La lutte des classes et les luttes minoritaires : histoire des luttes prolos travestis, trans, intersexes et prostitué(e)s en Occident.

Enfin du mieux que je pourrais les raconter n’étant pas trans moi même et faisant cet article surtout par demande de personnes l’étant et connaissant mon côté geek de l’histoire. Cependant celui là va être bien plus court que les précédents sur d’autres luttes et va remonter bien moins loin pour cause de manque flagrant de sources sur la question. La transidentité selon la définition de Wikipédia est le fait pour une personne d’avoir une identité de genre différente du sexe assigné à la naissance. Alors pour ceux et celles qui seraient déjà paumés partant de là l’identité de genre c’est le genre dans lequel une personne se reconnait, généralement c’est homme ou femme mais il y a aussi plein de genres minoritaires moins connus dont des gens se reconnaissent aussi et ce pour le coup on en est sur depuis au moins la très haute antiquité dans plein de cultures différentes. Le genre c’est une construction sociale au sens où on ne nait pas femme on le devient par un apprentissage du rôle social féminin tout au long de son enfance et pour les gens d’autres genres c’est pareil. Le sexe assigné à la naissance dans notre société contemporaine c’est le pouvoir accordé à un médecin face à un nouveau né de lui assigner un rôle en le nommant fille ou garçon. Dans d’autres sociétés que l’Occident il est pas impossible d’être dès la naissance, notamment quand on nait intersexe c’est à dire avec des organes génitaux pas évidents à caser comme ceux d’une femme ou ceux d’un homme mais pas uniquement les rôles sociaux entrant là aussi beaucoup en compte, préparé pour un rôle social autre qu’homme ou femme.  En fait une binarité de genre stricte c’est une invention blanche et occidentale relativement récente qui ne s’est répandue ailleurs dans le monde qu’avec la colonisation. Cependant vu que le monde est colonisé on trouve désormais partout des gens aux identités autres qu’hommes et femmes qui vivent une identité de genre traditionnelle à leur culture mais aussi de plus en plus des gens « racisés » se définissant comme transgenre selon la version occidentale de cette notion, par exemple en Inde si le genre autre qu’homme ou femme le plus reconnu et celui dans lequel la plupart des gens n’étant ni homme ni femme se reconnaissent est celui des hijras il y a aussi des gens qui s’y considèrent comme transgenre selon la même définition que celle qu’on en a en Occident aujourd’hui et si les deux milieux se côtoient et s’entrecroisent ils ne se recoupent pas totalement et une part de leurs acteurs sont même en conflits importants les uns avec les autres pour des raisons qui étant donné que la structure sociale de genre de l’Inde m’est peu connue, m’échappent totalement je l’admets. Ceci dit si les personnes en dehors de la binarité homme/femme en Occident actuel se considère le plus souvent de ce que j’en ai compris (encore que pas toujours) comme transgenres du fait que sauf à être élevé par des parents militants anti genre ce qui reste quand même bien rare même si ça existe c’est quasi impossible d’être assigné « non binaire » ou toute autre identité de genre autre qu’homme ou femme à la naissance dans l’occident actuel, la plupart des transgenres se reconnaissent comme homme ou comme femme, seulement ils dévient en cela du rôle qui leur a été assigné à la naissance qui était celui du sexe dit « opposé » contrairement aux cisgenres c’est à dire environ 99% des occidentaux qui comme moi par exemple se reconnaissent dans le sexe assigné à leur naissance. En clair homme cisgenre = personne à qui le médecin a dit à sa naissance « c’est un garçon » et qui après est resté de genre masculin ou dit de manière plus discriminante et usuelle « mec normal ».  Femme cisgenre = la même chose version féminine. Homme trans = personne à qui le médecin a dit à la naissance « c’est une fille » mais qui après a considéré que cela ne lui correspondait pas et prit le rôle social masculin. Femme trans = personne à qui le médecin à dit à la naissance « c’est un garçon » mais qui après a considéré que cela ne luit correspondait pas et prit le rôle social féminin. Non binaire et autres genres : Personne à qui le médecin a dit à la naissance soit « c’est une fille » soit « c’est un garçon » mais qui plus tard ne s’est pas reconnu dans ces rôles et s’est senti plus à l’aise dans une identité autre moins connue située en dehors de la binarité homme/femme. Intersexe : personne aux organes génitaux difficile à classer comme féminins ou masculins face à qui le médecin à la naissance était en mode « euh…joker? » et a en catastrophe choisit une assignation forcée de genre un peu au pif, et bien souvent mutilé les parties génitales de l’enfant de façon à forcer ce choix qui n’a pas été le sien ce qui constitue une violence sexiste grave envers ces enfants, les adultes intersexes se battent pour avoir le droit de décider eux mêmes quand ils seront en âge de le faire si ils veulent garder leurs parties génitales telles qu’elles sont de naissance ou les faire opérer pour ressembler au genre ou non genre (certaines personnes ne se reconnaissant dans aucun genre) choisi, cependant la plupart des intersexes même si ils sont nombreux à se retrouver dans un rôle social « binaire » masculin ou féminin, même si pas tous et une minorité d’entre eux sont non binaires, semblent souhaiter garder leur sexe tel qu’il est de naissance et ne pas le faire opérer. Je crois que j’ai fait le tour des définitions nécessaires pour que la suite soit compréhensible de tout le monde.

Avant d’aller plus loin dans mes explications il va falloir que je m’étale un peu sur les mots sexe et genre. Et en fait c’est là que je suis bien embêtée car ces définitions de sexe et de genre en fait jusqu’à une époque très récente même si c’est depuis le début de l’histoire de la langue française que genre désigne plutôt le genre grammatical et sexe plutôt les parties génitales du corps humain bah en fait jusqu’à la fin du XIXème siècle ils sont relativement interchangeables et c’est assez courant de lire des phrases où les femmes pour parler de leur rôle social disent « notre sexe », ou même dans la langue plus commune un peu désuète quand on les désignent comme le sexe faible ou le beau sexe et dit des hommes qu’ils sont le sexe fort on parle plus de leur rôle social de toute évidence que de leurs parties génitales même si bien sur les deux sont indirectement liés dans les sociétés occidentales contemporaines. De même que pendant toute cette période des mots comme le genre féminin, la catégorie femme, le type féminin ou encore l’espèce féminine sont utilisées comme pouvant alternativement désigner genre féminin et sexe féminin, et même si c’est moins courant genre masculin, catégorie homme, type masculin et espèce masculine sont aussi employé de même façon, tout comme les mots mâle et femelle qui si ils sont généralement utilisé en lien avec la biologie le sont aussi en rapport avec des rôles sociaux masculins ou féminins comme pour parler de « l’orgueil mâle » socialement et pas forcément en rapport direct avec les performances sexuelles masculines ou de la femelle séductrice qui est généralement un terme péjoratif rejetant la femme dans l’animalité mais peut aussi décrire son rôle social sans ce sous entendu là parfois. Et ce renforcement récent de la binarité de genre il vient très nettement de la spécialisation réductionniste de la science occidentale du XIXème siècle finissant. Et encore ça commence alors assez doucement par l’idée que certains aspect de ce qu’on nomme la nature des femmes n’ont rien de biologique et sont issus de l’histoire et de la société, puis la distinction sera renforcé par Margaret Mead une anthropologue qui distingue à partir de 1935 entre rôle social et rôle sexué. En 1955 John Money un psychologue invente le terme de rôle de genre qu’il définit ainsi : « le terme de rôle de genre est utilisé pour désigner tout ce que dit ou fait un individu pour se dévoiler […] comme ayant, respectivement, le statut de garçon ou d’homme ou bien de fille ou de femme. Il inclut, sans y être limité, la sexualité au sens de l’érotisme ». Cependant on le voit les notions de genre et de sexe comme on les entend maintenant sont plus modernes encore. En 1964, les psychanalystes Robert Stoller et Ralph Greenson créent le concept d’identité de genre pour désigner « le sentiment qu’on a d’appartenir à un sexe particulier ; il s’exprime cliniquement par la conscience d’être un homme ou un mâle par distinction d’être une femme ou une femelle ». En 1968, Robert Stoller propose d’articuler les deux notions de rôle de genre et d’identité de genre : « l’identité de genre commence avec le savoir et la réalisation, consciente ou inconsciente, que l’on appartient à un sexe et non à un autre […] le rôle de genre est la conduite déclarée que l’on montre en société, le rôle qu’on joue, notamment vis-à-vis des autres ». En 1972, John Money considère, de manière convergente, que « le rôle de genre est l’expression publique de l’identité de genre et l’identité de genre, l’expression privée du rôle de genre ». En 1972 toujours la sociologue Ann Oakley distingue entre le sexe qu’elle juge biologique et le genre qu’elle estime culturel. En France à l’époque les chercheurs s’en foutent un peu car la plupart suivant Durkheim estiment comme ils l’ont toujours fait en sociologie française que le mot sexe employé par un sociologue renvoie forcément au rapport de sexe ou rapports sociaux de sexe et pas à la biologie donc cette distinction n’est pas reprise. C’est dans le début des années 1980 avec les travaux de Michel Foucault lance les premières études sur le genre en France dans son rapport au pouvoir et aux normes sociales (merci Wikipédia pour l’histoire de ces définitions). Très vite dans cette décennie c’est tout le milieu des sciences sociales qui se met à faire des études de genre, cependant avec de grosses disparités, dans la plupart des disciplines c’est un thème d’étude et point stop, il n’y a qu’en histoire et en sociologie que cela constitue une sous discipline à part entière, histoire du genre et sociologie du genre. En plus en histoire ce champ reste très minoritaire et en constante lutte pour prouver sa légitimité scientifique surtout en France d’ailleurs, pays très conservateur sur le sujet, et il n’y a qu’en sociologie où ce concept a une utilisation scientifiquement acceptée de façon générale et de long terme. Autrement dit c’est galère de base de trouver des non sociologues, donc des historiens entre autres, sensibilisés à ces questions de genre qu’ils étudient peu et depuis assez récemment, à part une minorité d’entre eux qui ont un intérêt pour la sociologie du genre, et quelques historiens féministes ou issus des milieux LGBT. On le sait l’histoire est écrite par les vainqueurs et la science jugée légitime l’est par les dominants le plus souvent et là tout de suite vous voyez ou je veux en venir…des historiens transgenres il y en a vraiment pas des masses et l’histoire transgenre n’est pas encore un champ disciplinaire existant à ma connaissance même si des études sur l’histoire des trans existent elles sont rares, partielles, et peu souvent faites du point de vue de personnes l’étant. En clair pour trouver le moindre début d’histoire transgenre il faut faire face au long effacement des trans du monde de la recherche académique. Le premier obstacle est que la plupart des trans, surtout prolos, étant économiquement dans une merde noire…peu finissent diplômés d’université, encore moins avec des doctorats et tout, car la plupart doivent gagner leur vie dans de « vrais métiers » pour assurer leur survie très rapidement. Or, ce n’est pas un secret, étant très précaires la grosse majorité des trans prolo d’Occident n’ont guère d’autre choix de métiers que le travail du sexe, profession illégale que la plupart rejoignent bien jeunes en raison de nécessité de survie et de leur rejet social généralisé dans la plupart des autres professions à part pour la minorité d’entre eux qui parviennent à donner l’illusion d’être cisgenres. Le monde de la recherche académique et celui du travail du sexe se rejoignant certes parfois mais tout de même bien rarement et étant des sociétés plutôt hostiles l’une à l’autre, la première particulièrement prestigieuse dans le monde bourgeois la seconde honnie de ce dernier forcément ça coince. Pire encore la plupart des études actuellement existantes sur les personnes transgenres sont le fait de milieux d’études très politisés style études de genre aux positions pro-féministes et pro-LGBT évidentes ce qui fait que tout ce que ces études disent des personnes transgenres est très souvent renié par l’ensemble du monde bourgeois et académique de façon très aisé simplement par le refus de considérer l’opinion de chercheurs engagés dans ces mouvements de façon visible en les jugeant « peu objectifs »…tout en supposant complètement hypocritement que leurs adversaires le sont eux objectifs juste car ils sont majoritaires. En vérité il n’y a pas d’objectivité pas plus en science qu’ailleurs, il n’y a que des points de vues. Et refuser tout point de vue de personnes trans ou LGBT sur les questions de transidentité c’est un aveu direct de transphobie du monde académique et de la recherche scientifique de façon globale qui dit par là que les opinions des gens pas trans prévalent toujours à ses yeux sur celles des gens trans. Position totalement inverse de celle prôné par les milieux politiques LGBT qui considèrent que les « premiers concernés » c’est à dire ici les transgenres, sont ceux dont on doit écouter le discours à leur propre sujet, j’admets trouver cette position nettement plus cohérente, et si cela fait de moi quelqu’un de militant et de pas objectif à vos yeux bah certes mais c’est pas pour autant que ce que je dis n’a pas de pertinence et de part de vérité. Et certes on peut de mon point de vue dire des choses intéressantes sur une identité que l’on ne vit pas sinon je tenterais pas d’écrire ça mais ça me parait pas possible en refusant d’écouter d’abord les gens qui la vivent.

Cependant pour essayer de dire quelque chose du passé lointain des personnes que de nos jours on dirait transgenre je suis bien emmerdée car de fait cette notion est très récente, les historiens classicistes de l’Antiquité Européenne sont particulièrement conservateurs pour la plupart et ne savent généralement pas trop quoi faire de ces questions qu’ils délaissent le plus souvent, les sources sont maigres et en plus…elles révèlent qu’on parle de la société juive ancienne qui selon les théologiens admettait jusqu’à six genres différents ou des anciennes sociétés de religion Asatru (polythéisme nordique et germanique), celtes, hellènes et romaines qui ont toutes eu des divinités et personnes socialement intégrées dans leurs sociétés avec des rôles prédéterminés qui n’était pas celui d’un homme ou d’une femme, comme par exemple les gens qui étaient prêtres de Cybèle, et plusieurs textes romains semblant faire état de l’existence d’opérations de changement de sexe, de savoirs sur l’existence de personnes intersexe et de travestis accueillis avec une certaine moquerie et un certain rejet semblant plus du à leur féminité qu’à leur travestissement d’autant qu’on a aussi retrouvé des indices laissant à penser que les légions romaines intégrait parmi leurs soldats sans trop de problèmes ce que nous on percevrait de notre point de vue contemporain comme des ancêtres des hommes transgenres…clairement la transphobie semble pas exister où que ce soit dans l’Antiquité, pas plus que la binarité homme/femme stricte que nous connaissons si on se base sur les maigres indices qu’on en a. En fait ces sociétés étant totalement autres que les nôtres leurs rôles genrés étaient bien différents. De quoi douter fortement de la supposée origine biologique des genres et de la transphobie. En fait la transphobie est basée sur une compréhension blanche moderne et rigide d’une phrase dans l’Ancien Testament disant que c’est une abomination que le travestissement. Cependant c’est une chose de poser un interdit, s’en est une autre de l’appliquer et en fait, à part dans les universités, les chrétiens du Haut Moyen Age ne l’appliquait pas. En effet empêcher une personne de se vêtir et de se nommer comme elle le souhaite demande aux dominants un très haut degré de contrôle social juste pas pragmatiquement atteignable avec les techniques de contrôle social d’alors, donc ils préféraient se concentrer à l’époque sur le fait de forcer les gens à obéir à des préceptes religieux qu’ils estimaient plus centraux que ce point qui était alors généralement méconnu et négligé. Autrement dit le travestissement a commencé à être jugé mauvais par les catholiques à cette époque, aux environs du 7ème siècle de notre ère, mais en vrai à moins d’être dans des cadres particulièrement religieux comme les universités ou le clergé en tant qu’étudiants ou membres de ces corps de métier les gens faisaient bien ce qu’ils voulaient sans trop être emmerdés sur ce point, et encore tout indique que même à l’intérieur de ces cadres certains « pour des raisons pratiques » outrepassaient relativement régulièrement cette interdiction sans quoi elle n’aurait guère eu besoin d’être soulignée par les textes d’alors rappelant ce règlement. Ce n’est qu’au XIIIème siècle que ce gros sexiste de Saint Thomas d’Aquin renforce cet interdit du travestissement estimant qu’il doit être prohibé chaque fois qu’il n’est pas une nécessité c’est à dire qu’à l’époque médiévale les femmes se travestissait beaucoup principalement dans deux cas, le premier était celui de déplacements nécessaires seules auquel cas jusqu’aux plus conservateurs des clercs de l’époque admettaient qu’elles avaient légitimité à se parer d’habits d’hommes pour se déplacer en minimisant leur risque de se faire violer et dans le cas où elles devaient revêtir pour le remplacer le vêtement de leur mari en son absence pour le remplacer dans sa fonction principalement cas des femmes de chevaliers qui pouvaient porter leurs armures pour défendre leurs terres en simulant être leur homme en l’absence de ce dernier. D’ailleurs un roman français médiéval daté du XIIIème siècle laisse entendre que si les personnes que nous dirions trans de nos jours commence à être vu comme anormales elles sont alors mieux acceptées que maintenant, ce roman c’est le Roman de Silence, https://medium.com/the-establishment/becoming-trans-transgender-identity-in-the-middle-ages-223e01b5c0dc, une histoire typique de l’époque, allégorique et moraliste, elle raconte la vie de Silence, un anglais né dans un corps que nous dirions « femelle » mais qui vit le rôle social d’un homme dans le but d’hériter des terres de son père, Silence grandit et est élevé comme un chevalier et constamment loué comme « le meilleur des hommes de tout l’Angleterre », très vite la Nature (personnifiée) se sent trompée car elle a « fait de Silence une femme plus belle que des milliers de femmes » mais personne ne la reconnait comme étant femme, la Culture (aussi personnifiée) intervient alors et s’en suit un débat entre elle et la Nature, à ton comique sur le genre de Silence, homme ou femme, finalement un autre concept philosophique personnifié, La Raison, se ramène et fait l’arbitre prenant partie pour l’avis de la Culture, considérant que Silence ayant été élevé comme un homme doit continuer d’en rester un. La conclusion laisse le dernier mot à Silence qui défend ce que nous verrions comme son « identité de genre masculine » par les paroles suivantes : « J’ai une bouche trop dure pour les baisers, et des bras trop rudes pour les caresses. On peut facilement me vaincre et me donner l’allure d’un idiot en tout jeu qui se joue sous les couvertures ». C’est la plus ancienne histoire que j’ai trouvé ou apparait l’idée que ce genre d’identité serait contraire à la nature. Cependant l’histoire est plus complexe que ça, Silence a un conflit régulier entre sa biologie de femme et son rôle masculin, et réussit à vaincre Merlin dans l’histoire par sa biologie féminine qui lui permet de lui jouer « des tours de femme » et donc de l’attirer et de le piéger pour le capturer (dans cette histoire Merlin n’est pas le vieux sage qu’il est devenu par la suite mais le vieux fou des bois tel que les plus anciennes légendes à son sujet le dépeignent), ce en quoi Silence accomplit la prophétie qui disait que « Merlin ne peut être trompé que par des tours de femmes », cependant il a pu obtenir cette quête qu’en tant que chevalier donc par son rôle social d’homme, et quand à la fin il « montre son vrai genre », et épouse le roi en tant que femme, l’histoire dit toujours que le roi partage sa couche avec « le plus beau et compétent des chevaliers d’Angleterre ». Donc l’idée semble être assez nettement que son rôle est contraire à la nature biologique mais que le culturel, donc le social, le pratique, l’utile et le nécessaire ainsi que la raison priment sur la nature et vont tous dans le sens d’une acceptation de ce que nous nommerions la transidentité, aussi là on parle de chevaliers donc de noblesse mais parmi les pauvres d’alors le vêtement est peu distinct entre homme et femme et aussi peu de gens voient les corps des autres nus sans leur consentement et quand bien même un violeur qui viole un femme trans au corps semblant « mâle » ne le crie généralement pas sur tout les toits, de ce fait la plupart des gens de l’ère médiévale s’arrête à l’apparence et considèrent comme homme qui se dit homme et a un rôle social et un vêtement masculin, et comme femme qui se dit femme et a un rôle social et des vêtements féminins sans chercher tellement plus loin. De plus je rappelle que depuis le validisme a fait disparaitre bien des raretés génétiques courantes alors et qu’à priori si une femme à barbe c’était étrange pour les gens de l’époque, ça n’avait rien d’inconcevable non plus. En matière de curiosités de la nature ils en avaient vu bien d’autres des plus extravagantes et une époque où on croit partout et dans tout les milieux même les plus académiques et cléricaux aux licornes et aux fées avec la foi du charbonnier est clairement et par nécessité un temps où les normes physiques de ce que doit être un homme ou une femme ou même un humain ou un être naturel biologiquement plus généralement ne sont pas aussi rigide que maintenant.

En fait c’est au XIVème siècle que tout se corse vraiment pour ceux que nous dirions être les travestis (hommes ou femmes, généralement cisgenres, déguisés en un autre genre que le leur) et les transgenres. Alors la mode vestimentaire en Europe devient plus strictement séparée entre hommes et femmes, les femmes cachent leurs jambes sous de longues robes, les hommes portent des vêtements qui laissent voir les leurs. Dès lors il devient moins aisé qu’avant de vivre tranquille en étant l’équivalent de ce que nous nommerions transgenre. Cependant à la fin du moyen âge et ce dans toutes les classes sociales se travestir reste une pratique socialement admise et acceptée sans souci surtout dans des cadres ritualisés et festifs volontaires et mixtes comme le carnaval, la fête des fous, les bals et autres représentations théâtrales où des déguisements d’hommes travestis en femmes et vice versa sont même la norme sociale. Il y a aussi alors chez les femmes surtout des cas de travestissement dans la vie courante lié à l’honneur leur permettant d’obtenir des honneurs et une respectabilité que leur genre ne leur permet guère sans cela, comme les femmes se déguisant en hommes pour suivre des études de médecine par exemple dans la bourgeoisie, mais aussi l’habitude des femmes de prendre des habits de soldats hommes à l’époque et les armes allant avec pour se battre en duel contre les hommes ayant entaché leur honneur, les ayant violé par exemple, et les vaincre afin de retrouver ce dernier, cependant à l’inverse des femmes se travestissait aussi pour masquer leurs fautes et leurs hontes vis à vis de la religion chrétienne, comme des nonnes ayant quitté la religion qui se déguisait en hommes car visiblement un ancien moine ayant renoncé à l’habit religieux était moins mal vu socialement qu’une ancienne religieuse faisant de même. Dès le XIIIème siècle le travestissement des hommes en femme lui est nettement moins toléré et perçu comme « transgressif » et « contre nature », c’est clairement le « déguisement » et le « changement de masque social » le moins toléré dans le quotidien et le plus jugé contraire à la religion, objets de nombreuses comédies se moquant des hommes qui le pratique il est surtout jugé débauché car permettant aux hommes déguisés en femmes de séduire en toute discrétion bien des femmes. Dans la société réelle hors du monde de la comédie cependant les hommes travestis, et de ce fait je suppose les hommes transgenres également, commencent dès cette époque à ne pouvoir trouver leur place socialement que dans le cadre du travail du sexe, encore qu’ils sont jugés comme les plus pécheurs et honteux de tout les gens qui se prostituent. Aucun texte n’interdit à un homme de se travestir en femme ceci dit, c’est juste la morale religieuse commune qui le désapprouve fortement. Ceci dit c’est à la fin du XIVème siècle, vers les années 1370 que je trouve les plus anciennes condamnation légale par les autorités ecclésiastiques d’hommes travestis en femmes, condamnés pour péché de luxure et de sodomie. Comme dans le cas en 1372 de Raymond, prostitué travesti en femme condamné comme sodomite car un de ses clients ayant découvert son sexe mâle sous ses allures de femme l’a dénoncé aux autorités car il se sentait offensé d’avoir été selon ses termes « trompé sur la marchandise ».  On connait aussi le cas d’Eleanor Rykener à Londres au XIVème siècle qui a vécu comme un homme sous le nom de John, la cour l’arrête pour sodomie et est bien embêtée pour savoir si l’accusé a commis ou pas ce péché, se présentant comme une femme sous le nom d’Eleanor elle admet ensuite avoir vécu comme un homme sous le nom de John et conte son histoire, on y apprend que née dans un corps « de femme » il s’est bien vite considéré comme un homme mais ne l’a d’abord pas montré aux autres et a travaillé comme couturière puis prostituée et avoir alors eu hommes comme femmes pour clients, aristocrates, nonnes et prêtres compris, dont certains lui ont offert des cadeaux et de l’argent. Pour son procès le genre de l’accusé étant indéterminé les juges ont juste écrit John ou Eleanor à la place du pronom chaque fois qu’ils ont estimé pertinent de le faire. J’ignore comment le procès en question s’est achevé. Ce que je sais par contre c’est que tout semble indiquer que ce genre de procès et la condamnation du travestissement et donc à priori également la transphobie en tant que tels n’existaient guère en Europe avant la fin du moyen âge. On la vu la raison en est que les sociétés plus anciennes biologisaient beaucoup moins le genre que celles qui leur ont succédé et le percevait comme social avant tout. Je suppose qu’on peut en conclure que pour en finir avec la transphobie contemporaine le principal est de réussir à débiologiser et démédicaliser le genre. Et pour cela il va bien falloir se pencher sur la question de comment diantre celui a été biologisé et médicalisé. Le premier moment semble en avoir été le discours religieux sur ce qui est de l’ordre de la nature et ce qui est contre nature, et le fait que les hommes travestis en femmes ont été perçus dès le XIIIème siècle comme relevant de cette seconde catégorie. Cependant on le voit cette discrimination naissante avant le XVème siècle est encore fondée plus sur un préjugé que sur une construction théorique stigmatisante « solide ». Sans doute car les dominants étant le clergé et les dominés des prostituées majoritairement les seconds étaient juste dans une lutte pour la survie pure et pas vraiment en position politique en terme de rapport de force de pouvoir contester l’oppression que leur faisait subir les premiers. Dernier point sur le XIVème siècle avant de considérer l’histoire des transgenres du siècle d’après, des tentatives de compte démographique des transgenres du XIVème siècle en Europe ont été faite, elles sont pas mal bancales vu qu’estimées sur leur proportion statistique actuelle dans l’Europe de maintenant reportées à la démographie de l’Europe médiévale mais permettent d’en avoir une vague idée, estimant qu’il y avait des centaines de milliers de transgenres et des dizaines de milliers d’intersexe dans l’Europe médiévale et qu’ils formaient environ 1% de la population de l’Europe du Moyen Age. Bien sur il y en avait peut être plus ou moins vu que la société n’était pas la même mais c’est la meilleure estimation qu’on puisse faire en l’état actuel des connaissances sur le sujet dont on a vu qu’il était quand même super faible globalement. Aussi les rares historiens médiévistes et encore plus rares historiens de l’Antiquité, qui se sont penchés sur la question des ancêtres de la transidentité moderne aux périodes qu’ils étudiaient ont du faire face à la transphobie académique qui leur a refusé bien des thèmes d’études proposés autour de la transidentité dans l’ancien temps avec un prétexte qu’on sort régulièrement dans ces cas là à tout ceux qui s’essaye à faire l’histoire d’identités marginalisées à des époques reculées, le fameux coup de « c’est anachronique ». Or, même si les identités contemporaines au sens strict dans lequel elles sont employées le sont bien pour ces époques là en général, elles ne viennent pas de nul part non plus et leur retrouver une continuité historique avec des identités sociales passées relativement similaires est aisément faisable…quand on cherche à le faire ce qu’interdit l’accusation d’anachronisme bien entendu. Aussi on la vu le champ académique de l’histoire s’est construit de façon transphobe, donc l’immense majorité des historiens perçoit l’histoire avec des préjugés transphobes qui lui empêche de considérer ces faits anciens comme ayant rapport avec les transgenres qu’ils connaissent très peu et comprennent mal et auxquels ils sont globalement hostiles sous la forme de l’indifférence hypocrite. En de telles conditions on peut pas raisonnablement attendre des rares études sur les transgenres dans le passé qu’elles soient aussi nombreuses, de haute qualité et sans raccourcis potentiellement anachroniques que des champs disciplinaires plus et mieux reconnus, comme l’histoire des femmes (cisgenres mais comme il n’arrive quasiment jamais que des études sur des femmes transgenres soit faites dans ce cadre leur omission de l’histoire académique se manifeste jusqu’au nom même de ce champ de recherche) par exemple et on fait avec ce qu’on a plutôt qu’avec rien et un silence coupable sur ce pan là de l’histoire tout en se rappelant qu’avant les années 1970 en terme de qualité et de rigueur l’histoire des femmes et d’autres champs d’études de l’histoire des minorités n’étaient pas tellement mieux lotis que l’histoire des transgenres ne l’est maintenant. Aussi pas la peine de se mentir pour toutes les histoires de groupes dominés ça a toujours été d’abord et avant tout le milieu militant qui les a transmis et mises en avant puis imposées par la lutte politique dans les champs historiographiques institutionnels classiques. Autrement dit pas la peine d’espérer que l’objectivité scientifique des dominants ne fasse seule entrer les préoccupations et points de vues des dominés dans le champ académique et scientifique, c’est toujours la subjectivité militante qui l’a fait et ça a l’air pas prêt de changer pour le moment. Ah oui et dans ces procès médiévaux on voit cependant que la revendication centrale des personnes qu’on dirait de nos jours « transgenres » contre leur oppression est la reconnaissance sociale du genre dans lequel elles sont le plus à l’aise pour vivre tout simplement. Et aussi les dévalorisations précédentes de la féminité des hommes travestis semblent avoir eu deux sources principales, la dévalorisation générale de la féminité aux époques anciennes, et les biais transphobes généralisés des traducteurs de textes anciens et médiévaux.

Au XVème siècle le travestissement rituel d’hommes comme de femmes auxquels participent tout les membres de la société lors de fêtes, bals et carnavals continue de faire partie de la norme sociale et les costumes retrouvés, fidèles à leurs descriptions dans les textes tout au long de l’ère médiévale finissante sont surtout des costumes à thème mythologique reprenant des personnages de la mythologie hellène, les plus communs étant ceux d’hommes déguisés en femmes sirènes par exemple. Dans la vie de tout les jours le travestissement féminin par protection ou nécessité reste amplement toléré et même les alors fort populaires et terriblement moralistes traités de didactique rédigés par des femmes adultes pour d’autres femmes adultes et surtout pour leurs filles dans un but éducatif vont jusqu’à en recommander explicitement et fréquemment l’usage dans les circonstances exceptionnelles le rendant nécessaires aux femmes.

D’ailleurs concernant le travestissement féminin et les hommes transgenres, les féministes françaises contemporaines, dont une large majorité s’avère violemment transphobe et hostiles au travestissement hélas, seraient bien inspirées de se souvenir de ce qu’écrivait celle qu’elles louent régulièrement comme la première femme de France à avoir pris la plume pour défendre les femmes contre la misogynie à leur égard sur cette question, Christine de Pisan, première femme a avoir vécu de l’argent que lui rapportait son travail d’écrivain, écrit au XVème siècle sur ce thème et à l’intention certes principalement des hautes classes sociales mais aussi un peu d’un plus large public les louanges de ce que le travestissement offre comme libertés aux femmes qu’elles n’auraient guère sans ce stratagème citant des exemples de saintes y ayant eu recours :

« grâce à lui, les femmes des Lacédémoniens et sainte Nathalie peuvent prendre soin de leurs maris emprisonnés, sainte Marine peut veiller sur son père entré au couvent, et sainte Euphrosine peut protéger sa virginité lors d’un voyage ». Dans La Cité des Dames, Christine de Pisan loue le travestissement des femmes comme leur permettant de faire acte de bravoure, d’user de ruse pour de bonnes œuvres comme prendre soin des hommes leur étant proches et veiller sur eux discrètement et bien sur protéger leur virginité, et avec leur honneur et se protéger contre ce que nous nommerions les violences sexistes. Elle va même plus loin et considère le choix de certaines personnes nées biologiquement femelles de vivre dans un rôle social masculin comme relevant d’une grande efficacité pratique et d’une grande sagesse. Elle le voit comme prouvant en les femmes des hautes classes sociales la possession des plus hautes qualités qu’elle pense due à leur rang, vertu pour les femmes des ordres religieux, bravoure pour les nobles. Elle en minimise l’aspect « transgressif » et « négatif » en partant de l’idée que si on refuse de médire des femmes et accepte de considérer que l’infériorité féminine est une fausse idée et que l’on considère l’appartenance à une humanité commune comme plus cause de la vertu ou de son contraire que le seul fait d’être homme ou femme alors on ne voit rien de gênant dans le travestissement féminin et l’existence de ce que nous considérerions de notre point de vue contemporain comme des hommes transgenres. Ceci dit ayant une opinion très négative de la prostitution à laquelle les hommes travestis en femme et les femmes que nous dirions transgenres pour la plupart sont d’ores et déjà contraints de s’adonner le plus souvent pour survivre qu’elle considère comme un vice elle les condamne en revanche.

Ce texte que beaucoup de féministes françaises, dont de très transphobes, considèrent comme un des plus anciens textes féministes français, date de 1405. Se vouloir progressiste sur la question de l’émancipation du sexisme tout en ayant sur le travestissement et tout ce qui tourne autour du thème des personnes transgenre des points de vues que des défenseuses des femmes vivant au Moyen Age trouvaient déjà réactionnaires c’est pour le moins peu convaincant et assez ironique surtout quand on prend les femmes médiévales en question pour modèle et ancêtre héroïque de sa propre cause féminine actuelle. Bon bien sur étant positif envers les hommes transgenres et négatif envers les femmes transgenres, l’antisexisme de Christine de Pisan sur ces questions avaient ces très grandes limites de « transmisogynie » comme nous dirions aujourd’hui, néanmoins il reste plus positif sur les personnes transgenres globalement que la plupart des textes de féministes blanches actuelles ce qui en dit long sur le travail énorme à accomplir pour les sortir de la transphobie et d’une vision binaire, biologique et médicale, pathologisée même, du genre qui va de pair avec cette dernière.

Le cas le plus proche de ces thèmes le plus étudié est bien sur celui de Jeanne d’Arc surnommée « la travestie la plus populaire de la chrétienté », un débat historique très vif a lieu depuis un certain temps tentant de déterminer si Jeanne d’Arc était une femme travestie ou un homme trans, ceci dit la majorité des personnes trans ayant émis une opinion en ce débat on été d’avis que vu que les indices que l’on a dans un sens comme dans l’autre sont peu concluants et ambigus le plus sur et respectueux envers les transgenres d’aujourd’hui comme envers les figures historiques du passé est d’accepter cette incertitude au lieu de vouloir à tout prix lui imposer une identité précise dans laquelle il n’est pas certain que cette personne se reconnaitrait. Je me range à leur avis. Cependant, l’exemple du procès de Jeanne d’Arc est cela fait consensus, un cas éclairant sur cette question, en effet on y découvre que le fait qu’elle soit vêtu d’habits d’hommes fait partie des choses retenues contre elle à son procès qui la condamnèrent au bucher pour sorcellerie mais si son travestissement a fait pencher la balance du côté négatif il n’a pas été le fait qui a le plus choqué ses accusateurs et la société de l’époque et aboutit à la condamner, cela était le fait qu’elle se soit permis d’obtenir par ce biais un degré de pouvoir que la société d’alors désirait réservé aux seuls hommes (cisgenres évidemment). Tant qu’il n’a ni pour fonction d’usurper le rôle masculin ni de permettre de s’emparer du pouvoir masculin à l’ère médiévale le travestissement féminin ne fait pas l’objet de condamnations. Cela est du à la nécessité pratique ou certaines se trouvent exceptionnellement de le porter on l’a vu mais aussi à celle où une minorité de femmes particulièrement pauvres se trouve alors régulièrement de faire de même. La pauvreté à l’ère médiévale pouvait être terrible et les exemples ne manque pas de femmes vêtus d’habits d’hommes car leur seule possession vestimentaire est un habit masculin qu’un homme leur a légué dans le but qu’elles aient de quoi se vêtir à cette époque où les vêtements sont chers surtout pour les plus démunis et une grande nécessité en des hivers rudes sans chauffage, d’où que le port durable par des femmes d’habits d’hommes était très toléré alors parmi les plus pauvres car on s’habillait avec ce qu’on pouvait. Tant qu’elle a un rôle social féminin alors le fait qu’une femme s’habille en homme surtout chez les pauvres est normalisé et banal. Du moins chez les miséreuses car chez toute femme ayant de quoi s’habiller en femme côté économies il est nécessaire pour que son travestissement ne soit pas jugé « contre nature » qu’il soit de courte durée et réservé a des situations exceptionnelles. En clair c’est l’idée qu’il est toléré en cas de nécessité pratique qui prédomine toujours. Enfin lors de conflits, qu’une femme se batte travestie avec des habits d’hommes est toujours toléré à l’ère médiévale, pas seulement pour préserver l’aspect rôle social masculin du combat mais aussi et surtout par pragmatisme, pour protéger le corps des coups reçus tout simplement ce à quoi chacun reconnait alors que les habits masculins plus protecteur sont plus propices que les habits féminins. Le travestissement masculin et les ancêtres des femmes transgenres il y a 500 ans cependant ne bénéficiait on l’a vu pas de la même clémence car leur transgression religieuse et sociale était unanimement condamnée car systématiquement perçue par le reste de la société européenne comme tenant de la luxure et de la sodomie. Cependant d’ores et déjà les discours de religieux et de moralistes condamnant le travestissement et les ancêtres des transgenres au nom de l’ordre naturel des choses s’avèrent défendre en réalité l’ordre social et les ancêtres des transphobes d’alors sont dans leurs écrits sur le thème du travestissement extrêmement explicites sur le fait que ce qu’ils craignent des personnes en question est que leur politisation éventuelle de leur statut n’aille bouleverser l’ordre social et menacer le pouvoir des hommes cisgenres sur les femmes cisgenres, les hommes transgenres, les femmes transgenres, les non binaires et des intersexes de tout les genres (enfin des ancêtres de toutes ces catégories mais vous m’avez comprise je pense).

Aussi à la période médiévale finissante la colonisation a déjà débuté et fait naitre une tendance qui se renforcera aux périodes ultérieures à savoir celle des colons blancs à découvrir des sociétés qu’ils colonisent qui n’ont pas la même conception que la leur des rôles sociaux des hommes et des femmes et ne connaissent pas la « proto-transphobie » alors encore strictement blanche, et donc ils commencent à leur imposer de suivre les rôles de genre féminins et masculins blancs et adopter la « proto-transphobie » par la colonisation et le capitalisme. Depuis les rôles sociaux de genre traditionnels des colonies et ex colonies et des sociétés non blanches sont toujours condamnés et réprimés et les rôles sociaux de genre féminin et masculin et le sexisme des sociétés blanches imposés durement aux autres sociétés même si en fait leurs évolutions vers moins de sexisme le sont aussi et qu’en fait l’antisexisme blanc qu’il soit féministe ou pro LGBT quand comme c’est généralement le cas il n’est pas accompagné d’un point de vue décolonial participe à la perpétuation du colonialisme dans le monde entier. D’où la nécessité absolue de ne pas plaquer des analyses ne valant que pour l’Occident en terme de rapports de genre sur d’autres sociétés et si vous êtes un blanc occidental dans un combat antisexiste juste taisez vous sur ce qui se passe ailleurs dans le monde et laissez les femmes de là bas se sauver elles mêmes en se dispensant de votre paternalisme ou maternalisme colonial et concentrez vous sur le fait de faire sortir votre propre société blanche de son propre sexisme, c’est ce que vous pourrez faire de mieux pour participer à la destruction progressive du sexisme partout de la façon la plus rapide, la plus efficace et la moins raciste. Je vous jure qu’on peut mener des combats politiques en se passant de vos « soutiens ».

Dernier point cependant sur lequel le travestissement même des femmes travesties et même occasionnel était rigoureusement interdit au XVème siècle, le travestissement des sous vêtements, car il impliquait une transgression des rôles genrés dans le domaine où leur existence était la plus important pour la domination masculine cisgenre, la sexualité. Cependant des cette époque des femmes cisgenres travesties et des hommes transgenres se battaient politiquement visiblement pour le droit symbolique de porter la culotte symbole ultime du pouvoir masculin, contre les hommes cisgenres, surtout ceux du clergé, qui le leur interdisait pour maintenir leur pouvoir politique sur les femmes, les travestis et les transgenres. Cette dispute nommée la bataille pour la culotte qui commença au XVème siècle battu avant tout son plein tout au long du seizième siècle dont elle fut un des débats politiques majeurs et période pendant laquelle elle fut centrale pour les femmes, les travestis et les ancêtres des transgenres.

Source sur la transidentité à la période médiévale :

htçtps://journals.openedition.org/questes/81#bodyftn35

Were there Transgender People in the Middle Ages?

Cependant cette bataille pour la culotte si elle est si connu dans le cadre de l’enseignement universitaire ordinaire de l’histoire moderne c’est surtout car elle a un aspect anecdote amusante qui réveille les étudiants assoupis par des cours très technique et relativement rébarbatifs parfois comme ceux par exemple sur l’évolution des techniques militaires au XVIème siècle, et si elle a plus d’importance dans une version alternative et antisexiste de l’histoire c’est généralement pour souligner son rôle dans l’évolution du rôle des femmes cisgenres donc dans les articles de recherche historique universitaire qui en parle les informations sur son rapport avec le travestissement et la thématique de la transidentité sont effacés par biais universitaire transphobe et donc assez maigres et lacunaires. On y apprend hélas pas grand chose à part ce silence parlant qui signifie que travestissement et transidentité sont plus sévèrement réprimés qu’auparavant et le procès de Jeanne d’Arc nous donne l’indice le plus probable de la cause de cela : très vraisemblablement à chercher du côté de la chasse aux sorcières qui est à son apogée au XVIème et XVIIème siècles, périodes pour lesquelles nos informations sur les personnes travesties et transgenres sont particulièrement maigre et où on sait de source sure que misogynie envers les femmes cisgenres et chasse aux personnes pas hétérosexuelles se sont considérablement renforcées par rapport à l’ère médiévale précédente. Il est assez probable que cette chasse aux sorcières qui était clairement une chasse des personnes aux corps et/ou rôles sociaux jugés féminins menaçant le pouvoir détenu dans la société européenne par ses dominants d’alors les hommes cisgenres et surtout ceux du clergé se soit acharnée contre les femmes cisgenres travesties portant des habits d’hommes et pour certaines d’entre elles revêtant un rôle social masculin voir recherchant politiquement le pouvoir masculin pour leur usage propre, les hommes transgenres dont l’existence contredisant l’idée que les rôles sociaux de genre sont issus de la nature et voulu par Dieu affaiblit le pouvoir des ecclésiastiques quand elle est connue et les hommes travesties en femmes et femmes transgenres incarnant une féminité totalement différente de celle prônée alors par l’Église. Cependant en l’absence de preuve ceci doit être considéré comme une simple hypothèse probable et rien de plus.

