Pourquoi la domination des milieux militants par les petits bourgeois détruit les luttes.

100% garanti en pur haine jouissive anti bobo, parceque j’avais vraiment besoin de me lâcher, ne m’en excusez surtout pas 😊.

Article pour dire que j’ai trouvé un lien fort intéressant https://www.theguardian.com/global-development-professionals-network/2016/jun/08/burnout-activism-working-class-organising-with-middle-class-comrades écrit par une femme prolo psychoatypique qui a eu l’idée (que j’ai du mal à comprendre mais bon) de militer en milieu végan antispéciste et s’est donc logiquement retrouvé dans le milieu militant le plus bobo qui soit et en a eu ras le bol. Cet article exprime tout les trucs crevants et agaçants qui vont avec être prolo et militer dans un milieu à majorité bourgeoise, la fin me convaint pas déja car c’est pas demain que le véganisme et l’antispécisme me convaincront mais aussi et surtout car je pense pas qu’une lutte interclassiste ait un quelqu’oncque avenir pour moi la lutte dit être menée par des prolos sur tout les axes d’oppression où elle aboutira à rien.

Sauf que c’est le contraire qui se passe en fait. Déja en moyenne à la louche mais aussi au souvenir de Statistiques lues mais que je parviens pas à retrouver mais qui correspondaient à mon vécu 70% du milieu militant dans son ensemble est bourgeois particulièrement la majorité sont des petits bourgeois de culture bobo. Un truc insupportable entre tout avec eux c’est leur critique constante des prolos qui refusent de cautionner leurs mouvements de merde, franchement ils passent presque toute leur vie à cracher sur les prolos pas assez de gauche, pas assez militants et pas assez conscientisés à leur goût bref pas assez d’accord avec eux pour maintenir leur illusion qu’ils parlent au nom du prolétariat dont ils ne font PAS partie. En clair ils luttent plus contre les prolos que pour eux et la plupart des prolos l’ont pigé très vite et fuient ces milieux militants comme la peste. Mais il y a toujours des prolos naïfs/suicidaires et/ou manquant de conscience de classe qui pensent pouvoir retourner la situation et récupérer les mouvements militants pour leur classe sociale à eux tout seuls, je sais j’en ai fait parti en traînant douze années en milieu militant « de gauche » et le pire c’est que je continue à essayer de nous réappproprier nos luttes autant que je puisse y contribuer car je supporte pas de voir ces foutus bobos de merdes nous voler nos espaces de paroles et de luttes historique et mettre bien des nôtres directement en danger de mort de ce fait.

Brève revu de la cata actuelle des milieux militants

1- Médaille d’or : Milieu écolo en général et en particulier milieu autour de la question animale, champions toutes catgéorie du taux de bobos au centimètre carré, quelques rares et isolés prolos comme l’auteure de l’article en question tentent désespérément d’y faire entendre leur voix mais elles sont étouffés presque entièrement par le fait que ce milieu militant c’est Boboland. Dommage l’écologie est trop importante pour la laisser à ce genre de militants mais se réapproporier cette lutte c’est aussi vital que hardcore vu à quel point ils se la sont acccaparés. Ils se rendent même pas compte d’être un des pires dangers pour l’écologie, comme l’auteure le souligne les études scientifiques sur le sujet prouvent que les bobos écolos antispécistes sont bien plus dangereux de part leur niveau de vie pour l’environnement, la faune et la flore que les prolos n’en ayant rien à foutre vu qu’ils polluent bien plus que les pauvres qui n’ont pas autant de moyens qu’eux pour le faire. Tout est dit je crois.

2-Médaille d’argent : Le milieu féministe principalement classique mais le milieu féministe plus ouvert à la diversité des luttes c’est pas mieux côté voix des prolos, dans les deux cas 10% ou moins des féministe sont prolos et celles ci se reconnaisssent bien sûr absolument pas dans ces féministes bourgeoises et comme je l’avais dit précédemment 100% des femmes prolos considèrent que le féminisme en sa majorité ne les représentent pas. J’ai beau être féministe prolo j’en fais partie c’est devenu impossible d’écouter des féministes n’étant pas prolos pour moi ça donne trop envie de les finir à la dynamite.

3-Médaille de bronze : Un peu meme style le milieu pacifiste et antimilitariste et aussi ce que je connais du militantisme anti prison très rarement autogéré bien plus souvent mené par des anarchistes  bobos style charité. En fait ces mouvements sont majoritairement caritatifs et non violents et à écrasante majorité bobo et donc pas efficaces pour un sou. Ce qui est très con vu que les prolos avec des convictions similaires sont nombreux mais cette façon de militer est une vraie blague donc presque aucuns y participent.

4-Milieu LGBT+ : Pareil nettement dominé par les mecs blancs cis gays bourgeois, les bis et trans bobos ont déja du mal à y être entendus alors les LGBT prolos, même les mecs prolos blancs cis gays ne s’y reconnaissent pas, les gouines prolos surtout celles racisées prolos y ont beaucoup de mal et y sont encore plus rares et les bies, transgenres et autres minorités de genre et d’orientation sexuelle prolos y sont rarrissimes. Pourtant les prolos’LGBT+ ça manque pas mais ces mouvements ne les représentent pas du tout.

5-Luttes invisibles : antivalidisme antipsychiatrie notamment, anti agisme, anti aphrodisme, body positive, fat positive, contre l’oppression des minorités religieuses, antixénophobie, Sex positive, pro BDSM, pro polyamour etc… sont particuliers car très fortement dominés par des bourgeois mais des bourgeois un peu spéciaux et minoritaires face aux bobos que leurs préoccupations n’intéresssent pas en général, certains sont bobos eux mêmes beaucoup même mais pas presque tous comme dans les milieux précédents, il faut dire que ces milieux sont si petits qu’en terme de militants ils prennent tout ceux qu’ils trouvent, du coup on y trouve plus de grands bourgeois qu’ailleurs’en milieu militant mais aussi quelques prolos venus du haut prolétariat et avec un fort capital culturel et/ou social, bref ce sont souvent des milieux plus interclassistes mais toujours très dominés par les bourgeois et accessibles seulement à une miniscule partie du prolétariat.

