelles.

Bon ça c’est pour la théorie après dans la pratique c’est : 1-Bosser auprès des hommes les plus sexistes en priorité dans l’espoir de les faire changer…elle a trouvé le moyen de rendre un mec incarcéré pour viol féministe même si ça a mis 30 ans donc si lui il a pu à priori pour le mec moyen c’est plus que jouable, il faut sortir de la théorie de « les hommes sont les prédateurs naturels des femmes et ne peuvent pas être autre chose » ça empêche de changer les choses en profondeur finalement de ne pas les impliquer dans les changements nécessaires et de refuser de les y juger aptes par principe idéologique que le changement devrait venir des femmes seules ce qui est assez absurde vu que le problème ne vient pas d’elles en général sur la question des violences sexuelles à la base et ne peut donc pas se régler sans eux.

Cela ne répond pas à toutes les questions et tout les besoins mais c’est un petit début de réponse concrète à la question « mais alors on fait quoi contre les violences sexuelles si on sort de la réponse classique? ».

Pourtant je pense que je vais aussi devoir terminer cet article pour être cohérente et complète sur le sujet par la misogynie au féminin. Comment les femmes en viennent à apprendre à se détester elles mêmes et à détester toutes les autres femmes pour la plupart d’entre elles?

Déjà prenons la base les bébés filles ne naissent pas dans cette haine là, elles mettent souvent du temps à se comprendre comme féminines et une fois que c’est fait sont au départ le plus souvent fières et heureuses d’être des filles…c’est après que ça se gâte. C’est aux fillettes qu’on apprend la haine du féminin. On en accuse beaucoup les mères mais dur de les en croire seules ou principales responsables quand on voit qu’en maternelle la plupart des petites filles gardent une relativement haute estime d’elles mêmes et que c’est après que ça se corse. En primaire.

Les femmes adultes face aux petites filles ont finalement qu’elles soient mères ou institutrices du moment qu’elles ont du pouvoir sur elles une grosse tendance à leur faire subir en représailles toute la misogynie qu’elles reçoivent elles mêmes, elles font tout pour faire réussir leurs garçons…mais inconsciemment très souvent elles font tout pour faire échouer leurs filles également. D’où que si la plupart des garçons ont un souvenir élogieux et tendre de leur relation enfantine avec leurs mamans celui des femmes vis à vis de leurs mères quand elles étaient enfant lui est souvent amer et plein de ressentiment. La haine générale de la société contre les mères qu’elles intègrent tôt peu aussi biaisé en partie leur perception mais elle ne suffit pas à mon avis à l’expliquer et dans leur sentiment que leurs mères font tout pour les rabaisser je pense que le plus souvent c’est jusqu’à un certain point le reflet d’un rapport de force réel bien présent. Difficile de se construire en croyant à la solidarité féminine et à la sororité avec des premières expérience de liens entre femmes majoritaires à être de ce style là. Le père lui dans leur éducation est souvent absent distant, les garçons de leur âge aussi vivent souvent leurs jeux loin d’elles…à part les princes Disney elles ne connaissent pas tant que ça de figures masculines souvent les fillettes de bien près alors ça leur laisse tout le loisir de les rêver et les imaginer en les idéalisant… »viens mon prince me sauver de ce cauchemar féminin étouffant en tombant amoureux de moi qui suis si spéciale et te mariant avec moi »…je pense que plus d’une gamine a du avoir un plan du genre dans ses rêves pour espérer échapper à la tyrannie maternelle. Même les fantasmes de femmes adultes reprennent souvent des thèmes de ce style là ça me semble pas être sans raison. Il y a même des bouquins entiers sur le thème de cette fantaisie féminine là.