Cependant malgré son silence encore fort sur ces questions, le XVIIIème siècle lève un peu plus le voile et est le mieux renseigné des siècles de la période moderne sur le statut des personnes blanches travesties et transgenres. On y découvre notamment une contre société de personnes pas hétérosexuelles cisgenres qui intègre quoi qu’en infériorisant ces derniers, des gens que nous dirions transgenres en son sein même si leur distinction est alors encore assez flou même pour les acteurs eux mêmes de ces mouvements qui se savent juste unis par une oppression similaire. Remarque dans les mouvements LGBT actuels on retrouve une dynamique quasi identique.  Le travestissement est hautement répandu et très accepté dans ce milieu qui développe sa propre contre culture dont il est une part importante et même centrale en ce qu’elle est un des aspects les plus visibles pour reconnaitre les gens « du métier » c’est à dire qui appartiennent à cette communauté. On trouve donc confirmé que depuis le XVIIIème siècle jusqu’à maintenant, travestis et transgenres ont toujours pris part active aux luttes et communautés LGBT. Ce siècle fut aussi celui de l’existence de deux célébrités travesties, la drag king avant l’heure, la lesbienne Charlotte Clarke ayant écrit son autobiographie publiée en 1755, A Narrative of the Life of Mrs. Charlotte Clarke qui compte sa vie d’actrice pendant des spectacles très populaires mais terriblement tabous alors où elle se travestissait en homme et vivait une vie jugée scandaleuse avec une femme qui était sa compagne et son épouse vu qu’elles étaient mariées elle mourut cependant trois ans après dans la misère économique totale. Et bien sur la figure la plus célèbre de travesti du siècle l’espion français nommé le Chevalier d’Eon qui s’est tant de fois fait homme ou femme sans jamais dévoiler ce qui était son propre avis sur son genre que le secret de ce dernier est pour toujours emporté dans sa tombe et qui a vécu suffisamment d’aventures rocambolesque et d’histoires dignes de romans de cape et d’épée pour qu’il ait inspiré le cinéma, les paroliers de chanson, les écrivains, les auteurs de bandes dessinées et les créateurs de dessins animés et ce jusqu’au Japon puisqu’un manga et un animé inspirés de sa vie ont été crées, suivez ce lien pour plus de détails : https://www.sos-transphobie.org/le-chevalier-deon-homme-ou-femme. Enfin on est sur que la politique de s’outer comme on dit aujourd’hui comme un travesti, une travestie, une femme transgenre (j’ignore le terme utilisé pour dire transgenre à l’époque mais ça recouvre bien ce qu’on entend par là aujourd’hui une personne au corps socialement jugé d’un « sexe » qui prend le rôle social de l’autre « sexe ») ou un homme transgenre, une personne non binaire (pareil pas de terme à l’époque la personne juste agit visiblement hors de la binarité homme femme et se genre peu, pas ou alternativement au féminin ou masculin) ou comme intersexe (alors on disait hermaphrodite même si le terme devenu péjoratif depuis n’est plus apprécié par les gens qui sont intersexe maintenant en règle générale) afin de se visibiliser politiquement existe déjà, tout comme les personnes l’étant tout en étant pas hétéros qui s’outent sur les deux à la fois existent également depuis le milieu du XVIIIème siècle et les opérations médicales pour rendre la biologie d’une personne plus conforme à son genre choisi qui ont toujours été pratiquées depuis l’ancienne Rome au moins semble connaitre en ce siècle un regain de popularité. L’ensemble de ce qu’on pourrait nommer l’ancêtre de la communauté LGBT et du milieu des travailleuses du sexe ayant été des acteurs particulièrement actifs de la Révolution Française je crois qu’on peut légitimement supposée que les travestis et transgenres prolétaires, nombreux en ces deux milieux alors, en ont été parmi les acteurs les plus actifs et de ce que j’ai vu cela s’est aussi avéré être le cas dans tout les mouvements sociaux ultérieurs jusqu’à nos Gilets Jaunes actuels où si leur contribution est discrète elle est néanmoins forte. Malgré tout cela, l’histoire moderne académique reste un milieu très transphobe et donc il est difficile de trouver des traces incontestables et plus approfondies de l’histoire des travestis et transgenres à cette époque là.

L’histoire contemporaine est probablement la période dont les spécialistes historiens reconnues académiquement et scientifiquement internationalement sont les moins transphobes du fait qu’il y a pas mal de militants de gauche qui ont ce métier d’une part et d’autre part que fatalement ils sont plus sensibilisé à l’histoire des mouvements sociaux et donc des luttes LGBT même si généralement de façon très lointaine et vague que les spécialistes des périodes précédentes vu que l’histoire contemporaine est extrêmement riche en luttes sociales. Et justement puisqu’on en parle le XIXème siècle commence pour les prolos transgenres dans le début des années 1810 par le premier mouvement social dont on a la certitude qu’il est mené par des femmes transgenres ouvrières à savoir le luddisme (et là je sens que la majorité des gens sont paumés en mode c’est quoi ce truc, et que le bug que ça fait dans le logiciel de pensée des transphobes luddistes et des transgenres transhumanistes doit être très beau à voir) elles sont deux femmes trans se faisant nommées les femmes de Ludd (un ouvrier des années 1780 qui aurait protesté d’après la légende contre l’industrialisation des métiers du textiles en détruisant les premiers métiers à tisser industriels), le choix de signer les lettres menaçant l’industrie du textile de sabotage de la plume d’un militant soit imaginaire soit légendaire issu d’un passé récent et potentiellement toujours vivant dans ce contexte est on ne peut plus malin, vu que le mouvement a pour principales actrices des ouvrières du textiles transgenres, donc des femmes parmi les plus bas positionnées socialement et les plus pauvres qui soit sachant que jamais leurs propres voix ne seraient écoutées ont du moins je le suppose, inventé pour être suivies dans leur combat contre la mise en place de la révolution industrielle par le pouvoir bourgeois qui les auraient privées de toutes sources de revenus et de subsistance « décente » étant donné que pour la plupart d’entre elles ouvrières traditionnelles du textile était leur seule alternative possible à la prostitution comme source de revenus et qu’elles ne voulaient pas que les machines ne leur volent cette possibilité de ressources économiques dont il était certain qu’elles resteraient légales et que le mouvement ouvrier naissant avait déjà la tare, partie ce qu’elles avaient lucidement vu, pour être durable d’être dirigés par des hommes cisgenres blancs, donc disais je partant tout ces constats elles ont très probablement inventé un leader prolétaire homme cisgenre hétérosexuel et blanc imaginaire de toute pièce à leur combat contre leur retour à la misère totale par la disparition de leur principal métier légal possible afin d’être sures que le mouvement ouvrier en le soutenant les soutiennent indirectement dans leur combat contre certaines technologies qui créent de la misère et menacent la survie des plus pauvres et elles ont été suivi ce genre de mouvement étant présents jusqu’à maintenant donc on peut légitimement dire que tout le mouvement luddiste est leur héritage et est né de luttes de prolos hommes travestis en femmes et femmes transgenres et donc à la base était ce qu’on pourrait nommer une sorte de premier mouvement contre la transmisogynie bien avant l’invention de ce concept. En effet alors de mauvaises récoltes on engendré des famines parmi les plus démunis, dont de nombreux travestis et transgenres surtout hommes travestis en femmes et femmes transgenres, travaillant comme couturières, tisserandes et tricoteuses et elles luttent alors contre la création tout juste commencée du libéralisme et de la révolution industrielle qui menacent leurs emplois et leur survie. Elles vont activement participer au sabotage et à la destruction des premières tentatives de patrons d’imposer l’industrie du textile. Il est à noter que les luddites d’alors attaquent armés et masqués, donc de nombreuses femmes transgenres ouvrières du textile armées et masquées ont probablement alors participé à ces opérations de destructions de l’industrie textile naissante, de l’industrialisme débutant et des premières formes de politiques libérales même si bien sur plein de gens dont des hommes ouvriers cisgenre blancs hétérosexuels bien surs, les ont très vites accompagnées dans ces luttes et invisibilisées mais ça leur allait très bien vu qu’elles luttaient pour leur survie qui incluait vu la transphobie existante probablement la prudence de ne pas trop se montrer. Elles ont participé aux collectes d’argent et d’armes à priori et joué un rôle dans le fait de vouloir faire passer une étape au mouvement en organisant une tentative de renversement du gouvernement anglais qui tentait alors de mettre ces politiques en place. Par la suite dans les années 1820 elles font partie des personnes les plus actives dans la destruction systématique des premières machines industrielles destinées à les remplacer dans leur travail. Elles mènent alors toujours dans l’ombre le mouvement qui de conflit social devient du terrorisme à but militant contre la misère et se mue en guerre sociale proprement dite entre les luddistes d’un côté et le gouvernement britannique de l’autre, on estime même qu’à une certaine période le gouvernement anglais avait mobilisé plus d’hommes pour combattre les luddites que pour se battre militairement contre les troupes napoléoniennes au Portugal. Elles ont aussi essayé avec les autres luddites de faire passer une loi pour garantir la protection de leurs métiers en utilisant l’argent récolté pour payer pour cela des avocats au prix fort et participent à du lobbying en ce but mais en vain, la loi n’est pas adoptée. Elles ont aussi participé en même temps aux luttes de luddites pour l’augmentation des salaires de leurs métiers ce qui leur est concédé en revanche par le gouvernement et aux protestations et pamphlets qui dénoncent la décision du gouvernement anglais d’instaurer la peine capitale pour bris de machine, ce qui en revanche est une lutte vaine, la loi passe, des hommes cisgenres luddites sont tués, 13 d’entre eux finissent pendus et rapidement face à l’augmentation extrême de la répression se mouvant en une véritable guerre le luddisme perd la partie n’arrivant pas à gagner son rapport de force contre le gouvernement anglais. Au final les métiers de ces personnes disparaissent remplacés par des machines et les personnes travesties et trangenres prolétaires se retrouvent de nouveau condamnées au « choix » entre se prostituer et ne pas survivre car le refuser alors cela leur revient à littéralement mourir de faim. Cependant leurs environs 20 ans de luttes ouvrières contre le gouvernement anglais leur auront donné une place dans le mouvement ouvrier où tout en restant discrète sur leur condition elles s’infiltreront dès lors chaque fois qu’elles le pourront dans le but de donner main forte à toutes les mobilisations ouvrières qui sont toujours des mobilisations qui vont dans le sens de leur intérêt vu que presque tout les travestis et transgenres blancs alors sont des prolétaires parmi les plus pauvres d’Europe. Elles ont aussi dans les années 1830 les personnes travesties et transgenres prolétaires participé activement au mouvement Chartiste dont les revendications étaient les suivantes : elles réclamaient le suffrage universel masculin, un juste découpage des circonscriptions électorales, l’abolition de l’obligation d’être propriétaire pour être éligible, des élections législatives annuelles, le vote à bulletin secret et l’indemnité parlementaire. Aussi pendant ce mouvement elles contribuèrent à la mise en place des premières coopératives et des premiers syndicats où tout en restant discrètes sur leur identité elles furent aussi actives que possible. Elles participèrent aussi massivement aux grèves ouvrières du début du XIXème siècle. Bien sur elles participèrent aussi parmi les plus actives aux révolutions ouvrières de 1848 dans tout le monde blanc. Dans les années 1850 les mouvements protos LGBT et ouvriers étaient faibles mais elles en étaient toujours des membres parmi les plus actifs.

Seulement ce que les travestis et transgenres n’avaient pas prévus c’était la pathologisation médicale de leurs identités par la bourgeoisie qui allait naitre dans les années 1860 et leur rendre beaucoup plus difficile la participation a un monde ouvrier déjà transphobe de base mais qui de ce fait le devint encore plus que jamais auparavant du fait notamment que son validisme est alors très vif. Cela commence en 1860 en France avec le cas d’une femme institutrice du nom d’Herculine Barbin qui examinée par un docteur fut découverte comme intersexe, ce fut le premier cas de telle « découverte » par la médecine (masculine cisgenre bourgeoise) officielle (qui pour avoir loupé ça pendant aussi longtemps l’a vraiment fait exprès il y a pas d’autres raisons possibles vu qu’on la dit les Romains étaient déjà au courant et leurs successeurs aussi de l’existence d’intersexe c’était clairement juste une excuse hypocrite pour orchestrer leur répression que cette « découverte » semble t’il), les médecins décident alors de forcer cette femme à être déclarée légalement un homme contre son souhait du fait qu’ils jugent ses parties génitales « masculines » ce qui en cette époque où il est en soit un combat pour une femme de pouvoir vivre de son salaire comme elle le fait surtout dans une profession assez fortement prestigieuse comme institutrice qui est une des positions les plus puissantes auxquelles les femmes peuvent alors le plus souvent accéder est un moyen commode pour eux de la renvoyer de force au rôle de femme au foyer moins menaçant pour leur pouvoir, la justice bourgeoise (elle aussi masculine et cisgenre) se met du côté des médecins et la déclare être un homme, la presse (elle aussi majoritairement masculine, cisgenre et bourgeoise) déclenche un scandale médiatique en la présentant comme un homme s’étant honteusement fait passé pour une femme dans le but de donner des cours à des petites filles à l’école primaire pour filles, par la suite devenue pauvre puis dépressive puis suicidaire elle se donne la mort en 1868, peu avant en 1865 un autre scandale a lieu à la mort de James Barry chirurgien de l’armée britannique qui s’avère être un homme transgenre ce qui est découvert à son autopsie et fait alors scandale car il est perçu par l’opinion publique comme une femme qui s’est fait passé pour un homme pour travailler dans l’armée ce qui est alors jugé honteux socialement.

Au début, en gros vers 1867, de la pathologisation de l’homosexualité, seule une minorité de cisgenres pas hétérosexuels particulièrement pauvres, révolutionnaires économiquement et radicaux politiquement lutte contre cette dernière, la majorité la voit comme une avancée car elle permet leur décriminalisation et donc l’accepte dans un premier temps comme une « avancée » partielle de ses droits et de sa considération sociale.

Enfin c’est en 1869, et pour le coup sans aucun accord de la part des travestis et ancêtres des transgenres que les médecins et avec eux la « science » académique « découvrent » ce qu’ils pathologise en le nommant transexualité pour la première fois, en étudiant deux cas de « sentiments sexuels contraires » c’est à dire en l’occurrence ce que nous considérerions de notre regard contemporain comme un homme cisgenre travesti en femme et une femme cisgenre lesbienne nullement travestie ni même masculine que le simple fait qu’elle couche avec une femme suffit alors à faire qualifier de transexuelle pour le pouvoir médical. Ceci dit l’homosexualité vient alors également d’être inventée, de la même façon pathologisante, en tant que concept également, et il faudra en vérité attendre le début du XXème siècle pour que la distinction entre non hétérosexuels cisgenre et de l’autre travestis et transgenres, hétéros ou pas, désignés comme transexuels à l’époque, se crée de façon claire dans le vocabulaire scientifique et se répande dans l’esprit des gens ordinaires. On l’a cependant vu cela ne signifie pas loin s’en faut que leur histoire commence seulement alors ou que ce style d’existence ait été « inventé » à ce moment là, il a derrière lui plusieurs millénaires d’une histoire qu’on commence à peine à oser chuchoter du bout des lèvres.

Dans les années 1870 les travestis et transgenres sont massivement arrêtés et criminalisés, ils l’étaient déjà avant mais sous couvert toujours de lois « anti prostitution » ou « anti sodomie » et le deviennent alors pour la première fois spécifiquement leur existence étant jugé un outrage aux bonnes mœurs, une indécence publique et un attentat à la pudeur. En clair la bourgeoisie tente alors de diviser les luttes des gens qui le sont en tentant par l’intimidation d’en convaincre un maximum d’abandonner l’espace public et leur lutte politique spécifique contre leur pathologisation et d’accepter celle ci et l’obligation de confiner leur identité de genre au secret de leur foyer et à la honte allant avec et ils ne se sont globalement pas laissé pathologiser en dépit de leur pathologisation.

C’est dans le début des années 1890 que voyant que la prison n’est pas suffisante comme menace, même à vie, pour empêcher les travestis et transgenres de lutter contre leur pathologisation, les médecins chargent les psychiatres de psychiatriser de force des transgenres dans des asiles d’aliénés par le biais de tortures psychiatriques ayant pour but de les faire « rentrer dans le rang » en les « normalisant » ce qui était nommé leur donner des « soins ». Bref le plus classique des validismes psychiatriques. Aussi en 1895 l’arrestation d’Oscar Wilde pour « grossière indécence » du fait de son homosexualité et de sa participation à une contre culture underground en ces temps victoriens fondée selon les rumeurs sur l’homosexualité et le travestissement fait beaucoup jaser et rend les sujets que nous dirions LGBT, travestissement et équivalent d’alors de la transidentité compris, massivement connus et célèbres et au cœur des débats sociaux de la société blanche pour la première fois et ils allaient le rester et l’être de plus en plus jusqu’à maintenant. Quand à la véracité de ces rumeurs elle n’est pas facile à établir car l’underground de la société victorienne était varié et très divers et ce jugeait milieu par milieu au cas par cas il pouvait être hétéro ou ne pas l’être, être homo ou ne pas l’être, être, être lieu de travestissement ou pas, être transgenre ou pas. Et bien sur underground travesti, transgenre et homo pouvaient se recouper ou pas et concernant Oscar Wilde si sa non hétérosexualité et sa fréquentation de l’underground homosexuel masculin de l’époque sont hors de doute rien ne permet d’infirmer ou de confirmer qu’il se soit travesti ou pas. Par contre cette rumeur quoi qu’infondée a permis à beaucoup de travestis et transgenres blancs à l’époque de voir en lui une figure positive à laquelle s’identifier dans leur combat pour conserver leur mode de vie contre la répression et les normes sociales.

Et c’est dans de telles conditions que débuta l’histoire des travestis et transgenres au XXème siècle. C’est en 1910 que Magnus Hirschfeld invente le terme travesti, c’est un médecin qui milite dans l’optique de l’obtention de droits des LGBT par leur pathologisation dans le but de les décriminaliser. Depuis la masses des gens tendent à nommer travestis, et depuis la Première Guerre Mondiale le plus probablement vu que c’est de cette époque que date les insultes LGBTphobes pour la plupart d’entre elles dont je suppose le terme péjoratif de travelo, notons cependant qu’alors travestis comme on l’entend aujourd’hui c’est à dire gens s’identifiant généralement de leur genre « biologique » et transgenres sont perçus indistinctement par les gens et subissent le même sort. Alors les travestis et transgenres socialisaient surtout aux bals, on eu une visibilité grandissante de même que les LGBT plus largement du fait que la grande guerre a beaucoup renforcé la binarité de genre en inventant l’idéal de l’homme cisgenre blanc soldat patriote au front et de la femme blanche soit au foyer soit infirmière contribuant à l’effort de guerre par le soin qu’elle apporte à sa maison, à ses enfants, à son époux et aux hommes blessés contraints d’être à l’arrière eux aussi de ce fait et par conséquent elle aussi patriote à sa façon. Un idéal qui sert beaucoup la propagande de militarisation de la société alors et renforce forcément par contrecoup beaucoup la transphobie, l’hostilité envers les non hétérosexuels et l’injonction faite aux hommes cishétéros d’être masculins et virils et celle faite aux femmes cishétéros d’être féminines et dominées par les hommes (avec le sourire obligatoire en prime). Au fait puisque je faisais des hypothèses sur la chasse aux sorcières comme probablement une des causes majeures de la chute de statut des travestis et des transgenres à l’époque moderne un autre indice qui va dans ce sens est l’opinion générale de la très grande majorité des gens cisgenres hétéros à propos de ce que nous nommerions aujourd’hui les LGBT à l’époque de la Première Guerre Mondiale, tout indique plus que nettement que la mentalité de la plupart des cisgenres hétéros à leur sujet alors était « il faut les brûler sur des buchers » et que c’était exactement ce qu’ils pensaient des travestis et transgenres d’où le fait assez peu étonnant que ces derniers comme la plupart des groupes minoritaires descendants de ceux qui ont été visés par la chasse aux sorcières étaient alors très majoritairement internés à vie en psychiatrie dans des asiles d’aliénés ou faisant tout pour être aussi discrets que faire se peut afin de ne pas le devenir. Heureusement le conflit finit par prendre fin et avec la paix retrouvée la rigidité des normes de genre binaires s’assouplit et le sexisme et les LGBTphobies diminuèrent. C’est dans ce contexte qu’en 1919 Magnus Hirschfeld fonde l’Institut de Sexologie de Berlin en Allemagne, première clinique à prendre en charge des patients transexuels (ce qui signifie toujours travestis et/ou transgenres à la fois à l’époque) et à les étudier, en les pathologisant mais dans l’idée de les faire décriminaliser. Aussi beaucoup de personnes travestis et transgenres commencèrent alors à adopter cette politique et à se percevoir elles mêmes comme « folles » et « malades ».

Pour autant les années 1920 furent les années « folles » aussi dans le sens où travestis et transgenres se virent alors gagner beaucoup de luttes, déjà certains devinrent principalement dans la bourgeoisie des stars célèbres et figures identificatrices pour les travestis et transgenres de leur époque comme le docteur Alan Hart homme trans qui en 1917 a fait sa transition par hystérectomie, ensuite c’est vers 1920 que les cliniques de sexologie on crée les premières opérations de changement de sexe modernes ou on ne se contentait pas de virer les organes génitaux associés au sexe « biologique » mais on les remplaçait par des organes génitaux de « l’autre sexe » ce qui a donné pour les trans pouvant se le permettre la possibilité de transitionner comme homme trans ou femme trans sur la base de cette opération. Beaucoup de femmes trans l’ont alors fait. C’est en 1923 que constatant la différence entre les travestis qui se déguisait en un autre genre que leur genre assigné à la naissance mais se reconnaissaient en ce dernier et les « transexuels » dont ce n’était pas le cas qui voulaient vraiment être d’un autre genre que celui auquel ils étaient assignés et bien souvent souhaitaient une opération pour devenir des hommes ou des femmes que Magnus Hirschfield fit le premier la distinction entre travestis d’un côté, qui a à partir de cette date son sens qu’il a conservé jusqu’à maintenant,  et transexuels de l’autre qui est le mot le plus récent utilisé pour nommer ceux qu’on nomme de nos jours transgenres. Cependant il est à noter que si la plupart des trans blancs préfèrent de nos jours le terme de transgenre pour se nommer à celui de transexuel qui leur semble péjoratif et limitant ce n’est pas le cas de tous et une forte minorité de transexuels en désaccord avec la majorité transgenre tiennent à ce qu’on les désignent par ce terme auquel ils sont attachés et pas par le plus récent dans lequel ils ne se reconnaissent pas pour des raisons liées à des débats nettement plus récents entre trans que j’évoquerais donc plus tard au cours de cet article. D’où mon choix du titre histoire des trans qui est un terme large regroupant travestis, transgenres et transexuels de ce que j’en ai compris.

On notera aussi que les années 1920 c’est une époque de changement d’esthétiques possibles pour les femmes qui s’élargissent, des femmes même cisgenres et non travesties se mettent à jurer, insulter, fumer comme des camions de pompiers et surtout porter des pantalons et si c’est en grande partie l’industrie du tabac qui a financé la mode en question pour relancer ses ventes en la taxant de « féministe » et d' »émancipatrice » elle a malgré cette récupération évidente par le capitalisme permis à la bataille pour la culotte d’être remportée par les femmes qui ont eu le droit de porter ce qu’elles voulaient au bout du compte ce qui a permis de mettre nettement plus à l’aise énormément de femmes même cisgenres et féminines trouvant le pantalon pratique, quasiment toutes les femmes masculines qui préféraient de loin le pantalon, les féministes qui ont fait de ce pantalon un symbole esthétique de leur combat, les lesbiennes et bisexuelles qui ont fait de ce dernier un aspect d’une esthétique leur permettant une reconnaissance mutuelle discrète entre elles, les femmes travesties en homme qui étaient de ce fait nettement mieux tolérées et plus à même de passer inaperçues qu’auparavant et bien sur les hommes trans qui se voient autorisés bien plus de confort et de discrétion et devenir un peu moins mal acceptés du fait de cette mode qui fait que désormais la plupart des gens ne les repèrent plus directement comme des hommes transgenres en général du premier coup d’œil mais les prennent pour en gros des « féministes lesbiennes cinglées » ce qui d’un côté les invisibilise mais de l’autre améliore leur sort. Je rappelle quand même que la société blanche d’alors veut toujours majoritairement voir les femmes cisgenres lesbiennes et les hommes transgenres au bucher globalement mais continue de s’acharner avec nettement plus de violence contre les hommes trans que contre les lesbiennes cisgenres d’où le fait qu’alors la plupart des hommes trans acceptent leur marginalisation invisibilisante. Aussi c’est à la fin des années 1920 que les artistes, généralement bourgeois mais pas automatiquement, commencent à intégrer des personnages et thèmes liés aux travestis et trans dans leurs œuvres. Principalement y sont représentés des personnages travestis et/ou trans, ou d’un genre compliqué car c’est dès cette époque notamment dans le cadre des genres artistiques et culturels de science fiction, fantastique et fantasy que la fiction commence des expérimentations très denses, variées et diverses de possibles de genre et de sexualité, la sexualité des trans et travesti étant alors clairement au centre de la plupart des œuvres sur des thèmes trans qui sont très souvent pornographique et même quand elles ne le sont pas sont généralement teintées de questionnements sur le sexe et la sexualité, on y trouve aussi des côtés pro LGBT comme on dirait maintenant généralement plus qu’évidents, des critiques de la répression policière dans les bars gays, souvent un fort côté comique et des questionnements existentiels et philosophiques et aussi le début de la rhétorique d’être né dans le mauvais corps et d’être une femme dans un corps d’homme ou l’inverse pour parler des trans ce qui si la plupart des trans de maintenant encore que pas tous jugent que c’est une façon péjorative et réductrice de les considérer est encore une forme d’expression qu’une forte minorité d’entre eux qui y tiennent emploient et à laquelle où elle est crée ils tiennent et qui à l’époque est clairement un but revendicatif de leurs droits et est unilatéralement émancipatrice, ce n’est que bien plus tard qu’elle est devenue jugée rétrograde et humiliante par une majorité de trans comme on le verra par la suite. Aussi je note enfin que l’habit masculin lui n’a pas changé, les hommes cisgenre même très féminins ne militent très majoritairement pas pour porter des robes et des jupes, et donc les femmes trans continuent d’être très facilement repérées, moins bien acceptées et plus mises en danger que les hommes trans globalement.

Dans les années 1930 l’actrice d’Hollywood Marlene Dietrich extrêmement populaire adopte la mode féminine « féministe » d’alors de se vêtir à la garçonne c’est à dire avec des vêtements masculins et son exemple en fait une mode banale communément suivie et très populaire au cinéma et dans les défilés de mannequins. Dès lors une femme qui met des vêtements masculins ou un pantalon n’est plus perçu automatiquement comme féministe ni même comme masculine et est acceptée comme étant juste une femme à la mode, cependant les rumeurs, jamais infirmées ni confirmées et qui semblent avoir eu très peu de fondements comme quoi elle serait une lesbienne ou un homme trans en réalité circulaient alors. Du coup même si ce n’était plus suffisant pour être identifiée comme « féministe probablement lesbienne » ou « homme trans » directement d’avoir un vêtement et des attitudes masculines en ayant l’air d’être une femme il continuait d’en faire planer un léger soupçon dans l’opinion public assez automatiquement en ce cas comme c’est encore le cas maintenant  d’ailleurs à part pour le pantalon féminin qui s’est beaucoup banalisé depuis. Cependant ce qui est sur c’est que beaucoup d’hommes trans ont vu en cette mode et en Marlene Dietrich qu’ils aient cru ou pas à la rumeur comme quoi c’était un des leurs, un soulagement et une figure identificatoire et émancipatrice. Le cas de l’artiste Lili Elbe, femme trans danoise de la grande société de l’époque qui fut la première personne trans dont l’opération, et la mort tragique, fut massivement connue a été un grand déclic pour beaucoup de gens, le travestissement et la transexualité furent mieux connus, distingués et compris et l’objet de nombre de discussions animés dans les cercles intellectuels, artistiques, culturels et scientifiques surtout mais aussi dans l’opinion publique d’alors qui découvre la sexologie en général et ces questions en particulier avec un mélange de curiosité et de passion assez impressionnant qui est d’ailleurs la principale source de la popularisation de la psychanalyse dans l’opinion publique d’alors. En effet en 1933, le psychanalyste Carl Jung observant ses patients crée une théorie qui fait scandale car elle assouplit considérablement la binarité des genres, la théorie de l’Anima et de l’Animus qui dit en gros du moins c’est comme ça qu’elle est le plus largement comprise et entendu par la majorité des gens que tout le monde a un côté féminin et un côté masculin plus ou moins prononcés et que l’assumer c’est cool et nécessaire au bien être psychologique. Bon si on s’y penche plus en détail on voit qu’il y a dans ces théories un impressionnant ramassis de conneries et de raccourcis terriblement simplistes mais l’idée de base, ou du moins ce qu’en ont retenu et compris les gens était plutôt émancipateur. Cependant avant de revenir dessus plus en détail je tiens à revenir sur Lili Elbe qui du fait de la reprise de son histoire dans le célèbre film Danish Girl sorti en 2015 est probablement de nos jours la personne transgenre la plus connue.

Source : http://bilerico.lgbtqnation.com/2008/02/transgender_history_into_the_modern_age.php

Bon pour le coup ce film il va falloir que j’analyse sa réception en détail car ça en dit beaucoup sur ce que pense la société des transgenres et travestis globalement aujourd’hui que la façon dont un film dont le thème central est leur manque d’acceptation dans les années 1920 est reçu. Déjà on peut noter que c’est avant tout vu son nombre impressionnant d’oscars et récompenses en tout genre, le milieu du cinéma bobo qui s’est auto congratulé à mort de l’existence de ce film qui lui a semblé être la preuve de son progressisme et des messages politiques émancipateurs que peut porter son art. Sans surprise la bourgeoisie de droite, surtout celle catholique d’extrême droite, a été scandalisée par l’existence du film en elle même tout comme elle est scandalisée par l’existence des travestis et transgenres et des LGBT de façon générale. Cependant si la critique de droite du film est ouvertement transphobe, il en fait pas non plus l’unanimité dans la critique de gauche du film qui trouve souvent qu’il est trop académique, comprendre qu’il a un message trop limpide et susceptible d’être compris par toutes les classes sociales pour être à leur goût voir dans des journaux de merde pour bobos genre les Inrockuptibles va jusqu’à être encore plus direct dans son mépris de classe en mettant en avant de façon explicite qu’à ses yeux la plus grande tare du film est d’être je cite « grand public ». Les critiques de cinéma professionnels en France on a aucune idée de si ils ont ne serait ce que vaguement capté le message du film ou pas mais ce qui est sur c’est qu’ils ne le digèrent pas vu qu’ils font tout soit pour ramener le succès du film au fait que l’acteur principal Eddie Redmayne est doué et beau gosse ce qui sachant qu’il est supposé joué une femme trans et que son choix pour ce rôle a de ce fait été contesté par des femmes trans souhaitant voir une actrice trans l’incarner n’a rien d’anodin et ressemble à un compliment aux allures de baiser de mort pour le message anti transmisogynie qu’est censé porter le film soit tout pour être transphobe et transmisogynes dans leurs critiques elles mêmes qui se rapportent généralement au fait de considérer que la féminité de l’acteur principal à l’air fausse et exagérée, forme de transphobie très courante envers les femmes trans dans la vrai vie. D’ailleurs les accusations qui y sont portées sont toutes milles fois entendues par les hommes travestis en femmes et les femmes trans, « minauderies », « mièvre », « maniéré », « efféminé », « cul-cul », « superflu », « bizarre », rien de nouveau sous le soleil la gêne de l’homme cisgenre bourgeois de base moyen face aux expressions de la féminité chez des personnes hommes ou assigné homme s’y lit sans grande surprise. Je constate juste que comme d’habitude le niveau des « critiques » de cinéma dans leurs « analyses » est à pleurer, c’est juste du j’aime/j’aime pas et je pige pas bien qu’on les paye pour pondre ce genre de textes mais c’est un autre problème. Autre fait parlant la presse bourgeoise féminine est bien plus tendre avec le film que la majorité des bourgeoises ont aimé et salué même si la plupart sont passées à côté des thèmes trans du film pour n’y voir qu’une très belle histoire d’amour. Cela va peut être paraitre étonnant mais la seule critique de presse française du film que j’ai lu où il est limpide que l’autrice du commentaire a compris qu’il s’agit d’un film sur la transidentité vient du magazine féminin Elle qui par ailleurs est un des seuls magazines de bourge (dans sa direction j’entends) a vanter les mérites du film et le louer. Je crois que ça en dit long sur à quel point ce sont plus les privilèges masculins des hommes bourgeois cisgenres que quoi que ce soit d’autre que défendent les bourges transphobes. D’ailleurs globalement la bourgeoisie a trouvé le film moyen et oubliable tandis que le prolétariat « grand public » l’a beaucoup aimé, déjà rien que ça prouve que malgré tout ses défauts il a vraiment eu une portée émancipatrice et positive pour les droits des travestis et des trans de mon point de vue. Sans surprise dans le prolétariat comme dans la bourgeoisie ce sont les gens les plus transphobes qui ont eu le plus de mal à supporter le film, avec quand même des gens qui se plaignent que le film n’ait pas assez montré de gens cassant la gueule à la femme trans personnage principal du film au prétexte que leur absence fait qu’ils ne peuvent pas s’y identifier à qui que ce soit car personne dans le film ne réagit comme eux, eux car évidemment ce sont quasi toujours des hommes hétéros cisgenre qui veulent par leur violente transmisogynie soumettre à leur domination les femmes et les personnes LGBT. Leur emploi d’ailleurs quand ils ne sont pas physiquement violent de discours sexistes biologisant le genre et de discours validistes pathologisant les trans est automatique. Ainsi que le référentiel religieux qui dit bien à quel point les LGBTphobies sont encore principalement dans la société blanche causées par les discours dominants des hommes d’Église sur ces sexualités et identités de genre minoritaires. Avec bien sur références multiples et très explicites au fait d’être contre les droits des trans chez ceux qui ont détesté le film parmi les prolos. Bon après visiblement ce n’est qu’un prolo sur mille qui est dans l’optique de désirer que les violences envers les trans continue, ils sont donc très vocaux et très des connards mais complètement minoritaires aujourd’hui et n’ont le pouvoir de le faire que car la bourgeoisie le leur permet et trouve leur existence bien arrangeante pour son pouvoir globalement. 5% de personnes prolos hostiles aux transgenres veulent le retour de leur psychiatrisation forcée. En fait la majorité des prolos hostiles au mouvement transgenre le sont par confusion pensant que celui ci veut imposer à tout le monde de devenir trans et interdire de ne pas l’être, ce qui globalement est généralement faux la plupart des trans veulent juste pouvoir vivre leur vie pépère tranquille sans risquer d’être tués, violentés, violés et obligés de faire des métiers illégaux pour survivre, que l’on accepte leur identité de genre et qu’on les laisse transitionner tranquille et vivre leur vie en tant qu’homme, femme ou autre au calme et point barre et c’est pour ça qu’ils militent, que les autres personnes soient à 99% pas comme eux ne les dérangent nullement pour la très grande majorité d’entre eux. On voit clairement cependant que chez les prolos transphobes la volonté d’invisibiliser les trans et de nier leurs souffrances est très commune ainsi que le rejet très explicite de l’androgynie et de l’assouplissement de la binarité des genres. Aussi je note une nette polarisation de genre de la réception, les hommes prolos semblant globalement avoir bien plus de mal a accrocher à cette histoire que les femmes prolo qui elles tendent majoritairement à voir cette histoire comme une très belle romance et une énonciation subtile de toutes les formes que peut prendre la féminité. D’ailleurs même chez les hommes prolos qui ont juste pas aimé on sent souvent une gêne face à l’esthétique très féminine (« guimauve ») et sexualisée du film et même si c’est pas 100% certain je me demande si il n’y a pas un peu de misogynie dans ce réflexe de rejet que bien trop d’hommes cishétéros prolos ont face à tout ce qui est légèrement girly ou sexuel mais d’un point de vue féminin, cela me parait assez souvent probable. Après encore une fois ça c’est genre 5% du total des gens prolos qui l’ont vu. Parmi ceux qui chez les prolos l’ont trouvé moyen il y en a beaucoup qui ont juste pas aimé certains choix esthétiques du film n’ayant rien à voir avec son thème donc juste ont pas accroché à cette manière de filmer et point mais aussi quelques uns qui ont admis clairement qu’étant hétéros et cisgenre le sujet les intéresse juste pas et ne leur parle pas des masses vu qu’ils ne s’y retrouve guère ce qui est compréhensible, et aussi des gens qui juste supporte pas les mélodrames ce que je comprends moi qui ait plutôt bien aimé celui là mais que d’ordinaire ils ont une forte tendance à gaver considérablement aussi. La plupart cependant concèdent au film son intérêt pour son aspect historique et la rareté du traitement du travestissement et de la transidentité au cinéma. Ceci dit il y a aussi des personnes cigenres prolos qui ont trouvé le film très moyen notamment car elles ont trouvé les stéréotypes sur les femmes trans et la pathologisation des travestis et trans rampants dans le film rétrogrades à en être durs à supporter et même si globalement j’ai plutôt bien aimé je comprends cette critique et je suis d’accord avec. Les prolos LGBT comme les bourges LGBT ont globalement trouvé le film bien et pensé qu’il était utile à leurs causes, je suis aussi de cet avis, même si les plus critiques d’entre eux vis à vis du film soulignent souvent ce en quoi je suis aussi de leur avis que bordel ce film reste terriblement consensuel et dépourvu d’aspect de critique sociale, se contentant par excès de prudence de rester dans la biographie pure, ce qui fait que de la transphobie et globalement de l’hostilité aux LGBT à l’époque et de ses échos de nos jours on en verra rien du tout dans le film, ni des combats livrés pas seulement individuellement mais collectivement par ses communautés pour leurs droits d’exister. Sachant que Suffragette qui parle du combat des femmes pour le droit de vote dans les années 1910 sorti la même année ou Pride sorti l’année d’avant parlant de la lutte commune des ouvriers et des gays et lesbiennes en 1984 eux ont eu une réception critique positive quasi unanime en osant aborder des thèmes relativement liés de front c’est pas vraiment pardonnable. Cependant visiblement les thèmes trans ça reste plus tabou et osé à aborder au cinéma que les thèmes cisgenres pas hétéros de nos jours et on peut légitimement reprocher au film de ne pas se mouiller préférant la course aux Oscars à un message de lutte sociale plus net et donc demeurant très libéral dans son propos qui s’arrête finalement à la défense de la liberté individuelle des personnes trans…et c’est déjà bien mais c’est tout en fait. La réception majoritaire dans le prolétariat cishét autant que LGBT cependant ça a été d’apprécier le film pour ses qualités de cinéma très classique bien foutu, son message positif envers les travestis et trans dans l’idée de leur acceptation, le fait que ce film a aidé pour beaucoup à clarifier ce que sont les travestis et trans et à découvrir leur existence, le fait que le côté historique du film a eu pour eux un aspect éducatif. Aussi pas mal de personne LGBT même ayant beaucoup aimé le film milite pour que d’autres films soit fait évitant que celui ci ne fige trop l’image de la transidentité dans la tête du grand public dans une représentation majoritaire de celle ci qui a trois générations de retard par rapport à ce qu’elle est le plus souvent actuellement et ne donne aux gens une vision bien trop monolithique de ce qu’est une personne trans et aussi pour que la prochaine fois des personnes transgenres soit employées comme acteurs et actrices pour jouer des rôles de personnages trans notamment car cela ferait un nouvel emploi possible et légal pour une communauté durement touchée par le chômage chronique et la contrainte à soit travailler dans l’industrie du sexe soit crever la dalle faute d’argent et de nourriture pour la majorité de ses membres encore de nos jours et qui souhaite voir son acceptation sociale et les métiers lui étant accessibles s’étendre. Je ne peux que leur donner raison d’autant qu’en effet si le film a fait que maintenant tout le monde sait ce qu’est une personne trans dans les grandes lignes et que ça existe (même si les gens pour la plupart ne distinguent pas entre transexuel et transgenres et perçoivent les transgenres comme transexuels ce qui les énerve autant les uns que les autres en général) ce qui était loin d’être le cas avant il est très loin de rendre les problèmes des trans actuellement compréhensibles et connus du grand public et de les y sensibiliser au delà de la base de la base de « taper les trans c’est pas bien et les pathologiser non plus » qui est globalement déjà acquise chez la plupart des gens maintenant et de leur donner une vague idée de ce que peut être le vécu d’une personne trans.  En fait les deux plus gros écueils que j’y vois même chez les gens que le film a beaucoup enthousiasmé concernant ce qu’il dit de la cause trans c’est d’une part que le film starifie bien trop son acteur principal qui devient pour beaucoup la raison principale d’aimer ou pas le film ce qui vu qu’il reste un homme cisgenre invisibilise quand même beaucoup le propos central au thème du film qui est censé être de raconter l’histoire d’une femme trans et le fait que vu le contexte où l’histoire trans en dehors de ce film est quasi inaccessible au grand public il donne la fausse impression au grand public que ce type d’identité est une invention récente rendue possible par les évolutions techniques du XXème siècle de ce fait des films sur d’anciennes figures historiques de travestis comme le Chevalier d’Eon ou Jeanne d’Arc ou de trans comme James Barry voir d’intersexe comme Herculine Barbin qui ont vécu à des périodes antérieures se centrant sur le thème du rapport au genre et de sa critique sociale seraient plus que bienvenues pour éviter cet écueil collectif dans les prochaines œuvres grand public abordant ce thème, ainsi que des films sur des périodes plus récentes qui parlent de la lutte trans et de ses figures centrales en elles mêmes dans les mouvements récents et se mouillent un peu à un tant soit peu de courage politique en prenant parti pour une lutte actuelle et pas pour une lutte déjà gagnée à l’époque où ma grand mère était jeune comme c’est le cas de celle que ce film conçus pour les Oscars dépeint. Cependant selon les historiens apparemment le film est nettement plus proche de l’histoire de Lili Elbe que le roman sur lequel il est basé du même nom et est globalement assez fidèle en terme de reconstitution historique de la période et de la perception des travestis et trans alors, source ici en anglais pour ceux qui veulent plus de détail sur les points communs et différences entre la vraie Lili Elbe et celle du film :   http://www.historyvshollywood.com/reelfaces/danish-girl/. Enfin du côté de la réception par la communauté trans, la très grosse majorité a adoré le film mais les critiques précédemment citées y ont toute été faites notamment par les personnes de cette communauté que le film a le moins enthousiasmé et un débat interne sur si il était plus pertinent d’avoir une actrice trans dans le rôle principal ou que le film ait une tête d’affiche grand public déjà connu pour être sur qu’il soit vu par un maximum de monde a été la dissension la plus vive à son propos mais globalement les gens ont fini par s’accorder sur le fait qu’en l’état où était les droits des trans et le nombre de trans travaillant effectivement dans l’industrie du cinéma en tant qu’actrices ou dans d’autres rôles ce défaut du film était en gros inévitable vu la situation actuelle et donc pardonnable tant qu’on s’assurait que des femmes trans puisse jouer leur propre rôle dans les futurs films à venir sur le sujet, même si la majorité des personnes trans jugent apparemment chez les trans prolo qu’on s’en fout un peu que la personne qui joue un personnage trans soit trans ou pas car le boulot d’un acteur est de jouer des rôles qui ne lui ressemble pas nécessairement et que tout le monde puisse jouer tout les rôles leur parait évident mais qu’il faut surtout se centrer sur le fait de permettre l’accès des personnes trans à tout les métiers au cinéma comme ailleurs pour faire avancer leur cause et leur représentation. J’admets que réflexion faites je suis d’accord tout ces débats sur qui à droit de jouer quel rôle ou pas commencent à devenir un peu ridicules et autant partir du principe que tout le monde peut tout faire et plutôt se demander pourquoi il y a tellement peu de gens issus de tel ou tel minorité dans certains métiers et comment remédier à ce problème et y permettre leur inclusion afin qu’on se retrouve plus avec la situation de devoir coller un mec cis connu dans le rôle d’une femme trans en protagoniste pour que le film puisse être vendable faute de femme trans connue à mettre en tête d’affiche par exemple. Une minorité de personnes trans ont cependant très mal pris le film le jugeant comme les mettant dans des rôles de monstres de foire, blessant, hors de propos, réducteur, incorrect et sans rapport avec leur vie cependant j’ai jamais vu ce genre de propos de la part de trans pas bourgeois, de même pour ceux de gens d’extrême droite catholique trans se pathologisant eux même à fond mais vu que c’est le genre de personne qui considère toujours l’homosexualité comme une maladie on peut dire que c’est une très petite minorité sans craindre de faire erreur. Enfin chez les rares trans prolos à ne pas avoir du tout aimé le film c’est au contraire son côté lisse et politiquement correct qui les a soulé ils auraient préféré voir l’histoire de trans dans un milieu populaire, une histoire qui aborde au moins un peu le thème du travail du sexe, une histoire surtout qui montre clairement l’horreur des violences transphobes plus que de jolis décors sur lesquels le film s’attarde bien trop à leur goût, du militantisme, de vrais engueulades, et moins d’aspect policé forcé du langage et du ton qui à leurs yeux rendaient le film peu crédible car pas super réaliste, critiques que je comprends toutes mais dont j’arrive pas à comprendre comment on peut s’attendre à ce qu’un film conçu pour plaire au milieu du cinéma bobo que tout cela rebute y corresponde, si les gens en question veulent ça clairement ils vont devoir le créer tout seuls en mode ciné indépendant car l’industrie du cinéma aujourd’hui est terriblement frileuse pour ce qui est d’aborder…la moindre petite prise de risque aussi faible soit t’elle en fait. Donc globalement c’est probablement le meilleur film existant sur le thème trans mais c’est surtout car il en existe quasi aucun plus que pour sa qualité intrinsèque car si en soit c’est un bon film il n’a rien de particulièrement fort en terme de critique sociale et donc n’est « militant » que de façon très modérée, juste ce qu’il faut pour faire avancer la cause d’un pas de souris mais pas plus, et pareil il fait facilement parti du top 100 des meilleurs films sur les LGBT et sur les femmes et du top 100 des meilleurs films antisexistes mais c’est principalement car la quasi totalité du cinéma est d’un point de vue totalement cisgenre hétérosexuel masculin normé dans son expression de genre (ce que j’entends par là c’est que même des films avec des mecs cishét un tant soit peu efféminés ou déviants des normes il y en a pas des masses non plus) et sexiste, souvent ouvertement d’ailleurs, dans son propos ce qui fait que les rares films qui sorte de ce point de vue sont antisexistes par défaut et qu’aussi modéré qu’il soit le seul fait que ce film soit du point de vue (tenté du moins) de l’histoire d’une femme transgenre et grand public le rend indispensable dans une filmothèque « militante ». D’ailleurs puisque j’y suis les films sur des personnes handicapées bien foutus il y en a encore moins car le cinéma est encore plus validiste que sexiste. En clair une filmothèque militante à peu près correctement remplie, avec genre 1000 films par exemple dedans si on veut qu’elle reste grand public et accessible à tous on peut qu’y mettre des films grands publics sur des prolos, avec la plus grande diversité ethnique possible, et encore même ça c’est pas de la tarte à obtenir, en fait pour y arriver on aura obligation d’aller chercher du cinéma grand public de partout dans le monde et tant qu’on reste sur du accessible à tous donc traduit pas obligatoirement sous titré en trouver beaucoup plus va être chaud en fait et ouais clairement c’est peut être mes maigres connaissances en cinéma qui me font dire ça mais je voit très mal comment faire une filmothèque militante sans que la très grosse majorité des films y parlent de l’histoire de mecs prolos blancs cisgenres hétéros valides. Et le pire c’est que vu que les 2/3 des films sont centrés sur des histoires de bourges même ça ce serait militant et un exploit en soi même si pour le coup si j’avais de quoi payer sa création une filmothèque avec ça dedans je pourrais sélectionner la liste de film à y mettre et la créer sans grande peine par contre. Seulement voilà même si je faisais mon maximum en l’état actuel de mes connaissances seul le tiers des films auxquels je peux penser auraient pour thème d’autres minorités du prolétariat, et encore pour certaines minorités comme les trans on l’a vu je serais obligée de prendre des films qui parlent de bourges l’étant car les films qui parlent de trans prolo et sont accessibles au grand public ça existe pas à ce que j’en sais du moins. Et c’est en gros pareil dans tout les domaines artistiques et culturels. Ce monde là pour le bouger de ses certitudes et de sa bourgeoisie dominante sur tout les plans hégémonique ça va être putain de long. Et je suis d’accord avec la plupart des trans prolos pour le coup sur cette question de la diversité des représentations dans la culture au sens large le seul moyen de la rendre effective est de l’imposer en redonnant le contrôle de toute la chaîne de production aux gens qu’elle est censé représenter c’est à dire à tout le monde. Il suffit d’aller voir ce qui se fait dans la culture populaire de masse produite par les gens eux mêmes telle qu’elle existe pour voir que si on nous laisse les outils pour tous nous exprimer le problème de la représentation n’existerait plus alors c’est ça qu’il faut qu’on arrache la production culturelle à la bourgeoisie et lui reconquière ce domaine pour pouvoir juste y exister et nous y réaliser bien au delà du simple fait de servir de quotas diversités.

Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-140552/critiques/presse/

Bref j’ai beaucoup dévié là donc je revient sur cette histoire d’Anima et d’Animus. Anima = représentation féminine au sein de l’imaginaire de l’homme. L’idée que l’archétype inconscient naitrait avec la personne et ferait partie de la nature de l’homme a été battu en brèche dès la décennie suivantes même si il y a plein de psys rétrogrades pour y croire encore, qui le projette automatiquement sur sa mère puis sur toutes les femmes (évidemment ça aussi dès la décennie suivante plus personne n’y croit à part les psys). Je vais pas trop m’étendre sur le détail mais juste voir à quel stéréotype la représentation de l’Anima fait coller la féminité, elle est décrite comme Vie, donné biologique, immanence, donné holistique, régulatrice, donnant à l’homme l’expérience et la connaissance, mauvaises humeurs, caprice, habitude de se donner en spectacle, sentiments, affects, rêve, fantasme, séductrice, diabolique, le désir…bref que des gros clichés qui collent à la peau des femmes depuis lors. Le développement de la maturité affective de l’homme dans cette théorie est supposé aller de pair avec sa confrontation progressive à 4 figures de l’Anima : 1-La femme « primitive » : Eve, Aphrodite, les Sirènes, les femmes fatales ou Salomé bref toutes les féminités jugées être de « Femme Sauvage » concept dont le racisme n’a pas échappé aux féministes non blanche qui l’ont très rapidement et vivement critiqué qui hiérarchise clairement les féminités en invalidant les leurs par rapport à celles des femmes blanches et bien sur dégradant toutes les expressions de genres non blanches celles de non blancs percevables comme hommes hétéros et cisgenres compris tout non blanc étant dans cette théorie réduit à sa perception comme un être « sauvage » « racialement inférieur » et « immature ». 2-La femme d’action, incarnée ici par Diane, Hélène de Troie ou les Amazones par exemple, en gros la femme dominante qui a du pouvoir et que l’homme doit selon cette théorie psychanalytique apprendre à mater et soumettre pour murir psychiquement les hommes blancs ne le faisant pas étant jugés immatures affectivement, ce que tout homme blanc pas cishét et tout hommes cishét blanc efféminé et/ou soumis peut légitimement trouvé offensant à son égard. 3-La femme de sublimation genre la Vierge Marie, Isis ou Démeter qui est censé initier l’homme en lui révélant son rôle masculin. Je perçois pas comment et quand Isis et Démeter on fait ça mais bon je suppose que c’est la femme catholique gnostique un idéal de féminité de catho de gauche qui est loué ici 4-La femme sage, Sophia, la fée, la Mère Universelle ou Mona Lisa par exemple initiatrice également qui lui sert de guide « spirituel » en quelque sorte en étant réduite à une allégorie de la sagesse féminine désincarnée, une muse inspiratrice qui adoucit les mœurs masculines et rien de plus ce qui montre d’ailleurs la très mauvaise connaissance par les théoriciens blancs de l’Anima des mythes auxquels ils se réfèrent qui correspondent assez peu aux définitions qu’il en donne quand on les connait un minimum, déjà rien que la distance qu’il met entre les sirènes et les fées montre qu’il ne sait quasi rien de ces deux figures en bien des points semblables par exemple.

L’Animus c’est la même en inversé la « part masculine » des femmes, séducteur, diabolique, violeur, opinions (qui restent celles de femmes donc toujours jugées annexes et inutiles à écouter), créateur, matrice du verbe fondateur, initiative, courage, sagesse spirituelle, objectivité (oui car sans son côté masculin selon cette théorie la femme est toujours subjective c’est à peine sexiste). La femme doit s’y confronter là aussi en quatre étapes pour gagner en maturité affective et ne surtout pas devenir virago c’est à dire masculine en quoi que ce soit dans son expression de genre ou « pire » lesbienne, bie, travestie voir carrément homme trans ou personne non binaire. Et donc pour devenir une « vraie femme féminine » certifiée AOP elle doit passer selon cette théorie par quatre étapes, la première la confrontation avec 1-l’homme primitif soit Tarzan, le sportif ou Dionysos par exemple (exemples aussi WTF que ceux d’avant certes), donc même racisme qui invalide toute masculinité non blanche chez la femme comme chez l’homme comme « sauvage » et « primitive ». 2-Ensuite elle rencontre l’homme d’action un militaire, un guerrier ou plus récemment l’exemple d’Indiana Jones en a été donné qui je suppose vu que c’est pas écrit est censé la soumettre et auquel elle doit accepté de se rendre pour être bien féminine « comme il faut ». 3-Ensuite elle rencontre un homme séducteur le genre Don Juan et est supposée se laisser séduire car être docile et une merde à la baston ne suffit pas pour être femme il faut être dans la dépendance d’un homme non seulement par contrainte de force physique mais aussi par volonté d’après cette théorie sinon on risque d’être une femme intellectuellement indépendante, l’horreur absolue pensez vous une femme dont les pensées et les paroles sont libres de domination masculine. 4-Puis elle est initiée à son tour mais la part masculine en elle c’est juste censé être Dieu le Père qui la guide vers le fait d’être une bonne chrétienne, donc une femme est selon cette conception de la féminité un être dominé par l’homme jusque dans sa volonté et son âme. Comment dire…heureusement que les gens l’interprète beaucoup moins sexiste que cette théorie l’est vraiment.

C’est aussi lié à un tas de concepts pseudo scientifiques invalidés comme le complexe d’Oedipe et sa confrontation nécessaire est supposée source d’angoisse et de folie chez les hommes. On notera aussi que c’est l’expérience de Jung avec une des premières femmes pionnières du milieu de la psychanalyse et son ancienne patiente et amante Sabina Spielrein qui lui a inspiré cette idée. Pour les plus machos et misogyne des hommes et les plus misandres des femmes certes ce concept est très énervant et insupportable comme le souligne Jung car l’idée qu’ils aient une part féminine et qu’elles aient une part masculine leur est inconcevable. Cependant de nos jours seuls les milieu de l’extrême droite catholique ultra réactionnaires sont encore choqués par cette idée qui est universellement acceptée par les blancs en dehors de ce milieu là, cependant c’est une idée qui était révolutionnaire à cette époque et très mal acceptée dans une société aux normes de genre très rigides qui se sont bien sur renforcées pendant la Seconde Guerre Mondiale, dans les années 1950 seuls les psys et les milieux trans osaient l’employer et si dans les années 1960 elle est devenu populaire dans les milieux de gauche contre culturels genre hippies, et dès les années 1970 chez tout les féministes, LGBT et gens de gauche, et dès les années 1980 jusque dans les magazines féminins pour bourgeoises, avant que même les hommes n’admettent largement leur part féminine il a fallu attendre la fin des années 1990/début des années 2000 et les luttes féministes et LGBT ont joué un large rôle dans cette évolution même si la popularité du New Age et de la Wicca beaucoup basés dessus y a aussi contribué largement. La situation actuelle des années 2010 est cependant qu’il est temps de tordre le coup sévèrement à cette idée qui est devenu réactionnaire et réductrice car les concepts de ce que sont la féminité et la masculinité qu’ils sous tendent sont aujourd’hui de vrais freins et plaies pour les expressions de féminité et de masculinité plus variées que ça qui existe et doivent pouvoir s’exprimer sans être pathologisées ce qui à cause du fait que les psys et le grand public mais aussi la plupart des gens pas trans en fait sont biberonnés de cette théorie à la con dans la société blanche est impossible. La théorie le dit elle même l’Animus c’est le patriarcat catholique à l’intérieur de la femme qui fait d’elle sa créature et se veut son Dieu créateur et est censé être source en elle de toute autorité et de tout jugement raisonnable. L’idéal masculin dans lequel la vraie femme AOP est censée projeter son Animus et qu’elle est supposée vouloir épouser c’est selon ce ramassis de conneries censé être l’image vivante du Bon Dieu, un homme aussi proche que possible d’être omniscient et omnipotent. Cependant l’artiste et/ou le rebelle doué pour les bons mots peut le faire aussi comme partenaire pour cette femme « accomplie »…qui elle ne saurait guère être artiste, rebelle ou forte pour les beaux discours sans être une « virago » d’après cette théorie. L’idée est de mettre fin à la « guerre des sexes » en remettant hommes et femmes « affectivement murs » à leur place supposée « naturelle » dans l’ordre biologique, social et psychique. Bordel ce que ça peut être con. Désolée mais je trouve vraiment le constat que c’est quasi impossible de trouver quelqu’un qui n’est pas proche de milieux travestis ou trans qui perçoit intuitivement en quoi c’est de la grosse connerie totalement déprimant. Et ça me parait tellement évident que j’arrive juste pas à contre argumenter à par en disant que j’ai jamais rencontré IRL de femmes ou d’hommes dont la vie psychique corresponde à ce schéma simpliste. En résumé c’est un gros tas de stéréotypes sexistes et de standards de féminité et de masculinité complètement inatteignables pour tout le monde, se sont des mythes contemporains de la féminité et de la masculinité, on en connait tous IRL des tas de contre exemples mais sur cela Beauvoir avait raison, les démentis de l’expérience ne peuvent rien contre le mythe. Donc il y a rien à faire à part comprendre qu’un mythe ça se modifie et lui créer un contre mythe plus adapté à notre société actuelle comme le propose dans sa théorie de la Femme Sauvage la féministe latina états uniennes Clarissa Pinkola Estés. Théorie qui s’est popularisé vers 2011 si je ne m’abuse qui dit que cette psyché féminine de la théorie jungienne de l’Animus doit être refondé pour correspondre à celle qui est celle des femmes de notre époque, et en effet il serait plus que temps que la psychologie globalement mette à jour de 85 années sa conception de la psychologie des femmes c’est le moins qu’on puisse dire. Elle inverse totalement la théorie initiale et prône l’idée que les femmes doivent redevenir sauvage en faisant la paix avec leur Animus, leur part masculine pour se libérer de lui et faire jaillir naturellement la force et la puissance intérieure profonde des femmes. La richesse de leurs dons créateurs, leurs bons instincts et leurs savoirs immémoriaux sont en elles mais la femme sauvage d’après elle comme la nature sauvage est victime de la civilisation, je cite « La société, la culture la traquent, la capturent, la musellent, afin qu’elle entre dans le moule réducteur des rôles qui lui sont assignés et ne puisse entendre la voix généreuse issue de son âme profonde.« , elle se fait au contraire l’avocate d’une féminité qui est celle de femmes qui admettent, acceptent puis dépassent leur part masculine et devient alors « vraie femme ». Sauf que cette version de la femme AOP 2.0 qu’elle propose va si j’ai bien compris dans le sens inverse de la « vraie femme » de Jung, elle émancipe d’abord sa volonté de celle des hommes, ce qui implique qu’elle sorte son « âme »/ »son esprit »/ »sa philosophie pour les athées » du patriarcat ce qui pour les religieuses implique qu’elle adopte une version féminine émancipatrice de leur spiritualité et pour les athées tout simplement qu’elles adoptent une philosophie féminine émancipatrice, en France la majorité des femmes le font de façon assez nette, puis qu’elle sorte le patriarcat de sa pensée ce qui semble globalement fait aussi, et de sa parole où la clairement il y a encore du boulot pour libérer la parole des femmes qui reste partout même dans les milieux les plus sensibilisés à cette question globalement considéré comme valant trois fois moins que celle d’un homme, certes les gens ne le disent pas mais tout dans leurs actes le montre comme bien des sociologues l’ont montré et comme de ce que j’ai vu en trop de lieux différents dont des réunions à temps de paroles chronométrés il m’est hélas hors de doute que le constat et le mal est réel. En clair les femmes sont à une étape de leur lutte où c’est leur parole, leur Verbe, que pour s’émanciper elles doivent reconquérir à nouveau en tant qu’arme. Et bien sur avec tout leurs moyens d’expression créatrice, intellectuelle, artistique et scientifique on en parlait plus haut. Et là pour la plupart des femmes on en est bien loin même dans les pays les plus avancés socialement sur leurs droits genre Islande la culture au sens large c’est à dire ici la production immatérielle dans son ensemble reste l’apanage d’une minorité, tant chez les hommes que chez les femmes d’ailleurs, et quasi inaccessible en dehors de la bourgeoisie. Ceci dit des femmes qui essayent de faire des productions immatérielles de leur propre point de vue et avec une visée émancipatrice il y en a et pas que des bourges privilégiées loin s’en faut, c’est par exemple ce que je tente de faire ici là tout de suite, bien ou mal ça je vous laisse seuls juges, mais force est de constater qu’on est très minoritaires encore. Approximativement je dirais qu’une femme sur 20 au mieux se le permet et pour la situation française je pense que cette estimation est très clairement excessive d’optimisme. La parole des femmes en France demeure très cadrée par le patriarcat comme toute leur production immatérielle. Ensuite elle doit extirper des griffes du patriarcat la production matérielle, c’est à dire la thune oui certes mais aussi et surtout ce qu’elle symbolise c’est à dire les ressources en bouffe et en eau nécessaire à sa survie, et si possible les trucs genres logement, vêtements, lit etc…pour son confort. Et bien sur avoir la capacité physique de les défendre par sa force physique et ses armes. Lors de cette étape je tiens à rendre deux pièges qui constituent une fausse libération visible de ce point de vue, être la femme d’un homme plus riche que soi ce qui est la situation des 3/4 des femmes qui sont dans la dépendance patriarcale côté argent de ce fait est rester dans l’économie patriarcale et ne pas se libérer de son joug, pareil pour les femmes comme moi qui dépendent d’aides sociales distribuées par l’État français, un état patriarcal où le pouvoir économique de me les donner ou pas est ultimement entre des mains masculines, en l’occurrence celle du président Macron qui est avec ses potes les hommes riches qui dirigent ce pays est un des principaux oppresseurs des femmes en France à l’heure actuelle. Se cachant derrière les hommes de la police et l’armée d’ailleurs contre la colère des femmes envers leur politique en grands courageux qu’ils sont. Car au fond les femmes veulent juste les ressources économiques nécessaires à la subsistance et tentent de les lui reprendre puisqu’ils les leur a volé pour augmenter le pouvoir masculin des hommes riches bourgeois dominants c’est ça qu’il se passe et elles elles veulent l’indépendance économique et de subsistance face à ces connards tout simplement. Techniquement elles ont avec elles de très nombreux hommes et si il y avait combat purement physique pour les ressources, elles seraient arrachées à ce tas de merdeux et réparties équitablement depuis longtemps car forcément à 9 contre 1 même quand on est faible on gagne physiquement par la force du nombre et qu’en plus parmi les adversaires de ces vieux croutons de bourgeois qui s’accaparent les richesses produites par le prolétariat il y a principalement des vieillards faibles et croulants que nombre des gens qu’ils dominent économiquement pourrait mettre à terre en deux secondes à la baston physique. C’est là que l’on trouve le problème principal : ils ont la force technique des armes pour eux qui leur permet de gagner le rapport de force. Ceci dit les armes ne se meuvent pas toutes seules contre la population quelqu’un les actionnent, en l’occurrence la police et l’armée qui sont les deux corps du prolétariat a libérer de la domination de ces bourges sur eux pour que la situation ne se retourne en faveur de notre camp social et de la redistribution des richesses et ressources naturelles de façon moins inégalitaire. Cependant justement le deuxième piège se serait de croire que les femmes « patronnes » ou « entrepreneuses » qui imitent le modèle de réussite de l’homme bourgeois sont des « femmes libérées », car tant que la classe sociale dominante économiquement reste dominée par les hommes alors les femmes demeurent prisonnières des entraves patriarcales, donc même si une révolution réussissait à virer la bourgeoisie du pouvoir les femmes devraient se battre pour l’égal accès aux ressources économiques et de subsistance donc pour être vraiment émancipées du patriarcat. Et on va être limpide là dessus tant que le patriarcat, la domination masculine et la bourgeoisie existeront la production matérielle féminine fabriquée avec une vision du monde émancipatrice restera l’exclusivité de mouvements contre culturels et insuffisante en elle même pour garantir la fin de l’oppression masculine envers les femmes. On le voit en ce que les communautés de femmes qui existent aujourd’hui à la production et subsistance 100% féminine pour prendre un exemple extrême doivent galérer comme c’est pas permis pour juste se battre physiquement contre leur destruction par les armes de guerre des hommes dans de nombreux pays et épuisent à cela toute l’énergie qu’elles utiliseraient en des milieux et circonstances vraiment égalitaires à avoir une contribution égale aux hommes à la production de richesses matérielles concrètes dans toutes les étapes de la chaîne de production/consommation/reproduction alors débarrassée du sexisme actuel qui fait que les femmes font globalement trois fois plus de travail, principalement du travail utile d’ailleurs, que les hommes pour se voir trois fois moins qu’eux bénéficiaire des ressources qu’elles ont crées de leurs propres mains. Cependant dans cette version de la théorie l’étape ultime est le retour à « l’état sauvage » c’est à dire à une économie de style « communisme primitif » 2.0 où les femmes et les hommes sont égaux, la nature respectée, les animaux aussi et les ressources sont équitablement partagées.

Concernant le rapport entre la femme libérée et l’animal elle en dit cela :

« Pourtant, si éloignés que nous soyons de la Femme Sauvage, notre nature instinctuelle, nous sentons sa présence. Nous la rencontrons dans nos rêves, dans notre psyché. Nous entendons son appel. C’est à nous d’y répondre, de retourner vers elle dont nous avons, au fond de nous-mêmes, tant envie et tant besoin. La femme qui récupère sa nature sauvage est comme les loups. Elle court, danse, hurle avec eux. Elle est débordante de vitalité, de créativité, bien dans son corps, vibrante d’âme, donneuse de vie. Il ne tient qu’à nous d’être cette femme-là.

Je trouve cette idée quand même très validiste de supposer que devenir tout ça est juste une question de volonté et qu’on contrôle toutes nos volontés aisément. Ceci étant dit pour le reste ça me plait comme plan d’autant qu’elle insiste beaucoup sur le fait que chaque femme doit se découvrir et découvrir sa propre voie en redécouvrant de son propre point de vue chaque partie de son être féminin pas juste intellectuellement mais aussi en allant plus loin à travers son corps, son action politique et son cheminement long et difficile vers sa propre force intérieure.

En fait tout ce processus me semble assez adaptable à tout les dominés dans tout les types de domination.

Elle dit cependant qu’une psychanalyse est la voie la plus à même d’y aider et je pige vraiment pas en quoi, c’est se faire dominer par une bourgeoise au lieu de s’émanciper pleinement là la théorie perd tout crédit dans sa mise en pratique qui n’est pas que son autrice s' »ensauvage » mais qu’elle s’embourgeoise et s’enfonce encore plus dans la civilisation et donc s’éloigne encore plus du non humain en extorquant aux femmes que cette voie intéresse et qui seraient pas encore prévenus sur le fait que certaines femmes sont aussi susceptibles de les oppresser que les hommes surtout quand elles sont plus riches qu’elles et en position de thérapeutes face à des femmes plus pauvres qu’elles en position de patiente. Elle a une position validiste qui dit qu’une femme blessée ou malade même si elle l’est à cause d’un ou de plusieurs hommes qui dit en gros que les femmes handicapées/folles/malades/atypiques peuvent aussi accomplir ce chemin en faisant plus d’efforts que les autres pour ça car : « Les loups, même malades, même acculés, même seuls ou effrayés, vont de l’avant. […] Ils donneront toutes leurs forces pour se traîner si nécessaire d’un endroit à l’autre, jusqu’à ce qu’ils aient trouvé un bon endroit pour guérir et pour revivre. La nature sauvage va de l’avant. Elle persévère. » 

Comme si le coup de fait des efforts face à tes incapacités était pas le truc le plus banalement validiste qui existe. Finalement heureusement que sa théorie n’a pas convaincu elle est à la réflexion encore moins solide que celle de Jung lui tente de définir un mythe masculin et un mythe féminin où la majorité des gens retrouvent leurs conceptions mythiques de la féminité et de la masculinité, elle…elle nous pond juste une altération de cette théorie qui est vraiment intenable pour quelqu’un qui n’est pas une bourgeoise individualiste dans le fond, sans aucune dimension politique et sociale collective. Étant une thèse adapté qu’à sa propre situation elle n’a rencontré que fort peu d’échos. En même temps si l’abord est séduisant en la lisant jusqu’au bout c’est très difficile d’être convaincus de son raisonnement surtout si comme moi on est très atypique. En plus les hommes et leur part féminine eux ne sont nullement modernisés dans cette théorie parce que….on sait pas. Et bien sur la binarité de genre est maintenue. En fait le mythe jungien persévère dans la mentalité de quasi tout les gens pas travestis ni trans dans la société blanche car un contre mythe plus à jour sur les évolutions des mentalités n’a juste pas encore été crée. Le nazisme montant dans les années 1930 est particulièrement hostile à cette thèse de l’Anima et de l’Animus un peu trop utilisée pour assouplir la binarité de genre, autoriser la masculinité aux femmes, la féminité aux hommes, autoriser l’androgynie, le travestissement, l’homosexualité masculine, l’homosexualité féminine, la bisexualité et la transexualité tout cela étant de l’avis des nazis et ne nous le cachons pas de la plupart des gens cisgenre hétéros de l’époque des abominations faites par des gens qui idéalement devraient être mis à brûler au bûcher ou génocidés par des moyens plus « modernes ».  C’est là la source principale de la condamnation de la psychanalyse par l’extrême droite antisémite comme étant « une science juive de permissivité et de perversion sexuelle ». Me connaissant vous vous en doutez j’ai énormément de reproches à faire à la psychanalyse mais le fait qu’un Juif l’est inventée et les maigres contributions qu’elle a apporté à l’antisexisme n’en font nullement parti. J’apprécie ses forts rares et très partielles contributions à l’antisexisme même si dans cette discipline se sont des gouttes d’eau libératrices dans un océan d’injonctions sexistes presque jamais remises en cause et oui je suis contre le fait de reprocher à cette discipline d’avoir un fondateur juif, c’est antisémite donc c’est raciste. Et en plus ça fait trop souvent croire aux gens que Freud est le plus grand penseur feuj de tout les temps, fort heureusement c’est très loin d’être le cas. Et puis ça permet aux gens de pseudo gauche, le plus souvent bourges mais hélas pas uniquement, de défendre les âneries réactionnaires de la psychanalyse au prétexte bidon que de s’y opposer ferait automatiquement de tout critique de ses présupposés basiques un antisémite et un facho ce qui est vraiment n’importe quoi. D’ailleurs n’y a t’il pas toujours un fond de racisme à refuser la critique d’une théorie au prétexte qu’elle a émergée d’une communauté de minorité ethnique X ou Y? Je le pense.

Je reprends mon historique, dès son arrivée au pouvoir Hitler laisse des groupes de nazis vandaliser et dévaliser l’Institut de Sexologie de Magnus Hirschfield c’est à dire alors l’épicentre de la lutte des personnes trans pour leurs droits. Ses archives, ses travaux de recherche et tout ce qu’il contient de précieux pour connaitre l’histoire des transgenres est brûlé dans des bûchers publics par les Nazis. Les médecins et chercheurs travaillant pour la clinique fuient l’Allemagne et ceux qui ne le peuvent pas se suicident. Magnus Hirschfeld déménage en France et finit par y mourir à 67 ans de crise cardiaque. Les nazis voulaient la mort des travestis et transexuels et leur génocide et dans les camps les femmes travesties en hommes et les hommes trans portaient le triangle noir des asociaux et les hommes travestis en femmes et femmes trans le triangle rose des homosexuels, les ancêtres des non binaires et intersexes également à priori en général mis dans une de ces deux cases selon leur genre assigné à la naissance. Dans la hiérarchie des camps nazis ces deux catégories étaient les toutes dernières où on trouvait des personnes blanches, les gens marqués du triangle noir étant au dessus de ceux marqués du triangle rose, en dessous que deux catégories, directement en dessous les handicapés de ce que j’en ai compris sans symbole car jugés tous bons pour l’euthanasie directement et tout en bas les gens pas blancs avec évidemment une reproduction hiérarchique identique à l’intérieur des catégories de gens pas blancs ceux perçus comme asociaux marqués du noir en plus de leurs sigles d’identification « raciale », en dessous d’eux ceux marqués d’un triangle rose+marqueur racial et en dessous d’eux et tout en bas des camps, premiers à être butés les handicapés avec marqueur racial dans l’ordre des « races » que les Nazis voulaient éliminer, les Juifs en tête. Ce qui veut dire deux choses, 1-J’aurais été buté tout de suite. 2-C’est malaisant à quel point la structure hiérarchique de l’oppression actuellement vient directement de celle qu’ont inventé les Nazis, ça en dit long sur nos sociétés actuelles et je comprends mieux pourquoi la plupart des historiens qui sont presque tous transphobes et validistes tentent à ce point là de cacher ce fait. Les gens que nous dirions LGBT en général mais surtout les travestis et trans étaient d’ailleurs les cibles favorites des Nazis dans les camps pour leurs servir de cobayes d’expériences « médicales » généralement sous forme de tortures psychiques et physiques. Cela peut paraitre paradoxal mais la manie des Nazis de tout répertorier par un système bureaucratique muni d’une impressionnante paperasserie fait qu’on connait mieux l’histoire des travestis et trans pendant les années 1940 que dans toutes les périodes précédentes. Seulement outre le fait qu’ils ont subi un génocide il y a eu d’autres changements de leur condition à l’époque, la première est la découverte que des raretés génétiques chromosomique rendent certaines personnes génétiquement mâles d’apparence efféminée, stériles et pourvus de seins dont si la plupart tiennent à garder leur identité masculine une minorité assez importante s’estime être des femmes transexuelles. Cette découverte en 1942 va beaucoup rebiologiser la compréhension des travestis et trans par les « savants » hommes cisgenres par rapport aux années 1930 où la compréhension de ces derniers était très influencée par leur interprétation psychanalytique jungienne, ils considèrent alors pour la première fois une hypothèse, qui s’est avéré une ânerie mais qu’on entend encore parfois jusqu’à maintenant, qui est que les travestis et transexuels sont tous génétiquement du sexe dont ils se sentent ce qui explique leur existence tout en maintenant la biologisation de la binarité des genres en présentant les travestis et trans comme souffrant tous d’une rare pathologie génétique qui fait que leur vrai genre génétique ne correspond pas au développement de leurs corps. Toute fausse que cette théorie s’est avérée être plus tard à l’époque tout le monde y croit et elle est utilisée par les trans eux mêmes dans le but de changer leur méthode pour être acceptés socialement en arguant qu’ils ne sont pas fous et folles juste malades physiquement d’une anomalie génétique et souhaitent que la science répare l’erreur que la nature a fait en les créant. Ce discours pour le coup si il n’a pas empêcher leur génocide sur le moment après guerre il est devenu l’un des principaux arguments qu’ils avaient pour l’avancée de leurs droits et dans les milieux les plus sexistes genre extrême droite catholique quelques personnes trans ont toujours recours à ce type d’arguments pour défendre leurs droits donc si il est devenu globalement réactionnaire depuis en plus d’être faux il a toujours une vertu émancipatrice jusqu’à nos jours pour ceux des travestis et surtout trans qui vivent dans les milieux les plus transphobes actuellement toujours existants. On a aussi à partir de cette époque les contre cultures drag queen (hommes travestis en femmes) et drag king (femmes travestis en hommes) qui naissent en 1941 et donnent dans les milieux gays des spectacles très populaires au théâtre, au cabaret et dans les bars.

Chez les drag kings c’est à dire je cite  » des personnes qui, le temps d’un jeu de rôle ou d’un spectacle, incarnent et mettent en scène des hommes, souvent caricaturaux. », pectoraux, moustaches, métiers d’hommes de vrais, le plus souvent prolos, quoi que parfois aussi imitation de gentilshommes, avec comme costume le plus classique celui de marin. Le but est de crée un espace de provocation volontaire de la société dominante bourgeoise, misogyne, lesbophobe, biphobe, sexiste et transphobe, de faire réfléchir sur la notion d’identité sexuelle et de défier préjugés et étroitesse d’esprit, ce mouvement est donc pensé comme un mouvement culturel de libération. Ceci dit beaucoup de femmes lesbiennes ou bis cisgenres se travestissant mais pas sur scène, de nombreuses femmes hétéros même pas forcément masculines ni androgynes d’apparence et de nombreux hommes trans font de même en gros se travestir et performer le rôle social masculin suffit à être drag king. Auquel cas on peut l’être sans le savoir vu que je l’ai déjà fait et je pensais ce terme réserver aux gens pas hétéros ou pas cisgenres. Contre culturel et marginal jusqu’au milieu des années 1990 ce milieu se propage comme une traînée de poudre après que Judith Butler ait popularisé la théorie queer chez les universitaires et les militants LGBT, les Drag Kings se développent alors comme jamais des ateliers, clubs, revues et concours consacrés à cette contre culture naissent et certains drag kings très populaires se font starifier et deviennent des célébrités. Depuis la fin des années 1990 il faut bien le dire le mouvement Drag King s’est institutionnalisé et fait récupérer énormément par la version institutionnelle des luttes LGBT qui les invitent fréquemment comme caution diversité lors des soirées bourgeoises et même depuis le début de cette décennie par l’industrie musicale, Lady Gaga s’étant notamment exhibée en Drag King histoire comme d’habitude de faire encore parler d’elle en choquant. Aussi cette décennie les premières conventions Drag King à public large se sont tenus. En France ceci dit cette culture est peu visible, quelques personnes se font Drag King individuellement ou le temps d’un spectacle, quelques ateliers Drag King sont proposés par quelques associations LGBT, quelques collectifs et quelques conventions mais ont toujours été et restent rares. Ah aussi précisions les spectacles de femmes travestis en homme et vice versa existent depuis l’Antiquité et sont visibles au cinéma depuis les années 1930 c’est dans leur aspect politique que les Drag Kings et Drag Queens sont des contre cultures contemporaines innovantes.