6-Le milieu antiraciste et le milieu anti violences policières allant avec sont assez logiquement parmi les milieux militants les plus prolétarisés même si là encore c’est compliqué, la majorité reste petite bourgeoise même si rarement  bobo et la majorité sont des enfants de prolos parvenus à s’embourgeoiser et ont donc la mémoire des questions sociales et de la lutte de classes dans leur histoire familiale et sont donc bien plus supportables à écouter que les militants bourgeois blancs. Sauf que l’écart entre eux et les prolos avec beaucoup de privilèges comme moi ou meme juste les prolos blancs est plus faible qu’entre les bourgeois racisés et les prolos racisés et beaucoup plus faible que l’écart entre prolos blancs et prolos racisés. Du coup des alliances interclassistes entre petit bourgeois racisés et ouvriers blancs c’est plus aisés à créer que des alliances interclassistes entre racisés encore plus faciles à créer que les alliances entre prolos racisés et prolos blancs.  Les problemes principaux y sont le mépris de classe de la plupart des bourgeois racisés et d’abord et surtout le racisme d’une grande majorité de prolos blancs qui invisibilise les luttes des prolos racisés.

7-La lutte des travailleuses du sexe est un cas particulier c’est le seul mouvement avec celui des femmes voilées à ma connaissance à être majoritairement dirigé mondialement par des femmes racisées même si les orgas les plus connus sont blanches, et les militants les plus connus sont des hommes ou des femmes blancs à fort capital culturel et social même si rarement économique.

D’ailleurs le milieu militant est vraiment rempli de bac+5/+8 alors que la plupart des gens ont un bac+3, oui la majorité des prolos n’ont pas fait de longues études du coup les discussions permanentes de militants autour de x bouquin universitaire militant super long cher et jargonnant qui vient de sortir, x conférences ou la dernière sortie de x intellos militant que personne connaît hors milieu bobo militant c’est franchement relou et insupportable. Même moi qui me suis longtemps forcée à me politiser comme ça pour m’intégrer socialement dans ces milieux et qui aiment beaucoup lire et théoriser des trucs complexes j’ai horreur de ça c’est dire.

Enfin il y a la gauche politique militante classique, anarchistes, trotskistes et communistes autoritaires de nos jours très majoritairement en France en tout cas des bobos avec tout juste le tiers d’ouvriers alors que la majorité des gens votant pour des partis s’affichant comme ouvriers sont toujours des prolos même si la majorité des prolos sont bah très divisés politiquement de nos jours mais toujours plutôt conservateurs, plutôt à droite et plutôt procapitaliste. Bon en même temps plus on est bas dans l’échelle sociale plus on risque de dégringoler encore plus en cas de bouleversement social donc c’est pas si étonnant que ça en fait surtout quand la gauche prolo est inexistante ou en tout cas très invisibilisée. Bref tant que militer sera dangereux les prolos le feront pas et tant qu’il n y aura pas de lutte autonome des prolos militer ce sera militer pour les intérêts de la petite bourgeoisie bobo au détriment de ceux des prolos donc ce sera dangereux.

Heureusement des mouvements de prolos existent et n’appartiennent pas qu’à l’histoire et je compte profiter de ce blog pour visibiliser ces derniers comme j’ai commencé à le faire en faisant un article historique sur le mouvement des chômeurs. Bref pour moi un prolo qui survit au quotidien est un milliard de fois plus militant et anticapitaliste que tout ces bobos de merde qui m’ont fait perdre beaucoup de pouvoir d’action au final et ont fait la même chose au prolétariat en général.