Au final beaucoup remarquent que les femmes adultes font bien du zèle pour forcer les fillettes à rester dans le cadre des rôles féminins stéréotypés, ce qui entre autre leur coupe l’accès à la science et aux savoirs souvent estampillés « masculins », donc à des outils pour penser le monde et leur situation en dehors des limites du foyer. De base si à partir de là rapidement les gamins savent plus de trucs que les gamines qui sentent bien cependant que les apprendre les feraient « garçons manquées » et stigmatisées pour cela donc la plupart ne le tentent guère par crainte de la répression bien réelle des gamines qui dévient de ces normes genrées forcément ça crée un complexe d’infériorité et leur fait intégrer l’idée que les garçons ayant plus de connaissances leur seraient supérieurs. Aussi souvent l’horizon vers lequel les femmes adultes orientent les rêves des fillettes est tu vas te marier et devenir maman avant tout là où des garçons elles encourage « le carriérisme » et l’ambition. On valorise leurs performances et dévalorisent celles des filles résultat : ils ont plus de compétences sur un horizon plus large alors elles se sentent inférieures à eux et se dévalorisent d’elles mêmes à force. L’enfance finissante les gamines ont pour la plupart bien intégré l’idée que les femmes sont faibles et connes, se laissent soumettre par les hommes et en redemandent, sont lâches, pas dégourdies et sans ambition tandis que les hommes sont forts et intelligents, libres et indépendants, ambitieux et performants.

C’est clairement si je les interrogent d’un peu près la vision que la plupart des femmes et des hommes que je connais ont des femmes et des hommes dans leur entourage…si on les questionne en théorie générale ils vont dire « bah oui on est libre et égaux »…mais quand ils parlent de leurs proches connaissances et pas en pure abstraction c’est plus le même discours et les réflexes patriarcaux ressortent très vites…bien appris au cours de l’enfance et bien répétés par cœur.

Beaucoup admettent que c’est aussi une histoire d’égo et qu’en faisant de leur mieux pour se rapprocher des garçons côté comportement sans se mettre à leur ressembler au point d’être jugées des garçons manqués et mal vues et sans s’en approcher de trop près surtout quand la puberté est proche pour ne pas (déjà) se faire traiter de salopes et soupçonnées d’être des séductrices elles essayent de se hisser au dessus des autres femmes qu’en tant que groupes la plupart méprisent superbement s’en sentant au dessus.

Pour beaucoup d’hommes qui sont misogynes c’est aussi une histoire d’égo, c’est souvent le cas des hommes qui commettent le tiers de viols conscients par exemple, qui sont presque toujours perçus par eux comme « correctifs » et « punitifs » de femmes ou personnes qu’eux jugent féminisées n’ayant de leur point de vue sues « rester à leur place » qu’en les violent ils s’imaginaient donc les y remettre. Mon violeur a été plus que clair sur le fait que c’est dans ce but qu’il m’a fait ça…au moins il m’a épargné en me l’expliquant de me demander dix ans pourquoi j’ai subit ça comme cela ronge longtemps beaucoup de victimes. Lui il était limpide : j’étais une femme trop logique et trop froide (et aussi probablement ne bandant pas assez pour lui et lui ayant dit trop de fois non à son goût) et donc il fallait « corriger » ce « défaut » en moi de cette façon là d’après lui. Vous remarquerez le beau stéréotype sur les femmes autiste où il m’avait enfermée au passage même sans savoir que je le suis il devait bien le sentir plus ou moins j’imagine.

Bon quand j’y réfléchis maintenant…qu’est ce qu’il voulait dire? Quelle règle patriarcale ma nature enfreint t’elle? Le contraire d’une femme froide c’est une femme chaude il me semble…il m’en voulait donc effectivement de ne pas bander pour lui clairement. Dans ce temps aucun homme ne m’avait encore intéressé d’ailleurs donc je suppose aussi qu’il s’était fait dans sa tête un fantasme de réchauffer la reine des neiges un truc dans ce genre là. Merde j’aurais pu être asexuelle et aromantique après tout qu’est ce que ça pouvait bien lui foutre…ah merde oui je suis con une fille ni sexualisée ni romantisée dans la tête de beaucoup c’est un bug du système, une anomalie j’étais vue comme ça par tout le monde alors lui aussi je suppose. Quand j’y pense tout le monde était ravi à part moi qu’il essaye de me « normaliser » et il voyait mon désintérêt total pour lui de façon très pathologisante…mais gars déjà j’aurais le droit de ne pas kiffer l’amour et le sexe si c’était le cas, ensuite j’avais le droit de pas être prête pour ça étant ado enfin même maintenant comme je le disais d’ailleurs déjà à l’époque tu me plais pas, tu m’as jamais plu et tu me plairas jamais…d’où ce serait plus « normal » que j’accepte de sortir avec toi? Heureusement que j’ai rencontré moins con par la suite. Et pour le coup de trop logique…la dernière fois qu’on me la refaite celle là c’était pour l’autisme au féminin soi disant du au « cerveau hypermasculin » rendant celles ci « excessivement logiques »…je suppose donc que c’est un beau combo de validisme et de misogynie. La vache l’idée qu’une femme logique existe pas ou a forcément une « pathologie mentale »…c’est hyper ancré, il y a bien 99% des cerveaux imprégnés de cette connerie là j’ai l’impression. Bon si j’ai bien compris j’étais vue comme une fille nerd plus intéressée par la connaissance que par la romance ou le sexe, ce qui était en effet le cas ado et le reste même si maintenant j’adore le cul et l’amour avec un mari qui m’aime pour de vrai je reste davantage quelqu’un qui apprécie par dessus tout de réfléchir et d’analyser des trucs. Cela me fait respirer et vivre. J’en ai un besoin presque aussi vital que de manger. Et il semblerait qu’une « bas-bleu » femme et pas neurotypique ça continue d’inquiéter assez le système comme il est pour que les « agents » à son service comme mon violeur en arrivent à aller jusqu’à me violer et essayer de me buter pour m’empêcher d’exister. Hormis ça on laisse les mêmes chances aux femmes qu’aux hommes de s’intéresser aux activités dites « intellectuelles » c’est évident bien sûr ô ironie.