Les Drags Queens, la même chose que les Drag Kings mais dans le sens inverse, elles sont d’abord avant tout un soutien aux causes qu’on dirait maintenant LGBT et celle des hommes travestis en femmes et des femmes trans par leur simple existence dans les années 1940 et 1950, dans la fin des années 1950 elles sont dans les premières à lancer les émeutes contre la répression policière pour préserver les lieux « LGBT » avant la lettre qui existaient alors, à l’époque , il existe alors des maisons de Drag Queen et des bals de Drag Queen qui perdurent jusqu’à la fin des années 1960, cette culture a aussi un aspect initiatique où la Drag Queen déjà dans le milieu et ainée surnommée la Mère du Drag, initie la nouvelle venue plus jeune surnommée la Fille du Drag en lui attribuant son nom de Drag Queen et en ayant avec elle jusqu’à ce qu’elle soit apte à être mère du Drag à son tour une relation similaire à celle qu’un maitre a avec son apprenti. Des Drags Queens, dont des mecs hétéros cisgenres travestis participant à la culture Drag Queen d’ailleurs ainsi que d’autres travestis et surtout des femmes trans ont été parmi les initiateurs de Stonewall en 1969 marqueur du début historique des luttes LGBT. En 1966 les Drag Queen ont été aussi les initiatrices principales des émeutes de la cafétéria de Compton qui marqua le début officiel des luttes politiques de travestis et de trans comme on l’entend maintenant. Dix ans après les premiers rassemblement annuels de conventions de Drag Queens commencent en 1976, depuis il y en a chaque année. Les Drags Queens commencent à produire à la fin des années 1970 tout une culture artistique liée à leur mouvement qu’elles créent dans des clubs de Drag Queens dans tout les genres et arts existant jusqu’au cinéma où un film d’autobiographie d’une Drag Queen, Outrageous, sort alors.  D’ailleurs la majorité de cette culture artistique est faite d’œuvres ayant pour leurs créatrices Drag Queen un aspect autobiographique. En même temps c’est un peu normal il faut bien partir de quelque chose, son expérience le plus souvent, quand on se construit une culture alternative. En 1979 à San Francisco un groupe de Drag Queen crée les Soeurs de La Perpétuelle Indulgence, une communauté de Drag Queens organisées en un couvent se nommant l’Ordre de La Perpétuelle Indulgence qui  reprend le champ lexical, le rôle social, les gestes, façon de parler, habits et images des religieuses catholiques pour son association de lutte contre le sida et contre la sérophobie (validisme envers les séropositifs) en distribuant des brochures préventives sur la maladie et la stigmatisation des malades. Dans les années 1980 c’est resté leur méthode d’action tandis que le mouvement Drag Queen plus général a alors commencé à organiser des festivals de Drag Queen réguliers. Les années 1990 voient les premières Drag Queen a atteindre la célébrité RuPaul étant la star du mouvement Drag Queen depuis lors époque où c’était l’apogée de sa carrière et les communautés et cultures Drag Queen et/ou trans s’organisaient très régulièrement en bals dédiés à leurs cultures alternatives. Le mouvement Drag Queen se normalise et s’institutionnalise alors devenant au centre de productions de films connus comme Priscilla Reine du Désert qui reste un film apprécié par une partie des acteurs de ces mouvements ainsi que l’origine de comédies transphobes et anti travestis nombreuses au gout douteux dans le style La Cage aux Folles mais en pire qui sont alors très populaires. Dès les années 1990 le mouvement des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence lui par contre s’est considérablement organisé, internationalisé notamment avec sa section française née en 1990 et a beaucoup élargi son champ d’action et de lutte lors de cette décennie, elles militent contre l’homophobie, le Sida, la sérophobie, pour accompagner les séropositifs, pour la contraception et l’avortement et les droits reproductifs par de nombreuses actions de sensibilisation à ces causes où leurs costumes et leurs actions on un effet choc et provoquant volontaire et parodie à but comique assumé de l’Église catholique dont elles dénoncent par leur existence l’attitude envers les LGBT et les femmes peu concordante avec les valeurs catholiques comme l’indulgence ou la tolérance et aussi dans le but de marquer les esprits. Par exemple elles organisent des bénédictions de distributeurs de préservatifs. La réaction des gens quand ils croisent de ces Sœurs particulières pour la première fois est en général un étonnement amusé. Elles sont présentes dans tout le milieu gay et plus largement LGBT partout où elles jugent leur présence nécessaire c’est à dire dans les bars, boîtes, saunas, parcs, aires d’autoroutes et plages principalement. Elles vont aussi à toutes les manifs en lien avec les luttes LGBT, principalement à toutes les Pride, et à toutes les manifestations liées à la lutte contre le Sida c’est à dire principalement lors des Solidays depuis leur création en 1999. Elles font aussi de la communication et de l’éducation sur ces sujets ainsi que des messages de prévention contre les MST et le risque de tomber enceintes, bref tout ce que l’école devrait faire quoi, auprès du grand public quand elles en ont l’occasion. Lors de l’apogée de leur popularité fin des années 1990 début 2000 elles imitaient nettement l’organisation du clergé catholique avec en bas de la hiérarchie les Sœurs les plus nombreuses, au dessus d’elles les Gardes-Cuisses, évidemment inspirés des Gardes Suisses, pendant masculin des Sœurs, au dessus les membres du clergé masculin, très rares en France actuelle mais qui à l’époque surtout à San Francisco étaient assez nombreux pour qu’il y en ait qui imite tout les rangs du clergé catholique Pape inclut et les Anges ou Saints c’est à dire les petites mains aidant les Sœurs par leur contribution financière à leur action ou en contribution concrète à l’organisation de celles ci lors de certains événements tels que les Solidays. De nos jours le mouvement s’essoufflant en cette décennie les Saintes, Anges et membres du clergé masculin ont quasi tous disparus en prenant leur retraite bien méritée et il ne reste presque plus que de simples Sœurs dans ce mouvement. Les gens qui veulent participer à ce mouvement peuvent être de n’importe quel genre mais doivent se travestir en femme Sœur au début de leur « carrière » dans l »Ordre », elles s’y présentent comme postulantes, observent les Sœurs en action dans un premier temps, discutent avec elles de leur travail et apprennent à connaitre leur mode de fonctionnement, dans cet apprentissage la postulante est secondée par une marraine, ensuite elle est élevée au rang supérieur de son choix Sœur Novice ou Aspirant Garde Cuisse, à partir de là elle ou il ou ellui peut participer à toutes les activités de l’association et représenter son Couvent auprès des médias. Elle est ensuite élevée au rang de Sœur (tout court) ou il est ensuite élevé au rang de Garde Cuisse au terme de leur parcours initiatique long ou court de façon individuellement variable. Malgré cela le fonctionnement reste très démocratique toute décision étant prise à main levée par tout les membres de l’association. Elles ont plusieurs modes d’action, le plus commun est la récolte de dons pour l’organisation des événements militants auxquels elles participent, elles vont les chercher le plus souvent en milieu LGBT mais aussi parfois auprès du grand public, en soirées, boites de nuits, jeux qu’elles organisent, principalement de type Bingos ou en aide à tirelire pendant leurs actions militantes. Leurs dons viennent d’autres associations, de partenaires privés ou de simples personnes, ensuite elles font assez souvent ce qu’elles nomment Le Trottoir c’est à dire qu’elles se promènent dans la rue et s’arrêtent au gré des rencontres pour discuter avec des gens, elles visitent aussi dans ces cas là assez fréquemment des bars et des bordels en ce même but. Elles organisent aussi depuis le début de leur histoire tout un tas de spectacles à thème politique pour faire passer leurs principaux messages les plus connus sont leurs Messes, notamment lors des Solidays, leurs Cérémonies et leurs Processions. Par exemple en 2010 elles ont organisé une Procession pour célébrer les 20 ans de l’existence de la version française de leur association. On les rencontrent aussi dans des événements spéciaux comme principalement des festivals ayant un rapport avec le milieu Drag Queen, travesti et trans ou la culture LGBT plus largement. Depuis 1993 elles organisent aussi des séjours dits de « ressourcement » non médicalisés pour les gens séropositifs, chose unique à la France, où deux ou trois jours par an tout les ans à cette fin elles louent des hôtels dans des décors de campagne bucolique pour apporter du bien être et de revaloriser l’estime de soi pour des personnes en souffrance, si initialement c’était uniquement pour les séropositifs leur action est maintenant plus large et elles accueillent aussi chaque fois que possible les LGBT mal acceptés par leur entourage ou s’acceptant mal eux mêmes, les gens endeuillés, les gens malades ou toute personne se trouvant dans la souffrance. Pour ce qui est des atypies hormis le Sida leur perspective reste souvent pathologisante mais avec quand même le côté antivalidiste de jamais forcer les soins qu’elles peuvent par contre tenter de conseiller et surtout d’accueillir toujours chaque fois qu’elles le peuvent les gens qui souffrent en les jugeant aussi peu que possible. Pendant ces séjours de ressourcement elles organisent des ateliers randonnées, massages, saunas, relaxation, expression corporelle, groupes de paroles et soirées festives. Dans les années 2000 elles font l’objet de documentaires divers à leur sujet qui les font connaitre. Elles se lient aussi alors à la contre culture folle et globalement à tout les mouvements de défense du droit à la féminité masculine. Pendant ces mêmes années le mouvement Drag Queen plus large lui va se lier à la communauté BDSM et y participer pleinement et ainsi les deux communautés vont se solidariser mutuellement contre leurs discriminations par la société. Et dès lors le mouvement Drag Queen qui commence à intéresser les universitaires à fond sur la théorie et le militantisme queer commence à s’institutionnaliser, être pas mal étudier, figurer dans des encyclopédies sur la culture LGBT et dans le même temps se répandre sur Internet et donc se démarginaliser par les blogs et chaînes Youtube de nombreuses Drag Queen et donc se populariser par ce biais aussi auprès du grand public dont certains l’adopte dès cette époque. S’en suit une starisation encore plus forte des Drag Queen qui sont visibles dès la fin de la décennie dans des séries télés populaires et des jeux de télé réalité dont des spécialisés dans les concours de Drag Queen, la contribution des Drag Queen a l’histoire LGBT est mieux reconnue dès lors car documentée par les quelques historiens des questions trans qui se battent en duel, par conséquent la féminité masculine, les hommes non hétéros féminins dont les « folles » et les hommes travestis en femmes dont les Drag Queen ainsi que les femmes trans voient dans cette période leurs places s’améliorer dans la communauté LGBT qui les perçoit nettement moins mal globalement que par le passé où on le verra leur acceptation en ces milieux fut rude et demanda une dure lutte des travestis et trans. Aussi un débat eu lieu pour savoir si le terme de travelo était en lui même offensant ou pas et la majorité des personnes trans ont jugé qu’étant donné que les travestis ont été historiquement leurs meilleurs soutiens non il n’était nullement offensant envers elles tant qu’il n’était pas utilisé dans le but de les insulter de façon limpide, une minorité de personnes trans souvent bourgeoises mais pas systématiquement sont cependant blessées par ce terme en toutes circonstances donc mieux vaut leur demander avant de les qualifier comme ça et éviter tant qu’il n’est pas certain que cela ne les dérangent pas.  A la fin de la décennie elles sont ces Drag Queens sujet d’énormément de discours et de recherches dans toutes les disciplines au point que même les gens qui étudient la théologie débattent à leur propos, bref elles continuent clairement de faire parler d’elles. Dans les années 2010 c’est contre le harcèlement des Drag Queens et des travestis et trans et les violences sexistes envers ces personnes, les LGBT en général et globalement contre les violences sexistes tout court que les Drag Queens vont centrer leur lutte. En 2013 vu le scandale que toutes les questions liées au Mariage Pour Tous font les Drag Queens qui choquent particulièrement pas mal de gens font l’objet d’énormément de recherche surtout en sciences sociales et études sur le genre et études LGBT et de pleins d’articles dans la presse papier conventionnelle. Cela évidemment n’est pas prêt de s’arrêter en 2014 vu que pour la première fois une Drag Queen, Conchita Wurst remporte l’Eurovision en chantant Rise Like A Phoenix ce qui donne une renommée inédite globale aux Drags Queens, aux travestis et aux trans. Des reportages sur les gens pour qui Drag Queen est devenu un travail à plein temps ou une partie de leur travail ont lieu, et on a dans le milieu Drag Queen deux tendances qui se dessinent depuis celle des Divas, qui prennent l’exemple de Conchita Wurst pour essayer de percer en incarnant des Divas autant qu’elles le peuvent et celles des Reines qui se basant sur la chanson de Lady Gaga Born This Way qui dit « don’t be a drag just be a queen » tentent de se créer des personnages de Reines flamboyantes qui bannissent totalement l’ennui de leur vie. Lady Gaga qui d’ailleurs a déjà fait du Drag Queen assez fréquemment en plus d’avoir fait un Drag King une fois donc est une travestie même si elle n’est pas transgenre et est bisexuelle et passe clairement beaucoup de temps de sa vie à militer de façon bourgeoise et libérale mais semblant sincère pour des causes LGBT ce qui explique que beaucoup de personnes LGBT et notamment de trans et travestis apprécient cette pop star et en font une figure identificatoire pour elles. En 2015 la hype autour des Drag Queen redescend un peu même si on trouve pas mal de gens qui prennent l’exemple des Drag Queen comme étant une forme d’expression personnelle à encourager, un plus grand nombre d’articles rappelant l’histoire des travestis et en quoi ils ont été criminalisés par le passé pour prouver leur oppression aux gens doutant de son existence notamment du fait d’un débat infini entre gens se définissant comme travelos, travestis, trans, transexuels, transgenres, non binaires ou autre identités autres qu’hommes ou femmes, débat qui a quand même duré deux ans sur quelle identité était offensante ou pas et mettait ou pas les droits de gens en ayant une autre en danger, tout ça c’est finit dans la tolérance globale ceci dit après bien des prises de becs surtout dues à des incompréhensions mutuelles et en dehors de casses burnes généralement bourges qui tiennent absolument à juger offensantes d’autres identités que la leur globalement les gens, dont quasi tout les prolos dans ces débats étaient ok pour dire que toutes ces identités ont leur place et sont comprises dans le T de LGBT. En fait même le cas d’un homme ou d’une femme cis hétéro occasionnellement travesti a été jugé par la très large majorité comme étant acceptable sous ce terme globalisant. Ce qui change rien au fait que ça reste environ 1% de la population de la société blanche même pris au sens très large, large au point que je peux être comprises dedans pour avoir fait du Drag King relativement souvent au cours de ma vie, a une période même quotidiennement même si ça m’est passé depuis, bon ça continue mais plus tout les jours juste occasionnellement, c’est dire si la plupart des gens sont très rigides dans leurs identités genrés dans la société blanche quand même. Ensuite en 2016 le milieu « fabuleux » devient plus connu et se popularise en grande partie du fait de la popularité des Drags Queens et les Drags Queens depuis quelques années centrent surtout leur combat sur le fait de conserver la propriété intellectuelle de leur contre culture tout en ne passant pas par la loi qui leur est hostile d’autant plus que le milieu Drag de sa naissance jusqu’à aujourd’hui a un côté fortement anarchisant tant dans ses méthodes d’actions que dans son idéologie politique. Aussi un mouvement Drag Queen récent est le Drag Queen Story Hour ce qu’on pourrait traduire par Mère Drag Queen Raconte Moi Une Histoire, une action dans laquelle des Drags Queen se font conteuses d’histoires dans des bibliothèques, musées, librairies, centres de loisirs et parcs. Elles les lisent à tout public mais le plus souvent à des enfants qui généralement adorent ça et leurs sont beaucoup moins hostiles que les adultes le but étant de sortir les gens des préjugés liant Drag Queen, hommes travestis en femmes, femmes trans et pédophiles, de sensibiliser les gosses et le grand public aux questions LGBT , de donner un côté plus littéraire et intello à la culture LGBT grand public et d’aider à l’acceptation des trans et travestis dans la société. Cette année vu que les concours de Drag Queen commence à être des émissions de téléréalité très populaires qui se multiplient comme des petits pains et donnent plein de thunes à leur concepteurs les Drag Queen n’ont jamais été plus populaires mais n’ont jamais autant risqué de se faire récupérer commercialement et de devenir totalement institutionnelles de façon définitive, l’inscription de RuPaul au Hollywood Hall of Fame qui fait de RuPaul la première personne de la culture Drag a avoir reçu cette distinction en est l’exemple le plus flagrant. On a aussi eu cependant des tentatives de repathologisation des Drag Queen dans le milieu de la psychologie, des luttes de femmes trans Drag Queen qui en avait marre que le milieu des femmes trans et celui des Drag Queen renient leur existence et ont décidé de se visibiliser comme étant les deux à la fois et aussi contre le mouvement de merde qui existe depuis les débats commencé après la nomination de Conchita Wurst sur qui est une fausse ou une vraie Drag Queen les Drag Queen bourges rarissimes mais très autoritaire se permettant de casser régulièrement les couilles des Drag Queens prolos sur qui est selon elles digne d’être jugé Drag Queen ou pas, heureusement les Drags Queens prolos semblent avoir remporté victoire par force du nombre comme dans le débat sur qui inclure dans le T de LGBT ou pas en se mettant très majoritairement d’accord sur le fait d’inclure qui veut l’être partant du principe élémentaire qu’il est bien plus dangereux pour les libertés de tout les gens englobés dans ce T comme dans Drag Queen d’être pas assez inclusifs que de l’être trop et de trouver la police du genre soulante. Un pragmatisme dont dans l’antivalidisme on ferait bien de s’inspirer sur ce point à mon avis. On a aussi la lutte des Drags Queens actuelles pour sortir la communauté LGBT de ses querelles internes, son élitisme devenu plus réactionnaire qu’autre chose, et sa trop grande tendance à mépriser les gens qui n’en font pas partie dans l’optique que le meilleur moyen de réussite des luttes LGBT et de rendre leurs identités aussi normales que possibles sans en perdre la saveur et la substance afin qu’elles soient acceptées partout et dans l’idée que pour que les LGBT soient acceptés des gens normaux il leur faudra faire eux aussi un pas vers l’acceptation des gens normaux qu’ils rejettent trop souvent par réaction au rejet qu’ils ont subi de leur part. Enfin une tendance nouvelle du Drag existe maintenant depuis une décennie le Drag qui sort de la binarité homme femme pour faire du Drag de Non Binaire ou d’autres genres ou non genres. Cela est encore peu connu et purement de l’ordre de l’initiative individuel ou du spectacle mais cette contre culture est en cours de construction et certain(e)s en vivent déjà cette forme de Drag et les spectacles allant avec étant leur métier. Enfin en France en cette décennie les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence ont baissé en nombre et ce sont considérablement institutionnalisées comme en témoigne le fait qu’en 2013 elles font l’objet d’un reportage sur France Culture, cependant elles participent de la fin des années 2000 jusqu’à maintenant à toutes les manifestations antisexistes où elles peuvent être acceptées, dont toutes les manifs féministes ou c’est le cas en plus des manifs LGBT, à toutes les Prides, toutes les Existrans et toutes les Putes Pride et se sont considérablement engagées dans la défense des droits des travailleuses du sexe et lors de la manif contre les violences faites aux femmes elles ont fait partie des signataires d’une pétition souhaitant étendre le sens de cette manif en une lutte générale contre le viol, les violences sexistes et le harcèlement couplée à une manif contre le viol, les violences validistes et le harcèlement validistes envers les personnes atypiques. Pétition que je n’ai pas pu signer avant qu’il soit trop tard en ignorant l’existence mais qui me semble une brillante initiative de la part des personnes qui l’ont crée et aller totalement dans la bonne direction. En clair les Drags Queens malgré leur institutionnalisation et récupération partielle ont encore un très grand pouvoir d’action contre la misogynie, les LGBTphobies et le validisme et pour la lutte des classes. Ah aussi j’en parle peu car c’est un sujet plus complexe et qui mériterait son propre article mais les Drag Queen, Drag King et Drag Non Binaires pas blancs existent. Aussi étant Drag King sans le savoir depuis quelques mois et ayant un chéri qui est Drag Queen occasionnellement depuis 10 ans et n’étant blancs ni l’un ni l’autre je suis plutôt bien placée pour le savoir même si apprendre que rien que ça peut faire de nous des gens inclut dans le T de LGBT même si on est cis hétéro je dois dire je m’y attendais pas et je suis pas sure de vouloir le revendiquer ça me met pas très à l’aise car j’aime pas trop l’acronyme LGBT et je suis plutôt d’avis que quitte à l’élargir à toute pratique sexuelle ou romantique, orientation sexuelle ou romantique et/ou identité de genre minoritaire ou tout trucs s’en rapprochant même vaguement de loin je suis pour le changer en un terme même si faut vraiment trouvé un terme plus simple, plus englobant et moins connoté que MOGAI dans ce cas là…au delà du fait qu’il reste peu ouvert sur les gens qui ont des pratiques sexuelles alternatives tout en restant cis hétéros c’est juste pas possible pour moi de m’identifier à un mot qui me fait tout de suite penser à un Gremlins et on est très nombreux dans ce cas que ça pourrait concerner mais qui peuvent juste pas à cause de ça de ce que j’ai pu en voir donc changer d’idée pour un truc mieux serait vraiment opportun.

Pour plus de détails : http://www.barbieturix.com/2013/11/07/10-drag-kings-que-vous-devriez-connaitre/

Et source sur les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence : https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C5%93urs_de_la_Perp%C3%A9tuelle_Indulgence

Me rendant compte que faire cette histoire sans histoire plus général des hommes féminins et des femmes masculines et des gens d’allure androgyne n’a pas grand sens je m’y colle. Androgyne vient du grec ancien et signifie étymologiquement homme-femme (andros = homme comme racine et gyné = femme). La société grecque dans l’ancien temps concevait leur existence selon le mythe de Platon (Merci wikipédia) :

Le premier mythe platonicien de l’androgyne est relaté par le personnage d’Aristophane, dans le Banquet (189c – 193e). Au commencement, il y avait trois espèces et non deux comme aujourd’hui : la femelle, le mâle et, outre ces deux-là une troisième du nom de l’androgyne composée des deux autres, mâle et femelle réunis. Ayant provoqué la colère des dieux, ils furent punis par Zeus qui les sépara chacun en deux moitiés. Ainsi chaque moitié recherchant l’autre, l’enlace, l’embrasse et meurt triste, ne pouvant s’unir à elle. Si les choses devaient rester ainsi, les humains mourraient. Or Zeus, pour toujours avoir l’amour de ses sujets remet les organes génitaux sur le devant, formant les êtres humains actuels. Ce mythe explique donc le phénomène amoureux et sa recherche.

On note que si ce qu’on nommerait la non binarité ou la simple androgynie est toléré comme modèle de « la coïncidence des opposés, réunissant les puissances magiques et religieuses liées à chacun des deux sexes, de l’acquisition des pouvoirs des deux sexes par des pratiques rituelles, notamment par le fait de se travestir.  » ce que nous nommerions les intersexes jugés alors des hermaphrodites étaient eux victimes d’oppression déjà car perçus comme le signe de la colère des dieux, des prodiges et des monstres et donc tués à la naissance le plus souvent. C’est le cas de Sinuessa enfant intersexe selon nos critères actuels né(e) chez les Romains lors de la deuxième guerre punique et directement jeté à la mer par ses parents juste après sa naissance. Cependant on sait que ces enfants si ils survivaient tant qu’ils étaient en bas ages et dépendants de leurs parents finissaient le plus souvent par être tués par ces derniers qui faisaient tout pour les noyer en un rituel religieux de « purification » s’achevant par des processions de neufs jeunes filles chantant des hymnes. Pour la suite de leur histoire je vais directement citer les travaux à ce sujet de Marc Escola que j’ai trouvé sur ce lien :

https://www.fabula.org/actualites/androgynie-et-travestissement-au-grand-siecle_82394.php

 »

Dans l’imaginaire occidental, jusqu’à la fin du XVIIe siècle, les concepts de masculinité et de féminité sont envisagés en termes de degrés plutôt qu’en termes d’opposition. Si des expérimentations anatomiques de plus en plus poussées mettent en question les anciennes croyances sur le corps humain, ces nouvelles connaissances peinent à remplacer les anciennes doctrines de Platon ou de Galien dans l’imaginaire collectif. Ainsi la femme n’est-elle généralement considérée que comme un mâle affaibli, moins parfait. Dans le même temps, la construction des deux sexes sous forme de continuité plutôt que de clivage ouvre la porte à la confusion et au brouillage des catégories rendant plus facile l’expérimentation relative aux degrés intermédiaires entre les deux extrémités. Dès lors, il n’est pas surprenant de constater que le XVIIe siècle est souvent beaucoup plus tolérant que les siècles suivants envers les différentes pratiques et représentations culturelles qui mettent en question la distinction nette des deux genres. Parallèlement, cette même société exige une distribution claire et inviolable des rôles et s’appuie, ce faisant sur une vision extrêmement sexuée de l’Homme.

Pistes de réflexion :

Virilité et Androgynie

Au XVIIe siècle, le modèle de virilité se transforme de manière sensible, l’idéal chevaleresque du Moyen Âge se trouvant concurrencé par une conception plus raffinée de la masculinité. Dans le contexte de la galanterie, l’homme viril se devant d’être aussi honnête homme c’est, paradoxalement, dans son commerce avec les femmes qu’il manifeste sa parfaite maîtrise du nouvel idéal.  Néanmoins, si le modèle viril s’adoucit en adoptant des traits réservés jusque-là au féminin, l’adjectif qualificatif « efféminé » garde sa connotation négative d’un homme mou et voluptueux, « devenu semblable à la femme[1] ». En même temps que l’image de la virilité évolue, celle de la féminité devient modèle de civilité, tout en restant associée à la mollesse et la fragilité. Dès lors, l’identité masculine oscille entre vivacité virile et raffinement féminin, tout en devant éviter de trop s’efféminer. La masculinité devient ainsi une convention sociale, accessible aux hommes aussi bien qu’aux femmes[2]. Ou, pour le dire autrement, si la virilité s’inspire de caractéristiques féminines, la femme peut, elle aussi, emprunter certains traits masculins. Furetière par exemple cite le meurtre de Holoferne par Judith comme « action virile[3] ». La confusion qui résulte de ce réaménagement des genres se reflète dans les représentations artistiques de l’époque. La peinture comme la littérature témoignent alors d’une fascination pour l’androgynie naturelle de la jeunesse. On pourrait aussi s’interroger sur l’androgynie comme nouvel idéal de beauté, prônant une esthétique de l’ambiguïté et de l’éphémère, ainsi que sur son lien avec la conception de la jeunesse. Jusqu’à quel âge l’androgynie d’un homme est-elle considérée comme charmante ? Où situer le seuil entre androgyne et efféminé ? Qu’en est-il de l’androgynie des filles ? Et quels sont les codes permettant de fixer la représentation des deux genres ? Enfin, la représentation des anges, êtres asexués et androgynes par excellence, permet-elle d’apporter des éléments supplémentaires à cet idéal de beauté ?

Le travestissement

L’androgynie conditionne une pratique qui pousse le brouillage des genres à son extrême : le travestissement. Pratique sociale aussi bien que motif littéraire, le travestissement se présente sous de multiples formes. De L’Astrée aux Mémoires de l’Abbé de Choisy, le thème est constamment réinvesti. Tantôt pur divertissement, tantôt outil pour faire avancer l’intrigue plutôt que finalité en soi, le travestissement s’accompagne souvent d’une véritable interrogation sur l’identité humaine. Notamment lorsqu’un ou plusieurs protagonistes sont travestis dès leur naissance, la question de l’identité, du naturel aliénable, mais aussi du rapport entre les deux sexes se révèlent incontournables. « L’histoire de Diane » de L’Astrée, Iphis et Iante, pièce de théâtre d’Isaac de Benserade, Frédéric de Sicile de Catherine Bernard ou encore L’Histoire de la Marquise-Marquis de Banneville de l’abbé de Choisy en sont autant de variations de ce motif, mettant en scène des situations à la fois semblables et différentes. Chacun de ces récits s’appuie, pour faire avancer son intrigue, sur des quiproquos fréquents qui ébranlent les certitudes relatives aux deux genres. Ce jeu du travestissement étant exclusivement pratiqué par des personnages juvéniles, il donne souvent lieu à l’expression d’un sujet qui se cherche, à une interrogation sur le caractère éphémère de la jeunesse et sur la formation du moi. Peut-on y voir déjà les prémisses ce qu’on appelle souvent la « naissance de l’individu moderne » ? En effet, comment les jeunes protagonistes perçoivent-ils leur sexualité ? A quel sexe se sentent-ils appartenir ? Dans le contexte de l’âge classique, le travestissement peut-il véritablement toucher à l’identification intérieure du protagoniste ou reste-t-il toujours, si ce n’est pur jeu, pour le moins un phénomène purement extérieur, s’appuyant sur l’esthétique androgyne ?

On observera que le travestissement est toujours un jeu avec les limites des convenances sociales et biologiques. Ainsi sommes-nous invités à interroger ces limites. Jusqu’à quel âge, le travestissement reste-t-il envisageable ? Ses conditions et ses conséquences sont-elles les mêmes pour l’homme et pour la femme ? Si l’âge classique accepte, sous certaines conditions, qu’un homme choisisse une apparence, voire une conduite féminine – avec l’abbé de Choisy et Philippe d’Orléans nous en avons même des exemples historiques illustres –, qu’en est-il lorsque, au contraire, une femme se travestit en homme ? Une fille peut-elle endosser définitivement un rôle masculin ? Se pose alors la question du dénouement, moment où le cadre social s’impose avec toute sa pesanteur. Entre le dévoilement de l’identité véritable, la mort héroï-tragique du protagoniste travesti, et la véritable transformation sexuelle par intervention divine, quels messages le travestissement nous livre-t-il sur l’identité sexuelle, les lois naturelles du monde ou encore le fonctionnement social transportés par les textes ? Le théâtre enfin permettra de compléter notre réflexion sur les jeux de représentation.

Genre, sexualité, identité

Mais l’androgynie et le travestissement invitent également à une interrogation plus générale sur l’identité humaine. En effet, le travestissement fonctionne surtout grâce à une androgynie propre à la jeunesse. Ainsi, dans ses mémoires, l’abbé de Choisy souligne à plusieurs reprises l’impossibilité de continuer ce jeu au-delà d’un certain âge, alors que d’Urfé affirme que, dans la jeunesse, il est difficile de faire une distinction nette entre traits masculins et féminins. Dès lors, on peut se demander si le clivage des genres ne s’impose qu’à partir d’un certain âge et lequel. En effet, avant de « passer aux hommes », les garçons sont éduqués dans un univers majoritairement féminin, leurs habits mêmes se confondant avec ceux des filles du même âge. Les enfants seraient avant tout des « anges sans genre[4] », la représentation sexuée n’intervenant que plus tard dans la vie humaine. En même temps, on peut observer que la répartition des rôles occupe une place importante dans l’éducation et se manifeste même depuis la naissance, comme on peut le voir dans la manière dont l’entourage du petit Louis XIII insiste sur la puissance virile de ses parties intimes comme représentation de son pouvoir royal[5]. En revanche, qu’en est-il de l’éducation peu conventionnelle d’une Mme de La Guette par exemple, qui apprend à monter à cheval et à manier l’épée ?

Enfin, la pratique du travestissement peut souvent être associée à l’évocation de relations homosexuelles ou pour le moins homosociales. Dans certains cas, historiques notamment, l’homosexualité effective, de Philippe d’Orléans par exemple, est liée au goût pour ce jeu avec les genres. Plus souvent, les rapports homosexuels restent de l’ordre de la suggestion. Égarés dans leur jeu de travestissement, les jeunes protagonistes sont troublés par l’affection qu’ils ressentent pour un personnage qu’ils croient du même sexe. Ou, au contraire, une jeune héroïne tombe amoureuse d’un garçon qui se révèle être en vérité une femme, comme c’est le cas d’Iphis et Iante où la question d’une sexualité entre femmes est abordée avec autant d’audace que de sensibilité. En même temps, l’exemple de l’abbé de Choisy ne suggère-t-il pas une réflexion sur la perception de l’homosociabilité féminine ? En effet, dans son déguisement de femme, Choisy entretient des relations équivoques avec nombre de jeunes filles, tolérées par la société sous prétexte de l’innocence d’une relation qui s’approcherait de celle que peuvent entretenir deux sœurs.

Au XVIIIème siècle c’est le castrat italien qui devient la figure la plus reconnue d’androgyne en Occident.

Bon je reprends Wikipedia pour le XIXème siècle :

 »

Balzac a centré son roman Séraphîta sur un personnage d’androgyne directement issu des théories de Swedenborg. Séraphîtüs-Séraphîta, aimé en tant qu’homme par Minna et en tant que femme par Wilfred, fait preuve d’une érudition et de capacités intellectuelles largement supérieures à la moyenne ; se réalisant dans l’amour humain, concret, il n’est cependant pas un ange descendu sur terre, mais un humain parfait, c’est-à-dire un être « total ».

Dans les romans et les nouvelles appartenant au mouvement décadent du XIXe siècle, la figure de l’androgyne est récurrente, mais sous la forme d’un hermaphrodite morbide, voire satanique, qui ne connaît d’existence que sensuelle. On a affaire à une « dégradation du symbole ».

Les dandies d’Europe au XIXe siècle brillaient par leur androgynie au sein de leur société, androgynie remarquée par Baudelaire qui consacre un essai au peintre Constantin Guys ainsi que par Barbey d’Aurevilly qui écrit sur le célèbre dandy anglais Georges Brummel. Le dandy, qui se distingue par son détournement et son reniement des lois de la nature telles le vieillissement ou la sexualité vient se positionner en dehors de la différence des sexes : il se réapproprie les qualités asexuées de l’ange tel qu’il est conçu au XIXe siècle. Si l’androgynie est une des caractéristiques du dandy, c’est parce qu’elle est symptomatique du refus d’une catégorisation sexuelle et même d’une vie sexuelle puisque l’androgyne dandy n’est théoriquement attiré ni par l’homme, ni par la femme. Barbey d’Aurevilly les définit d’ailleurs comme « des natures doubles et multiples, d’un sexe intellectuel indécis » jusqu’à hésiter, de façon remarquablement moderne, sur le genre à attribuer au mot « androgyne »9. »

Et le XXème siècle :

« La figure de l’androgyne est mise en valeur par des peintres du début du XXe siècle, notamment Marcel Duchamp, Marc Chagall et Jean Cocteau10. Ils se réfèrent généralement aux philosophies ésotériques comme l’alchimie et la Kabbale pour justifier cette valorisation. L’usage du terme comme critère de beauté physique et/ou spirituel est également répandu dans la littérature, sans implication avec l’intersexuation et la transidentité la plupart du temps, tel que chez Georges Hérelle ou Roger Peyrefitte. On trouve également le thème de l’androgynie dans le domaine de la mode.  »

Et enfin le XXIème siècle :

« Si le terme qualifie toujours, notamment dans les milieux littéraires, une personne dont l’apparence physique est ambiguë (toujours sans rapport absolutiste avec la transidentité ou le travestisme), il sert aussi occasionnellement en dehors des cercles médicaux à qualifier un individu qui estime ne pas trouver sa place dans le schéma binaire homme/femme des sociétés actuelles.

Quand la personne s’identifie au genre social opposé à son sexe biologique, il s’agit de transidentité. Quand la personne refuse d’être catégorisée sous les deux seules étiquettes admises, il s’agit d’une personne dite « agenre ». Certaines personnes se qualifient plutôt d’intergenre, bien que pouvant être considérées comme faisant partie de la catégorie des transgenres au sens large du terme. L’androgynie désigne aussi un style vestimentaire dans les mouvements glam rock et Cosplay, où hommes et femmes s’habillent sans tenir compte des codes vestimentaires habituels, piochant allègrement dans les registres censés appartenir au genre opposé. »

Enfin pour le Cosplay c’est fréquent mais on trouve de tout des hommes très virils, des femmes très féminines, des gens androgynes, des hommes féminins, des femmes masculines et bien sur des Crossplay qui sont des Cosplays permettant de se travestir en un personnage féminin en étant un homme ou le plus souvent en personnage masculin en étant une femme. Les cosplays les plus populaires restent de très loin ceux de personnages assez dans les normes de genre en fait par des gens qui y correspondent, femmes très féminines principalement et si le cosplay androgyne est répandu et fort toléré quoi que minoritaire, pareil pour le cosplay de femmes masculines ou d’hommes féminins, le Crossplay lui demeure minoritaire et très mal vu, surtout quand des vieux messieurs se déguisent en personnages de petites filles ce qui est fréquent et mène trop de gens à des conclusions douteuses qu’ils sont pédophiles ce qui est presque toujours faux 9 fois sur 10 ils ne font qu’exprimer leur appréciation du personnage. D’ailleurs les hommes faisant du Crossplay féminin globalement sont nettement plus souvent contraints de faire face à des gens hostiles à leur loisir que les femmes faisant du crossplay masculin qui elles sont relativement invisible et quasiment que connu des femmes du milieu geek et peu des hommes geeks même si bien sur c’est une généralité à laquelle on trouve beaucoup d’exceptions heureusement. D’ailleurs les réactions sont très genrés, j’ai jamais vu une geekette ou une personne geek de genre non binaire mal réagir à un Crossplay qu’il soit de femme en homme ou d’homme en femme en 21 ans de vie en tant que personne geek, c’est quasiment toujours les hommes geeks, et la majorité d’entre eux, qui sont gênés par ça le plus souvent par sexisme.

Intersexe : On l’a vu dès l’Antiquité ces derniers sont vus comme des monstres et tués à cause de cela, à ère médiévale et au 16 ème siècle d’après Foucault c’était pareil ils étaient exécutés lorsque découvert, brûlés sur des buchers et leurs cendres étaient éparpillées au vent. Ceci dit apparemment l’idée que ce statut et sort était tel en l’Antiquité et au Moyen Age fait apparemment débat entre les historiens de la question les plus optimistes estimant cette opinion peu fondé et que les recherches récentes montre au contraire qu’un intersexe se voyait accordé des droits d’homme ou de femme selon ce qui semblait prévalent comme sexe dans ses organes et son expression de genre notamment au XIIème siècle même si du fait d’être jugé difforme et monstrueux sont statut social était moindre que celui d’une personne ordinairement constituée. Une loi du XIIIème siècle dit que si un hermaphrodite a un sexe d' »hermaphrodite parfait » c’est à dire jugé trop androgyne pour être casé en femme ou en homme doit choisir sous serment si il veut devenir homme ou femme. Impossible de savoir qui a raison dans ce débat d’historiens sur le sort des intersexes à époque ancienne et médiévale à mon niveau néanmoins je constate qu’au XVIIème siècle et sur des thématiques proches comme les trans c’est le pragmatisme qui l’emporte et que ce portrait plus nuancé du sort des intersexes a ces époques est plus informé sur les réalités contemporaines des intersexes et issu de recherches nettement plus récentes donc je penche à titre personnel très fortement pour la seconde option même si je n’ai guère plus que les arguments qui précèdent pour étayer cet avis. AU XVIIème siècle on retrouve cette mentalité qu’un hermaphrodite parfait peut choisir d’être homme ou femme et qu’un hermaphrodite dont le sexe et le rôle social font masculin est un homme et qu’une hermaphrodite dont le sexe et le rôle social font féminine est une femme…seulement ce n’est alors pas la personne qui décide d’être homme ou femme mais la loi sociale et donc en bout de course l’Eglise et la profession médicale après examen forcé du corps de la personne qui élit celle ci en tant qu’homme ou femme. Pareil au XVIIIème siècle, d’ailleurs un cas datant de cette époque de conflit entre les droits de l’individu et la norme sociale autour de cette question est assez connu celui de Rosa Misfud hermaphrodite se considérant comme une femme mais jugé socialement comme étant un homme qui en 1774 alors qu’elle n’avait que 17 ans mène une pétition demandant à ce que sa classification légale change et devienne femme et non point homme, comme quoi ce type de demande a une longue histoire derrière elle quoi qu’elles n’aboutiront que bien longtemps plus tard, elle du subir un examen médical orchestré par des médecins dans le cadre de la décision de justice qui décidèrent à sa place qu’elle était un homme car ils jugeaient son sexe plus masculin que féminin (ce qui vu qu’on parle d’une personne intersexe n’a pas grand sens du moins je crois) et les médecins et la justice la déclarèrent donc homme et la forcèrent à dès lors ne porter plus que des habits d’homme.  Au XIXème siècle la personne la plus connue à avoir ce même type de problème est Herculine Barbin, une institutrice qui suite à la découverte après une opération médicale pour cause de graves douleurs, qu’elle était ce qu’on nommait alors hermaphrodite et à sa réassignation au genre masculin désormais devenu Abel Barbin après avoir passé toute sa vie en tant que femme et en se considérant telle qui l’obligea à quitter son métier d’institutrice dans une école pour fille mourut suicidée sans avoir pu finir de rédiger ses propres Mémoires dans la pauvreté et le désespoir et le sentiment de n’avoir aucune place sur terre n’étant ni homme ni femme, pour ceux qui voudraient en savoir plus sur elle je vous conseille cet article fort intéressant : http://culture-et-debats.over-blog.com/article-herculine-barbin-dite-alexina-b-presente-par-michel-foucault-42843542.html, j’y ai trouvé un extrait des Mémoires d’Herculine Barbin qui sonne comme une poignante lettre d’adieu disant tout de ce qu’est la douleur d’avoir une forme d’existence pas reconnue par la société où l’on vit :

« Je m’ensevelis vivant, jeune, dans cette solitude éternelle que je trouve partout au milieu des agitations de la foule. »

« Moi, élevé jusqu’à l’âge de vingt et un ans dans les maisons religieuses, au milieu de compagnes timides, j’allais comme Achille laisser loin derrière moi tout un passé délicieux et entrer dans la lice, armé de ma seule faiblesse et de ma profonde inexpérience des hommes et des choses. […] Et maintenant seul !… seul !… pour toujours ! Abandonné, proscrit au milieu de mes frères ! […] Dans ce vaste univers où toutes les douleurs ont place, tu y chercheras en vain un coin pour y abriter la tienne. Elle y fait tache. […] Je plane au-dessus de toutes vos misères sans nombre, participant de la nature des anges ; car vous l’avez dit, ma place n’est pas dans votre étroite sphère. À vous la terre, à moi l’espace sans bornes. […] Et c’est à moi que vous jetterez votre insultant dédain, comme à un déshérité, à un être sans nom ! »
Dès la fin du XIXème siècle quelques patients hermaphrodites demandent des opérations pour que leurs organes génitaux collent à leur rôle social féminin ou masculin, partant de là à partir des années 1920 les médecins commencent à décider que genre social et sexe biologique sont deux choses différentes et à proposer des opérations aux hermaphrodites jugés victimes d’une « erreur de la nature » dans le but de « corriger, réparer » par leur science leur sexe en le réalignant sur leur rôle genré social. C’est dans les années 1930 que le terme intersexe est inventé par les médecins pour les désigner au lieu d’hermaphrodite jugé depuis lors désuet et offensant.  Depuis les années 1950 il est devenu habituel médicalement de face à des enfants intersexe leur faire subir des mutilations génitales forcées dans le but que leur sexe ressemble le plus possible à celui que les médecins veulent qu’ils aient, masculin ou féminin. C’est dans les années 1990 que le mouvement pour les droits des personnes intersexe émerge aux Etats Unis réclamant la fin de ces mutilations génitales et le droit des personnes intersexe à choisir leur genre et si elles veulent ou pas y faire correspondre leurs parties génitales. Dans les années 2000 c’est surtout de l’information sur la vie des personnes intersexes, leurs besoins particuliers et globalement juste leur existence que le mouvement met en avant. Depuis hélas c’en est resté au même stade à part sur le point que de plus en plus le mouvement s’internationalise et les intersexes se créent une culture et des modèles propres et mettent en avant les intersexes célèbres pour se visibiliser et mettre en avant leur combat contre les mutilations génitales qu’ils subissent toujours partout en Occident et sans doute aussi beaucoup ailleurs imitant le modèle occidental.

Les femmes masculines elles ont longtemps été invisibilisées ou cachées on en parlait très peu, à l’ère médiévale leur ambiguïté de genre provoque le malaise et elles sont qualifiées de monstres et mises en danger très fortement de ce fait lorsqu’elles sont repérées du fait de leur hermaphrodisme supposé et régulièrement soupçonné. En fait c’était littéralement risquer sa vie de se montrer pas assez féminine en étant femme et ce pendant très longtemps. En fait c’est dans les années 1890 que des pionnières créatrices communautés de féministes composées essentiellement de femmes masculines vont lutter pour leur droit à arborer cette identité de genre. Elles étaient surtout des suffragettes faisant de leur apparence un outil de revendication politique de sécurité pour les femmes et d’assurance qu’elles puissent être socialement et politiquement indépendantes des hommes. Dans les années 1910 la femme masculine c’est aussi devenue celle avec un métier masculin ou la femme qui avait l’indépendance économique par rapport aux hommes. Deux choses alors inédites en tant que tendances sociales et pas cas isolées qui venaient directement des luttes féministes et des avancées qu’elles avaient permises. La mode garçonne des années 1920 que j’ai évoqué plus haut était bien sur dans la continuité totale de cette tendance tout comme sa banalisation des années 1930. Cependant la Seconde Guerre Mondiale rend les femmes masculines moins acceptées car le conflit va avec une montée des idées réactionnaires sur la place des femmes dans la société. Après guerre si les femmes masculines redeviennent un peu mieux tolérés (enfin au niveau où elles l’étaient dans les années 1930 quoi) la télévision devient une arme terrible pour inciter les femmes à rester féminines à tout prix, dans les programmes de l’époque les hommes sont virils à l’extrême et très dominants et machistes et les femmes sont féminines à l’extrême, dociles et soumises. Dans les années 1960 le mouvement hippie et la jeunesse plus globalement arborent des looks contestant cette norme, les filles y ont les cheveux courts et agissent de façon masculine et vice versa dans le but de contester des rôles étriqués attribués aux hommes et aux femmes socialement, ce qui est alors totalement inédit et scandalise les anciennes générations. Cela a continué en s’amplifiant dans les années 1970. D’ailleurs cette évolution n’est toujours pas acceptée par les gens les plus conservateurs qui ont une idée très arrêté et restreinte de ce qu’une femme peut être. Dans les années 1980 la masculinité féminine devient largement accepté par tous comme possible, les préjugés continuent dessus jusqu’à nos jours et la violence envers les femmes masculines peut être parfois très dure mais risquer de mourir pour ça exclusivement n’existe plus et être une femme masculine est valorisé dans certains milieux alternatifs. Bref la masculinité féminine croit en acceptation au fur et à mesure que les luttes féministes obtiennent des victoires donc à priori vu comment c’est parti vont continuer d’être de mieux en mieux acceptées au fil du temps.

Les hommes féminins eux risquent bien davantage. Dans l’Antiquité grecque un homme pouvait être tué parce qu’il était jugé trop féminin c’était même très commun. Le port de vêtements féminins par un homme et surtout le risque qu’il soit pris pour une femme passaient très mal. Les hommes féminins étaient perçus comme des homosexuels passifs ou de jeunes prostitués. Les hommes homosexuels virils étaient bien perçus, les jeunes hommes libres efféminés homosexuels moins mais ils n’étaient pas mal vus…tant qu’ils se virilisaient en prenant de l’âge. C’est surtout par misogynie mais aussi du fait d’être vus comme immatures que les hommes féminins étaient très rejetés. D’ailleurs paradoxalement pour nous un homme qui ne sortaient qu’avec des femmes et en avaient un gout prononcé, un homme à femme était mal jugé et vu comme féminin car se parant et se maquillant surtout pour plaire aux dames et très mal jugé de ce fait et un homme strictement hétérosexuel était jugé efféminé du fait de n’avoir aucun gout pour le sexe masculin. Chez les Romains ce qui était jugé trop féminin chez un homme était un raffinement jugé excessif, un gout des beaux habits, un gout pour les belles choses de façon plus générale, le fait d’apprécier la compagnie des femmes, certains métiers et le fait de ne pas être aussi misogyne qu’il était jugé normal de l’être. Une sexualité passive ou de dominé était aussi jugé féminine et « pas naturelle » pour un homme adulte libre. Tout comme le fait d’avoir certaines manies ou celui d’avoir une barbe. L’idéal masculin romain incluait aussi de rester maitre de soi face aux émotions pénibles, à la maladie et à la mort et un homme n’y étant pas apte était jugé trop féminin. Enfin il y a la Bible qui ne dit rien de mal des femmes masculines ni des androgynes comme le sont je le rappelle les anges incarnation de la pureté céleste dans les monothéismes mais par contre elle associe le fait d’avoir l’air efféminé au péché de sodomie et donc dit des hommes efféminés qu’ils sont une abomination. Une association très présente aussi dans l’idée européenne médiévale de l’homme efféminé soupçonné d’avoir des relations avec d’autres hommes et d’être ce que l’on considérerait de nos jours comme un homosexuel passif lors de sodomies donc comme un pécheur, la culture des courtisans qui a fait passé la noblesse européenne d’une noblesse guerrière a une noblesse de cour et qui s’est accompagnée de révolutions culturelles telles que la naissance de l’amour courtois et d’un rang plus basé sur le degré d’amitié avec le puissant que ses courtisans avaient plutôt que sur la force guerrière prouvée au combat a été jugée par la société de l’époque comme relevant de l’affaiblissement et de la féminisation des hommes nobles et a été sévèrement critiquée de ce fait, aussi c’est à la Renaissance que l’accusation d’être féminisé commence à prendre un ton xénophobe les français accusant les italiens de l’être et vice versa, le soupçon planant dans cette insulte sur les moeurs sexuelles supposés de l’autre, comme lorsqu’à la même époque les français qualifient la syphilis de « mal de Naples » et les italiens la définissent comme « le mal français » sous entendant que c’est des aventures légères et nombreuses avec des femmes dites de petite vertu que les hommes du pays voisin et rival sont censé avoir que vient ce mal. Au XVIIème siècle pourtant chez les hommes français il devient très à la mode de se poudrer et de se parfumer et d’avoir l’air efféminé quoi que ce ne soit pas du gout des plus conservateurs cette mode est majoritaire dans la France du « Grand Siècle », les hommes d’alors cherchent à être à la mode vestimentairement et côté look plus généralement dans le but affiché et principal de plaire aux dames et d’avoir des manières polies et courtoises autant avec les hommes qu’avec les dames faisait partie de cette « féminisation » des hommes à la mode alors. Ces hommes tout préoccupés de raffinement et d’élégance en toutes choses étaient ceux qu’on nommait des coquets et ils étaient l’objet fréquent de dédain et de mépris d’hommes plus traditionnellement virils.  Cependant ils restaient relativement tolérés quoique moqués, insultés et méprisés par une minorité conservatrice ils n’étaient point agressés physiquement et leurs vies n’étaient pas en danger. Un peu moins tolérés étaient deux types d’hommes très féminins, davantage que les coquets, les hommes de cire et les Précieuses. Les hommes de cire étaient un genre de version radicale du coquet qui tendaient à fuir la compagnie des hommes et leur préférer des groupes de femmes et étaient abondamment maquillés, poudrés etc…et tendaient à fuir la lumière du soleil ou le feu, ce qui faisaient que les hommes plus virils en disaient qu’ils avaient peur de fondre d’où le surnom moqueur qu’ils leur attribuait. J’imagine que fuir le soleil c’était pour garder le teint très blanc et pâle promu par la mode d’alors et fuir le feu…j’en sais rien mais peut être que certaines parties du maquillage d’alors fondaient facilement près des flammes ce qui expliquerait ce surnom…là j’ai pas de meilleure hypothèse. Cependant comme les coquets dont ils étaient une forme extrême ils étaient relativement tolérés même si moins que des coquets plus discrets et traditionnellement masculins. Le groupe d’hommes féminisés existants alors le moins bien accepté était les hommes que ceux qui leur était hostiles surnommaient moqueusement les Précieuses car ils passaient beaucoup de temps en compagnie de certaines femmes de ce mouvement et bien peu en celui d’autres hommes, des femmes Précieuses c’était la « masculinité » de leurs ambitions intellectuelles d’être écrivaines, critiques littéraires et de réformer la langue française pour qu’elle soit plus élégante qui leur était reprochés, des hommes Précieuses c’était d’adhérer aux discours des Précieuses, de participer à leurs cercles de discussion, de les soutenir dans leurs combats et ambitions, d’avoir comme elles un souci très jusqu’au boutiste de l’élégance, des bonnes manières, de la politesse, de la courtoisie et du raffinement qui paraissait à la plupart des gens relever du ridicule,  et leur façon de se vêtir, de parler, leurs sentiments, leurs actions et leurs tons de voix qui étaient jugés « ne rien avoir qui fasse homme » et être affecté autant que les manières des précieuses elles mêmes.  En clair on a beaucoup reproché à ce mouvement de mode et de tendance culturelle de trop montrer à quel point le vêtements, la façon de parler, les sentiments, les actions et les tons de voix sont non pas fixés pour toujours à la naissance mais modifiable par des choses aussi simples que des phénomènes de mode et l’imitation des cercles que l’on fréquente, et bien sur les rarissimes hommes Précieuses n’étaient pas du tout tolérés et se cachaient autant qu’ils le pouvaient donc à part ce qu’en disait leurs détracteurs l’on ne sait rien d’eux. Par rapport aux normes de masculinité actuelles, le XVIIIème siècle apparait comme le moment de l’histoire de l’Occident où les hommes étaient les plus « féminins », c’est d’ailleurs là qu’on voit que la relativité des concepts masculins/féminins n’est pas que géographique elle est aussi temporelle et en 200 ans ce qui fait qu’un homme est vu comme féminin ou pas à bien changé. Les ancêtres des hommes la communauté LGBT se visibilisant par une mode de porter des manchettes les hommes qui en portaient étaient perçus comme des sodomites et des efféminés. La mode des castrats de l’opéra italien à la voix masculine mais très douce jugée comme le paroxysme de la beauté et de la musicale d’autant que ces derniers étaient admirés pour leur virtuosité, la mode et les normes de beauté masculines suivie par la plupart des hommes alors surtout dans la noblesse qui favorisait les très beaux habits extrêmement voyants et lumineux aux tons vifs et colorés et un maquillage abondant, le tout dans des tons souvent roses ou pastels, le triomphe artistique très présent du style rococo dans toute sa fantaisie et son attention aux décors et aux petits motifs détails qui bien plus tard c’est vu enfermé comme style esthétique dans le girly en Occident…tout ça surprend, choque et rend moqueurs les enfants actuels quand ils découvrent pour la première fois la mode surtout masculine de l’Europe du XVIIIème siècle en cours d’histoire et est en effet une masculinité fort différente de ses normes actuelles et beaucoup moins restreinte que maintenant dans les possibles de son expression et apparence. Cependant on voit commencer à poindre une différence esthétique forte entre les hautes classes sociales qui suivent complètement cette tendance et les pauvres qui eux trouvent cette mode ridiculement efféminée pour une très large majorité d’entre eux et y résistent comme une manière de résister à l’influence des riches sur leur destin…cependant se faisant ils ont aussi pour beaucoup laisser sur le carreau les hommes les plus efféminés parmi les pauvres en les rejetant dans le même temps par réaction négative envers cette façon d’être et ce qu’ils y associaient. Tendance qui d’ailleurs est toujours restée depuis. D’ailleurs depuis les hommes pauvres aux allures les plus féminines sont restés les plus pauvres en Occident. Tout aussi ancienne est l’idée que certains métiers sont plus virils que d’autres, par exemple c’est depuis cette époque qu’existe l’adage la mer fera de toi un homme et la tendance d’envoyer les jeunes hommes jugés trop féminins faire matelot pour les viriliser. C’est aussi alors qu’on émergé les premières caricatures qui critiquaient les riches comme des gens se vautrant immoralement dans le luxe et la débauche et des hommes efféminés de ce fait menaçant de forcer les pauvres à adopter leurs mauvaises mœurs « féminisantes » qu’on a toujours de nos jours. Les hommes étaient très mal vus dans les hautes classes sociales alors si ils étaient jugés avoir de la mollesse c’est à dire ne pas réprimer suffisamment souvent au gout des autres hommes de leur condition les hommes du bas peuple manifestant leur colère envers les riches et donc être un tout petit peu moins méprisant envers les pauvres que la moyenne était perçu chez les riches comme être efféminé et méprisé à l’extrême. D’ailleurs plus généralement tout signe de faiblesse masculine était vu comme féminisant donc c’était impossible pour un homme malade, handicapé ou fou (ce qui était perçu comme une faiblesse d’esprit) ou atypique d’être jugé autrement que comme un homme féminin/féminisé. Aussi il reste des tendances de féminités masculines plus extrêmes moins tolérées, trois particulièrement visibles en l’occurrence, la première celle des macaroni anglais et là je vais juste copié collé Wikipédia :

Comme les dandys du XIXe siècle, les macaronis naissent en Angleterre. Ce mouvement de mode est d‘abord une réaction aux normes vestimentaires et morales qui s‘installent à la Cour de Saint-James, puis dans l‘aristocratie londonienne, sous le règne du populaire « Farmer George », le roi George III : redingotes sombres, pantalons ou culottes de drap noir, étiquette réduite, vie familiale et fidélité matrimoniale privilégiées. En opposition à ces tenues et ce protocole pré-bourgeois, les macaronis réagissent par une mise exagérée, colorée et maniérée.

