Le handicap mental qu’est ce que c’est?

Bon j’ai reçu la question : « les handicapés mentaux c’est quoi leur problème? » ça m’a donné envie de foutre des baffes au connard validiste qui avait écrit ça dans un premier temps puis je me suis décidée à être extrêmement calme et conciliante et à présupposer que le fond de cette question veut dire en fait « je ne comprends pas ce qu’est le handicap mental quelles sont les difficultés que vivent les gens qui en ont un? ». Par contre je tiens à dire que si ce que tu voulais signifier par là était que tu les méprisait et les trouvait sujet à moquerie…alors leur principal problème sache que ce sont les salopards dans ton genre et que le meilleur moyen de leur faciliter la vie est de fermer ta gueule à leur sujet ça leur fera des vacances.

Ceci étant clarifié, déjà un handicap mental est un handicap donc une particularité qui pose problème dans la vie de tout les jours car la société a été conçu pour les valides et contre les personnes handicapées qui du coup y galèrent grave. Ensuite un handicap mental n’est pas physique il est « dans la tête » de la personne qui l’a. Il n’est pas non plus visible à première vue en la regardant.

Attention cependant beaucoup le confondent avec le handicap psychique. Les handicapés mentaux ne sont pas nécessairement dépressifs ou anxieux, leur incapacité ne révèle pas de la sphère de l’émotionnel ni du psychologique prioritairement, c’est un handicap d’ordre cognitif. Il en existe plusieurs mais le handicap mental est assez particulier, par exemple l’autisme est un handicap cognitif qui peut s’accompagner d’un handicap mental mais ce n’est pas automatique et le plus souvent ce n’est pas le cas contrairement à ce qui fut longtemps cru de fait de connaissances scientifiques déplorables sur ces deux handicaps différents.

Les deux handicaps ont cependant un point commun : la plupart des gens qui sont antivalidistes et les ont pour dépathologiser leur particularité préfèrent qu’on parle de leur différence en terme de neuroatypie. Ce n’est pas qu’une histoire de « politiquement correct » contrairement à ce que tu pourrais penser à priori mais de retournement de la perspective, ils refusent d’être définis par des médecins s’auto-proclamant valides et veulent l’être par eux mêmes selon leur propre expérience de vie…ou généralement le validisme (oppression des gens ne rentrant pas dans le moule valide et construits comme handicapés) envers eux de la part des valides (gens sans handicap) est leur principal problème dans la vie et ce qui leur pourrit l’existence bien plus encore que les difficultés propres à vivre avec ces fonctionnements cognitifs hors normes dits atypiques en langage antivalidiste.

Ces quelques points de vocabulaire étant expliqués, rentrons dans la définition du handicap mental proprement dit. Déjà sache que ce qui complique un peu les choses c’est qu’il en a plusieurs et que si il est confondu souvent avec le handicap psychique c’est qu’au sens large il peut désigner tout les handicaps disons « de l’esprit » pour aller vite par oppositions à ceux du corps dits handicaps physiques.

Si l’on s’en tient cependant à son sens restreint qui est en général ce que les gens qui parlent d' »handicapés mentaux » entendent par ce terme, souvent les personnes qui l’emploient ne sont pas très au fait du sujet et en ont une vision très rétrograde amplement désapprouvée par la recherche scientifique depuis de nombreuses années déjà maintenant selon laquelle ces personnes aurait pour handicap d’avoir un QI faible, inférieur à 70. L’idée étant généralement de les penser comme « moins intelligents que la norme », ce pourquoi ils furent très longtemps durement moqués et stigmatisés et le sont encore hélas. Cependant dans ces cas là les seuls à faire preuve d’une bêtise et d’une ignorance manifeste (comme bien souvent hélas) sont en réalité les valides qui les humilient ainsi.

