Le mouvement pour les droits des autistes et son histoire.

Souvent on la fait remonter aux années 1980 histoire de bien passer sous silence tout un pan nettement plus ancien et plus gênant de celle ci. Pourtant l’histoire de la notion d’autisme est bien plus ancienne comme celle de schizophrénie elle a été inventée en 1911 par Bleuler un psychiatre qui décrivait alors l’autisme en tant que forme la plus sévère de la schizophrénie, ceci dit ce qu’il mettait sous ce nom d’autisme à l’époque n’a aucun rapport avec ce que cette notion signifie et la façon dont elle est comprise dans la psychiatrie d’aujourd’hui. Déjà ça c’est un point important qu’on oublie trop souvent la notion d’autisme n’est pas fixe. Elle fluctue et son sens varie avec le temps.

C’est Bleuler qui a inventé le terme de pensée autistique ce qui pour lui désignait des désirs infantiles insatisfaits notamment celui de fuir des réalités désagréables et les remplacer par des fantasmes et hallucinations. L’autisme décrivait alors le monde intérieur du patient avec ce genre de vécu cette part de lui inaccessible à l’observateur extérieur. C’est la seconde leçon de l’histoire qu’on s’empresse un peu trop à mon gout d’oublier dans la communauté autiste la longue histoire d’un sort autrefois commun entre schizophrènes et autistes entre les griffes de la psychiatrie.

L’autisme commence donc sa carrière en 1911 ça aussi c’est un point important à souligner si la façon d’être désignée par ce mot a sans doute toujours existé sa conceptualisation psychiatrique sous cette dénomination elle est toute récente à l’échelle de l’histoire de l’humanité, autrement dit il y a des tonnes d’autres façons de comprendre le vécu autistique qu’en l’enfermant dans les petites cases par ailleurs elles mêmes mouvantes que la psychiatrie a conçu pour tenter de le faire depuis sa propre perspective. Cela aussi on l’oublie trop souvent, se rattachant trop à l’étiquette psychiatrique qu’on nous a collés comme si elle désignait à propos de nous autres un genre de vérité absolue. Ce n’est pas le cas, personnellement je pense que l’idéal face aux étiquettes psychiatriques est une attitude utilitariste, elle met utile je garde, ce n’est pas le cas je jette mais peu importe si vous vous y retrouvez ou non ce que je veux dire c’est qu’on a le droit de bien en faire ce qu’on veut, on a pas à en rester prisonniers.

Autre problème resté très longtemps, l’autisme de sa naissance jusqu’à aujourd’hui a surtout été perçu comme l’affaire des enfants, des adultes autistes même des adolescents l’étant autrefois l’on ne se préoccupait plus guère. Vu sa description très divergente d’aujourd’hui alors l’autisme était considéré bien plus rare qu’on ne l’estime maintenant. Ensuite le freudisme est passé par là avec sa vision étriquée de la conscience déclarant autistes et autres schizophrènes et psychotiques non conscients et donc non humains.

D’ailleurs c’est depuis ces mêmes années 1920 que c’est construit par la suite l’intersection entre nos perspectives et celles autour des questions concernant le bien être des non humains. Une cause dans laquelle c’est fort méconnu mais ça mérite d’être soulignée dès lors schizophrènes, psychotiques et autistes étaient parmi les plus engagés. Très vite on a critiqué la rhétorique classique des mouvements se prétendant animalistes qui se posent comme « la voix des sans voix » (même bien avant l’existence du slogan la mentalité derrière s’y retrouvait et était la même) et prétendent avoir le devoir moral de parler au nom des non humains qui ne le peuvent pas pour dire ce qu’ils n’ont jamais dit et créer nos propres agendas politiques sur leurs dos…on ne connaissait que trop bien le problème vu que les psys et toute la société à leur imitation n’ont jamais cessé et ça continue encore aujourd’hui de nous faire le même coup et c’est précisément contre ça qu’on lutte le plus vu qu’en règle générale les pires oppresseurs pour nous sont justement eux qui se prétendent nos sauveurs et soignants et ont inventé l’idée que nous serions sans voix pour parler à notre place en disant tout le contraire de ce qu’on pense vraiment pour nous maintenir sous leur joug au prétexte que nous il faut pas nous écouter par contre nous serions trop fous pour être aptes à avoir la conscience de ce que nous voulons vraiment…non mais si je te jure elle hurle non mais en fait elle le sait pas mais ce traitement elle le veut vraiment paye ta rhétorique de violeur quand même ça fait froid dans le dos. Un traitement forcé est toujours une torture.

Bref toute cette histoire rude qui est la nôtre nous met facilement les oreilles dressées en alerte face à tout ceux qui prétendent que d’autres n’ont aucune voix et donc qu’ils devraient parler à leur place…du coup quand on entend ce discours animaliste là on se méfie c’est pas eux qu’on veut défendre on s’en fout de ces militants c’est aider les non humains à faire valoir leurs véritables causes que l’on souhaite et pour ça il faut faire ce que les militants animalistes ne font jamais : se rendre compte qu’ils ont une voix à leur façon et écouter ce qu’ils ont à nous dire. Ce n’est pas évident d’autant plus qu’étant donné la différence de communication d’une espèce à une autre et le fort biais anthropocentriste qu’on a très souvent en tant qu’Homo Sapiens les erreurs d’interprétations peuvent être nombreuses mais ne pas essayer comme le font la plupart des militants animalistes c’est la garantie de ne jamais tomber juste et c’est ce en quoi je ne les trouvent pas crédibles du tout.

Sortant de ces attitudes paternalistes qu’on a dès lors vivement critiqué autant envers nous qu’envers les autres non humains (oui parce que techniquement dans les années 1920 c’était clairement en tant que non humains que la culture dominante nous avaient considérés et placés c’est en fait d’ailleurs toujours assez nettement le cas aujourd’hui) et donc trouver des ces années folles justement nommées la nécessité d’une lutte antipatriarcale commune des non humains envers le paternalisme patriarcal de l’humanité à notre égard…de l’humanité masculine d’autant plus. Et du patriarcat chrétien tout particulièrement.

Au lieu de cela on s’est rendu compte que ce n’est pas car on nous colle une étiquette de non humain qu’on a tous les mêmes intérêts et qu’aux non humains aussi en fait le principe d’auto-détermination de la façon dont l’on peut et veut s’émanciper s’applique. Du coup au lieu de chercher à plaquer sur les autres non humains le schéma de ce que l’on souhaitait voir ceux ci faire on s’est appliqué à observer à quoi ils opposaient leur propre forme de résistance par exemple la résistance animale et l’on s’est aperçu que les animaux quand ils en ont besoin se rebellent d’eux mêmes contre leur exploitation chaque jour qui passe.

Les animaux qui le souhaitent n’attendent pas qu’un militant animaliste vienne les libérer et s’échappent quand ils en ressentent le besoin des fermes, zoos, laboratoires ou camions les menant à l’abattoir par eux mêmes tout comme ils attaquent qui leur fait du mal sans demander d’autorisation pour le faire, quand ils ne veulent pas faire une chose leur refus de coopérer est plus qu’évident, et même confinés dans des lieux ne leur convenant guère ils finissent par se laisser mourir comme nous même nous le faisons dans les hôpitaux psychiatriques ou en prison quand on a épuisé tout nos autres moyens de résistances face à nos oppresseurs qui nous en mis en de semblables cages comme ça ne nous arrive encore que trop souvent. Et comme c’était très usuel avant la fin des années 1960 on l’oublie un peu vite mais l’on nous exposait bien souvent dans des foires aux monstres en tant que bizarreries contre nature nous les autistes, psychotiques, schizophrènes et autres psychiatrisés et ex psychiatrisés, on continue pour beaucoup d’entre nous aussi de servir de cobayes de laboratoire de façon assez peu différente de ce que vivent les souris blanches en contexte semblable…forcément ça nous donne des perspectives différentes sur ce qu’est la déshumanisation, le vécu en tant qu’être perçu comme non humain et ce que ce type d’oppression peut être à vivre que celles qu’en ont les militants animalistes usuels psyvalides pour qui tout cela n’existe qu’en théorie.
Donc contrairement à eux on peut souvent remettre tout cela en perspective, voir la complexité et la nuance des divers statuts et des situations variés…quelque part on peut voir nos luttes de désinstitutionnalisation de ces mêmes années 1960 justement comme des genre de luttes de nos parts pour être traités en animaux domestiques au foyer plus fréquemment qu’en animaux de laboratoire. On y reste globalement moins bien perçus et acceptés par nos familles que leurs chats et chiens qu’ils voient comme des cadeaux tandis que nous ils nous traitent explicitement de fardeaux ceci dit. Souvent l’argumentaire est soi disant économique mais en vrai on coute pas tant que ça plus cher qu’eux c’est juste que cohabiter avec des chats et des chiens leur plait avec nous ils se forcent par devoir familial et on sent que si on ne se tient pas vraiment à carreau ils pourraient oublier le dit devoir familial bien trop aisément et on finirait en animaux errants dans les rues, en le genre de SDF qui restent perçus et traités comme non humains. Du coup on voit aussi les situations intermédiaires par exemple on sait qu’on peut être un monstre de foire qui apprécie d’être payé pour faire des spectacles où il se trouve une certaine raison de vivre et ça nous parait pas déconnant d’envisager qu’il peut exister un dauphin de daulphinarium qui vit sa situation un peu de la même façon ou un animal qui n’aime pas particulièrement être en cage mais préfère ça à un mode de vie sauvage « naturel » auquel il ne capte rien du tout ne connait rien et où il finit vite mort car proie facile pour des prédateurs connaissant mieux leur terrain de chasse que lui qui vient d’y entrer de force car quelqu’un a pensé lui donné ainsi une libération bref on sait que ça peut exister les situations ambivalente ce que la très grosse majorité des militants animalistes oublient.

Les animaux qui se rebellent oui on est tout à fait pour les aider à réaliser leur rébellion de la façon dont ils souhaitent le faire en les y aidant de notre mieux mais du coup on voit le contexte au cas par cas. Néanmoins il reste vrai que du coup on a une documentation de près d’un siècle de luttes animales au sens propre contre leur propre oppression. Du coup le discours « la voix des sans voix » ne tient vraiment pas la route et est plus qu’autre chose un frein à l’émancipation des non humains en réalité. L’idée étant que les humains ne sont pas les héros qui vont sauver les animaux mais juste leurs camarades en lutte pour leur propre émancipation qui parfois quand ils voient que leurs camarades animaux ont besoin d’aides dans des luttes vraiment initiées par eux et dans leurs intérêts propres viennent les épauler par solidarité de classe entre exploités. Cela parait déjà à mon sens hautement plus cohérent que tout les discours animalistes plus traditionnels que j’ai pu entendre où je ne me suis jamais retrouvée précisément parce qu’ils ne partaient pas de besoins et luttes réels de non humain mais de ce que des humains croyaient erronément en savoir.

Bien évidemment cette approche est devenue très populaire dans les années 1960 à partir des quelles elle est entrée en coalition avec le mouvement antipsychiatrique mais je reviens donc aux luttes plus spécifiques qu’on a eu avant en tant qu’autistes, schizophrènes et psychotiques. Lorsque des psychiatrisés adultes ayant de tels diagnostics dans leur enfance ont commencé à tenir ce genre de discours de libération les psychiatres ont trouvé ça complètement fou et on finit par se rendre compte que l’on ne grandissait pas en devenant « normaux » mais en restant le genre de personnes auxquels ils collent ces diagnostics là. Ils ont pris conscience qu’on pouvait devenir adolescents puis adultes et ont donc commencé à nous psychiatriser tout au long de la vie (enfin ils le faisaient déjà avant sans doute mais probablement avec une autre excuse et étiquette psychiatrique genre névrose sévère voyant généralement ces réactions comme de sévères traumatismes quand elles ne se politisaient pas aussi explicitement).