Leur tenue particulièrement voyante s‘inspire des petits-maîtres de la cour de Louis XIV : culottes de soie, bas immaculés, veste de brocart, fausses pierreries et rubans, escarpins garnis de boucles ostentatoires, talons rouges « à la française » et, surtout, perruque poudrée d’une hauteur démesurée, au sommet de laquelle se perche généralement, comme un petit oiseau, un minuscule tricorne1. Les vêtements très serrés et l‘utilisation fréquente de rayures verticales allongent exagérément la silhouette.

Ce mouvement de mode apparaît au début des années 17702. Il est spontané, éphémère mais précisément codé, comme tout mouvement de mode et comme le sera au siècle suivant — de façon plus exigeante encore — le dandysme. La pose outrancière du macaroni est obligatoirement affectée, à la limite de l‘efféminé. Elle contraste avec le dédain du regard et le flegme du langage. Les contemporains parlent d’une « langueur froide »3.

Dès son apparition, le macaroni suscite la satire. Le Oxford Magazine note en 1770 : « Il y a en vérité une sorte d‘animal ni mâle ni femelle, une sorte de chose du genre neutre qui vient d‘émerger parmi nous. On l’appelle macaroni. Cela parle sans vouloir rien dire, cela rit sans civilité, cela mange sans appétit, cela monte à cheval sans en faire, cela court les filles sans passion4. »

Ce style macaroni avait un équivalent français qu’on nommait « élégant » ou « merveilleux ».

En 1773, l‘écrivain James Boswell fait un voyage à cheval en Écosse avec le respecté auteur et essayiste Samuel Johnson. Celui-ci se disant meurtri par la selle, Boswell le plaisante : « Vous êtes un Londonien délicat, vous êtes un macaroni, vous ne pouvez voyager à cheval5. »

Cette pose qui suscite l‘amusement des contemporains est celle de quelques adolescents aristocrates mais surtout de jeunes anglais de la bourgeoisie moyenne émergente, contestataires de leur milieu d‘origine6. Leur mouvement s‘appuie sur la nostalgie d’une aristocratie insolente et ostentatoire, en même temps qu’il critique, par son agressivité voyante, ce qu’ils considèrent comme une morosité de la roture enrichie7. Un « club des Macaronis » sera créé pour eux à Londres à cette époque.

L’éphèbe non pas au sens de l’antiquité qui correspond à un jeune homme qui à quitté tout juste l’âge d’être sous l’autorité des femmes mais au sens de la mode française de l’éphèbe du XVIIIème siècle, un jeune homme du même âge ayant la particularité d’avoir l’air féminin ou androgyne et de plaire beaucoup aux dames en toutes choses et aux peintres principalement esthétiquement et en tant que modèles pour cette raison est vers la fin du XVIIIème siècle au sommet de sa popularité et est un autre modèle d’homme généralement féminin même si lui est totalement accepté dans les normes de l’époque pour deux raisons, son inspiration antique et classique qui donne ses lettres de noblesse à cette forme de masculinité féminine et son aspect passager la jeunesse n’étant pas éternelle qui fait que devenant grand le plus souvent il se range et se revirilise ou alors il subit le même sort que tout les autres hommes jugés trop féminins par la société d’alors.

Enfin le style des « Chevaliers de la Manchette » c’est à dire des « hommes gays » et/ou « travestis » enfin de leurs équivalents d’alors plus exactement qui affichaient leur féminité masculine alors très souvent extrême dans un but de provocation de la société, de contestation de leur infériorisation et de lutte pour leur droit à leur présence dans les espaces publics.

Au XIXème siècle la mode de féminité masculine la plus suivie est le dandysme. C’est d’ailleurs la plus ancienne a n’avoir pas entièrement disparu de nos jours et la plus ancienne contre culture liée à la féminité masculine. Son apparence et donc son vêtement en est l’élément visible mais le dandysme est loin d’être une simple mode c’est toute un style de vie et l’état d’esprit allant avec, il descend du style macaroni mais si dans les années 1780 les deux sont encore indistinguables, les deux styles partagent en effet des points communs, tenues excentriques, dandinements féminins, l’élégance et le raffinement érigées comme valeurs ultimes face auxquelles tout doit être jugé mais il finit par s’en distinguait à partir des années 1810 les macaroni n’existant alors plus et les dandys adoptant un style qui les caractérisera durablement plus sobre en encore plus jusqu’au boutiste du raffinement par contre que le macaroni. Le dandysme est fortement associé au XIXème siècle au mouvement alors contre cultuel et révolutionnaire du romantisme. Dès lors on a aussi chez les dandys une recherche d’impertinence et d’esprit dans le choix des mots, en clair le dandy devient aussi associé à une certaine forme d’intellectuel et d’artiste. C’est aussi une mode d’origine britannique et toujours principalement associée à ce pays principalement. Les premiers dandys français apparaissent cependant dès 1815 dans l’aristocratie. Les hommes beaux jusqu’alors cherchaient à l’être pour plaire aux femmes principalement ce qui était ridiculisé ou pour plaire à d’autres hommes ou à des gens d’autres genres ce qui leur valait de risquer la mort tant la société ne l’acceptait pas mais les dandys innovent en étant les premiers hommes dans une société blanche à chercher à être beau juste pour leur propre plaisir esthétique ce qui fait beaucoup scandale car est supposé être un désir purement féminin ce que l’existence même des dandys dément. Le dandysme en même temps que le romantisme a progressivement laissé son empreinte sur toutes les formes d’art mais si dans les années 1810 c’est surtout en littérature qu’il se manifeste, dans les années 1820 les peintures prenant des dandys pour modèle et en faisant le portrait connaissent un fort succès, on les voit aussi de plus en plus en personnages de pièces de théâtre et donc se donnant en spectacles là où avant ils semblaient confinés surtout la décennie précédente au roman et à la poésie. Cette vogue des dandys est jugée en France frivole et grossière par les plus conservateurs. Dès la fin des années 1820 les dandys sont un mouvement contre culturel qui produit ses propres revues et se regroupe autour de ces dernières en échangeant sur leurs vêtements et leurs créations artistiques principalement littéraires. Dans les années 1830 cette mode du dandy féminisant l’homme va encore plus loin imposant à l’homme dandy le port du corset pour l’obtention d’une silhouette raffinée de jour enfin le midi et l’après midi plus précisément et celui d’une robe de nuit la nuit et d’une robe de matinée le matin. Les dandys aussi luttent contre la norme installée depuis la prise au pouvoir de la bourgeoisie qui veut que l’homme ne pleure pas et n’aie peur de rien sauf en de très graves circonstances en se donnant le droit d’être des hommes sensibles qui pleure et ont peur quand cela leur est naturel et ne se retiennent pas de l’exprimer publiquement. Même si leur style parait prétentieux et froid à ceux qui leur sont hostiles. Le dandysme est aussi une culture qui valorise pas mal les plaisirs et l’hédonisme à partir des années 1830. Avec Georges Beau Brumell le premier dandy mort et premier à avoir été célèbre sans autre raison que de l’avoir été et celui qui avait forgé une bonne partie de la tenue et de l’état d’esprit propres au dandysme en 1840 la première génération de dandys s’en va avec lui de notre monde. Cette mode est des les années 1840 fustigée pour son égocentrisme les dandys étant vus par ceux qui leur sont hostiles comme des gens amoureux d’eux mêmes. Pourtant en 1848 des dandys participeront à la révolution et certains afficheront des idéaux ouvertement communistes. Cependant le mouvement est apolitique et des gens de toutes les opinions politiques et des gens qui se moquent de la politique peuvent très bien être des dandys. Le dandys des années 1850 lui est avant tout esthète, léger, et partout où il est bon ton de se montrer et arbore toujours une allure de conquérant. Les dandys dans cette décennie commencent à établir leurs propres clubs très en vu et à s’y montrer et y socialiser entre eux, aussi ils voient leur popularité s’étendre considérablement, il commence à y avoir des  dandys dans tout les pays Occidentaux et même au-delà puisque les premiers dandys japonais apparaissent à la fin des années 1850 par exemple. C’est la toute première forme de masculinité féminine à s’exporter à ce point internationalement…et elle parvient à le faire en restant contre culturelle partout où elle existe. Les dandys des années 1860 commencent aussi à beaucoup cultiver l’idée de passer une vie entièrement consacrée à leurs loisirs et leurs hobbys. Dans les années 1870 ce sont les salons de thé et les cabarets de dandys qui deviennent leurs principaux lieux de socialisation entre eux tandis que l’influence du dandysme dans l’art musical jusqu’alors fort discrète se fait de plus en plus audible. Dans les années 1880 la boutonnière devient un accessoire indispensable de la tenue des dandys et le dandy troisième génération et probablement un des dandys les plus célèbres qui soit Oscar Wilde prend la pause dandy pour la plus célèbre photo qui soit d’un dandy prise en 1882, bien sur depuis l’art de prendre la pause pour des photographies à but artistique liées au dandysme est resté chez les dandys. Le dandy est aussi dans une recherche très différente du bourgeois dès lors méprisant parfaitement la recherche de la productivité et du profit (ce qu’il peut se permettre vu que c’est à l’époque encore presque toujours une personne riche économiquement à l’abri du besoin), Wilde va faire prendre au dandysme une très forte dimension de provocation et de faste. Ils avaient beau faire scandale les dandys attiraient plus la sympathie et avaient meilleure réputation que jamais auparavant et cela allait encore s’accentuer dans la décennie d’après sans que le dandysme ne cesse d’être une contre culture pour autant…malgré le fait qu’en Angleterre plein de politiciens étaient des dandys et que ce mode de vie se normalisait énormément son esprit de provocation et sa proportion à choquer régulièrement ce qui empêchait cette mode de finir complètement normalisée et récupérée politiquement. Le siècle finissant les dandys sont parmi les premiers à lancer dans les hautes classes sociales la mode d’aimer aller en vacances à la plage et y faire du tourisme ce qui est alors très neuf, avant culturellement la mer faisait peur étant souvent synonyme de mort pour les marins. Le 25 Mai 1895 Oscar Wilde toujours figure la plus connue du dandysme est condamné à des travaux forcés du fait du scandale qu’à fait sa relation homosexuelle avec un homme plus jeune que lui, ces relations étant alors criminalisées. Les journalistes du Figaro profitent de cet événement pour dire pis que pendre alors de Wilde et du dandysme en général. Et en fait apparemment ils persistent et signent encore de nos jours. Les crimes du dandysme pour la droite libérale? L’extravagance esthétique, la « débauche des mœurs », le refus du sérieux et l’abandon volontaire à la fantaisie et à l’imagination. Wilde a cette époque servit de figure de références à beaucoup d’homosexuels qui découvrirent la notion d’homosexualité avec ce procès et ce scandale. En 1900 Wilde meurt et le mouvement du dandysme perd ainsi sa figure de proue de toute une époque mais il ne se meurt pas pour autant. Néanmoins dans les années 1900 il se pérennise en perdant de sa superbe et stagnant tout en restant plus discret qu’avant, dès le début des années 1910 le cinéma montre des films mettant en scène des dandys, les lettres de dandys à leurs mères lorsqu’ils furent envoyés comme soldats pendant la Première Guerre Mondiale relatant leurs premiers contacts avec les réalités de la classe ouvrière montrent que ces derniers y sont alors dans une disposition générale très inverse de celle qui était la leur en 1848, devenus majoritairement réactionnaires, anticommunistes et antirévolutionnaires ils affichent fréquemment d’un ton hautain leur mépris de la plèbe et se rendent vite détestables auprès des hommes prolétaires. Jusqu’alors en avance sur leur temps c’est lors de cette guerre que les dandys deviennent un vestige hors du temps issu d’un passé révolu et suranné. Et pourtant ils sont toujours présents et influents dans la sphère artistique, les débuts du mouvement dada, et ceux de l’art contemporain, leur devant beaucoup. Dès la fin du conflit le dandysme entre dans la société de consommation et des tas d’objets élégants supposé servir d’ustensiles, décorations et ornements pour les affaires et les maisons des dandys sont vendus sur le marché et ont un fort succès auprès des dandys. Dans les années 1920 le dandy se démode furieusement remplacé par des successeurs plus récent en terme de masculinité féminine moderne et radicale dont rangés ils ne sont plus les représentants en dépit de leurs excentricités qui demeurent. Ils n’ont pas pour autant disparu dans les années 1920 des parfums leur étant destinés sont mis sur le marché et ont un grand succès auprès du public visé. Dans les années 1930 et plus encore 1940 ils sont devenus très ringards mais existent toujours et socialisent toujours entre eux principalement en s’échangeant des œuvres littéraires de leur cru souvent autobiographiques ou de types chroniques ou journaux intimes. Dès les années 1950 la figure du dandy semble appartenir à un passé lointain et les rares qui existent toujours sont forts discrets se contentant juste de faire survivre leur mode de vie et leur état d’esprit à l’échelle d’eux même et de leurs rares connaissances dandys également. Au début du XXIème siècle il en restait si peu que l’on les croyait en voit d’extinction pure et simple. Cependant de le monde musicale de la pop anglaise de la deuxième moitié des années 2000 cette figure est remise à la mode, les artistes et intellectuels dandys des époques précédentes font l’objet d’une redécouverte pour une partie de la jeunesse ce qui lance une mode de pseudo rebelle jeunes bourges de très courte durée qui se prennent pour des dandys modernes…la seule véritable innovation de ce mouvement aura été la création des premières femmes dandys. La réaction des dandys de longue date face à cette nouvelle mode a cependant été le rejet complet et le fait de rappeler que leur style vestimentaire n’était pas resté figé au XIXème siècle et que leur état d’esprit les caractérisait bien plus que leur vêtement et n’avait rien de simpliste et uniquement porté sur la mode vu qu’il a traversé le temps donc est un style de vie, une philosophie bien plus qu’une mode, du coup ils se sont plus manifestés et les articles de journaux et articles sur Internet de dandys expliquant le dandysme sont réapparus il y a environ une décennie et donc le dandysme a retrouvé grâce à cela une compréhension, une aura et une vivacité dans les années 2010 qu’il n’avait plus eu depuis les années 1920, les séries télés, dessins animés et même mangas mettant en scène des dandys en protagonistes sont apparus, on retrouve aujourd’hui des dandys de tout les pays du monde et de toutes les ethnies, une certaine tendance à mêler look dandy et look gothique est même née chez certains excentriques riches il y a environ 3 ans, le retour du marketing ciblant les dandys par des vêtements, ustensiles, affaires, décorations et parfums conçus pour eux a été aussi marqué, le retour des magazines spécialisés sur le dandysme comme avec Internet deux moyens privilégiés de socialiser entre dandys, le retour des fêtes et soirées très en vues entre dandys et le retour de leur présence forte dans les milieux artistiques, les expos d’arts et les critiques d’art où ils mettent de nouveau leurs grains de sel avec un état d’esprit qui leur est propre. Avec leur remise au goût de l’élégance et du raffinement en toutes choses ils se targuent aussi de conseils culinaires pour haute classe sociale totalement hors de prix et affichés fièrement comme tels en tant que signes extérieurs de richesse bien évidemment, aussi un retour des livres sur le dandysme crée par des dandys c’est aussi fait sentir qui ne se contentent plus d’autobiographies et de livres expliquant les tenants et aboutissants du dandysme même si cela reste le type de livres à ce sujet les plus populaires mais aussi des livres faisant l’apologie d’une philosophie hédoniste et des livres qui apprennent à parler comme un dandy avec élégance, chic, raffinement et maitrise de la langue et qui donc permettent aux dandys de recommencer à avoir l’influence sur le langage qu’ils avaient perdue depuis un siècle au point qu’on trouve même depuis une décennie la tendance des dandys à se choisir et à choisir pour leurs enfants des prénoms allant avec l’esprit du dandysme de nouveau. L’année dernière on a vu apparaitre des chaussures mises sur le marché spéciales pour dandys, des coiffures et salons de coiffures de même, ainsi que des spectacles et des concerts de dandys. Ceci dit cette tendance reste très marketing et ne sort que rarement des quartiers pour bourgeois de gauche et semble sur le point de s’essouffler comme un phénomène social typique des années 2010 plus que comme un retour durable du dandysme mais qui sait je peux me tromper. Toujours est il qu’il reste une mode marquée uniquement dans les hautes classes sociales contrairement aux formes de féminités masculines aux origines plus récentes elles restées nettement marquées dans leur ancrage de classe populaire, le dandysme étant par nature hors de prix les hommes féminins pas riches sont de nos jours presque jamais des dandys là où au XIXème siècle la plupart d’entre eux faisait tout pour imiter les dandys autant que possible n’ayant pas trop d’autre possibilité de visibiliser leur féminité masculine. C’est dans les années 1920 que le terme gay issu du français gai au sens de joyeux apparait aux Etats Unis et il désignait initialement des prostituées, filles de joies dites filles gaies, dans les années 1920 et 1930 le mot gai devient synonyme d’une certaine insouciance, de liberté de mœurs et de liberté sexuelle que ce soit en cadre homosexuel ou pas, gai désignait aussi la nouvelle forme de féminité masculine populaire d’alors se traduisant par des costumes flamboyants c’est à dire brillants, lumineux, colorés et extravagants et/ou fabuleux c’est à dire avec un aspect fantaisiste empruntant leurs codes vestimentaires aux modes féminines d’alors. En clair cela fait environ un siècle qu’une façon de se vêtir populaire chez les hommes féminins de la classe ouvrière est caractérisée avant tout par un aspect voyant, brillant, lumineux, des couleurs vives, un côté contre culturel et excentrique et une dose de fantaisie et d’imagination dans le vêtement car ces choses à l’inverse du monde des bourgeois sobre, réaliste et ennuyeux ne font « pas sérieux »…donc font femme dans une société misogyne, ah et bien sur le port de bijoux, maquillage, jupes, robes ou autres vêtements féminins est également un marqueur, généralement plus rare et plus radical de féminité masculine, de travestissement ou d’identité de femme trans dès cette époque. C’est dans ces années 1920/1930 qu’apparaissent les termes fairy, trade et queer à la base à peu près interchangeables avec gai et très flous qui ne prendront une acceptation spécifique que dans les années 1940. Le mot queer émerge de la petite bourgeoisie « proto-LGBT » et signifie bizarre ou exceptionnel le but étant d’afficher sa différence sans véhémence et surtout en distinguant bien sa classe sociale de celle dont faisait partie les gens se revendiquant fairies ou trades dont la féminité ou la masculinité très visibles et volontairement aux limites de la caricature gênait la discrétion bourgeoise par mépris de classe et servait donc de distinction de classe entre queer « proto LGBT bourges » et fairies et trades « proto LGBT prolos ». Les « trades » sont les homosexuels prolos affichant leur virilité de façon très ostentatoire selon les codes d’alors, souvent grimés en marins ou soldats et pour la plupart aimant beaucoup, séducteurs et tombeurs de dames même si ils aiment aussi les hommes. Les « fairies » ou « queen » mots traduit en français par trois mots différents tante, fée ou folle sont les cinq identités de féminité masculine qui sont nées au début du siècle dernier ils désignent les « proto LGBT » au look très féminin ou carrément travelos. Au cours des années 1940 queer et gay finissent par signifier la même chose même si jusque dans les années 1960 finissantes queer restera préféré comme terme par les bourgeois, gay dont la connotation joyeuse leur déplaisait car rappelait trop l’existence des fairies, queen, tante, fées ou folles que beaucoup de queer d’alors souhaitaient invisibiliser. Soyons clair les trades les dérangeaient aussi mais moins car moins ostensiblement visible. C’est à la toute fin des années 1960/au début des années 1970 que le mot gay deviendra le mot général pour désigner tout les aspects de la communauté LGBT et celui le plus accepté par ses composantes bourgeoises et que le mot queer se fera réapproprier par des prolos issus des fins fonds de la société américaine, pas valides, noirs, venus le plus souvent de Harlem, dans tout le spectre de ce que LGBT recouvre aujourd’hui et dans une perspective nettement communiste révolutionnaire, antiraciste, décoloniale et contre l’impérialisme, quand des gens parlent d’un mouvement révolutionnaire queer en sachant vraiment de quoi ils parlent c’est à ce mouvement là qui fut une révolution ayant lieu dans les années 1970 pour les droits des personnes LGBT venue des bas fonds de la société occidentale à laquelle il font référence, certainement pas à sa version embourgeoisée née dans les années 1980 et exportée en France à peu près à l’époque des débats sur le Mariage Pour Tous qui elle est bourgeoise, trop souvent blanche et valide, universitaire et proprement réactionnaire sur tout les autres plans que les questions de sexisme le plus souvent (et encore c’est pas si rare que ça qu’ils soient aussi réactionnaires sur le plan du sexisme en fait en refusant de voir et d’accepter qu’avoir une identité genré c’est important pour pas mal de gens et notamment pas mal de femmes et d’hommes trans prolos et que lutter contre l’existence des identités genrées c’est dangereux pour ces personnes…je connais des gens queer prolos car influencés par ces gens là mais quasiment tous ont été clairs avec moi sur le fait que fréquenter ces milieux interclassistes leur faisait plus de mal que de bien une fois qu’ils ont trouvé comment s’en éloigner et des milieux ou ils pouvaient exprimer leur sexualité et leur identité de genre dans des coins prolos tranquillement les seuls ayant tenus à rester dans des milieux interclassistes étant ceux qui n’avaient jamais fait l’expérience de milieux 100% prolos acceptant les bis et les trans sans problème et ne me croyant pas sur parole quand je leur expliquais que ça existe ce qui est compréhensible ceci dit même eux ils restaient très critiques de leurs milieux queer interclassistes où ils se sentaient clairement pas 100% à leur place).  Les trades eux sont devenus très peu nombreux à partir des années 1970 car réputés dangereux et violents et donc évités par la plupart des LGBT de ce fait. Du coup ils sont mal réputés et restent entre eux dans de tout petits groupes. Les homos féminins les plus connus étaient les fairies, leur histoire semble commencer dans les années 1920 mais clairement les premiers pionniers d’un mouvement fairies constitué dans les années 1950 avaient des références communistes, marxistes, féministes et teintée de savoir historiques et religieux puissants sur leur propre histoire, de l’Antiquité à maintenant et sur tout les continents sujet sur lequel ils ont rassemblé d’immenses collections privées pour éviter que d’autres ne s’emparent de ces précieux documents. Il est probable qu’ils gardent chez eux comme d’autres fraternités secrètes entre eux des millions de documents cachés relatifs à leur propre histoire dans le but de la protéger et d’en préserver la continuité de transmission. Les fairies ont aussi des références s’inspirant de diverses formes de religion mais clairement leur lien avec le druidisme est déjà présent dans les années 1920 et leur est même antérieur. Autrement dit les fairies sont un mouvement de « proto LGBT » hommes gays ou bis féminins, travelos et femmes trans pertinemment au courant de ce que sont des fées au sens druidique du terme dont pas mal sont en étroit contact spirituel avec le druidisme ou d’autres spiritualités proches de la sphère « païenne » au sens très large étant en règle générale les religions de ces fairies au minimum de façon syncrétique avec des monothéismes mais souvent en version 100% « polythéiste ». Dès les années 1950 les fairies critiquent l’idéal gay d’alors trop fondé sur la suprématie masculine à leur goût, la commercialisation et la récupération capitaliste des mouvements proto LGBT qui les insupportent, l’aspect strictement urbain de ces mouvements où ne se reconnait pas ce mouvement en majorité rural et sa dépersonnalisation qui force tout les proto LGBT à rentrer dans un moule et des cases spéciales au lieu d’affirmer leur individualité et personnalité propre. Les fairies ne sont cependant du fait de ce fort individualisme ni un groupe ni un mouvement plus un processus de développement personnel, de maturation et de changement, un cheminement personnel et collectif afin de faire advenir une individualité nouvelle, un nouveau mode d’être et de relation à l’autre. (Source Vice, l’histoire des Radical Fairies). Les fairies évidemment sont pleinement participantes de tout les mouvements contre culturel depuis le mouvement hippie des années 1960 qu’ils ont pas mal contribuer à faire créer. Dans les années 1970 les fairies ont une façon de vivre qui leur est propre fondée sur les valeurs de camaraderie, de spiritualité, la lutte pour le droit de vivre des identités gays féminines tranquillement, le communisme, le marxisme, la révolution, la sorcellerie, le « paganisme » au sens très large regroupant des monothéistes syncrétiques ou hérétiques de tout styles, des New Ageux, des Wiccans, des gens de religion druidique, des gens dans des sociétés ésotériques, des « sorciers » ou « magiciens », au sens vague du terme, des shamans, des Deux Esprits, des guérisseurs, des rebouteux, des yogis, des bouddhistes, des militants de gauche de toutes les causes et tout cela pour faire de la poésie, de la musique et de la danse afin de célébrer le pouvoir du « gay spirit ». Les trucs piqués par Butler sur la performativité du genre et sa fluidité ont à la base été théorisés par ces fairies des années 1970. Cette communauté existe toujours dans tout les pays d’Occident mais est plus discrète en Europe où elle est nettement moins acceptée du fait principalement d’une moindre acceptation des païens encore qu’aux Etats Unis. Partout ceci dit les faeries demeurent discrets la seule preuve de leur existence pour les non informés étant le souvenir populaire d’énormes fêtes organisées dans des faeries houses dans les villes où vivent des communautés de faeries. Les faeries ne donnent jamais leur localisation à qui n’est pas des leurs et leurs communautés et activités sont  donc secrètes. Ces Radical Fairies avaient clairement été parmi les lanceurs les plus forts, déterminés et efficaces de la révolution antisexiste des années 1970 tout en sachant rester masqués. Seulement, si dans les années 1980 les rassemblement de fairies étaient encore régulier l’épidémie de Sida les a massacré, menant à leur raréfication et c’est pour leur survie que les fairies ont avant tout lutté dans ces terribles circonstances dans les années 1990. Ce n’est qu’au début du XXIème siècle que leurs activités ont repris du poil de la bête. On a même eu un retour de la communauté vers l’extérieur diffusant des livres visant à l’acceptation des gays envers le public qui en a le plus besoin, l’extrême droite religieuse catholique dans ses aspects les plus sectaires, beaucoup de fairies ayant été initialement élevés par des parents issus de ces milieux et les ayant fuit pour se retrouver dans des communautés de fairies où ils cultivent ensemble de la nourriture et vivent en collectivités assurant leur survie de façon communautaire sur le plan matériel dans une perspective anticapitaliste autant que sur l’aspect spirituel dans un état d’esprit d’acceptation et de tolérance envers la plupart des attitudes vis à vis des croyances. Les plus vieux fairies tendent à vouloir réserver leurs communautés aux hommes cis gay efféminés ceci dit mais dans les communautés de fairies les plus jeunes (plus rares que celles des anciens)  tout les gens LGBT sont les bienvenus avec un aspect de convergences des luttes et des espaces de non mixité pour « racisés » ou « femmes » clairement sous influence des milieux queer. Les fairies aussi comportent de nombreux fumeurs de joints et luttent activement pour la légalisation du cannabis dans tout l’occident. Les rassemblements de fairies se font toujours lors de fêtes « païennes » avec au départ une danse, ensuite un « groupe de parole » comme rituel collectif, un hommage aux disparus de la communauté LGBT, des cérémonies spirituelles, des ateliers de sensibilisation aux questions du racisme et des problèmes écologiques, des performances drag, du yoga en forêt, la construction d’autels dans les arbres, des massages tantriques ou des pratiques plus ouvertement érotiques ou sexuelles. Ce qui honnêtement de mon point de vue est un sacré méli mélo d’influences patchworkés d’autant que sur les photos on dirait des communautés 1/3 pas blanches 2/3 blanches donc pas vraiment au point sur l’idée d’appropriation culturelle qu’elles semblent pratiquer assez allègrement ce qui peut n’être qu’une impression fausse de ma part ceci dit mais de loin ça en a l’air. Ce sont aussi des communautés pratiquant la transe. Ah oui bien sur le côté accent très fort mis sur l’empathie obligatoire c’est pas hyper rassurant non plus du point de vue de l’accessibilité de ces communautés aux neuroatypiques. Et oui clairement des communautés avec des druides et des celtes dedans mais qui y sont minoritaires qui se font nommer fairies c’est des communautés où la domination blanche est présente et l’appropriation de la culture celte par des gens qui ne le sont pas l’est aussi. Malgré ces défauts cinq grandes qualités y sont toujours présentes qu’il manque clairement à tout les milieux un peu militants que j’ai fréquenté : 1-Une vraie utilité pratique pour nourrir, loger et protéger leurs membres de façon durable.

2-Un aspect véritablement communautaire (beaucoup aidé par leur aspect magique et rituel semble t’il).

3-Un vrai souci du bien être émotionnel et de la santé physique de ses membres faisant objet de questionnements quotidiens rituels matin, midi et soir en groupes de paroles.

4-De l’humour présent de façon permanente.

5-L’acceptation très nette des fous (psychoatypiques) et des gens pas valides physiquement (physioatypiques) bon les dyssynchrones le sont aussi acceptés notamment du fait de leurs intérêts spécifiques mais hélas les atypies créant des déficiences empathiques ne le sont clairement pas ce qui est fort dommage (et assez absurde quand on se prétend connecté aux fairies au sens d’Aos Sidh pas spécialement connues pour leur empathie dans les vraies légendes celtes c’est le moins qu’on puisse en dire).

Tout cela fait que les Radical Fairies sont toujours efficace sur pas mal de plan côté révolution antisexiste et anticapitaliste, mais bloquent un peu beaucoup sur l’antiracisme et l’antivalidisme de mon point de vue même si leurs communautés ont l’air mieux que tout les milieux militants où j’ai été selon leur description. Et que leur côté secret où on entre que si on est proche d’une fairie qui accepte de nous y faire entrer je l’admire beaucoup ça me semble être le seul moyen de nos jours de conserver une radicalité authentique.

Dans les années 1920 les gays travelos très féminins dits Queen sont des ancêtres des Drag Queen qui se contentent d’exister et ne se donnent en spectacle que lorsque nécessaire pour gagner de l’argent mais n’ont pas encore la possibilité d’en faire un métier. Ce sont depuis les années 1950 des gens considérés comme des Drag Queen d’un sous type particulier car elles sont quasi tout le temps sous leur identité Drag Queen et à se genrer au féminin dans leur quotidien pas qu’occasionnellement, certaines allant même jusqu’à prendre des hormones féminines ou se laisser pousser des seins, cependant si elles ont la féminité masculine la plus extrême qui puisse exister sans être une femme transexuelle ou transgenre elles restent des hommes et se considèrent tels.

En France les folles est un terme qui désigne indistinctement Queen, Drag Queen, Fairies ou juste gays vaguement féminins, flamboyants ou fabuleux et est très dépréciatif, les folles ont honte de ce qu’elles sont et se cachent ne sortant que très discrètement et entre elles jusque dans les années 1990 où elles revendiquent clairement leur droit à être ce qu’elles sont. Ceci dit elles le font principalement en rédigeant des livres manifestes pour leur droit ou des articles et sites Internet à même but donc ça reste très discret. Dans les années 2000 les folles en France commence à être acceptées dans les milieux communistes et révolutionnaires et LGBT et s’autoconsidèrent comme l’avant garde de la révolution en France surtout chez les jeunes folles n’ayant pas connu autant que les plus vieilles la honte et le devoir de cacher leur existence. Dans la décennie qui est sur le point de s’achever c’est devenu possible pour elles de s’afficher durablement au grand jours et maintenant trouver des folles dans des milieux académiques et universitaires français n’est plus incongru ce qui eu été inimaginable dix ans avant, ces folles embourgeoisées mettant leur grain de folie dans des analyses savantes et des domaines artistiques bourgeois tandis que des folles prolos font pareil en milieu populaire. Les folles sont devenues hyper visibles aux gays prides de France chaque année, les livres de folles sur le thème de la follie se multiplie comme des petits pains en fiction comme en essais, les films aussi ainsi que les soirées, sorties et boites folles qui ont une activité régulière désormais. Ceci dit la France reste un pays assez coincé sur l’acceptation des folles même dans ses communautés LGBT. Tante lui s’est vite ringardisé comme mot revendiqué dès les années 1950 les gays s’y retrouvant initialement lui préférant l’idée plus simple et nette de flamboyance leur correspondant plus et est depuis devenu en français une simple insulte homophobe et misogyne envers les hommes gays féminins.

Les fées françaises et francophones elles ont la même histoire que les Radical Fairies anglophones à part que nettement plus discrètes elles n’ont aucune présence publique et ne communiquent qu’avec d’autres fées. Aussi ce n’est pas un secret elles sont bien moins nombreuses que leurs homologues anglophones. Bon en vrai ça doit s’établir autour de quelques dizaines éparses par ci par là en francophonie et ailleurs en Occident et quelques milliers dans les pays anglophones au mieux les fées radicales et radical fairies en ces sens là. En français à part Folleterre leur site de référence rien n’en parle. Jetez y un œil si le plan vous tente. Perso c’est trop queer et trop blanc pour moi mais chacun ses gouts après tout.
Cependant c’est sur l’apparition de toutes ces identités de masculinité féminine flamboyant, fabuleux, fairie, queer, queen, tante, fée et folle ça a eu une radicalité très neuve dans les années 1920 et permis aux hommes féminins prolos de se visibiliser clairement sans avoir besoin de passer désormais par le dandysme imitant les riches qui on la vu de ce fait se trouve en désaffection et se ringardise. C’est aussi dans la fin des années 1920 que la couleur lavande est adoptée comme signe de reconnaissance entre gays féminins. Dans les années 1930 pas mal d’hommes féminins généralement gays se sont beaucoup retrouvés artistiquement dans les esthétiques surréalistes et y ont contribué pas mal. Bien sur les hommes féminins surtout ceux connus comme gays ou bis ont avec les travelos et les femmes trans porté un triangle rose et subi un génocide dans les camps nazis lors de la Seconde Guerre Mondiale qui a considérablement rigidifiée les normes de genre. Les nazis d’ailleurs ont été les acteurs les plus véhément de la pathologisation des féminités masculines alors. D’ailleurs dans les années 1950 il est impossible d’être une femme masculine, une personne androgyne ou un homme féminin et plus encore travesti ou trans sans être jugé malade physiquement et mentalement et subir une oppression médicale et psy en tant que personne atypique qui devient la principale forme de transphobie existante et l’est resté depuis car les psys sont les plus grands héritiers contemporains du nazisme (troll gratuit pour gagner mon point Godwin). C’est alors qu’on voit apparaitre une différenciation éducative forte pour forcer garçon et filles à se comporter différemment dès la naissance là où avant l’enfant en bas âge était plus ou moins considéré comme androgyne et par nature proche des anges ce qu’on voyait comme une bonne chose. Cela a donné la contre culture d’ados rebelles des années 1960 qui était cheveux courts pour les filles, longs pour les garçons et favorisait les hommes très féminins avec des vêtements vifs et brillants très colorés, des fleurs dans les cheveux ce genre de trucs (enfin qui restaient quand même loin de tout travestissement même occasionnel) en contestation des normes de genre trop strictes et rigides jusqu’au ridicule dans lesquelles leurs parents les avaient élevés , leur inversion étant symbolique de leur contestation, des films et autres oeuvres artistiques de l’époque surtout attachées au mouvement hippie mettent clairement en valeur cette nouvelle expression de la masculinité…qui continue pourtant d’être totalement pathologisée par les médecins et les psys comme la féminité contre culturelle et l’androygnie, le travestissement et les trans le sont aussi. Cela car inverser une norme ne suffit pas à la contester d’ailleurs la mode hippie s’essoufflant les modes fussent t’elles contestataires comme le punk des années 1970 revinrent à un style où la différence entre les genres était nettement plus marquée et correspondait aux esthétiques plus traditionnelles avec des femmes agressivement féminine et des hommes violemment virils. En même temps la mode unisexe qui gagne du terrain dans la bourgeoisie fait qu’avoir en tant que prolo révolutionnaire une façon de se vêtir qui marque nettement son genre de façon ostentatoire et caricaturale est une forme de provocation volontaire contre l’ordre bourgeois d’alors. Cependant les hommes féminins continuent d’exister et si ils restent discrets au départ avec la réussite des mouvements pour les droits des gays qui révolutionnent leur perception sociale ils se retrouvent à devoir se revisibiliser de nouveau car si cette lutte à émancipé sexuellement ceux d’entre eux qui sont gays elle les a laissé sur le carreau en tant qu’homme féminin vu que la plupart des gays les rejettent autant que l’ensemble de la société le fait et parfois même davantage par peur de la « mauvaise image » qu’ils donneraient de leur sexualité. D’autant que pas mal de gays qui se forçaient à avoir une apparence féminine pour être reconnus de leurs pairs mais n’aimaient pas ça se sentent alors libéré par leur droit nouvellement acquis à être des hommes gays virils sans être mal jugés pour cela et ne comprennent pas que d’autres hommes ne s’y forcent pas et se sentent vraiment bien en tant qu’hommes féminins. Dans les études universitaires sur les gays qui commencent à exister alors on analyse souvent l’existence de ces hommes féminins, en général pour en dire pis que pendre mais en arrivant quand même à remarquer qu’ils sont la cible privilégiée des violences envers les gays du fait de la visibilité de leur différence. Les hommes gays féminins vont se défendre dans leurs propres manifestes arguant que les hommes gays masculins leur sont trop hostiles et qu’il faut rechercher la féminité masculine qui doit être au cœur du mouvement de libération gay. Dans le même temps l’Église réagit avec grand conservatisme faisant promouvoir l’idée qu’être un homme féminin est un des pires péchés qui puisse se commettre. Avec évidemment une bonne touche d’homophobie et de transphobie explicites en prime. J’oubliais bien sur qu’être passif ou soumis dans le sexe a toutes les époques a été jugé féminin de la part d’un homme même si celui ci n’avait rien de féminin dans son apparence extérieure. Enfin bref pour en revenir à cette époque on y voit une féminité masculine qui interroge beaucoup toute la société qui commence à pas mal se questionner à son sujet cependant cette interrogation cesse vite et rapidement soutenus par personne les hommes féminins sont de nouveau dans des soucis de survie immédiate à faire ce qu’ils peuvent pour juste rester en vie et rester tels qu’ils sont. Résultat dans les années 1980 l’avis de la société sur le sujet est limpide un petit garçon féminin est malade physiquement et mentalement et risque de le rester adulte et même de s’aggraver en devenant atteint d’une folie nommé homosexualité qui est je le rappelle toujours alors considéré comme une maladie mentale psychiatrisable. Dans la fin des années 1980 les hommes féminins les plus visibles sont des gigolos participant aux mouvements pour les droits des putes dont ils ont été un des fers de lance. Dans les années 1990 les mouvements bis et surtout trans qui émergent donnent aux hommes féminins, du moins à ceux qui sont LGBT, de nouveaux espaces où être eux mêmes tranquillement du point de vue de leur expression de genre ce qui devient mieux accepté qu’avant dans ce type de communautés. Dans ce genre de milieu les folles se réunissent entre elles et inventent la lutte contre la follophobie, commencent à faire l’histoire des LGBT hommes féminins et à recenser les figures historiques et célébrités en faisant partie pour s’en faire des modèles identificatoires et savoir d’où ils viennent pour décider d’où ils veulent aller en tant que communautés. Leur lutte a été de commencer alors à s’habiller aussi féminins que possible, genre carrément en robe et tout sur des lieux de travail ouvrier pas conventionnellement tolérant envers ce genre de tenues comme dans le BTP par exemple quand ils y bossaient afin de tordre le cou à l’idée reçu que seuls les bourgeois peuvent être des hommes féminins et se donner des possibilités d’être eux mêmes au quotidien dans tout type de travail pas uniquement dans le travail du sexe devint leur politique même si dans le même temps ils firent aussi des critiques virulentes du machisme gay pour essayer de rendre le milieu gay plus acceptant envers eux. Dans le début des années 2000 ceci dit il y a un recul des droits des hommes féminins à cause d’une montée en puissance des droites réactionnaires qui pointent les hommes féminins du doigt et les rendent responsables de tout les malheurs de la société…sans que grand monde ne bronche en fait. Donc les hommes féminins se font de nouveau discrets pour survivre et éviter de s’attirer l’antipathie. Cependant je le disais avec la banalisation du mariage gay en Occident au début des années 2000 pas mal de sujets LGBT ont fait l’actualité politique et médiatique, du coup les hommes féminins LGBT ont repris le devant de la scène et montré qu’ils existaient tout simplement ce qui a mené pas mal de gens à se questionner sur si ces hommes étaient féminins par nature (hypothèse de droite infirmée par la science) ou par culture (hypothèse de gauche confirmée par la science) tout en arguant que même si c’est une construction sociale ce n’est pas pour autant un choix et on devrait pouvoir être comme on est puisqu’on ne peut pas se changer juste pour plaire aux autres. Et oui dans les années 2000/début 2010 être une femme masculine, une personne androgyne, un homme féminin, une personne travesti ou quelqu’un de trans était suffisant pour finir interné et psychiatrisé de force sans autre raison toujours et du coup beaucoup de dissertations psychophobes sur le lien entre folie, homosexualité, bisexualité, travestissement, transexualité, transidentité et « confusion des genres » avaient alors lieu avec à la clé l’idée complètement conne que ce serait l’absence d’une figure de père viril et autoritaire qui causerait la féminisation des hommes féminins toujours perçus comme des cinglés bien sur. Ah aussi les personnes aux expressions de genres peu conventionnelles mais femmes cishét ou hommes cishét commencèrent à montrer leur existence et oser se revendiquer tels ce qui stupéfia la société d’alors qui près de dix ans plus tard semble toujours galérer à intégrer et accepter le fait. Cependant dans les milieux artistiques et intellectuels de gauche l’homme féminin c’était devenu tendance et plein de pop stars se sont mises à affiché un look de métrosexuel qui s’est plutôt banalisé depuis. Un métrosexuel n’étant pas un homme qui a un fétiche sexuel sur les transports, tunnels et tickets de la RATP comme je l’avais cru longtemps mais une homme hétérosexuel ordinaire prenant soin de son apparence en gardant un look très viril mais dépensant une fortune dans la mode masculine et les cosmétiques pour hommes ce qui est devenu commun depuis. Bref autant les femmes masculines et les personnes androgynes sont de mieux en mieux acceptées quoi qu’il reste un long chemin à faire autant un homme féminin c’est toujours un anticonformiste où qu’il passe qu’il le veuille ou pas et ça seule lutte pour pouvoir exister comme il est reste encore révolutionnaire de nos jours. Il en est évidemment d’autant plus le cas pour les travestis et trans. L’acceptation est toute récente et en demi teinte des trans qui si ils ont vu la transidentité retirée de la liste des maladies mentales…le 20 Juin 2018, sont restés classé comme des physioatypiques, physiquement malades, par l’OMS, une décision qui en a outré les 3/4 et qu’1/4 a estimée bonne au motif des accès plus simples à des soins médicaux permis par ce statut. Personnellement je suis plutôt de l’avis majoritaire, c’est n’importe quoi et la marque claire et nette que le monde médical est toujours aussi transphobe qu’avant, cette avancée symbolique pourrait faire croire que le monde psy les moins mais vu le nombre de personnes que j’ai connu à avoir été récemment psychiatrisées de force dans les pires conditions imaginables sans autre motif que leur transidentité j’ai de gros doutes. D’autant que la lutte des trans contre cette psychiatrisation forcée des leurs qu’ils dénoncent est de nos jours l’enjeu majeur des luttes trans. Des associations comme Act Up, TransInterAction, les organisateurs de la marche Existrans ayant pris des positions claires et radicales contre la psychiatrisation forcée des trans. Les trans sont donc toujours considéré comme pas valide physiquement par la majorité des psys et médecins et par une minorité réactionnaire du corps médical et psy ils demeurent jugés comme des cinglés. Autrement dit le validisme ne devrait pas avoir sa place dans le mouvement trans vu que les trans sont des personnes atypiques c’est à dire pas classés par les médecins dans la catégorie valide. Pourtant les trans sont dans un mouvement antivalidiste envers leur propre identité ce qui me semble légitime mais pas dans une recherche de se lier à d’autres mouvements antivalidistes ce qui est dommage à mon avis, ceci dit cela ne leur est pas exclusif et la plupart des militants antivalidistes semblent prêcher pour leur propre paroisse avant tout. C’est juste particulièrement dommage de leur part vu que ce sont les atypiques dont l’atypie est la mieux compris et acceptée du moins en milieu LGBT même si il y a encore énormément de boulot pour qu’ils soient perçus comme des égaux par les LGB cisgenres. Hélas aussi les atypiques qui veulent se souder entre gens ayant diverses atypies sont bien rares. C’est aussi pour ça que les causes antivalidistes pédalent dans la semoule en ce moment. Alors que clairement si on veut sortir de la société actuelle et avoir une révolution efficace il faut qu’elle soit antivalidiste et torde une bonne fois pour toute le coup au pouvoir médical et psy et ait l’antipsychiatrie pour priorité. Et ce mouvement là ne peut venir que de gens qui ont subit les horreurs psy ensembles vu que les autres ignorent tout de l’existence de ces atrocités et que leur négationnisme (oui je n’ai pas peur des mots et des points Godwin aujourd’hui) vis à vis de nos souffrances causées par les médecins et les psys est d’une ampleur proprement sidérante. C’est pour ça que l’article d’après dans cette série sur l’histoire des luttes prolétaires parlera des luttes antivalidistes en Occident.