Cependant depuis très longtemps maintenant les tests de QI et la notion d’intelligence ont été battus en brèche par d’amples critiques scientifiques et méthodologiques montrant qu’ils étaient avant tout une pseudo science très idéologique avec derrière elle une longue histoire validiste, raciste et eugéniste n’ayant pas sa place dans une vision vraiment scientifique du monde et de plus en plus les psys s’en détournent du fait de ces contestations pour évaluer la présence ou non d’un « handicap intellectuel » chez quelqu’un. Dans la définition officiel de ce dernier le QI et l’intelligence ont donc récemment purement et simplement disparus. Il était temps. Deux articles pour ceux qui voudraient en savoir plus, le premier de vulgarisation scientifique sur la remise en question des tests de QI : https://www.scienceshumaines.com/le-qi-est-il-cuit_fr_21822.html , le second politique écrit (en anglais) par une personne classée « avec un sévère retard mental » qui a écrit un long texte montrant bien en quoi l’intelligence est en soi une notion politique et un concept validiste, texte trop peu connu hélas dans l’antivalidisme français : https://ollibean.com/intelligence-is-an-ableist-concept/

En effet très souvent encore aujourd’hui chez les « psys » en retard d’un siècle qui utilisent encore le QI et l’intelligence comme des outils évaluatifs on a droit à une scène où de riches psys blancs jugent le QI et l’intelligence de personnes comme étant faibles et les déclarent « handicapées mentales »…personnes qui sont à majorité statistique écrasante des personnes pauvres appartenant à des groupes racialisés très stigmatisés comme les noirs par exemple. Dès lors deux choix sont faisables : interpréter de façon raciste ces données littéralement et les intégrer à une idéologie de suprématisme blanc pas si loin des âneries du KKK ce que malheureusement la plupart des « psys » et « savants » défendant les notions d’intelligence et de QI font ce qui en dit long sur à quel point c’est peu la science et beaucoup l’idéologie qui les animent…ou se faire critique des concepts en eux mêmes de toute évidence biaisés pour parvenir à de tels résultats. Beaucoup de savants ont analysé ces biais et démontré qu’ils existaient à foison dans une littérature si ample et large sur leurs défaillances qu’ils en sont venu à la conclusion que la science avancerait mieux en supprimant purement et simplement ces notions périmées héritage d’une autre époque où les préjugés racistes, eugénistes et validistes étaient nettement plus ancrés, le début du XXème siècle, dont il est plus que temps de se débarrasser définitivement pour vraiment progresser dans la compréhension du fonctionnement cognitif humain. Et aussi de celui des non humain au passage qui ont aussi énormément souffert de la stigmatisation et des violences envers eux en grande partie à cause de ces préjugés issu d’une pseudo science simpliste concernant leur soi disant faible intelligence ce qui fort heureusement est de plus en plus remis en question de nos jours notamment du fait qu’on a fini par ce rendre compte que considérer les facultés cognitives d’une autre espèce selon le peu qu’on en sait sur celles de la notre était tout de même plus que bancal.

Aussi un autre problème de stigmatisation souvent subi par les personnes dites handicapées mentales est justement qu’à cause de cet usage idéologique douteux des notions de QI et d’intelligence pour prétendre à une supériorité que rien ne démontre sauf en terme de capacité de massacre de l’homme par rapport à l’animal…les personnes dites « handicapées mentales » ont souvent fait les frais d’une autre théorie validiste, raciste et eugéniste, qui interprétait leur fonctionnement cognitif comme le « chaînon manquant » entre l’homme et l’animal. Outre que c’était quand même ultra raciste de juger des personnes le plus souvent noires et pauvres comme juste au dessus du chimpanzé sur une « échelle de l’intelligence » n’ayant encore une fois rien de scientifique et tout d’idéologique…hélas si cette théorie a fort heureusement disparu depuis bien longtemps…le stéréotype stigmatisant et déshumanisant considérant les personnes dites handicapées mentales comme plus proches de l’animal que les autres humains voir non humaines est lui resté et est lourd de conséquence étant une des causes principales des mauvais traitements infligés aux personnes diagnostiquées handicapées mentales ou jugées telles même lorsque c’est à tort. Les associations soit disant pour la cause animale qui sont très validistes envers les dits « handicapés mentaux », la tristement célèbre pour ses multiples exactions en divers domaines PETA en tête, ont même des propos encore plus violents infériorisant explicitement et sans honte dans leurs discours les personnes handicapées mentales par rapport aux animaux et disant régulièrement des choses laissant très limpidement entendre qu’ils trouvent plus juste de tuer un handicapé mental pour le manger qu’un animal…ceci étant du à un cliché comme quoi les « handicapés mentaux » seraient dépourvus de sensibilité à l’inverse des animaux ce qui est une immense connerie. L’association est aussi connue pour avoir répandu le cliché comme quoi les personnes avec un « handicap mental » seraient forcément pas belles (« mignonnes » plus exactement pour bien appuyé sur le côté infantilisant insupportable)…et forcément aimées de personne. Pour information la plupart des personnes handicapées mentales ont des proches qui les aiment au passage et quand à leur beauté physique ce handicap n’étant pas visible elle n’est pas différente de celle des valides en moyenne.