Grunya Sukhareva une psychiatre soviétique a inventé vers 1925 le terme de psychopathie autistique c’est le moment où l’idée d’autiste commence à être séparée de tout les mots de style schizo machin psychose truc lentement ceci dit pour être rapproché de l’idée de sociopathie et être vu plus ou moins comme l’entre deux entre ces deux autres types de diagnostics psychiatriques. Bien sûr c’est une femme pire une soviétique donc ses travaux ont longtemps été éclipsé par la légende dorée que la psychiatrie a faite à Kanner et Asperger concernant leur « découverte » de l’autisme qui en était du coup tout sauf une. Ah oui et c’était une juive, il est fortement soupçonné aujourd’hui qu’Hans Asperger de part son affiliation au parti Nazi avait lu les travaux de cette dernière mais les a volontairement effacé de l’histoire pour faire prendre des travaux de chercheurs de culture juive pour les preuves du « génie » soi disant de la pseudo race aryenne blanche en les faisant passer à tort pour ses propres travaux…non mais sérieusement comment vous voulez que j’accepte le fait que des gens qui le savent reprennent son nom et se disent Asperger au lieu de s’assumer autiste? Bon il y en a plein qui le savent pas et par rapport à eux aucun problème mais du moment où tu le sais qui était ce connard d’Hans Asperger assumer le port de son nom devient super glauque je trouve. Genre le gars a fait envoyé plein de ces patients juifs autistes aux chambres à gaz…et aussi classé schizophrènes paranoïaques des patients juifs en panique qui lui disaient que les persécutions antisémites montaient et que ça les paniquaient au début de la période fasciste ce qui selon lui relevait du « délire de persécution » et les a fait psychiatriser à vie et crever à l’hôpital psychiatrique pour lui en avoir parlé…comment tu peut être juif/juive et autiste et te dire Asperger tranquillement à partir du moment où tu le sais?

Bref, le problème de la mémoire de l’autisme dans la période fasciste j’y viens juste après. Toujours est t’il que Grunya Sukhareva malgré les termes qu’elle utilisait pour décrire cela qui peuvent choquer aujourd’hui comme « psychopathes » a malgré cela décrit la première l’autisme dans une façon de le décrire en tout point correspondant à la définition que l’on en trouve dans le DSM V aujourd’hui. Elle a aussi tenté de créer une école pour enfant autiste où sa « thérapie » consistait à leur faire faire du sport, des dessins et des travaux pratiques. Bien sûr ça restait une psychiatre donc elle restait horrible avec les enfants à sa charge il ne faut pas trop rêver en mode « non mais les envoyer en camp de travail c’est mal…envoyez les en institut médicalisé c’est mieux »…non c’est juste le choix entre la peste et le choléra en fait mais elle était inapte à le comprendre. Pour autant si son choix de rester dans une conception psychopathologisante médicalisante de l’autisme et dans l’idéologie du remède du coup la mettait dans un rôle d’oppresseur pour les personnes autistes dont elle n’a jamais pu sortir au moins elle savait faire une description correcte de l’autisme et épargner nos oreilles des inepties auxquelles on a eu le droit par la suite de la part de Kanner, d’Asperger et de Bettelheim qui ne valent sans doute plus la peine que j’en parle vu qu’heureusement les plus au fait de l’autisme dans le monde de la psychiatrie ont fini par en sortir justement en revenant à la vision de Sukhareva tout en distinguant clairement à partir des années 1980 l’autisme comme différent du narcissisme, de la sociopathie (et donc de la « psychopathie » même si cela n’est plus depuis longtemps un diagnostic psychiatrique reconnu), de la schizophrénie et de la psychose qui en diffèrent. Bref les psychiatres ont sans doute jamais mieux compris les autistes qu’aujourd’hui mais ils restent extrêmement éloignés d’une vraie compréhension profonde de nos vécus singuliers et de nos communautés autistiques plus encore.

On a aussi une erreur commune à propos du mouvement pour les droits des autistes et du mouvement pour la neurodiversité croire que leurs idées sont relativement récentes, en tant que groupe social et politique militant les portant dans le débat public cela est vrai par contre à titre individuel ce sont des perspectives défendues par des psychiatrisés autistes depuis tellement longtemps que les plus anciens témoignages dans lesquels on trouve des discours y ressemblant et servant « d’ancêtres de la neurodiversité et du mouvement pour les droits des autistes »…remontent à 1930…et ont le plus souvent dans leur façon d’être fiers de leur différence et de leur résistance un discours antifasciste très explicite d’autant plus que beaucoup des personnes ainsi diagnostiquées qui ont ce discours sont autistes et juifs et luttent autant alors comme racialisés que comme psychiatrisés contre les Nazis qui veulent leur génocide dans la société allemande fasciste où ils survivent de leur mieux…c’est aussi ça qu’on oublie trop souvent de dire le contraire de la neurodiversité c’est un eugénisme racisme et validiste de type fasciste. C’est ce qu’on omet de remémorer à nos adversaires bien trop souvent. Alors nos « soignants » tortionnaires cela a largement été démontré depuis on participé au génocide orchestré pour nous par les nazis dans lequel des milliers des nôtres trouvèrent la mort en tant qu’autistes donc qu’asociaux avec le triangle noir l’étiquette sous laquelle les nazis mettaient tout les inadaptés, handicapés et fous compris.

Voilà comment on était vus et traités quand nos « soignants » avaient tout pouvoir sur nous après ça comment vous voulez qu’on leur accorde la moindre confiance si l’on a un minimum de conscience historique? Cette partie là bien trop souvent omise de notre histoire j’aimerais qu’on en parle beaucoup mais alors beaucoup plus dans la communauté autiste.

Après guerre les alliés ont laissé les fous crever ils les ont pas libérer de leurs mouroirs institutionnels, psychiatrique ni des camps, les autistes ont fait partie de ceux qui connurent ce sort. C’est majeur qu’on ne l’oublie pas.

Notre situation dans les années 1950 n’était donc pas davantage tellement plus enviable qu’elle ne l’était pendant la guerre, il nous aura fallu attendre le tournant des années 1960 et la lutte antipsychiatrique pour vraiment pouvoir vivre nos premières luttes politiques d’émancipation à une époque où nos luttes et celles des schizophrènes étaient une seule et même vu que nos maltraitances étaient les mêmes également. Un temps dangereusement peu lointain que l’on a que trop oublié. On serait sans doute bien plus nombreux à assumer la lutte antipsychiatrique dans la communauté autistique aujourd’hui si tel n’était pas le cas préférer le souci de la respectabilité au soutien aux luttes des schizophrènes et autres fous survivants de la psychiatrie serait nous perdre c’est important qu’on s’en rende compte. Urgent et vital même.

C’est parce que l’antipsychiatrie a su créer des espaces de luttes d’émancipation politique communs pour les fous tels que nous étions alors vus comme étant à l’époque où on était en non mixité fous et folles loin de toute possibilité d’intervention des institutions psychiatriques et en train de politiser nos vécus dans un langage libérateur abandonnant volontairement celui du savoir psychiatrique nous aliénant pour mettre sur nos vécus nos propres mots libérateurs, notre propre langage et notre propre politique avec notre libération comme perspective et horizon en faisant de notre mieux pour abolir la psychiatrie que l’on a enfin pu obtenir le droit de vivre et une communauté politique où nous pouvions défendre nos véritables intérêts en nos noms propres. Cela non plus nous ne devons jamais l’oublier. On ne s’en empresse hélas que bien trop.

Dans ces mouvements surtout en Italie et même si c’est très peu connu on était tous unis parmi ceux qui avaient des étiquettes psychiatriques déshumanisantes et étaient clairement perçus comme non humains par la majorité de la société qui nous entourait pour cette raison là pour réfléchir à la façon dont s’articulent oppression des malades mentaux et oppression des non humains. Si la cause animaliste divise les psychiatrisés il a alors était découvert que la plupart d’entre nous ressentions avoir une très forte affinité avec les mouvements de résistance animale réels, les luttes animales au sens propre. On a alors réfléchit à ce qui pouvait faire que cela était ainsi et découvert un paquet de similarité entre oppression des psychiatrisés et oppression des non humains les suivantes :

1-Les deux s’exercent prioritairement en nous maintenant sous contrôle. Un contrôle qui nous empêche de faire accepter les formes de rationalités dont nos sociétés ne veulent pas et nous refuse de pouvoir sortir des rôles qu’on nous a assignés socialement. Il a aussi été observé que l’étonnement, la peur du grand public et la réaction de répression violente des humains valides sont similaires quand c’est un fou qui s’évade de l’asile ou bien un animal qui s’évade de sa cage. Dans les deux cas cela vient de ce que nos oppresseurs veulent nous interdire l’accès à l’espace public.

(Source concernant les liens entre oppression des psychiatrisés et oppression des non humains : https://criphumanimal.org/2019/07/03/crazy-horses/)

2-Les animaux qui s’échappent et tentent de sortir du contrôle de leurs oppresseurs sont décrits régulièrement dans la presse comme divaguant ou devenus fous.

3-On peut considérer les procédures de réhabilitation orchestrées par la psychiatrie face aux malades mentaux pour les plier à la norme mentale comme des procédures entrant dans le cadre de stratégies de domestication, concernant le cas particulier de l’autisme c’est encore plus explicite on est vus comme devant être humanisés par les gens qui défendent nos tortures psychiatriques style méthode ABA conceptualisée initialement dans le but de nous sortir de l’autisme qui ferait de nous des non humains en nous humanisant, je crois que tout est dit sur à quel point en effet c’est une stratégie de domestication des autistes qui se cache derrière la façon psychiatrique usuelle de nous percevoir. La domestication animale se fait par un processus similaire dans les deux cas le maitre fait répéter une série d’exercice au disciple pour qu’à la fin il soit prêt à se donner en spectacle ou du moins à être montré pour que cela satisfasse l’égo de son maitre de mesurer les « progrès » ainsi accomplis, de la même façon qu’un maitre d’animal de compagnie impose tout un tas de règles de vie à son animal domestique les psychiatres et les familles de « malades mentaux » nous font subir le même sort en tant que « malades mentaux ».

4-On castre les animaux domestiques…on fait de même avec les psychiatrisé dont bon nombre subissent des stérilisations forcées.

5-On a la même attitude de la part des animalistes psyvalides trouvant un animal type chien errant que celle des psychiatres trouvant un SDF fou…ils les perçoivent dans les deux cas comme des sujets n’étant pas à leurs places à la fois un danger pour la société et pour eux mêmes et se réclament l’obligation d’en protéger la société et de protéger ceux ci de la société en se dépeignant comme leurs héros mais finissant très souvent par être en vérité leurs pires oppresseurs vu qu’ils ne portent aucune attention à leurs besoins réels, ce qui signifie le plus souvent les enfermer de façon carcérale soit disant pour leur propre bien avec pour seule différence que le SDF fou le sera dans un asile psychiatrique et le chien errant dans un refuge pour chiens errants.

6-Animaux et fous sont tout deux confinés, mis sous traitement sédatif ou parfois tués.

7-Animaux et fous sont perçus comme handicapés face aux humains psyvalides.

8-Animaux et fous sont régulièrement infantilisés par les humains psyvalides.

9-Animaux et fous sont tout le temps placés en position de victime par les humains psyvalides même lorsqu’ils ne se perçoivent pas du tout eux mêmes de cette façon et luttent généralement fortement pour sortir de cette position victimisante où les humains psyvalides tentent de les enfermer à tout prix quitte à les tuer pour ça.

10-Les humains psyvalides veulent tellement fort croire que les animaux et les fous ont absolument besoin d’eux pour subvenir à leurs besoins qu’ils créent une société où ils font tout pour que ce soit en effet le cas mais même quand des malades mentaux ou des animaux leur démontrent pouvoir se démerder sans eux et satisfaire à leurs besoins naturels d’eux mêmes indépendamment de leur joug ils continuent de rester dans une perception qui nie ce qu’ils voient factuellement pour continuer de s’illusionner comme quoi ils nous seraient indispensables « par nature ».

11-Par ailleurs un paquet de trucs que les humains psyvalides racontent comme conneries à propos des animaux et des fous sont de l’ordre d’essentialisation de qui l’on est et qui ils sont en raison d’abstractions telles que « notre nature » et « la Nature » en général.