En gros si vous vous demandez en tant que militants si vous êtes un petit bourgeois ou un prolo la réponse est simple si comme moi et cette fille (plus ou moins traduction de son article avec quelques  ajouts perso) :vous avez horreur de la tendance des militants bourgeois à considérer les prolos comme un bloc uniforme alors que de toutes les classes sociales forcément c’est la plus nombreuse et la plus variée, des stéréotypes sur les prolos que les militants bourgeois ressortent constamment, de leur militantisme élitisme de merde, de leur façon de considérer les prolos comme de la merde, des moutons ou des gens qui ont pas de cerveau, de leur façon de nous traiter constamment comme leur caution prolo, de leur romantisation de la pauvreté, du fait qu’ils squattent chez vous et nomment ça du tourisme social, du fait d’être méprisés pour vouloir manger, se loger et espérer un peu d’ascension sociale le permettant et d’être à la limite de se voir cracher au visage’pour ça, d’entendre toujours parler des prolos par des gens qui n’en sont pas et n’y connaissent rien et en parlent en se posant en experts en la matière oubliant alllegrement qu’ils passent leur vie à silencer les rares qui se coltinent de les fréquenter et supportent de les écouter en pouvant se retenir de leur foutre un pain avant la fin de leur blabla, leur façon de considérer les prolos comme à l’origine de toutes les oppressions et de tout les malheurs du monde (oui le capitalisme selon eux c’est à cause de la masse prolo pas assez de gauche pour vouloir changer le système), être regardée par vos camarades bourgeois comme une curiosité sur laquelle faire une thèse car vous êtes en milieu militant mais n’avez ni doctorat ni famille militante depuis la nuit des temps, être mal vu car on a d’autres trucs à foutre que militer comme survivre par exemple, être jugés et méprisés constamment du fait de sa classe sociale clairement perçue comme inférieure et de nos goûts vus comme beaufs, en avez marre d’entendre parler d’expériences qui seront toujours trop chères pour vous comme les voyages internationaux, le fait d’acheter une propriété ou les activités extra scolaire genre théâtre, golf et équitation comme si c’était universel alors que c’est méga cher impossible à envisager pour vous et qu’il vous est très dur de socialiser dans ces milieux là, marre que comme vous faisiez rien de tout ça et n’allait pas dans plein de restos et cafés mais au Lidl pour vous nourrir on vous juge directement et en vous le disant comme ennuyeux et ayant une vie ennuyeuse, marre que dès que la lutte prennent une forme un peu énervée organisée par des prolos elles est censurée par les camarades alors que lorsqu’elle est organisée violemment par les militants bourgeois mettant en danger des prolos elle est glorifiée, marre que ce soit impossible pour des prolos de parler de leurs vies de prolos sans être silencés en milieu militant, marre de la police du langage qui empêche tout les gens qui parlent normalement et refusent à juste titre de se coltiner une LV2 jargon militant politiquement correct pour pouvoir participer aux luttes soient systématiquement virés des milieux militants au point que vous pensez ce langage est plus un signe de reconnaissance pour exclure les prolos et rester entre bobos qu’un truc qui à quoi que ce soit de « safe »(traduction : sécurisant en langue militante bobo), comme l’athéisme obligatoire rebutant beaucoup de prolos cathos, juifs et musulmans voulant s’engager dans les luttes, marre que les gens au comportement et/ou aux habits trop marqués prolos soient toujours rejetés de ces milieux (c’est particulièrement vrai de certains banlieusards au look caillera et au langage téci authentique que j’ai vu très vite rejetés de ces milieux militants car leur simple existence ridiculisait les prétentions des militants bobos à savoir quoi que ce soit sur les banlieues étant inaptes à même comprendre la façon dont certaines personnes y parlent et aussi encore plus de comprendre la variété sociale, de comportements, de vêtements, d’origines, de cultures, de façon d’être racisés ou pas d’ailleurs car il y a aussi plein de blancs dans les banlieues pauvres, d’idéaux et d’opinions politiques des gens vivant dans les banlieues françaises pauvres pour de vrai et pas dans des clips de rap clichés), marre que toutes nos erreurs de français soient toujours soulignés par les militants bobos qui en font eux même plus que nous mais qu’on est pas en position de souligner, marre qu’on considère qu’on maîtrise forcément l’anglais à la perfection (d’ailleurs promis je traduit tout les articles et liens avec des choses écrites en anglais, supprime un Max de jargon militant et corrige toutes les erreurs politiques causées par le mépris de classe intériorisé sur ce blog des que j’atteins les 100 articles), marre qu’on nous engeule si on veut pas apprendre des langues étrangères car pour bien des prolos c’est plus une perte de temps qu’autre chose, marre aussi qu’on nous empêche de parler nos langues régionales qui ne sont pas des patois et n’étaient pas minoritaires avant que les bourgeois nous oppressent pour oser les parler, marre que les luttes pour préserver nos cultures régionales, les luttes indépendantistes et tout ce qui globalement sert à préserver, transmettre et faire prospérer nos cultures de prolos soit méprisé et taxer de raciste et nationaliste par des bourgeois militants quasi systématiquement blancs en prime, marre que les militants bobos parlent toujours aux militants prolos comme si ils avaient cinq ans, marre que notre diplôme et notre travail plus ils sont prestigieux socialement aux yeux des bobos plus ils nous donnent de crédit en milieu militant et qu’être chômeur ou pas très diplômé ou encore plus si on est sdf fait qu’on est vite très très méprisé comme si on était pas humain, marre d’être encouragé à faire des actions illégales dangereuse pour les prolos glorifiées par les militants bobos et d’y être fortement incités car les autres militants nous méprisent ouvertement si on y participe pas pour se retrouver en taule, en GAV ou avec les conséquences psychologiques de ça sans les moyens de payer quelqu’un pour nous aider avec ça tandis qu’eux ils ont un avocat qui les empêchent de risquer ça sans compter que vivre ces expériences est très différent selon la classe à laquelle on appartient (ce qui est encore plus vrai pour les prolos racisés d’ailleurs), mais marre aussi qu’ils nous méprisent quand on fait des choses illégales pour gagner de la thune même si c’est juste bosser comme baby Sitter au noir sans compter qu’en plus côté drogues et putes c’est les premiers consommateurs mais jamais ils ne laissent d’espace aux travailleuses du sexe ou au dealers dans leurs rangs d’ailleurs leur critique constante de la passion des prolos en particulier d’une catégorie très spécifique de prolos banlieusard racisés exerçant des métiers illégaux et donc criminalisés sur lesquels leur haine se concentre au prétexte que ceux ci auraient une passion du capitalisme et glorifierait l’argent facile, l’ascension sociale par le crime et la culture bling bling du fric avant tout c’est la preuve qu’ils ne pigent rien aux prolos, la fascination de l’argent et du pouvoir formidable qu’il confère c’est facile à critiquer quand on en a toujours eu mais si ils y étaient si étrangers qu’ils se le prétendre lutter avec eux coûterait moins cher et du fric ils en filerait pour aider les luttes des prolos qui leur en demandent au lieu de les dénigrer car ils en demandent (ok ça leur arrive de se la jouer charité mais ils ont une fâcheuse tendance à faire ça que quand les prolos leur ont rien demandé et que ça les met plus dans la merde qu’autre chose d’accepter la thune en question et surtout si ça les endettent), marre que nos réactions de prolos à leurs conneries soient censurés qu’on est passé le droit de se foutre d’eux ouvertement par exemple quand ils disent des trucs ridicules, marre de leur incapacité à écouter une critique aussi simple et légère qu’elle soit sans y mettre les forme pendant 3000 ans pour pas les offusquer, marre qu’ils sont infichus de parler clairement, simplement et directement mais toujours dans des longs discours fleuves  alignants les mots compliqués pour masquer la connerie du fond de leur pensée et les idées vagues, floues, sous entendues et référencés pour éviter que les prolos pigent qu’ils sont en train de lutter contre eux, marre de devoir parler en morse pour être compris par eux, marre qu’ils aient réussi à nous faire intégrer leurs codes de langage et penser en partie comme eux à cause du mépris de classe intériorisé colossal qu’ils nous ont instillé à force de les fréquenter en milieu militant, marre de pas pouvoir les secouer un peu violemment quand ils le méritent à cause de leurs privilèges de classe qui rend le fait de tenter de leur coller une droite dangereux pour moi même quand c’est pas l’envie qui m’en manque et marre qu’ils nous trouvent pas assez rebelles contre les bourgeois alors que ce sont nos patrons et leurs parents.

En gros test : Si tu te reconnais dans ce ras le bol tu es prolo, si ce n’est pas le cas et surtout si tu es outré par mon article et/où celui de cette fille, tu es un bourgeois militant, à en juger par les commentaires sous l’article de cette fille c’est flagrant. Deux exceptions à cette règle les gens qui vivent dans des pays où le militantisme prend des formes différentes de celles que j’ai décrites ici en termes de classe sociale et les quelques prolos tellement aliéné à la pensée bobo bourgeoise qu’ils ont intériorisé le mépris de classe au point de ne plus penser par eux même mais comme les bourgeois militants le leur ont appris, si vous avez encore un doute sur votre classe sociale maintenant demandez vous tout connement si vous avez le même capital économique que le militant moyen ou pas, si vous êtes aussi ou plus riche qu’eux vous êtes un bourgeois militant si ce n’est pas le cas vous êtes un prolo.

Et bien sûr ce test n’est applicable qu’aux gens ayant connu un tant soit peu un milieu militant de l’intérieur.