Sinon pour revenir à l’histoire des travestis et transexuels les deux sont toujours allègrement confondus dans l’esprit des gens dans les années 1950 et si Ed Wood a en 1953 avec son film Glen ou Glenda récolté le titre de pire réalisateur du monde ce n’est pas seulement du fait de sa réalisation légendairement nanardesque mais aussi et surtout car en tant qu’homme travesti il y a mis tout son cœur et toute son expérience et a ouvert le film sur le suicide d’une femme trans et un plaidoyer pathologisant mais pro acceptation du travestissement et de la transidentité à une époque où la plupart des gens voulaient exterminer tout les travestis et tout les trans. Je sais j’ai très mauvais goût en matière de cinéma mais ma sympathie pour Ed Wood fait que c’est un de mes films favoris sur les questions trans (bon j’en connais pas des millions non plus à vrai dire). Dans les années 1960 les premières associations de transexuels s’organisent et publient leurs propres textes souhaitant la décriminalisation de leurs identité et la facilitation de l’accès aux procédures médicales de transition mais se le voyant refusées. Ce manque de succès les dépita mais ils n’abandonnèrent pas pour autant leur combat. En 1971 le mot transgenre naquit de la réflexion de personnes souhaitant débiologiser la perception des trans et démédicaliser la procédure d’obtention de leurs droits par le début d’une lutte qui allait s’avérer nettement plus fructueuse pour leur dépathologisation. C’est vers 1972 (et quatre ans après que les émeutes de Stonewall et le mouvement LGBT furent lancés par des personnes trans) que nait une rhétorique de lutte spécifique pour les droits des personnes trans dont est héritier direct le mouvement trans actuel et aussi les trans ont participé à toutes les Marches des Fiertés depuis la première en 1970 jusqu’à maintenant et pendant les années 1970 ils y étaient audibles et visibles au départ mais très vite les trans ont critiqué la commercialisation et l’intégration au capitalisme du mouvement LGBT et s’en sont vu pas mal écartés contraints de faire leurs propres marches parallèles aux marches des fiertés où leurs existences étaient invisibilisées pour réussir à mettre en avant leurs causes propres. Le mouvement trans a commencé dans les années 1970 a faire son histoire propre et se trouver des modèles identificatoires dans des figures historiques ou célébrités contemporaines trans. Très vite la diversité des sexualités trans s’est vu au cœur des discussions dans les mouvements trans, car bien vite il est devenu visible que les trans étaient loin de tous être hétéros et que beaucoup étaient gays ce qui leur donnait encore plus de légitimité à être présents dans les mouvements gays et liés à ces derniers, c’est aussi le moment où a débuté une guerre entre féministes radicales le plus souvent lesbiennes et antipornographie et transphobes d’un côté qui voulaient exclure les femmes trans et les travailleuses du sexe de leurs mouvements et femmes trans le plus souvent travailleuses du sexe les professions les acceptant n’étant pas légion et leurs collègues cisgenres putes également de l’autre défendant la transidentité et les métiers des travailleuses du sexe développant leurs propres formes de féminismes pro porno pro pute et pro trans pour se souder face à ces attaques qui étaient exactement les mêmes attaques que celles de l’extrême droite religieuse et politique envers les mêmes personnes et avaient un fondement fondamentalement réactionnaire comme c’est toujours le cas de nos jours. Une personne anti porno, anti pute et anti trans c’est le contraire d’une personne révolutionnaire. Non pas qu’il suffisent d’être pro porno, pro pute et pro trans pour être révolutionnaire mais c’est une des conditions indispensables pour l’être véritablement à mon avis. Dans les années 1990 les mouvements pour les droits des personnes transgenres et intersexes se répandent et se banalisent en Occident mais se contentent surtout d’informer, principalement par Internet et demeurent très faibles en pouvoir d’action. Et très franchement les années 2000 n’étaient pas trop différentes. En 2003 en France nait l’Existrans une marche annuelle pour visibiliser les luttes trans. Considérant Jeanne d’Arc comme quelqu’un de trans les organisateurs avaient souhaité organiser la marche en la commençant devant sa statue, symbole qui été censé être ainsi repris à l’extrême droite française qui fait presque toutes ses manifs devant mais si la préfecture de Police l’accepte, les CRS les agressent violemment en les insultant et donc les organisateurs y renoncent y étant contraints par la nécessité d’assurer la sécurité des participants à la manif. En 2005 l’Existrans rassemble 1000 personnes ce qui est la plus grosse visibilité jamais atteinte alors en France par le mouvement trans seul. Ce qui en dit long sur à quel point il reste un mouvement à la puissance d’action très modeste. En 2007 la marche inclus pour la première fois les personnes intersexes et leurs revendications et est suivit d’une semaine de rencontres et de débats, première semaine ininterrompue d’activités militantes à ce sujet. En 2010 une assemblée générale des associations Trans réunies en avril 2010 à l’initiative d’OUTrans a voté la résolution suivante: « Pour mettre en œuvre la dépsychiatrisation des transidentités, la prise en charge de la transition doit exclusivement se fonder sur une déclaration de consentement éclairé sans aucune forme d’évaluation ou de diagnostic ». La marche, qui aurait réuni environ 2 000 personnes, est intervenue alors que le , le Conseil de l’Europe a adopté une résolution afin de garantir le droit des personnes transgenres à obtenir « des documents officiels reflétant l’identité de genre choisie, sans obligation préalable de subir une stérilisation ou d’autres procédures médicales comme une opération de conversion sexuelle ou une thérapie hormonale ». (Le Conseil de l’Europe s’indigne une nouvelle fois des stérilisations forcées des personnes trans (entre autres groupes de personnes particulièrement ciblés) en 2013 et en 2015. En 2012, les associations soulignent « le petit pas en avant opéré à l’occasion du débat sur la loi concernant le harcèlement sexuel, ayant introduit la transphobie dans le code pénal » mais réclament encore le droit de changer d’état civil sans obligation de stérilisation ni suivi psychiatrique, ainsi que « le libre choix des médecins et le maintien des remboursements des parcours de transition en France et à l’étranger ». C’est donc depuis 7 ans qu’on entend vraiment beaucoup parler de transphobie en France avant c’était un terme inconnu de la plupart des gens, d’ailleurs c’est en 2012 que je découvre que les trans existent en commençant une activité régulière de militantisme dans un parti politique aux positions pro droits des trans. Lors de la 17e marche de l’Existrans, les associations revendiquent encore « le changement d’état civil libre et gratuit, sans condition médicale, sans homologation par un juge » en 2013. Quelques mois plus tôt, la Commission nationale consultative des droits de l’homme avait préconisé une démédicalisation complète et une déjudiciarisation partielle de la procédure de changement d’état civil  mais le Sénat a refusé de traiter cette question. Au fil du temps, de nombreuses associations non trans (Bi’Cause, HES, le MAG…), se sont jointes aux participants initiaux de la marche. De plus les différents organes de presse se sont progressivement faits l’écho de la marche avec des points de vue assez variés et plus ou moins appréciés par les participants de la marche: « la presse ne connaît pas les intersexes et spectacularise les trans ». En 2014 le site Yagg met en ligne les discours des associations c’est un signe parmi d’autres de ce que l’on observe de plus en plus, une acceptation grandissante des trans et intersexe dans l’ensemble du mouvement LGBT (même si c’est pas encore gagné loin s’en faut). En 2015 la starification de Caitlin Jenner et de Laverne Cox a rendu les causes trans beaucoup plus connues internationalement. C’est d’ailleurs cette année là que je découvre le militantisme trans en vrai pour la première fois et si je me souviens bien la première année où j’ai été à l’Existrans en tant que soutien extérieur des luttes trans, la marche a lieu quelques semaines après que le groupe PS a déposé un projet de loi sur le changement d’état civil. Sophie Lichten, d’Existrans, la qualifie de « perfectible » et espère « du courage politique ». Karine Espineira estime que « ces [députés PS qui ont proposé la loi] sont bien intentionnés à l’égard des personnes trans. Le problème, c’est qu’ils ne travaillent pas directement avec les associations, au sein desquelles il y a, aujourd’hui, des gens qui ont une grande expertise ». Jean-Luc Romero-Michel dénonce la maltraitance des personnes trans par la société. En 2016 je participe à la marche pour la seconde et dernière fois ayant perdu l’année d’après la motivation militante pour aller à quasiment toutes les manifs et ne l’ayant pas retrouvée depuis à part pour quelques unes de bien plus grande ampleur et plus généralistes genre Gilets Jaunes. En 2017 la marche, qui s’est déroulée dans le calme, a rassemblé environ 300 participants. Cette année là, Emmanuel Macron a estimé que « la loi Justice du XXIe siècle a répondu [aux] préoccupations [des trans et intersexes] en allégeant la procédure » du changement d’état civil, mais les associations objectent que la loi « demande encore de justifier de [son] transidentité selon des stéréotypes femme/homme binaires et caricaturaux ». Le collectif dénonce les « pratiques abusives » de la SoFECT, l’association soi-disant « spécialisée dans la prise en charge et la chirurgie du transsexualisme (sic) en France ». La Fédération trans et intersexes a été créée au début de l’année et veut devenir l’interlocutrice du gouvernement sur ces questions. L’année dernière on l’a vu . Quelques centaines de personnes marchent de la place de Stalingrad au parvis de l’Hôtel de Ville. Selon le porte parole de la marche du samedi 13 octobre, le mot d’ordre évoque « une situation d’urgence » : « le meurtre de Vanesa Campos ou la découverte d’une ‘brigade anti-trav à Paris [sont] le fruit d’inactions des politiques publiques et de la précarisation institutionnelle des trans’ ». Le collectif dénonce la loi pénalisant les clients qui précarise davantage les prostituées, mais aussi la loi asile et immigration et revendique la fin de la « psychiatrisation » des parcours trans

, et la possibilité de changer d’état civil sur simple déclaration. Un die-in a lieu devant l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière pour dénoncer les méthodes de la SoFECT, après que l’association OUTrans a révélé que des questions sur l’orientation sexuelle, la religion et l’« appartenance ethnique » sont présentes sur le questionnaire d’admission du docteur Sébastien Machefaux, psychiatre au centre hospitalier Sainte-Anne. Comme chaque année, les militants et militantes intersexes participent à la marche, continuant à exiger l’arrêt des interventions chirurgicales sur les enfants intersexes.

Cette année la lutte contre la psychiatrisation des trans continue dans une optique plus générale de luttes contres les violences transphobes qui tuent et vont croissantes.

(Source de la plupart de ces infos: Article Existrans Wikipédia)

Si la plupart des trans sont connus comme étant binaires c’est à dire étant de genre masculin ou féminin, une femme trans étant une femme assignée homme à la naissance et un homme trans étant  un homme assigné femme à la naissance, il existe des personnes dites non binaires qui se reconnaissent dans un autre genre qu’homme ou femme ou dans aucun dans le cas des agenres qui de ce que j’ai compris sont inclus également dans l’étiquette non binaire qui est un fourre tout aussi vague que possible de toute identité de genre autre qu’homme ou femme. 99,9% des gens en France sont hommes ou femmes et environ une personne sur 1000 seulement est non binaire dans notre pays, mais ce taux varie beaucoup d’un pays à l’autre en fonction de la construction culturelle du genre qui y prévaut et aux Etats Unis c’est 1% de la population qui se perçoit comme non binaire par exemple. Le terme étant assez récent aussi il est probable que pas mal de gens qui s’y retrouverait si ils savaient ce que c’est n’en ai tout simplement jamais entendu parlé et donc ne s’y reconnaissent pas ou ne se sentent pas en phase avec la politique des milieux ayant inventé ce terme et donc ne s’y identifient pas même en pouvant techniquement correspondre à cette définition. Même si ça a beaucoup fait débat au début de leur inclusion dans ces mouvements à l’heure actuelle la plupart des mouvements trans ont l’air au clair que puisqu’en Occident actuel quasi personne ne nait dans une identité non binaire assignée à la naissance comme telle et que même quand c’est le cas c’est le fait de parents militants luttant contre des institutions médicales et légales qui elles vont inciter très fortement au genrage de l’enfant (et évidemment ça pose la question de forcer ses opinions sur son enfant ce qu’on peut trouver peu éthique, même si bien sur les parents « normaux » faisant vivre leurs enfants dans des univers bleus pour les garçons roses pour les filles parfaitement stéréotypés ne leur donnent guère plus le choix et sont bien moins questionnés là dessus éthiquement alors qu’ils devraient l’être encore davantage étant nettement plus nombreux. Personnellement je suis plutôt pour en l’état actuel des choses accepter le genre donné par l’enfant à la naissance tout en lui donnant une éducation, des jouets et des vêtements aussi variés que possible, lui expliquer que si son genre ne lui plait pas il est possible d’en changer et qu’il en existe plein et quand il grandit le laisser dans celui qu’il a de naissance si il lui convient et si l’enfant s’avère trans l’accompagner de son mieux vers sa transition fin du HS) donc que ce sont partout en Occident des identités de genre non conformes et qui subissent une oppression de la part des conformistes souhaitant empêcher leur existence cela a donc du sens de considérer les non binaires comme trans, bien sur on trouvera toujours quelques trans « binaires » pour refuser cela et quelques non binaires pour ne pas se retrouver dans l’étiquette trans donc les deux ne sont pas 100% des identités identiques mais elles se recoupent énormément alors l’immense majorité des trans prolos « binaires » qui en connaissent acceptent comme trans les non binaires et l’immense majorité des non binaires prolos se perçoivent comme trans d’autant plus qu’on l’a vu rares sont les gens prolos classables sous l’étiquette trans au sens le plus large que les guerres de vocabulaires qu’on retrouve surtout chez les bourges ultra minoritaires parmi les trans intéressent véritablement. On l’a vu il y a toujours eu depuis les temps anciens des personnes dont le genre n’était pas simplement homme ou femme cela n’a rien d’une invention moderne. Cependant déjà que les historiens ont du mal à comprendre et accepter les trans « binaires » leur mise au courant de l’existence de la non binarité et leur compréhension de celle ci est extrêmement rare, j’ai jamais vu des historiens de l’Antiquité se risquer à plus que des hypothèses vagues sur le sujet, les médiévistes n’ont pu pour le moment que donner une estimation très vague de pistes de recherches sur la non binarité médiévale mais elles ne sont encore nullement explorées, les modernistes qui étudient la Renaissance pour quelques rares d’entre eux ont tenté des études sur le sujet mais laissé tombé pour une raison qu’ils ont explicité à savoir qu’on sait bien trop peu sur le genre et ses normes à des époques si reculées en l’état actuel des recherches historiques pour vraiment être sur de ce qui s’y conformait ou pas en terme d’identité et on préfère attendre d’avoir suffisamment de documentation sur comment le genre était compris alors pour en parler avec les termes de l’époque plutôt que d’y coller artificiellement des catégories plus modernes de compréhension du genre tels que la non binarité car les identités autre qu’hommes ou femmes alors on ne sait pas du tout comment elles étaient perçues mais sans doute bien différemment de maintenant. Pour les XVIIème et XVIIIème siècle on a un peu davantage de matière à réflexion dans les travaux d’historiens s’étant penchés sur la question et cela rend assez évident ce dont pas mal de travaux que j’ai lu et mes réflexions personnelles sur le sujet tendaient très fortement à faire penser à savoir que la binarité de genre basée sur l’idée de l’existence de deux sexes biologiques distincts mâle et femelle est une invention contemporaine issue des sciences biologiques du XIXème siècle et donc personne n’était non binaire pas plus que binaire avant cette date si on parle au sens strict de ces termes vu que la binarité de genre n’existait tout simplement pas. Pour le XVIIème siècle on a des gens qui ont fait des études approfondies des normes de genre d’un côté et de l’autre des personnes qui ont fait des recherches approfondies sur des personnes qui vivaient à cette époque et seraient perçues de nos jours comme trans, tout particulièrement les auteurs dix huitiémistes ayant travaillé sur le Chevalier D’Eon qui a beaucoup fasciné les gens qui étudiaient le genre et la transidentité au XVIIème siècle et cherchant surtout si il avait pu avoir au siècle d’avant des prédécesseurs, ce sont ces travaux qui nous ont permis d’y voir plus clair qu’aux époques précédentes et il y apparait clairement que si le corps est compris dans la définition du genre alors être né biologiquement mâle ou femelle était un aspect très secondaire dans la construction du genre, la raison toute bête en étant que les moyens dont on disposait alors pour savoir qui avait quoi comme parties génitales étaient bien moindres que maintenant beaucoup de gens étaient pudiques au point d’aller jusqu’à ce baigner habillés et certains se baignaient même avec leurs sous vêtements donc cacher ses parties génitales « non conformes » à son genre social toute sa vie avec la simple pudeur chrétienne pour prétexte était alors relativement aisé, le genre social était avant tout une question d’apparence extérieure donc de vêtements d’où les nombreuses restrictions vestimentaires sur le genre et l’âge par lesquels on avait le droit ou l’interdiction légalement de porter tel ou tel vêtement. En fait comme le genre social était moins fixé à la biologie du corps que maintenant tout semble indiquer dans les quelques travaux des historiens à ce sujet même si cela peut sembler contre intuitif qu’en ces temps précédant la période contemporaine les façons dont les genres étaient perçus et performés étaient bien plus fluides que maintenant ou dit en français les gens étaient beaucoup plus ouverts à l’idée que les genres peuvent changer et à leur variété qu’ils ne le sont aujourd’hui car ils en avaient bien plus souvent des démonstrations publiques que ce n’est notre cas. De ce fait, certains historiens ont quand même essayé d’amener les autres face à ces évidences par leurs travaux à considérer que l’on peut refaire l’histoire de l’Europe de l’Antiquité Grecque à 1900 en sortant d’un cadre de compréhension binaire du genre qui sur toute cette période y est clairement minoritaire, seulement ce type de travaux font scandale et suscite controverse et sont donc jugés trop politiques et tendancieux et à la limite de ne pas être de l’histoire et plus du militantisme par une majorité d’historiens qui clairement eux n’arrivent pas à penser en dehors de cette binarité du genre. Pourtant en effet sachant que c’est la science biologique du XIXème siècle qui a inventé la binarité de genre et que pour qu’elle passe d’une idée qui est admise en laboratoire a une idée acceptée de toute la population il a surement fallu un long temps d’adaptation cela ne me parait pas absurde. Tout comme l’idée que c’est le succès populaire de la vulgarisation de la binarité des genres psychanalytique au début du XXème siècle qui ait ancré la binarité de genre dans les idées des gens comme l’avancent ces historiens controversés me semble juste. Ah dernier point en anglais les gens utilisaient déjà le pronom neutre type « it/them » pour parler des personnes ne collant pas bien dans les cases hommes ou femmes en Angleterre depuis le XVIIème siècle ce qui était perçu comme déshumanisant mais le plus proche possible d’être exact par les gens désignés ainsi, comme quoi dans le monde anglophone cette histoire de pronom neutre pour les gens non binaire résulte de 400 ans au moins d’habitude historique de qualifier ainsi les identités autres qu’hommes ou femmes (ce qui n’est pas le cas dans le monde francophone). Pour le XVIIIème siècle pour le coup on a beaucoup plus d’informations. On a même de quoi fournir un tableau relativement complet du genre et de la non conformité à celui ci à cette période. On a d’un côté les études sur la mode et le vêtement à cette époque qui rendent limpide que c’est l’habit qui est alors le déterminant principal aux yeux de la société du genre d’un individu. On a aussi les récits de voyage très populaires dans le lectorat du XVIIIème siècle qui narrent comment on vit en dehors de l’Occident dans les contrées qu’explorent les colons et font état de façons de percevoir le genre dans d’autres cultures tout à fait différentes de ce qui existe en Occident produisant à la fois effroi et fascination et faisant beaucoup parler les Blancs entre eux à propos de ces sujets qu’ils perçoivent comme « exotiques » et qui les intriguent mais du coup cela a pour conséquence directe d’assouplir et d’enrichir leur propre vision des genres. Aussi les arts du XVIIIème siècle sont ouverts à l’expérimentation artistique tout particulièrement en littérature ou des personnages aux genres ambigus sont légions suscitant la réflexion sur les genres et ne finissant pas forcément identifiés comme homme ou femme de façon certaine, mais aussi la musique qui avec les succès des castrats de l’opéra engendre beaucoup de questionnements sur les limites du genre au XVIIIème siècle, enfin le succès des personnages androgynes dans les arts visuels joue également dans cette perception plus souple qu’on ne pourrait le croire que les gens avaient alors du genre. Bien sur on l’a vu l’usage du pronom neutre pour parler de gens ne rentrant pas dans les cases hommes ou femmes est attesté en Angleterre dès le XVIIème siècle et celui de pronoms, langage et grammaire servant à désigner ces personnes l’est partout dans le monde où l’on parle anglais ou espagnol au XVIIIème siècle de façon claire, le français lui est de ce point de vue une langue plus conservatrice mais c’est ce dernier qui semble l’exception et l’existence d’une langue pour exprimer un genre que de nos jours on qualifierait de « non binaire » qui semble la règle dans les langues de l’Occident du XVIIIème siècle. On sait aussi que le XVIIIème siècle est un temps de sécularisation des idées où la foi prend une place un peu moins importante qu’auparavant dans les débats philosophiques, ce qui a de bonne chance de faciliter la reconnaissance de gens ni hommes ni femmes étant donné que l’Église on l’a vu a très souvent dans l’histoire de l’Occident été la principale institution à pourrir la vie des gens pas conformes aux normes de genre qui ont très longtemps été définies principalement par les hommes du clergé. Aussi parlant de philosophie, celle des Lumières et ses questionnements autour de l’égalité a beaucoup influé au XVIIIème siècle finissant en Occident sur les groupes proto féministes et proto LGBT qui ont utilisé dès le début de leurs mouvements politiques la rhétorique égalitaire issue de ce type de réflexions pour faire valoir leurs droits. Il est assez probable vu qu’il y a des travestis et trans dans les luttes proto LGBT depuis le XVIIIème siècle qu’il y ait aussi eu des ancêtres des non binaires dans ces derniers. Aussi avec les longs débats qui animaient l’époque autour de ce qui relève de la nature ou de la culture sur tout les thèmes et bien sur celui du genre également forcément lors de discussions sur ces thèmes les cas de personnes ne correspondant pas pleinement à un genre féminin ou masculin étaient mis en avant et débattus donc leur existence était une chose dont pas mal de gens étaient en réalité au courant de ce fait. Cela est sans doute d’autant plus vrai qu’avec l’augmentation de la scolarisation, de l’alphabétisme et le début de la presse papier le niveau de culture générale de la population occidentale va alors en augmentant sur tout les sujets, celui des gens pas simplement hommes ou femmes inclus. Certains historiens ont mis en avant l’hypothèse incertaine mais possible que le XVIIIème siècle occidental aurait reconnu l’existence d’un troisième genre autre qu’homme ou femme s’appuyant notamment sur le cas dans l’Angleterre des années 1700 des employés des Molly Houses, des hommes très féminins qui y étaient des gigolos à la clientèle masculine et avaient leur forme de culture propre a une époque où les « sodomites » et les hommes féminins étaient très mal vus du fait qu’à partir des années 1860 on a la certitude que ces gens se décrivent eux mêmes comme appartenant à un troisième sexe. La seule chose qui empêche d’en être certain est ce décalage de soixante années dans les sources disponibles qui fait que l’on a pas de certitude que leurs ancêtres du XVIIIème siècle se percevaient aussi comme d’un troisième genre d’autant qu’on l’a vu tout semble au contraire indiquer qu’avant le XIXème siècle tous savaient dans le monde entier Occident compris que les genres ne sont pas seulement deux homme ou femme. Cependant ce qu’on voit aussi c’est que les gens d’autres genres qu’homme ou femme en ce siècle n’ont clairement pas le pouvoir et sont déjà plus encore que les femmes victimes d’oppression en Occident où le pouvoir est clairement très majoritairement et ce depuis la christianisation aux mains d’hommes cisgenres. Il est donc probable qu’au moins depuis la christianisation les gens ni hommes ni femmes subissent une oppression en Occident et que l’origine de celle ci se trouve dans des soupçons de paganisme ou de sorcellerie envers ces personnes. Ah aussi fait important le XVIIIème siècle est un tournant important de la chasse aux sorcières où les hommes médecins remplacent les sages femmes comme spécialistes de l’accouchement, et de la médecine pour femmes enceintes et enfants en bas âge, un acte qui s’est fait dans une sanglante violence et a permis un contrôle inédit des médecins sur les corps féminins et sur les corps tout court à partir de cette époque et surtout de la fin du XVIIIème siècle ce qui a été une des conditions ayant permis la naissance de l’idéologie du binarisme de genre comme outil du contrôle médical masculin et bourgeois sur les corps qui s’accentue énormément à partir du XIXème siècle. Sinon une institution fondamentale de la culture du XVIIIème siècle occidental qui brouillait particulièrement les frontières du genre et de la sexualité était la mascarade, une tradition qui me fascine depuis que j’ai obtenu un intérêt spécifique sur les loups vénitiens et autres masques étant enfant ayant toujours trouvé quelque chose dans l’esthétique des masques qui me parle énormément sans trop que je sache pour quoi et hélas cela fait depuis la maternelle que je n’ai plus eu de possibilité d’aller à un bal masqué cela se perd il me semble et c’est fort dommage, bon je reviens au sujet, en me basant sur cet article : http://umich.edu/~ece/student_projects/masquerade/gender.html, la mascarade est au XVIIIème siècle un moment fortement teinté d’érotisme dans son atmosphère et où l’ambiguïté du genre des participants, de la sexualité et l’inversion des rôles genrés font partie du rituel et comme au carnaval sont tolérés dans ce cadre spatio temporel un peu onirique qui est en dehors des cadres usuels des normes sociales rigides, ces danses avaient pour principe après tout d’avoir un contenu hautement sexuel et d’être partagées avec des inconnus dont on ne savait rien. Et de fait on observait aux mascarades que bien des normes sociales semblant gravées dans le marbre pour l’éternité tombaient en poussières en quelques secondes par le simple anonymat que le masque permettait. La plus flagrante observation étant que le masque permettait bien souvent à l’inhibition sexuelle des femmes de partir en fumée, celui ci les libérant considérablement sur ce plan, aussi bien des prostituées se rendaient aux mascarades régulièrement ce qui contribuait à renforcer la forte charge sexuelle de ces moments, liberté de déplacement et indépendance également vu qu’alors la mascarade était le seul lieu public à part l’Église ou une femme avait le droit de se rendre seule. Certains observateurs en concluaient à une force émancipatrice particulière de la mascarade pour les femmes qui y découvraient un degré de liberté qu’elles n’avaient nul part ailleurs dans la société d’alors. Les femmes au déguisement et masque masculin ou ambigu pouvaient alors se permettre d’être agressives, dominatrices et autoritaires dans leur façon d’agir à la mascarade et ne s’en privaient point expérimentant ainsi dans ce cadre une forme de pouvoir et de liberté leur étant souvent inédite. Il était aussi fréquent que les femmes aux mascarades choisissent de prendre pour costume et masque un déguisement en un symbole féminin puissant, le plus souvent une déesse grecque. Cependant certaines aussi mettaient l’emphase sur des robes pudiques mais surtout dans le but d’ajouter à l’aura de mystère de la cérémonie en révélant le moins possible de leur identité. D’autres femmes au contraire profiter de leur masque pour choquer en portant des tenues très osées à la mascarade afin de mettre en valeur explicitement leur sexualité et leurs désirs. Certains cependant pensent qu’au contraire cela fait de la femme un objet sexuel uniquement là pour le plaisir des yeux des hommes et que la mascarade est un frein à son émancipation plus que le contraire au XIXème siècle en se basant sur les écrits d’auteurs masculins si rendant qui y vont en effet pour se régaler les yeux du spectacle des jolies jeunes femmes qui dansent dans ces rituels. Personnellement cela me parait absurde de supposer que les femmes le voient forcément de la même façon au seul prétexte que les hommes le perçoivent ainsi, par exemple le Cosplay qui est une activité masquée à laquelle je participe également le plus souvent dans des habits et en incarnant des personnages mettant en valeur une puissance toute féminine qui ressemble à ce que faisait les femmes déguisées en déesses grecques aux mascarades je le fais plus par plaisir que pour chercher  à m’émanciper ou pas mais à la réflexion il me parait évident que c’est pour moi une activité libératrice et c’est aussi l’avis de la nette majorité des cosplayeuses qu’elles fassent des cosplays très féminins, de femmes plutôt androgynes ou masculines, de personnages masculins ou de personnages au genre ambigu…ce qui échappe en général aux hommes qui tendent pour la plupart d’entre eux, même si pas tous loin s’en faut fort heureusement, à n’y voir que de quoi se rincer l’œil en voyant des jeunes femmes en costumes sexy mais ce point de vue, ce regard masculin standard passe à côté de pleins d’éléments essentiels de cette activité pour celles et ceux moins nombreux mais tout aussi passionnés qui la pratiquent, donc du coup mon avis là dessus et que les personnes qui voient la mascarade ou le cosplay négativement en considérant les femmes s’y adonnant comme des rétrogrades menant volontairement la condition féminine vers le bas en acceptant de se soumettre au regard masculin…en sont en vérité beaucoup plus prisonnières de ce fameux regard masculin standard que les cosplayeuses ou les participantes des bals masqués qui contrairement à ces critiques voient leur propre activité avec leur regard à elle, un regard féminin dont les critiques acerbes si promptes à crier tout le temps à la soumission de la femme au joug masculin oublient curieusement l’existence quand ça les arrange, c’est sur c’est plus pratique pour imposer son point de vue plutôt que d’accepter qu’ils sont pluriels et que plein de femmes ne voient pas le monde comme elles. Bref je m’égare. Le travestissement était fréquent à la mascarade, plus fréquent que de porter un vêtement approprié à son genre en vérité, comme au carnaval d’ailleurs, les hommes déguisés en femmes, les femmes en hommes et c’était le seul type de cadre où cela n’avait rien d’un tabou, oh et bien sur point important les classes sociales étaient s’en dessus dessous également dans ces cérémonies d’inspiration romaine à la base, dont les festivités ancêtres avaient des origines se perdant dans la nuit des temps et avaient pour but de rappeler à l’humanité le souvenir d’un âge d’or sorte de communisme de la préhistoire où tout était à tous et les classes sociales et différences de richesses n’existaient pas, bien sur ces inversions qui faisaient que le temps de la mascarades le manant roturier prenait des airs de riche aristocrate et vice versa qui empêchait de savoir qui est qui aussi sur ce plan là et ramenait les hommes à l’égalité de leur condition n’avait qu’un temps malheureusement et servait à conserver le reste du temps l’ordre social tel qu’il était d’ailleurs ce monde avait aussi son propre ordre et qui choquait à la mascarade par trop peu de pudeur surtout si c’était une femme risquait le scandale et l’humiliation publique. Cependant tout temporaire et illusoire qu’il était ce cadre offrait aux oubliés de la société un moment et un lieu où souffler un peu et sous le masque et le déguisement se permettre d’être plus eux mêmes que jamais. Bien entendu comme cela resta le cas par la suite il est probable que pas mal de personnes trans, non binaires ou non conforme dans le genre d’une façon ou d’une autre aient vécu la mascarade comme l’un des rares moments où pouvoir être elles mêmes. Aussi bien entendu lors des mascarades des danses entre partenaires de même sexe étaient fréquentes qu’elles fussent accidentelles ou intentionnelles et il est certain que dès cette époque beaucoup de couples entre hommes ou entre femmes si sont formés ou y ont trouvé un espace où vivre leur sexualité plus librement qu’ailleurs. Pour les personnes ni hommes ni femmes il est probable que ce moment où existait la possibilité de montrer une ambiguïté de genre acceptable au grand jour était important. Aussi on le sait la plupart des personnes proto LGBT alors n’avaient pas tellement d’autres possibilités pour survivre que de pratiquer les métiers du travail du sexe alors le fait que les prostituées étaient nombreuses et les plus régulières personnes à participer à ces bals masqués semble confirmer mon intuition que pour beaucoup de personnes proto-LGBT surtout en milieu prolo les mascarades étaient au XVIIIème siècle les lieux et moments où elles pouvaient le plus être elles mêmes. Je suppose qu’en cela le statut des personnes ni hommes ni femmes n’était pas trop différent de celui des ancêtres des hommes trans et femmes trans alors. C’est aussi du XVIIIème siècle que date un des plus ancien cas connus de personne au genre pas déterminé en Occident, celui en Espagne d’un(e) tavernier(e) madrilène Sebastián/María Leirado , considérée socialement comme une femme puis arrêtée 7 fois pour cause de travestissement en homme dont elle était accusée car pris à tort pour la célèbre actrice et danseuse María Teresa Garrido travestie en tavernier, de 1764 à 1769 arrêté sept fois et ayant subit sept examens médicaux qui tous échouèrent à déterminer son genre six fois avant de déclarer la septième fois que Sebastián Leirado était un homme et de le condamner pour sodomie et l’envoyer en prison où il finit probablement son existence. Il semble plus que probable que c’était une personne qu’on dirait de nos jours intersexe et non binaire et du coup cela donne une idée du sort qui leur était réservé. En 1785 le Chevalier d’Eon avait écrit The Maiden Of Tonnerre qui ne fut publié en français qu’en 2001 qui avait pour but de justifier sa décision à partir de 1770 de rester sous une identité féminine malgré sa naissance masculine et le fait qu’il avait initialement pris une identité féminine dans un but uniquement d’espionnage, le problème étant que d’Eon a volontairement laissé beaucoup d’ambiguïté dans ce texte supposément autobiographique mais où vérité et mensonge évident se mêlent volontairement tout autant que réalité et fiction, ceci dit sur tout ces plans d’Eon a maintenu un mystère volontaire toute sa vie durant quoi de plus normal que ce soit aussi le cas dans le livre qui lui sert d’autobiographie. Elle tente de s’y dépeindre comme ayant toujours voulu être Chevalière d’Eon et comme une femme née dans un corps d’homme et forcée de jouer la comédie sociale d’un rôle masculin les 49 premières années de sa vie et ayant décidé d’enfin s’assumer comme femme pleinement à partir de sa cinquantième année elle y écrit ceci : « J’ai deux personnalités. Mon esprit tend vers la tranquillité, la solitude et l’étude.  La Prudence m’a dit que c’était le plus sage et le plus sur moyen de me défendre, mais mon cœur aimait le fracas des armes et le spectacle des cérémonies militaires. Incapable de consulter ni homme ni femme j’ai demandé l’avis de Dieu et du Diable et, pour ne point me jeter à l’eau, je me suis jetée dans les flammes ». Sa conception du genre masculin et du genre féminin lui venait en grande partie de Rousseau dont elle était en la plupart des choses philosophiquement une fervente adepte mais elle s’opposait véhément aux conceptions de ce dernier sur ces questions de genre en même temps. Pour Rousseau dans l’Émile : « la femme est faite pour plaire et pour être subjuguée », et elle explique que chaque fois qu’elle fut réprimandée en tant que femme pour avoir enfreint les normes de genre acceptées alors c’était car elle avait dépassé les bornes de la féminité telles que Rousseau les avaient posées. Les deux exemples qu’elle en donne fut une fois où en tant que femme elle porta son uniforme de dragon en public ce qui scandalisa le dit public et une autre où elle choqua beaucoup en refusant un ordre du roi de venir au devant de lui vêtue d’une robe. Le XVIIIème siècle est le siècle qui invente l’idée qu’un homme est rationnel et une femme sensible, donc dans l’esprit d’Eon cette règle est complètement inversée, c’est son esprit qui est femme et son cœur qui est homme. D’Eon décrit les normes de genre masculines mais surtout féminines comme étant à ses yeux des chaînes et des fers et le fait de si conformer à un esclavage et plaide pour pouvoir « juste être moi ». Elle dit avoir vécu en tant que femme mais aussi avoir joué le rôle d’un homme sur certains points se refusant à abandonner totalement sa masculinité et à se définir clairement et définitivement comme homme ou femme en toutes choses. Le livre n’a pas vraiment de conclusion à part que d’Eon était soi même avec un fort refus de se laisser catégoriser que ce soit comme homme ou femme, vrai ou faux, réel ou imaginaire, corps, cœur ou esprit et souhaitant permettre de questionner tout cela et de voir que ces mots simplifient des réalités et existences bien plus complexes.

Source : https://voltairefoundation.wordpress.com/2017/12/08/deon-vs-rousseau-gender-slavery-and-the-unique-self/

Du coup percevoir d’Eon comme « non binaire » serait très réducteur mais il parait assez évident que son identité de genre était complexe et démontre que de ce point de vue la complexité des gens et les fausses évidences trop simplistes auxquelles les réduisaient les observateurs extérieurs étaient aussi présentes alors que maintenant.

Si au XVIIIème siècle une binarité de genre homme femme commence à se dessiner suivant les conceptions rousseauistes on l’a vu elle est encore loin d’être majoritaire partout en Occident même parmi les hautes classes sociales et il semble que c’est vers 1860 que la binarité de genre bourgeoise devient homogène et acceptée par l’ensemble des hautes classes sociales et des riches blancs ou assimilationnistes. C’est encore loin d’être accepté par l’ensemble de la masse populaire ceci dit manifestement où existe toujours la conscience de l’existence de davantage de genres possibles, les femminielli italiens et les Third Gender d’Angleterre en étant alors les deux exemples les plus évidents. Les femminielli italien sont l’exemple de genre autre qu’hommes ou femmes le plus connu dans l’Europe du XIXème siècle leur nom signifie Petites Femmes, au singulier femminiello Petite femme avec ceci dit un suffixe diminutif masculin, Petit Femme c’est la meilleur traduction que j’en puisse proposer, catégorie où étaient regroupés ce que nous considérerions avec nos normes contemporaines comme les hommes homosexuels féminins et les femmes, hommes ou non binaires trans aux airs féminins mais qui étaient perçu(e)s comme de ce genre particulier, ces personnes censées porter chance n’était pas stigmatisées ni insultées et tout à fait socialement acceptées dans la société napolitaine, pour les Napolitains ce ne sont pas des trans car cette catégorie anglo saxonne d’origine est étrangère à cette tradition mais ce sont bien des personnes non binaires car ni homme ni femme, des tensions entre communautés femminielli qui chassent les trans perçus comme des étrangers et personnes trans travailleuses du sexe le plus souvent Latinas existent et posent régulièrement problème à Naples et plus généralement en Italie. En 2009 Ketty Gabriele feminiello a fait la une des médias italiens car arrêtée comme gangster, ellui avait commencé prostituée et fini capo, cet événement a montré une influence forte des conceptions de genre anglophones dans les médias et la bourgeoisie italienne qui qualifiaient Ketty Gabriele de trans ou de feminiello en considérant ces deux notions comme équivalentes. Cela a permis aux Italiens du grand public d’en apprendre plus à la fois sur les trans et sur les feminielli. Les Napolitains ont une image positive des feminielli et une image négative de la communauté gay qu’ils qualifient de : « le modèle politiquement correct de l’homosexualité dans une hypocrite société bien-pensante », d’autres maintiennent que : « ils sont des hommes; ils le savent et tout le monde le sait. » Achille della Ragione, a décrit les aspects sociaux de femminielli. « [Le femminiello] est généralement le plus jeune enfant de sexe masculin, ‘petite chérie de sa mère’ … il est utile, il fait des tâches ménagères, les courses et surveille les enfants. » Les feminiello étant censés porter chance il est courant d’en voir porter un bébé nouveau né pour lui porter chance ou être demandé par des joueurs de bingo pour gagner à leur place. Plus que les Tombola, la Tombolata dei femminielli est un jeu populaire effectuée chaque année le 2 février, en conclusion de la Chandeleur au Sanctuaire de Montevergine. Une cérémonie appelée le matrimonio dei femminielli est organisé à Torre Annunziata le lundi de Pâques, un défilé de femminielli vêtus de robes de mariées et accompagné par un « mari » circule à travers les rues dans des chariots tirés par des chevaux. Le femminiello dans la Campanie jouit d’une position privilégiée grâce à leur participation à certains événements traditionnels, tels que Candelora al Santuario di Montevergine (la Chandeleur au Sanctuaire de Montevergine) dans l’Avellino ou à la Tammurriata une danse traditionnelle exécutée lors de la fête de la Madonna dell’Arco dans Sant’Anastasia.