12-Les malades mentaux, les animaux et les prisonniers sont handicapés par le modèle psychiatrique qui psychopathologise tout leurs modes de pensées très divers et après se débrouille pour faire croire que ce sont les statut sociaux de malades mentaux, d’animaux ou de prisonniers qui les handicapent en eux mêmes.

13-Le problème politique entre humains psyvalides d’un côté et non humains et/ou fous de l’autre est avant tout un souci de communication crée par la vision psychiatrique du monde qui apprend à voir les comportement de ceux qu’elle ne considère pas comme psyvalides comme anormaux et signes de maladies mentales menant à inventer des conflits entre des gens psyvalides et des gens ne l’étant pas là où il y en a pas forcément et à avoir une perception réductionniste de ceux ci quand il y en a réellement de la même façon que décrire un cheval comme en fuite ou un taureau comme enragé nous fait omettre de tenter la communication humain/non humain donc d’apprendre à repérer les signes de détresse des non humains concernant leurs conditions de vies et rechercher à quoi ceux ci sont réellement dus.

14-La façon dont la psychiatrie rend impossible la communication entre humains psyvalides et psychiatrisés en partant du principe que seuls les psyvalides ont une conscience assez saine pour que ce qu’ils disent ait un sens et soit jugé socialement entendable est très similaire à celle dont les humains prétendent que la conscience animale et son mode de communication ne passant pas par le langage fait des non humains animaux des sans voix pour pouvoir ne pas apprendre et écouter la façon dont les animaux font réellement porter leurs propres voix et résistances politiques quand ils les communiquent.

15-Sur la capacité des fous et des animaux à la parole consciente porteuse de sens il existe pourtant une très importante documentation allant du témoignage à la documentation scientifique qui s’étale sur des siècles, mais toute ces preuves sont toujours omises dans les deux cas quand elles n’arrangent pas les humains psyvalides.

Tout cela dans nos luttes on l’oublie trop également.

Les luttes pour le droit des autistes ont aussi et ça on l’oublie également trop quoi que moins depuis 1962 minimum de gros lien avec les luttes autour du validisme physique avec une commune lutte pour l’accès à l’éducation notamment. On a aussi oublié qu’en 1968  on a fait partie des oubliés pour qui le mois de Mai n’a pas eu lieu et rien n’a vraiment changé, de ceux qui n’ont jamais eu de révolution sexuelle notamment.

Dans les années 1960-1970 nous étions surtout pleine part des luttes antipsychiatriques et des hautement nécessaires politiques de désinstitutionnalisation. Officiellement pourtant notre histoire commence en 1980 quand on a rejeté tout ce passé pour mener la lutte pour la dépsychiatrisation seulement pour nous mêmes au prétexte que « nous on est pas des fous c’est pas comme eux » et refusant de nous lier aux autres psychiatrisés et plus particulièrement aux schizophrènes dans leur combat antipsychiatrique qui lui continuait par psyvalidisme il faut vraiment qu’on arrête avec ça et qu’on renoue la solidarité avec les psychiatrisés d’autant que plein d’autistes continuent d’en faire partie si ça nous fait passer pour des fous schizophrènes c’est tout de même pas du tout dégradant contrairement à ce que trop de vous souhaitez de passer pour des humains psyvalides sérieusement quoi.

Notre mouvement c’est donc fondé en 1980 sur l’idée qu’on refuse l’idéologie du soin mais seulement en ce qui nous concerne en tant qu’autistes et en se désolidarisant des autres « malades mentaux » et en particulier de ceux étiquetés schizophrènes par la psychiatrie réclamant la même chose pour l’ensemble des « malades mentaux » quand même ça craint. Pourquoi on est fiers de ça. Tout ça car ça nous permettait d’avoir moins d’oppression psychiatrique et plus d’oppression familiale à la place. C’était cher payé.

Heureusement dans les années 1990 ce tournant réactionnaire est passé et notre mouvement et devenu plus combattif dans un militantisme fondé dès 1990 sur le principe du rien sur nous sans nous défendant cette fois vraiment nos droits en tant que personnes autistes dans leurs spécificités. Cela en revanche ça fait sens. On a besoin de mouvement spécifique pour nos luttes spécifiques même si on peut les inscrire dans des mouvements antipsychiatriques plus large comme divers autistes isolés ou groupés et organisés le font dont moi.

Depuis 1992 on a réussit à se créer une énorme littérature de notre mouvement pour les droits des autistes écrite par des autistes, pour des autistes dans une perspective d’émancipation et cela est fondamental, puis toute une contre culture qui à partir de 1993 s’est prise plus largement dans un nouveau mouvement venant de s’élaborer au sein de notre militantisme pour les droits des autistes mais plus large dès alors le mouvement pour la neurodiversité, techniquement plus de gens s’y retrouvent que les autistes seuls mais ses perspectives et celles du mouvement pour les droits des autistes concernant non pas les droits des neurodivergents en général mais ceux des autistes plus spécifiquement sont en gros les mêmes. C’est juste que le mouvement pour les droits des autistes se spécialise dans le fait de faire valoir bah euh les droits des autistes comme son nom l’indique…un peu comme il y a à la fois un mouvement LGBT et un mouvement spécifique concernant les droits des trans, c’est la même idée.

Depuis 1996 aussi la politique de la fierté autistique inspirée de ce mouvement LGBT aussi justement a dirigé les luttes pour les droits des autistes et c’est une donnée essentielle qui les a énormément fait avancer. Cependant à partir de 1997 on a eu une confusion entre mouvement pour la neurodiversité et mouvement pour les droits des autistes qui a créer des remous vu que du coup la perspective de faire valoir nos droits en tant que personnes autistes s’effaçaient de plus en plus à l’excès derrière le besoin de faire entendre une fierté neuroatypique ce qui devenait gênant car il était hors de question que fierté et mise en valeur de nos droits n’aillent pas de pair. Cela resta un problème jusqu’au tournant de l’an 2000 où revint sur le devant de la scène l’idée que les personnes autistes devaient garder pour cap leurs luttes pour leur propre libération dans le cadre de leurs mouvements plus spécifiques de libération des autistes.

Pourtant, cela a posé un second et énorme problème qui est que de plus en plus les autistes verbaux, sans handicap mental ni trouble dys associés, étaient les seuls que l’on entendait et bref plus un autiste était proche de la normalité plus son pouvoir dans notre mouvement était grand et vice versa…bref on reproduisait les structures de domination validistes au sein de nos propres mouvements et c’était très chiant tout cela parce que notre nouvelle perspective de lutte devenait tenter de faire entrer le maximum d’autistes possible dans l’emploi ce qui forcément aller surtout privilégier les perspectives des autistes les moins handicapés. Sans surprise c’est ce qui s’est passé très longtemps.

En 2004 on a eu les premières manifestations d’envergure d’autistes contre l’idéologie du soin face à des associations d’oppresseurs haineux envers les personnes autistes voulant absolument nous « soigner » de notre autisme contre notre gré et parlant sans cesse à notre place grâce à tout le fric que ceux ci se font sur notre dos en nous dépeignant de façon glauque pour faire peur aux non autistes histoire qu’ils les financent en leur donnant donc un « remède » contre le fait que notre parole ait la capacité d’avoir du poids contre eux socialement et médiatiquement sous la forme de la thune leur étant versée pour qu’ils puissent l’éviter. Depuis ceci dit fort heureusement malgré ça on a su faire suffisamment de bruit tout les ans pour que de plus en plus de gens les voient tels qu’ils sont comme nos oppresseurs et ils ont de moins en moins de thune donc le rapport de force nous désavantage de moins en moins quoi que la route soit sans doute encore longue pour que notre voix soit vraiment socialement entendue.

En 2005 on a commencé à voir l’explosion Internet du mouvement pour les droits des autistes et pour la neurodiversité et à partir de là tout c’est emballé. La perspective en a cependant changée en 2006 tournant principalement autour de l’idée qu’on ne veut pas la reconnaissance de l’autisme seulement mais aussi et bien davantage l’acceptation de l’autisme. En 2007 le slogan l’autisme n’est pas une maladie c’est un mode de vie est devenu celui autour duquel l’organisation du mouvement c’est fait cette année là et ça aussi ça a beaucoup propulsé notre mouvement vers l’avant.

En 2008 on est parti sur l’idée de célébrer nos cerveaux atypiques dans leur fonctionnement en tant qu’une identité positive plus qu’un handicap, cette idée de positivité autour de l’autisme à fait hyper peur à nos oppresseurs aujourd’hui pourtant même les psychiatres reconnaissent les aspects positifs de l’autisme, il faut dire on ne leur a pas vraiment laissé le choix, on a donc gagné là dessus depuis.

En 2009 nos luttes ont commencé à tourner autour de la reconnaissance des femmes et non binaires et LGBT autistes parce que ras le bol que la représentation des personnes autistes ce soit toujours des hommes blancs cis hétéro quand une majorité d’autistes en réalité ne correspondent pas à ce portrait et voient leurs besoins systématiquement renier par l’intersection de leur oppression validiste comme autistes avec leur oppression patriarcale. Cela en revanche c’est encore loin d’être gagné même le mouvement pour les droits des femmes autistes demeure à inventer c’est dire le boulot qui nous attend à ce niveau.

Trop souvent on nous fait le coup de lier féminisme et autisme sans créer le féminisme autistique pourtant un jour il va bien falloir et ce ne sera que le début vu tout ce qu’il y a à faire sur l’aspect LGBT et non binaire également. En 2010 la perspective du mouvement pour les droits des autistes est pour la première fois reprise dans le New York Times le journal de presse papier le plus populaire, c’est devenu un discret marronnier jusque dans la presse papier généraliste depuis mais voilà c’est la presse papier « cultivée »…c’est comme sur Arte il y a des reportages dessus de temps à autres assez régulièrement mais ça n’atteint que très rarement les grands médias. Si l’autisme est mieux connu aujourd’hui que par le passé par les gens au sens où même en France sa perception Rain Man c’est enfin plus ou moins fini le grand public continue de ne connaitre bien que dans sa version actualisée que le point de vue psychiatrique sur l’autisme et de ne pas avoir tant que cela de possibilité d’accès au contre discours du mouvement pour les droits des autistes et du mouvement pour la neurodiversité…notre accès aux médias de masse pour y diffuser notre parole est donc le lieu où l’on veut pouvoir porter nos perspectives mais le souci est toujours le même…contrairement à nos psychiatres super friqués qui soudoient à fond les grands médias pour pouvoir y débiter à longueur de journée des âneries à notre propos on a pas assez d’argent pour intéresser les journalistes de la télé poubelle à audience de masse…voilà pourquoi nos perspectives n’y sont jamais entendues. En fait tout cela se voit de plus en plus c’est avant tout un problème de lutte des classes cela on en prend conscience mais articuler autisme et lutte des classes aujourd’hui ça commence à peine.

Depuis 2012 le mouvement pour le droits des personnes autistes se centre aussi beaucoup sur le Disability Day of Mourning jour où on pleure et porte le deuil de tout les handicapés morts du validisme, notamment entre autres des personnes autistes qui en sont décédées hélas terriblement nombreuses et célèbre leur mémoire pour que l’histoire ne les oublient jamais. Surtout celles tuées par des meurtriers validistes le plus souvent censés être leurs parents ou soignants qui prétendent les protéger et soigner en les tuant. Vision du « soin » contre laquelle bien évidemment on se dresse légitimement.

Depuis 2013 environ on assiste à une tendance ludique de plus en plus forte dans nos mouvements aussi où prédominent l’humour et la parodie pour ridiculiser les actions de nos oppresseurs, c’est à mon sens un tournant extrêmement positif en effet je pense qu’on gagnera beaucoup plus par des mouvements prônant le jeu plutôt que le travail comme on le fait pour le moment bien davantage.