MAINTENANT les bourgeois militants faites un truc vraiment révolutionnaire pour une fois dans votre vie quand des prolos essayent de s’auto organiser sans vous FERMEZ VOS GEULES UNE BONNE FOIS POUR TOUTE ET LAISSER LES FAIRE MERCI D’AVANCE. Comme ça la révolution que vous vous impatientez tant de voir viendra beaucoup plus vite.

Cette fille et moi si on a connu le burn out c’est en grande partie à cause du taux abracadabrant de mépris de classe subi dans nos vies, mon burn out est complètement à cause de ça en fait personnellement et j’ai connu plein de militants prolos qui ont eu des dépressions, troubles anxieux et burn out militants pour les mêmes raisons, bon moi en plus je me suis coltinés les bourges pendant mes études aussi et c’était d’une violence qu’on peut pas imaginer sans la vivre. Bref j’ai choisi mon camp toute ma vie je lutterai pour les prolos et contre les bobos et si aux yeux des militants bobos ça fait de moi une gonzesse beauf réac facho et attardée tant mieux ça veut dire que je leur fait peur et donc que la lutte est efficace. Tremblez bobos l’heure de la fin de votre honteuse récupération politique et réappropriation culturelle des luttes et de l’histoire des prolos va bientôt sonner MOUHAHAHA 😈!

Et pour se moquer un peu des bobos car c’est gratuit et ça fait du bien :

 

 

 

 

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8 réflexions sur « Pourquoi la domination des milieux militants par les petits bourgeois détruit les luttes. »

  1. Bonjour,
    Juste une question, que je vais reposer sur plusieurs articles. Je préfère le dire explicitement, ce n’est pas pour être chiant ou pour discréditer ton blog ou autre raison pernicieuse, mais réellement par curiosité que je pose cette question (ici et ailleurs).
    En effet d’une part ça m’intéresse intellectuellement, mais surtout pour mes propres recherches (par rapport au validisme, à la psychophobie et à tout ce qui s’y croise).

    Tu cites des chiffres comme « 10% de féministes prolo » et « 70% du milieu militant est bourgeois », du coup, tu as des sources sur ces chiffres exacts ?
    Non pas que je remette en cause l’idée que les bourges aient (beaucoup trop) de place un peu partout, y compris dans le milieu militant, pas du tout, mais je me demande comment on sait que 70% et pas 80 ou 90% par exemple.

    De plus, je me demande aussi comment on sait qu’une personne est bourge pour établir de tels chiffres… et d’expérience personnelle je me méfie.
    Moi on me prend souvent pour un bourge (alors que je suis en CDD à temps partiel, après une longue période de chômage, que j’ai raté mes études -même si j’ai eu juste assez de privilège pour aller à la fac j’admets, que les personnes de classe moyenne haute ou avec de hautes études ou riches me voient elles comme « un clodo inculte »…), simplement parce que je suis HP et autiste et ça se voit, que j’ai des intérêts spécifiques « intellectuels » (même si ils ne font pas partie de la culture académique/générale socialement reconnue et valorisable), que j’aime analyser et réfléchir à fond, que je parle assez peu de questions de classe et d’argent car j’admets c’est ma seconde priorité par rapport à la psychophobie et aussi que j’y connais moins et donc je préfère me taire que dire de la merde, que je suis polyamoureux (donc bobo d’office pour plein de gens)… Bref, à cause de clichés (classistes et validistes).

    Notamment les clichés que tu dénonces dans ton article « 10 clichés dangereux pour la lutte des classes », à savoir que quand tu es prolo tu n’as pas une vie intéressante (sauf par ascension sociale ou en connaissant des riches), que tu es forcément cis hétéro monogame et tout, et que tu peux pas avoir une culture, des intérêts intellectuels…

    Et j’en connais d’autres dans le même cas (par exemple une personne précaire et mal logée à 300 €/mois que tout le monde accuse d’être « bourge », surtout ses détracteurs comme par hasard).