Aussi les femminiello sont très présents dans de nombreuses pièces de théâtre napolitaines ou plus généralement italiennes ou ce sont des personnages centraux ou dans certains cas les protagonistes. Les femminiello sont devenus connus dans le reste de l’Occident au XIXème siècle mais iels existent à Naples et en Italie depuis l’Antiquité romaine, ce qui confirme donc que la conception romaine antique du genre n’était point binaire et que le genre n’a jamais été binaire en Occident avant une période très récente même si c’est pas politiquement correct auprès des historiens académiques de le savoir et de le dire. Les Italiens en général et Napolitains en particulier disent que les femminiello trouvent leur origine dans les divinités helléniques et leurs versions romaines, principalement en  Hermaphrodite qui possédait la beauté de sa mère Aphrodite, et la force de son père Hermès. Mais aussi en des figures légendaires comme Tirésias, le prophète aveugle de Thèbes, qui s’est transformé en femme pendant sept ans. Dans la culture hellénique et romaine comme dans la plupart des cultures ou existent des gens ni hommes ni femmes acceptés comme tels, ces derniers sont perçus comme ayant plus que tout les autres sagesse et équilibre ce qui vient de la connaissance des deux mondes, le masculin et le féminin. C’est vers 1860 en Angleterre principalement que devient la norme en milieu de haute classe sociale l’idée que seuls deux genres, masculin et féminin existent ce à quoi réagissent les personnes travaillant dans les Molly Houses qui déclarent ne pas s’y retrouver et se considérer comme un troisième sexe, ce qui deviendra alors l’appellation la plus commune du genre neutre et de la non binarité dans tout l’Occident des auteurs comme Karl Heinrich Ulrichs, Magnus Hirschfeld, John Addington Symonds, Edward Carpenter, Minna Wettstein-Adelt qui ont été surtout Magnus Hirschfeld des membres parmi les plus actifs des communautés proto LGBT se considéraient comme étant de ce troisième genre et se décrivaient comme d’un sexe inversé ou intermédiaire et avait un désir homosexuel pour lequel ils tentaient de faire naitre une acceptation sociale, eux aussi prennent des références hélléniques pour justifier de l’existence d’une identité telle que la leur. En français, on trouve l’expression sous la plume de Théophile Gautier dans Mademoiselle de Maupin, qui fait dire au personnage éponyme dans une de ses lettres à son amie Graciosa « Je suis d’un troisième sexe qui n’existe pas encore ». Le personnage se décrit comme l’alliance d’un corps et d’un cœur de femme, et de l’esprit et la force d’un homme. Dans l’Allemagne de Guillaume II, les mots drittes Geschlecht (« troisième sexe ») et Mannweib (« homme-femme ») étaient également utilisés pour décrire les féministes, surtout par leurs opposantset quelquefois par les féministes elles-mêmes. En 1899, le roman Das dritte Geschlecht d’Ernst Ludwig von Wolzogen décrit les féministes comme « neutres » avec des caractéristiques extérieures féminines et une âme mâle défectueuse. Au cours du XIXe et du XXe siècle, le terme de « troisième sexe » a été une façon de décrire les homosexuels et les non-conformistes. En Allemagne, Karl Heinrich Ulrichs, qui se bat pour que l’homosexualité ne soit plus considérée comme une maladie, plaide pour la reconnaissance des droits des homosexuels en tant que « troisième sexe » ; il appelle les homosexuels les « uraniens », et les définit comme des personnes possédant « une âme de femme dans un corps d’homme ». Magnus Hirschfeld, fondateur du mouvement homosexuel allemand, reprend les conceptions de Ulrichs.

Uranien est un terme très peu utilisé à la fin du XIXe siècle, sinon par les Anglo-saxons (sous la forme Uranian), pour désigner les homosexuels masculins qui étaient jusqu’alors désignés par le mot pédéraste. Ce furent d’abord les mots urnien1, et ournien2 qui furent proposés de manière transitoire pour traduire en français le mot Urning, créé (en même temps que son opposé Dioning), par le juriste hanovrien Karl Heinrich Ulrichs, en référence au discours de Pausanias dans le Banquet de Platon. Ulrichs avait publié à partir de 1864, ses conceptions sur l’amour entre personnes de même sexe dans une série de douze brochures rassemblées sous le titre de Forschungen über das Räthsel der mannmännlichen Liebe (« Recherches sur l’énigme de l’amour de l’homme pour l’homme»). Ces conceptions furent considérées comme assez nouvelles pour justifier un néologisme. Le mot qui fut accepté de manière unanime en français, est uraniste (adjectif et nom) : il fut utilisé de la fin du XIXe siècle à la première moitié du XXe siècle.

L’écrivain germano-hongrois Karl-Maria Kertbeny, qui connaissait Ulrichs et menait le même combat, proposa en 1869 des termes concurrents (homosexuel, homosexualité) qui supplantèrent rapidement les néologismes d’Ulrichs en raison de leur allure plus scientifique.

En anglais, compte tenu de l’orientation des goûts des poètes anglais qui se qualifièrent d’uraniens, tournés vers les jeunes éphèbes, le mot a pris un sens qui correspond davantage au mot pédéraste dans son acception moderne.

(source : Wikipédia)

En 1895 eu lieu la première manifestation de personnes non binaires pour leurs droits organisée par un groupe d’androgynes se définissante eux mêmes selon ce terme réunit à New York dans leur organisation qu’iels avaient nommé Le Petit Club Des Hermaphrodites sur la base du besoin qu’iels ressentaient de s’unir entre elleux contre l’amère persécution que leur faisait subir le monde en leurs propres mots. Cependant ce club avait un regroupement plus large et tout ceux que l’on dirait maintenant travestis ou trans y avaient leur place « binaires » ou pas. En 1910 Magnus Hirschfield invente le terme de travestis pour les qualifier qui devient alors l’équivalent du T de LGBT dans son acceptation la plus large à l’heure actuelle dont ce mot est donc l’ancêtre. Magnus Hirschfield créa alors la première clinique pour travestis en ce sens très large. On l’a vu si sa vision pathologisante était progressiste par rapport à la norme de l’époque qui était de criminaliser et tuer ces personnes beaucoup surtout parmi les prolos résistaient depuis le départ à cette médicalisation de leur état chez les proto LGBT et les non binaires n’y faisaient bien entendus nullement exception beaucoup continuant de préférer le terme androgyne pas pathologisant et plus valorisant pour se dépeindre comme Jennie June qui pour se décrire dans son autobiographie se qualifie d’androgyne et de fairie. La biographie s’étalant entre 1918 et 1922 cela montre que le terme fairie a aussi eu un autre sens plus ancien relatif aux personnes qu’on dirait non binaires maintenant qui se qualifiaient ainsi depuis…depuis très longtemps une fois recherche effectuée en réalité je viens de découvrir toute une autre façon d’être non binaire.

Les fairies au sens de personnes androgynes que l’on qualifierait de non binaires de nos jours j’en ai trouvé des traces dans la culture anglophone depuis le XVIème siècle où des personnages littéraires de fées commencent à être considérés comme ayant une expression de genre androgyne tout en restant homme ou femme bien distinctement mais ce n’était pas le cas des fairies médiévales ou antiques assez clairement perçues comme féminines ou masculines dans des rôles genrés très conformes à leur société le plus souvent. Ce n’est pas la société des fées qui a changé mais celle des hommes qui ne les perçoit plus comme avant du fait que ses propres normes de genre après les conséquences de la chasse aux sorcières se sont considérablement rigidifiées. Le XVIIème siècle voit les fées de la même façon mais le XVIIIème siècle où les normes de genre se rigidifient encore commence à les percevoir comme proches de l’androgynie mais aussi de l’hermaphrodisme, en effet au XVIIIème siècle la norme est de voir la femme comme un être sensible qui pense avec le coeur et l’homme comme un être rationnel qui pense avec son cerveau,  les fées qui traditionnellement sont bien éloignées de ce portrait leurs femmes pouvant être de savantes mages et leurs hommes pouvant tout à fait autant que leurs femmes se laisser porter par leurs émotions et leur genre n’étant pas toujours strictement défini elles ne collent plus du tout avec la façon usuelle de percevoir le genre et semblent non binaires aux humains occidentaux. D’ailleurs dès le XVIIIème siècle des proto féministes s’inspirent du statut des femmes fées dans les histoires populaires pour réclamer une amélioration du statut des femmes humaines dans leur propre société. Dans les contes populaires sur les fées à l’époque on trouve parfois l’idée qu’assumer son androgynie peut être bénéfique à une personne pour la suite de sa vie car le corps humain y est présenté comme étant naturellement androgyne et devant garder l’équilibre entre sa polarité masculine et sa polarité féminine, ce n’est pas certain mais il est possible que ce soit sur la base d’une telle idée que c’est construite l’identité fairie pour les personnes non binaires auquel cas elle aurait existé dès cette époque. Dans les années 1800 ce dernier type d’histoire était devenu encore plus populaire en tout cas. Vers 1810 les noms deviennent de moins en moins mixtes et ceux des fées qui sont mixtes assez fréquemment dans les histoires renforcent à leur égard l’impression d’androgynie d’un point de vue humain. D’autant qu’on commence à les associer à Cupidon lui aussi perçu comme androgyne car certains commencent à émettre l’idée qu’elles participent de la nature des anges. Même si évidemment anges, démons ou divinités païennes les avis sur la question divergent. En tout cas dès 1830 et dans toute la littérature d’inspiration plus ou moins romantique les fées décrites comme ayant une envoutante beauté androgyne deviendront un cliché littéraire fréquent. Ceci dit en fait ce sont tout les êtres fantastiques alors souvent qualifiés de monstres et tout les atypiques/handicapés/fous/malades décrits positivement par les romantiques qui le sont alors souvent de cette façon, car tous perçus comme androgynes au sens de « non binaires » par les valides qu’eux mêmes se perçoivent ainsi ou pas. Ce qui n’a pas vraiment changé depuis d’ailleurs en fait. C’est la jeunesse des personnages de fées qui autorise leur androgynie et dès les années 1870 dans les illustrations de la littérature féerique on trouve des images de baisers donnés à des fées androgynes au genre très incertain jusque dans de la supposément innocente littérature pour enfants. La littérature victorienne inclut même un nombre conséquent d’histoires de fées et féetauds (fées mâles) élisant comme leur partenaire des gens de même genre qu’eux le plus commun étant les histoires de féetauds prenant pour partenaire un jeune homme ou un petit garçon. Pendant tout ce temps ceci dit les seuls humains a se considérer comme androgynes et se qualifier de fairies sont des acteurs de pièces de théâtre jouant le rôle de personnages de fées décrits comme l’étant et sortant de cette androgynie féerique temporaire en sortant de leur rôle de scène. C’est au début du XXème siècle que l’on trouve les premiers humains androgynes qui se désignent comme étant des fairies, ce sont des homosexuels et/ou des hommes aux traits physiques androgynes qui disent d’eux mêmes qu’ils sont des « fairy prince », des princes féetauds. Cependant les fairies en ce sens là et les fairies au sens vu plus haut d’hommes LGBT « binaires » très féminins sont deux cultures qui s’entremêlent et se fusionnent pas mal dans les années 1920. Cependant dans les années 1930 les Fairy Prince existent toujours s’étant crée une contre culture propre autour de leur androgynie et de leur volonté de servir de muse androgynes et d’être cible des désirs d’autres hommes. Cependant cela se perd au cours de la décennie suivante pour une raison qui m’échappe. Le plus probable étant sa perte au profit de l’idéal de l’androgyne apollinien promu par les Nazi et qui resta très populaire tout au long des années 1950, bien entendu tombé en désuétude au fur et à mesure de la révélation des crimes du nazisme qui ont entaché l’image de ce modèle de beauté androgyne. Autre modèle d’androgynie féerique des années 1950 la Faerie Queen je suppose l’équivalent féminin du Fairy Prince mais je ne trouve guère plus que son nom et le fait que c’était une identité androgyne des années 1950 à son sujet. Depuis les années 1960 ceci dit il me semble que la contre culture des fées radicales et devenues clairement dominée par les hommes gays féminins même si de nos jours elle a de nouveau un spectre plus large et accepte toute personne LGBT homme comme femme, binaire comme non binaire se reconnaissant dans ce qu’elle propose. Cependant ce qui m’interpelle dans tout ça c’est qu’on l’a vu les fairies en ce sens là c’est à nos époques le plus souvent une réappropriation culturelle blanche par contre il est clair que les Fairy Prince avaient un ancrage réel dans une culture où l’on croyait aux fées, le mouvement a été initié par des dandys anglais du début du XXème siècle donc l’influence d’une perception victorienne des fées y est évidente mais si la compréhension de ces dernières en était blanchie déjà on ne pouvait pas parler d’appropriation culturelle vu que ces gens croyaient vraiment aux fées et certains d’entre eux se considéraient vraiment comme en étant des princes même si pour la plupart s’était plus un surnom mettant en avant leur dandysme gay et androgyne qu’un révélateur de leurs croyances sur les fées le plus connu dans le genre étant bien sur Aleister Crowley né en 1875 mort en 1947 et considéré de nos jours comme le dernier grand mage noir. Crowley étant d’ailleurs un non binaire célèbre, enfin il n’est pas connu en tant que tel mais sa bisexualité est historiquement hors de doute vu qu’il l’assumait lui même dans ses écrits, son androgynie il l’assumait aussi pleinement et une citation du Liber LXV, V:44 met son avis sur la question hors de doute, je le cite « Ils doivent aller cependant plus loin encore, par delà l’opposition fondamentale entre les sexes. Le mâle doit s’être complété lui même en devenant androgyne, la femelle en devenant gynandre (note de moi : ce qui signifie d’après le Wiktionnaire : Qui ressemble à un homme ou présente des caractères masculins, en parlant d’un individu femelle et est un mot d’emploi rarissime). Cette incomplétude emprisonne l’âme. Penser « Je ne suis point une femme, mais un homme » et vice versa, c’est se limiter, mettre un frein à sa liberté de mouvement ».

Pour plus d’information sur Aleister Crowley un résumé très rapide de sa vie :

Crowley est blanc non binaire bisexuel (enfin de nos jours il se dirait sans doute pansexuel) sorti avec un travesti pour premier amant et bien sur c’est un dandy aristocrate richissime avec un mépris de classe souverain et par contre atypique physiquement, neurologiquement et psychologiquement. Neurologiquement ce n’est pas un narcissique mais c’est un sociopathe dyssynchrone de façon assez évidente, il n’a pas d’autre neuroatypie. Devenu médium, mage et ésotériste en 1897 il y a consacré 60 ans de sa vie, il devient aussi occultiste l’année suivante et donc y consacre 59 ans de son existence. C’est dès cette année là que certains tels que Yeats s’aperçoivent qu’il est fou. Il a 11 ans quand il rejette le christianisme et s’auto proclame fièrement comme étant La Bête, puis en 1895 il devient de confession druidique. Il devient réincarnationniste en fin 1898 persuadé d’être la réincarnation d’Edward Kelley, il s’initie alors à l’Hatha Yoga et voyage en Asie, il découvre le bouddhisme et le taoïsme. En 1900 il part au Mexique se faire initier comme franc maçon, il découvre la concentration et la visualisation. Il a aussi des intérêts spécifiques sur les échecs et l’alpinisme. Il se rendra en 1902 à la frontière pakistano chinoise pour tenter l’ascension du K2. En 1903 il épouse une médium nommée Rose, en 1905 elle lui donne son premier enfant, une fille. En Mai 1905 il tente une catastrophique ascension de l’Hymalaya ou tout ses compagnons meurent et exige que sa femme et sa fille le rejoignent en Inde. Ils fuient le pays quand la police vient enquêter sur un incident au cours duquel Crowley a tué deux agresseurs. Ils se réfugient en Chine d’où il renvoie son épouse et sa fille afin de partir à la recherche d’une ancienne maîtresse. De retour en Grande-Bretagne, il apprend la mort de sa fille, d’une fièvre, en Birmanie. Il en rend Rose responsable. Le couple a deux autres filles avant de divorcer. Crowley dit avoir fait connaître ses adultères pour avoir les torts lors de la procédure. Le 17 décembre 1904 il est fait maître maçon dans la loge Anglo Saxon n. 343 de la Grande Loge de France, à Paris. Depuis 1909 il est reparti sur des études d’ésotérisme/occultisme/magie. En particulier la magie sexuelle, et la magie du chaos qu’il invente. Proche de l’Allemagne, Crowley s’exile aux États-Unis pendant la Première Guerre mondiale. Ses écrits pro-allemands lui valent une antipathie de plus en plus forte dans son pays. Il a dilapidé son héritage et vit de subsides versés par l’Ordo Templi Orientis. En 1920, Aleister Crowley loue une ferme à Cefalù en Sicile, qu’il nomme Thelema en référence à l’abbaye de Thélème de François Rabelais. Il y forme de nombreux disciples. En 1923, comme la veuve du disciple Raoul Loveday porte plainte contre lui, Crowley est chassé d’Italie par le gouvernement de Benito Mussolini. Le journal britannique John Bull le surnomme alors « l’homme le plus pervers du monde »1. Il fait régulièrement parler de lui par ses provocations. Il s’adonne à l’héroïne, et devient junkie. Crowley prend la succession de Theodor Reuss à la tête de l’Ordo Templi Orientis, lors de la conférence de Weida et forme des disciples parmi lesquels Karl Germer (en), Gerald Yorke (en) ou Israel Regardie. En 1929 à Berlin, il épouse brièvement la Nicaraguayenne Maria Teresa Ferrari de Miramar1.

Il revient au Royaume-Uni dans les années 1930 et y intente divers procès pour toucher de l’argent. Il poursuit un libraire qui a annoncé à tort la sortie d’un de ses livres (The Diary of a Drug Fiend), et l’éditeur du livre de Nina Hamnett Laughing Torso, dans lequel elle insinue qu’il a pratiqué la magie noire à Thelema. Ses amis ne témoignant pas en sa faveur, et les récits de ses pratiques sexuelles et magiques jouant en sa défaveur, il perd ses deux procès et est condamné à payer les frais de justice alors qu’il est ruiné1.

En 1936, il tombe amoureux de Greta Sequeira, une anthroposophe qui épouse un entrepreneur de Dundee. Par elle, il rencontre Lady Frieda Harris qui sera son exécutrice testamentaire. Ensemble, ils conçoivent un tarot (en) qu’elle illustre de ses aquarelles en 1942. Ce tarot divinatoire mélange diverses influences : magie occidentale, Golden Dawn, gnose, bouddhisme tantrique, chimie et freudisme. Crowley affirme que ce tarot est la suite du travail ésotérique d’Éliphas Lévi, dont il dit être la réincarnation (Lévi était mort l’année de sa naissance). Son Book of Thoth de 1944 est un commentaire des arcanes de ce jeu1.

Dans ses dernières années, Aleister Crowley demande à John Symonds (en) de travailler à sa biographie à partir de ses notes. Son dernier disciple est Kenneth Grant. Les deux hommes seront ses exécuteurs testamentaires pour l’aspect littéraire. Ils travaillent ensemble à la biographie/autobiographie de Crowley, intitulée Autohagiography1.

Installé dans une résidence hôtelière d’Hastings, Aleister Crowley meurt le d’une crise cardiaque liée à une bronchite chronique due à sa forte consommation de drogues. Il était ruiné (sa « fortune » au décès est estimée à 18 £dN 1). Il est incinéré à Brighton et ses cendres sont perdues1.

Crowley est aussi un hédoniste, il est religieux au sens où il est gnostique c’est à dire chercheur de connaissance spirituelle, il n’est pas chrétien mais il n’a rien d’un sataniste non plus. Il est un mage qui pratique la magie noire (il prétend le contraire mais tout ses amis témoignent contre lui sur ce point), la magie sexuelle, la magie du chaos qu’il a inventé et nettement moins des formes de magie plus curatives, protectrices ou liées aux sciences naturelles pour lesquelles il est peu doué et qui ne l’intéressent guère. Il est occultiste, ésotériste, médium et hermétiste, spiritualiste également. Il a cependant une compréhension très blanche de tout ça qu’il entremêle dans un sacré bazar avec des idées réincarnationnistes inspirés du bouddhisme qui l’influence mais qu’il comprend mal et de façon très blanche, de même pour la kabbale, le yoga, le tarot, l’astrologie et le druidisme.

Il a été un prolifique auteur de livres principalement sur des thèmes magiques au sens très large mais aussi beaucoup de textes philosophiques ou politiques, de pièces de théâtre et de poèmes. Ce qu’il reste de plus de son héritage c’est donc les 200 livres qu’il a écrit bon et ces disciples continuateurs de Thélème mais ils ont presque disparu de nos jours donc je ne sais pas trop si ça compte tant que cela.

Ce qui lui est reproché est avant tout sa sexualité ceci dit qui est la principale raison pour laquelle tout le monde en dehors des milieux plus ou moins intrigués par la magie, l’occultisme ou l’ésotérisme rejette le personnage et ses idées sans le lire. Cependant il est l’objet d’une légende noire il n’a jamais sacrifié des bébés pour ses rituels (des poulets noirs si par contre), il peut être questionné sur le consentement de ses partenaires vu que ses rituels de magie sexuelle incluaient de les droguer généralement néanmoins la question est complexe et les partenaires en question n’ont jamais fait de procès pour viol contre lui en même temps à l’époque ce n’était pas commun de le faire donc c’est peut être plus du fait d’une acceptation sociale généralisée du viol à l’époque que de respect du consentement de sa part mais la question est complexe et en vrai on en sait rien, c’était un gourou de secte mais il croyait vraiment à tout ce qu’il racontait à ses fidèles, après il mentait souvent, il s’est considérablement endetté et il s’est mis tout ses amis et beaucoup d’ancien(ne)s partenaires à dos donc ce n’était certainement pas un ange comme le dépeignent ses disciples qui en font une légende dorée non plus juste une personne comme une autre avec des défauts particulièrement nombreux mais aussi des côtés très intéressants de mon point de vue. Ses thèses ne me convainquent pas particulièrement étant souvent fondées sur bien peu de faits mais le personnage, sa vie et sa façon de voir le monde m’intrigue voilà tout. Il se prétendait adepte de toutes les débauches sexuelles et de tout les vices pédophilie incluse mais les preuves historiques qu’il ait eu d’autres déviances de la norme sexuelle que d’être androgyne bisexuel, être un obsédé du cul qui pensait bien souvent qu’à ça et de pratiquer la magie sexuelle en droguant ses partenaires sont inexistantes, ce n’est pas impossible mais il n’y a pas assez d’éléments pour pencher vers une certitude ou une incertitude de ce que Crowley a fait de plus sexuellement « déviant » que ce qui précède et les historiens connaissant l’amour de ce dernier pour la provocation facile pensent que ses méfaits sont très exagérés quoique probablement pourvus d’une part de vérité.

Sinon le genre littéraire de la science fiction qui s’est beaucoup interrogé sur le genre met en scène dès 1920 des personnages « non binaires » par exemple les extraterrestres ni homme ni femme rencontrés par un terrien dans le livre Voyage to Arcturus. Depuis les personnages de genre autre qu’homme ou femme ou dépourvus de genre en science fiction se sont considérablement multipliés la SF étant très riche même plus
largement en formes d’expérimentations sur le thème du genre très complexes et diverses. On a retrouvé des articles de magazines parlant de personnes s’identifiant comme du troisième sexe dès 1965.
Lors de la révolution antisexiste des années 1970 les militants du mouvements gays et les militantes féministes se réclamaient fréquemment être du troisième sexe. En 1979 une « féministe » cis transphobe lance la vague de la transphobie pseudo féministe en écrivant un bouquin où elle dit que les femmes trans sont une menace pour les droits des femmes cis, pour s’en défendre une femme trans du nom de Sandy Stone rédige un essai qui consitue la date de départ des études trans et du transféminisme dont le but de départ était de mettre fin à la transmisogynie des féministes cisgenres, cela reste leur but principal et cela reste tout sauf gagné.C’est à partir de l’invention psychiatrique du Gender Identity Disorder en 1980 (avant le Gender Trouble de Judith Butler qui n’y est nullement une réponse directe mais a clairement été influé dans sa conception et ses réflexions par l’existence entre autres choses de ce diagnostic stigmatisant les gens pas conformes aux normes de genre et qui est le livre de référence dont s’inspirent originellement les thèses des militants queer) et à cette époque de début du marketing
genré rose bleu et du genrage extrême des jouets et vêtements pour enfants que les normes de genre et leur binarité se sont pour la troisième fois considérablement rigidifiées et la psychiatrie en était cette fois  la cause devenue alors le principal pouvoir de définition du genre dans la société ce qu’il est resté jusqu’à Juin 2018 où il a perdu ce statut pour un retour à un genrage légèrement plus souple dicté par la médecine comme il le fut du XIXème siècle à la fin des années 1970. C’est à ce moment là 1980 que l’idée
que pour qu’une personne soit jugée véritablement trans elle devait être binaire, homme ou femme, conforme en tout points aux stéréotypes de son genre et forcément hétéro est née. Idées toutes venues de la vision du genre des psychiatres clairement figée dans se version cishétéro ultra conformiste bourge WASP des années 1950.
Dès les années 1990, en clair dès qu’Internet est devenu massivement accessible des groupes de gens se considérant comme non binaires se sont regroupés dessus sur des sites leur étant consacrés.
C’est là que reprenant les idées trans et queer ils ont inventé des termes comme genre neutre et non binaires pour désigner leurs identités même si troisième sexe était toujours utilisé et désignait alors indifféremment tout les trans binaires ou pas, avec des idées queer ou pas tandis que cette idée devenant de plus en plus associée
à l’idée de trans les cisgenre femme féministe ou LGB militants cessèrent de l’employer pour se désigner.
Mot de cisgenre d’ailleurs crée en 1995 par Carl Bujis un homme transexuel qui l’a inventé pour désigner les gens pas transgenres.

pangenre/bigenre/intergenre/genre fluide/agenre/neutrois/genre neutre/genderqueer sont des mots qui naissent sur l’Internet non binaire à partir de 1995 de ce que j’en ai compris et font que l’occident a un système avec non plus trois mais 11 genres depuis, qui se sont vites multipliés en des milliers d’autres moins connus suivant la politique queer prônée par Butler de niquer la binarité des genres pour détruire les genres en les multipliant sauf que si cela a en effet été leur politique depuis l’époque et continue
maintenant les effets en sont observables sur le long terme avec un recul historique de plus d’une génération et on constate : 1-Que cela a en effet assouplit la binarité de genre mais est loin d’y avoir mis un terme.

2-Que cela a en effet permis une plus grande acceptation des expressions de genre non conforme mais n’a pas mis fin à leur oppression.

3-Que cela n’a pas du tout détruit les genres mais ça tant mieux par contre de mon point de vue.

En clair cela a été une réforme qui a fait du bien à pas mal de personnes non binaires mais pas à toutes certaines ne s’y retrouvant vraiment pas politiquement et qui a eu de sérieux airs de goutte d’eau dans l’océan contre l’oppression des personnes non binaires.

L’Australie a permis d’assigné X c’est à dire neutre les enfants à la naissance depuis 2003 ce qui était une revendication des mouvements non binaires prônant toujours dans une perspective queer une éducation de genre neutre dès la naissance. On sait ce que ça a
donné vu qu’une génération d’adultes l’ayant fait avant que cela soit légal et pas mal d’ados élevés ainsi  y existent aujourd’hui, la plupart étant devenus des femmes « cis » qui auraient souhaité avoir une éducation mixte mais au féminisme un peu plus traditionnel même si très engagée dans des causes antisexistes et ont eu des souffrances psychiques types dépression, troubles anxieux ou PTSD à cause de la violence subie du fait
de leur naissance particulière ce qui est la cause de leur refus de donner une éducation similaire à leurs propres enfants. Il est à noter néanmoins qu’elles sont généralement d’actives défenseures des droits des gens se revendiquant volontairement comme non binaires le plus souvent et qu’une part conséquente d’entre ces enfants est resté neutre en grandissant…et une forte part s’est radicalisé dans une vision ultra binaire
type extrême droite religieuse et masculinisme du genre à l’âge adulte. Du fait du même type de souffrances subies le plus souvent, fait surtout observé chez ceux de ces enfants devenus hommes une fois grands souvent aussi devenus mascus. Je pense
qu’une dose de pragmatisme est nécessaire quand on élève un enfant on ne peut pas le faire qu’avec son idéologie en tête. Ceci dit ça vaut encore plus pour les conservateurs et les gens normativistes du genre qui ont eux aussi de sérieux problèmes pour assurer le bien être de leurs gosses même si forcément en les élevant dans des genres dont l’existence est unanimement acceptée c’est plus aisé d’assurer leur bien être. Dans
le début des années 2010 les non binaires ont lutté pour être reconnus comme des personnes trans par la communauté trans binaire, ont fait leur histoire, se sont trouvé des figures modèles identificatoires dans le passé historique, les célébrités contemporaines et la fiction, ont réussi à prouver qu’iels étaient des
dizaines de milliers en Occident et lancé pleins de blogs et de chaines Youtube sur la non binarité pour témoigner de leur propre expérience. Et surtout essayé de démontrer leur existence aux Etats occidentaux hors Australie pour leur arracher une reconnaissance légale…sans succès pour l’instant malgré des campagnes en ce sens lors de périodes électorales. Les non binaires ont aussi commencé à s’organiser autour de
magazines publiés régulièrement autour de leurs identités il y a environ trois ans. L’année dernière de grandes campagnes médiatiques de sensibilisation a la non binarité qui ont porté leurs fruits ont eu lieu.
On a aussi vu le début d’interrogations de la part des corps de métiers occidentaux sur leur capacité d’inclusion des personnes non binaires surtout dans le domaine des métiers liés aux nouvelles technologies et un début des études sur les non binaires à l’université. Cependant malgré toutes ces avancées la principale lutte des non binaires demeure de faire en sorte que les autres comprennent qu’iels existent.
Et très franchement pour ça la théorie queer est plus un recul qu’une avancée en l’état actuel des choses elle est complétement réactionnaire. Sa seule proposition était de multiplier les genres, c’est fait, ça n’a pas changé grand chose. De détruire le genre aussi individuellement c’est testé et prouvé dangereux et de l’ordre de la maltraitance d’enfants. Collectivement ça exigerait qu’un groupe de gens soit massivement
constitué de personnes considérant le genre comme oppressant et souhaitant qu’il cesse d’exister. Sachant que parmi les non binaires seuls les militants pensent cela ce qui fait l’équivalent de quelques centaines de personnes c’est pas gagné gagné. Résultat la politique la plus cohérente et la plus suivie par les non binaires c’est de se considérer comme des trans de nos jours et de lutter dans le cadre de luttes collectives
avec des trans « binaires » pour se visibiliser et demander l’arrêt de la psychiatrisation des trans binaires et la reconnaissance légale de l’existence des trans non binaires qui de toutes les façons subissent eux aussi des psychiatrisations forcées et luttent contre également. Comme tout les gens hors norme d’orientation sexuelle, romantique ou de
genre d’ailleurs environ un tiers des atypies sont toujours des pathologisations de ces identités et un grand mouvement de dépathologisation de ces dernières toutes ensembles qui leurs soient communes tout en adressant les besoins spécifiques de chacune parait être la solution à ce problème et depuis quelques années
c’est ce dont les MOGAI (Marginalized Orientations and Gender identities And Intersex= Orientations et identités de genres marginales et intersexe) se font les avocats, terme inventé pour éviter l’enchainement de tout l’alphabet dans le LGBT+ qui devient un acronyme parfaitement illisible…sauf que personne ne va vouloir se définir comme un Gremlins (Mogwai) donc le terme n’est vraiment pas approprié d’où son insuccès populaire, ça et le fait que comme GSRM (Gender, Sexual and Romantic Minorities = Minorités romantiques, sexuels et de genre), qui veut dire la même chose c’est encore un acronyme à la con dans les deux cas en anglais en plus. Franchement à ce stade autant sauter le pas et faire directement du militantisme antivalidiste pour toutes les atypies moi je dis hein, hélas c’est pas gagné du tout la plupart des non binaires étant validistes des autres atypies. De toutes les façons toutes ces différences par rapport à la norme de genre et de sexualité font que les gens qui les vivent subissent une oppression car ces identités ont été considérées et conceptualisées comme des pathologies mentales à la base et pour la majorité de ces identités la principale voie  d’avancée en termes de droits de nos jours c’est la dépathologisation, donc vu que c’est aussi l’horizon principal pour les autres atypiques il semble nécessaires d’avancer ensemble vers celui ci CQFD…sauf que par politique de la respectabilité ces gens ne veulent pas se lier à d’autres atypiques moins bien vus qu’eux en un combat commun d’où que l’antivalidisme patine beaucoup aujourd’hui hélas. Surtout que la lutte contre les préjugés à l’égard des malades du SIDA est aussi un des axes centraux de ce genre de mouvements politiques à l’heure actuelle et a beaucoup à voir avec l’antivalidisme elle aussi, tout comme celle contre les préjugés à l’égard des personnes qui font du travail du sexe. En clair si au lieu de mettre des millions de lettres à la suite on assumait une lutte commune de dépathologisation de la société résumable par le mot antivalidisme moi ça m’irait très bien et la plupart des gens vraiment dans la merde parce que leur orientation sexuelle ou romantique, leur identité de genre et/ou leurs parties génitales ne rentrent pas du tout dans le moule dominant aussi je crois vu qu’ils sont quand même ultra majoritaire à être atypiques aussi sur d’autres plans, type dépression par exemple, de toutes les façons et sans doute beaucoup à en avoir marre de voir des valides bourges parmi les plus privilégiés qui soient leur expliquer comment mener leurs luttes à tout bout de champ.

D’ailleurs pour parler des réalités plus concrètes des personnes trans prolos de nos jours autant parler directement du métier qui est le leur le plus souvent j’ai nommé la prostitution et les autres formes de travail du sexe et de l’histoire de la lutte des personnes qui l’exerce pour leur droit à la survie car c’est cela le quotidien de la plupart des trans prolos en Occident encore maintenant avant toute chose.

Mais avant de terminer cet article sur ce sujet précis il me reste une identité déjà évoquée androgyne à analyser dans la culture occidentale, la figure de l’ange. Je le rapelle malgré les nombreux débats stériles que ça a engendré c’est de nos jours une certitude largement démontrée les anges sont dépourvus de sexe et de genre et androgynes dans leur conception par les monothéismes antiques et médiévaux. C’est à la Renaissance que des représentations d’ange femmes ou enfants en bas âge, commencent à être faites artistiquement en Europe. L’ange est la figure d’androgynie la plus commune qui soit dans l’art occidental de toutes les époques. On l’a d’ailleurs vu qu’un enfant n’a pas de genre ni de sexe à la naissance et les obtient en assumant un rôle social en grandissant était jusqu’au XIXème siècle une évidence pour les Occidentaux comme pour toutes les autres régions du monde d’où l’idée que l’enfant pas encore en âge d’avoir une relation romantique ou sexuel (âge très variable d’une époque à une autre) participe de la nature des anges même si cela était perçu factuellement à la base et n’a acquis son aspect d’idée qu’ils sont d’une pureté sacrée et inviolable qu’à l’époque victorienne. On l’a vu au XVIIème siècle l’androgyne associé à cette figure angélique devient un idéal de beauté et d’élégance très populaire. Et il le reste en réalité jusqu’à une période assez récente. Il l’est toujours dans les années 1920 quand nait une nouvelle mode masculin féminin volontairement androgyne plus moderne mais qui continue de viser une androgynie de type angélique comme son idéal de beauté et d’élégance. Dans les années 1930 cela se dit de garçons manqués ou de femmes adultes androgynes dont il est dit qu’elles ne sont ni hommes ni femmes mais des anges, des archanges car tel est l’idéal qu’elles visent le plus souvent. Cet idéal s’oublie un peu avec la Seconde Guerre Mondiale qui rigidifie la binarité de genre mais revient en force sous des formes plus multiples que jamais dans les années 1970.