Depuis 2015 face à la force sociale de notre mouvement c’est assez drôle de voir l’air WTF de nos oppresseurs avec leurs clichés validistes sur l’autisme en train de se demander mais comment donc des autistes ont pu former un mouvement politique social parmi les mouvements sociaux les plus forts et dynamiques de notre temps alors que la psychiatrie les dépeints comme les pires asociaux du monde…la réponse est que l’on a raison quand on s’évertue depuis des décennies à vous expliquer qu’à propos de nous la psychiatrie ne raconte que des conneries mais pour le moment le grand public est comme nos parents en fait il tend à suivre l’avis des psychiatres car on leur a toujours dit que c’était eux qui avaient raison et pas nous mais ce n’est pas ce monde là qui dirige le rapport de force psyvalidiste envers les autistes façonné par les psychiatres il ne fait que du suivisme de l’avis de ces derniers qui sont donc notre oppresseur et ennemi principal…là vous voyez mieux en quoi c’était con de se désolidariser de l’antipsychiatrie maintenant j’espère.

Depuis 2016 on a vachement reconceptualisé la lutte pour la libération des autistes en lutte d’identité et ça pose les emmerdes identitaires que faire ça pose à chaque fois comme inconvénient mais dans la situation présente cela reste un bon choix politique global qui continue de faire avancer la libération des autistes de façon essentielle. D’ailleurs en 2017 on a pas eu de thème particulier prédominant dans le mouvement parce qu’en fait c’est resté celui ci tacitement sur lequel on avait bien trop à le dire pour que cela n’en soit le thème central qu’une seule année durant. 2018 pareil…on a tenu trois ans sur ce thème bordel. Et on y est encore cette année…quatre putains d’années à parler de la même chose mais bon visiblement faire ce choix terrorise complètement nos oppresseurs au moins autant que faire le choix de la positivité autour de l’autisme comme mot d’ordre en 2008 ne l’avait fait…non bien d’avantage que tout ce que l’on a fait comme choix politiques avant en fait…cette fois on est bons donc au sens où c’est très probablement une politique de l’identité autour de l’autisme qui restera pendant encore longtemps le meilleur moyen de faire avancer la cause de nos droits.

Le principe de faire de la politique de libération des autistes une politique de l’identité c’est de changer le statut de l’autisme en le dépsychiatrisant et dépsychopathologisant afin de le transformer en identité politique. L’idée étant d’unifier les militants pour la libération des autistes afin qu’ils portent le message que notre différence ne nous rend pas inférieurs aux non autistes. Bref c’est vraiment refaire ce que les homosexuels dans les années 1970 on fait mais pour les autistes cette fois ci. L’autisme étant autant pas une maladie que l’homosexualité ça tombe en effet sous le sens d’en venir à le percevoir un peu de la même manière que celle ci. Pourtant c’est peut être moi qui manque d’imagination mais j’ai l’impression qu’on a dit tout ce qu’on pouvait dire déjà sur la question de l’autisme en tant qu’identité politique et qu’en fait ça consisterait surtout à nous répéter plus fort jusqu’à ce que les grands médias nous entendent d’aller dans cette direction là…basiquement ça consiste à répéter des tonnes de fois que l’autisme avant tout c’est d’abord une identité sociale et une culture jusqu’à ce que ça rentre dans la tête de tout le monde que c’est le cas. Surtout qu’à l’heure actuelle c’est plus ce en quoi on essaye de transformer l’autisme que ce qu’il est socialement…dans la tête du grand public ça reste avant tout un handicap.

Sinon je suis minoritaire à penser cela mais je crois qu’on gagnera plus pour la libération des autistes en se centrant sur la construction d’interactions entre autisme, antipsychiatrie, lutte des classes, féminisme et mouvement LGBT qu’en restant exclusivement ou presque centrés sur cette politique de former l’autisme comme identité sociale et culture qui me semble limiter dans les perspectives neuves qu’elle peut offrir.

Cependant là où ça devient difficile de lier le mouvement pour les droits des autistes et l’antipsychiatrie outre le passé difficile c’est aussi car l’antipsychiatrie tend à nier l’existence de l’autisme de manière un peu brutale non pas en disant juste que c’est une identité sociale et non biologique mais en refusant le droit des gens à se reconnaitre socialement dans l’identité autiste forcément cela heurte la quasi totalité des personnes autistes pour qui cette identité sociale est extrêmement importante à leurs yeux donc qui se retrouvent à être extrêmement hostiles globalement à la forme qu’a pris l’antipsychiatrie actuelle…pourtant dans les années 1970 on l’a vu l’antipsychiatrie et la libération des autistes c’était une seule et même cause, dans les années 1980 et jusqu’à présent une minorité d’autistes étaient toujours antipsychiatrie mais la majorité avaient renier son passé antipsychiatrique par psyvalidisme envers les schizophrènes et autres malades mentaux sur la base de nous ne sommes pas malades on a pas à être traités ainsi eux si par contre ce qui forcément dans les relations entre le mouvement antipsychiatrique et le mouvement des fous d’un côté et le mouvement pour les droits des autistes de l’autre…en fait je pense que le malentendu entre antipsychiatrie et autisme serait sans doute dissipé si les autistes réussissaient en effet à obtenir une politique style droits LGBT pour eux d’une part et à soutenir les luttes antipsychiatriques des survivants de la psychiatrie d’autre part. Surtout que les autistes subissent toujours en grand nombre les psychiatrisations forcées donc on ne peut pas vraiment prétendre être pro droit des autistes tout en étant pro psychiatrie à mes yeux ça n’a vraiment aucun sens de le faire vu que la psychiatrie est l’oppresseur principal des personnes autistes.

Sinon concernant l’articulation entre lutte pour les droits des personnes autistes et lutte des classes j’en ai déjà longuement parlé dans d’autres articles et c’est effectivement nécessaire pour assurer les droits notamment de la minorité d’autistes qui travaillent que d’articuler les deux mais vu que l’oppression des personnes autistes est si forte que la plupart d’entre nous sommes inaptes à travailler ce n’est pas non plus par ce biais qu’on fera les avancées politiques les plus fortes à priori.

Le mouvement LGBT a mis le temps mais il commence à piger que dépsychiatriser et dépsychopathologiser l’autisme est légitime et procède d’une politique similaire à ce qui est la sienne donc nous soutient de plus en plus dans ce combat notamment du fait que nombre d’autistes LGBT y ont fait valoir la difficulté de vivre avec cette double oppression notamment du fait que leur autisme est utilisée contre eux pour nier leur orientation romantique et/ou sexuelle et/ou leur identité de genre. Souvent sur le mode de : non mais t’es autiste c’est pas déjà assez t’as pas honte de vouloir nous rajouter ça de plus à assumer comme identité stigmatisée de notre gosse?…autrement dit le validisme spécifique LGBTphobe envers les autistes LGBT rajoute du poids à l’oppression familiale pour ceux ci face à ce que vivent les autistes cishétéros…si tant est que ça existe au sens où se caler comme autiste sur la norme cisgenre de l’homme ou de la femme qui a clairement été pensée par et pour des valides j’ai l’impression de l’avoir fait mais en fait c’est vachement dur et une position assez spéciale à vrai dire où on est toujours dans un certain décalage vu que ces normes de genre ont été spécialement conçues pour ne pas intégrer les personnes autistes.  Pourtant le mouvement ouvrier plus générique et le mouvement du féminisme de lutte des classes plus général ont énormément de mal à prendre les perspectives autistiques en compte eux.

Bref il nous reste plein de boulot on a aussi les réseaux sociaux où entre autistes on peut se faire des amis et faire des rencontres sexuelles et amoureuses qui nous offrent des espaces de socialisation bienvenues. Les réseaux d’entraide professionnelles entre autistes qui ont fait baisser le chômage des autistes de 10% même si vu que ça l’a fait passer que de 80% à 70% il y a encore du boulot clairement. Pour cela en ce moment la campagne américaine « Te fous pas de moi paye moi » même si elle n’est pas spécifique sur l’autisme mais pour tout les types de handicap visant à trouver du boulot aux personnes handicapées et faire en sorte qu’elles y soient aussi bien payées que les valides à l’air très efficace ce serait bien en France de la prendre pour inspiration mais si c’est super efficace ça reste très insuffisant surtout vu le but affiché de faire qu’au minimum une majorité de personnes autistes deviennent des travailleurs payés…ceci ne se fera pas sans changer la nature du travail salarié dans son ensemble pour nous le rendre plus accessible en particulier vis à vis du problème des entretiens d’embauche. Sinon j’ai aussi un problème avec cette façon très travailliste et réformiste de nous envisager…il nous faudrait nous inclure et intégrer dans la société au lieu de la remettre en question et nous inclure dans le travail salarié au lieu de le désintégrer pour nous construire autant que faire nous pouvons une société ludique…ce n’est pas mon but ni ma perspective c’est pas du tout un plan où en fait je me retrouve vraiment sauf lorsque nécessité fait loi et pour en avoir discuté avec plein d’autistes je sais que bien qu’on soit minoritaires on est nombreux à partager ma position là dessus mais les autistes pro travail effacent nos voix et ça c’est incroyablement lourd je trouve. Et en effet cela pose aussi la question de la démocratie interne au mouvement des personnes autistes qui est une vrai grosse question si on veut pouvoir y avancer davantage.

Autre souci majeur en terme de démocratie interne au mouvement pour les droits des autistes il y a un sérieux et énorme problème de poids bien trop important de la parole des autistes blancs face à celle des autistes racialisés et colonisés dans le mouvement qui a très sérieusement besoin de sortir de son propre racisme et de se décoloniser pour vraiment représenter les perspectives de toutes les personnes autistes.

Autre question aussi la perspective où est la minorité la plus vocale d’autistes qui veut des politiques qui nous humanisent qui efface la voix de l’immense majorité d’autistes qui ont rien contre être perçus et traités comme des non humains se percevant eux mêmes en tant que tels du moment que cela est fait dans le respect de nos besoins et désirs. C’est aussi le problème avec une perspective majoritaire elle pour le coup réformiste qui pense notre émancipation en terme de droits quand pour la fraction minoritaire révolutionnaire du mouvement dont je suis c’est surtout une libération de notre exploitation par nos oppresseurs psychiatres ce que l’on veut vraiment.

Il faut aussi absolument qu’on se débarrasse du validisme de notre propre mouvement envers les 264 autres étiquettes psychiatriques dans le DSM en particulier envers la « folie » au sens des psychoatypies et sur ça bordel ce qu’il peut y avoir comme boulot sans compter la nécessité de nos mouvement d’arrêter d’être psyvalidiste envers narcissiques et sociopathes et d’arrêter d’être pro carcéraux car sur tout ça on est loin bien trop loin du compte.

Encore une fois c’est le réformisme de notre mouvement qui compte sur la bonne volonté envers nous des gouvernements qu’on sait être inexistante, l’éducation qui ne sera pas suffisante tant que les médias de masse continueront de raconter des conneries à propos de l’autisme donc tant qu’on aura pas assez d’argent pour y propager nos contre discours on en revient au problème d’écueil d’une trop faible perspective type lutte des classes dans nos mouvements, il faut aussi vraiment vraiment vraiment qu’on arrête de juger et hiérarchiser jusqu’à l’intérieur de nos mouvements les personnes autistes en mettant les plus capables et multitâches des nôtres en haut du podium et les moins capables en bas c’est vraiment n’importe quoi ça.

Bien sûr l’idéal c’est qu’on reconnaisse chaque personne autiste avec ses handicaps et ses capacités propres mais on en est encore bien loin malheureusement. On a aussi sérieusement besoin de corriger les cours des étudiants en psychologie et psychiatrie à propos de l’autisme car ce qu’ils apprennent dedans est le plus souvent daté et stéréotypé et parfois dans les pires des cas carrément du n’importe quoi sorti de nul part et tant qu’on aura pas d’amélioration là dessus on aura aucune chance de voir exister des spécialistes de l’autisme dignes de ce nom en dehors de la communauté autiste en elle même. En particulier on a un vrai problème avec la vieille théorie à laquelle trop s’accrochent encore comme l’autisme issu d’un cerveau hyper masculin, bien sur c’est une immense ânerie mais trop de psys y croient encore et c’est là la base du sous diagnostic et manque de reconnaissance des femmes autistes qui a mis sur le tapis l’idée hélas bien ancrée maintenant que l’autisme au féminin est une chose rare…sauf que c’est faux et c’est donc un sérieux problème que des gens le croient. C’est le problème avec le fait que l’autisme ait été défini de façon genrée comme une « pathologie masculine »…c’est le principal souci qu’ont les femmes autistes pour réussir à être rendues visibles en tant que telles.