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    1. Coucou, étant donné que je n’en finis pas pour l’article que je suis en train de créer qui va mettre longtemps à être terminé je vais essayer de te donner une réponse avant quand même au moins partielle sur la question des sources. Alors celle ci je ne l’ai pas retrouvée mais je me souvient que je l’avais eue sur un site sociologique sérieux du genre l’observatoire des inégalités (c’était très probablement dessus en fait mais je le retrouve plus) qui partait avec comme critères de qui était CSP+ ou CSP- la catégorie socio-professionnelle plus le salaire, éttant donné qu’ils n’ont coupé qu’en deux classes ça recoupe assez bien la notion de bourgeoisie et de prolétariat (même si il ya quelques nuances possibles à niveau individuel comme par exemple une mère de trois enfants qui va beaucoup dépenser et donc pas avoir le niveau social que son argent et son métier sont censé lui permettre et de nombreuses autres situations du même genre à regarder en détail pour ne pas catégoriser hâtivement mais par contre pour l’étude de gros blocs de populations comme ça s’en contenter comme point d’approche ça me parait pas très grave même sans les nuances). Cette division avait été faite lors des présidentielles de 2012 et sa mise en place avait été faite en lien avec les débats forts à l’époque sur le manque de représentativité démocratique des partis politiques du coup les gens avaient demandé à un nombre significatif de militants de chaque parti et de non militants ayant voté pour chaque parti quel était leur salaire et leur catégorie professionnelle pour les ranger en catégorie CSP+ ou CSP-. Justement ce qui m’a marqué dans cette étude et qui fait que je m’en souviens encore six ans après c’était le résultat à savoir qu’autant au niveau des votes on avait les catégories sociales auxquelles on peut s’attendre qui votaient de façon prédictible de façon cohérente avec leur classe sociale (par exemple une très grosse majorité d’ouvriers dans l’électorat de Lutte Ouvrière et des bourgeois qui ont très majoritairement voté UMP même si plein de prolos de droite l’ont fait aussi bien sûr) alors que dans les partis politiques quelque soit le parti du FN au NPA en passant par le PS on retrouvait toujours systématiquement cette division 70% de bourgeois plutôt petit bourgeois en général et 30% de prolos plutôt haut placés dans la hiérarchie sociale interne au prolétariat dont certains utilisent le militantisme comme tremplin pour changer de classe sociale. Une structure qui tend à montrer que c’est la forme des partis actuels (et des orgas syndicales ou associatives au fonctionnement et à l’importance similaire à celle de petits partis) qui aboutit à cela pas l’idéologie du parti…enfin si au sens où cela traduit l’idéalisme des partis et orgas d’extrême gauche actuelle qui ont pas des structures adaptés à l’objectif révolutionnaire d’être des orgas de masse qu’ils prônent. Cela étant dit je n’ai pas trop étudié la question de l’évolution des partis de droite mais j’ai été voir du côté de la gauche et en fait il s’est avéré que cette tendance était déja en train de se créer dans les années 1960 dans les partis de gauche français et c’était accélérée à deux moments mai 1968 et les années Mitterrand et que c’est justement à la fin des années Mitterrand que cette structure c’est figée comme inaltérablement dominée par la petite bourgeoisie en France, c’est à dire vers 1995 soit depuis 23 ans. Pendant longtemps pourtant en France les partis ouvriers et orgas ouvrières étaient vraiment prolétaire sociologiquement, certains ont résisté plus longtemps que d’autres mais en gros la plupart le sont resté de façon cohérente jusqu’à la fin des années 1960/début des années 1970 ce qui est en partie lié à la trahison des directions petites bourgeoises et en partie lié à l’évolution de la société française qui a vu les prolos cessés d’être majoritairement des ouvriers pour devenir majoritairement des employés, tournant que la communication des partis ouvriers français a mal pris en compte ce qui fait que quand on y parle de prolos extérieurement les gens pensent qu’on ne parle que d’ouvriers au sens de la catégorie socio-professionnelle et du coup n’écoutent pas vu qu’ils ne se reconnaissent pas dans le discours. Pourtant dans d’autres pays de nos jours les partis ouvriers le sont sociologiquement aussi comme en Inde et là pour le coup j’ai une source : https://www.initiative-communiste.fr/articles/international/inde-lun-des-plus-grand-partis-communiste-du-monde/
      Justement prendre comme critère la catégorie socio professionnelle plus le salaire c’est pas parfait mais c’est nettement moins bancal à mon avis que de faire à la tête du client ce qui fait qu’on peut se tromper lourdement sur la classe sociale des personnes en les prenant pour ce qu’ils ne sont pas à cause des clichés. Je suis comme tu l’as compris sans doute pas mal influencée par le marxisme et du coup le concept de classe moyenne personnellement ça me fait grincer des dents parce qu’il est dépolitisant en fait justement parce qu’on arrive avec ce concept à ce que tout bourgeois qui n’est pas dans le top des plus grand milliardaires et tout prolo qui n’est pas SDF va se dire qu’il est de classe moyenne vu qu’il n’est ni tout en haut ni tout en bas de la pyramide sociale ce qui masque complètement la fondation des inégalités sociales à savoir les rapports de production et donc fait oublier qu’un bourgeois c’est quelqu’un qui a la productivité privée des moyens de production et un prolo c’est quelqu’un qui est contraint de vendre sa force de travail pour survivre ce qui est un rapport antagoniste de classe à l’origine de la nécessité de la lutte des classes. Tu le dis toi même tu es dans une situation où tu ne possède pas les moyens de productions et est obligé de survivre par ta propre force de travail ou si tu survis parce que tu es bénéficiaire d’aides sociales comme le RSA ou l’AAH par exemple. En clair oui tu es prolétaire. Pour ce qui est de privilégier la lutte contre la psychophobie par rapport à la lutte des classes c’est un choix politique que je peux comprendre vu ta situation mais qu’à titre personnel je ne partage pas principalement parce que suis très sceptique sur les stratégies de luttes interclassiste. Pour moi en fait je suis sur pas mal d’axes d’oppressions en même temps en fait dont étant très précaire l’axe de classe et du coup je n’arrive pas à concevoir mes autres luttes autrement qu’en intégrant systématiquement une perspective de classe. D’ailleurs les personnes subissant de la psychophobie sont quand même très majoritairement hyper précaires donc quand ce n’est pas la sociologie qu’on retrouve majoritairement en milieu militant antipsychophobie je m’interroge beaucoup sur les intérêts de quelle classe sociale le mouvement aboutit à servir en fait. Voilà la raison de mon positionnement politique sur cette question. Pour ce qui est de ne pas trop t’y connaître c’est peut être vrai au niveau des concepts et de l’histoire des luttes et de leur mode d’organisation mais d’après ce que tu me dis tu es né prolétaire et tu l’es resté toute ta vie donc tu as une partie fondamentale de l’expérience politique sur laquelle se fonde la lutte des classes à savoir ton expérience personnelle d’être un prolétaire toute ta vie durant. Sur cette base on peut être formé très vite politiquement sur les questions de classes vu que les concepts théoriques de la lutte des classes ont été édifié sur la base matérielle du vécu réel des prolos donc sont en fait assez intuitifs et faciles à acquérir lorsque expliqués avec pédagogie (pas sûre que je sois très bonne en pédagogie ceci dit). Pour ce qui est du polyamour c’est sans doute plus le mot qui parait « bobo » aux gens que ce qu’il recouvre en lui même moi quand j’expliquais le concept à ma famille je disais plutôt amour libre et du coup ma famille avait une idée de ce dont je parlais à base de rockstars des années 1960 et de Mai 1968 et du coup ils acceptaient l’idée sans trop de souci critiquant du style « mais on peut plus maintenant il y a le SIDA » ou « mais ça finit toujours par des disputes les couples à trois ou plus » mais jamais en considérant que ça fait snob. Après j’ai eu une période polyamoureuse pendant mes études mais maintenant je suis revenue vers un idéal mono pour ma vie personnelle et j’ai passé une étape je veux un mari et je t’avouerais que c’est en grande partie pour m’assurer un minimum de sécurité et stabilité relationnelle et économique car franchement pendant ma période poly j’ai vécu des expériences sexuelles et romantiques formidables mais draguer ça me coûtait super cher en consommation en bars, en cafés et en sex-toys entre autres et sortir avec plusieurs hommes en même temps me demandait des capacités sociales et relationnelles que je n’ai plus le temps ni l’énergie d’y mettre. Du coup je comprends un peu l’idée que polyamoureux = bobo même si je sais que ce n’est pas systématique. D’ailleurs globalement la réflexion autour du lien entre rapports sociaux et économiques et rapports sentimentaux et sexuels est pas mal tabou alors qu’elle est quand même très importante à mon avis tant côté lutte des classes que côté luttes anti-patriarcales. Par contre je suis pas du tout fan du mot classisme pour les mêmes raisons que classe moyenne en gros parce que j’ai trop entendu de bourgeois l’utiliser pour se plaindre d’un inexistant racisme anti riche entre autres et parce que le problème ce n’est pas juste les clichés sur les prolos mais l’existence des classes sociales en soi et je trouve que le terme est ambigu et masque la question du rapport de force du coup je lui préfère mépris de classe ou haine de classe qui pose plus clairement qu’on parle d’une forme de la domination des bourgeois sur les prolos. Par contre oui accuser des prolos avec lesquelles on est en désaccord d’être des bourgeois ou d’en avoir l’esprit c’est un vieux réflexe dans les milieux militants et il est difficile à déraciner mais il va bien falloir y parvenir parce que clairement des fois ça donne des situations absurde comme celles que tu décris en fin de message avec des gens qui se font traiter de bourge par des personnes moins précaires qu’eux.