Bref tout ça pour dire qu’au final que ce soit pour les hommes ou les femmes détester la plupart des femmes et la féminité c’est aussi un moyen de se booster un égo souvent défaillant en se sentant supérieur à d’autres qu’on peut écraser.

En plus les observations faites par les personnes qui détestent les femmes en tant que groupe ne sont même pas fausses concernant leur comportement moyen c’est juste qu’elles naturalisent ces comportements en omettant qu’ils sont les produits en bout de course d’une éducation patriarcale les ayant forcées à devenir ce qu’on les a laissé être c’est à dire ce qu’elles sont. Au lieu de dénigrer les femmes dans leur situation présente leur ouvrir des nouveaux possibles est la nécessité mais ça ne se fait pas en fermant les yeux sur ce en quoi le système nous a changé, si on ne voit pas comment on a été infériorisées c’est facile de s’illusionner comme quoi le combat pour l’égalité serait déjà gagné et tout ces défauts seraient non pas un produits de nos vécus dans des sociétés misogynes où on a négocié notre place du mieux qu’on l’a pu mais inhérents à la « nature féminine ».

Adolescentes quand l’infériorisation et la dévalorisation de soi par les normes de beauté, la compétition sexuelle et romantique, la jalousie et le harcèlement scolaire entre jeunes filles s’installent c’est pire, la « solidarité féminine » et la « sororité » qui avaient plus ou moins existé jusqu’alors malgré tout entre petites filles du même âge appartient clairement à un passé qui semble rapidement très lointain.

Adultes…c’est pis encore. Paradoxalement beaucoup ont souligné que l’image qui va avec celle de la femme victime qui est celle de la femme innocente par nature qu’on a jusque chez les féministe est une des causes principales qui laisse à la misogynie entre femmes son libre cours, personne ne croit les femmes aptes au mal en dehors des femmes qui subissent la violence d’autres femmes donc celle ci peut s’exercer librement sans être nullement punie. On répond souvent à ça que les pires crimes sont masculins…oui mais pour faire des crimes de masses il faut s’approprier massivement des armes ce sont les hommes qui l’ont fait historiquement…et qui ont mis les discours idéologiques de leur côté. Clairement je pense que si les femmes tuent et violent moins qu’eux ce n’est pas par absence d’envie ou de capacité « morale » à le faire mais bien par absence de moyens concrets de se le permettre…c’est pour ça uniquement je pense que leur violence va rarement au delà du harcèlement scolaire d’autres femmes et du « cat-fight » entre elles.

Aussi la plupart des femmes ont la haine contre leurs oppresseurs plus haut socialement qu’elles et pas les moyens de l’extérioriser sur eux et donc se défoulent sur les femmes leur étant socialement inférieures…d’où des rapports entre filles souvent hyper tendus là où les rapports entre hommes ont un aspect fraternel nettement plus évident bien souvent…presque romantique (platoniquement j’entends) assez souvent dans son expression. Si on les jalouse autant c’est que ça a l’air vachement plus agréable comme cercles sociaux en fait. Bon moi on m’a déjà invitée sans même remarquer ou en zappant que je suis une femme dans ce genre de cercles et même si les problèmes et chamailleries « de filles » ça a clairement rien d’inconnu en cercle masculin ni les longues soirées à se raconter ses romances et ses histoires de cul par contre il y a une vraie complicité ludique et une vraie solidarité entre eux que j’ai jamais connue ou du moins sentie en un cercle féminin…des fois ça arrivait que ça se ressemble dans les meilleurs cas mais il y avait toujours de la tension au mieux ça faisait détente de la guerre froide.