Il y a aussi l’immense problème que les « thérapies » les plus recommandées par la psychiatrie pour les autistes et la méthode ABA en particulier sont toutes envers nous des formes de maltraitances psychiatriques très proches de ce que les pseudos « thérapies de conversion » pour les gays sont dans leur forme et aussi dans leur fond profondément religieux et inspiré par ailleurs des idées de l’extrême droite évangéliste nous percevant comme des démons à notre sujet…sérieusement au bout d’un moment il va falloir que notre mouvement se décide à attaquer le taureau par les cornes et attaquer la théologie chrétienne comme celle qui a créer la stigmatisation des comportements, cognitions et mode relationnels autistiques parce que au final la psychiatrie n’en est que la continuité et n’a fait que reprendre ses conceptions religieuses anciennes sous un masque pseudo scientifique, du coup tant qu’on sera pas débarrassés de la forme religieuse du validisme anti autiste on ne sera pas débarrassés du validisme anti autistes pour de bon.

Aussi vu le nombre de « professionnels de la santé mentale » qui maltraitent les personnes autistes tout en racontant n’importe quoi à notre sujet et en étant très bien payé pour ça tandis que cela nous appauvrit et met nos vies en danger au point que notre espérance de vie est de 36 ans en moyenne est juste énorme que dans ce milieu là c’est la norme à vrai dire en terme de comportement vis à vis des personnes autistes juste les demandes de baisser le ton pour être plus crédibles quand on est très hostiles envers les psys c’est inadmissible, surtout que ce sont presque toujours des mecs dans nos communautés qui font la leçon aux femmes autistes là dessus en omettant que l’on a par rapport à eux trois fois plus de risque de se subir ce type de violences. Aussi un truc qui est juste pas supportable et dont on ne parle pas assez est la façon qu’ont les psys de parler avec nos parents sans nous adresser la parole comme si nous n’étions pas là où que ce qu’on pouvait bien avoir à dire du fait de notre autisme n’avait pas la moindre valeur ni importance ça il faut vraiment que ça cesse d’exister le plus vite possible c’est un truc à donner légitimement des envies de meurtre. Aussi il faut vraiment qu’on fasse quelque chose pour faire cesser cette culture de la suspicion permanente envers nous qui fait que tout ce que l’on dit ou tait est sans cesse retenu contre nous et qu’on arrête de nous refuser le droit de nous sentir confus et humiliés par des choses qui ne posent pas de problèmes aux non autistes c’est juste incroyablement insupportable en fait.

Aussi la lutte des autistes racialisés qui meurent trop souvent des violences policières, sont surcriminalisés le plus souvent pour des crimes qu’ils n’ont même pas commis et sont très régulièrement d’avantage encore que les racialisés non autistes victimes de contrôles au faciès est bien trop insuffisamment prise en compte dans nos mouvements pour les droits des personnes autistes.

Ah et quand j’entends des gens sortir « oh mais c’est pas une vraie oppression le validisme envers les autismes »…sérieux les gars comment vous pouvez dire ça sans ciller des yeux dans un monde où une putain de campagne militante dont le seul but est de dire s’il vous plait ne nous tuez pas…où je vois déjà pas pourquoi le s’il vous plait genre pourquoi on serait polis avec des validistes qui veulent tuer des autistes c’est un slogan style ordre façon « Ne nous tuez pas. » où je me retrouverais plus en fait mais bref…dans un monde où une campagne dont le seul but est d’empêcher que les autistes soient tués et elle est quand même controversée et les voix qui prédominent et sont applaudies comme héroïques sont celles de nos meurtriers validistes qui nous tuent juste car nous sommes autistes et voient ça comme de la « charité » eugéniste envers nous comment vous pouvez vous regardez en face dans un miroir en disant ça? Vraiment je ne comprends pas. C’est pour éviter que des gens puisse se sentir justifiés à nous tuer comme cela que c’est vital de mettre en avant que l’autisme n’est pas une tragédie car c’est car ils le perçoivent comme tragique qu’ils se sentent autorisés à nous assassiner.

Aussi quelque chose qui est tout de même important à souligner c’est que même si il n’y a pas de mouvement féministe spécifique type féminisme autistique où féminisme autour de toute autre étiquette des 265 du DSM à ma connaissance pour le moment il y a néanmoins bel et bien un féminisme antipsychiatrique, un féminisme du mouvement des folles et un féminisme neurodivergent. Hélas contrairement à ces mouvements de façon plus large et mixtes pas encore de fusion des trois. Dommage on avancerait beaucoup avec ça je pense. Le féminisme antipsychiatrique questionne les étiquettes psychiatriques et le rôle de la psychiatrie dans la perpétuation de l’oppression des femmes et en particulier des femmes militantes révolutionnaires, en tant qu’outil visant à les faire taire, elle fait valoir que l’oppression psychiatrique des femmes psychiatrisées est une crise invisible vu que les femmes subissent d’avantage que les hommes les sévices et maltraitances psychiatriques le patient moyen en psychiatrie étant généralement une patiente, elle évoque aussi le psyvalidisme du mouvement féministe générique qui délaisse et stigmatise les femmes psychiatrisées et par d’une approche de féminisme radical faisant remonter le problème de l’oppression des femmes psychiatrisées aux racines patriarcales de la psychiatrie, elle pose aussi le problème du fait que cette structure patriarcale s’est reproduite au sein du mouvement antipsychiatrique dans lequel les voix des femmes ont été effacées par les voix masculines et le fait qu’avec le manque d’intersectionnalité de la version classique de l’antipsychiatrie féministe les femmes psychiatrisées ont été doublement effacées du discours antipsychiatrique classique à la fois blanc et masculin c’est essentiellement sur tout ces fronts que l’antipsychiatrie féministe se fonde et ça clairement les femmes autistes en ont énormément besoin dans ce monde où cette année encore une femme autiste est morte dans un hôpital psychiatrique des électrochocs lui ayant été administrés en raison de sa « sévère dépression »…clairement on a besoin de l’antipsychiatrie féministe et de sa lutte contre les électrochocs psychiatriques en tant que violence faite aux femmes pour les faire interdire car c’est une torture et violence dont des femmes autistes meurent encore maintenant. Le mouvement des folles rejoint l’antipsychiatrie avec des perspectives féministes lui étant similaires. Les femmes autistes encore bien souvent perçues et traitées comme des folles continuent d’avoir aussi besoin de ce mouvement là. Vient le féminisme neurodivergent ensuite qui pour le coup est principalement fondé sur les besoins des femmes autistes outre qu’il fait plus attention à l’intersectionalité au sens de intersections entre lutte des classes, antiracisme et féminisme et aux droits LGBT que le mouvement pour les droits des autistes mixte à domination masculine même si il a encore beaucoup de boulot à faire là dessus et qu’il fait nettement plus que lui le boulot de faire les ponts avec la communauté autour de l’antivalidisme physique et qu’il offre aussi un visage « plus acceptable » parce qu’à l’air « moins dangereux » du mouvement de façon très ambivalente mais augmentant sa popularité dans une mouvance très similaire à ce qui se passe avec l’antiracisme au féminin ce qui fait que comme les femmes racialisées les femmes autistes accèdent plus facilement à des postes universitaires que les hommes qui le sont car elles font « moins peur » d’une certaine façon aux dominants blancs valides du système en place ce qui en fait les portes paroles du mouvement en tant qu’universitaires les plus crédibilisées et populaires mais aussi les plus privilégiées ce qui pose problème car beaucoup ont moins de pouvoir même d’autres femmes autistes moins aptes à rentrer dans les clous de la féminité attendue ou/et plus pauvres et n’ont pas les portes voix nécessaires pour faire valoir qu’elles ne se retrouvent guère en leurs discours quand c’est le cas et ça c’est chiant. Sérieusement un peu d’anarchisme questionnant au sein de nos mouvements la hiérarchie et l’autoritarisme devient sérieusement nécessaire à ce stade. Cependant c’est un beau bordel parce que les anarchistes validistes envers les autistes sont ultra majoritaires dans ce milieu alors mêler politique pro libération des autistes et anarchisme c’est vraiment la quadrature du cercle mais ça reste très hautement nécessaire à mon sens.

Autre problème commun le faux (au sens de pas aidant) diagnostic…il est très commun qu’une personne autiste surtout si c’est une femme se retrouve avec une ou plusieurs autres étiquettes psychiatriques lui étant collées avant que les gens ne captent qu’elle est autiste car cela étant supposé rare on le lui renie très souvent le fait qu’elle l’est autiste donc en fait très souvent ce avec quoi on prétend l’aider ne l’aide pas car on oublie un facteur essentiel pour la comprendre.

En fait dans l’interaction entre autisme et autres étiquettes psychiatriques là où c’est complexe à comprendre et ça constitue le point majeur de mésentente entre la communauté autistique et les gens qui ont une des 264 autres étiquettes du DSM tourne autour de trois problèmes majeurs :

1-L’autisme est très souvent confondu dans ses manifestations surtout chez les femmes autistes avec d’autres étiquettes du DSM.

2-Résultat une personne autiste qui a ou a eu d’autres étiquettes psychiatriques moins explicatives de qui elle est va très souvent douter de leur pertinence pour qualifier sa façon d’être.

3-En particulier quand comme c’est généralement le cas c’est une femme autiste avec un diagnostic secondaire type dépression ou trouble anxieux (même si celles avec une étiquette TDA/TDAH, TCA, Tourette, Bipolaire ou Borderline s’interrogent typiquement énormément également de façon légitime sur la pertinence de leur diagnostic secondaire dans leur cas) qui va alors beaucoup se demander jusqu’où son degré de peur ou de tristesse est vraiment « pathologique » vis à vis de la situation qu’elle vit d’autiste dans une société non conçue pour elle qui est objectivement et légitimement stressante et désespérante à un très haut degré.

La plupart se reconnaissent dans leur diagnostic d’autisme mais leur réaction face à leurs autres étiquettes psychiatriques d’autant plus lorsqu’elles sont femmes sont typiquement nettement plus variables et mitigées. Il y a donc doute légitime au départ sur les autres étiquetages psychiatriques que l’on peut recevoir en ces cas là et en règle générale une période de 5 ans après mènent la plupart à juger six ans plus tard leurs autres diagnostics également vrais légitimes et aidant mais ce n’est pas le cas de toutes car les faux diagnostics en la matière sont communs ce n’est pas seulement du déni dans le cas des autistes d’autant plus lorsque femmes qui reçoivent d’autres étiquettes psychiatriques mais aussi de la défiance légitime vis à vis d’une incompréhension profonde très commune de la part des psychiatres du fonctionnement des autistes en général et des femmes autistes d’autant plus. De plus la majorité quand elles reçoivent des étiquettes type troubles anxieux et dépression considèrent qu’elles sont des conséquences secondaires des difficultés vécues en tant que personnes autistes vivant dans un monde pas conçu pour elles et hyper validiste envers leur autisme et que cela est insuffisamment pris en compte par les psychiatres et rend leur diagnostic secondaire moins pertinent de ce fait vu qu’il ne prend pas l’articulation de leur autisme avec leur(s) diagnostic(s) secondaire(s) type troubles anxieux et/ou dépression en compte. Parce que souvent l’origine de ça c’est le validisme anti autiste subi alors on ne risque pas d’en sortir sans le prendre en compte à sa juste mesure. Beaucoup pensent que pour elles ses problèmes n’existeraient pas si le validisme anti autiste n’existait pas où seraient moins « sévères » comme ils sont souvent qualifiés de l’être par les psychiatres s’occupant d’elles à tout le moins.