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  2. https://fr.theanarchistlibrary.org/library/quels-enfants-sont-ils-laisses-a-ce-monde Quels enfants sont-ils laissés à ce monde ?
    Une critique de l’intersectionnalisme

    Quand le citoyen-écologiste prétend poser la question la plus dérangeante en demandant : « Quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? », il évite de poser cette autre question, réellement inquiétante : « À quels enfants allons-nous laisser le monde ? »
    — L’abîme se repeuple (1997), Jaime Semprun, éd. Encyclopédie des Nuisances, 1997, p. 20

    L’exergue et le titre ci-dessus sont choisis pour montrer qu’il y a encore moins d’histoire qu’il n’y en avait il y a vingt ans. L’ampleur de l’hégémonie intersectionnaliste était inimaginable il y a à peine un an. Comme la bêtise, l’intersectionnalisme devrait faire rire, et rire sur le fonds d’une réelle mémoire des luttes pour l’émancipation, fussent-elles partielles mais tendues, au moins intentionnellement, vers la perspective d’une émancipation universelle. Les enfants de ce monde sont apparus de telle manière qu’il faut oser apparaître comme un vieux con pour critiquer les derniers progrès de l’idéologie. Moins il y a d’histoire, moins il y a de transmission, plus les désaccords prennent des aspects générationnels. L’intersectionnalisme est un nouveau kit idéologique qui ne relève plus des falsifications et limites des pensées marxistes, anarchistes ou situationnistes. Il s’y substitue au gré d’une weltanschauung (vision du monde) psychosociologique où l’histoire, c’est-à-dire contradictoirement son aptitude à se transformer et la capacité humaine de la transformer, disparaît. Le passé serait « erasé » (pour l’écrire en franglais informatique relevant des pensées « logicielles ») au profit d’un présent perpétuel où des essentialités, des Êtres, des identités forment des individus à facettes par lesquelles les potentialités de chacun de s’affranchir des dominations sociales et de conquérir sa singularité, son propre rapport à l’universel, sont désamorcées par le découpage en particularités. J’entends la mouche noire du film éponyme (1958) crier « Help me ! » prise dans le réseau de l’araignée d’aujourd’hui. Au risque de l’âgisme, je rappelle que la reconduction du féminisme au bercail juridique mâtiné de marxo-freudisme avait été dénoncée comme néo-féminisme par Annie Le Brun avec Lâchez tout ; que les émeutes de Watts de 1965 n’étaient pas encadrées par Elijah Muhamad, ni par les Black Panthers encore inexistants. Il ne s’agissait pas de réclamer des droits en tant que partie de l’humanité. Il s’agissait de multiplier les angles d’attaque contre tous les aspects de la domination, laquelle était envisagée comme exploitation, et non seulement comme pouvoirs abstraits séparés s’exerçant sur des facettes identitaires d’individus dont on ne saurait supposer la moindre cohésion tant leur représentation est fractale.

    J’entends « Help me ! ». J’entends que dans une période réactionnaire et sécuritaire, l’entraide est nécessaire et qu’on veuille ne pas se faire emmerder par les flics à cause de son taux de mélanine, courser par un mec en rut et pouvoir avorter facilement et discrètement qui qu’on soit. Mais précisément, c’est « qui qu’on soit » qui exige ces libertés minimales, et non pas « en tant que ». À poser ces exigences minimales « en tant que » on fait la queue, fût-ce radicalement, au bureau des plaintes. Et c’est ce à quoi mène la réduction de la lutte aux entraides séparées. Le partage des expériences ne forge pas de théorie ni ne forme de perspective. Si la souffrance est telle qu’il est impossible de dépasser le point zéro des thérapies de groupes homogènes, qu’on ne fasse pas passer cette perspective pour révolutionnaire.

    Qu’on ne fasse pas passer pour le noir anarchiste le « continent noir » par lequel Lacan nommait le sexe féminin, « la femme n’exist[ant] pas » parce qu’elle ne voit pas le sien sans miroir, contrairement au pénis qui engendre l’imaginaire du phallus ; ni le « continent noir » d’une société culturellement, voire cultuellement, homogène non-blanche. Qu’on ne fasse pas non plus passer pour le rouge communiste l’addition d’identités supposée animer le commun de la souffrance.

    Je crains qu’il ne suffise pas d’analyser la gangrène identitaire pour l’éradiquer. Il faut en même temps saisir le terrain favorable que lui offre le milieu révolutionnaire où elle se répand. La gangrène se diffuse selon un effet de nouveauté qu’apporte le formalisme logicien des French et Cultural studies. Cet effet prend sur le tissu amnésique de la culture révolutionnaire française tout en s’attachant à certaines persistances mémorielles. Pour le dire en deux mots, la plainte identitaire – « plainte » car il s’agit d’une passion triste caractéristique de tout moment réactionnaire – consiste à réclamer les places respectives des femmes et des basanés, lesquelles auraient été négligées dans les phases précédentes des activités révolutionnaires. Cette passion se souvient pourtant des luttes d’émancipation féministes et tiers-mondistes du passé, mais elle les détache du caractère universel du projet révolutionnaire, redoublant ainsi ce qu’elles faisaient déjà elles-mêmes, mais honteusement. Que ce projet ait capoté sous le modèle uniforme d’une classe dont la figure imaginaire coïncidait avec l’ouvrier rédempteur Stakhanov n’invite en rien à rejeter tout caractère universel au projet révolutionnaire et particulièrement pas à réduire l’ennemi de la révolution au mâle blanc, dont la représentation immédiate est désormais celle d’un petit-bourgeois français. Pensez avec son ressenti mène à une pensée du ressentiment, c’est ainsi que la rage prend le chemin de la vengeance et les couleurs de la jalousie.