Cet eugénisme a une lourde et longue histoire et un des problèmes régulièrement mis en avant par les « handicapés mentaux » dans leur lutte antivalidiste est l’oubli de cette mémoire de leur oppression dans la mémoire collective de l’histoire humaine. Par exemple trop peu savent qu’ils étaient parmi les personnes ayant subi le génocide nazi de façon prioritaire, tout les handicapés l’ont vécu mais ils étaient prioritairement visés et envoyés en camps d’extermination marqués d’un triangle noir. C’est le point culminant de la terrible histoire de leur déshumanisation, ou du moins son épisode le moins méconnu mais elle a existé longtemps avant sous bien d’autres formes et c’est perpétué longtemps après jusqu’à nos jours. L’un de leurs « problèmes » principaux est de tout faire à la mesure de leurs moyens et des faibles soutiens qu’ils ont extérieurement pour mettre un terme à cette terrible situation.

Sinon le terme de handicap mental est toujours en usage maintenant mais de façon de plus en plus flou. La définition en varie énormément d’un pays à un autre et ce n’est plus considéré comme un terme scientifique mais comme un statut social appliqué aux gens dont il est estimé qu’ils ont un « retard mental ». C’est un mot stigmatisant auquel les personnes qui subissent d’être ainsi désignée par le corps médical préfèrent cependant désormais juste se dirent handicapés et atypiques pour éviter la stigmatisation même en milieu « antivalidiste » ou même là hélas il leur est souvent nécessaire de dissimuler leur diagnostic de handicap mental pour que leur parole soit prise en compte c’est dire le degré d’oppression validiste que ces gens subissent.

J’ai mon mari et quelques amis qui ont été classés comme ça jeunes…j’ai été soupçonnée de pouvoir l’être avant de passer un test de QI disant que finalement j’étais une zèbre (à l’époque ça se définissait beaucoup encore comme QI supérieur à 130 même si tel que redéfinit maintenant c’est une atypie où je reste classée par les psys)…autre atypie stigmatisée dans l’autre sens comme soi disant « intelligence supérieure ».
Vous allez me questionner maintenant si je suis très méfiante vis à vis du concept d’intelligence et de sa hiérarchisation et que je n’y crois pas vraiment pourquoi je continue de prendre en compte ce diagnostic et cette atypie comme valables de même que si ils tiennent à montrer l’ineptie de la notion d’intelligence faible de leur part les gens avec un « handicap mental » comme diagnostic continuent de se juger handicapés sur cette base.

Il y a deux raisons à cela : La première c’est que même en imaginant que 100% des observations faites sur les comportements et fonctionnement cognitifs supposés des personnes perçues comme zèbres d’une part et comme « handicapées mentales » d’autre part soit bidons au niveau scientifique au bout du compte tant que le statut social y étant associé demeure on reste stigmatisés pour ça et donc classés en un groupe qui subit une oppression et une marginalisation sur la base de sa supposée intelligence hors norme. La plupart des catégories sociale fondant des oppressions les races par exemple n’ont aucune validité scientifique mais ça n’empêche pas qu’elles sont un statut social marginalisé contre lequel les gens qui subissent l’oppression d’être stigmatisé de cette façon sont contraints de lutter pour obtenir les droits qui sont automatiquement donnés sans aucune réflexion aux gens ne souffrant pas de ce stigmate là. Ici ce serait la même logique car même si elles n’avaient aucune valeur scientifique on serait quand même construits socialement à travers ces diagnostics auxquels la plupart des gens…et la plupart des personnes qui les ont reçus croient et par les représentations allant avec influençant lourdement sur nos vécus.