Certains vont même plus loin notamment des psys spécialisés dans l’autisme et eux mêmes autistes et appartenant au mouvement pour les droits des autistes qui vont jusqu’à considérer que lorsque présents surtout chez les adultes autistes les problèmes étiquetés sous les noms de « troubles anxieux » et de « dépression » par les psychiatres sont le plus souvent (dans 80% des cas qu’ils ont étudié) causés à l’origine par d’anciennes stratégies d’intervention ineffectives qui ont essayé de les aider sans prendre leur autisme en compte ou en le faisant d’une façon maltraitante pour les personnes autistes. La réaction typique des autistes surtout femmes à qui l’on dit cela est le plus souvent de considérer que la coexistence de leurs diagnostics d’autisme et/ou de troubles anxieux et/ou dépression est une description correcte du moins dans les limites ou les descriptions psychiatriques peuvent l’être de leur condition mais incomplète qui ne dit pas toute l’histoire expliquant comment elles en sont arrivées là c’est particulièrement un problème quand les autres aspects de qui elles sont en terme d’étiquetage psychiatrique prédominent ou sont davantage visibles mais masquent leur autisme de ce fait certaines finissent par surtout si elles tombent sur des professionnels peu compétents comme ça peut hélas arriver par enchaîner les étiquetages psychiatriques pour les femmes autistes recevoir 5 autres diagnostics dont tous s’avèrent soit faux soit incomplets avant d’être correctement diagnostiquées autistes n’étant hélas pas du tout une chose rare (c’est à partir de 6 faux et/ou incomplets diagnostics que ça devient rare mais ce n’est pas non plus un truc qu’on ne voit jamais malheureusement surtout en France où l’incompétence face à l’autisme est extrême chez les psys même censés en être spécialistes) le résultat est le plus souvent des « aides institutionnelles » frustrantes et inefficaces au point d’en être carrément traumatisantes car inadaptées.

Le problème le plus typique étant les psys inaptes à distinguer une phobie sociale et l’angoisse des relations sociales due à l’autisme…dans le premier cas la peur est irrationnelle dans le second elle est la conséquence secondaire d’une réelle expérience de difficultés sociales et de communication donc forcément les « thérapies » centrées sur le fait de prétendre faux ces problèmes alors bien réels sont alors totalement inadaptées et inefficaces. Comme expliqué par une autiste avec ce problème c’est plus pour nous quand on a pas vraiment de phobie sociale de l’ordre du type d’angoisse que ressent un élève très mauvais en maths avant un contrôle de maths sauf que notre contrôle en compétence sociale à imiter la socialisation et la communication non autistes c’est tout les jours à chaque fois qu’on parle avec des gens non autistes. Du coup ça nous donne le même niveau d’angoisse de socialisation tout les jours à chaque fois qu’on parle que celui d’angoisse des maths qu’aurait un élève très mauvais en maths qui aurait contrôle de maths tout les jours à chaque fois qu’il parlerait à quelqu’un, résultat ce n’est que quand le niveau d’angoisse sociale d’une personne autiste excède cela selon les personnes autistes ayant reçu ce diagnostic et celui de phobie sociale que la phobie sociale est vraiment pour elles un diagnostic pertinent au sens d’aidant dans leurs cas. Là où dans la plupart des cas cela ne l’est point et empêche surtout de comprendre où ce situe vraiment le problème qui n’est pas une peur irrationnelle mais des difficultés sociales réelles.

Beaucoup d’adultes autistes ayant reçu les deux diagnostics d’autisme et d’anxiété sociale par erreur expliquent surtout quand celui d’anxiété sociale leur était posé avant que leur autisme ne soit réellement repéré qu’être reconnus autistes et avoir vu ce second diagnostic considéré en tant qu’une erreur de la part de leur ancien psychiatre a été pour eux la route de l’acceptation d’eux mêmes et de l’accès aux aménagements adéquats pour y pallier quand d’autres qui n’ont pas eu la même chance ont passé des années à s’auto-dévaloriser dans des thérapies visant à leur retirer sans succès en dépit de tout leurs efforts souvent extrêmes et très dévalués par leurs psys en ce sens un problème qu’ils ne risquaient pas de pouvoir résoudre au vu du fait qu’ils n’avaient jamais eu celui ci en réalité. (source ici : https://awnnetwork.org/autistic-women-misdiagnosis-and-the-importance-of-getting-it-right/)

Enfin reste le cas le moins fréquent mais qui reste commun, le dernier tiers, le tiers perdant, les personnes autistes qui se retrouvent avec un ou plusieurs diagnostics secondaires non seulement faux mais en plus pas aidant du tout, par exemple c’est très fréquent malheureusement concernant les femmes autistes qualifiées de borderlines par erreur, qu’elles se retrouvent pour cela enfermées de force pendant des années dans un hôpital psychiatrique les soignant pour un « trouble de la personnalité borderline » qui n’a jamais correspondu à qui elles étaient en quoi que ce soit en réalité une situation bien difficile à vivre. Ceci menant couramment à mal interpréter tout ce qu’elles disent et leur inventer des intentions qu’elles n’ont jamais eues. D’où des traitements très inefficaces et des séjours psychiatriques forcés extrêmement longs reflet du fait qu’ils ne les comprenaient pas et ne savaient pas vraiment quoi faire d’elles. Sans compter bien sûr que ce n’est pas parce qu’une personne se sent aidée par le fait d’avoir un diagnostic d’autisme + une ou plusieurs autres étiquettes psychiatriques qu’elle est forcément aidée par celles qu’elle a car il est aussi très commun qu’une ou plusieurs dans le tas soit fausses tandis qu’une ou plusieurs ne sont pas repérées et l’aideraient pourtant d’avantage donc soit plus « vraies » en ce sens. Bref le comportement et le psychisme des personnes autistes différant de ceux des non autistes sur lesquels sont fondés les modèles psychiatriques conventionnels en la matière c’est la fête de la confusion, des mauvais diagnostics et des diagnostics incomplets et quand en plus on est une femme autiste donc le genre de personne pas prévue dans le scénario du film il y a erreur système et tout ces problèmes s’amplifient d’autant plus. Par exemple il est assez fréquent que les psychiatres confondent les meltdowns des femmes autistes stressées par leur psychiatrisation forcée avec l’instabilité émotionnelle qu’ils attribuent aux femmes borderlines. Le gros problème en effet est aussi qu’en surpsychologisant les problèmes des femmes autistes de façon très commune surtout quand ils les repèrent pas ou mal de façon incomplète en portant insuffisamment attention à comment ceux ci interagissent avec leur autisme les psychiatres se retrouvent très souvent avec un énorme décalage complètement traumatisant entre ce qu’ils veulent faire et est le but de l’aide et du soutien qu’il leur parait nécessaire d’apporter à ces femmes autistes à leurs propres yeux et celui dont elles ont vraiment besoin pour lequel elles viennent les voir et qu’ils leur refusent presque toujours. Ainsi par exemple globalement la dynamique de leur méthode de « soin » de ces femmes est en règle générale presque toujours qu’ils tentent de les calmer en amenuisant l’intensité de leurs émotions ce dont elles se foutent bien et qui les dessert plus que cela ne les aident sans faire ce qu’elles attendent d’eux à savoir leur apporter une aide pour pouvoir devenir indépendantes, être plus douées concernant les fonctions exécutives et obtenir d’avantage de compétences sociales ce qui leur semble important mais secondaire face au problème majeur des femmes autistes trop souvent négligé et qui les empêche d’être indépendantes : les galères d’organisation causées par les troubles des fonctions exécutives. Là où les hommes autistes généralement augmenter leurs compétences sociales afin de trouver une femme qui fait les tâches d’organisation pour eux leur suffit amplement à devenir « indépendants » selon la définition masculine (cishétéro s’entend) de l’indépendance les femmes autistes elles galèrent moins sur le relationnel mais pour elles les fonctions exécutives c’est l’enfer et s’organiser aussi du coup et c’est principalement là que leur handicap se situe mais rien n’est reconnue face à cela et étant perçue dans cette part d’elles mêmes de femmes inorganisées à un point très handicapant leur rendant galère l’accès à l’indépendance selon la définition féminine de cette dernière elles se retrouvent très souvent dans la merde car perçues pour cette raison comme « contre-nature » et ne pouvant pas exister en tant que femmes pas calibrées pour faire le ménage et donc en complet décalage avec les stéréotypes de genre style Manif Pour Tous si chers à notre société malheureusement malgré tout les malheurs qu’ils engendrent. De plus une autre difficulté commune que rencontrent les femmes autistes est d’être perçues comme de mauvaises mères ou inaptes à la maternité et une des choses qui forment les combats du féminisme neurodivergent est de combattre cette perception erronée pour faire en sorte que cesse les problèmes encore bien trop communs de sévices sociaux qui retirent leurs enfants automatiquement aux femmes ayant un diagnostic d’autisme par pur préjugé envers elles comme forcément de mauvaises mères et les stérilisations forcées de femmes autistes qui demeurent encore hélas pratiquées parfois et qui étaient monnaie courante dans un passé encore bien trop peu lointain.

Les personnes autistes non binaires ont également un dur combat à mener pour prouver leur existence.

Aussi un problème commun est que sur la présentation commune de l’autisme au féminin on a surtout des croyances et des clichés et en vrai aucun consensus n’existe vraiment car le nombre de recherche scientifique sur l’autisme au féminin est de zéro, toutes les études sur les personnes autistes partent de modèles d’autistes hommes…c’est un problème contre lequel les femmes autistes réclament également que de meilleures recherches soient faites.

On a aussi un mouvement qui fait de son mieux pour donner la parole aux autistes surtout à celles et ceux qui sont non verbaux mais ça reste galère à cause du validisme jusque dans le mouvement pour le droit des autistes en lui même c’est dire le boulot à faire à ce niveau idem concernant les autistes cumulant avec une ou plusieurs des 264 autres étiquettes du DSM et ou des handicaps et/ou maladies chroniques physiques et ceux qui cumulent avec d’autres oppression où des problèmes de classe sociale et exploitation liés à la pauvreté. Bref c’est le bordel c’est pour ça aussi qu’on patauge.

Aussi j’aurais envie de rajouter que j’ai vraiment un énorme problème avec le libéralisme de notre propre mouvement…c’est aussi mon souci fondamental avec son approche dominante droitdelhommiste en fait ce réformisme libéral qui ne lutte que pour mettre fin à la discrimination au travail…moi je m’en fous je veux mettre fin au travail en lui même en fait. J’aimerais que la perspective anti-travail et pro droit à la paresse soit beaucoup plus commune parmi nous autres. Je me retrouves bien plus dans ce texte : https://everdifferentwaters.blogspot.com/p/anti-work.html moi aussi j’aspire au plein chômage. Au vrai chômage dépourvu de l’obligation de trouver un emploi et des peurs allant avec derrière. Même si il n’était pas aussi inutile, ennuyeux et fatiguant qu’il l’est le plus souvent le travail resterait inacceptable car bien trop chronophage et usurpant ainsi nettement trop notre temps. Je rejoins tout à fait les textes de Bob Black sur l’abolition du travail sur le point suivant : « La seule façon dont le temps libre est gratuit est en ce qu’il ne coute pas un rond au patron. Cependant on passe la majorité de son soi disant temps libre à se préparer pour redevenir aptes à mieux et plus travailler, aller au travail, retourner au travail et récupérer du travail. » Je ne suis bien évidemment par contre l’activité productive mais contre le travail salarié et le système économique productiviste de la civilisation industrialiselle écocidaire dans lequel il nous prend telles des hamsters dans leurs roues si très clairement je suis opposée à cela. D’ailleurs je tiens à faire remarquer que le travail salarié n’est jamais volontaire au sens où la contrainte de pression sociale à l’effectuer est bien trop forte dans nos sociétés contemporaines pour que l’on puisse vraiment considérer à mon sens que si plier soi jamais de l’ordre du choix libre. Reprendre le contrôle de nos vies implique de sortir du cadre de l’exploitation et cela signifie nécessairement sortir du salariat…pourquoi sauter d’une exploitation vers une autre hormis si l’on a vraiment pas d’autre choix? J’admets ne pas bien comprendre cela. Notre civilisation cependant a cessé depuis longtemps de valoriser le travail productif pour lui préférer un travail inutile et dépourvu de sens aujourd’hui on vit dans une société où tout est travail mais en fait tout le monde fait semblant de travailler tout le temps car on sait bien que la majorité des activés salariées que l’on fait sont inutiles et ne servent qu’à maintenir l’illusion que travailler dans le salariat a un intérêt en soi et pour soi.