    Quelle que soit l’insuffisance des analyses en termes de classes, il est malhonnête, et stupide, de placer les analyses en termes de genre et de race sur le même registre. Ce n’est pas parce qu’ils ont une quéquette pauvre en taux de mélanine que les Occidentaux dominent le reste du monde. C’est parce qu’ils héritent de l’histoire dans les pays où la culture de la plus-value a été le plus intensifiée. Et cette culture ne s’identifie pas avec celles du patriarcat et du racisme. Demandez aux amazones de Kadhafi ou, alternativement, aux Tutsis ou aux Hutus si le capitalisme est une domination de mâles blancs ! Le capitalisme exploitant rationnellement la force de travail préalablement masculine rompit avec l’esclavage parce qu’il fallait créer un monde de consommateurs pour acheter les marchandises au bout de la chaîne économique. C’est du pays occidental entre tous, des États-Unis, qui en deux siècles a reproduit l’histoire de ses immigrants devenus majoritaires, les Européens, que ces French et Cultural studies censées affranchir chacun de sa propre condition sexuée ou raciale ont vu le jour. Mais de quel affranchissement s’agit-il ? Il s’agit de déconstruire son genre et sa race. Rien ne tient plus au corps que ce qu’il conviendrait de déconstruire. La silhouette et la teinte de peau s’offrent aux regards. Cela suffit à quiconque confond l’image et la représentation. Aussi, n’importe quelle rhétorique du regard se substitue aux théories, lesquelles s’adressent aux pensées et supposent des critiques préalables des idéologies, donc des représentations, et un sens historique de ce qui les fait advenir. C’est ainsi que l’interpellation rejoint le registre des déterminations biologiques traditionnelles des pensées fascistes (au sens large), différentialistes en l’occurrence. Je riais encore au milieu des années 1990 à la lecture de la revue paganiste d’Alain de Benoist Cartouche n° 1 dont la page de couverture représentait la lutte zapatiste.

    La déconstruction de genre propose un chemin pour la libération sexuelle. Le mâle et la femme ont à se défaire de leurs assignations éducatives et culturelles pour trouver leur identité sexuelle, moins en termes d’orientation que d’identité sexuelle ; pas seulement en changeant d’apparence pour jouer dans le carnaval érotique, mais jusqu’à changer physiquement son corps à l’aide de procédés technologiques. Ce chemin de la libération peut éventuellement revenir à l’origine coïncidant avec la détermination biologique. Le terme de « cisgenre » le garantit, encore faut-il avoir fait, au moins dans sa tête, un tour de manège. Cette libération prescrite ne procède pas comme une relative fixation de la perversité polymorphe freudienne originelle, ce qu’on nommait « épanouissement sexuel » et dont la finalité n’était pas l’hétérosexualité, même pour ce grand-bourgeois blanc et athée qu’était Freud. On ne va pas d’un pansexualisme potentiel vers une orientation actuelle, mais d’une neutralisation principielle, le genre originel étant faux par définition, vers le choix d’une identité sexuelle. En quoi les mêmes orientations sexuelles forgeraient-elles des identités communes ?

    Pour la déconstruction de la race, la chose est plus déséquilibrée et devient en conséquence tout à fait paradoxale. Les Blancs n’étant pas « racisés » et la « racisation » étant un stigmate, il revient au « Blanc » de déconstruire sa « blanchité » et pas au basané de se blanchir. La conséquence paradoxale est toute contenue dans le terme « racisé ». La race n’existe pas aux yeux des déconstructeurs, puisqu’ils sont antiracistes, et en même temps la race existe par le simple fait d’apparaître, ce faisant ils « racisent » (pour utiliser cette fois un néologisme qu’ils n’assument pas). D’où que, qu’ils le veuillent ou non, tous les « non-Blancs » soient « racisés ». Ils doivent prendre en considération d’être vus comme des membres d’une minorité, comme des humains inférieurs. Ils doivent retourner le regard du Blanc, lequel est nécessairement raciste, qu’il le veuille ou non lui aussi. Partir du regard de l’autre, et même de l’Autre, puisque cet autre correspond à une identité, à un Être. Houria Bouteldja creuse profondément ce sillon idéologique en y mêlant les déterminations religieuses, et particulièrement celles des cousines sémites de deux des religions du Livre. Toute sa théorie relève d’une théorie du regard de l’Autre qu’il s’agirait de retourner en soi pour retrouver son Être d’origine, en l’occurrence celui du « musulman » victime « d’islamophobie », le sien. Avec ce piment, la confusion entre critique de la religion et dénonciation du racisme est tout à fait réalisée et dramatisée, comme on ne le sait que trop. Le Blanc convaincu par les thèses de Bouteldja, pour peu qu’il soit révolutionnaire et donc critique de la religion comme idéologie, n’osera pas dire du mal d’Allah à Hamza comme il dit du mal de Dieu à Camille. Au nom de la critique « décoloniale » de la pensée, il se comportera comme un colon paternaliste, retrouvant ainsi sans le savoir l’origine coloniale du terme « islamophobie » forgé par Delafosse en 1910 [1].

    La déconstruction fait tourner en bourrique. Les notions de l’intersectionnalité ont un passé et même une histoire. Elles sont passées au tamis universitaire états-unien au moment où, dans ce pays où l’identité personnelle relève de critères raciaux (les blancs sont « caucasiens ») et religieux, l’affirmative action donnait un débouché juridique aux ségrégations ancestrales et où l’égalitarisme politique ne se conjugue pas en termes sociaux mais sociétaux. La concurrence des minorités et le concours victimaire y faisant office d’argumentaire préalable donnent du pain sur la planche aux universitaires. La campagne de Trump a revalorisé celle du mâle blanc, par un rigolo paradoxe 70 % du corps électoral est reconnu comme une minorité de couleur. Le regard américain sociologique importa la marchandise philosophique française seventies Derrida et Foucault.