La seconde c’est que sociologiquement on observe de vraies divergences entre le comportement social moyen d’une personne avec ces atypies par rapport à celui d’une personne valide. Peu importe au fond qu’il ait son origine dans une différence neurologique, psychologique ou purement issue de l’histoire et de la sociologie voir de l’environnement social uniquement des gens ainsi qualifiés…cet état demeure donc très hors norme et marginalisé pour correspondre à des comportements non associés à ceux d’un valide ordinaire et les gens qui l’ont demeurent stigmatisés pour cette raison. C’est donc bien deux atypies d’autant plus que la plupart des personnes avec handicap intellectuel et une minorité importante de zèbre (un bon tiers si je ne m’abuse) considèrent leur particularité cognitive ainsi diagnostiquée comme leur posant suffisamment de problèmes d’adaptation à la société valide pour être des handicaps…ce que certaine sociétés comme la belge reconnaissent autant pour les handicapés mentaux que les zèbres dans leurs définitions officielles des handicaps par ailleurs.

Les zèbres ayant quand même en moyenne une oppression bien moins forte que les personnes avec handicap mental c’est plus facile d’avoir une idée des caractéristiques qu’ils ont de leur propre point de vue démédicalisé et statistiquement estimé.

Pour résumer les traits majeurs retrouvés chez la plupart des zèbres sont les suivantes :

source : http://wiki.zebras-crossing.org/doku.php?id=articles:adulte-surdoue

Déjà zéro est retrouvé chez 100% des zèbres donc on est bien sur un statut social qui est fluctuant et n’a aucun trait marqué figé, on retrouve chez ces personnes une attention supérieure à la moyenne portée aux règles d’orthographe et de grammaire même là où ce n’est pas nécessaire socialement parlant comme sur le web et pas nécessairement lié à un parcours scolaire meilleur que d’autres, aussi on retrouve un goût pour les jeux de mots, les associations libres, les mots peu usités…vu que dans les diagnostics en général des capacités verbales supérieures à la norme sont prises en compte c’est peu étonnant. Ceci crée cependant déjà à soi seul chez beaucoup la sensation d’être différents et en décalage vis à vis de la norme. Normal ils le sont. Ce n’est d’ailleurs pas comme chez la plupart des gens qui emploient de telles capacités verbales acquises par éducation scolaire en milieu aisé une habileté dont ils usent par volonté d’écraser autrui du poids de leurs connaissances « supérieures » aux leurs. Au contraire en général c’est le gout du savoir pour le savoir et le plaisir créatif littéraire qui les animent à tant apprécier les mots pour la plupart et la majorité d’entre eux ont un vif souci d’aider autrui et portent très attention aux autres, l’altruisme et l’empathie étant chez la large majorité de ce groupe (attention pas chez tout ceux qui y sont inclus loin s’en faut) amplement supérieurs à la norme. Ils sont aussi des personnes qui ont plus fortement tendance de loin que les gens normaux à l’introspection. Avec cette aisance verbale beaucoup ont également une aisance à l’écrit et un gout et plaisir de l’écriture. Leur talent littéraire est par ailleurs assez souvent loué par leur entourage. Cependant tout ceci est à priori plutôt valorisant. Ceci étant dit ce qui marginalise vraiment ce groupe est que la plupart des gens compris dedans (comme moi d’ailleurs) sont également hypersensibles ce qui pour le coup est une atypie particulièrement délicate à gérer.

Celle ci reste vue comme plus un avantage qu’un fardeau par les gens qui l’ont mais ils sont trop stigmatisés par les gens normaux qui les marginalisent et dénigrent leur sensibilité plus haute que la moyenne en la jugeant exacerbée et extrême. Ils ont les émotions fortes et le cœur à fleur de peau. Ils sont trop souvent à la limite d’être pathologisés par des psys sans scrupules à leur grand désarroi comme c’est aussi le cas des zèbres plus largement du fait que leurs fonctionnements hors normes sont méconnus et mal compris donc vite soupçonnés d’être pathologiques à tort. Les hypersensibles ont aussi très souvent des difficultés relationnelles du fait d’être incompris de leur entourage ce qui fait que dans des cas qui heureusement restent rares, hypersensibles et plus largement zèbres ont statistiquement plus de risques qu’une personne non atypique de subir des violences conjugales. Aussi, les hypersensibles et les zèbres plus largement ont des émotions fortes pour la plupart d’entre eux qui les débordent vites et sont souvent source de moqueries et d’humiliation envers eux dans notre société où se désensibiliser et simuler de ne ressentir que les émotions socialement attendues au moment jugé socialement approprié pour les ressentir et de la façon jugée approprier pour les exprimer est de plus en plus une norme exigée et les gens qui comme les zèbres et/ou hypersensibles en dévient sont rudement traités. On trouve aussi chez les zèbres un sens de l’humour souvent plus grand que la moyenne.