Et tout ça on doit le mettre en question aussi dans nos mouvements pour la libération des personnes autistes à mon avis d’autant plus que nos corps et esprits particulier sont particulièrement mal adapté au travail salarié dans sa forme la plus commune à l’heure actuelle et n’en sont tout simplement la plupart du temps pas capables en fait on est à l’heure des choix face à la même question qu’ont eu à se poser les féministes dans les années 1970 est ce qu’on s’intègre dans le travail ou est ce qu’on le désintègre pour créer une société adaptée à nos réels besoins…malheureusement il semble que nous prenions le chemin de faire la même erreur que ces dernières. On a tellement l’habitude d’adapter nos corps et esprits à des exploiteurs qu’en fait la plupart d’entre nous la plus haute idée de la liberté que l’on se fait c’est d’en changer en troquant nos psychiatres et parents contre des parents…de rejoindre la misère de l’ouvrier valide en somme…je pense qu’on peut et donc qu’on doit rêver plus loin que ça et se donner les moyens de réaliser nos rêves de liberté les plus ambitieux.

Les autistes et le validisme intériorisé c’est aussi un problème sans doute le problème majeur même et on prend insuffisamment cela en compte à mon sens. Bien sur ça inclut les campagnes pour sortir de la stigmatisation et des clichés mais ça peut et doit aller bien plus loin que cela à mon sens. Aussi une chose très importante va aussi être d’apprendre à savoir dialoguer avec les autistes n’appartenant pas à nos milieux militants et découvrir comment prendre au mieux leurs points de vues en compte. Le fait de reproduire le professionnalisme militant comme forme de hiérarchisation implicite des vécus on ne le fait que bien trop je trouve.

Sinon nos mouvements militants ont enfin suffisamment poussé pour que des recherches sur autisme sexualité et identité de genre orientées sur la question des autistes LGBT commencent enfin à exister mais ça demeure au stade expérimental pour le moment donc leur conclusion n’existent pas encore, on nous reproche souvent de faire dans le DIY et le système D pour s’entraider dans nos mouvements sur une base de qualité de recherche scientifique douteuse mais 98% des recherches soit disant scientifiques à notre propos sont fondées sur l’idéologie de trouver un « remède » à l’autisme dont l’immense majorité des personnes autistes ne veulent pas du tout et finalement l’aide concrète pour vivre nos vies comme elles sont et les recherches effectuées à propos des sujets nous intéressant vraiment comme comprendre l’autisme par exemple ce sur quoi on veut plus d’informations pour de vrai sont extrêmement lacunaires en réalité.

En fait on passe énormément de temps à y militer pour bien mettre en avant ce que l’on considère que l’autisme n’est pas, pas une maladie, pas un trouble, pas quelque chose qu’il faut soigner mais on passe nettement moins et pas assez de temps à mon sens à redéfinir en nos propres termes ce qu’il est alors que pour la plupart d’entre nous notre autisme est une part extrêmement importante de nous mêmes.

La plupart des personnes autistes se retrouvent dans les idées du mouvement pour la neurodiversité et perçoivent avant tout l’autisme en tant qu’une neuroatypie aujourd’hui c’est à dire un fonctionnement cognitif en dehors de la norme. L’autisme est donc à leurs yeux un fonctionnement cognitif minoritaire à partir duquel ils considèrent les autistes comme une minorité cognitive dit ainsi cela fait sens mais du coup il faut encore distinguer la spécificité de l’autisme vis à vis des autres minorités cognitives pour que ça tienne la route et là ça devient souvent plus délicat de se mettre d’accord. On s’accorde à dire qu’entre comme se voit la communauté autiste et comment les non autistes nous perçoivent il y a un monde de différence mais sur de quoi il est constitué cela est assez difficile à saisir et définir. Toujours est il qu’il y a au moins un point sur lequel nous sommes presque tous d’accord dans nos communautés qui est que les seuls spécialistes de l’autisme sont les autistes eux mêmes. L’avis de ceux qui ne le sont pas sur ce qu’est l’autisme ne compte tout simplement pas. Par exemple la définition de l’autisme comme fondé sur une incapacité de socialisation et de communication est tout simplement erronée…la vérité est beaucoup plus pragmatiquement que socialisation et communication ne peuvent se faire qu’à deux et le souci majeur dans l’affaire et que l’on socialise et communique différemment des neurotypiques mais eux étant dominants refusent d’apprendre nos modes de socialisation et de communication, or communiquer se fait à deux et n’a aucune chance d’arriver vraiment entre un groupe dominant qui exige que l’on apprenne sa langue et un groupe dominé qui se voit interdit par ce même groupe dominant autant que faire se peut dans la sienne que le dit groupe dominant tente de détruire à tout prix.

36 ans d’espérance de vie car les non autistes ont peur de nous et nous oppressent pour cette raison jusqu’à hélas finir par donner des envies suicidaires terminales à la plupart des personnes autistes malheureusement assez tôt dans leur vie, néanmoins que l’on soit limpides là dessus : ce n’est pas l’autisme en soit mais le validisme anti autiste intériorisé qui en est la cause.

Et tout ça pourquoi? En quoi somme nous si différents des neurotypiques? Qu’est ce qui fait qu’ils nous comprennent si peu que l’on est pas considérés par eux comme des êtres humains au point que nous mêmes finissons par nous sentir extraterrestres?

Apparemment ce qui se repère le plus vite c’est que nous ne bougeons pas exactement de la même façon que les neurotypiques, ensuite ceux ci repèrent que davantage qu’eux nous adoptons des comportements répétitifs et apprécions plus qu’eux de beaucoup passer de temps dans nos vies à sauter, bouger, rebondir et/ou nous balancer…pour les neurotypiques cela est étrange et nous rend apparemment effrayant car eux n’aiment pas répéter ce type de comportement autant que nous, ils ne nous comprennent pas sur ce point, nous trouvent bizarres et imprévisibles et à cause de cela on peur de nous nous jugeant fous. Pourtant la raison à cela est bien simple c’est que faire tout cela nous détend mais comme eux cela les stressent de nous voir le faire ils ne nous comprennent pas et refusent de l’accepter quand on le leur explique car vu que superficiellement on leur ressemble physiquement ils ont du mal à accepter qu’en fait la vérité et qu’on a un fonctionnement cognitif très différent du leur. De la même façon lorsque nous sommes stressés, sous stimulés ou sur stimulés nous tendons à avoir des modifications sensorielles ou émotionnelles rendant nos sens et émotions différents et beaucoup plus ou bien moins intenses que d’ordinaire ce qui du point de vue externe passe pour les neurotypiques pour une maladie et est ce qu’eux considèrent comme des « crises » d’autisme.

En vérité nous avons simplement des émotions et des processus sensoriels divergents de ceux des neurotypiques et plus sensibles que les leurs aux perturbations environnementales plus aisément facteurs de stress pour nous que pour eux. Cependant c’est en quelque sorte là encore une des façons dont nous régulons notre stress et la cause numéro 1 de l’auto-mutilation à laquelle se livrent un tiers des autistes et surtout du suicide chez les personnes autistes qui est malheureusement la façon dont nos vies d’autistes finissent le plus souvent est l’échec de cette tentative de régulation suite à un état de stress extrême ayant fait que cela a échoué et nous ayant mis en état suicidaire à cause de cela. Hélas ce mécanisme et très mal compris et recherché.

Pourtant c’est bien cela qu’il est le plus majeur que l’on soit en mesure d’en savoir plus vu que le suicide est ce qui met le plus fin le plus tôt à la vie du plus de personnes autistes et donc notre problème principal en tant que communauté et pourtant de ce côté là on ose pas trop en parler ni appeler un chat un chat car le sujet est complètement accaparé par les gens qui veulent psychopathologiser l’autisme, personnellement je trouve que ne pas en parler est une erreur stratégique fatale qui leur donne le droit à un discours hégémonique sur cet aspect là de l’autisme. J’espère énormément qu’on sortira de cela bientôt car on en a un besoin impératif de briser ce tabou dans nos communautés ne serait ce qu’afin que nous mêmes vivions plus longtemps en moyenne. Je sais bien qu’on part du principe que créer des milieux plus acceptant suffit pour éviter cela mais ça me semble très idéaliste et utopiste.

Apparemment les psys s’en foutent encore plus que nous donc sur pourquoi les autistes se suicident aussi nombreux et aussi tôt il n’existe aucune étude de qualité fiable…et après ils viennent nous raconter se soucier de notre « santé mentale » non mais la blague quoi…bref…en même temps il est très probable qu’en faisant de vraies recherches ils découvrent que c’est eux et leurs « thérapies » contre nous qui nous tuent le plus donc on comprend aussi qu’ils en soient pas hyper pressés.

Sinon parmi nos différences centrales vis à vis du fonctionnement neurotypique nous avons une façon divergente de procéder l’information la retenant mieux lorsque l’on bouge et pensant d’avantage en image qu’en mot à l’inverse d’eux. On a aussi tendance à bien plus être aptes que les neurotypiques à une très forte focalisation sur ce qui attire notre intérêt, toute ces particularités faisant que l’étiquette sociale neurotypique nous est difficile à saisir et appliquer.

Donc si je tente le même portrait résumé d’un neurotypique du point de vue autiste de façon à peu près neutre c’est une personne au corps qui bouge différemment du notre souvent de façon plus souple et aisée, qui n’aime pas trop répéter les mêmes gestes, stresse de nous voir faire cela alors que nous ça nous détend et à du mal à comprendre pourquoi cela nous relaxe et à l’accepter, qui hormis cela nous ressemble physiquement mais a une espérance de vie bien plus longue que la notre et tend à mourir davantage de cancer que de suicide, qui n’expérimente pas bien qu’on pourrait le croire car hormis ces quelques points de détails globalement nous sommes biologiquement semblables ce monde exactement de la même façon que nous car si ses émotions et capacités sensorielles sont à peu près les mêmes que les nôtres globalement il ne les régulent et procède pas comme nous celles ci étant chez lui moins intenses et plus homogènes et stables que chez nous, plus faciles à réguler et moins sensibles aux perturbations environnementales même si cela a aussi l’inconvénient de les rendre beaucoup moins observateurs que nous des changements subtils dans l’environnement, ils retiennent mieux l’information sans bouger au contraire de nous, ils pensent en mots exclusivement ont une capacité de focalisation inférieure à la notre mais sont aussi comparé à nous des êtres hyper sociaux car au contraire de nous autres la principale source de leur bonheur se trouve dans leurs interactions sociales quand pour nous c’est plutôt pouvoir nous concentrer à fond sur des sujets qui ont su capter notre intérêt.

On trouve sinon important aussi le militantisme quoi qu’il soit peu mis en avant qui permet notre accès à l’éducation sexuelle. En fait quand j’y pense pour nous autres sur un peu tout les plans tout reste à faire. Il s’agit aussi d’apprendre notre histoire et la transmettre ce à quoi s’emploient beaucoup des nôtres. Au final le manque d’information extrême sur quoi que ce soit à propos de l’autisme nous rend victimes d’une forme particulièrement violente d’aliénation où nous sommes rendus étrangers à nous mêmes très littéralement. Déjà nous ne possédons rien pour la plupart d’entre nous toute notre vie durant nous sommes la propriété de nos parents et le diagnostic d’autisme posé sur nous qui fait qu’il en est ainsi est la propriété de la psychiatrie. De là vient que les psys et les parents sont nos principaux oppresseurs et exploiteurs. Et donc ceux dont nous esprits doivent se libérer pour que nous réussissions nos tentatives de libération cognitive. Nous avons cependant une conscience très forte de notre aliénation à cela et de notre nécessité de nous en libérer c’est toujours ça de pris. On sait aussi que penser l’autisme au travers des analyses marxistes est une nécessité pour mieux nous comprendre et mieux définir le futur de nos luttes mais c’est encore assez émergent et expérimental comme façon de penser l’autisme.