    La déconstruction vient de Derrida. Il s’agit d’une reprise de la pensée de Heidegger qui traduit ainsi les notions de Destruktion et de Abbau avec lesquelles le philosophe nazi parcourait l’histoire des notions philosophiques à l’envers pour retrouver le sol pur métaphysique de l’ousia (l’Être) selon Aristote. Il s’agit d’un processus de mise à nu, d’un nettoyage dont l’histoire même est la matière. La déconstruction envisagée politiquement à l’échelle individuelle nettoie ainsi la mémoire des assignations socio-culturelles historiques. On comprend ainsi qu’il s’agit de se décoloniser, soi seul. Ôter toutes les traces patriarcales et se défaire des attitudes féminines ou masculines normées qui en véhiculent la soumission. Enlever toute la culture des colons pour retrouver une culture originelle abîmée par les dominations militaires et économiques de l’Occident. S’épurer de l’histoire. Dénier ses contradictions. Il reste alors un sol vierge et déshistoricisé d’où choisir son identité sexuelle et culturelle. Un individu sans histoire. Un enfant idéal. Un native.

    De Foucault, les intersectionnalistes cultivent ce qu’en a tiré Butler mais méconnaissent sa position sur la race. Butler en a tiré une dissolution des identités sexuelles. L’hermaphrodite Herculine Barbin faisait dire à Foucault que les assignations mâles et femmes relevaient d’effets de pouvoirs et de savoirs, Butler poursuivit sa destruction des catégories jusqu’au bout. Ce qui est troublant, dans le genre lectures politiques, c’est qu’au nom de cette destruction des catégories, les intersectionnalistes multiplient les assignations sexuelles.

    La position de Foucault sur la race est moins attentive. Elle relève d’une lecture de la pensée européenne du XIXe siècle qui imagine qu’une lutte des races aurait engendré la lutte des classes, cette dernière en étant selon lui une « retranscription (…) qui va s’opérer à partir du grand thème et de la théorie de la guerre sociale (…) qui va tendre à effacer toutes les traces du conflit de race pour se définir comme la lutte des classes. » [2] Foucault croit tellement à son histoire qu’il la met dans la bouche de Marx : « Il ne faut pas oublier, après tout, que Marx, à la fin de sa vie, en 1882, écrivait à Engels en lui disant : “Mais, notre lutte des classes, tu sais très bien où nous l’avons trouvée chez les historiens français quand ils racontaient la lutte des races”. » [3] Or il s’agit de la lettre à Weydermeyer de 1852 [4] . L’éditeur des propos rapportés du Collège de France est bien obligé de signaler les erreurs de destinataire et de date de la lettre, mais dans sa note il en dit juste assez peu pour que l’absence du thème de la race ne saute pas aux yeux du lecteur. Il s’agit de la description de la société en trois – donc une de trop selon Marx – classes sociales et c’est l’économiste anglais Ricardo qui est cité.

    La confusion de Foucault s’explique parce qu’il invente une histoire de France où une lutte des races aurait précédé celle des classes. Or, dans la véritable lettre, Augustin Thierry et François Guizot sont évoqués. Et il se trouve que l’un et l’autre avaient été influencés par les théories de Boulainvilliers, l’inventeur même de cette histoire selon laquelle l’origine franque de la noblesse justifiait sa domination à l’égard de l’autre race, gauloise, constituant le Tiers-État. Malheureusement pour ces historiens falsificateurs, Boulainvilliers et Foucault, il n’y eut pas de lutte des races entre Francs et Gaulois, mais seulement une haine de la noblesse dont l’hymne national restitue une trace avec ce « sang impur », qui était le « sang bleu » de la noblesse, avant d’être entendu comme celui des étrangers, et d’abord celui des émigrés, les nobles – dont Louis XVI – qui avaient fuit le pays en révolution, puis aujourd’hui celui des immigrés selon les oreilles fascistes.

    Même Thierry et Guizot n’avalaient plus ces sornettes. Guizot reprochait à Boulainvilliers sa « singulière manie de transposer dans les vieux temps les idées et les intérêts du nôtre ». Et il s’enquit de comprendre les institutions à partir de la société : « C’est par l’étude des institutions politiques que la plupart des écrivains, érudits, historiens ou publicistes, ont cherché à connaître l’état de la société, le degré ou le genre de sa civilisation. Il eût été plus sage d’étudier d’abord la société elle-même pour connaître et comprendre ses institutions politiques. Avant de devenir cause, les institutions sont effet ; la société les produit avant d’en être modifiée ; et au lieu de chercher dans le système ou les formes du gouvernement quel a été l’état du peuple, c’est l’état du peuple qu’il faut examiner avant tout pour savoir quel a dû, quel a pu être le gouvernement. » [5] Augustin Thierry ne s’astreignit pas à ânonner les anachronismes réitérés postérieurement par Foucault, mais chercha une loi de succession de systèmes de domination : « Dans cet examen, je me suis borné aux théories fondamentales, aux grands systèmes de l’histoire de France, et j’ai distingué les éléments essentiels dont ils se composent. J’ai trouvé la loi de succession des systèmes dans les rapports intimes de chacun avec l’époque où il a paru. J’ai établi, d’époque en époque, l’idée nationale dominante et les opinions de classe ou de parti sur les origines de la société française et sur ses révolutions » [6]. Ce sont évidemment ces aspects qui influencèrent Marx : une pluralité de classes chez Ricardo, la prévalence du social à l’égard des institutions chez Guizot et une loi historique de succession de systèmes de domination chez Thierry.

    Bouteldja qui commence son livre en fusillant Sartre avoue plus loin qu’il lui manque et qu’elle l’aime beaucoup, bien qu’il ne soit pas « situé » comme elle. On comprendrait pourquoi à la lecture de L’Être et le Néant, deux citations suffisent à signaler l’influence de l’existentialiste cartésiano-heideggerien : « L’apparence ne cache pas l’essence, elle la révèle, elle est l’essence », « La pensée moderne a réalisé un progrès considérable en réduisant l’existant à la série des apparitions qui le manifestent. » À comparer ne serait-ce qu’avec la première phrase de La Société du spectacle.

    Pourvu que les enfants ne demeurent pas phénoménologues, dont certains sans le savoir. Ruse de l’histoire : c’est la religion occidentale à laquelle ils voulaient échapper.

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    [1] http://islamophobie.hypotheses.org/193

    [2] Cours du 21 janvier 1976, « Il faut défendre la société » (Gallimard/Seuil 1997).

    [3] Cours du 28 janvier 1976, « Il faut défendre la société » (Gallimard/Seuil 1997).

    [4] http://marxists.catbull.com/francais/marx/works/1852/03/km18520305.htm

    [5] François Guizot, Essais sur l’histoire de France, cinquième édition, Paris, Charpentier, 1842, p. 66.

    [6] Augustin Thierry, “Préface du 25 février 1840”, dans Considérations sur l’histoire de France, ouv. cité, p. 7.

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