Cette hypersensibilité est aussi sensorielle chez les zèbres et nommée hyperesthésie tout ceci engendrant des difficultés d’adaptation à un monde pas conçu pour les hypersensibles dont le lien suivant parle bien : https://www.rayuresetratures.fr/hypersensibilite/

Pourtant malgré tout ce que ce portrait a de positif un zèbre sur deux a fait une psychothérapie par ressenti d’un besoin d’une aide psychologique à gérer la souffrance engendrée par le rejet fort commun de sa différence et les violences subies à cause de cela. Ceux que ça intéresse pourront pour plus de détail se reporter à cet article fort détaillé à ce sujet : https://cvpcontrelaviolencepsychologique.com/2016/04/13/les-zebres-haut-potentiel-en-souffrance/

Pour être une atypie c’est amplement suffisant. En prime, beaucoup de zèbres cumulent avec d’autres atypies elles pathologisées, 47% ont des insomnies et le tiers qui estime que d’être zèbre est un handicap correspond au tiers de zèbres vivant très mal d’en être qui ont pour la plupart connu le burn-out, la dépression et la ou les tentatives de suicides ainsi que le trouble de l’anxiété généralisé.

Environ 1 sur 5 est professionnellement instable car s’ennuie très vite si on attend toujours de lui une fonction répétitive et peu engageante comme le sont la majorité des métiers salariés où ils frisent le burn-out très rapidement (ça c’est moi aussi et bordel qu’est ce que c’est chiant). Il faut dire que cela correspond statistiquement à ceux d’entre nous qui s’ennuient mortellement très rapidement et pour qui la banale morosité du boulot moyen est un enfer à donné des envies suicidaires en à peine deux semaines. Environ 1 sur 5 a pour des raisons similaire très mal vécu sa scolarité.

Pour le handicap mental c’est plus compliqué de faire des statistiques car c’est beaucoup moins dépathologisé et les militants antivalidistes en ayant un sont peu nombreux, moins encore à l’assumer publiquement et à militer pour en faire changer la perception, donc ce n’est pas évident de le sortir d’une définition médicale. Souvent les idées des médecins de le classer en catégories figées de sévère à léger sont jugées fixistes et validistes ainsi qu’erronées, stigmatisantes et incitant à les institutionnaliser et minimiser ce qu’on les laisse faire par les gens qui ont subi cette institutionnalisation et pathologisation en tant qu' »handicapés mentaux » qui en réclame la disparition car ces catégories inadaptées limitent leurs possibilités et encourage les gens à les percevoir de façon dévalorisante et à limiter leurs capacités en croyant trop aux limites officielles fixées sur ces dernières sans même chercher à voir si ils sont aptes à mieux ou non.

Leur sont reprochés par les médecins et psys globalement une communication qu’ils jugent inférieure à la norme valide, une mémoire défaillante, une incompréhension des normes sociales auxquelles ils sont inadaptés de ce fait, une difficulté à résoudre des problèmes et un manque d’inhibition sociale.

Pour le dernier point le manque d’inhibition sociale c’est surtout selon eux un stigmate validiste revenant peu ou prou à dire « arrête de te comporter de façon atypique je ne veux pas que ton handicap se voit » et donc ils estiment qu’étant atypiques ils n’ont pas à être forcés de se comporter en imitation des valides et envoient chier cette norme et la pathologisation de leurs comportements atypiques quand ils sont antivalidistes.