Après il y a aussi celles qui tentent de retourner le problème en fuyant la misogynie par son contraire la misandrie et se mettent à détester les hommes. On s’en défend presque toute ça n’existe pas qu’on se raconte. On a peur aussi il faut dire, décrédibiliser la lutte d’une femme pour sa libération juste en lui faisant admettre qu’elle hait les hommes c’est si simple. Si facile. Si elle le dit directement tout le monde se retourne contre elle. C’est facile aussi de taxer la moindre critique du sexisme de misandrie. C’est bien pratique pour garder le système en place intact.

On la juge issue d’une peur irrationnelle de l’homme, phobie des hommes, souvent dans sa forme pathologisée elle s’accompagne de crises d’angoisses et de paniques à la simple vue d’un être avec un corps perçu comme masculin. Presque toujours ceci est développé, le plus souvent chez une femme, en réaction à un stress post traumatique suivant le fait d’avoir été sexuellement agressé par un homme.

Cependant vu le danger réellement présent des violences sexuelles envers les femmes que tous ont à l’esprit tant que ce n’est pas à ce point que les femmes aient peur des hommes, en soient suspicieuses et les détestent un peu ou du moins aient envers eux un ressentiment est jugé normal et banalisé comme avec le thème de la fameuse « guerre des sexe ». Comme si hommes et femmes étaient si désunis à l’intérieur de leur propre genre que le meilleur moyen de les réunir était de les laisser pester en choeur contre l’autre genre perçu comme l’ennemi commun…en toute sincérité la plupart des discussions entre filles finissent par ah là là les hommes vraiment clichés misandres et la plupart des discussions entre hommes par ah là là là les gonzesses je te jure clichés misogynes pour ce que j’ai pu en voir. Ayant toujours été perçue comme assez neutre et vite oubliée j’ai pu assister aux deux à peu près comme si j’étais pas là et j’admets quand on ne se retrouve pas dans un discours ni dans l’autre ça devient vite lassant, pour les gens ne se sentant pas de genre masculin ou féminin j’ose même pas imaginer comme ils doivent se sentir seuls dans la majorité des discussions qui existent.

Souvent les masculinistes prétendent que les féministes détestent les hommes mais euh…clairement la plupart des féministes sont des hétéros donc concernant ce courant pris dans son ensemble c’est assez absurde. Tandis que la misogynie du masculinisme est généralement assumée par les gens qui s’en réclament d’eux mêmes. Après des fois ça ressemblent à une extension de la « guerre des sexes » sous forme militante plus qu’à autre chose ce genre de débats…aussi curieux que ça peut paraitre d’ailleurs je compte des dizaines de couples une féministe+un masculiniste parmi les gens que j’ai connu, ça me semble assez révélateur du degré de conflictualité, d’ambivalence et d’amour/haine qu’on peut trouver dans pas mal de couples hétérosexuels ordinaires simplement ici avec la dimension politique qui fait que c’est conscientisé là où chez la plupart des gens ça ne l’est pas.

Les masculinistes ont beau jeu de monter en épingle un ou deux cas de féministes radicales faisant des appels au viol et au meurtre de mecs mais concrètement c’est presque toujours purement verbal…à catégories sociales égales elles n’ont pas ce pouvoir contre des hommes même si c’est assez claire que certaines l’envie de le faire vraiment leur manque pas. Elles sont dans l’idée souvent qualifier de misandre que tout homme serait un agresseur potentiel.

Personnellement je suis d’accord pour trouver ça excessif et erroné mais de là à juger que ça vient toujours d’un préjugé misandre je ne pense pas c’est juste une hyperbole concernant la violence misogyne de masse pour moi.