Le fait est certain en tout cas que notre autisme n’est pas soluble dans le capitalisme, les autistes pour la plupart se reconnaissent dans la position anticapitaliste. Malheureusement vu la force des idées validistes anti autistes chez les militants d’extrême gauche non autistes ultra majoritaire ceux qui sont autistes passent surtout tout leur temps à l’intérieur de ces groupes à apprendre les bases de la neurodiversité et du mouvement pour les droits des autistes à des camarades non autistes qui s’en foutent parce qu’ils ont trop intérêt à rester nos oppresseurs pour avoir envie de changer d’idée là dessus nous concernant pour quasi tous. Malgré cela il est évident que les autistes sont sureprésentés à l’extrême gauche qui est leur bord politique le plus fréquent après tout le capitalisme est totalement illogique donc c’est normal qu’il s’accommode mal de la façon de pensée autistique contrairement à lui très pragmatique. Aussi on est pauvres pour la plupart d’entre nous donc l’intérêt de classe des autistes est du côté du prolétariat dans la lutte des classes en règle générale, je pense que c’est surtout ça la raison de l’orientation politique révolutionnaire plus commune chez les personnes autistes. Ah et nous ne sommes pas du tout adaptés par notre fonctionnement cognitif au travail salarié capitaliste contemporain comme on l’a vu précédemment. Tout cela fait qu’on a totalement intérêt à la révolution socialiste surtout que la société qu’elle nous promet où tout serait fait pour chacun selon ses capacités et besoins serait bien d’avantage adaptée pour nous que celle qu’on a maintenant.

Par contre les réformistes ont beau être plus minoritaires que je ne le pensais initialement dans nos mouvements ce sont hélas clairement eux qu’on entend le plus et leurs politiques de visibilité, d’inclusion et d’intégration a dans la fraction révolutionnaire du mouvement on le constate de façon unanime tout d’un piège du coup un minimum d’analyse matérialiste d’inspiration marxiste de nos situations serait le bienvenue pour éviter d’y tomber. On le sait les adultes autistes finissent plus souvent à la rue que les autres et trouver un emploi en étant autiste relève plus de l’exception que de la règle, cela dans des situations extrêmement précaires de plus ou les aides théoriquement acquises de droit aux autistes sont très dures à avoir car on manque de reconnaissance et les gouvernements capitalistes procèdent à toutes les magouilles imaginables pour nous en verser le moins possible. Il y a aussi le souci majeur que le stéréotype fortement partagé selon lequel l’autisme est blanc rend plus difficile l’accès à un diagnostic d’autisme pour les personnes noires.

Ah purée finalement les autistes marxistes ont réussi à entrainer la classe ouvrière dans son ensemble dans le soutien de la lutte anti tortures psychiatriques de type électrochocs bon ils sont encore loin d’avoir pigé que notre confinement quasi carcéral dans les hôpitaux psychiatriques et les traitements forcés quelque soit leurs formes qui font fi de nos consentement c’est aussi des oppressions et de la merde coercitive et encore plus loin d’avoir capté que c’est également le cas de la psychiatrie en son ensemble même hormis cela mais on avance…donc en fait il y a bel et bien plus que la droite pour défendre les tortures psychiatriques par électrochoc par idéal réactionnaire globalement…c’est bon signe si on arrive à mettre au moins fin à ça à force de le dénoncer collectivement ce sera déjà une avancée énorme…après pour avancer plus loin par contre nos mouvements devraient devenir clairement anti carcéraux et cela en revanche ça risque d’être une gageure.

Il est aussi évident que le capitalisme a tout intérêt à faire passer les inégalités entre autistes et neurotypiques pour « naturelles » en les biologisant par le modèle médical de l’autisme histoire de pouvoir renforcer la fausse idées que ces inégalités sociales structurelles entre les deux viendraient du problème inhérent aux corps et cerveaux autistes lorsque le véritable souci est en fait comme le souligne fort justement le modèle social de l’autisme que la société capitaliste est structurellement organisée de façon validiste envers les personnes autistes. Cela dépolitise ces inégalités que les comprendre selon le modèle social du handicap repolitisent.

Bon il y aussi des gens pour prétendre que Karl Marx était lui même autiste c’est bien évidemment invérifiable mais personnellement j’aimerais beaucoup que les cadres du mouvement ouvrier qui lisent et boivent ses paroles comme si c’était la Bible le croit je suis sure que nos luttes pour la libération des autistes avanceraient nettement plus vite si il en était ainsi alors euh je ne propagerais pas cette rumeur moi même par souci de véracité mais je comprends pourquoi certains tentent le coup.

Janine Booth a énormément exploré le terrain du lien entre autisme et marxisme partant du modèle social du handicap elle a fait remarqué qu’il est important pour comprendre tout handicap de le situer dans le contexte social avec lequel il interagit mais que cela est d’autant plus central lorsqu’il s’agit d’aborder la question de l’autisme puisque celui ci est un handicap lié aux interactions sociales, en effet, si l’autisme empêche de suivre les règles de l’étiquette sociale alors pour le situer socialement et donc politiquement il est fondamental de comprendre qui décide de ce que les règles sociales sont. Bien évidemment la grille de lecture marxiste du monde permet de faire remarquer que ce sont les capitalistes qui décident des règles sociales dans nos sociétés et qu’il en ressort nécessairement un impact fort du capitalisme sur les vies des personnes autistes. Notamment le capitalisme a considérablement accru les pressions sociales et sensorielles auxquelles les personnes autistes sont soumises et aggrave sans cesse cette situation au fur et à mesure que la croissance de son système s’accélère. Ceci amène les personnes autistes dans ce système économique à vivre dans des états de fort stress et de fortes détresses. Le résultat est assez logiquement une augmentation des diagnostics d’autisme probablement que cela est surtout du a davantage d’information qu’auparavant sur ce que l’autisme est vraiment mais que le monde soit plus dur pour les autistes aujourd’hui qu’auparavant et pousse davantage de personnes ayant pu jusqu’alors se passer de ce diagnostic à le demander car elles ne s’en sortent plus aujourd’hui sans cette reconnaissance officielle de leur autisme et les aides allant avec là où elles l’auraient mieux pu autrefois quand la concurrence et le validisme anti autiste sur le marché du travail étaient moins rude fait aussi sens comme explication potentiel du fort accroissement récent de diagnostics d’autisme. On peut noter que pour le capitalisme contemporain être sociable de façon valide est un souci majeur et que cela est la principale raison qui fait que nos sociétés conceptualisent l’autisme comme étant un problème.

Une autre raison de l’importance d’une prise en compte de l’autisme au sein du mouvement ouvrier et de la lutte des classes ce sont les besoins spécifiques des autistes issus de familles prolétaires car la pauvreté rend l’accès au soutien davantage difficile pour les autistes appartenant au prolétariat. Exclus du travail les autistes le sont cependant aussi de la société en cela on peut analyser leur position spécifique comme plutôt celle du sous prolétariat voir située globalement hors du champ politique vu qu’on nous peint toujours comme des non humains et qu’en fait rien qu’en existant les mouvements politiques d’autistes démontrent notre capacité en tant que personnes autistes à être suffisamment conscients de nous mêmes et individualisés pour posséder nos propres opinions politiques et militer en leur faveur ce qui en soit dément la position apolitique à laquelle notre stigmatisation par nos oppresseurs en tant qu’êtres non humains sans conscience veut nous contraindre après la question se pose aussi du côté des autistes libertaires de si cela nous intéresse vraiment de nous intégrer à la politique par une politique autistique ou si nous ne préférerions pas plutôt partir de notre exclusion du politique pour détruire la politique et avec elle la hiérarchie sous toutes ses formes (ça c’est moi qui rajoute mais la nuance me semble essentielle sur ce point). Sinon pour les autistes employés c’est la fête des emplois précaires, le capitalisme contemporain exige dans tout les métiers avant tout d’avoir les compétences sociales des neurotypiques les plus sociaux ce qui rend le travail dans ce contexte inaccessible à la plupart des personnes autistes. On en vient à porter les mêmes analyses qui mènent aux politiques axées sur l’accessibilité selon lesquelles c’est avant tout le lieu de travail des autistes qui doit être changé et non pas les travailleurs autistes qui doivent se détruire psychologiquement en tentant désespérément de s’y accommoder en étant des chevilles rondes ne rentrant pas dans les trous carrés tel que c’est le cas aujourd’hui.

Dans la société du spectacle la position autistique est un peu particulière en ce qu’elle est le spectacle que l’on donne à montrer aux autres, notre exploitation dans le capitalisme consiste à faire peur avec notre monstruosité comme à l’époque des foires aux monstres tout en donnant en spectacle nos intérêts spécifiques exotisés sous la forme des tours de soit disant « dons spéciaux » des autistes exposés comme des singes savants. Très littéralement. Bref dans la société du spectacle les capitalistes sont les metteurs en scène, les travailleurs valides sont les spectateurs et le spectacle entre autre c’est nous.

Nous sommes les contres modèles érigés en monstres montrés du doigt en tant que les exemples à ne pas suivre, ce n’est qu’ainsi que pour les valides et par le validisme la société contemporaine légitime l’universalité d’une vision unique de la vie, en l’imposant aux sens et à la conscience de tous, via une sphère de manifestations audio-visuelles, bureaucratiques, politiques et économiques, toutes solidaires les unes des autres. Ceci, afin de maintenir la reproduction du pouvoir et de l’aliénation : la perte du vivant de la vie.

Tel est l’appareil de propagande de l’emprise du capital sur les vies et c’est bien car le conformisme est devenu le totalitarisme d’aujourd’hui que les autistes dont le fonctionnement cognitif les en placent en dehors qu’ils le veuillent où pas sont exclus socialement. Exclus de l’école et des études car pas conformes au moule conformiste scolaire puis estudiantin. Exclus du travail car non conforme au moule du travailleur de la société capitaliste actuelle. Conformisme, obéissance à l’autorité et compétition sont les trois valeurs motrices de l’école et sont également trois domaines face auxquels le fonctionnement cognitif autistique se trouve mis en difficulté. Néanmoins plus encore que cela ce qui handicape les autistes est le curriculum caché implicite et officieux par lequel les étudiants entre eux par leur socialisation s’enseignent les normes sociales dont l’une est d’exclure les autistes très rapidement de telles discussion ce qui les empêche de les apprendre et donc reproduit leur infériorisation sociale.

Le problème c’est aussi et surtout que l’inclusion des autistes au sein du mouvement ouvrier ne peut se faire que par l’écoute de la gauche révolutionnaire neurotypique d’en quoi et comment elle a exclus les autistes prolétaires du mouvement ouvrier jusqu’à présent et de comment il lui faut changer cela et son validisme fait qu’elle n’y est pas encore prête toujours inapte à se remettre en question de ce point de vue là.

Un autre problème est qu’accéder à l’espace public et politique d’autant plus est globalement difficile aux personnes autistes qui dans l’ensemble se trouvent confinées à la sphère domestique et donc que cela est encore une lutte à mener pour nous que notre droit à nous déplacer, à aller dans les espaces publics et faire de la politique. On tire aussi des leçons du passé d’autres mouvements de libération, en particulier le mouvement LGBT surtout celui pour les droits des gays plus spécifiquement en son sein a eu historiquement un rôle et fonctionnement très proche de ce qui se passe avec le mouvement pour le droit des autistes et le mouvement pour la neurodiversité maintenant. Cependant autant c’est évident pour nous surtout pour ceux d’entre nous qui sont LGBT en plus d’être neuroatypiques autant pour les LGBT valides ça semble totalement leur passer sous le radar notre existence en fait.

Il y a aussi le problème de la récupération capitaliste des luttes du mouvement pour la neurodiversité autour de l’accessibilité qu’il change en marchandise et de l’accès au travail qu’il change en outil pour nous exploiter davantage à pouvoir contrer ce que l’on ne pourra que si l’on a une présence dans le mouvement ouvrier et les formes classiques de la lutte des classes.

Ceci dit en dehors de ces données là encore très peu a été édifié par nos mouvements où à y regarder de plus près c’est triste à dire mais tout reste à faire finalement.

 

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s