Ils semblent en revanche s’accorder sur le fait que la résolution de problème leur cause des difficultés réelles…mais trouver les médecins bien arrogants de croire qu’à eux au prétexte qu’ils sont valides et ont une science médicale elle leur en pose moins ce dont une bonne partie d’entre eux doutent fort. Donc ça aussi c’est une définition validiste.

En revanche il semble apparemment juste que des problèmes de mémoire touchent une majorité de personnes jugées « handicapées mentales » et leurs causes de grosses difficultés d’adaptation en notre monde validiste sur ce sujet où le validisme envers les gens avec des défaillances de mémoire est très fort.

En fait généralement ce qui selon eux les fait percevoir comme handicapés mentaux c’est le fait de cumuler mémoire défaillante et communication divergente de la norme avec le plus souvent un retard d’acquisition de la parole, pour certains une impossibilité de l’acquérir et pour tous plus de faciliter à communiquer par d’autres moyens, le plus souvent par le langage corporel. D’après eux le fait qu’ils soient hors normes n’en est qu’une conséquence logique puisque la norme est d’avoir une mémoire et une communication par la parole qui sont ordinaires.

Cela ressemble à ce que mon homme et les amis avec qui j’ai pu en discuter ainsi diagnostiqués enfants et stigmatisés m’en ont en effet dit. Toute la difficulté demeurant qu’eux parlent et il est moins aisé de comprendre quand on a l’habitude de ce mode de communication ceux qui ne le font pas mais ceci étant dit ces derniers ont souvent un langage corporel très explicite et généralement le refus de le comprendre vient du validisme envers les gens qui ne parlent pas plus que de quoi que ce soit d’autre.

Le validisme associant la mémoire haute à l’intelligence et la mémoire faible à son contraire demeure en effet vif dans nos sociétés. Ceci malgré la très grande variété des problèmes des mémoires et de leurs causes…sous ce terme « handicapé mental » on regroupe donc des tas d’individus aux situations et vécus très différents de façon fourre tout et un peu rapide. Pour la parole c’est encore pis on en a fait ce qui sépare l’homme de l’animal et donc même si cette notion d’une capacité unique qui serait le propre de l’homme partagé par aucun animal est désormais très dépassée et jetée à la poubelle par les scientifiques qui étudient le monde animal on en a encore garder d’importantes traces sociales notamment dans les comportements avec les humains ne parlant pas ou que peu et communiquant mieux par d’autres moyens qui sont sans cesse contraints de façon usante à démontrer leur capacité à penser. Et avec le fait d’être plus humains qu’animaux.

Justement pour le coup le chéri comme beaucoup de personnes avec ce stigmate de « handicap mental » porté sur elles s’insurge assez régulièrement étant assez fortement sensible à la condition animale de voir des gens prétendant défendre les animaux se dire être la voix des sans voix…sans rien comprendre aux animaux et bien souvent en agissant à l’encontre de leur intérêt…vécu violent pour lui que tant de gens quand il ne parlait pas encore et même encore maintenant à cause de ce validisme envers le handicap mental déconsidèrent et se permettent avec le même discours de parler à sa place souvent contre ce qu’il pense, surtout des médecins et psys et les parents…autrement dit les groupes les plus validistes de façon générale.

Ne pas parler ne signifie pas ne pas communiquer, ni être bête, ni être fragile, sans défense et incapable de faire valoir ses intérêts sans aide d’une personne qui parle. Aussi beaucoup de personnes dites avec handicap intellectuel rejoignent mon trésor pour estimer que la plupart des groupes se prétendant agir pour la cause animale sont extrêmement validistes d’une part et n’ont aucun respect pour les animaux qui ne leur servent que de faire valoir d’autre part.

Arundhati Roy militante indienne le dit bien pour le coup : « Il n’existe pas de sans voix. Il n’y a que ceux qu’on réduit délibérément au silence, ou ceux qu’on préfère ne pas entendre ».

Au bout du compte le problème est surtout chez les valides qui doivent apprendre à comprendre que le langage ne se résume pas à sa composante physique et découvrir et accepter d’autres formes de « voix » que la parole…c’est comme ça que les problèmes des « handicapés mentaux » se résoudront vraiment. Au final « à eux de faire un effort pour une fois » (phrase de conclusion suggérée par mon mari).

 

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