Clairement quand des femmes féministes ou non d’ailleurs arrivent à vraiment faire du mal à un homme allant plus loin dans la gravité que juste un stéréotype dénigrant il y a toujours une supériorité qu’elles ont sur lui dans d’autres systèmes de domination comme le fait qu’elles soient blanche et lui racialisé, riches et lui pauvre, valide et lui atypique, hétéro et lui pas ou cis et lui trans qui me semblent plus être à l’origine du pouvoir qu’elles ont sur lui et de leur violence contre lui qu’une misandrie de leur part.

Cependant reste la question des clichés sexistes dénigrant les hommes…sauf que la plupart ont été installés par les hommes pour justifier leur domination masculine comme le coup du soi disant désir masculin irrépressible. Et ceux usés contre des hommes « hors normes » tirent plus leur origine d’autres systèmes de domination que d’une misandrie éventuelle. Du coup je pense qu’on les explique mieux dans ce cadre que dans celui d’une misandrie dont l’existence même fait finalement débat. Je pense qu’il peut y en avoir mais qu’elle n’est jamais première et toujours la conséquence d’autre chose.

On prend souvent les cas d’hommes victimes, ayant subit des violences sexuelles notamment et peu pris en compte par le féminisme comme preuves de misandrie mais est ce que c’est pas juste un sexisme ordinaire faisant au contraire pleinement partie de la misogynie dont les féministes ne sont pas exemptes vu qu’elle est partout qui fait que ceux ci sont oubliés car ils sortent de l’image construite de l’homme toujours fort et dominant? Est ce que c’est pas l’impensé dans le féminisme de la possibilité de sortir d’un schéma sexiste où l’homme est toujours l’oppresseur violent et la femme toujours la victime innocente « par natures » qui fait cet effacement des hommes qui ont subi des violences? Et aussi le fait qu’ils sont rarement valides et que le féminisme reste très largement validiste? Après tout on a vu plus haut que parmi les choses qui aidaient vraiment pas à trouver une vraie réponse face aux violences sexuelles il y avait la pathologisation systématique de l’agresseur et de la victime. Cette dernière n’ayant d’ailleurs que peu de chances d’être entendue si elle n’a pas daignée rester valide après son agression ou qu’elle a eu un rapport un tant soit peu ambivalent et complexe avec son agresseur…ce qui est presque toujours le cas en vrai.

En clair dès qu’il sort des clichés et attentes comme le plus souvent c’est le cas, le récit d’une agression sexuelle a très peu de chance d’être compris par…qui que ce soit tant ces idées nous imprègnent tous.

Au fond il y a comme une pensée disneyisé derrière j’ai l’impression au sens où le schéma de leur dessin animé classiques c’est :

La princesse blanche X est victime du méchant racialisé Z qui l’agresse avec de fort sous entendus sexuels jamais explicités (ça reste pour les enfants), alors le prince blanc Y arrive, tue le méchant Z et épouse la princesse X qui est sauvée youp là boum ils sont contents, quel héros ce Y, fin.

Et trop souvent dans la tête des mecs qui luttent contre les violences sexistes j’ai l’impression qu’ils veulent refaire ça et se faire applaudir en héros à la fin en fait. Sans aucune conscience du racisme du système dans lequel ils font ça, et que la plupart des féministes blanches agréent ce truc là et s’imaginent qu’elles peuvent se la jouer sauveuses blanches des femmes racisées subissant des violences sexuelles en prime. Sans capter qu’étant totalement à l’ouest dans leur vision des hommes racialisés elles font plus de mal que de bien aux personnes racialisées, femmes comprises, en partant de ce schéma colonial là dont elles ont énormément de mal à se défaire.

Enfin certains jugent qu’il y a de la misandrie envers les hommes qui sortent des normes. Sauf que c’est pas plutôt de la misogynie justement? En général les hommes qui subissent des violences punitives socialement pour être « hors cadre » des normes racistes, validistes, cisgenres et/ou hétéros le sont quand même car jugés trop ou pas assez « masculins » selon les normes dominantes de masculinité pas par haine de l’homme en général. Et ce même en milieu féministe. Du coup pour toutes ces raisons et aussi parce que ça stigmatise les personnes qui ont vraiment la phobie des hommes j’avoue que je trouve pas l’idée de misandrie très convaincante ou pertinente. Pour moi la haine envers les hommes s’explique mieux par un ressentiment à leur égard issu de vraies expériences douloureuse avec eux le plus souvent que par un rejet de principe sur la base de préjugés même si il peut en créer en conséquence par la suite.