Dans les années 1970 des sectes comme celle basée sur le principe des enfants indigos vont réaffirmer un idéal androgyne censé selon leurs adeptes avoir une nature angélique. D’autres sectes basées sur l’idée d’une hybridation entre extraterrestres et humains qui donnerait des enfants androgynes aux airs angéliques font de même. Les personnes de mangas et animés japonais aux traits souvent androgynes et angéliques selon une perception occidentale de ces derniers se popularisent grandement dans la jeunesse d’Occident. Les chrétiens se mettent de nouveau à valoriser clairement l’androgynie angélique. Beaucoup de célébrités et de mannequins tentent d’incarner cet idéal d’androgynie angélique. La mode de l’époque épousant le souhait d’une génération élevée dans des normes de genre rigides à l’extrême de s’en émanciper est inspirée de cette androgynie angélique également au point que certains mouvement très contestataire comme les punks ont en leur sein quelques personnes que cet idéal de beauté et d’élégance androgyne angélique inspire aussi dans leurs looks, on voit les premiers débats populaires soulignant les similarités entre la figure monosthéiste de l’ange et celle polythéiste grecque de l’hermaphrodite paraitrent, beaucoup de courants musicaux de l’époque le glam rock notamment vont aussi trouver dans l’androgynie angélique une inspiration directe de leurs looks ce qui d’ailleurs se retrouvait dans l’esthétique de l’époque dans toutes les formes d’arts et surtout les arts visuels, et aussi l’ange androgyne était alors une figure stéréotype très populaire en littérature érotique et point culminant de cette passion des années 1970 pour l’androgynie angélique l’affection d’alors des parents pour les noms mixtes le plus souvent donnés dans l’idée d’être des noms qui ont cette connotation angélique. Cependant dès cette époque beaucoup trouvaient que l’ange était une figure trop niaise et y rajoutaient un côté vampirique et depuis on le sait l’ange androgyne s’est beaucoup ringardisé et cet idéal de beauté c’est surtout reporté sur la figure du vampire à partir des années 1980 où clairement les seuls à continuer de tenir à mettre en avant l’idéal d’androgynie angélique sont les gens très religieux. Du moins jusqu’à la décennie où nous sommes où avec la nouvelle tendance du monde artistique à de nouveau se tourner vers des modèles aux airs androgynes comme muses l’idéal de beauté et d’élégance de l’androgynie angélique se trouve de nouveau valorisé. Cependant, vampires et extraterrestres comme types de la personne androgyne ont gardé nettement plus la côte partout même en milieu artistique. Pourquoi? Bon déjà il faut bien voir que l’extraterrestre c’est un alien, un autre, et que l’Occident à une facheuse tendance à classer comme androgyne et limite un peu extraterrestre toute personne issue d’une culture autre que la sienne ou même de sa propre culture dans des temps plus anciens ayant des normes de genre qui ne sont plus les siennes par racisme mais le parallèle ne s’arrête pas là. Les personnes androgynes y ont toujours été vues comme venant d’un autre monde, anges ou démons ou autres êtres fantastiques les représentant nettement plus souvent que des humains dans la fiction occidentale et ce bien avant même l’essor de la SF. SF qui en réalité contient quelques pionniers et pionnières qui s’essaient à des expérimentations sur le genre de leurs personnages dès même les années 1910 quand ces personnages sont des aliens, souvent reflets d’un genre proche de celui que l’auteur ressent mais ne peut pas se permettre vu les normes sociales rigides d’alors d’extérieuriser publiquement ailleurs qu’en ce type de personnage fictif. Expérimentations qui s’étendent à tout types de personnages humains compris dès la SF des années 1920. Dans les années 1930 elles se raréfient cependant vu la rigidification des normes de genre s’opérant alors. Dans les années 1940, la SF et l’alien au genre ambigu sortent du domaine purement littéraire pour entrer dans celui des légendes urbaines avec l’accident de Roswell et la fameuse autopsie de cadavres supposés d’aliens de type Petit Gris qui se seraient crashés de leur vaisseau spatial et dont le gouvernement américain tairait l’existence. Alien dont l’androgynie évidente et l’apparente absence de parties génitales, de sexe et de genre défraie la chronique et reste une caracéristique fréquente dans la plupart des représentations populaires d’aliens depuis. Clairement dans les années 1940 ce genre d’aliens font peur et la culture occidentale chrétienne pour qui contrairement aux anges avec leur grosse tête grise et leur petit corps et leurs gros yeux en amandes noirs font très peur les assimilent à des démons. C’est à dire à une andrognie jugée laide et inélégante et opposé complet de l’androgynie angélique. Les années 1950 seront celles qui ancreront par le cinéma la peur de ce type d’androgynie alien là. Dans les années 1960 cela resta l’androgynie alien de SF à la beauté valorisée façon Vulcain de Star Trek étant beaucoup plus proche d’un idéal de beauté elfique et d’ailleurs très inspiré de Tolkien de façon explicite, que d’un idéal de beauté angélique ou d’un repoussoir alien type Petit Gris. Dans les années 1970 c’est David Bowie qui part ses personnages d’extraterrestres androgynes sympathiques et originaux popularise la figure de l’alien androgyne à la beauté et à l’élégance valorisées. On l’a vu certaines sectes ont repris l’idée pour essayer de convaincre des parents d’enfants atypiques androgynes que leurs mioches étaient les sauveurs de l’humanité du troisième millénaire. C’est surtout la SF des années 1980 qui a ancré la figure de l’alien androgyne dans la tête de plein de gens beaucoup d’auteurs de l’époque s’étant inspirés des aliens incarnés par David Bowie pour leurs propres personnages d’extraterrestres dans tout les arts et surtout au cinéma populaire de série B qui ancra définitivement l’extraterrestre androgyne dans les représentations populaires. Et bien sur le succès énorme d’un film de série A comme Alien auprès de toute une génération (le film date de 1979 mais est resté une référence dans les années 1980) qui est quand même connu pour son ambiance androgyne assez forte de sa protagoniste mais aussi et surtout de l’alien va énormément marquer les mémoires. D’ailleurs c’est dans les années 1980 que tout les gens un peu hors normes en clair atypiques et/ou LGBTetc…surtout lorsque ce sont des gens androgynes commencent à se faire traiter d’aliens très régulièrement au point que beaucoup d’entre eux se mettent surtout chez les passionés de SF mais pas que à revendiquer ironiquement le terme et s’assumer en disant des choses genre « je suis un extraterrestre » ou « je suis un alien ». Comme on le fait encore souvent maintenant, moi la première d’ailleurs. C’est d’autant plus flatteur que l’alien est devenu alors un personnage sorti du seul domaine de la SF pour entrer beaucoup dans celui du fantastique et de l’horreur en clair il a rejoint la galerie des montres qui font peur aux valides cishét bien normés en terme de genre et cela plait à pas mal de personnes hors normes.  Les séries télévisées des années 1990 resteront sur ce modèle tout en popularisant aussi celui de l’androide androgyne également qui depuis est d’ailleurs devenu plus la référence que l’alien pour ce type d’androgynie là. Cependant si dans les années 2000 début 2010 la conception d’androides androgynes et au genre inexistant était la règle cela l’est de moins en moins de nos jours où ceux ci ayant gagné beaucoup en « réalisme » la majorité écrasante des androides actuels sont genrés de façon le plus souvent extrêmement féminine par des concepteurs le plus souvent hommes hétérosexuels donc si le cliché du robot androgyne reste dans les mémoires de ce fait il se perd de plus en plus et beaucoup de gens ont de nos jours en tête en premier quand on leur dit robot une figure féminine désormais. Sophia par exemple. Cependant une robot peut être féminine à l’extrême ça n’empêche jamais les gens de la critiquer comme une féminité étant trop « artificielle » ou « fausse » ou « exagérée »…d’une manière particulièrement réminiscente de commentaires transmisogynes sur les femmes trans et leur féminité toujours jugée trop androgyne dans les deux cas même en étant plus Girly que Barbie elle même. Dans tout les cas au fond l’idée reste la même, atypiques, LGBT etc…, aliens, robots qu’importe dans la tête des gens « normaux » c’est résumable à « monstre » et ce de l’antiquité grecque jusqu’à maintenant. L’androgynie cependant n’est devenu un trait objet de satire et de mépris et central dans la définition du monstre qu’à la Renaissance et en lien direct avec la chasse aux sorcières. Cependant on l’a vu l’androgynie de type angélique est valorisée donc être androgyne ne suffit pas pour avoir aux yeux de notre société des airs de monstre, pour cela il faut une forme d’androgynie repoussoir qui fait peur aux gens ordinaires, cependant cela est devenu valorisé dans certaines modes alternatives depuis les années 1990 où se donner un look volontairement monstrueux est devenu cool mais cela reste relativement marginal. On l’a vu les trois autres types d’androgynies populaires liées à ces modèles sont celle d’une beauté androgyne elfique, vulcaine ou vampirique. Bon si on met de côté la beauté vulcaine androgyne qui n’est guère imitée que par les fans hardcores de Star Trek même si perso je l’aime beaucoup ça nous laisse la beauté androgyne elfique et la beauté androgyne vampirique comme formes d’androgynies populaires marginales contemporaines ayant remplacé l’androgynie angélique en tant que modèle d’androgynie de référence (private joke : j’en connais un à qui ça va plaire encore ça). Dans le temps les elfes n’étaient guères jugés androgynes c’est comme les fées à la Renaissance les normes humaines de genre changent et celles des fées et des elfes restées identiques se mettent à paraitre androgynes aux humains. Cependant les elfes intéressent peu de gens jusqu’à leur repopularisation dans les oeuvres de Tolkien qui se met à passionner rapidement et offrir une culture rêvée à certaines personnes pas dans le moule de la société s’y identifiant pas mal dont les premiers otherkins (gens d’apparence humaine mais ne se considérant pas tels et souhaitant à travers leur mouvement politique être acceptés dans leur part d’identification non humaine assumée) était surtout des gens se considérant comme fées ou elfes et plus la popularité du Seigneur des Anneaux est allée croissante plus ceux s’identifiant comme elfes ont prédominé. Les JDR des années 1980 type Donjons et Dragons très inspirés de ce genre de littérature fantasy à fort héritage de Tolkien et de sa version des elfes ont eux aussi beaucoup contribué à la popularité des elfes pourtant cette identification reste marginale dans les années 1980 et le lien entre elfe et androgynie si il demeure n’est alors pas automatique encore dans les représentations populaires. De fait ce qui a vraiment ancré définitivement dans le crane des gens l’idée que androgyne = elfe c’est la représentation de Legolas dans les films du Seigneur des anneaux et depuis c’est devenu commun que dans la tête de pas mal de gens androgyne = look d’elfe et certains le revendiquent d’ailleurs même si c’est assez peu commun et ç’est plus aisément une insulte qu’une revendication encore maintenant. L’androgynie vampirique enfin elle est d’invention bien plus récente, le vampire a une très longue histoire qui remonte à l’aube de l’humanité mais c’est dans la littérature de la fin du XIXème siècle qu’il devient androgyne à l’imitation du plus célèbre des vampires, le Dracula de Bram Stoker, le cinéma des années 1920 reprenant ce modèle pour le Nosferatu de Murnau, dans les deux cas il s’agit d’un vampire à l’androgynie repoussoir et laide, d’un monstre qui fait peur pas que l’on souhaite imiter. Bien sur cela lança dès les années 1930 la mode du vampire dans les arts et celle du thème de la lesbienne vampire à l’imitation de Carmilla de Sheridan Le Fanu qui se popularise alors notamment, le vampire étant depuis toujours une figure à forte composante sexuelle et lié à toutes sortes de sexualités jugées hors normes. La mode du vampire ne s’arrête pas dans les décennies suivantes mais le vampire y reste avant tout une figure repoussoir et horrifique. C’est dans les années 1960 que le vampire toujours horrifique et monstrueux avant tout prend un aspect androgyne et que l’on trouve les premières histoires de vampires hermaphrodites d’ailleurs. Exactement comme l’ange androgyne, le vampire androgyne connait une explosion de popularité dans les années 1970. Dans les années 1970 l’ange reste de loin plus populaire que le vampire comme figure androgyne cependant et ce sont des cercles plutôt marginaux qui prennent l’androgynie vampirique pour modèle esthétique, celui des lesbiennes fans de lesbiennes vampires et tentant de les imiter notamment, le milieu proto-gothique naissant qui assume un look androgyne et se fait influencer par le tas de vampires androgynes qui existent dans les arts des années 1970 et tente parmi bien d’autres contre cultures d’alors de s’en inspirer musicalement et culturellement d’autant que comme le vampire tel qu’il est réinventé alors ce genre de milieu prone une grande liberté d’orientation sexuelle et est majoritairement fréquenté par des gens bisexuels et bien sur et surtout en fait l’origine de tout cela à savoir la réinvention extrêmement influente du vampire par Anne Rice. C’est elle qui a inventé le vampire à l’éternelle mélancolie, très fréquemment trouvé en contexte homoérotique et tout à fait androgyne. Le vampire des années 1980 restera sur ce modèle tout en y ajoutant une part de solitude, de romantisme, d’expérimentations très variées sur la romance, la sexualité et l’identité de genre parmi les thèmes centraux souvent retrouvés dans les médias vampiriques des années 1980 mais d’une façon très différente et beaucoup moins compatible avec l’esprit bourgeois conformiste que la version du mouvement queer de questionnement autour de ces idées là, en effet le sadomasochisme très courant dans les histoires vampiriques est resté trop « monstrueux » bref trop atypique pour la plupart des gens des mouvements LGBT etc…pour qu’ils aillent chercher dans les histoires de vampires de quoi contribuer à leurs réflexions sur ces sujets. En fait comme l’ont déjà constaté les rares étudiants en études de genre à avoir tenté des thèses sur les questions de genre, de sexualité et de romance dans les genres SFFF le validisme des milieux LGBT etc… les empêchent quasiment tout le temps de comprendre ce genre d’univers véritablement auxquels ils sont proprement hermétiques et c’est très dommage car pas difficile de voir que ces univers proposent sur ces thèmes des réflexions extrêmement denses, riches et variés, trop en fait pour que des validistes puissent les comprendre. Aussi puisqu’on parle de communauté pas très valide compatible, la contreculture vampire c’est pas mal non plus dans le genre, dans ces communautés on transmet oralement l’histoire d’une contre culture vampire qui existerait depuis le XIXème siècle mais on en trouve de traces historiques démontrables qu’à partir des années 1970 par écrit encore dans les années 1970 elles sont très faibles et c’est surtout dans les années 1980 qu’on voit cette communauté commencé à établir les codes qu’elles suit toujours depuis. C’est une contre culture nommée alors le vampirisme qui se forme à partir de correspondance entre elles de personnes se déclarant vampires et de magazines leur étant dédiés. Dans les années 1990 cette communauté à commencé à se retrouver surtout sur Internet comme elle le fait encore maintenant. Dans la culture populaire plus généralement l’androgyne vampire est devenu la figure d’androgyne la plus populaire dans les années 1980  et l’est resté dans les années 1990. La gêne qu’éprouvent les queers face aux androgynes vampiriques et a tout un tas de pratiques qu’ils leur associe et toute bourgeoise et vient aussi il faut bien le dire du fait que le queer reste un idéal très normatif en terme de « réalisme », genre, de sexualité et d’amour quoi qu’en prétendent ses adeptes, un monde où la contre culture BDSM, les contre cultures sexuelles fétichistes et tout ce qui reste classé dans les diagnostics psychiatriques et a un composant lié au genre, au sexe ou à l’amour fait toujours « mauvais genre » et tout particulièrement le sadisme, la communauté BDSM en général étant la plus critique de toutes envers l’aspect conformiste à l’extrême du mouvement queer et j’avoue que ça fait partie de ce que j’y apprécie grandement. Dans le début du XXIème siècle le vampire a été objet d’une telle fascination sur internet que le contenu artistique et culturel autour de ce dernier a évolué, il est devenu le premier être représenté fictivement plus fréquemment représenté dans des oeuvres « amateures » que professionnelles et a été celui qui a débuté le brouillage qui s’intensifie toujours plus depuis 20 ans entre le monde des fans amateurs et celui des pro. Résultats, fanfictions, fanarts, fanvids etc…le vampire dans tout ses états se recrée de nos jours sous des millions de formes par ses fans, pour ses fans redevenant ainsi un être dont les histoires échappent presque complètement au mode de production artistique bourgeois capitaliste traditionnel. Autrement dit absolument tout le monde peut trouver une histoire de vampire à son goût et qui lui ressemble surtout parmi les gens les plus marginalisés de notre société. Et énormément de gens se considérant comme androgynes et qui sont prolos voient en ce type d’histoires un bol d’air frais et en sont très fans s’y retrouvant beaucoup. Dont des personnes pas banales qui ont formé les règles des communautés de vampires des années 2000, cette contre culture de gens pensant être nés vampires et avoir besoin de boire le sang ou d’absorber l’énergie émotionnelle d’autrui pour survivre et s’en donnant entre eux de façon mutuelle et consentie. La plupart des gens de cette contre culture vampire proviennent d’une version radicalisée et extrême du mouvement gothique mais certains n’ont aucune affinité avec le gothique mais se revendiquent vampires donc les deux contre cultures ont de forts liens mais ne se recoupent pas entièrement. Dans la culture populaire de masse du XXIème siècle et ce de Twilight à nos jours la seule chose vraiment divergente par rapport au vampire des années précédentes c’est que l’idée que le vampire doit être beau et séduisant est devenu un prérequis absolu et la littérature vampirique s’est retrouvé à passionner surtout les jeunes adolescentes en fleur (bon d’accord avec Anne Rice c’était déjà le cas donc ça fait des décennies en fait mais avant ce genre vampirique était un style parmi d’autres maitenant c’est vraiment devenu le cas d’une majorité des arts sur le thème du vampire, personnellement ça me saoule mais bon c’est comme ça). Donc je reviens à la fameuse contre culture vampire certains qui prennent du sang et de l’énergie émotionnelle se font nommer hybrides, et ceux qui prennent l’énergie émotionnelle d’autrui s’identifient comme des vampires psychiques, voilà c’est ça un vampire psychique merci, c’est une contre culture pas une atypie, certains atypiques se revendiquent tels mais pas tous et aucune atypie existante n’a une majorité des gens qui l’ont qui se définissent ainsi. Donc vos idées validisistes comme quoi les gens avec l’atypie X ou Y sont des vampires psychiques balancez les par la fenêtre par pitié. Il existe aussi une communauté plus large de vampires par style de vie qui s’habillent en gothique vampirique et mettent leurs demeures à leur goût en tant que grands fans de vampires avec des choses sympathiques comme par exemple le fait de vraiment dormir dans des cerceuils mais qui ne se considèrent pas comme des vampires là où ceux qui font pareil mais se disent vampires réels le font aussi mais se considèrent véritablement comme étant des vampires. L’hostilité entre les vampires par style de vie et les vampires dits réels est assez forte mais en même temps l’entremêlement de ces deux communautés l’est également.Enfin les vampires sont une contre culture qui inclut aussi dans sa version la moins extrême les gens qui font du JDR en jouant des rôles de vampires dans des jeux comme Vampire La Mascarade par exemple, ceci dit je l’ai déjà fait avec plein de gens qui étaient très geeks mais ne connaissait pas plus que moi les vampires par styles de vie et encore moins les vampires dits réels à l’époque donc je suppose que bien peu de rôlistes s’identifient pleinement à la contre culture vampire et s’en revendique mais apparemment il y en a qui le font. La contre culture vampire est partagée par des gens ayant des gouts musicaux proches le plus souvent Rock Gothique, Métal Gothique et musique Darkwave, leur chansons favorites contiennent presque toutes un des trois thèmes suivants : les vampires, le sang ou la mort. Les membres de la contre culture vampire sont d’après leurs propres sondages dont ils sont fiers tous atypiques (donc pas valides), quasiment tous sont ou ont été en dépression, ont vécu des attaques de paniques, sont bipolaires et ont un trouble de l’attention, une majorité d’entre eux ont un PTSD (environ 60%), une bonne moitié ont des Tocs, des insomnies et de l’anxiété sociale, un bon tiers ont un problème terreur nocturne, un cinquième d’entre eux sont schizo ou ont plusieurs personnalités (ce qui sont deux choses totalement différentes l’une de l’autre), un dixième sont schizotypiques, anorexiques, autistes et/ou codépendant et quelques uns sont amnésiques, atteints de démence, dépersonnalisés, kleptomanes ou atteint du syndrome de la Tourette et une bonne moitié ont dit avoir eu des diagnostics psychiatriques pas présent dans le questionnaire qui ne comptait que ces derniers. C’est donc clairement une contreculture psychoatypique et neuroatypique fièrement assumée et revendiquée et qui fait très peur aux psys en tout genres. Aussi on l’a vu une contre culture des plus sexuellement libres qui soit et ou l’androgynie est la norme et le fait de n’être ni homme ni femme plutôt commun. Ils nomment le fait de se rendre compte d’être un vampire leur « réveil » quand ils se considèrent comme de vrais vampires. La plupart des dits vrais vampires sont pâles et très sensibles à la lumière mais pensent que ce n’est pas un aspect obligé d’être un vampire mais la conséquence de leurs problèmes de santé. Aussi la plupart des gens de la contre culture vampire aiment porter des dents de vampires, ce n’est pas tellement le cas des rôlistes mais les vampires par style de vie en portent régulièrement et partout, tandis que les gens se pensant de véritables vampires eux font de même en général (même si pas tous) principalement chez eux et dans le cadre de communautés de vampires mais font tout pour cacher leurs dents et leur identité de vampire auprès des gens n’appartenant pas à ces communautés qu’ils nomment les humains. Les vampires n’aiment pas les médias qui les caricaturent sans cesse et témoignent très peu de leur vampirisme de peur d’être repérés en tant que vampires par leurs collègues et leurs familles qui le plus souvent ignorent leur participation à cette contre culture. Les vampires ce sont des gens qui généralement n’aiment pas le nom que leurs parents leur ont donné et préfèrent être appelés par leur nom qu’ils se sont choisis dans leur contre culture vampirique et n’utilisent qu’en ces cercles sociaux auquel ils s’identifient davantage. Les dits vampires réels contrairement aux vampires de style de vie et aux rôlistes vampires qui sont vampires par choix pensent ne pas avoir choisit leur condition vampirique. Les vampires ont crée leur propre contre culture avec ses propres lieux underground mais si Internet est devenu de loin leur lieu de socialisation principal ils continuent d’échanger entre eux une large correspondance et de lire régulièrement des magazines crées pour leur contre culture également. On trouve des gens de contre culture vampire dans tout les pays du monde mais les trois villes qui en concentre le plus sont Manhattan, New Orleans et Londres. Ces villes sont populaires auprès des gens de contre culture vampire car quelques fois par ans y sont organisés les plus grands événements communautaires de cette contre culture, des bals des vampires et des « noir havens » où ils vont pour socialiser entre vampires habillés en vampires avec leurs dents pointues assumées au grand jour en dansant sur de la musique crée par des groupes vampires (qui existent et sont fort nombreux et dont certains font de mon point de vue du son qui tue). Une fois par mois certains membres de ces communautés, surtout ceux dits vrais vampires qui ressentent ce besoin nettement plus que les vampires rôlistes ou de styles de vie que les bals des vampires et les noirs havens annuels contentent amplement en règle générale, se recroisent dans des covens de vampires ou des vampires houses qui sont le plus souvent  des groupes affinitaires de jeunes qui se disent vrais vampires et qui leur servent de groupes de soutien mutuel, de ce que j’ai compris la différence est que les covens de vampire sont des lieux fixes et publics alors que les vampire houses sont des maisons individuelles ou se rejoint le groupe affinitaire de vampires en question, le plus souvent car ils vivent relativement près les uns des autres, parfois ce sont aussi des vampire houses au sens littéral de maison où tout les habitants sont de cette contre culture vampire, les cours de vampires sont des réunions mensuelles moins aisément trouvables de membres de la contre culture vampire qui se réunissent entre eux pour socialiser, interagir et surtout apprendre avec un aspect étendre sa culture vampirique de ce que j’en ai compris, et enfin ceux qui éprouvent le besoin de socialiser entre eux le plus régulièrement vont hebdomadairement (voir tout les jours pour certains d’entre eux) dans des boites de nuits « vampires » dédiées à leur contre culture discrète mais très active. Certains vampires se disent appartenir à des clans aux nombres de trois, le temple du vampire, et deux autres clans de vampires se considérant eux aussi comme des ordres de vampires ce qui n’est pas le cas du temple du vampire, l’Ordo Strigoi Vii et l’Ordre du Dragon Noir. Initialement le temple du vampire était le seul à exister, les autres ont proliféré depuis les années 1990. Initialement cette contre culture est née d’un fan club de Dracula dont le créateur recevait des lettres de gens s’identifiant comme de véritables vampires et qui est donc devenu un club de recherche sur le vampirisme réel entre 1970 et 1971, en 1972 ils ont crée une vampire hotline prenant régulièrement des appels de gens s’identifiant comme des vampires mais la plupart des appels qu’ils ont reçus étaient des farçes quoi que pas tous, ils ont dès lors crée une correspondance et des magazines à l’intention des quelques « vrais vampires » repérés par les lettres et les appels, ces correspondances et magazines ont atteint un grand succès fin des années 1980, date à laquelle le Temple du vampire est devenu un organisme religieux reconnu par les Etats Unis même si de quelle religion allez donc savoir. Depuis les années 1990 ils vont même jusqu’à faire des publicités de type « les vampires sont réels rejoignez nous » pour leur propre organisation dans des magazines généralistes. Ils disent qu’avant que ça existe les gens s’identifiant comme des dits vrais vampires expliquent qu’ils se rendaient chaque fois qu’ils le pouvaient aux conventions et événements pour fans de vampires culturellement et artistiquement, en milieu BDSM, en milieu fétichiste espérant y trouver des gens avec des fétiches sexuels liés au sang et dans les communautés de gens se scarifiant espérant y trouver des gens qui leur donnerait du sang ou de l’énergie émotionnelle de façon volontaire. C’est clairement plus ou moins devenu une secte qui prétend remonter à la nuit des temps depuis les années fin 1980 fabriquée par des membres de l’Eglise de Satan de Lavey s’en étant dissociés et se prétendant dépositaires de « la seule vraie religion vampire ». Cependant devenue très commerciale très rapidement cette organisation est rejetée depuis les années 1990 par la plupart des membres de cette contre culture même si certains y sont restés fidèles. La plupart des ordres en question sont des sectes encore moins populaires parmi les gens de contre culture vampire. En vrai les trois quart des vampires depuis les années 1990 n’appartiennent à aucune secte et sont indépendants. Selon leur propre sondage ils ont pour la plupart d’entre eux besoin de lunettes de soleil le jour quelque soit la saison, les grands froids et grandes chaleurs les insupportent et ils ont facilement des migraines chroniques et fatigues chroniques (donc c’est aussi une contre culture physioatypique) voilà je ne sais rien de plus dessus mais ça vous donne une idée de ce que c’est.

source : principalement http://haenfler.sites.grinnell.edu/subcultures-and-scenes/vampire-subculture/+expérience personnelle d’avoir croisé des gens de contre culture vampire sur le web

Temple of the Vampire

The Truth About Real Vampires Today

Enfin pour terminer cet article il me semble essentiel de parler du métier qui est celui qu’exerce la plupart des personnes dont j’ai parlé tout au long de cet article quand elles en ont un, le travail du sexe c’est à dire la prostitution et tout ce qui y est plus ou moins lié comme les métiers de la pornographie, le téléphone rose etc…métier très vieux comme chacun le sait dans la plupart des endroits de l’Europe même si il a été inventé plus tardivement dans certains endroits (comme Spartes) que dans d’autres et dans lequel fort longtemps les gens qui l’exerçaient, venus du fond de la société et méprisés étaient mal payés, régulièrement prohibés, interdits, menacés voir tués et du coup leur principal but et revendication politique était la survie tout simplement et c’était pour cela qu’ils se battaient. Cependant il y a eu de longues périodes notamment au Moyen Age en France d’acceptation de ce métier comme d’un mal nécessaire relativement toléré même si considéré comme mauvais. Le regard offensé et moraliste sur la prostitution dans notre pays date de la Renaissance, cela allait avec tout le contexte général de diabolisation des femmes pauvres et de leurs corps, celles ci constituant 80% des gens exerçant ce genre de profession. Le but des autorités ecclésiastiques étant alors clairement d’assurer l’impossibilité pour les prostitués et assimilés de pouvoir obtenir leur indépendance économique vis à vis des autorités en place. Cette tendance issue directement de la chasse aux sorcières et des guerres de religion a été encore plus accentuée dans les pays protestants qui souhaitaient se distinguer des pays catholiques par un rigorisme moraliste sur  le contrôle du corps et de la sexualité. Au XVIIIème siècle à Paris la prostitution avait dans la période précédant la Révolution atteint son pic historique en Occident et on estimé qu’environ une femme sur cinq avait déjà fait ce métier dans la ville, la contrainte économique portée à une population française en train de vivement se précariser était un des éléments ayant mené à cette situation d’où aussi le scandale morale chez les pauvres de l’époque qui jugeait les riches comme des débaucheurs ineptes perdant les filles des rues. Cela était une des raisons de la forte hostilité du peuple à l’élite lors de la Révolution française. Pendant cette période toute personne qui se prostituait ou faisait des choses y étant associées risquait d’être condamnée, emprisonnée ou même tuée pour crime de sodomie d’où que les prostituées restaient avant tout prioritairement dans une recherche de survie. Au XIXème siècle le monde avait pas mal changé et une certaine « tolérance » de la prostitution c’était installée dans le cadre confinée des quartiers de plaisirs où signalées par des lumières rouges on trouvait dans tout l’Occident des établissements de type maison close ou des prostituées vendaient leurs services dans la plupart des grandes villes. Le but étant censé être de les isoler du reste du monde au prétexte que cela les aideraient à échapper à la stigmatisation dont les prostituées étaient victimes. C’est le système dans lequel une contre culture propre aux prostituées et assimilées à commencé à naitre et s’épanouir et celui où certains réactionnaires souhaiteraient les voir revenir pour être mieux encadrées par les autorités et réprimées comme elles l’étaient alors ce à quoi elles sont depuis très majoritairement opposées car cela constituerait un retour en arrière d’un siècle par rapport à leur situation actuelle. Et en effet la plupart des gens ont clairement une vision plus qu’arriérée et négative des personnes qui font ce métier et de leur travail et ce même dans la plupart des milieux se prétendant hypocritement progressiste sur la question, en fait seules les personnes dont c’est le travail le connaissent vraiment d’où la logique syndicale qu’elles ont données à leur lutte pour leurs droits du travail qui fait parfaitement sens avec leur position politiquement. Il m’est très difficile étant relativement extérieure à ce monde l’a même si j’ai des proches qui en ont fait partie et fut un temps où j’ai envisagé de le rejoindre sans jamais oser véritablement d’avoir une position bien pertinente sur ce sujet car je ne le connais au fond que fort mal donc n’hésitez pas à me corriger si jamais je racontes n’importe quoi. Dans les années 1910 pour parfaire leur volonté de répression des prostituées et les foutre encore plus dans la merde surtout quand elles ne sont pas blanches les anti prostitution ont inventé un mythe raciste terriblement ancré dans les mentalités malgré ses fondements inexistants dans la réalité, celui de la traite des blanches, voici ce qu’en dit ce lien : https://cybersolidaires.typepad.com/ameriques/2009/06/le-mythe-de-la-traite-des-blanches.html,

Je cite :

« Le mythe de la traite des blanches : enquête sur la fabrication d’un fléau

Enlèvement et séquestration de jeunes innocentes, prostitution et esclavage sexuel, réseaux criminels internationaux : depuis plus d’un siècle, la «traite des blanches» est considérée comme un véritable fléau. Le Comité spécial d’experts de la Société des Nations est crédité d’avoir scientifiquement prouvé l’existence de ce phénomène – les militant-es anti-traite et les historien-nes contemporains font toujours référence à son œuvre fondatrice (1924-1927).

Jean-Michel Chaumont a analysé les 20 000 pages d’archives de ce comité. Elles révèlent une réalité plus effroyable encore, mais pas celle qu’on croyait. En effet, son livre analyse les opérations intellectuelles auxquelles ces «expert-es» ont procédé pour fabriquer de toute pièce un fléau en travestissant les résultats de leur propre enquête. Il examine minutieusement comment ces «expert-es», portés par leur croisade morale, ont manipulé données, documents et chiffres pour parvenir à leurs fins : prouver l’existence de la traite de femmes étrangères et la responsabilité de la réglementation de la prostitution dans cet état de fait, et obtenir la mise en place de politiques liberticides de répression et de surveillance. Ce faisant, ils ont durablement occulté et aggravé les conditions de vie déjà très difficiles des prostituées candidates à l’émigration, aujourd’hui comme hier. Plus généralement, Jean-Michel Chaumont interroge la question – politique et scientifique – des mécanismes d’élaboration de l’expertise sociale et de la responsabilité des sociologues dans la «construction sociale de la réalité».

Et le fait que quasi tout le monde croit encore à cette propagande à la con en dit long sur le chemin qui reste à parcourir pour que les droits des personnes qui font ce métier soient respectés, plus encore quand elles ne sont pas blanches. Pendant la Première Guerre Mondiale la peur de la transmission de MST par les prostituées aux soldats sur le champ de bataille a crée une panique sanitaire rendant les prostituées encore plus isolées car souvent confinées, forcées à des examens médicaux réguliers voire mises en quarantaine pour des raisons validistes de suspicion automatique de MST chez elles du fait de leur profession. Leur répression est alors considérablement renforcée pour longtemps. La libération sexuelle de Mai 68 n’y changera rien du tout dans un premier temps étant clairement pensée d’abord pour décoincer des gens n’ayant pas de lien du tout avec ce milieu là de leurs inhibitions sexuelles liées à une éducation moralement très rigide et puritaine sur ce plan qui était fortement présente dans la culture occidentale chrétienne des années 1960 avant cela. Les premiers mouvements de lutte pour les droits des travailleurs et travailleuses du sexe naissent dans les années 1970 dans le contexte d’un militantisme féministe syndical dans le milieu ouvrier, la plupart des secteurs de travail très féminisés ont alors des syndicats, du coup il parait parfaitement logique que ce soit aussi le cas de ces métiers là. Ces premiers syndicats de travailleuses du sexe qui se forment alors réclament le droit à la liberté sexuelle des femmes et le respect du droit du travail pour les métiers du sexe autant que pour les autres métiers. Ces mouvements ont été lancés par des gens dont c’était les métiers dans le but de lutter contre la tendance majoritaire du féminisme à être opposé à l’existence de la prostitution, de la pornographie et de tout ce qui peut y être associé en mettant en avant l’importance économique que relevait pour énormément de femmes et de personnes la possibilité de faire ce genre de métiers arguant, à juste titre je pense, qu’interdire ce métier dangereux c’est interdire toute forme de revenus à des gens qui ne peuvent pas en avoir d’autres et donc c’est une atteinte directe aux droits humains élémentaires de base de ces personnes à savoir la survie. Cela a crée une opposition vive entre les féministes dont c’est le métier et qui sont dans la lutte pour le droit de l’exercer et en gros toutes les autres « féministes » à de bien trop rares exceptions près qui restent sur une position anti pornographie et antiprostitution et n’en ont clairement rien à foutre de la survie des femmes prostituées, d’où  mes guillemets volontaires sur « féministe » car dans ces conditions je vous pas en quoi elles peuvent se prétendre défendre toutes les femmes. Ce conflit qui a commencé dans les années 1970 et a continué jusqu’à maintenant est aussi un peu plus large et oppose également souvent dans les mêmes deux camps pro et anti des féministes minoritaires encourageant la libération des minorités sexuelles et de la sexualité en générale et des féministes majoritaires y étant opposées et y réagissant de manière aussi autoritariste, moraliste et puritaine qu’à part elles seule l’extrême droite le fait sur ces questions et à mon avis révèle par là même leur forte tendance parfaitement réactionnaire. C’est en 1978 que les militantes des syndicats de travail du sexe inventent le mot travail du sexe qui se popularise au cours des années 1980. Dans les années 1990 la Guerre des Sexes entre féministes entre pro et anti droits des minorités sexuelles et pro et anti prostitution et pornographie commence à se calmer et du coup le discours des travailleurs et travailleuses du sexe syndiqués et militants devient plus audible aux oreilles de beaucoup car les positions se sont faites moins polarisées dans ce débat et surtout on est en plein début d’un féminisme troisième vague porté par des mouvements punks de Riot Grrrls qui n’a que l’intersectionnalité et la convergence des luttes à la bouche et donc qui apporte alors une certaine ouverture à la pluralité et à la divergence des voix féministes en martelant comme c’était absolument nécessaire à l’époque et le reste hélas beaucoup aussi maintenant même si ça a quand même commencé à rentrer que chaque femme est différente et qu’elles ont toutes des besoins et revendications qui diffèrent et correspondent à leurs situations personnelles particulières. Dans ce cadre un respect un peu plus fort des personnes qui sont dans des syndicats de travailleurs et travailleuses du sexe et de leurs revendications et des prostituées en général se met en place même si leur position sociale reste extrêmement dangereuse et défavorable, dans les années 2000 cela va aboutir à la création de deux types de mouvements, d’un côté au sein des mouvements de travailleurs et travailleuses du sexe pour leurs droits une volonté de mettre en avant la grande diversité de leurs profils sociologiques, besoins, façon d’exercer leurs métiers, de leurs métiers eux mêmes et de leurs revendications reflétant ainsi mieux toute la variété et la complexités de leurs situations en dépit d’une revendication commune pour le respect de leurs droits du travail qui demeure et pour la première fois du moins en France l’arrivée de manifestations régulières pour faire valoir ces droits là, chez nous à partir de 2006 sous la forme de la Pute Pride dont le nom faisant évidemment référence à la Gay Pride l’inscrit en tant que lutte participant des luttes pour les droits des minorités sexuelles autant qu’elle l’est depuis les années 1970 dans les luttes ouvrières et les luttes féministes, depuis la visibilisation des thèmes LGBT dans le travail du sexe et des travailleurs et travailleuses du sexe lesbiennes, gays, bis, bies et/ou trans se fait bien davantage qu’avant et ce n’est que logique après tout vu qu’une très large majorité des personnes dont c’est le métier ne sont pas hétérosexuelles et une proportion importante sont trans. En 2006 une centaine de militantes et militants de syndicats du travail du sexe ont lancé ce mouvement de Pute Pride contre les lois répréssives envers les prostituées instaurées par le gouvernement Sarkozy qu’elles dénoncaient comme une atteinte à leur droit d’exercer leur métier en sécurité. Dès 2007 elles reçoivent un certain succès médiatique bien que ce soit surtout dans le but de dénoncer l’inspiration américaine du mouvement mais aussi un certain soutien de la part de gens des milieux anarchistes et aussi du milieu militant LGBT dans sa version prolo transpédégouine. On déplore cependant assez vite une tendance du mouvement à vouloir effacer des aspects qui donne une mauvaise image de leur métier au détriment des réalités qui y dérangent, du coup c’est un mouvement qui met en avant les prostituées ayant librement choisi leur métier et tend un peu beaucoup trop à n’en avoir rien à foutre de celles dont ce n’est pas le cas, certes minoritaires mais qui existent aussi, à nier les viols et violences sexuelles que beaucoup de prostituées ont vécu avant ce métier, pendant ou après pour ne parler qu’à des prostituées dont ce n’est pas le cas, et aussi de s’acheter une propreté en étant validiste c’est à dire de nier entièrement la réalité d’une forte proportion de toxicomanes, de personnes avec des syndromes post trraumatiques et de dépressifs parmi les prostitués et de nier l’existence de prostitués asexuel et/ou aromantiques, tout en centrant leurs luttes sur le soutien des gens dont c’est le métier appartenant à ce genre de syndicat ou en étant proche du niveau des idées et en étant relativement désintéressés des prostitués isolés et faiblement entourés et de prostitués en désaccord avec leurs idées. L’idée étant de dépeindre les gens qui ont ce métier à l’opposé de l’image misérabiliste que la plupart des médias anti prostitution en renvoient pour y opposer celle d’une prostitution libre, heureuse et militante ayant des vertus émancipatrices. Et je ne doute pas une seconde qu’elle soit cela pour les gens qui l’exercent et expriment ces idées mais j’ai aussi connu des prostituées au profil tout différent, des qui ne l’avaient pas choisi, des qui avaient subi des viols ou violences sexuelles, des avec des PTSD, des dépressives et des pas en accord avec cette forme de militantisme et assez éloignées de ce genre d’idées politiques donc ne se sentant pas représentées par ce dernier donc ouais j’ai quand même beaucoup de mal avec cette politique de la respectabilité validiste et BCBG qui vise à se donner une reconnaissance vis à vis du milieu féministe plus large en balayant sous le tapis l’existence de tas de gens dans ce métier qui ne sont pas du tout en phase avec ces discours là, et d’ailleurs en général le sont encore moins avec le discours contraire qui les présentent comme des filles perdues pour toujours dans une tragédie sans fin les ayant éternellement détruites dans le but de surdramatiser pour leur interdire l’accès à toute source de revenus. Cependant les prostituées ou ex prostituées qui ont ce type de discours là ont beau être ultra minoritaires elles existent aussi et la tendance à balayer d’un revers de main leurs discours et témoignage sur les aspects négatifs de ce métier qu’ont une partie des gens qui ont cette forme de militantisme me gêne beaucoup. Sérieux quel genre de syndicat en mousse nie la violence inhérente au travail sous quelque forme où il existe dans la société capitaliste? Quelle genre de féminisme à la manque prétend qu’il ne peut pas y avoir de violences et/ou viols de travailleurs et travailleuses du sexe alors que dans tout les autres métiers existants tout les courants féministes s’accordent à dire que cela est très présent? Après je suis un peu dure mais je comprends ces tendances à la contre caricature d’une vision sociale d’alors de ce métier qui fait dans le misérabilisme le plus caricatural qui soit et donc les simplifications qui vont avec mais ça n’empêche pas que ça fout tout les gens ne correspondant pas à ce profil de prostituée libre, heureuse et émancipatrice à côté du mouvement qui devient juste un truc où elles ne voient pas le rapport avec elles en fait. Ceci dit il y a quand même des avancées que cela permet, on les voient imiter le modèle gay et donc retourner l’insulte en fierté d’être des putes mots entièrement assumé par la plupart des putes d’ailleurs dans le but d’appeler un chat un chat depuis. C’est aussi ce mouvement qui invente le concept de putophobie alors pour nommer la façon dont s’exerce la stigmatisation des putes et l’analyser. Ce mouvement est soutenu dès lors par des soutiens comme Act Up et quelques mouvements féministes généralistes minoritaires également. Dès 2008 ce type de militantisme s’organise au niveau européen car des putes militantes et leurs syndicats existent désormais sur tout le continent et surtout dans toute l’UE où ces mouvements sont très reliés internationalement les uns aux autres, en 2009 environ 300 personnes défilent à la Pute Pride en France et je pense pas exagéré de dire qu’à priori des dizaines de milliers de personnes dans ce monde soutiennent alors leurs revendications. Dans les années 2010 une certaine popularisation de ce thème dans les médias est présente, des documentaires puis très vites des émissions de télé, séries télévisées et films de fiction se font l’écho de leurs revendications, on a une généralisation de sites de gens qui militent dans ces mouvements qui font de l’information sur leur sujet et écrivent sur l’histoire des putes et de leurs revendications et une attention plus forte est portée aux prostitués hommes et aux prostitués non binaires dont les voix et besoins jusqu’alors assez invisibilisés par le fait que ces mouvements soit extrêmement majoritairement des luttes de femmes commencent à y être entendus et mêlés à égalité dans une perspective antisexiste, aussi dans une perspective antiraciste bien que minoritaires du moins en Occident, les voix de prostituées n’étant pas blanches sont de plus en plus prises en compte également alors dans un mouvement où la domination blanche a été très forte et visible pendant 40 ans, par contre le mouvement reste validiste. On a aussi d’autres avancées cependant comme l’arrivée de nombreuses réflexions et analyses de l’industrie du sexe par des gens qui la connaissent de l’intérieur issus de ce genre de militantisme, qui ont aussi porté un regard extrêmement critique et pertinent sur les liens entre l’économie capitaliste, la sexualité et le désir de leur point de vue de putes qui ont été de solides réflexions très utiles à la meilleure compréhension du fonctionnement des interactions entre tout ces domaines. Aussi ce militantisme a mis en avant plein de figures passées ou présentes de prostituées célèbres militantes ou pas mais ayant fait de grandes choses permettant aux personnes l’étant de se trouver des modèles positifs des quels être fiers, cependant on est en train clairement d’assister en ce moment à une véritable institutionnalisation du mouvement qui commence à faire l’objet de thèses universitaires de personnes à la fois prostituées affichées et enseignante chercheuse en sociologie en général mais parfois aussi dans des matières moins fréquentes comme l’histoire par exemple à la fac ce qui n’est pas un mal en soi mais pose le problème que ce sont ces gens là, quand même fort éloignés du statut de la prostituée moyenne qui dominent les voix de ces mouvements militants et du coup font taire une majorité de putes vraiment pas préoccupées par les mêmes problèmes aux situations pourtant bien souvent nettement plus urgentes. Cette institutionnalisation se voit aussi par la presse bien pensante de gauche de plus en plus positive à l’égard de ces mouvements même si l’hostilité caricaturale à ces derniers reste la norme dans tout les courants politiques. En plus ça c’est pour l’Occident dans son ensemble car en France les années 2010 du mouvement sont plutôt marquées par de vives répressions policières à son encontre qu’il dut combattre et dénoncer seul dans l’indifférence généralisée des gens qui les avaient auparavant soutenus, cependant très vite le mouvement va dénoncer le sexisme anti pute et donc l’antiféminisme du PS alors au pouvoir et de sa ministre du droit des femmes d’alors ceci dit on a aussi droit à une institutionnalisation relative du mouvement avec des articles positifs dessus jusque dans un quotidien de gauche bobo tel que ce qu’est devenu Libération, on a même droit à une marchandisation relative du mouvement qui vend des calendriers avec des photos des manifs de putes dessus, des parapluies rouges et autres produits dérivés de ce style à ces soutiens dans le but affiché de donner de la thune aux syndicats. Ceci dit le mouvement continue aussi un militantisme réel en allant notamment au devant de travailleuses et travailleurs du sexe des quartiers connus pour en avoir une forte proportion tels que Pigalle par exemple pour leur demander leurs besoins et leur porter soutien si nécessaire. En clair son militantisme s’institutionnalise quelque peu mais est loin encore de l’être totalement mais à mon avis il faudra tôt ou tard que les milieux de l’antivalidisme et les mouvements de putes se rapprochent parce que sans ça les putes pas valides ultra majoritaires resteront complètement à la marge des deux mouvements énormément d' »antivalidistes » en carton étant hélas très putophobes aussi situation qui n’a pas de sens. Perso je soutiens ce mouvement dans la mesure où il existe rien de mieux et la situation serait pire sans mais je maintiens que certains problèmes majeurs y demeurent qui le rendent très imparfait même si je comprends bien qu’il a été forgé dans des conditions très dures et qu’il serait irréaliste d’en attendre cela. Reste que si il fait désormais de son mieux dans la mesure de ce qui lui est possible pour aller vers les putes isolées, bon après on commence à entendre dans ces mouvements des voix de putes ne l’ayant pas forcément choisi et/ou ayant subi viol et/ou violences sexistes, et/ou ace/aro et/ou pas valides mais bien trop peu et bien trop tardivement vu que ça devient à peine visible après près d’un demi siècle pendant lequel ce mouvement les avaient majoritairement écartées de ces rangs. Et surtout ça reste un mouvement militant classique avec toujours le même problème récurrent de faire taire les gens en désaccord avec ses prises de positions qui pourraient s’y retrouver autrement et donc ne représenter finalement pas toutes les putes mais que celles qui y participent et leurs soutiens et c’est tout finalement les autres demeurant invisibilisées. Et puis antivalidisme oui mais j’ai vu que des modérés là dedans, les antipsychiatries par exemple visiblement n’y ont pas leur place ont leur y préfère ces connards eugéniste anti autistes de soutiens psychanalystes donc bon vraiment je pense que le mouvement comme le mouvement trans si ils reprennent le chemin révolutionnaire et ne s’institutionnalise pas finalement comme c’est bien parti pour mais pas encore trop tard contrairement au mouvement LGB pour qu’ils retournent sur la bonne voie, vers des idées émancipatrices, il peut être encore puissant et renforcé si on le lie à l’antivalidisme mais c’est pas gagné pour l’instant. J’en déduis que l’antivalidisme est le seul mouvement vraiment militant pas encore institutionnalisé en Occident et donc authentiquement révolutionnaire sous ses formes radicales et qu’une révolution ne se fera jamais sans que ce dernier soit plus écouté c’est pourquoi ce sera le sujet du prochain article de cette série et du dernier centré sur un point de vue Occidental sur ce blog. Ou plus exactement c’est ce que je croyais quand j’ai conclu cet article oublié dans mes brouillons qui a presque un an maintenant…tout y reste vrai sauf la fin, hélas aujourd’hui antivalidisme et mouvement des travailleuses du sexe sont restés séparés avec beaucoup de clichés l’un sur l’autre, très isolés et ont en un an été énormément commercialement récupérés par le capitalisme a l’heure qu’il est même si les deux à leurs marges les plus radicales continuent de pleinement s’y opposer et être un danger pour ce dernier comme le mouvement trans d’ailleurs. Tout les mouvements trans au sens méga large dont ici je viens de faire l’histoire, l’antivalidisme au sens ultra large mais sutout dans ses franges critiques les plus radicales et les féminismes marxistes, matérialiste et/ou radicaux sont de l’admission même des capitalistes les courants politiques leur faisant le plus peur et menaçant le plus leur pouvoir à l’heure qu’il est…trouver un sujet d’accord entre tous pour les lier dans des luttes communes serait donc le plus efficace pour revivifier la lutte contre le capitalisme mais difficile de faire des courants plus hostiles les uns aux autres et divisés que ces derniers donc ça va être coton. En fait ils sont d’accords sur à peu près rien majoritairement les uns avec les autres à part sur la nécessité de partir des préoccupations des gens à la base et donc des gens que le capitalisme fout le plus dans la merde en priorité pour construire leurs luttes…je suppose que c’est donc quand on fait ça principalement qu’on obtient des luttes efficaces que les capitalistes craignent.

Pour le reste leur chercher des points communs ça revient à chercher des aiguilles dans des bottes de foin tout ça est quand même très en vase clos séparé les uns des autres et assez mal compatible en fait je crois que la seule chose qui doit en être absolument retenue c’est que le commencement de toute lutte d’une personne doit partir de sa propre expression de sa situation concrète et de ses besoins et que quand les gens l’auront dit massivement alors ils pourront commencer des luttes communes massives contre le système capitaliste qui nous pourrit tous la vie. Bon bah le prochain article de cette série historique sur les luttes prolétaires de minorités sera sur l’antivalidisme cette fois ci.

 

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