Moi? Moi je suis égalitariste, je déteste tout le monde pareil, je suis misanthrope. Je suis comme beaucoup d’entre vous, j’ai de la misogynie intériorisé alors il m’arrive de détester les femmes quand elles me soulent, j’ai pas que des bonnes expériences avec les hommes il m’arrive d’avoir de la haine envers eux quand ils me gonflent, et ceux qui sortent de ce schéma là me font peur car je ne les comprends pas et pour certains d’entre eux me casse les pieds aussi à vouloir rendre tout le monde comme eux donc des fois il m’arrive qu’iels m’insupportent aussi. En même temps difficile d’attendre d’une personne comme moi qui se déteste autant elle même qu’elle n’ait que de bons sentiments pour les autres. C’est pas que je m’en vante, au contraire, mais j’ai l’impression que beaucoup sont comme moi sans trop oser se l’avouer et que la sincérité c’est la première étape pour sortir de ce tourbillon de haine où on s’est tous plongés. Alors c’est surement très imparfait comme premier pas mais au moins j’essaye.

Sinon pour finir, ça m’avait toujours gêné d’avoir analysé une seule chanson de Linda Lemay et de l’avoir descendue de façon certes méritée pour son validisme sans en avoir présenté des d’elles où je me retrouvais mieux parce qu’il y en a d’autres sur d’autres thèmes dans son répertoire où je m’identifie bien mieux à ce qu’elle raconte alors je vais pour me faire pardonner en mettre en guise de conclusion une dernière d’elle ici qui reflète parfaitement ce que j’ai sur le cœur quand je suis en mode misanthropie totale vis à vis des hommes comme des femmes et visiblement qui a du défouler énormément de gens vu son succès, comme ça à défaut d’avoir changé quelque chose à ces haines stupides où on s’est enfermés au moins on en aura pris conscience ensemble. C’est un début comme un autre. (Je précise au cas où pour les proches qui s’en inquiéterait c’est le sentiment général de la chanson où je me retrouves pas sur la haine de son ex, moi j’ai tourné la page sur lui et avec mon mari ça va mais bon c’est pas le seul mec de l’univers et des qui méritent parfaitement les piques qu’elle envoie au sien j’en connais une sacré masse).

« Y’a bien des fois, j’aime pas les femmes
Souvent, j’les hais parce qu’elles sont belles
Quand elles sont fortes, je les blâme
De vouloir s’prendre pour des hommes

Y ’a bien des fois, j’aime pas les hommes
Je leur en veux d’être infidèles
Mais, quand j’pense aux femmes qu’ils trompent
J’me dis que c’est bien fait pour elles

Car, bien des fois, j’aime pas les femmes
Et leur beau discours de p’tite mère
Et j’meurs de honte quand elles se pâment
Pour un idiot d’homme ordinaire

Parce que, bien sûr, j’aime pas les hommes
Quand ils me chassent d’leur univers
J’voudrais qu’y m’ prennent pour un des leurs
J’voudrais partager leur bière

J’me sens ridiculement femme
C’est-à-dire frustrée de nature
Une de ces qui font les drames
Pendant qu’leurs hommes font les durs

Y’a bien des fois, j’aime pas les hommes
Et, pourtant, j’voudrais qu’ils m’adoptent
Qu’y m’apprennent à ret’nir mes larmes
A m’sentir fière d’être sotte

C’que j’peux m’en vouloir d’être une femme
Surtout quand j’tombe dans les filets
D’un de ces pauvres polygames
Qui m’jure de s’en aller jamais

{Refrain:}
J’aime pas les hommes qui me déchirent
J’aime pas les femmes qui me consolent
Lorsque les hommes veulent revenir
Y ’a ces mêmes femmes qui me les volent

J’aime pas les femmes quand elles vieillissent
Avec des marques de chagrin
Je hais les hommes de père en fils
Car y comprennent jamais rien

J’aime pas les femmes qui se promènent
Qui s’en vont s’perdre dans tes secrets
Elles sont peut-être les prochaines
Que tu bris’ras à tout jamais

Toi que je hais
Toi que j’aimais

{au Refrain} »

Bon bah voilà fin en espérant que cet article aura défoulé ou fait réfléchir au moins une personne au bout du compte.